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Full text of "L'argot au XXe siècle: Dictionnaire français-argot ..."

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L'ARQOT AU XX^ StÈOLE 



DICTIONNAIRE 



Français- Argot 



Le Dictionnaire AROOT-FRANÇAIS paraîtra ultëriouremeni 



.<L * 



IL A ETE TIRE DE CET OUVRAGE 

vingt-cinq exemplaires sur papier de Hollande 
et vingt-cinq sur papier du Japon. 



8776-00. — Coincii. Imprimerie Ko. CntTt. 



L'ARQOT AU XX- SIÈGLE 

DICTIONNAIRE 

Français = Argot 

ARISTIDE pRUANT 

Le DiotlODDalre AHOOT-FRANÇAni FarBitra alt«riearain«tit 




Publié par l'Auteur 

LÎIÎkAIRIE ERNEST ELAMMARION 
a6, Br'F, rm:ine, près i.'odéon 

PARIS 

1901 






ABRÉVIATIONS 



Absol Absol iimeot. 

Adj Adjectif. 

Adj. f Adjectif féminin. 

Adj. m Adjectif masculin. 

Aphér Aphérèse. 

Apoc Apocope. 

Arg Argot. 

Corrupt Corruption. 

Excl Exclamation. 

Fém Féminin. 

Fig Figuré. 

Fr Français. 

Indistinct — Indistinctement. 

Int Interjection. 

Inv Invariable. 



Iron Ironiquement. 

Prép Préposition. 

Prou Prononcez. 

Rad Radical. 

Simp Simplement. 

S.-ent Sous-entendu. 

Subs Substantif. 

Subs. f...... Substantif féminin. 

Subs. m... . Substantif masculin. 

V Verbe. 

V. a Verbe actif. 

V. n Verbe neutre. 

Vx. fr Vieux français. 

V Voyez. 



Les mots anciens, démodés ou tombés en désuétude dont on ne se sert 
plus ou presque plus sont suivis d'un astérisque f). 



A la page 84, au mot CAMARADE : 

Au lieu de Flanande*, Famand*^ 
Lisez Fanamte*, Flamand*, 

A la page lOi, première colonne, 43*: ligne : 

Au lieu de Oui j'ies rameu I 
Lisez Oui j'Ies ramèn'! 

A la page 144, deuxième colonne, 30« ligne 

Au lieu de Ça vous en bauche un coin. 
Lisez Ça vous en bouche un coin. 

A la page 278, première colonne, 8« ligne ; 

Au lieu de Requin : repoquiop/ ou revtquinvo, 
LiHCz Requin : re/>tquin/>t ou fcvoquipvo, 




- la bjdocbe peod : c'est VaBaehiue- 
nunl des teaaea et Yaffatemtni dei 
nichons. > 

— Fig, Avachissement. 

■ AuBsilAt Taiti, ili débinent tout le 
truc : chez le quart, c'est l'aplatli- 
tement ; devant le curieux, c'est l'a- 
wiehistemtnt complet. ■ 

ABAISSER, liaffaler. 



-S'ABAISSER. S'aplatir. 



ABANDON. Uatragt , Isolage , 
Ldehage , Placage , Sacquage , 
Sviage. 



y Mhg- d. 






IM 



ABANDONKER. Balança; Btk- 
lanstiquer. Barrer, iUoquer, Boa- 
Ut, Camper là pour reverdir, Dépo- 
ser, Débarquer, Isoler, Ldcherd'un 
cran. Laisser en panne, Larguer, •. 
Plaquer, Sacquer, Scier, Semer. 
I 



ABA 



-. 2 — 



ABA 



« — Heureusement I sans ça, il y a belle 
heure que je l'aurais balancé. » 

(H. Latioan.) 

H — Balanêlique ta gerce, barre-là, sans 
secousse et, quand t'auras boulé le 
marida, tu pourras turbiner dans le 
bath. » 

\a» b^ffuins ?... Moi, J* les ai dans Y proM , 
On croit des foi«qu' c'est des chopins ; 

8a vous pos' jaaais qa' des lapins : 
n coup qu* i'eftcbipé', ça t* aépoêê. 
Les béguins?... JT les envoi' r'bondir! 
Ça vous fait r'ttdr* pendant un marque 
Pis, un beau soir, ça tous débarqué. 
Ça vous camp' là pour reverdir, 

(BiJaosT.) 

a Nous avion»' lavé, au Moulin, une 
bande de gonnases qui n' voulaient 
pas nous lâcher, il a fallu les temer 
une par une dans les caboulots d' la 
Butte. •» 



J' suis un hiiiêinr, un révolté. 
J'ai tout seiii Pttrie et Famille. 

(P. Pailurti.) 

« Mais, comme i^ai on engagement 
prêt à signer a Bruxelles et que )q 
peux plaquer mon thé&tre demain 
matin, je vais m'amuser ce soir. » 

(Tbistan Berhabd.) 

« J*ai sacqué mon siuge et bloqué 
l'atelier. >* 

— ABAKDONNBR MOMBKTANÉ- 

MENT. Laisser en bobe^ en 
bobine, en figure^ en frime, la- 
bé, lago, en panne, en parade, 
en plan, en verdouze, eh vet*dure, 

c — Piges-tu ce fourneau-là qui me 
laisse en frime avec deux kilos à ra- 
quer?» 

— Dans la forme passive, le 
verbe Laisser est remplacé 
par le verbe Rester. 

« Il était resté en verdure pendant 
que les autres étaient partis à la 
rigolade. » 

— ABANDONNER UNE AFFAI- 
RE. Flanchet\ 

m — Au moment aue ça va réussir, 
tu flanchet ; t'as aonc les foies ? » 

^ ABANDONNER SA MAI- 
TRESSE, SON MfiKAGE. Cas- 
ser son lacet f Couper la ficelle. 



« Plutôt que de laisser la bourgeoise 
porter la culotte, j'aimerais mieux 
casser mon lacet. » 

« — Tes cocu, qu' tu dis ? coupe la 
ficelle: divorce. » 

— ABANDONNER LE MÉTIER 
DK TYPOGRAPHE. Chier dans 
le cassetin aux apostrophes. 

« Il a trouvé une goyo pour lui faire 
■a banque ; il a déposé la pince et 
le compostisur et chié dans le casse tin 
aux apostrophes. » 

— ABANDONNER SA PLACE, 
SON EMPLOI. Rendre son ta- 
blier. 

« Elle n'a pas donné ses huit jours, 
elle a rendu son tablier sans autre 
explication. » 

— ABANDONNER LE VAGABON- 
DAGE. Casser sa canne. 

C'est pourl&pe que tu gam billet; 
C<u*e ta cannêf trimaraeur ; 
Cliauffe les bonnes sgobilles, 
Boulonne eu grand, cher et d'ardeur ! 

(L. DK Bercy.) 

— ABANDONNER LE MÉTIER 
DE VOLEUR. Balancer ses 
alênes. 

Tu veux balancer tes alènet 
Ouand il est tant de grasses pleines ? 
De la poulaille as-tu le trac. 
Fric-frac? 

(ID.) 

ABALOURDIR. V. Abrutir. 

ABASOURDIR. Aplomber, Bu- 
sourdir. C.ette dernière expres- 
sion n'est (ju'une corruption du 
verbe français. V. Étonner. 

« — Me parle pas des usines ; ça vous 
aplombe qu on s'entend plus. » 

ABAT- JOUR. Abat-reluit. 

Un Toutoirlout c' qu'i' y-avait d' doux; 
Su' la duraUr deux miradoux ; 
tin abat'r'luit su' la lumière 
Et du pivois bouché d' première. 

(Blédobt.) 

ABATTEMENT. Affalement, Van- 
nage. 

« Ça ne tient pas sur ses gambettes ; 
ça tombe dans Vaffalement au bout 



KBk 



— 3 — 



d*une Quit de noce, et pour peu 
qu'y ait d' lagonzesse, c'est le grand 
vannage, » 

ABATTRE. Bouler, Envoyer à 
Vas, à dame, à dingue^ à plat, 
Mettre les pattes en Vair. V. Ter- 
rasser. 

« Tl le maintint de ses deux poings 
d'hercule, criant : « Tes bouié,mon 
colon! » 

(G. COORTKUNB.) 

— $*ABATTRB. Aller à Va», à 
ftame, à dingue^ à domino, à plat, 
Étaler sa barhaque, sa bidoche, 
samarchandise, sa viande. Faire 
paf, Prendre un billet de par- 
terre. Ramasser un bouchon, une 
gadiche, une gamelle, une pelle. 
S'affaler, S'allonger, S'étaler, 
Se péter, Se plaquer, Serépandre. 

« Un coup d'épaule et la lourde va à 
plat, 9 

« — Allume le gail qui étale sa barba- 
que, (T qu'il a ramassé une pelle ! » 

ABATTU. Affalé, liaffalé. Vanné, 

Ça tient déjà plus m* Mt quilles, 

C'est déjà rafiali, vanné, 

ÏJtiàt faudrait presque des béquilles. 

ABBAYE. Jésîdtière,md ou plan- 
que à corbeaux, Ratichonnière, 

ABBÉ. Goutsé-razU *. V. Prôtre. 

ABCÈ8. Bourgeon^ Caramel, Eclair, 
Pondant, Jutant, Mertngue. 

« On voit que c'est le printemps ; il 
a des bourgeons dans le cou. » 

« — Avec une femme comme la tienne, 
on peut se passer de dessert : elle 
a des fondants et des caramels plein 
la gargue. » 

ABDOMEN. Ballon, Bauge \ Be- 
douille, Berdouille, l^ide, Bidon, 
Bidouai't, Globe, Lanterne, Pail- 
lasse, Peau d*âne. Sac à tripes, 
Sottpente, Tambour, Tabernacle. 

m — Ne me tape pas comme ça sur le 
ballon, tu me fais mal. n 

De bonne andouille 
Et du bon y'm 
Plein la berdouille ! 



ABO 

On s'a fait arrondir el' glob^, 
On a sa p'tit' butte à c*que i'vois. 

(A. GiLL.) 

ABEILLE. Pille galante. 

ABERRATION. Pocardise, Lou- 
foquerie, Martellerxe. V. Folie. 

« — Moi, me laisser chiper ; quelle /b- 
cardise î • 

ABHORRER. Avoir dans le cul, 
dans le figne, dans le prose, dans 
le proye, dans le tal. V. Détester. 

a — Les mecs de la rousse, j' les ai 
dans l^ figne I » 

ABIME. Esquinte\ 

ABIMER. Attaquer, Arranger^ 
Esquinter. 

« Se faire arnaquer la gueule. » 

« Le lendemain, moulu, rompu, es- 
quinté de partout, Antoine ne se 
souvenait que de son réveil sur les 
fortifications, u 

(G. LoiscAi;.) 

« r s'a fait arranger la caf tière. » 

ABJECT. Débectant, DégueulassCj 
Dégueulbif. 

« Être débectant dans ses boni- 
ments. » 

« Je r fréquente pus, i' loufc tout le 
temps ; c'est dégueulbif. » 

ABOIEMENT. Jaspinaye, Jaspi- 
nement. Roulement de tambour. 



ABOLIR. Nettoyer, Raser. 

« Si j'étais le gouvernemeul, je net- 
toierais la police et je raserais la 
Justice et le Code; y aurait plus 
d*armée, plus d*église, plus de lois, 
plus rien ; le grand nettoyage, en- 
fin. » 

ABONDAMMENT. A bauge\ A 
chier partout, A mort, Bezef, 
Bézefy Bougrement, Cher, Gourde- 
ment*, Plein la chambre, 

« On a eu de la boustifaille à chier 
partout. » 



ABO 



— 4 — 



ABS 



Fournilto et pionce bougremffnt 
Et lait ton Jabot gowrdemtnt *. 

ABONDANCE. Aboulage, Bottes, 
Chariboléej Chiée, Flaupée, Flotte, 
Gourderie\ Suée, Tapée, Tinée. 

Quel aboulage de trëpe I » 

« Les étudiants venaient par bottes ; 
alors V* là une chiée d' sergots qui 
s'amènent. » 

« Nous sommes descendus en flotte 
avec une charibotée d' fébosses. » 

« Toute une linée de lardons encom- 
braient le passage. » 

« Une flaupée de saucisses avec une 
tapée de patates ! » 

File artoQ, pi rois et crie, 
Pitanchons en gourderie * \ 

ABORDER. Accrocher, Agrafer, 
Amarrer, 

« — VMà Ugène, accroche-le avant 
quT rentre. »• 

a — Tu peux pas V agrafer quand i' 
passe?... M 

« — Amarre la sœur et sonne-la d*une 
thune. » 

— ABORDER QUELQU'UN 
BRUSQUEMENT POUR LE 
VOLER. Esbrouffer. 

« — Tallumes au guichet où le pantc 
planque son fric, tu le files : et une 
lois su' r rade, tu Vesbrovffea et tu 
y barbutes son gâteau. » 

ABOYER. Clabauder, Jaspiner. 

« — Crestol v'ià Talarmiste qui cla- 

baude. 
— J'vas y foutre une boulette : ça 

l'arrêtera de jaspiner. » 

ABRI. Care, Can^e, Coinsto, Creux, 
Planque, 

<i y roupille dans une meule, c'est 
une meilleure care que l'hôtel des 
Poutres ; j'aurai peut-être plus tard 
un coinsto pour moi seul; en atten- 
dant, j' fais mon creux où que 
j* peux. » 

4t ~ Colle-toi sous la marquise, c'est 
^ la bonne planque. » 



— A L'ABRI DU BESOIN, DE 
LA MISÈRE. Paré, 

« Sa louis lui fait son ciguë tous les 
jours, il estpar^. » 

» A L'ABRI DES MALADIES. 

Blindé^ Cuirassé. 

« — Le froid, je ne le crains pas, je 
suis blindé. » 

« C'est à croire qu'il est cuirassé; ÎA 
ne chope jamais rien. >• 

ABRITER. Carer, Carrer, Plan- 
quer, 

« Planque ton canasson sous le han- 
gar. M 

— S'ABRITER. Se carer. Se car- 
rcr^ Se planquer, 

« — Aïe donc I corro/is-nous, v'ià qu'i* 
lansquine. *> 

ABRUTIR. Assinver, Emiof-mir, 
Huitrificr, Rendre focard, louf^ 
maillet, marteau, tingo, 

« — Tu nous endors avec tes boni- 
ments; tu nous ferais tourner en 
bourriques! m 

« Il doit s'amuser à la façon de Char- 
lot, il %huitnfîc, » 

« Quel boucan ! ça vous rend louf\ >> 

« — Vous Vrendez maillet, vot' gosses 
à r passer tout l' temps à ponce. » 

ABSE.NXE. mi) de. 

a C'est la poupOe à Jcnnneton. nib de 
fesses et nia de nichons. >• 

ABSENT. Aux chiottes. Aux 
gogues, etc., Aux lieux à blanchir 
ses guêtres. 

« — Tu cherches ta femme? elle est 
aux chiottes. » 

« — Et Durand ? demanda l'adindant, 
il est constamment aux lieux à 
blanchir ses guêtres. » 

AB8L\T1IE. Abs (apoc), Alft, 
Bavaroise aux choux, Bleue, Bu- 
reau arabe, Correspondance pour 
Charenton, Douanier, Eau de 
moides. Eau de savon. Fée aux 



ABS 



— 5 — 



ACA 



yeux verts, Génépi^ Groseille de 
zouave. Herbe sainte^ Lard, Muse 
verte, Pure, Purée, Suissesse, Vert- 
décris. Verte, V. Café. 

— ADDITIONNÉE D'ANISBTTB. 

Bourgeoise. 

— ADDITIONNÉE DE GOMME. 

Amatone, 

— ADDITIONNÉE DE GRENA- 
DINE. Anglais, Tomate. 

— ABSINTHE TRÈS FORTE. 

Hussarde. 

— SERVIE DANS UN VERRE A 
BORDEAUX. Môminette. 

« — Qu'est-ce qu'il faut servir à ces 
messieurs et dame ? 

— Une môminetle au suque pour ma- 
dame et deux purées à la hussarde 
pour nos gniasses. » 

•r« Ils convinrent de se retrouver au 
Suède à Theure de la verte. » 

« D'puis que i* Furet est r'venu du 
Bat. d'Af., c'est pus du pive qui 
s'enfile, c'est d^ Valfa. » 

Allons, Ytens prendre la bleue, 
(P. Paii.lrttc.) 

ABSOUDRE. Blanchir, Déf arguer, 
Dévoyer. 

« Il y avait mis un doigt, mais les 
gerbiers font blanchi. » 

ABSTENIR (S*). Avoir les cheveux 
creux, les pieds en dentelle, les 
pieds nattés, nickelés, plats, Ne 
pas marcher. Ne vouloir rien 
savoir. 

« Pour les flanches à la manque, je 
ne marche pas, j'ai les pieds nattés 
et les cheveux creux, n 

Quand faal imiter 1' fils de l'Homme, 

Oh ! là, là... gn' a rien d' fait... des pommes ! 

Les sentiments sont vit' boucla, 

A la r Yoynre, un tour de clé. 

Les uns y x* ont les pieds nieWlés, 

Lesaat's y les ont en dentelles! 

(Jehan Rictus.) 

^ Pour le fricfrac, passe; mais pour 
buter, je ne veux rien savoir, j'at 
les pieds plats. » 



On dit en manière de jeu de 
mots : «Dans le doute, absinthe- 
toi. n Mais celle expression n'est 
point argotique. 

ABSTENTION. Ce terme n'a pas 
de synonyme argotique absolu, 
on le traduit par les locutions : 
Comme des dattes, Comme des 
nèfles, Comme des pommes ou 
toute autre indiquant le refus. 

Ça seraient eui nos p'iit' hommes 
Si i's^ nous donnaient pas des sons, 

Oui, mais c'est comm' des pommes! 
Des datt'sUfies n<»/f«.'/.'car, nom de Oieul 

— Uuand mém'qu'i's'rait l' pus chouette — 
On puul pas gol>er un Mossieu 

Qui TOUS fout d' la galette. 

(A. B.) 

— ABSTENTION MALTHU - 

SIENNE. Mouchage de chan- 
delle (obscène). 

ABSURDE. V. Bote. 

ABSURDITÉ. Conene, Couillon- 
nade, Caterie. V. Bôtise. 

ABUS DE CONFIANCE. V. Es- 
croquerie. 

ABUSER. Ficher ou Foutre deda9is, 
Jobarder. V. Tromper. 

— ABUSER D'UNE FEMME. 

Cramper dCauto^ Embarder^ Em- 
bander *^ Pescilier d la dure*, 
Troncher à Vesbrou/fe. 

— ABUSER DE BOISSON, DE 
NOURRITURE. S'en flanguer 
jusqu'à la gargue, à chier par- 
tout. 

« Les salauds, ce qu'ils ont empiffré! 
Ils s'en sont foutu jusqu'à la gar^ 
gue. » 

ACADÉMICIEN. Coupolard. 

« En attendant que les coupofards me 
décernent le prix Monthyon. » 

ACARIATRE. Avertineux \ Bâton 
merdeux, Bougonneur, Chignard, 
Croquet, Digonneur, Geigneur, 
Gourgousseur, Prouteur, Renau* 
deur. V. Grogiion. 



ACC 



— 6 — 



AGC 



Quel caractère, c*eit un vrai bâton 
merdeux, » 

« J*aimerais mieux rester fille que 
d*épouser pareil bougonneur, » 

« En y 'là d'un renaudeur, V groume 
toujours. >» 

ACCABLEMENT . Affalement . 
V. Abattement. 

ACCABLER. Esquinter, Vanner. 

m II V a de quoi rendre les armes, ça 
m^ esquinté, vanné, » 

— Fig. Agoniser ( pour Agonir). 

tt 11 lui en a dit de toutes les maniè- 
res ; il Ta ogonisée, positivement. » 

ACCEPTER. Absol. Marcher. 

«c Ce n*est que sur Toffre d'un chèque 
de dix mille que son député lui a 
répondu : « Je marche, » 

ACCAPARER. V. Conserver. 
ACCIDENT. Avaro, Tuile. 

— ACCIDENT AU TRAVAIL 

(Maladresse). Bœuf, Panama 
(arg. des typographes). 

'« — Encore un bœufl Le contre-coup 
va prouter. » 

ACCLIMATER. Apascliner* y Apa- 
qtieliner*f Apateliner. 

« Que sale cambrousse! ]' m' apat'- 
Un*rai jamais icigo. » 

ACCOMMODANT. Pas dur. 

* — Oh ! i' n'est pas dur, promets-y 
seulement un tarante pour demain. » 

ACCOMMODER (S'). Paire son 
blot, 

* Jamais j* frai mon blot d'une con- 
disse comme celle-là, » 

« 

— En parlant des personnes. 
^'accœurer avec. 

m De ce temps -là, on s'accœurail avec 
la rousse. » 

ACCORD (D). De mèche. 

* Ils sont tous de mèche ! » 

(H. ROCHKTORT.) 



ACCORDER (S*). Corder, Être de 
mèche. Marcher avec, S'accœurer. 

« Il est jaloux; elle est paillasson; 
ils ne cordet*onl jamois. » 

N Je ne marche pas avec vous. » 

— ON S*ACCORDB, ÇA S*AC- 
CORDB. Ça biche, ça colle I 

« Tant qu^on est à la colle, ça colle, » 

Car nous deux ça bieh*ra tout d' suite. 

(Jbmah Rictus.) 

ACCOSTER. V. Aborder. 

ACCOUCHÉE. Largue en vidange. 

u François a pas pu venir, faut q\iY 
reste' avec sa laryue qu^est en 
vidange, » 

ACCOUCHEMENT, Aboulement^ 
Débâcle, Mômignardage. 

— ACCOUCHEMENT AVANT 
TERME. Mômignardage à fan- 
glaise ou en purée, 

ACCOUCHER. (Enfanter.) Abou- 
1er, Chier ou faire un lard, un lar- 
don, un môme, un salé, Débdcler, 
Déballonner, Débouler, Faire pieds 
neufs. Larder, Mômignarder, Mo- 
mir, Pisser de Vos. des os, sa ou 
des côtelettes, Pondre, Vêler. 

« C'est pas une vie ; elle aboule d'un 
môme tous les ans. » 

« Ma frangine vient core d* chier un 
salé. » 

« Quaod aile est su' V point d' larder, 
a va à la Bourde pisser sa côtelette, » 

Que pondeuse ! eo t'Ià d'un négoce ! 
C'est épatant, a pond,., a pond! 

(A. GiLL.) 

— Faire un accouchement. 
Débdcler, Décrocher, Dépoter^ 

« Le carabin qui m*a dépotée était 
doux et bien convenable. >• 

—ACCOUCHER AVANT TER- 
ME. Catser son œuf, Mômignar- 
der ou mômir pour Vaff, à Can- 
glaise, en purée, à la secousse. 



AGG 






ACC 



— ACCOUCHBa 0IFFICILB- 
MBNT ET EN CRIANT. Crier 
aux petits pâtés. 

ACCOUCHEUR, ACCOU- 
CHEUSE. Guette ou guigne au 
troUy Tire-le-mondef Vise-au-trou. 
V. Sa0«-femme. 

ACCOUPLEMENT. Baisage, 
Bourre^ Ça, Carambolage, Crieon- 
eriquette, Façon ^ Partie cT écarté , 
de jambes en l'air, de piquet. 
Passe, Ravescot, Tronche, V. Coït. 

A T ec deui bons copains très forts tar le baitage, 

(P. Paillbtti.) 

« Elle ne vit que pour le carambolage^ 
cette bonne femme-là. » 

Tous les jours atec ma femme 
On s'paye un' petit' façon. 

Pourtant, vrai! lesclebs, y m' dépassent; 
Chet eux, ça coûto rien, ïa poête. 
Saluei ! c'e^tt l'amour qui passe ! 

(JsaAii RicTvs.) 

ACCOUPLER (S*). Aller à bourre, 
à la bourre, à tronche, à la tron- 
che, chez Tronchemann, Baiser, Ba- 
ratter, Bistoquer, Bitter (obscène), 
Bourrer, Bourriquer, Caramboler, 
Cogner, Cramper, Décrotter, Faire 
ça, Faire a'icon-cnquette. Faire 
une façon. Faire le petit lubé. 
Paire nique -nique, Fourailler, 
Foumiller *, Fournir *, Fourrer, 
Hier *, Hyer *, Jouer de la croupe, 
du cul (obscène), Mettre, Mettre 
au chaud, Niquer, Piner ou Pino- 
cher (obscène). Piquer, Planter, 
Rivancher *, River, Rouscailler, 
Schnailler, Se dire deux mots. Se 
faire une politesse. Taper, Tapei' 
de la patte, Tigner, Tiquer des 
fesses (obscène), Tirer sa ou une 
chique, son ou un coup, sa ou 
une crampe (obscène), Troncher, 
Yenser *. 

— S*ACCOUPLER DANS LES 
BOIS, EN PLEIN AIR. Voir la 
feuille à l'envers, V. Colter. 

« Il est tout ce qu'y a de costeau : i' 
va à Tronch'mann trois fois par 
jour. 9 



Avec une largne coquette 

Nous avons fait ericon-erimuttÊ 

En disant merde au Grand Mltoa. 

ACCOURIR. Abouler, S'abouler. 

w — Allez, ho ! aboute-toi. » 

ACCOUTREMENT. V. Vètomont. 

ACCOUTRER. Camoufler, Frin- 
Qîier, Frusqiier, Harnacher, V. 
Vôtir. 

« Qui t'a harnaché de cette façon-là? » 

— MAL ACCOUTRÉ. Carnaval, 
Chienlit, Foutu comme Vas de 
pique, comme quatre sous. Mal 
fichu ^ Mal foulu. 

ACCRÉDITER. Pistonner, 

« — Je vous geurantis de vous faire 
pistonner auprès du directeur. » 

ACCROCHÉ. Grup % Gruppé *. 

ACCROCHE-COEURS. Faces, 
Guiches, Soixante-six.y , Coiffure. 

ACCROCHER, ii^/rafer, Brancher, 
Graffer. V. Pendre. 

ACCROIRE (FAIRE). Faire cou- 
per dans, Faire gober. Monter le 
cou, le coup, le job, V. Tromper. 

ACCROUPIR (S'). S'accoufler, 
S\iccrouer, Se mettre à croucrou. 

Toute la journée accouflé 
Comme un mendigot sous un porche. 
On dirait qu'il s'est camoulié 
En piètre que le jeûne écorche. 

(BLtOOBT.) 

S'aeerottant en rond autour du riffaud 
Où grille l'oroiche hurf et sans déraut... 

(1d.) 

ACCULER. V. Argument. 

ACCUMULER. Carer, Mettre à 
gauche, Mettre à la care, à la 
planque. Planquer, 

« Vous en carez, du pognon, vous en 
planquez, veinards ! » 

ACCUSATION. Accès de fièvre, 
Dévidaye, Fargue, Farguement, 
Musique, 



ACC 



— 8 — 



ACQ 



— ACCUfSATION CAPITALE, 

Fièvre cérébrale, Fièvre chaude, 
Grande musique. 

m Poar le Manchot, qu'avoit buté, 
c'était la fièvre chaude, la grande | 
musique. » 

— FAUSSE ACCUSATION. Dévi- 
dage à Vestorgue. 

ACCUSÉ. Écorné. 

« Quand je l'ai vu 8u^ V banc des 
écornés, ça m'a retournée. » 

— ACC^«^A TORT. Bianc. 
ACHARNEMENT. Achar (apoc). 

<• r ne Youlait pas V i&cher, il y met- 
tait d' Vachar, » 

— AVEC ACHARNEMENT. D'à» 
char.D'achar et d'auto ou daw 
tor, U achar et de rif ou de ri/pe 
ou encore de rifle. 

gu'on engueul' d'Aumale et Totor 
t qu'on pari' de fout' tout pur terre !... 
J'applmudi* d*aehar et d'autor. 

(A. B.) 

ACHAT. V. Dépense, Dépenser. 

— ACHAT DANS DES CONDI- 
TIONS MÉDIOCRES. Margou- 
linage (arg. des marchands). 

— ACHAT OU VENTE A VIL 
PRIX. Coup de fusil ou de pis- 
to'el. V. Commerce. 

ACHEMINER (S'). Trimarder, 
Y. Marcher. 

ACHETER. Ahloquer *, Abhquir *, 
Abroquer *, Bloquir, 

— ACHETER DE MENUS OR- 
JETS. Bibeloter. 

_ ACHETER DES ORJETS 
VOLÉS. Allriquer*. 

— ACHETER LA PART DE CO- 
DÉTENUS. Faire des pigeons *. 

ACHETEUR, ACHETEUSE. 

Abloqueur *, Abloqueuse *, Ablo- 
quisseur*, Abloquisseiise*, Attri- 
queur *, Attriqueuse *, Soldat, 

ACHEVER. Bloquer, Boucler, CM- 
tir% Mettre un point. L'impé- 



intif se remplace fréquemment 
par la locution interjective : Un 
point ! 

« On a assez travaillé aujourd'hui, un 
point! bloquons! » 

— ACHEVER UN BLESSÉ. Lui 

donner, lui faire, lui filei* le 
coup de grâce, le coup du lapin^ 
le coup de pouce. 

« Comme il respirait encore, le Mar- 
quis lui fit le coup du lapin. » 

« — r va gueuler, file-lui le coup de 
pouce. » 

— ACHEVER LE CONTENU 
D'UN PLAT , D'UNE BOU- 
TEILLE, DUNE PROVISION. 

Liquider, Solder. 

« -- 11 en reste à peine, soldez ça. » 

~ ACHEVER UNE CONVERSA- 
TION, UN DISCOURS. Mettre 
les volets. V. Se taire. 

— ACHEVER UNE DISCUSSION, 
UNE QUERELLE. Rengracier. 

« — En voilà assez, rengraciez ! k 

— .VCIIEVER UN OUVRAGE A 

LA I^IABLE. Emballer. 

ACOLYTE. Aminche d'aff, Assoce, 
Baron, Comte, Contre, Pote, Po- 
teauj Marquis, V. Compère. 

Faut Mtoir choisir ses poteaux^ 
^Qiind on veut boulonner en soce : 
QuTs toye' astucieux et costcaux!... 
Çui qui veut dev'nir mon oisoce., 
V Uoit et' homme et pas clampin!... 

(L. DR Behcy.) 

ACOMPTE. Arrosage, Pigeon. 

a Les fournisseurs comptaient sur 
un arrofage. » 

« Son drame n'est pas commencé; il 
a cependant obtenu un pigeon de 
rimpresario. m 

ACQUÉREUR. Soldat (arg. des 
marchands, du verbe fr. Solder). 

H J'ai été soldat pour les tentures. » 
I ACQUIESCER. Marcher. 



ACQ 



— 9 — 



« — Que pensez-vous de la nouvelle 
combinaison? 

— Je marche, » 

— J'ACQUIESCE. Ça bichp. Ça 
coile, Ça fait mon blol. Ça me 
botte. 

ACQUIT. Béfargue. 

« — Tas raqué le tôlier ; t'a-t-i' donné 
la défarguet » 

ACQUITTÉ. Blanc, Béard, Défar- 
guet Dévoyé. 

« Mon homme décarre ce soir, il est 
blanc. » 

ACQUITTEMENT. Coup de nib, 
Décarrade, Décarrage, Décarre ^ 
Décarrement. V. Sortie. 

« — La Volige a ramassé cinq berges. 

— Et le Frisé ? 

— Le Friséf coup de nib ; que veine ! » 

ACQUITTER. Blanchir, Dé f arguer, 
Dévoyer. V. Absoudre. 

— S'ACQUITTER. .Se défarguer. 
V. Payer. 

ACROBATE. V. Forain. 

ACTE. Coup, Flambeau, Flanche, 
Truc. V. Chose. 

« — Quels couillons ! c'est un coup de 
fourneau que vous v'nez d* faire 
là! » 

— ACTE D'ACCUSATION. Dévi- 
dage à Vestorgue, Fargue. V. 
Gnarger. 

— ACTE RÊPRÊHENSIBLE. 

Coup, flambeau^ flanche ^ truc à 
Festorgue o\x à la mangue. 

« — Toujours den flambeaux à la man- 
que, vous nous ferez poisser. » 

• l's u* marchent que pour des flan- 
ches à Vestorgue. » 

— ACTE DE VIOLENCE. Coup 
de chien. Coup de Trafalgar. 

« H a tout démoli, quel coup de 
chienl » 

« — Tu vas voir ce coup de Trafalgar, 
quand on lui apprendra ce trucAL n 



ACT 

— ACTES CIVILS, JUDI.* 
CIAIRES. NOTARIÉS, etc. 
Fafftrê, Fafiots. 

« Pour se marier, il lui a fallu des 
tas de fafiots. » 

ACTEUR. Cab, Cabot, Cabotin, 
Matuvu (M'as-tu-vu?), Menton 
bleu, Misloaueur, Misloguier, Rase 
pour Vaff (Rasé pour la vie). 

« Pour frimer au misloguier, il figure 
à l'Ambigu. » 

— ACTEUR BUL.'OUILLEUR. 

Déblayeur. 

— ACTEUR EXPÉRIMENTÉ. 

Brûleur de planches. 

« — Avant que tu sois un brûleur de 
planches comme Galipaux, il pas- 
sera de l'eau sous le pont. » 

— ACTEUR MÉDIOCRE. Joueur 
de pannes, Panne, Porteur de 
babillarde. Videur de pots de 
chambre. 

— ACTEUR MONOCORDE^ Ac- 
teur guitare. 

— ACTEUR QUI NE SAIT PAS 
SON ROLE. Qui fait de la toile. 

— ACTEUR REMPLAÇANT. 0OU- 

leur. 

— ACTEUR DE TALENT OU pré- 
senté comme tel au public. 
Êtoil". 

« Il exigeait qu'on le plaçât immédia- 
tement au-dessous de Vétoile, en 
seconde vedette. » 

— ACTEUR SANS TALENT. Clou, 
Égyptien, Sabot, Tombeur. 

« — Si vous aviez vu cette tape, mon 
cher! Quel égt^ptien, quel sabot, 
quel c/ot// Aussi a-t-on idée de don- 
ner autre chose qu'une panne à un 
tombeur pareil? » 

ACTION. V. Acte. 

— ACTION D'ÉCLAT. Bath coup, 
Bath flanche. 

— SE DONNER DE L'ACTION. 

Se grouiller, Se magner. Se ma- 
gner le cul, le figne, le tal. 



ACT 



— 10 — 



ADT 



m Secoue-toi uq peu, grouille'toij 
magne^toi le figne, allez I > 

ACTRICE Acteme, Cabotine, Mis- 
loquière, • 

« Ainsi, Gueule d'Empeigne, voulant 

génétrer chez une acteuse, avait dft 
attre en retraite. » 

(WlLLY.) 

ADJOINT. Demi'Condé. V. Maire, 
Préfet. 

ADJUDANT. Adjectif, Adjupète, 
Bidet, Chien de caserne, de quar- 
tier, de régiment. Fer-blanc, Fer- 
blantier, Pince-dur, Zinc, 

ADMINISTRATION(COURS D). 
Chien vert (arg. de Saiat-Cyr). 

ADMin\BL,E. AUèque\Bath, Bath 
aux pommes, Catapultueux, Époi- 
tant, Schbeb, Schpill, V. Beau. 

• On a ét(* au Châtelet ; ah I mon 
vieux, tt Michel Strogoff », c'est rien 
schpil I » 

ADMIRER. V. Regarder. 

ADMETTRE. Encaisser. 

« Ce mec-là, je ne Vencaisse pas ; et ses 
boniments non plus. >» 



^ ÊTRE ADMIS 

condé de. 



A. Avoir U 



« Il avait le condé (feutrer dans les 
coulisses, u 

ADMONESTATION. Abattage, 
Affre, Attrapage, Emboîtage, En- 
gueulade, Escrache. 

M En rentrant, sa dabe lui a collé un 
de ces abattages l quel savon! quel 
suif, mon empereur! >• 

ADMONESTER. Attraper, Emboî- 
ter, Engueuler, Enlever, Enlever 
le cul, Faire chanter, Faire monter 
la gamme, Foutre un abattage, 

« — Je vous ai prévenu, vous allez 
vous faire attraper. » 

« On m'enlève à chaque instant. >» 



« Tu rentres en retard, tu vas voir si 
le père va te faire chanter; il te 
fera monter la gamme, n 

— ÊTRE ADMONESTÉ. Passer 
ou être passé à Ceserache^ 
Ramasser la bâche. Recevoir un 
abattage, une engueulade. 

« Trois jours de suite que je ramasse 
la bûche, j'en ai soupe. • 

« — Quoi?v*Ià qu* tu nous postes en- 
core à Vescrache, pour un litron 
qu'on a fauché. » 

ADORER. Aimer comme ses petits 
boyaux. Avoir dans le sang. 
V. Aimer. 

« — Le quitter?... Comment veux-tu? 
tu sais bien que je Vai dans le sang, » 

ADRESSE. Marlousetie. 

« — Tu n'as pas réussi ? Tu n'as donc 
pas de marlouserie pour deux 
sous? » 

— Domicile. Huméro, 

« — Et surtout, ne lui donne pas mon 
numéro ! » 

ADROIT. Qui a le truc. Qui sait y 
faire. V. Habile. 

— ADROIT A VOLER LA MON- 
NAIE SUR TABLE. Qui a le 

pouce rond, 

ADULTÈRE, subs. Paille, Pail- 
lon. V. Infidélité. 

ADVERSAIRE. Ce mot n'a pas de 
synonyme absolu en argot. On 
dit Autre ou Mec ou tout autre 
terme méprisant, mais presque 
jamais Adversaire ou hnnemi. 

« — As-tu vu les autres ? » 

« — V'iàles mec* qui viennent par ici. » 

ADVERSITÉ. Bouillasse, Bouillie, 
Confiture, Choux, Débine, Bêche, 
Emmerdement, Emmousca ille- 
ment, Guigne, Limonade, Marme- 
lade, Mélasse, Mo'de, Mistouffe, 
MistoufUe, Mouise, Mouscaille, 
Mousse, Moutarde, Panade, Panne,. 



AFF 



— M — 



AFF 



Pommade, Purée^Schtourbe.y, Mi- 
sère. 

Tai trop marché dans la mUtoufe, 
Dans la bouillaue et 1' désespoir ! 

{JuLAn RlCTVt.) 

Te r*» raffalée et Tieiriie... 
Ma parole! ont' dona'rait deni aoas !... 
T' es doDC toujours dans la bomiliie^ 
Dans la mouMcailU et dans les choux'! 

(L. DE Bkrct.) 



On attrape, en n'y songeant point, 
inte,... et analorie,.., 
Toujours la guigne ! 



La quinte,... et analorie,... et le point : 
" * I la 



CiD.) 

Des fois a faisait rien du tout 
Pendant qu' j'étais dans la miUuêe 
A tlontpemasse. 

(A. B.) 

« La mistoufle m'a tourné en valet do 
carreau. » 

(G. D'EsrARBlS.) 

AFFABLEMENT. En girofle % Gt- 
roflement *. 

AFFAIBLI. AfTalé, Qui a la fièvre 
goQOtte, Qui ne va que d'une, 
Haffaléy Vanné. 

Tu n vas plus qu' d'un*; t'es d^mm^, 
Décati comme un* vioiir rombière; 
Tes raffalé',... Te fia fumé, 
T'es rincé comme un terre à bière ! 

(BLtDOaT.) 

« U est mou comme une chique, il a 
la fièvre gogoUe. «» 

AFFAIBLIR. Esquinter , Éteindre, 
Raffaler, Vanner. 

a On %*e8quinie à mener cette vie de 
bâtons de chaise. » 

« Quel bouleau ! ça voua éteint, » 

— S'AFFAIBLIR. S'affûter, Se 
raffater. Se vanner, 

AFFAIBLISSEMENT. Affale- 
ment, Vannage. V. Abattement. 

AFFAIRE. i4^(aiK)c.], Balle, Blot, 
Chopin, Coup, Flanche, Flambeau, 
Lubé, mbé, Ognon, Ognons, Oi- 
gnon, Os, Truc. 

« Qu'est-ce que c*estquece coup-là? 
Encore uo truc pas ordinaire! » 

V'ià tout à fait ta balle^ mon Tieui. 

(P. Paillette.) 



L'n f tuant, ca fait pas mon hlot, 

(J. RicnsNM.) 

c Chacun son os. Y en a qui panent 
la joumaille A potiner, moi c*est 
pas mon oignon. » 

— AFFAIRE CONCLUE. Affaire 
dans le sac. 

— AFFAIRE EMBROUILLÉE» 

Mastic, Salade. 

— AFFAIRE FRUCTUEUSE. 

Affaire juteuse, Affure. 

— AFFAIRE MANQUÊE. Affaire 
brûlée. 

— FAIRE DES AFFAIRES D'AR- 
GENT. En magner. Magner du 
beurre. 

-^ FAIRE DE PETITES AFFAI- 
RES. Bibeloter. 

— HOMME D'AFFAIRES. Cocan- 
tin. 

AFFAMER. Faire claquei* de pé» 
grenne. 

n Faut marcher contre les exploiteurs 
qui nous font claquer de pégrenne ! » 

— ÊTRE AFFAMf^. Avoir le bide 
comme une affiche, Avoir la 
dent. Avoir V estomac dans les 
talons, Déclarer ou Déclarei* 
bal/on, Faire balle, ballon, gO' 
dard. S' enlever. Y. Faim. 

» Arrivé là-haut, le Vl.irquis avait la 
d€nl\ il a toujours uu boyau de 
vide, c' mec-là. » 

«c Comme on déclarait, on s'est mis 
les pieds sous la table. » 

« Quelques taches dans un quart de 
pain ne sont pas pour faire reculer 
un fagot de bon appétit et qui fait 
balle. » 

(A. HoMniaT.) 

3' sorgue à la paire et j' fais ballon 

(A. B.) 

AFFECTATION. Aimant, Chichi, 
Crdnage, Crdnottage, Crossage, 
Crosse, Crosson, Épate, Esbrouffe, 
Magnes, Mousse, Pal las. Pose, 
Poussière, Vent, Zeph. V. Em- 
barras. 



AFF 



— AVEC AFFECTATION. En 

crâneur, en crosseur, en a*08' 
sant, 

tt II fait tout «71 croisant» » 

AFFECTER DE GRANDS AIRS. 

Crânéi\ Crânotter, Crosser, Épa- 
ter, Esbrouffer, Faire ou jeter de 
l'aimant, Paire du ou des chichis, 
du crosson, de repaie, de Ves- 
. brouffe, des magnes, de la mousse, 
dit paltas, de la pose, de la pous- 
sière, du vent, du zeph. Faire sa 
chicorée, sa merde, sa poire, sa 
Sophie, Se gober. S* imaginer avoir 
chié la colonne ou V obélisque. Se 
pousser du col. Se rencarrer, 

V chasse,... i' boH,... i' famé,... i* cause, 
1' faild" Vé.pate^... i' cràne^,.. V poxe, 

(A. B.) 

A rouspète, a fait du chichi, 

(Id.) 

« Ts crossent, i's font du zeph, ïs 
font du pallas, i s jettent d* l'ai^ 
mant. » 

« Au Point du Jour, plus rien A faire 
depuis que les barbeaux de Mont- 
martre et des Batignolies y descen- 
dent le lundi faire leur poussière. » 

(Jkan LoanAiN.) 



— 12-7 AFF 

AFFICHE, Menteuse. 



— AFFECTER DU 

Faire le zouave. 



COURAGE. 



« Il a beau faire le zouave, je ne le 
crains pas I » 

~ AFFECTER DE LA MODES- 
TIE. Faire sa chochotte, son 
étroite, sa Julie, sa merde, sa 
poire, sa Sophie. V. Bégueale. 

D'abord ej* comprends pas qu'on s' gène 
Ej' suis ami d' la liberté, 
J' fais pas ma Sophi\ mon Ugëne, 
Quand ej* pète, ej* dis : j'ai pété. 

(A. B.) 

AFFECTION. V. Amour, Caprice. 

AFFECTIONNER. Avoir à la 
bonne, Gober, V. Aimer. 

« Je le gobais, fallait voir, et cepen- 
dant je n'étais pas heureuse. » 

(GORON.) 

AFFECTIONNÉMEXT. Arnica- 
blement. 



— AFFICHE OFFICIELLE. Pa- 
pillon blanc. 

« Les papillons blancs annonçant Ul 
reprise des cours de la Faculté ont 
reparu ces, jours derniers sur les 
murs de TEcole de médecine. » 

(SCABAMOUCBt.) 

AFFICHER. Salir les murs. 

— S'AFFICHER. Faire de Pépate, 
du pallas, etc. V. Embarras. 

AFFIDË, AFFILIÉ. Affranchi, 
Franc. V. Compère. 

« Maintenant que le gonce est a/fran^ 
chi, on peut y aller. » 

AFFILIER. Affranchir, Dessaler. 
V. Corrompre, Initier. 

AFFIQUET8. Affutiaux, Agios. 

V faut qu*a s* paT* des tas Adagios 
Pour se coller su la eaC tière, 
Su* les estomm* et su* l'darrière; 
A dèch' tout pour ses a/futianx. 

(BLiOURT.) 

AFFIRMATION (Termes d'). Gi, 
Gigot, Go, Gy, Ji, Jy. V. Oui. 

AFFIRMER. Bonir, Foutre son 
billet. 

« — Tu veux pas me croire ? puisque 
c'est moi qui te V bonis. *> 

AFFLUENCE. Aboulage, Chice, 
Flaupée, Flotte, Suée, Tapée, 
Tinée. V. Abondance. 

N Oh ! c* qu'ils étaient une suée pour 
voir passer le tsar! » 

AFFLUER. Abouler. V. Arriver. 

«c C*est Tété, les Angliches commen- 
cent à abouler. v 

AFFOLER. Rendre focard, louf, 
maillet, marteau^ tingo. V. Abru- 
tir, Fou. 

— S'AFFOLER. Perdre la boule, 
le nord. 

« — On ne peut vous faire ime obser- 
vation que vous ne perdiez le nord. » 

AFFREUX. V. Laid. 



AFF 



— 13 — 



AGE 



AFFRONT. Pied de cochon, Sala- 
perief Vacherie, 

« ^ Tu m*as fait une vacherie : quand 
nous serons devant le trèpe, tu 
verras, je te jouerai un pied de co- 
chon, » 

AFFROXTEB. Être là, Y aller, 
Y être. 

« — Tu peux y faire avec Chariot, il n*a 
pas la trouille, il est là; ça serait-i' 
fa plus grande terreur, le pluscos- 
teau, i' n' traque pas, i' s' met en 
quarante. » 

AFFUBLER. V. Accoutrer, Vêtir. 

AFRICAIN. V. Arabe. 

AGAÇANT. Bassinant, Canulant, 
Cavalant, Courant, Cramponnant, 
Rasant, V. Importun. 

« — Ah ! mon vieux, c* que t'es bassi- 
nant ! Toujours la mèuie rengaine, 
c'est cava/antl » 

— C'EST AGAÇANT î La barbe! 
La jambe I 

AGACER. Astiquer, Barber, Bas- 
sine)', Baucoter*, Boucoter *, Canu- 
1er, Cavaler, Courir, Cramponna^ 
Emboucaner, Emmerder, Emmous- 
cailler. Faire chier, Faire mal, 
Faire pisser. Faire pisser des 
lames de rasoir en travers, des 
ronds de chapeau. Jambe r, Sder, 
Taper sur le système, Trotter. 

Les vei'bes Cavaler, Courir et 
Trotter sont fréquemment 
suivis de Sur Vaspftrge, sur 
le flageolet, sur l* haricot, sur 
le kilomètre, sur le Soissons ; 
ces expressions sont obscè- 
nes. V. Importuner. 

« — Quand vous aurez fini de nous 
barber avec vos cuteries ! » 

« — Eugène ? V m' court sur le flageo- 
let-, SI V vient, je m^ débine. » 

Vous en avez une patience ! Je ne 
comprends pas qu'on se laisseyam- 
ber a ce pomt-la ! » 



ÂGÉ. Longé*, Vioe. V. Vieillard. 

AGENCE. Boîte (arg. des em- 
ployés). 

«Je sors de la boîte à six heures. » 

AGENCER. V. Arranger. 

AGENT. Employé absol. pour poli- 
cier. Balaie Bec de gaz, Bour- 
rique, Casserolle, Ces mess, ces 
messieurs ou ceux du bal, du 
ballon, de la boite, du bord de 
Veau, de la boutique, du coin du 
quai, de la sonne, de la tôle, Chan- 
delle, Cierge, Cognard, Cogne 
Collégien, Coquine, Emballeur, 
Escargot de trottoir. Facteur, Fi- 
leur. Flic, Flicadart, Flicard, 
Flick, Flique, Frère de Vattrape, 
Frère f fagriche,Friquet *, Julot, 
Lampion, Lauiie, Messier, Mon- 
sieur Jules, Pèlerin, Pestaille, 
Peste, Poulaille, Poule, Prèfectan- 
cier. Prévôt, Putain, Qui en est. 
Raclette, Raille, Railleux, Râteau, 
Riflard, Roussin, Sergot, Tante, 
Vache, Volaille. Ces expressions, 
s'appliquent à tous les policiers, 
saut Collégien, Facteur et Pèlerin 
qui désignent les agents en uni- 
forme. 

« — Oh ! si je trouvais deux becs de 
gaz, ce que je les ferais pincer 
marrons sur le tas. » 

(0. MtTÉNIM.) 

« — Barrez-vous ! j'ai dégoté deux ba- 
lais qui frimaient là-bas, au coin. » 

« Je fus pincé par deux raclettes et, 
sur mon signalement, papa, qui uie 
faisait rechercher, uie retrouva au 
Dépôt de la Préfecture de police. » 

(G. Mace.) 

Loin do tons les flics, des bourriques. 
J'ai le droit d'aller dans les bois... 

(K. BODBGEOS.) 

Puisque 1' sergot porte ua sabre, 
Doit pas rester en échec !... 

H faut que l' cogne 

Cogne, cogne!... 
Il faut que r cogne cogne avec ! 

(BLtOOBT.) 



A6B 



— U — 



AGI 



Puisque j* te V die, mol, Je V sale bien : 
Il est des raUVs... il e*l d* la rousse! 

(A. B.) 

^u'il aiir planquer où qu'i' voudra... 

Tu peux pas rester avec ça : 

C'est pas on garçoo... c'est un' vache ! 

(lo.) 

Ëh ben! non... c'était Mostieu Jules. 
C'était Motsieu Julot, V roussin^ 
La terreur de ces dam' en carte, 
C'était lui Julot, l'assassin, 
Qui les l'vait, le soir, à Montmarte. 

Chair de rue ou chair de salon. 
Chair à soie ou chair à guenilles. 
Gare à ces Ate»sieurt du ballon : 
C'est les roussins qui tu'nt les filles. 

(ID.) 

La vrai* peite, V philloiéra 
C'est ceux d' la botte.,, (f la boutique^ 
Du coin du quai. Vous savei bien : 
Les mouchards, les cogn' ei les raillet 
Qui s'occup'nt de tout... et de rien... 
C'est les petlailles. 

(lo.) 

J'ai fait chibis. J'avais la frousse 
Des préfectaticiers de Pantin. 

(J. RicaEPiN.) 

— AGK3ÎT DE LA SURETE. 

A/oiicAe. 

«< 11 y avait là aussi ane mouche^ un 
homoie de la Sûreté, k 

(TaisTAir BtaMAnD.) 

— AGENT DE LA POLICE DES 
MOEURS. Mœurs (s sonore). 

Oo sait qu'i' n'a pas d' escrupules, 
On sait qu'i' mardie avec les mœurs.., 

(A. B.) 

— AC.ENT CU.%RGÊ D'OBTEXIR 
DES A%'EUX d'un prévenu. 
Cuisinier, Mouton ; celui-ci joue 
le rôle de co- détenu. 

«c — A propos de railles, vous n*étea 
pas sans avoir entendu parler d'un 
fameux co<(uin qui s'est fait cuisi- 
nier, Vîdocq : le connaissez-vous, 
vous autres? m 

(X. Mabiu et L. Lao?iay.) 

» Des confrères à moi ont prétendu 
naguère que le plus souvent 
M. Grévy n'était guidé dans ses 
signatures que par les rapports de 
la prison uiéuie. Un ctmdamné qui 
est en proie à de violentes angoisses, 
qui refuse éncrgiquement ac faire 



le piquet consolateur et tradition- 
nel avec son mouton, qui sanglote, 
hurle et se frappe la tète contre les 
murs, était à peu près certain de 
voir sa peine commuée. » 

(AldKRT DoBaUJEADD.) 

— AGENT PROVOCATEUR. Al- 
lumeur , Di€Lble *. 

« Bien que la réunion fût privée, 
quelques aUumeuré avaient réussi 

à se faufiler dans la salle. » 

{.Le Mot d^'xrdre.) 

AGENT D'AFFAIRES. Cocantin, 
Marcadet, Mercadet, Tricoche (ne 
s'emploient qu'en mauvaise 
part.) 

« Nous parlons ici des cocnntins de la 
haute; ceux-là s'intitulent « rece- 
veurs de rentes •», « avocats con- 
sultants M, M conseils », et ne sont 
au fond (|ue de vulgaires escrocs. » 

(HooiKA-Gaisox) 

« Les mercadels deviennent de plus 
en plus nombreux de nos jours; ils 
encombrent le Sénat, la Chambré. » 

(Hkctor FRAnce.) 

« 11 avait porté ses fonds chez un 
tricoche des alentours de la Bourse. » 

[La, Nation.) 

AGENT DE CHANGE. Bat leur de 
beurre y Frère de la côte (jeu de 
mot sur cote), SauleroUe% Saute- 
ronds *, Saute-rondoUes *. 

AGIOTER. Capitainer \ 

AGIR. Marcher, Y aller. 

Pour mijoter ua coup d' rric'frac 
Yapasdeut comm'mon gniasse au mille... 
Mais quaud i' faut marcher, j'ai l'trac! 

(A. B.) 

« .Mfiintenant que nous sommes sûrs 
de notre alfaire, allons-y ! » 

AGITER (S*). Se décarcasser, Se 
dégrimoner *, Se démancher, Se 
démancher le trou du, le trou du 
cul, le trou de halle, le coccyx, 
le figne, Se démantibuler, Se 
grouiller. 

M Quaud tu te décarcasseras pendant 



AGN 



— 15 — 



AIO 



deux heures, crois-tu que ça chan- 
gera quelque chose? >» 

(J. Larmib.) 

AGNEAU. Bêlant^ Lainé^ Morne. 

AGONIE. Calanche, Canage^ Cre- 
vaismij Crève, Fine pégrenne, 
Refroidissement. 

« — Et ton dab, t'as été le voir ? 
— M>n parle pas, ma vieille, c'est la 
calanche\ il est rousti. » 

« Ça suffirait pour attendre sa cre- 
oaifon. » 

(TiiOBi^rr.) 

— €*BST L*AGONIE. Les carottes 
sont cuites, . 

AGONIR. Agoni$ei\ 

m die vieille macaque nous a agonises 
de sottises. » 

AGONISER. Canet\ CalaneheTy Se 
dédire cher *, Se refroidir. 

— IL AGOMSE. It est rétamé, 
On peut graisser ses bottes ou 
lui prendre mesure. V. Monrir. 

AGRÉABLE. Bath, Gandin, 
Gourd \ Schbeb, Schpill, Vrf. 

m On s^est offert une partie de cam- 
pagne tout c'qu'y a ae gandin', » 

AGRÉMENT. Ag (apoc). 

« Payons-nous d' Vag et fichons-nous 
du quart. » 

AGRESSEUR.£s6rou^eur. V. Vol. 

AGRIPPER. Agraffer, Agriffcr, 
Arquepincei; Griffer, Gruper *, 
Harponner, Pessiller *. 

« — Viens t'en donc, ils vont Vagrif- 
. fer. 9 

(0. MéTtniRn.) 

« J'ai promis de reconobrer tous les 
grincbisscurs et de les faire arque^ 
pincer, » 

(VlDOCQ.) 

AGUERRIR. Culotter, Dessaler, 
Détaffer, DétrouiUer. 

«— T'as besoin d'être culotté. Tas pris 
la pipe, que tu dis ? tant mieux ! 



c'est pa'c* que tu sais pas encore j 
faire, ça t' dessaCra. * 

AHURI. Baba, Bleu, Epoêtrouillé^ 
Esbioqué, Esbrouffé, Estomaqué^ 
Occis, Tué. 

~ ÊTRE AHURI. En être comme 
un gtaude, comme une saucisse, 
comme une tomate, comme une 
tourte, En baver, En roter, En 
restei' de dlà, V. Ébahi. 

« Ça m'a fait un effet! Yen bavaiêX >» 

« A la bonne heure ! Cest bien, ca, 
mes enfants! Y a de l'ensemble. 
Quand il entendra ça demain, le 
colonel en rotera. » 

(JOLF.S Mo Y.) 

AHURIR. Assinver, Épistrouiller, 
Esbtoquer, Esbrou/fer, Estoma- 
quer^ Occire, Rendre ou laisser 
baba, bleu, etc., Tuer. 

Kh hen! mon cochon, ç« va'asiinve*. 
A prétend qu'aile est tu'... les dents 
Et tu la r'troust' mém' pas d'un linte?... 
C que j' te y-aurais cavale d'dans! 

(BLtoonT.) 

AIDE. Piston. V. Protection. 

AIDE. V. Compère. 

AIDE DE CUISINE, Aide-cargot, 
Aide-gargol, Escargot, 

« On se met n'importe quoi, garçon 
lipette ou escaryot\ >» 

AIDE DANS LES PRISONS, 

Auxigo, V. Auxiliaire. 

AÏEUL. Grand dab. Grand daron. 
V. Grands- parents. 

AÏEULE. Grande dabc. Grande 
daronne. V. Grands- parents. 

AIGUILLE, Barre, Chassue, Pin- 
celoque, Piqneloque. 

Sûr, a sait pas c' que Taul sa chair. 
Eus' c'tte gonzess'-l& !... Ça m'csbioque 
Au Heur de tirer la piqu'loque, 
A pourrait mich'tooner... et cher! 

(L. t>B Haitcv. 

AIGUILLETTE. Liette \ 
AIGUISER, hadurer. 



AIL 



— «6 — 



ALE 



AIL. Apic, AspiCy Truffe de Mar- 
seille, 

« Elle repoussait de la gargoine ; elle 
devait avoir mangé aei truffes de 
Marseille, » 

AILLEURS. Au bain^ A dache, 
Aux pelotes, etc. V. Promener. 

AIMABLE. AmiteuXf Amitieux, 

Girofle \ 

« J'ai voulu y causer, mais a n'est 
guère amilieuse. ^ 

« Girofle* largue, depuis le reluit où 
]*ai gambille avec tézi^ue et remou- 
ché tes ch&sses et ta frime d*nltëque, 
le dardant a coque le riOe dans mon 
palpitant. » 

(VlDOCQ.) 

AIMER. Avoir à la bonnes dans la 
peau, danii le sang, dans les veines. 
Avoir un béguin, les foies chauds, 
un pépin pour. En gratter, en 

' mouiller, en pincer, en tenir pour. 
Être chipé pour. Être toqué de, 
Gober, L avoir dur, 

fa Ce gonce-l.'i que yavais à la bonne 
pour ses flanches. » 

« Hobes, bijoux, je portais tout cela 
au cluu. Je Vavain dans le sang, » 

(GOMO.X.) 

« J'avais les foies chauds pour ce gar- 
con-Ià. » 

(iD.) 

« yai toujours eu un béguin pour toi, 
tu sais bien, j'aime les grosses fem- 
mes, on se refjiit pas. » 

(MtrimEii.) 

D'nbord, faut vraiment cl' cochon 
Pour prcmir' des femm' à ratichoo. 
Chacun son goilt, moi. Honoré, 
J' marche pas avccaue 1' curé; 
J'ai jamais) aobé sa baraque... 
Et jVii pinc pas pour sa partie... 
Et j'aiin' mieux les borgèr's de claque 
Que les puuais's de sacristie. 
(A. B. Les Souloloquei d*Honoré Constant), 

m 

« J'en gratte pour cHte p'tite-là, a 
m'aura quand a voudra. » 

Mais je les gobais tout de même 
Comme ou prise de bons enfants. 

P. VaaiJUNK. 



« Pourquoi ça qu* t*aimes pas les 
haricots rouges ? c'est pourtant une 
bath légume, moi je l'at toujours 
dur pour eux. » 

— En parlant des choses. Ne 
pas chier dessus. 

AINSI. Commac (du provençal 
comme aco,) V. Ça. 

AIR. (Élément.) HdU % Halle \ 

AISANCE. Caire *. 

AISÉ. A Vabri, Bien dans son linge. 
Dans le grain. De la bath. Paré, 

« Il en a çagné aux courtines; main- 
tenant il est de la bath, il est paré; 
en plus de ça, il a une mai'motte à 
la mode qui lui en passe. Il est 
dans le grain, quoi! » 

AISSELLE. Gousset, Lapin. V. 
Puer. 

AJUSTEMENTS. Affutiaux, 
Agios, Harnais, V. Affiqnets, 
Vêtement. 

ALARME (DONNER L). Faire 
Varce, Varçon, le duse ou le duze, 
le ser, V. SignaL 

« — Pendant que je postigerai, si tu 
allumes les chandelles, fais-moï le 
ser, » 

ALCOOL. Camphre, V. Eau-de-vie. 

ALCOOLIQUE. Camphrier. 
V. lyrogne. 

ALENE. Lance de Saint-Crcpin, 

ALENTOUR. Alentoir. 

ALERTE, interj. Ao*ê/ Acrée! 
Acres! Crés! Cresto! Dix-sept.^ 
Pet! Vesse! Vingt-deux! V. Pa- 
tron. 

Mais i's n' m'ont jamais ceinturé 
Ëj' gliss' toujours entre les mailles 
Et quand i's pass'nt ej' crie : Acre ! 
V'ià les postaillési: 

(A. B.) 

« — Acrée, nos marmites : c'est la 
casserole. » 

« — Crés! crés! nous sommes vus! » 



ALG 



— il — 



ALL 



é — Cresio ! que j* te dis, inéfie-toi. » 
« — Dix-sept ! voilà le patron I » 

AL.GARADE. Abattage, Affre, 
Attrapade, Attrapage, Chicorée, 
Engueulade, Engueulage, Enle- 
vage, Escrache. V. Admonesta- 
tion. 

« — Tu vas passer à Vattrapage ; tu vas 
voir ta femme, Vengueuiade qu'a 
f prépare. » 

ALIBI. Parade, Parapluie. 

m On ne peut pas le choper, il a tou- 
, jours une parade toute prête. Fais 

comme lui; un parapluie, ça sert 

toujours. » 

ALIÉNÉ. Bridoux, Hurlubier, Louf, 
Loufoque, Louftingue, Maboul, 
Maillet, Marteau, Pavillon, Pavois, 
Tingo, V. Fou. 

« — Te fie jamais à c't hurlubierAk, il 
est bridoux. » 

M Quelle vie I Si j*en deviens pas tingo, 
j*aurai de la veine. » 

ALIMENTS. Dectance, Boulottage, 
Boustifaille, Briffe, Croustille, 
Croûte. V. Nourriture. 

Après ua joyeax repas -^ un excellent potage, 
Boeuf, poisson e l poulet (record du ^u/ofta^^e.) 

(P. pAII.L&TrK.) 

Cpendanl j'ai jamais pu gagner 
Ma bouttifaitle et mon loyer. 

(J<HAII RiCTDB.) 

ALITÉ. Pagnoté, Pieuté, Plumé. 

l re»t' pieuté tout' la journée. 

ALITER (8). Se bâcher. Mettre sa 
barbaque, sa bidoche, sa came, 
sa viande dans le torchon. Se 
pagnoter. Se pieuter. Se plumer. 
V. Se coucher, Lit. 

ALLAITER. Triper. 

ALLÉCHER. Agater, Aguicher, 
Apachonner *, Engailler, Engrai- 
ner, Jeter de Vaimant. 

Tu t' figur's que tu les aguiches 
Fa'c' que l'as un' def et des guiches. 



Et un fendard de clies Bénard ? 
MoD vieux lapin, quand on agate 
V suffit pas d' faire d' ré|>ate : 
Faut et' maraud, faut él* pénard. 

(BLÉDOaT.) 

ALLEMAND. Alboche, Boche, 
Choucroutman, Cul, Pendutard^ 
Prusco, Schnokobols, Tarteifle. 

« r vient d* décider que les Boches 
fêteraient pus au' deux fois Tanni- 
versaire de Seiian. » • 

« C'est encore un Schnokobols, un 
Prusco, et i' dit qu'il est Alsacien. » 

ALLER. Amber \ Ambier *, Am- 
bler % Bier *, Bler % Brouer, Bal-- 
lader ou charrier sa bidoche, sa 
viande, Carapater. 

Des fois je m' dis. lorsque j* charrie 
A douète... à ganchn et sans savoir 
Jlia pauf' bidoche en mal d'esipoir,... 

(JEBâtf RiCTDS.) 

J'ai dix ans. Quoi! ça vous épate? 
Ben! c'est comm* ca, nn! J' 9uis voyou, 
Et dans mon f'urid j' carapnte 
Comme un asticot dan' un mou. 

(J. RiCBVPlII.) 

— ALLER VITE. Carapater, Ca- 
valer, Patiner, Se grouiller. 

— ALLER SANS BUT. Balocher, 
Gouaper, Louper, Vadrouiller. 

Pour louper, faut louper en chien : 
L' chien mont' pas dans le« omnibus. 

(lu.) 
Toujours gouaper. 

Jamais masser, 

Sur le boul'vard à la r'filer. 

Oui je r dis en frunc rœur ; 

Y a que V gouspeur 

Qu'a du bonheur! 

{Chanton des Gouapeurs.) 

Allons, c'est assez vadrouiller. 
Viv'menl! on rentre à l'atéier. 

(P. Paillkttu:.) 

— S'EN ALLER. Caller, S'atta- 
cher un bidon, une gamelle, Se 
barrei\ Se carapaler, Se cava- 
1er, Se criouer. Se ddbine7% Se 
donner de l'air, Se faire l'adjn, 
la fuite, la levure, la paire. Se 
trotter. 

Pui^, après la halte. 

Me montrant l'asphalte, 

r m' dit : « Maint'nanl, calte : 

Vlà ton ateiller! >* 

(L. os BeaGY.) 



ÀLL 



— iB — 



AMA 



Puis i^ s' barrent comme des foi- 
reux*. » 

« — Allons, criqv^'toi^ j* t*ai assez vu. » 

« — C'est bien, quT m' ÔM, débine-toi', 
tu t*expliqu'ras demain chez i* coin- 
luissaire. » 

« — Pas posse, que je m' dis, qu*a s* 
8oye débinée avec un gasl » 

Si a veut i>a8 t* Taire eua' raison, 
Un mitin, j'y Jambonne 1' blaire 
Et pis après je m' fais ta paire 
Et J' prends euo* gonzesse en maison. 

(A. B.) 

— ALLEZ-VOUS-EN. Allez au 
bain! Allez vous asseoir , vous 
baigner, vous faire foulre, vous 
faire lanlaire, vous faire voir, 
vous laver! Baierez ! Caliez! Cri- 
que z! Débinez! Dévissez! Ouste! 



Apachonner *, Engaillery Engrair 
ner, Faire du pallas. Jeter du 
gringue en tirlife ou simplement, 
Jeter du gringue, Jeter au gintau» 

V lui ftait du gringue en tirlife 
En fsant résonner son pognon. 

AMANT. PetU homme. 

« Elle fut dévalisée par un autre petit 
homme qu'elle adorait. » 

(Goaoïi.) 

— AMANT QUI PAIE, Amant en 
litre, Amant sérieux. Banquier, 
Béte à pain. Dessus, Éclaireur, 
Milord, Monsieur, Monsieur Un- 
tel, Nabab, Négociant, Ponte, 
Prince, Protecteur, Sa poire, 
Singe, Type, Vieux. 



ALLONS DONC I ExclamaUon « ^^ ^'^ ^olé une belle broche eu 



comportant une idée d incré- 
dulité. Pour! Pour chiquer! 
Pour la chique! V. Plaisanter. 

— ÇA VA BIEN I Ça biche. Ça 
colle. Ça tourne rond. 

ALLIÉ. Assoce, V. Compère. 

ALLUMER. Coquer le rifle. V. Ai- 
mable. 

ALLUMETTE. Bûche, Chimique, 
Paibloche, Plombante, Soufrante 
(de soufre). 

« — Avec moi, petit, c*est comme les 
soufrantes de la régie : ça ne prend 
pas. » 

ALLUMEUR. Lantimèche \ 

ALLURE. Chic, Jus, Touche. 

« — Si tu Tavais vue! ohl cejusl » 

ALTERCATION. Attrapade, At- 
trapage, Enipoignage. V. Alga- 
rade. 

ALTÉRÉ. Bec salé, Soiffard, Soif- 
feur. 

AMABILITÉ. Giroflene \ 
AMADOU. Basane *, Bois pourri *. 
AMADOUER. Agater, Aguicherai 



diamants, le premier cadeau que 
m'ait fait mon amant en titre, le 
vieux baron de L... » 

J'allons fair' sauter les sacoches 
De ce bon monsieur, ton tnilord. 

(FSSTBAU.) 

r n* Ta donc pas caiser sa pipe, 
Mon vieui type? 

(Eue. LavEHCua.) 

— AMANT QU'ON PAIE. Al- 
phonse, Arthur, Gigolo, Petit. 
Y. Maquereau. 

J'avais <^u*an gigolo^ tandis 
Que J* sois la gigolette 
A trenl'-si&. 

(L. D.) 

— C'tte ffarc'-là, qu'a disait, elle a 
voulu m soul'ver mon pUitl » 

— AMANT CONCUBIN. Époux:, 
Homme. Se désigne le plus sou- 
vent par les pronoms posses- 
sifs. Lemien,ïe lien, etc. 

~ AMANT DE SECONDE MAIN, 

Voire de troisième. Dessous. 

— AMANT DE PASSAGE (lors- 
qu'il naic), Miche, Michel, Miche- 
ton, Pante, Ponte; s'il esquive 
le tribut. Lapin, Lièvre, Miche à 
la mie, Michel de carton. Poseur 
de lapins. 



AMA 

Faisons Mater aree nous 
Nos michet* et nos marions. 

(A. B.) 

J' suis ni mieh'ton ni bnrbtiel. 

(F. Paillkttc.) 

« Le grand Julot répétait chaque soir 
à sa ménesse : Xiéfie-toi des bour- 
riques et des poseut's de lapins, » 

a Elles rentrent parfois à des sept, 
huit heures du matin «ans avoir pu 
dénicher un ponte, même de cent 

BOUS. M 

— AMANT PAR CAPRICE dc la 

part de la femme. Béguin, 

« Clara, ce soir-là, s'était promis de 
coucher avec son béguin, le petit 
fourrier de la troisième. » 

— AMANT D'UNE FEMME MA- 
RIÉE. Aide, Aide-mari, Vautre, 
Qui ferre dans le marida se' 
rieux. 

— AMANT INSIGNIFIANT . 

Amant de carton, 

AMANTE. Toutes les expres- 
sions signifiant Femme, Fille, 
Épouse ou Maîtresse sei'vent à 
désigner TAmante; mais on em- 
ploie plus spécialement les 
termes suivants: Bergère,Blonde, 
Connaissancer Pébosse, Fée, Gerce, 
Gigolette, Gonzesse, Gogo, Lard, 
Lesbombef Lésée ou Lezée, Lusi- 
gnante % Ménesse ^ Mistonne, Par- 
ticulière, PonetiCy Poni/fe, Poule, 



— 19 ~ 



AMÉ 



£ 



a s'rait bath d'en faire un cocu, 
'j sourver «on* de ses bergères. 

(JaBAM RlCTLB.) 

Auprès de ma blonde 
Ou il fait bon dormir. 

{Vieille chanson.) 

Autrefois, femme de rapport, 
D*uq' terreur de la Viliette 
J'étais l'unique et cher trésor : 
J'étais la gigolette 
A Totor. 

(L. D.) 

£t si DOS p'Iit's gonsess's traio* uo peu la savate. 

(A. B.) 

Vous m' direz : — Quoi donc... t'es cocu ? 
— Non, c'est ma lesbomb' qu'est coquette ; 
A dépens' tout pour sa toilette 
£t moi j'ai rien à m' font' sa' 1' cul. 

(lo.) 



Moo ffroa, J* peux pa' et' ta lés^el 
D'affilé 00 rord'rait pas trois jours, 
Tu s* rais d' la r'vue et j* s'rait Inisée : 
Toi pour l'os, moi pour les amours. 

(DLiOOliT.) 

a Et les balades, le soir, dans les 
faraudes herbes et Tavoine montée 
de nie du Bas-Mcudon avec des 
ménesses qu'on renversait brusque- 
ment au revers d'un talus. >» 

(J. LORRAIM.) 

— AMANTE CONCUBINE. Boîte 
à chagrin. Bourgeoise, Collage, 
Crampon, Épouse, Flôme, Gou- 
vernement, Marque , Marque 
franche ', Marquise, Vot-aufeu. 

u — Ma foi, je n'ai pu quitter mon 
crampon plus tôt. » 

(E. Dec RIT.) 

„ — J' veux pas faire de peine à mon 
épouse, tu comprends? alors si ta 
bourgeoise la rencontre, motus! » 

« V'ià quV nous amène son collagel 
Ah! non, quand on a une flome 
comme celle-là, on la sort pas. » 

A la condiss' largue ta marque 
Avec son salé. Moi, j' i'embarqae 
Pour un coup d' rigolade en grand. 

(L. DE BtacY.) 

— AMANTE QUI PAIE.Afarmiïe. 

L)n' marmite\ 
Un pot quelconque bel ou laid ! 
Un' marmite 
Qui n' limite 
Pas trop 1* fricot, si voun plaît 

(BtKDOf.T.) 

AMAS. Charibotée, Flaupée, Foui- 
titude, Tapée, Tinée, V. Abon- 
dance. 

AMASSER. Mettre à la carre 
Mettre à gauche, V. Économie. 

AME. Affe, 

AMENDER (S'). Acheter ttne 
conduite, 

Ven a môra* qui flnlss* par ach'ter eun conduite 

(A. B.) 

AMENER. Apporter, 

« — Alors, c'est convenu ; lu viens di- 
manche, et t'apporteras ta femme. » 

AMÉRICAIN du Nord. Jonathan. 



AMÉ 



— 20 — 



AMO 



AMÉRIQUE. Le quartier d'Amé- 
rique à Paris. Les Carrières. 

AMEUBLEMENT. Dois. 

Ses boU d>aient être intarfisantt 
Ou p't-él' ben qu'A n'avait pns d' chambre. 

(BlIdort.) 

AMI. Achate, Amache *, Amary 
Amarre, Aminche, Aminchemarf 
Amuncke, Bisot *, Copain^ Copin, 
Fanande *, Fanandel *, Fiasse, 
Flamand *, Frange, Frangin,Frère, 
Maire *, Matelot, Monant, Pote^ 
Poteau, Social, Vieille branche. 
Vieux frère, Vieux lapin j Zig, 
Zigard, Zigue. 

Et pis zut : et tiv'nt les aminehes ! 

Viv al les escarp* et tiv'nt les grincbes!... 

(A. B.) 

Eh! quoi, Margot, tu viens à ma rencontre, 
Ta veui parler à ton ancien copain ? 

(Eue. LBUKaClRR.) 

V'iâ les fanand't * qui radiaent. 

(J. RicHBpm.) 

On a liché d'avec les fiàstes 

Chez tous les troquets du quartier. 

11 n'était ni beau, ni rupin ; 
Mais c'était un sigue^ un lapin ! 

(BaiOLLBT.) 

Elle a fait sucrer mon social. 

« — Allons, que j' lui dis, ma vieille 
branche, tu t* Tais du sang pour si 
peu d* chose? » 

— AMIS l^rSÊPARABLES . 

Comme cochons, Comme cul et 
chemise. 

— AMIS DE PRISON, Amis de 
collège. Poteaux de bal. V. Pri- 
son. 

AMICAL. Amileux, Girofle *. 
V. Aimable. 

AMIE. Copine, Frdline, Frangine, 
Menante*, Sœur, 

m Avec sa copine elle allait passer 
tous ses dimanches au Moulin de 
la Galette. » 

• —Tu peux causerdevant Mélanie. Il 
n'y a pas de danger : c'est une fran- 
gine, n 



« — Celle-là, je te défends d'en dire du 
mal. C'est une sœur ; elle m'a assis- 
tée quand j^étais à la campagne, m 

AMITIÉ (MOTS D). V. Cama- 
rade, Enfant, Femme. 

AMNISTIE. Redam. V. Grâce. 

AMORCE. Graine de niais, 
— Pour la pèche, Goble. 

AMORCER. Faire du cUnc, Jeter 
ses pelotes. 

« Pendant ce temps-là, mon Milot 
faisait de l'œil à la sœur, i* j'tait 
ses pilotes. » 

«c Va falloir nue je fasse du clinc aux 
gens qu'a du pognon. » 

(J. AjALBIkT.) 

AMOUR. (Sentiment.) Gobage. 
V. Caprice. 

— FAIRE L'AMOUR. V. Coît. 

— L'AMOUR. Le Dardant ou le 
petit Dardant y La fée. 

Icicaille est le Ihéâlre 

Du petit dardant \ 
FoDçoDS à ce mion folâtre 

Notre palpitant. 

(Granval.) 

AMOURACHER (S). Se casquer^ 
Se chiper. Se coqiieluchonner, 
S'enganter de ou pour. 

« ElIesY'tait casquée d'un vilain mon- 
sieur. » 
M Elle s'était chipée pour son gnasse. » 

Un Jour, à la Courtille, 
Je m'étais etiganté. 

(VlOOCQ.) 

AMOURETTE. Parapluie, Pépin. 
V. Caprice. 

AMOUREUSE. Féesante \ V. Maî- 
tresse. 

AMOUREUX. Chaud de la pince„ 
Féesant", Marcheur. 

Sa femme Huit un vrai glaçon ; 
Au rebours, lui, chaud de la pince. 
Vous menait la vie en garçon.. 

(DUCLOS.) 



— 21 — 



.AMP 

Il lie comptait plus ses conquêtes : 
C'était uo marcheur épatant. 

AMPHlTeÉATRE..4mp^t(apor.), 
ParatliSy Poulailler, 

-»^ HABITUÉ n' AMPHITHEA- 
TRE. Sénateur. 

AMPOULE. Cloque. 

AMPUTER. Charcuter. 

« Les carabins Tont chnrcuté. » 

AMUSANT. 'Bidonnant, Bolant, 
Boyautant ou Boyotant, Cham- 
pêtre, Champignol, Crevant, Drù- 
louillard. Fêlant, Gondolant, Ma- 
Tant, Pilant, Poilant, Pouffant, 
Rifolard, Rigolard, Rigolboche, 
Rigolbochant, Rigolo (fém. Rigo- 
lote), Rigouillard, Robignol^ Rou- 
lant, Tirehouchonnant, Tordant, 
Torsif. 

1 r nous a raconté son marida, cVtait 
bolant. M 

« — Dis donc, il était boyotant, Dol- 
phin, dans la r\'ue. n 

« Elle est champêtre^ sa frangine; elle 
est tout c^ qu*y a d* champignol, » 

« A Londres, à peine ai-je fait trois 
pas dans la gare que je me co^ne 
à nouveau à un policier. Ça devient 
gondolant. » 

(E. FODGGT.) 

« Deux de ces voyous ont trouvé ri- 
golo de poser des cochonneries en 
plein tapis du salon. » 

(Tristan BisiiAiiD.) 

« II fallait les entendre s'attraper, 
c'était roulant, » 

AMUSEMENT. Bombe, Bosse, 
Rigolade, Riole ou Hiolle. 

m 

4 Quelle bombel mon vieux, c^ qu on 
s*en est payé une bosse ; que plat 
d'rigolade. » 

AMUSER (S*). Bosser, Être en 
bombe, Être en riole, Faire la 
bombe, Fricoter (arg. militaire), 
Rigolbocher, Rigoler, Se boler, Se 



ANA 



boyauter, Se boyoter, Se crever, 
S'en payer, S'en payer ou en 
prendre une bosae, une tranche^ 
Se fêler, Se gondoler, Se gonfler 
ou Se gonfler le mou, Se marer, 
Se piler, Se poiler. Se tirebou- 
chonner, Se tordre, 

« Le jour de la Sainte-Barbe, les artil- 
leurs sont en bombe. » 

(POMPOII.) 

« C'est du coup qu'on se boyautrait 
de Ménilmuche à Montpar! » 

« Ah! je me ci^èvel laissez-moi me 
tordre ! » 

«< — C qu'on s'est mare à la foire du 
Trône! Viens-y donc d'main, on 
s' piCra. » 

« — Oui, je me rappelle qu'on ne te 
voit jamais fricoter avec tes cama- 
rades. )» 

(H. Lavedam.) 

— S'AMUSER 1>E QUELQU'UN. 

Le bêcher, le chantier, le j'ardi»^ 
ner, Se pnyer sa fiole^ sa poire, 
sa tronche. V. Se motiuer. 

On parle eacor de toi, tu sais ! 
Voui, on en parle en abonduace, 
On s' fait /a tête et on s' la paie. 

(JsiiAN Rictus.) 

AN. Berge, Brisque, Longe, Pige, 

« Jusqu'à ses douze berges^ ses vieux 
l'avaient mis chez les frères. » 

« Aile était avec un gonce d'au moins 
cinquante brisques. » 

A n'avait pas cor ses quinz' longes. 

ANALOGUE. Kif, Kifkif, Kifkif- 
bourricot. Synagogue. V. Équi- 
valent. 

Car vous pouviez rester comif 
En écrivant pour « même cliosc » : 
Aif-kif. 

(A. B.) 

ANARCHISTE. Anarcho, Bom^ 
biste, Compagnon. 

Y en a mèm* qu'ont leurs deux bachots. 
Chez les anarchos, 

(BltOORT.) 



■ Ce iour-là, tout les tompagnoni, 
les limides comme lei bomoittes, 
applaudiront d'autorité. ■ 

{U Fin feinard.) 

ANE. Bourdon, Bourri, Bourricot, 
Branque ', Oreillard, Oritlaril, 
Martin, Mitâ$lrt. 

• Au moment uù la vidlle passa avec 
aou boarricot, Landelle cria au tar- 
tionnaire : ■• Prétente les armes, 
T'tà Vminillre, i 

AKECDOTE. Apoloche (corrup- 
tion d'Apologue). 

D 1' vas le dire un truc qu'on m'n 
raconta ; écoute bien ra/iolocke. ■ 



, tu n'en rates p 



ANGES. Fraaihes rolanles '. 



(A. B. £>« Soalohquti dHoii<rré Conilmt.) 
• Les vache* entrent dans la maison; 
mais les Englichtê avaient entendu 
et s'étaient donné de l'nir. ■■ 

■ A force d'nller à droite, à gauche. 
de se nii^ter aux Hoiidtm et qui 
TarteiUe, ils devienneut à la Gn 

cosmopolites.,. • 

— On dûsif^ne aussi les Anglais 
par (outi>s sortes de noms 
empruiiléa à leur langue, 
tels que: Beefsteah, Plum- 
pudding, lloaltbeef. Stock- 
fish, etc., ainsi que par des 
expressions évoquant la 
couleur rouge ; Écrevisse, 
Homard, Vermillon, etc. i 



I Nos deux rotbifi parlent & la mèro 
Valu et lui demandent si elle no 
connaîtrait pas un gosse pour guet< 
ter. " 



ANICROCHE. V. Accident. . 

ANIMAL. Bestiau. 

• — R'fiardez-moi c' beiliau qui 
n'avance point, disail-il en Trap- 
paot à coups redoublés le malbeu- 

ANNEAl'. Attache. 
J'allume un pélrousquin qu' avait 
des ai taches en jonc aux es- 

.— ANNEAU DE BACNB. Arga- 
ntau, Houcle, Double-boucle, 
Chatuietlei, Miinillet. 
Les arpions dans les chauuelte' et 
des manillo au\ pognes, il était 
comme à la crapaudine, • 



^ , . i tait le pailas ebex 
PeiOQ. est un de ceux qui s'enten- 
dent à la poslige. il vous tourne 
une iatade ae première. - 

ANNONCER. Bonimenler, BoniV. 
Faire te pailas, ta postige, Posti- 
eher, Postiger. V. Parade. 
C'est durillon de bonimenler Jusqu'à 
des dix ou douze trayages dans une 
journajile. ■ 

Si tu l'entendais posliqer sur la 
r^te, lu le inarr'rais. >. ' 



I A cette dernitTC tournée du i Chat 
Noir > le rûle de bummenleur était 
tenu par te spirituel chac 
Dominique Bunnaud. ■ 



ANT 



— 23 — 



APÉ 



« Le bonisseur annonça que la repré> 
sentation allait commencer. » 

« Ce bachelier en était arrivé à ac- 
cepter remploi de saladier dans 
une baraque de femme-torpille. » 

(G. DB FaOLLM.) 

ANTÉCÉDENT JUDICIAIRE. 

¥affe$. V. Casier jadiciaire. 

ANTHROPOMÉTRIQUE (SER- 
VICE). Bureau des pieds, 

ANTIPATHIQUE. (Pris substan- 
tivement.) Gueule à chier dessus, 
Gueule en coin de lue, Poire de 
êchnockf Tête de lard. 

Des tasd* saPs typ*s, âe%poir't descMnock, 
Téfs de lard... ot gneuV en coin d rue 
Oui. sous prétess* qu'on n'est qu'un' grue. 
Vous emmerJ' une heure pour un b^k... 

(BLtDORT.) 

ANUS. i4s, As de pique. Bocal, 
Borgne, Entrée des artistes, Esca- 
lier' de service, Piac, Fiaa'e, Flaque, 
Pignard, F igné, Fignedé, Pignon, 
Pion, Poiron, Poirpelte, Gnard, 
Lorgne, Manillon, Ognon, Os, 
Pastille, Pastille du sérail, Petit, 
Pette, Pièce de dix ronds ou de 
dix sous. Rond, Rondelle, Rosette, 
Savonnette, Tabatière, Tirelire, 
Trèfle, Troud'Aix, Trou de balle, 
de bise, de la fine, du souffleur, 
Trovfignard, Troufignon, Trou- 
fion. Trousse, Zéro. 

« La maison, qui était le rendez- vous 
de cens aux mœurs asiatiques, avait 
cyniquement pris pour enseigne un 
ns de pique ', ce qui amusait fort les 
habitués. » 

{Chronique parvienne.) 

« Plusieurs fois depuis, le maes- 
tro H... eut la mésaventure d'être 
ainsi surpris, soit s^introduisant 
comme membre de la Société des 
artistes dans un cercle ouvrier, à 
la façon de Germiny biribi, soit se 
trompant de porte dans les cabinets 
d^aisances et cherchant toujours 
Ventrée des artistes. » 

(B. LlPILLITIBS.) 



« Un gonce qu'avait dû, étant mi- 
gnard. avoir un larbin pQur y tor- 
cher r fiaque. » 

« Les clebs pourraient 9* flairer 
r fignard tranquillement. » 

Gn'en ■ qu'esp^r'nt on eun' Justice 

D'aut's en la Gluir' (ça, c'est un vice 

Leur faut dans r/fj7)i' trois plum's de paoo). 

(Jbran Rictos.) 

Su' r boul'Tard des Capucines, 

Ou voit pa5Ker les coquines. 

Deux par deux, se donnant 1' bras 

Et faisant leurs embarras ; 

Ell's prenn'nt de drôl'a de tournures 

Et torlitl'nt leur tronfionon^ 

Eo passant d'vant les d'vaniurcs : 

C'est d' ïognon. 

V'ià d' y ognon. 

(A. B.) 

r n* marchait pas pour la digue 
Car i' soignait cher ses d'ssous; 
Et fallait raquer un ci);ue 
Sa pièc' de dix sous, 

d Ils rirent de ce qu'elles le trouvaient 
en fonctions, son trou de balle au 
grand air. » 

(E. ZULA.) 

ANXIEUX. Qui ne bande plus que 
d'une (obscène). 

APATHIE. Flemme, 

» Impossible de Téuiouvoir, c'est la 
flemme en personne. »> 

APATHIQUE. Dort-en-chiant, 
Flèmard, Flemme, Gnantjnan. 

« De braves gens très souvent, mais 
flemmes^ insouciants, vivant au 
jour le jour. » 

(GORON.) 

APERCEVOIR. Allumer, Dégotev, 
Frimer, Gdfer, Mordre, Piger, 
Hechâsser, Hembroquer, Repérer, 
Requinquer. V. Regarder. 

« Quoi qu' i' allume'] — Deux flicards 
en train d' nous r'moucher. » 

Donc, j'arriv' pu' 1' tas et j' rnnbroqu^ 
Ha gare' de poul' qui t'nait 1' crachoir 
Avec d'aut', auprès du séchoir. 
Et qui n'eu foutail pns euii' broque 

(L. Ds BaacY.) 

APÉRITIF. Apéro. 



APL 



— «4 — 



APP 



« Il est cinq heures, allons boire 
Vapéro, n 

APLATIR. Écrabouiller. 

« Les uns. se saisissent aux cheveux, 
hurient frénétiqueuienl et sVora- 
bouillent saos être entendus. » 

(E. Bmgibat.) 

APLOMB. Astuce, Chien, Culot, 
Estomac, Eslome, Santé. 

Quel ehienl quelle astw'l quel!' santé l 
Tu veui m* fair* paver U bouleille?... 
Eh ! ben, t'as du cuiot^ ma vieille. 

(Bbiollbt.) 

APOSTROPHER. Arçonner, Au- 
bader. V. Admonester. 

APPARENCE (EN). Pour, Pour 
la chique. Pour la frime, 

« — Alors, tu marches dans la bi- 

naise? 
— Pour\ n 

APPARTEMENT. Se désigne par 
les équivalents de Logement et 
de Maison. 

APPAT pour la pèche. Gobbe. 

APPEL. (Recours en justice.) 
Rappel. 

m J*ai paumé en première instance; 
mais, pour sûr, ej^ gagnerai en rap- 
pel. • 

APPELER. Arçonner (on écrivait 
autrefois Aresonner"), Epprener*. 

— APPELER PAR UN SIGNAL. 

Faire le duse, le ser. V. Signal. 

— APPELER EN SIFFLANT. 

Hisser. 

~ APPELER A L'AIDE, AU 
SECOURS. Aboyer^ Gueuler au 
charron, à la chienlit. 

M J* me r'iève; la Mélie s' met à gueu- 
ler au charron ; et mon Eusôbe ra- 
masse sa pMure et met les voiles. » 

— EN APPELER. Rappeler. 

APPÉTIT. U dent. V. Faim. 
APPLAUDIR un acteur à son 



entrée. Lui faire son entrée, lui 
faire un costumr. 

— ÊTRE APPLAUDI. Avoir sa 
côtelette ^ Roire du lait. 

— NE PAS ÊTRE APPLAUDI. 

Ramasser une ou la bûche ou 
la pelle, Rem/jorter une ou la 
tapi, 

APPLAUDISSEMENTS. Tabac, 
Zinc. 

^ PAS LE MOINDRE APPLAU- 
DISSEMENT. Pas une claque^ 
Pas une tape. 

« 11 croyait faire beaucoup d^effet 
avec sa nouvelle chanson ; il est 
sorti sans une tape. » 

APPORTER. Abouler, Amener. 

« Le garçon abou/a deux litrons. • 

« — Amt^ne le barbotin avec tézigue 
chez le fourgat. » 

APPRÉHENSION. Flube, Gou- 
rance, Taf, Trac. V. Peur. 

M J*ai r trac de rencontrer ma gon- 
zesse avec Ugëne, alors ej" réponds 
de rien. » 

APPRENTI. Arpèle ou Arpette, 
Attrape-science. Galifard, Grippe- 
saucisse. Lapin. 

Dan« r temps, quand nous étions arpettet^ 
Tous les lundis j'allais au bain 
Chez Fill'rv, fair' des i^alipeltes... 

(A. B) 

« — Pour être compagnon, tu seras /a- 
pin ou apprenti, plus tard tu pas- 
seras renard ou aspirant. » 

(HitVILLII.) 

— APPRENTI MAÇON. Chétif, 
Voltigeur. V. Haçon. 

— APPRENTI MARCHAND. Bis* 

toi. V. Commis. 

— APPRENTI PEINTRE. Mar- 
cassin. V. Peintre. 

— APPRENTI TAILLEUR. Tat^ 

lare. V. Tailleur. 

— APPRENTI VOLEUR. Pé- 

griot, Volaillon. V. Voleur. 



APP 



— 25 — 



ARG 



— APPRENTI SOUTENEUR. 

Brocheion^Macroiin, V. Maque- 
reau. 

APPRENTIE. Arpette, Groulasse, 
Groule, 



— APPRENTIE 

V. Danseuse. 



DANSEUSE. 



— APPRENTIE MODISTE. ^}*0^ 
tin. 

m Encore tout enfant, j'étais donc 
trotlin^ c'est-à-dire un de res vingt- 
cinq mille saute-ruitseaux femelles 
qui traînent le long des boulevards 
leurs tristes bottines... ■> 

(0. MfiTftniCB.) 

APPROCHER. S^annoncffj Radi- 
ner, Rappliquer. V. AnÎTer. 

« V*lâ ma frangine qui s'annonce, » 



ARABE. 

Btcot. 



Arbi^ Arhieo, Arbicot, 



« Ahl 1' pauv' frangin, c* qu'on V Ta 
envoyé chez les ^roM, aux bat. d*Af., 
avec les joyeux. •• 

— PATOIS ARABE. Sabir. 

m Elle prononce en sabir des paroles 

indistinctes, i» 

(HuGcn LK Roux.) 

ARAIGNÉE. Fileuse, Maçonne^ 
Sistyphe *, Tendeme, Vagabonde. 

ARBITRAIRE. Péodec \ 

ARBRE. Cocard *, Coquard *, Porte- 
feitUles, Quoquard *. 

ARC-EN-CIEL. Cravate de cou- 
leurs. 

ARCHEVÊQUE. Archipointu, 
Gourd'Razis *. 

ARDENT. Altéque*, Qui a des 
c.Mes au cul (obscène), Qui est 
ià, Qui en a, V. Brave. 

— ARDENT EN AMOUR. Ban- 
deur. Bon baiseur. Bon fouleur^ 
Bon planteur^ Chaud de fa 
pince^ Cochon^ Dard, gaule ou 
vit d'acier, Queutif^ Tendeur. 
Toutes ces expressions sont 



obscènes. Porté sur Varticle^ 
sur la chose. Dans les Flandres, 
on emploie le mot Rosse en ce 
sens. 

ARDEUR au travail. Graisse d'a- 
battage, Huile de cotuie. 

« — Eh! bien, quoi? ce travail?... ça 
ne va pas?... mets-y un peu d'hut/e 
de coude, sapristi ! » 

ARGENT. Âbsol. Blanc, Blan- 
quette, Ce \ Plâtre. 

« 11 avait chauCfé une cal'tière en beau 
blanc. » 

« r fait r marie avec son bob en 
plâtre. M 

Son carie * j'ai pessigaé, 
Son carie * et sa toquante 
Et ses altaches de ce *. 

{Vieille chanson argotique.) 

— ARGENT MONNAYÉ. Ache- 
toir, arheloire ou achetuires, 
As, Atout, Avber ou Aubert, Ba- 
gafe *, Beurre, Bille, Billemont, 
Biscuit, Blanc, Blanquette, Blé, 
Braise, Bulle, Caire \ Carie \ 
Carlo*, Carme, Ce qui se pousse, 
Cercle, Charle *, Cuivre, Douille, 
Étoffes % Face», Fen^aille, Flac, 
Fric, Fricot, Gaittc\ Galette, 
Galfouze, Gâteau, Gib *, tlrain. 
Graisse, Gras. Grishis, Gruau, 
Huile, hfazillc', Menouille, Mé^ 
tal, Michon*, Mitraille, Mono- 
cos. Monarques, Monnerons •, 
Monouille , Mornifle , Net-f, 
Noyau, Ognon, Onguent, Os, 
Oseille, Pépettes, Pèse ou Pèze, 
Picaillons , Pimpions *, Phi' 
lippe *, Pions, Plâtre, Pognon, 
Potage (arg. des joueurs), 
Pouiffe*, Poussier, Sauvette, 
Sonnettes, Style, Vaisselle de 
poche. Zinc, Zozotte. 

Comme i' n'avait pas d'ach'toir, 
V s'est envoyé 1' moucliuir 
A la tire. 

Ce qui m'intéress' surtout 
C'est qu'en glissant la première 
EU nous laiss'ra son atout. 

Quand on n'avait pns d' marmite 
On bou n'ait cticz V pèr' Lafrite 
Four un peu dauber... 

(A. B. 



A PL 

àp^ro.T'f heure. 

(E. I 
(B>< 

• *^- admonester. 

«KIVCE (E!V) p, 
?''«' »" marches da, 



i » 



'^«"'- ^a pèche. Got 
(^^ecours en j, 

îî-'sû? eTJ^^^'-^ '" 
»"r, ej gagnerai . 

l^J^ PAR v^ SI 



» « 'a chieniii. 
; 'a Méfie f » jnef 




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e..i,«c.-,l 1.1,1 ,.,'.,7.,,.., , .'.jup-lâ... 

— Etre ABHf:TË. K/i-e ^i-u/^n 

Tonififr mitlaile. 


.1 clé 


— AltRËmi L\- TRAVAil. E?i 

TRAIX. Ai-r-'Ur les frais, tùiire 
une brisiii-f, ui, enlr'Mle. V. In- 



ARG 



— 20 — 



ARG 



Viveot \é flac. 
Le poffnon^ le fricot, le oise. 
Le plâtre, les péloU, la braise 

Millets en sac! 

Vive le flacl 

(Blédort.) 

Sûr, c'est pas eun' gerce à la roue 
Qui m' niéiiris'ra pour raanqu' de carme. 

(Jbham Kictds.) 

Je m' iiioqu' qu'i' n' soit ni jeun' ni beau, 
Pourvu qu'il ait de c' guis* pouste. 
Je m' laiss'rai tomber sans s'cousse. 

(J. Bbhthieb.) 

Les dupes sont prives de cnire*. 

(FaANçots Villon.) 

On est roalfrein, mac et fripouille ; 
On croit à rien ; et l'on vit bien 
Avec des cercles plein la Touille. 

(L. DE Esacv.) 

Mais si la condisse est sans cuivre ; 
Quand les crapauds gueulent la faim ; 
Quand tes harnais vont au biffln; 
Ah! bien maraud qui voudrait suivre 
Les bons conseils que vous baillez ! 

(iD.) 

Du croquant fais une lessive. 
Chope-lui cornant, douille et sive. 
(HoGisa-GaisoN.) 

Tas nib d'e/o/fM •?... Ya pas d' deuil ! 
Le t6lier va nous faire à l'œil. 

(Laouicri.) 

Et les triroardeurs sans ferraille^ 
Les pilons et les purolins 
Falmucheront sur la mitraille 
Des gavés et de leurs putains. 

(L. DE Bkiict.) 

EmLrassons-nous, ma gigolettc, 
Adieu, sois sage et traraill' bien, 
Tàch' de gagner un peu d' galette 
Puur l'envoyer à ton pauv' chien. 

(A. B.) 

J' cass'rai la gueule aux proprios, 
A tous les gens qu'a d' la galtouze 
Qu'il a gagné' dans dos agios. 

(In.) 

Four boire a m' trichait su' 1' gâteau. 

(lo.) 

Si j'avais, pour me graisser 1' bide, 
Que la graiss' que tu fais su' 1' tas, 
J' crois qu' j'aurnis souvent 1' battant vide ; 
Car avec toi 1' gruau n' lomb' pas. 

(IliCTOn SUMBHE.) 

« Ce n'est pas aux répétitions, c'est à 
Vhuile, comme on <lit en style de 
coulisses, c'est-à-dire devant le 
public payant, que se jugent les ou- 
Trages qu'on y représente. »» 

(II. ROCMEFOIT.) 



« Nenni, c'est ce qui me fait ambier 
hors de cette vergne; car si je 
n'eusse eu du michon *, je fusse coni 
de faim. » 

(0. CnsaiAn.) 

«r SU avait des grains, on luy raseroit 
le mynois. » 

( Vie de taint Chryttophe.) 

«I La mort dans Pâme, il s'est décidé 
à leur sauver la mise et à verser la 
belle monouille. » 

(PODGBT.) ' 

« 11 s'informa, avant d*entrer chez le 
marchand, si son compagnon avait 
du nei'f. » 

Voyant qu' dans l' jardin on dansait 
J' alions danser notre menuet!... 
L' sacré violon qu' avait joué faux 
Voulut me d 'mander des noyaux. 

(Vadé.) 

Faut les solir cheux 1' Tapissier, 
Et puis partager le pousner, 

llD.) 

L' soir on rencontr* plus d'un' fripouille, 
Extra niuros, ■ 

' Qui vous assomme et vous dépouille 
De votr' pauvre os. 

[y. MCUSY.) 

Vrai, j' m'enm'rais ben un' bouteille : 
A présent qu' t'es sorti' d' là-bas, 
Envoy'-moi donc un peu d'oseilte 
'a Mazas. 

(A. B.) 

Tu peos's un peu s'i' s'en fout ben... 
V marche avec nous pour le pèze ; 
Du jour que nous n'aurions pu d' braise 
On nous enverrait tous au bain. 
D' la braise \ .. i's n'en ont pas épais... 
Même i' parait qu'i's n'en ont guère... 
Ht comme i's ont soiipé d' la guerre, 
I's d'mand'nt qu'ont leur-x y H>ut la paix. 
(A. B. Les Soulotoques d'Honoré Constant.) 

Mais à caus' de ses pépette% 
Je suis restée avec lui. 

(BaiOLLET.) 

— PIÈCE D'ARGENT. Blafard, 
Mousseline y Sonnette. 

— Monnaie d'argent : 

fr. 50 : Blanchelte, Blanchisseuse, 
Crotte de 2)ie, Gravie Goutte de 
lait, Lixdréy Pastilley Petite pis- 
tôle, Petite veillensey Rotinette, 

1 fr. : Balle, Bertelot, Combrie *, 
Linvey Linvé, Point, Veilleuse, 



ARG 



~ 27 — 



ARS 



2 fr. : Larante^ Larantequé^ Laran- 
tequetf Roue de devant. 

3 fr. (Somme de] : Escale ^ Loitré. 

5 fr. : Bougie^ Chatte, Dalle, Dollar, 
Dringue, Gallet, Gouge, Gourdo- 
che. Lune, Palet, Pièce, Rondin, 
Roue de derrière, Thunard, Thune, 
Tuile. 

• Pour une malheureuse ci*otte de 
pie, pour une petite blanchette de 
rien, pour une goutte de lait qu' 
t*at paumée, tu fais tout c* barouf- 
là? Que qu* tu bénirais, alors, si tu 
dèchais d un dollnrl » 

Unéco flambant neaf, un blafardde etnabalUsl 

(J. RiCHBriN.) 

Non... vrai... cet cbosVlâ, ^a m' dépasse ! 
Pant-f oa'eun* gonxeM* toy paquet 
D' ivenare un franc cinqnant' pour eun' passe 
Quand a peut d'mander tarant guet... 

(A. B.) 

« 11 me refile toujours un linvé^ des 
fois laranlquè : il ne s'agit que 
d*ètre à la distribution. » 

(M. DORKAY.) 

« — Tu les as raqués une escale, trois 
balles avec la pendule. » 

• Quand je ne lui donnais qu'une 
thune, il s'en allait sans manger 
avec moi. » 

(GoaoK.) 

« — Une dringue toute ronde, dit le 
fourgat. 

— Oh I mettez six points? 

— Des plis : ça vaut juste une gouge; 
et encore? • 

« De quoi qu'i' r'naude ? j'y assure une 
chatte tous les jours!... combien 
qu'i' y faudrait d' bougies pour 
s'éclairer? » 

— ARGENT COMPTANT. Rubis 
sur pieu, 

— ARGENT nONNÊ A UN AVO- 
CAT. Savon. 

— ARGENT PRÊTÉ. Bijoutene. 

~ ARGENT SOUSTRAIT PAR 
UN COMPTABLE. Fourbi, Ra- 
biot. V. Bénéfice. 

— SAC D^ARGBNT. Flacul. 



— REVENIR SANS ARGENT. 
Revenir carton. Etre carton. 



Et 
Et 



pendant c' temps-là Y michet passe... 
tous les soirs aile est carton, * 

(A. B.) 

ARGENTERIE. Blanc, Blanquette, 
Ce % Pldtre, 

« Elle ne fourgue que de la blanquette, 
des bogues et des broquilles. » 

(ViDOCQ.) 

ARGOT. Anglais, Arguche, Arpion 
(arg. des chiffonniers), Artic, 
Ariis, Bigorne, Filin, Jar, Jars, 
Jobelin, Langue verte, Latin. 
V. Jargon. 

« Pendant qu'on jactait en Jars avec 
Milot, le gonce esgourdait. Ça 
m' cavalaitl Alors, à un coup 
d' cbàsse que j'envoyai au latron- 
pucbe, i* nous dit : Y a pas d'éuiôsse, 
son orgue est un garçon : il en- 
trave V anglais, » 

« Dans UQ coin, deux anciens relin- 
^ues y dévidaient le yieux jars. Un 
jeune freluqueux, assis entre deux 
gonzessps recoquinchées, y bonis- 
sait'le neu filin. » 

(LouisB Michel.) 

ARGOTIQUE. Bigorne. 

« En partie, les poésies Ur/ornes de 
Jean Richepin semblent avoir été 
écrites à l'époque de Vidocq. » 

(J. PU.NEI.LI.) 

ARGOUSIN. Artoupan, Rien. 
V. Garde. 

ARGUMENT. Boniment, Bonne 
chose. Chichi, Coupure, Flambeau, 
Flanche, Vanne. 

H'u!... nom do Dieu!... j' suis amoureux! 
Mais ce soir, CéciT fm la rosse : 
Madam' ne veut pas m' rendo heureux 
Oiinndj'sui^t plein. ..aile a peur d'un gosïc! 
J'en ai soupe du boniment... 

(A. B.) 

Kcoul'-moi, j' vas f dire eun' bonnfi cho.te : 
Tous ces gonc's-lù, j' les ai dans 1' prose ! 

— ARGUMEXT DÉCISIF OU 

qu'on juge tel. Tarte à la crème. 
^'emploie au masculin ou au 
féminin indifféremment. 



ARI 



— -28 — 



ARR 



« Qui sait si, dans la lutte électorale, 
les députés sortants n*auront pas 
le cynisme de Todopter comme mot 
de ralliement de la majorité et d'en 
faire la tarie à fa crème de leur 
programme, la réponse à tous les 
reproches qu'on pourra leur adresr 
ser? » 

(P. CoppiK.) 

« Dans toute cette affaire, les adver- 
saires de l'acquittement, qui, je le 
répète, sont une infime minorité, 
ont eu un tcu'te à la crème qn^ils 
ont répété à satiété. Ce tarie à ta 
crème^ c'est la loi Bérenger. » 

(L. DK GtAXONT.) 

— RÉDUIRE A BOUT D'ARGU- 
MENT. Asseoir, Coller, En 
boucher un ou En boucher un 
coin. 

« De c' coup-là, l'mec ne bonissait 
plus qu' dalle : il était assis. » 

Ah! ça t'en bouche un coin, vieui gonse! 

(1*. f'AILI.CTTR.) 

« Elle le menaça enfln de le tromper 
avec sa femme. A ce coup* sa colAre 
tomba : il était coUé. » 

{L'Evénement Parisien.) 

ARISTOCRATE. Aristo (apoc), 
Gas de la Haute, 

Débiter d' la moru' pourrie, 
« Aussi pourri' qu' les ari$tosf 

(J. RtCHBPI.X.) 

Kn attendant, les ga.% tV la Haute 
(l'.euss* qui nous sont déroués Ttiiver) 
Se cavarnt et \ont s* mettre su vert. 

(Jbman Rictus.) 

ARISTOCRATIE. La Haute. 

ARME. Se reporter aux mots dé- 
signant les difTérenles armes. 

ARMÉE (L'). La culotte rouge, La 
qr.inde Muette, La Grive, 

« On la voyait toujours en compa- 
gnie de militaires, car elle en pin- 
çait ferme pour la culotte rouge. » 

{La Gaudriole.) 

« Nous voulons qu'elle reste la grande 
muette; car elle personniûe la 
patrie. » 

(B. JUOBT.) 



Sois p/*narJ, petit! S'il l'arrivé] 
' D'entiflTer uu jour dans la grive.., 

(L. DB Bbrct.) 

ARMOIRE. Cache-f Hugues, Cache' 
frusques y Carante^ Cocante, 

« Il avait chauffé une pistole que sa 
daronne avait carré sous des em- 
paffes au fond de sa cocante. » 

— ARMOIRE A GLACE. Double- 
face, 

ARPAJON (nom propre de ville). 
A rpaga r, Chart res, 

ARQUEBUSE. Passante \ 

ARRACHER. Dccramponner, Dé- 
glinguer. 

« Elle s'est fait décramponner sa 
belle pelure; sa jaquette était toute 
*téglinguée, » 

ARRA^^GER. Arnaquer, Camou- 
fler, Maquiller, 

tt Son flanche était arnaqué de façon 
que le nave n'y voyait rien. » 

« Il a bien camouflé sa carrée. » 



— ARRANGER V^E 
ABIMEE. Rebouiser, 



CHOSE 



— ARRA.NGER UNE QUE- 
RELLE. Rebfcler, Recorder, 

« C'était coton d' les r'corder après 
deux piges qu'i's étaient brouillés ; 
mais nous les avons r'bectés tout 
d' même. » 

— ARRANGER UN VOL, UN 
MAUVAIS COUP. Emmailloter 
un môme, Engraisser un pou- 
pard. Nourrir un marmot, V. 
Préparer. 

ARRESTATION. Accrochage, 
Agrafage, Agrichage, Ceinturage, 
Cerclaue, Enfilage, Entoilage, Ser* 
rage, Suo'age, Tapvisage, 

« —Si tu renquilles àPantruche^tute 
gourreras du cerclage. »» 



— ARRESTATION 

Retapissage. 



NOUl'ELLE. 



11 était triquard, par conséquent 
certain du retapissage s'il quittait 



ARH 



— 29 — 



ARR 



Rouen, qu*on lui avait assigné 
comme résidence. » 

— ARRESTATION EN MASSE. 
Levée, Nettoyage, Rafale, Rafle. 

« Ce fut une levée formidable, un net- 
loyage en gnnd; le résultat des 
trois rafales fut que 385 miséreux 
et miséreuses prirent cette nuit-là 
le chemin du Dépôt. » 

Va officier, quelques agents 
Sont les iottrameols diligents 
De U rafle. 

(BUdobt.) 

ARRÊTER. Accrocher, Agrafer^ 
Agricher, Arquepincer, Baiser, 
Camoufler, Ceinturer, Cercler, 
Chiper, Choper, Coltiger*, Colti- 
ner, Cueillir, Empoucer, Enfller, 
Engluer, Eng rail 1er, Entoiler, Fa- 
briquer, Faire, Graffer, Grappi- 
ner, Gratter, Grimer, Grouper *, 
Harper, Harponner, Lever, Mettre 
le grappin dessus ou sur, Mitrau- 
rfer *, Paumer, Piger, Piper, Pois- 
ser, Pomaquer, Poser un gluau, 
liafler, Ham-isser, liatisseï*, Riflen^ 
Secouer, Serrn\ Servir, Souffler, 
Sucrer. V. Emprisonner, Fla- 
grant délit. 

« A preuve que les frères-j' t'agriche 
ont agrafe toute la tierce le lende- 
main. » 

« J*ai promis de reconobrer tous les 
grincbisseurs et de les faire arque- 
pincer. » 

(VlDOCQ.) 

Mais auaod i' faut donner 1' coup d' fion, 
Quand i' faut ceinturer un marie. 
Ya des foisqu'i's poiss' un coup d' scion. 

(A. B.) 

Monte en l'air ou descends en fouilles, 
Mais ne te laisse point cercler. 

(L. DB Bkrct.) 

« — Passe-moi le couteau de Matbieu, 
réclama Martin, sans ça la vieille 
va hurler et nous faire choper. » 
{Le crime de la rue Pierre- Leroux.) 

« C'est dans la rue du Mail où j'ai été 
coltigé*. » 

(V. Huoo.) 



M Les fliques se proposaient de nous 
coltiner tous à la sortie. » 

(Le Pire Peinard.) 

«« On en a cueilli une dizaine depuis 
la découverte du crime, sans mettre 
la main sur le bon. » 

(/>• Cri du Peuple.) 

« — Ten fais peut-ôt' cher à ce boulot- 
là? Mais tu verras qu'un jour tu te 
feras en filet \ » 

« — C'est des trucs à se faire engluer ; 
une fois que toute la soce sera ;>ot5- 
tée, vous serez contents, tas de 
panas ! » 

« — Ta femme est faite I >» 

Un m'apprit qu' pour attaqu' nocturne 
Un soir on ïk^vM fabriqué. 

(Rlédort.) 

Pour me fair' marron, c'est la digue ! 
Et si maint'nant j* suis harponné^ 
Si ta m* tiens, c'est qu'on m'a donné. 

(Id.) 

« — Ah ! mon pauvre vieux ! c'est em- 
bêtant de se faire paumer après 
avoir si bien travaillé. » 

(11. LsYBtT.) 

l'rinc* des Couillons, mine à croquis, 
Gibier d' Poissy qu'a V taf qu'on r poisse^ 

(JiHA.'v Rictus.) 

« Quand les poules sont arrivées pour 
lui poser un gluau, il était encore 
dans la condition et il s'est fait 
pomaquft marron ; on a servi le» 
autres dans la journaille à Auteuil, 
chez Uonnelli, où toute la tierce a 
été riitissée, excepté Le Frisé qu'a- 
vait fait la fuite juste à temps et 
que ces messieurs n'arriveront pas 
à sen'er de si tôt. » 

— ARRÊTER DE NOUVEAU. 

Rentoiler, RepessiUer*, Repési- 
gner\ Repésiguer*, Retapisser, 

« L' niômc Roculot, mon p'iit fran- 
gin, s'est fait re tapisser c' coup-là. « 

— ÊTRE ARRÊTÉ, Être propre. 
Tomber malade. 

— ARRÊTER UN TRAVAIL EN 
TRAIN. Arrêter les frais, l'aire 
une brisure, un entr^acle. V. In- 
terrompre. 



ARR — 30 

ARRIÈRE-PEXSÉE. Regodt. 

« —Y* vous aime. Raccommodez-vout 
doQC là, sans rgoût. » 

{Catéchiime pottiard.) 

ARRIÉRÉ en art, en littérature, 
en philosophie. Antique, Bonnet 
de coton. Bourgeois, Boutiquier^ 
Coco y Croûte, Be Vautre bateau. 
Épicier, Harnais, Pas dans le 
train, Philistin, Pot au feu. Prud'- 
homme, Second Empire, Vieux 
jeu, 4830. 



<( 



La plupart des prétendus artistes, 
journalistes et gens de lettres ne 
sont que des boutiquiers. » 

(HicTOR Fkahce.) 

« Il ne manque pas de croûtes au 
Sénat. M 

(Id.) 

« Le bonnet de colon est un homme 
mesquin aux idées étroites, ainsi 
nommé à cause de ce couvre-chef, 
ridiculisé par Louis Keybaud et 
dont se coiue le bourgeois. » 

(b.) 

« — Ce que vous êtes cocoy mon pauvre 
cher, avec vos raisonnements an- 
* tiques. » 

{Gil Blas.) 

« Parler de littérature et d*art à ces 
épiciers ? c'est perdre son temps et 
sa salive. » 

« Qu'est-ce qu'un Philistin*i Autre- 
fois, en Grèce, il s'appelait « béo- 
tien N ; on le nommé « cokney » en 
Angleterre ; épicier ou prud'homme 
à Paris, et les étudiants d'Allemagne 
lui ont conféré Tappellation de Phi- 
listin (que les Français leur ont 
empruntée). » 

(De Niuvilli.) 

ARRIVER. Abouler, Abrouer*, Dé- 
bouler^ Emplanquer, Engrainer, 
Badiner, Rappliquer, S'amener, 
S*annoncer, 

Mais v'ià la gard* qui déboule 
Tar le boul'vard Saiat-Germain. 

( Bléoobt.) 

... v'Iil' Printemps, r marchand d' rameaux ; 
Y vleol, y trotl', quoiqu' rien n le presse, 



— ART 

« Par les sentiers remplis d^irresse », 
Le v'ii qui radine^ V chameau! 

(JUAH RiCTOS.) 

Bappliquâs ch.iud ! Gn'a V Ûls de Diea 
Qui vient d* dégringoler des eieux. 

(iD.) 

Moi, je m'^amèneet j^vois M. Goron 
qui me demande mes clefs... « 

(Goao.i.) 



« — Pais la dé binette, vUà les cierges 
qui s'annoncent ! » 

— ARRIVER A PROPOS. Tom- 
ber à pic. 

— OU'ARRIVB-T-IL? De çuoi 
qitil retourne^ 

ARROGANT. Crâneur, Grosseur, 
Crosson, Êpateur, Esbrouffeur, 
Pendard, Fendeur, 

Ua* cràneitse^ un' marchand* d^épates... 
Malheur!... »i ça fait pas rêver :... 

(à. B.) 

« De tous ces gonces-là, c'est à qui 
s'ra P plus crosseur, » 

« Quand a passe su' 1' rade, les aut's 
gonzesses disent : « Mors donc, la 
femme à Bibi, c'est pus Cécile Cons- 
tant, c'est Marne Crosson I p 

« Ils trinquër'nt, en camarades. Puis, 
Nénesse prenant son ton (Vépateur 
déclara qu^il crevait de faim. » 

(C. Lbmoniiiir.) 

« Cette pauv^ petite-là, c'est bien une 
des moins esbrouffeuses^ des p'us 
bonnes filles du bureau. » 

(A. Cm.) 

ARROSAGE. Lancequinage, Lans- 
quinagc. V. Eau. 

ARROSEUR. Lancequineur, LanS" 
quineur. 

ARROSOIR. Mille-pcrtuis. 

ARSEXIC. Arsenal. 

ART. Trompe-châsses, 

— ART SURAN.'VÉ. Pompier, 
S'applique également aux ar- 
tistes. 

« Nous avons horreur dapompier, du 
convenu. » 



AHT 



— 31 — 



ASS 



ARTICLE de journal. Flambeau, 
Planche, Salade, Vanne. 

« Si la moutarde me monte tout 
d* suite au biair, j^ pourrai jamais 
' achever mon flanche, n 

(Trdblot.) 

Sétig doom" daos la « Lanterne • 
Chaqo fois un vanne épatant. 

« •--• Tu devrais en voyer une sa/ade sur 
Ëmillenne de Rutcouvert. N'oublie 
pas surtout de dire dans ton flam- 
beau qu'on l*a rencontrée au Bois 
avec l'amant de Diane de Poissy. » 

^ ARTICLE DE FAITS DIVERS. 

Chien écrasé. 

1 On lui conseilla d^entrer au journal 
par la petite porte et de se conten- 
ter, pour commeccer, des échos et 
des chiens écrcéés» » 

— ARTICLE L03ÎG. Tartine, 

« L^événement ne valait pas d'être 
traité en une pareille tartine. » 

— ARTICLE DE TÊTE. Premier 
PariSy Premier Lyon^ Premier 
Bordeaux^ etc., selon le nom 
de la ville où se publie le journal. 

ARTIFICE. Arnaque, Carottage, 
Truc, V. Tromperie. 

ARTIFICIEUX. Mariole, Ma- 
riolle, V. Malicieux. 

ARTILLEUR. Artifiot. V. Soldat. 

^ ARTILLEUR A CHEVAL . 

Flambant. 

ARTISTE. V. Acteur, Actrice, 
Peintre, Sculpteur, suivant le 
cas. 

AS. Borgne, Lorgne, Manillon, 
Médaillon, Nombril. 

ASSAGIR (S*). Acheter une con- 
duite. Dételer, Remiaer, Se ranger 
des voitures. Y. S'amender. 

« Souper frugal de camarades qui ont 
dételé, OUI regardent avec une 

•> sereine pnilosophie les autres con- 
tinuer la fête. » 

Cbampauuxrt.) 



« A trente ans, vanné, il s*était décidé 
à se ranger des voitures; il rewi-. 
sait, » 

{La Gaudriole.) 

ASSAILLIR. Agrichcr, Chérer ou 
Cherrer, Harponner, Mettre le 
grappin swr, Tomba' sur le poil de. 
V. Attaquer. 

« — Et quand le mec passe, tu 1' cher^ 
resl » 

« — Tu verras qu'un jour on lui tom» 
bera tur ie poil. » 

ASSASSIN. Dateur, Chourineur, 
Escape *, Escapouchon *, Escarpe, 
Pourline *, Pourloureur *, Friau- 
che *, Saigneur, Scionneur, Sion- 
neur, Suageur, Sueur, Surineur, 
Trousseur. 

« Les Parisieas ne dormiront plus 
leur franche nuitée sur les oeux 
oreilles, si leur ennemi familier, 
qui était aussi leur gardien, s'ima- 
gine de faire sa partie dans le chœur 
des escarpes, malandrins, chouri- 
neurs et autres pernicieux visiteurs 
nocturnes. » 

(HiNRi Baucr.) 

— ASSASSIN D'UN COMPLICE. 

Capafiuleur. 

— ASSASSIN QUI FAIT CRIER 

SA VICTIME. Saigneur à mu- 
sique. 

ASSASSINAT, An-angeage en 
grande Bulage, Buttwje, Butte, 
Descente, Goupinage à la dure. 
Grand jeu, Grand ou grande 
soûlasse *, Refroidissement, Sai- 
gnage, Suage, Suerie. 

tt 11 était convenu que si la vieille 
gueulait, ce serait Varrangeage en 
gran'i] elle y passerait. ■ 

{Le crime Oc la rue Pierre- U^ roux.) 

« — Merci, dis-je, où il y de la butte, 
je ne marche pas ! d 

(GORON.) 

« Il s'est fait gerher à la passe pour 
descente de pan te. » 

« — Goupiner, je veux bien, mcds 
pas de goupinage à ia dure, la vue 
du raisiné me fait aller au r'fil. » 



ASS 



— 32 — 



ASS 



« — Que faites-vous maintenant? 
— Toujours le grand souiasse *, tou- 
jours le grand soulaxse *. 
^ Et vous ne craignez pas la passe? • 

(Makg Mauo.) 

tt— Je m*en fous, il passera au refroi- 
dissement : j'y passerai ma rallonge 
daus le bide! » 

« Aux traces laissées par les visi- 
teurs sur le parcfuet, le limier con- 
clut qu'il y avait eu saignage, » 
{Le Petit Parisien.) 

f — Ailes jusqu'au snage, les mûmes, 
avait dit la Berlan, y aura du nannn 
pour vous. I* 

{L'a/faire Berlan et Doré.) 

A l'assaut! lost. sant« tueiie, 
Sans efTukioD de sang. 

(YiLLUM.) 

— ASSASSINAT D'UN COM- 
PLICE. Capahutage. 

« Et comme Tautre voulait pas falmu- 
cher, il le menaça de capa/iutage. • 

ASSASSINER. Ayiaiscry Arran- 
ger, buter ou Eviter, Crever, 
Dégeler, Démolir, Descendre, En- 
dormir , Escaper *, Escapoucher *, 
Escarper, Esotrpoucher* , Escofier, 
Eslourbir, Faire passer l'arme à 
gauche. Faire passer le goût du 
pain. Refroidir. 

« Mais quand uu h(»mme les gêne, 
ils Vapaisent, suivant l'expression 
de Lacenaire. » 

(RciNACM.) 

« — 11 était entendu que nous arran- 
gerions la vieille. » 

(Goaos.) 

l'n butter' an pélrousquin 
Kt lui nr'iit 80Q saiDt-lru9qaia. 

(Ulédobt.) 

c( — Je serai la femme du mec qui la 
crèvera. » 

(GOROX. ) 

m Après l'avoir dégelé su' V boul'vard 
Ihneau, ils l'ont porté jusqu'au pont 
d' la Jatte et ils l'ont balanstiqué 
dans r jus. « 

« Avant de démolir wn homme, comme 
il dit, noire héros le prévient cha- 



ritablement de numéroter ses mem-* 
bres. I* 

(P. BUNARO.) 

« Il a beau être terreur, un jour il 
trouvera son maître qui le descen* 
dra, » 

« A partir d'une certaine heure, on 
ne peut plus passer sur cette partie 
du boulevard d'Italie de crainte de 
se faire escarper. » 

(Ci. BB FaOLLIS.) 

« Et vMan, il l'avait estourbi avec un 
os de gigot. » 

(G. AoaioL,) 

Ou y tomb' su' 1' lard ; on y fauche 
Son bogard et (out son gruau 
Et quand i' veut gueuler trop haut 
On y fait poster Varme à gauche. 

Et 1* radm', qu' était un lapin, 
Y a fait passer V goût du pain, 

c Or, ce Rodot, chargé de veiller sur 
l'Elysée et qui contentait ses chefs, 
en dehors de son service, aimait 
les filles jusqu'à les refroidir, » 

(M. DONHAY.) 

— ASSASSINER KN ASSOM- 
MANT. Basourdir*, Ebasir, 
Étourdir. 

«D'un coup d' poing, il l'a basourdi*, » 

Et d'un grand coup d' suc* de pomme 

Su' la pommn 
Le pnntroiiillot fut quasi 

Ebasi, 

(BLtooar.) 

(( — Je ne lui ai donné qu'un coup de 
marteau ; ça a suffi pour Vélourair. » 
{Interrogatoire de Peagnex,) 

— ASSASSINER UN COMPLICE. 

CajHihuter, Sauter à lacapahut» 

— ASSASSINER PAR LB COU- 

TE. VU. Chouriner, Crever le 
bide, le casaquin, ta paillasse, 
la panse y la peau, etc. Faire suer 
le chêne, Linguer, Mettre de 
t'air dans C estomac. Saigner, 
Scionner, Sionner, Suer, Suri" 
ner, 

• Le mari qui chourine sa femme est 
le plus souvent acquitté. » 

(Sbvrrimc.) 



ASS 



— 3a — 



Pour boire a m' trichait sn 1' gâteau, 
C'est pour ^ qu* j'y cardais la peau 
Et que i'f ai crevé la paitlaste, 
A Montpomasse. 

(A. B.) 

Si le chesne fait guer^ 
Défourailie de la vergoe 
On te ferais engluer. 

(Les Mauvais Garçons.) 

y tas lui foutre un' bail' dans la peau, 
J' Tas la linyuer à coups d' couteau, 
Kosuite j' yas la foutre à l'eau, 
Faut que j' la crère 1 

(A. LUEUME.) 

C'est pas un gros, c'est un p'tit mac 
Oui va mis d" t^air dans l'estomae. 
En y faisant eun' boutonnière 
A la Glacière. 

(A. B.) 

C'est mon blot, moi, >'là mon pépin : 
J' saigne un goncier comme uti lapin... 
Ya pas gras les nuits qu' Bibi bouge 
A Sflonlrouge. 

(ï«>.) 

Et quand i' veut r'piquer au tas 

On quand i' reut gueuler, je 1' scionne,.. 

« G*e8t pas un crime de suriner une 
casserole. » 

(Guaox.) 

— ASSASSINER PAR EMPOI- 
SONNEMENT. Administrer le 
baume de porte en teire, Coquer 
le poivre , Donner le mauvais 
ca/éf Foutre un bouillon d'onze 
heures, 

« — Fous-lui un bon bouillon d'onze 
heures ou une infusion de baume 
de porte en terre; et tu hériteras. » 

(G. ilaBBcaT.) 

— ASSASSINER EN FRAPPANT 
LA TÊTE CONTRE UN CORPS 
DUR. Sonner. 

J'y crèv' la peau, je 1* fous en bas ; 
Des fois, pour ra'amuser, je 1' sonne,., 
Ben, oui, je V sonne ! Et pis après ? 
J'attrap' les deux oreill's du gonce 
Et pis j'y cogn' la tôt' su' l' grès. 
Pal sa' r pavé d' bois, ça s'enfonce. 

(A. B.) 

^ ASSASSINER RAPIDEMENT. 

Trousser, 

c( Il n^y en a pas cher comme sézig 
pour trousser en cinq secs et sans 
faire de saletés. » 



ASS 

— ASSASSINER PAR STRAN- 
GULATION. Dévisser le citrony 
Estrangouiller^ Faire le coup 
du père François (V. Vol), le 
coup de pouce^ le tour de cra- 
va te, 

« — Pour un empire, Je ne voudrais pas 
demeurer dans votre quartier; j'au- 
rais trop peur de me faire estran- 
gouiller en rentrant le soir. » 

Alors c'est l'heur' du rendez-vous 
Des purotins et des ûlous. 
Et des escarp' ot des marlous 

C)u'oDt pas d' besogne. 
Et qui s'en vont, toujours par troi>i, 
Derrii^r' la vieux salauds d' bourgeois. 
Leur fair' le coup du pér' François, 

Au bois d' Boulogne. 

(A. B.) 

« — N'aie pas les foies I Cherre-le au 
kik et faiS'\m le tour de cravate, » 

ASSEMBLÉE. Fourmillante, Fré- 
millanle, SocCy Tierce, V. Foule. 

« — On était une suée et, tu sais, une 
soce à la mode : toute la tierce ! ceux 
de l'École et ceux d' Charonne, 
ceux d' Moutpar et ceux d' Bâti I >» 

ASSEMBLER. Lairrer \ 

ASSEOIR (S'). Se bacutei\ Se 
boucher le cul avec une chaise, 
avec un siège^ Se cuter, 

ASSEZ. Darca! Bastal Chiezl 
Chiez donc! Clôture ! Mare ! Mare ! 
Marre ! N'en jetez plus ! Xen jetez 
plusy la cour est pleine! Nibé! 
Ni/fé! Pouce! Pouce y je ne joue 
plus! Rends-moi mes billes! Ri- 
deau! Soupe! V. Refus, Se taire. 

El quand on yest bûché... Barca! 
Mou \ieux salaud, mine' qu'eu l'entrave : 
Ou i' lèv'rait pas pour fuir' caca. 

(A. D.) 

•< J'ai soupe de votre fiole, mon bon 
Bijnï^ bas lai » 

(Hkctoh FaiNCB.) 

« — Ah ! pis quoi, tu nous barbes d 
la fin ; chiez! » 

II— Marré l marré îiw répètes tou- 
jours la mt^me chose. » 

(U. COORTBLI.NI.) 

3 



ASS 



— 34 — 



ÂTE 



« -. C'est nifié^ hein ? j'en ai plein 
1* fignc, de c'itc salade-là. >« 

J'en ai niffé des jeux «l'argent : 
On efct trop lilô d' la ruaclettc! 

(BlIoort.) 

» Quant aux cinq sœurs Lorrisson... 
Ah! non, j'en ai soupe de celles-là. » 

(F. Sarcey.) 

ASSIETTE. Auge, Coquille, 
CtoUe*, Ecuelkj Limonade \ Mor- 
fiante*, Salivergne *, Tuile. 

« — Allons, avance ton auge, hurla la 
-vieille, que je te donne ta soupe. » 

c — C'est i* (ju'on va m* laisser avec 
mon écuelte vide? m 

ASSIGNATION. Chiffarde \ 

ASSIGNER. Talbincr. 

ASSISES (COLîR D*). Bourrache, 
Juste *, Ligore', Planque de gtrbes, 
V. Tribunal. 

ASSOCIATION. Équipe, Soce, 
Tierce. 

« Véquipe de la Chapelle. » 

N La 80ce des Defs aiucricaines. » 

M La tierce du Barbes. » 

ASSOCIÉ. Assoce. V. Compère. 

ASSOMMANT. Fig. Barbant, 
Bassinant, Caialant, Courant, 
Ëmbf'ucanant, Emmerdant, Em- 
merdant comme lu pluie, comme 
un boisseau de pucrs, Emmiel- 
lant, Emmouscaillant, Enquiqui- 
nant, V. Ennuyeux. 

» — Non, c' Cfue t'es bassinant avec 
' tes Qanches ! tu vois donc pas qu' 
tu nous cavales? » 

ASSOMMER. Rasourdir\ Étour- 
dir, Envoyer dormir, 

u D'une seule mûre appliquée der- 
rière la tronche, il Vavait envoyd 
dormir, » 

ASSOMMOIR. Permission de mi- 
nuit, Sortie de 6a/. L assoiiimoir, 



qui est ofdi nai remen l une trique , 
se désigne souvent d'un nom de 
baptême : Jacques, Jacqueline, 
Joséphine, Marie, etc., etc. 

« Pour traverser la zone militaire, 
très dangereuse à cette heure, il 
s'était muni d'une permission de 
minuit, un fort gourdin au bout 
ferré. » 

{La Nation.) 

ASSOUPIR (S'). Saluer la société 
(à cause du mouvement invo- 
lontaire de la tète qui s'abaisse 
et se relève par saccades). 

« La fatigue de la journée et les va- 
peurs des libations l'avaient assom- 
mée et elle commençait, malgré 
elle, à sa'uer la société. »> 

ASSURER. Bonir, Foutre son 
billet. V. Affirmer. 

Tnc heure après, je paiçe au lortorage. 
(<ar, ce »oir-là. la Loiii:» quinze est en Tonds, 
Kt puis après», je la donne au sorguaj^e, 
Li\ j* vous bohix qu'il u'ja pas eu d'affront. 
{Chansons d escarpes.) 

\ST\:CE. Marlouserie,Roublardise. 

u Ah ! le nicc ! il en a du vice ; pour 
la marloustrie, on y en r'montre 
pas. » 

ASTUCIEUX. Dessalé, Maraud, 
Mariole ou Mariolle^ Marie, Mar- 
lou, Oui la connaît. Qui sait y 
faire. Roublard, V. Malicieux. 

T'es pas (tessali^\ 1"* J' *« dis. 
T'as Irimarde toul' la soin^o 
Et te y'iii cor sans un radis. 

(A. B.) 

'< Depuis, j'ai nppris un autre exploit 
de Poulain, Iccjuel prouve que le 
coquin était vraiment un roublard, o 

(Goaon.) 

ATELIER. On emploie souvent 
le mot lul-mùme, en le patoi- 
sant : Atéicr, Atellier, Ateiller; 
mais on se seit plus volon- 
tiers des expressions suivantes : 
Bagne, Boite, Cage, Cayenne, 
Échoppe, Tôle, Turbine, Usine. 

u La moutarde montera un jour au nex 



ATT 



— 35 — 



ATT 



des résignés qui crèvent dans les 
bagnes du prolétarint. » 

(Le Père Peinard.) 

« Allons! faut rentrer à la boite l la 
cloche de la tôle sonne le second 
coup. » 

N Quelle sale usine, ma chère, quel 
Cayenne ! il faut être à Véchoppe à 
sept heures, on en quitte le soir à 
neuf, et il faut déjeuner à la iâle\ 
vrai! je regrette le temps où j'étais 
trot tin. •» 

(il. SoMnHB.) 

— ATELIER DE TAILLEUR. ^ 

ilirondeaUt Pompe. 

ATTACHER. Tortouser. V. Corde. 

— SMTTACHER. Se chafrioler\ 
Se chiper pour^ S'enfanter de. 
Y. Aimer. 

« Ils s'étaient chipés l'un pour l'iiu- 
tre. » 

ATTAQUER. Tomber sur le poil, 
sur le râpe. 

'* 1*8 S* sont mis à qu itre pour y tom- 
ber su' V poil et i*s y ont fait son 
affaire. » 

ATTENDRE. An-acher du chien- 
dent^ Compter les parés, Croquer 
le marmot f Droguer, Faire de la 
potasse, Garder le mulet, Moisir, 
Monter la garde, Caqueter, Plan- 
ter ou faire le poireau, Poireauter, 
Poiroter, Poser. 

€ Il fit le poireau plus d*une heure, 
attendant vainement Tarrivée de 
son adorée. » 

<« — Tu te figures sans doute que c'est 
drôle de compter les pavés pendant 
que tu t'amuses avec tes mar- 
quises? » 

« J'ai posé assez longtemps, dit-il, je 
m'en vais, j'en ai assez de garder le 
mulet, o 

— ATTENDRE SON TOUR 
D'AVAAXEMEXT. Marquer le 

pas (arg. militaire). V. Protec- 
tion. 

ATTENTE. Poireau, Pose. 



« — Tu trouves que ç.i n'est rien, un 
poireau d'une heure"? J'en ai assez 
de la pose ! » 

(G. IImbert.) 

— ATTEX TE D'INSTRUCTION, 
DE JUGE.ME.\T. Plan de 
couillé*. 

ATTENTIF. Chaud. 

« — Tiens-toi chaud, ouvre les es- 
gourdes et tâche de piger ce qu'ils 
veulent arnatfucr. » 

ATTKNTHK\.((;are!;:.lcr<*.'Acréc.' 
Acres! A Cescanne ! Crès! Cresto! 
Hache! Pet! Vesse! Vingt-deux! 
V. Patron. 

» — Cavalez! Pet! pet! v'ià les 
railles ! » 

« — Vesse! cria le Rouquin, va y 
avoir du vilaiu. » 

« — V//i/7/-rfeMx.' fît à mi-voix le corri- 
gpur en voyant entrer le direc- 
teur. » 

ATTIRER. Agater, Aguicher, 
Appachonner *, Engaillvr, En- 
grainer. 

« — Je me gourais qu'il se laisserait 
engailler dans une sale allai re. » 

« — Si tu le rencontres ce s«)ir au 
Moulin, eiujraineAe. » 

ATTITUDE. ToMc/ie,Jws. V. Allure. 

ATTRACTION, ATTRAIT. Clou. 

J'ai nol^ des pages exquises, 
Doat une un véritable clou. 

(J. UlOELSPBnGRR.) 

ATTRAPER. Au propre. Choper. 
V. Arrêter. 

— Au figuré. V. Abuser, Trom- 
per. 

— ATTRAPER UNE AVARIE, 

un coup, une blessure, une ma 
ladie. Ecoper, Élrenner, 

« — Tiens, voilà une petite lettre. Si 
jVco/)e,tu la remettras ània femme. »» 

(H. Lâvioaiv.) 



ATT 



— 36 — 



AUT 



ATTROUPEMENT. V. Foule. 

ATTROUPER. Faire nonne, 
V. Compère. 

AUBAIXE. Chopin, Occase, Tuile 
(iron.). 

« — Tn chouette chopin, tu parles ! un 
larante pour quatre. »> 

n Ceux-là ont proOté de Voccase et ils 
ont bougrement bien fait. » 

{La Soriale.) 

*■ 11 vient de lui tomber une luile de 
35000 francs au tirage du Panama. » 

AUBERGE. Alberge % Cosne % 

Coste \ Piaule, Tapis \ Tôle, 
V. Cabaret. 

AUBERGISTE. Mavpaud \ Pian- 
leur, Tapissier*, Tôlier. V. Caba- 
relier, Hôtelier. 

Accipant du marpaud * la ealière pourrie, 
Grivolant porte flambe, enSle le Irimard. 

(Makc de Papillon.) 

M Le vieux tôlier de la « Pomme d'or » 
était Normand. » 

AUCUiX. mb de, V. Absence. 

AUDACE. Culot, Santé. V. Aplomb. 

Non : Faut qu'ils ay'ut du chieu dans 1' ventre, 

Du rulut, d' Testome, d' l'atout, 

Les ceux d' lu droite, et ceux du centre. 

Et ceux d' la gauoiic. et ceux d' partout : 

Et j' le cri", j* te hurle, j' te gueule : 

— " Goujut '. — Vendu I — Voyou I — Truand ! » 

Alt! c'tlc Chambre !... oh! là là c'tte gueule ! 

C'est pir' que In boite à Hni.int. 

(A. W. Les Souloluques d'UonorA Constant.) 

AUDACIEUX. AUrque\ Homme, 
Qui a du culot, du poil au cul 
(obscène), de la santé, Qui en a, 
V. Ardent. 

AUDIEIVCIER. Tailbin\ Talbin. 

AUGMENTER. Corser, Fadei\ 

« — Vous aurez quatre jours, cria le 
lieutenant, et ne murmurez pas, ou 
je corse la dose. » 

« — Qu'est-ce que je lui demandais? 
qu'il fade un peu ma portion. >• 



— AUGMENTER UNE PUNI- 
TION. Allonger la ficelle, la 
sauce, Apputjer sur la crosse 
(arg. militaire). 

« L^adjudant lui promit d'allonger la 
ficelle, avec l'assurance que le ca- 
piston ne manquerait pas — vu le 
motif — d' a f payer sérieusement 
sur la crosse : il cinoperait certaine- 
ment ses quinze jours. » 

— AUGMENTEIl UN COMPTE 

avec idée de vol. Faire des 
queues aux zéros. Marquer avec 
une fourchette. 

AUJOURDHUI. Ce luisant, ce 
reluit, 

AUMONE. Caristade, Truche, 
Tmne, 

AUPRÈS. Jouste \ Juxte *,Juxta \ 

AUSSI. Itou, Saucisse (à peu près). 

Oh! oh! r Fris4!^ aimait h boire; 
Margot itou, mois d' Tant' c6té. 

(J. RiCHIPIN. 

El moi saucis»*, y su' quand j' turbine. 
.Mai^, bon Ming ! la danse s' débine 
Dans r coulant d'air qui boit ma sueur. 

AUTOMNE. Impôt \ 

AUTORISATION. Condé, 

« 11 avait le condé d'entrer dans les 
coulisses. » 

AUTORISER. Débrider, Donner 
condé ou le condé de. 

AUTORITAIRE. A poiqne ou A 
pogne, Monsieur ou madame J'or- 
donne, Quon ne mène pas pissei\ 

« 11 faut filer doux avec sézigue, c'est 
un gonce à pogne : il est tout ce 
qu'il y a de chameau. » 

« Elle se promit de porter doréna- 
vant la culotte et de devenir enfin 
et dclinitivement Madame J*o/'- 
donne. » 

(G. Hbkbirt.) 

AUTORITÉ. Autor (apoc.) ou 
simpl. Auto. 



AUV 



— 37 — 



AVE 



^ Cest un sale gas qui fait d* Vautor 
mt'me avec ses poteaux. » 

— LES AUTOniTÉS. /^*.9 eaux 
grasses. Les épluchures, Les 
légumeSy Les grosses légumes, 

«f Son frangin est dans les eaur 
grasses^ il est conseiller municipal. » 

'4 De cette fête, où s'assemblaient 
toutes les ff rosses légumes du Parle- 
ment et ilu gouvernement, je ne 
veux retenir qu'une chose, c'est la 
const'itation nouvellement nllîr - 
inée, d'un amour immodéré de la 
réclame, chez tous ceux nui, de 
près ou de loin, touchent ù la poli- 
tique. M 

— I>MUTORITÊ. D'aulo, D\iuior, 
IVaulor pI (Vachar, U'aulor el 
de rif, riffe ou riffle^ En dureté 
ou A la dure. 

« 11 a dV/{//o chipé la salle. » 

Moi, j' fous ni h eil' nib. ri' suis pt'gre. 
l*»>Ur'... mais pas pègre à la mi' d" puiu. 
Pègre d" u'aissanc d'autor *>t il' riffe. 

(A. IJ ) 

Ceux a«ocqni qa' va pas d'afrure, 
l.et oramordeurs cl les croquaul:». 
On les dégringole à la dure... 

(ID.) 

AUVERGIVAT. Auverpin, Auvcr- 
ploCjAuvcrploum, Uougri, Fouch- 
tra, Gavachc, Plotim, 

• Et la seulement vous trouverez 
les bals-musette, les vrais, tenus 
par des Auverpins à la fois mastro- 

3uets et charijonniers, hantés par 
es Auverpins aussi, porteurs d'eau, 
<!ommissionnaires, frolteurs, co- 
chers, o 

(J. RiCIIKPIN.) 

L' fourgat, une espN:' de gaïuiche, 
Vn ploum rapiat, ràleux et vaciie 
N'a raqa<^ qu'un thunard le tout. 

AUXILIAIRE. Auxigc. 

« Cest des gonces. quand i's sont 
dans r ballon, i's cherchent à s' faire 
empoyer comme auxigos^ pour 
^t' Dlen avec les gâfes. » 



AVALER. lUfTer, Carher, Effacer, 
Enyoulery Engoulifrcr, Etouffer^ 
Se coller, S'enfiler^ S'enfoncer^ 
S'envoyer, Se passer sous le blair. 
V. Boire, Manger. 

« Mince qu'il biffe, quand il a les 
pieds sous la quarante I » 

Maift, nom de Dieu! mince d' pur<^! 
("est dt'goûlant c que nous cachons : 
l)<** neniilV*, dt>s poir^ en puréo 
Va d' l'eau fjra>!*" comme à des» cochons. 
Vrai, j' uï't'ii/il'raiii heo un' houloille. 

i.\. M.) 

Mine' qu'il enqnvr'. miuc' qu'il e/facel 
Ali! tu sais, dii pnut 1' nn»tt' «mi face 
D'un hip.ufl... i' h' Vt^nroira d'un coup... 
Et r pi\(>iH?... C quil V fout un' gitle ! 
(V f|u'il <»n t't<ivfff'\ c' qu'il en sifllcl 
A du rouillanl' i' ca$»u T cou. 

(Bl.fltUKT.) 

WAXCE. BijonUrie, Salé. 

< On dit que le ^«/J fait boire parce 
qu'il a'fucoia'îijjfc pas à travailler. » 

(Hot'TMI.) 

— ni:MA.\i)Kii rxF ava.xck. 

Cogner, laper ou duntier un 
coup de pied à la caisse. 

AVAKCE (D'). D'arnac. 

AVARE. Arco*, Aapic*, iAïquede- 
nier* y Chic-gi'uiasc, Qui a les 
mnins nirkrlrrs, R'ileux, liape, 
liapia, liapiat. 

i Les ladres invoquent un prétexte 

Sour s'excuser a avoir, comme on 
it au faubourg, les itiains nicke- 
lées : '< Nous avons peur d'otîenscr, 
« disent-ils, nous crnignons qu'on 
« nous refuse. >» Qu'ils se ras- 
surent, u 

AVARIE. Avaro, 

•« Mais mézigue a eu son avaro. n 

(TaouLOT.) 

.WEC. A la clé (Se place toujours 
après le sujet). 

n — flein, quelle veine I du pognon à 
la clef et des gonzesses ! » 

(GoBorï.) 



AVE 



— 38 — 



AVO 



AVEKTURE mauvaise. Avaro, 

— Bonne. Bonne fortanchc 
ou Bonne forte (apoc. de 
Fortune^. 

— AVE:iiTURES <iALAXTES. 

Caravanes *. 

«• Élodie Charnu qui a trouvé un 
serin de monsieur p(»ur se marier... 
Un chnmeiu comme ça... et qui en 
a vu des caravanes *. » 

(Gavakni.} 

AVENTURIER. Hasta, Basta- 
quouùrc. 

C'est à peu près vers 1' onzième heure 
Qu'il est de I»od ton d'ùtro l:i. 
Venir plus t«*>t serait un leurre. 
Ou n'y Terrait pas un rnsta. 

(J. HBD»LSPXROia.) 

AVERTIR. Arçonner, Bonir, Faire 
Varcef l'arçon, le chdssc, le dnse, 
le duze, le ser, le serre, V. Signal. 

AVERTISSEMENT. Accent. 
V. Signal. 



AVEU. Credo \ 
V. Avouer. 



Déboulonnage, 



AVEUGLE. Berlu, Mb-de-cMsses, 
Nib-de-mires ou de-mirettes. 

AVEUGLER. Faire le coup de la 
fourchette, 

« Ce couft de la fourchette se donne 
avec l'index et rauriculairc, les 
autres doi^^ts repliés, et so porte à 
la partie inférieure de Torbite, de 
façon à crever les yeux ou les chas- 
ser de leur cavité.^ H est terrible et 
met toujours l'adversaire hors de 
combat. » 

((j. llr.RuiaT.) 

AVIDEMENT. Giùrement \ Gitre- 
ment *. 

AVOCAT. Bavard, Blanchisseur, 
Cuisinier^ Lessivant, Lessiveur, 
Médecin, Parfumeur, Pairain, 
Piliei', Puisatier, But de prison. 
Trompe, Vermine, Zéruinois- 
Gourd \ 



« Malgré tous les beaux vannes du 
bavard, on l'a sucré de cinq lon- 
ges. » 

« Le blanchisseur cju'il avait choisi 
n'avait encore ni cabinet ni ta- 
lent. » 

(E. DoBCS.) 

« Les cscorpes dénomment l'avocat 
de multiples façons : blanchisseur 
ou lessiveur car il se charge de les 
» blanchir » ; médecin parce qu'il 
les n visite » à la prison — « hôpi- 
tal » ou « hosto », — expressions qtii 
désignent indifféremment la maison 
d^arri't ou la maison de santé ; 
parrain, puisque 1 les représente 
devant Dieu comme devant les 
hommes ; puisatier et cuisinier, de 
ce qu*il « sonde, creuse et retourne » 
la conscience du jury ou du tribu- 
nal ; bavard, pour sa loquacité ; et 
enfin, vermine ou rat de prison, à 
cause que, hormi certains « in- 
sectes » et certains <« rondeurs », il 
est la seule compagnie ou prison- 
nier. >» 

(J. PlAMBLLI.) 

— AVOCAT <;êkêral. Avocat' 
bêcheur. Crosse, Crosseur, 

« — Moi, je remplissais le rôle de 
Yavocat-bécheur. » 

(Goaoti.) 

AVOIXE en champ ou en gerlte. 
Bègue, Civadc, 

— En ^'rains. Grenache. 

AVOIR, dans le sens de posséder. 
Itrer \ 

AVORTER. V. Accoucher. 

— FAIRE AVORTER. Décrocher 
ou faire couler un gluant, un 
lardon, un salé. Donner un ange 
au bon Dieu, Faire un heuretur. 

AVORTEUSE. Faiseuse d'anges, 
Èîort-aux-goSfics, 

a On m'assura que cette fuiseiue 
d'anges exerçnit ouvertement son 
ignoble industrie et que les oom- 
mèreB du quartier rappelaient en 
riant la mort-aux-gosses. Cela leur 



semblait naturel, loualilc presque : 
ne fainait-elle pas chai|ue jour un 
htureux en donnant au bon Dieu 
dti ange» pour repeupler lOQ pera- 

AVORTOX. Astèque, Chenille, Che- 
nillon. Crapaud, CrnpouSHn, Dé- 
capité parlant, Ueiij: liitrds de 
beurre. Échappe de bidet, d'Ésope 
ou de capnte (obsi'rnp; , Fiibrùiai 
au romple-soiillet. Fait en fiacre. 
Fausse-couche, Foutriol, Foulri- 
quel, Guneier de pain d'épiées. 
Haricot, Inachevé, Insecte, Mer- 
dailton. Microbe. 



point d' pnssÉ e 
gDe.,rvoo.d-u] 


■qui fait 


3e, ;,ia: 
«.) " 


— Va donc, hél foiit.int: fabHauf 
au eompit-ijotttlet! sale chenille! 
décapité pa-lant! piftes-lu .■'t 
échapi^ .r bidet. iu\ ïoudioit cros- 
ser sTcc nousl... Va d.inc acbter 
du Mn){, hér fauae- couche: « 


Ou-,-. «>l |U. p. 


HW p» d' 

TUU1 Inir' di 


1». 


Bon- i rlB.. r«>c. 


fair Je. [.■' 


Vpiee. 



« — Ne Die pariez pas dere sale peli 
rond de cuir, séiTÎa Ir capitaine 
i aucun pris je n'en veui, c'est m 



faiblard, un fautriqml, un Aiftaji;»* 



. - Non. que j' la dis. j" veux Mi 
ni" baltr.' avec, c est un merdaillon. 
une ninuïicttc, j'en friii» qu'une 
boucliOc. " 

AV0I:K. Fpon-je d'or. 

WOW.Ïi..\ecoucker, Aller àerosse, 
OH refil, CitSicr. Cracher, lUfiarijer, 
Dêii'ler. tioualer, .Viimjer nU cas- 
ser le inori-cau. Monter sur la 
table. Si; Invcr, Se mettre à table. 
- Tu peu:i le retourner comme tu 



— Tu ïi 



u'accoucli'ra pas! i 



I La seule rhosi' qui m'enilitH'', c'est 
d'.'>tre obligé de dénoncer l'auliue... 
Mai» du niniucnt que je me mets ù 
[fihlr. je ne peu\ pas être le seul 



- lAinEAVOlKR. WcoMPJÏr/e 



. Dans la journée, je n'aurais pas eu 
II' temps nécpssaire pour inlerro- 
Kcr ces caillards-li comme je le 
voulais ; 11 m'eût filé iiuposaiblc de 





BABIL. V. Bagout. 

BABILLER. Bahigner', Bahillan- 
gUr', Bal'inir', paire albr swi 
IratlanI, son fjrelot, sa larclU; 
Radouber la imUrnt '. 



1 Du moins, [es choses allaient ai 
du temps que je nréparais u 

bac BU fycée 0»car-le- Petit. » 



BACCARAT. Bac (apoc). 



r-iicnl la villu en faisant un ehaba- 

nais du diable, h 

(E. DcK.-) 

BACCHANALF:. HatlouUlcrie-, 
Homlie. V. Débaaclifl. 

BADAUD. Claude, Pilrousquin. 

BAFOUER. AckeUi; Charrier, Chi- 
ner, Jardiner. V. Sa moquer. 
IL I _:. ... jaig^ ne nie charrie 
laisserai pas b&cber 



! jardiner, que je te 



plus tongteaips 
. -Arrête de niÉ 
dis, ou je cogne! » 

BAGAGE. Bagot. 

— PETIT DAGAr.K. Baluchon, 



BAG 



— 42 — 



BAG 



Paysan. (Oo disait autrefois 
Paccin* ou Pacain*.) 

n 11 se présenta tout gris encore de 
la poussière du chemin, son pauvre 
baluchon à la main. » 

(l\ DoMKnc.) 

— BAGAGE COMPLET. Tout le 
ôazai\ Toute la boutique ^ Tout 
le fourbi. Tout le truc. 

« On a foutu tout le fourhi dans une 
bagnole, et en route, à la recherche 
d'une condisse pour le soir, m 

— BAGAGE DU TROUPIER. 

Hardal, Fourbi, 

Avec 1p fourbi su' 1' laril. 
Truc (le mes fcits's!... Métier d* mon sac! 
Jusqu'à réliipo, 
Pclit lîgiiani. 
Tire la patle! 

{Chanaon de roule.) 

— PORTER DES BAGAGES. Ba- 

fjoter. 

— PORTEUR DE BAGAGES. 

Baf/otiery Pisteur. 

a Les baffo tiers sont ces pauvres dia- 
bles qui suivent, de la gnre à leur 
domicile, les voitures des voya- 
geurii, dans Tespoir de récolter 
quelques sous en déchargeant les 
bagages, que dans leur langue ils 
appellent hagots, » 

(G. HlMBKIlT.) 

BAGARKE. Chamhard, Chambar- 
deint-nt. Coup de chanfrein. Coup 
de rhieriy Coup de trafal^ar, Mar- 
tfoiilis. 



« Si les possibilos s'en mêlent, il y 
aura du chahut; ça ne se passera 
pas sans chambard. .Nous savons 
qu'ils mijotent quelque coup de tra- 
faltfiir. » 

{La lienaissance.) 



BAG.VTELLE. Fo//^/^sr. Fouterie, 
Foutcrie de pauvrCy Goguenette. 



Tout ce qui jud'i» soulfva 
L'utlmiration <io\iiMit criino : 
BieiiTitit d'Kii«I)e<;a ii'ot que rrime; 
Au-I)(>là vaut seul qu'on rexprime; 
Foutaiêe est lout ce qui *\\\ va. 

(L. os bBMCY.) 



(( Un type qui répond au nom de 
Poincarré — et qui, en etfet, devait 
Aire fameusement rond quand il a 
débité ses solennelles fouteries... » 

{fAi Sociule.) 

« — Je vous permettrai de baiser ma 
fluette main blanche et, si ce n'est 
assez, encore qu'il m'en coûte fort, 
vous baiserez aussi mon frais visage. 

Le jeune marchand 8*esclaffa d'inso- 
lente façon. 

— Ounis î dit-il, j'ai bien cure de ces 
gogueneltes^\k\ Kn ma demeure, 
j'en prends ma satiété. » 

(Chabi.es Folk y.) 

BAGNE. Bain de pieds. Là-bas, La 
Nouvelle, Le Dur ou les Durs, Le 
Grand Pré ou si m pi. Le Pré, La 
Grottt\ La licliwjue, La Traverse, 
La Tune \ 

« On sait pas si c'est au dur, là-bas, 
à la Souvelle, qu'on l'envoira; pour 
moi, le bain de pieds est accordé, n 

« r n'est à la relingue que pour 
cinq piges; c'est vite passé. Et 
quand i' r'viendradu pré, ï r'trouv'ra 
celui qui Ta donné. » 

— ALLER AU BAG\E. Aller se 
laver les pieds, Faire la tra- 
verse, i'asser le grand ruisseau. 
Traverser le pré salé. 

H Le vieux avait déjà pay^; alors, on 
l'a envoyé se tarer les piedx. *« 
(lltiiors Le Koux.) 

BAGOUT. Battant, Grelot, Tapette. 

<< Elle en a un grelot] ({unnd a com- 
mence à jacier elle en a pour la 
journaille : ([uelle platine . quel 
battant \ » 

BAGUE. Brocante ou Broqnante, 
Broquille, Cercle, Digcictte, Jonc, 
Bondache, hondinCf Rondinot. 

« En sortant hier du Baratte, aile a 

J>aumé une de ses rondines, une 
trocante d'au moins deux millets. » 

1)14, mùme, alors, r'eni accordé?... 

Dis, tu senis ma giguleUe 

Kt, san» raticlion, sans conJé, 

Je te ni(>tlr.ii Ih dif/clette 

(jue i'ai fauchée au brocandier; 

L'n Jonc d'allùque avec ua diame 



BAI 



— 43 — 



BAL 



Brillant quasi plus que ma lame 
Mais moios que les roircii d*acicr. 

(L. DK Bercy.) 

BAIGNER. Dessaler, Mariner. 

et Ton coll* Iroi» litres d' LuLiu 
Dans la terrine ousqu'a de$*nle. 

(DoMiniQDK BoriNACD.) 

— SE BAIGNER. Faire ia trem- 
pette ou la Irempouilie, Se des- 
satei% Se tremper le cul. 

« Le lundi, en douce, on allait faire 
la trempette à la Jutte. » 

BAIGNOIRE. Dessaloir. 

BAILLER V. a. Coquer, Piler jFou- 
quer*. V. Donner. 

BAILLER, V. n. Déficher \ 

BAILLEUR DE FONDS. Coqueur 
de bille y Ponte. 

BAIX. Trempette^ Trempouille, 
Trempouillelte. 

baïonnette. Cure-dents, Cu- 
rette , Grattoir. 

« Comme fonctionnaire double, il 
abandonnait le fusil et allait aux 
exercices la curette au poing. » 

tt Les sergots avaient sorti leur f/rat- 
• toir et cavalaient dans le tas. » 

BAISER, subs. Baise, Bec, Bécotj 
Bise, Bisou, Bizette, Bizou. 

M A m* donne une bonne baise et ça 
se passe. » 



» — Donne-moi un bec. 



» 



• — Donnez tout de suite une belle 
bizetle à cet homme de t^énie. » 

(J. Har.*<i.) 

A mettra ses mains su' ma bouche 
Et pis ses bécot» plein mes yeux. 

(Jbhaii Kictl'S.) 

Je sais réchauffer tes menottes 
D'un gros 6i<ou sur chaque doigt. 

(L. OE bcBcy.) 

BAISER, V. V. Embrasser. 
BAISEUR. Bécotteur, Licheur. 



« C'est un licheur, il est tout le temps 
à vous sucer le trognon. >* 

BAISSER LA TÈTE. Se détron- 
chcr. 

« — Dé tronc he-toi, que j" te dis ; tu 
t' fais voir. » 

BAL. Guinche. 

Va chez les troquets, dans les (/ui/i/rA^f. 
On n' nnuH \oit jamais qu'en Oe^roui : 
Ça fait qu'où s' gour' pas entre aminchcA. 

(L. DB liailCY.) 



— BAL DAXGKHEl'X. 

gueule. 



Casse - 



« Au bout d*un an de direction Ugène, 
le bal de l'Allée-Vcrte était devenu 
un véritable cause-gueules. » 

(K. DuBcs.) 

— BAL DE JEUNES FILLES. 

Bal blanc. 

— BAL MAL TEXU. Pince-Cul. 

VA dos princ's, des ducs et des pages, 
Des oh'valiers avec leur écu 
VA des louchersbeni en sauvages 
Qui TODl guincher 1' soir au pinr' cul. 

(A. b.) 

— BAL SPÉCIAL aux Auver- 
sénats, aux Limousins et aux 
Slorvandiaiix. .Musette (parct* 
qu'on n'y danse qu'au son de 
cet instrument). 

tt ]| l'avait rencontrée un soir sortant 

d'une musette du quartier Mouffe- 

tard. » 

(Le Mot (Tordre.) 

— BAL I)E SOUTEXElliS. 

Aquarium, Flottant *. 

r/était un aquarium de vingt- 
sixième ordre où des filles ivres et 
décoiiïées dansaient à demi nues. » 

— On appelle Bal de têtes 1«> 
bal où l'on vient en tenue 
de soirée avec la tôle gri- 
mée ; Bal d'animaux celui où 
l'on n'est admis que travesli 
en bêle. 

— Qll COURT LES BALS. Ba- 

douillard ', Balochard, Balo- 
cheur. 



DAL 



— 44 — 



BAN 



Pardon, panlon, Louise la lialocheuse. 
De l'oublier, toi, tus trente printeropS| 
Ton nez hiinli, ta bouche a^eiilurousc 
Et tes amants plu» nombreux que tes dents. 
(GciTAVi Nadald.) 

'< Pour être hadouillavd* ^ il fallait 
passer trois ou quatre nuits au bal, 
déjeuner toute la journée et courir 
en costume de niasr|ue dans tous 
les caft's du quarlicr Latin jusquVi 
minuit. • 

(PaivAT u'Anglkmom.) 

BALAFRE. Ei^Uife (apoc. de Esta- 
filade). 

BALAI. Lance, Pinceau, Hamon*. 

« — Allez chercher votre iance pour 
la corvée de quartier. « 

BALANCER. Balanstiqucr. 

BALAYER. Copier le rapport 
(arg. militaire . V. Conrée. 

BALAYEUR. Artisle, Doncu.r, 
Itouiiridlleur, Lancier du Préfet 
ou >imi)l. Lancier, 

Si\ heiiroH d(>jà! Li clocliettc 
he'* buve.u.r «'nitiMiii au loin. 
Il faut sortir de la couchette. 

Sans â;^e, hideuse et proKHate, 
La boiterai If euxi', «un* émoi, 
h'uu ge<«te rythmé d automate 
l'oubse le lialdi devant sui. 

'« Les innciers tin Préfet, alignés 
comme des soldats, répondaient à 
rappel du i>iqueur. » 

BALLE (A JOUER). Rcssaute. 

BALLE . ( ProjecI ile. ) Drarjcc , 
Prune, Pruneau, 

" Il avait collé six draf/ées dans son 
rigolo. » 

« Si les nègres font de la rouspétance, 
on leur envoie quelques ;>ni/i/»at/x.» 

(Alphombb Allais.) 

— BALLK DE COLPORTHUR. 

Halandrin, Caniche, Hoquette*, 

•i Ils i'talent leur halandrin à UK'me 
le cheuiin et apnellent les passants 
à la manière (les camelots pari- 
iîiens. » 

(G. Hebuebt.) 



« Dans leur triste ironie, ils appel- 
lent caniche, ce ballot qui les suit 
à travers leur aventure avec la 
fidélité d'un bon chien. » 

(ID.) 

BALLET. Halle. 

« Elle était entrée dans le corps de 
balle des FoP Berge. » 

BALLOT. Batjot. V. Bagage, Balle. 

BALOURD. V. Béte. 

BALOURDISE. Couillonnadc, Cu- 
terie, V. Bêtise. 

BAMBLW Gosse, Lardon, Mignard, 
Mion, Mùmif/nard, Mounin, 

'< (Ttte cité: toutes les bonnes fem- 
mes sont su' les portes, avec un 
gluant ou deux su' les g'noux ; et 
des tas de lardons vous barrent le 
ch'min. » 

« Pauvre mOmignardel à l'âge où tous 
les ffossi's devraient jouer, courir, 
sauter, offrir aux baisers du soleil 
leur fri>nt en liberté, être déjà 
maman! »» 

(MoMTrBHMRIL.) 

BAMBOriIER. Bahuiller *, Faire 
la bomhe, la cadrouille, 

BAX. Trique, 

•t On Ta gerbe à dix ans de traves, 
sou poteau n'a eu que cinq berges 
de centrouse et cinq de trique. » 

— ROMPRE so\ BAN. Casser 
sa canne ou *•« trique. V. In- 
terdiction. 

« Le Frisé, qu'avait casxé sa canne, 
s'est fait rentoiler en renquillant à 
Pantruche. » 

BANAL. Coco, Épicier, Pompier, 

B.\NC. (Le banc des accusés.) Lt 
planche à pain. 

BAXCAL. Banban, Tortillard, Zig- 
zag. On dit également d\iii 
bancal : Cinq et trois font /iwif. 
Quatre et trias font sept^ etc. ; les 
lypograplies disent d'un indi- 
vidu dont les jambes sont de 



BAN 



— 45i — 



DAR 



lravei"s : // est italique ou li a les 
jambes italiques, 

m Elle avait une gueule à la Oanc, un 
moDt-doresuM ràbe et, par-dessus, 
elle était banban. » 

* Qu'est-ce qu'il a encore, c'tle es- 
pèce de tortillard^ avec sa patte 
folle ? « 

BAXDE. Équipe j Soce, Tierce, 

m — Les poules étaient d'ia aocCy ex- 
cepté, bien entendu, celTs qui sont 
a Sainl-Lago, à l'hosto, ou qui tur- 
binent en tôle... Tu parKs d'eune 
équipel On n'tait au moins deux 
cents. Et rien qu' la crème ! *> 

•> Comme lundi dernier, la soce de 
la rue Saint-Charles, tous les gal- 
vaudeux, quoi ! du beau Grenelle 
et du Javel des usines, a joué du 
cuuteau. w 

(J. LuRBAIN.) 

Aussi, bon Uieu. j' Tais pas 1' mariollc, 
Fj cranotr pas comme un youpin. 
Ali! bon Dieu! oon,j' suis pas d' leur fi^'ce: 
J' suis uo trimardeur, un tovou, 
J' fais pas parti* du haut commerce : 
Ej' vends mon crayon pour un sou. 

(A. B.) 

— BANDE DE VOLEURS. 

Gance*^ Oiphelins, 

— BANDE DE BILLARD. Forti- 
fication, 

BAXDIT. Atrimois ambiant *, Bé- 
7'ard \ Ferlanipier ou Frelampievy 
Ferlandier, Garçon, Gandin, Go- 
ilin. Mal frein. Orphelin, 

« Au contraire, le ferlnmpier n*est 

au*un bandit occasionnel qui ne 
escend au vol et à raggression 
que lorsque la mendicité ne lui a 
pas fourni sa pitance. » 

Mon Tiens frangin, tu viens d' bouffer d' la case, 
T'es l'an garçon comm* moi, tu n'as pas l' taf. 

(A. B.) 

BAXNI. Agualuro\ 

BAX'QUE. Crêmeney Tôle au beurre, 

m Au Crédit Lyonnais, il allumait les 
gonces qui palpaient du pognon 

Sour les faucher à resbroulfe en 
ehors de la crémei*ie, » 



— BA^'Q^E DE FRANCE (L.\:. 

Boulange aux fa/fes. 

— BANQUE VÉREUSE. Crédit 
enfoncier. 

— FAIRE SAUTER LA BANQUE. 

(Terme de jeu. Dibanquer. 

< Ils pourront à leur aise, avec Par- 
gent des niais, faire quelque bonne 
rafle et debanquer, si c'est pos- 
sible, la grande et la petite boursi- 
coterie. » 

( Bow'xicotin'hiUê. ) 

BANQUEROUTE. Binelle, Binel- 
lophe, V. Faillite. 

BANQUEROUTIER, liinellier. 

BANQUET. V. Repas. 

BANQUIER. Banquezingue, Beur- 
rier, Fafiotteur, Faffiotteur, Sau- 
tei'olle*, Saute-rondolles \ Saute- 
ronds *, 

BANQUISTE. V. Forain. 

BAQUET DE <:ORDON\IER. 

Baquet de science, 

BARAGOUINER. G<fri/0î«7/er,Ja/ - 
y oui lier. 

BARAQUE. Cambusr. 

— BARAQUK DK SALTI.ll- 
BANQUH. Entre-sort. 

Bonjour, Justio, comment qu' ça t' va? 
Moi, lifrur'-toi que j' suis îi Nice, 
Où que r soir ej' fais un Hova 
Dans Ventre-surt du graud Narcisse. 

(A. B.) 

BARBE. Baccftante, Filée, Foin, 
Marmouse*, Pci'sil, 

n V mange comme un goret, il a tou- 
jours a' la sauce dans son foin, w 

« Ça n'a pas encore de persil sous 
r blair, et ça veut faire la morali» 
à papa. » 

— BARBE BLONDE OU ROUSSF. 

Crottin, Poil de brigue, Poil de 
catoite, Poil de citron. 

« Au contrôle y avait un gonce avec 
du poil de carotte su' la gueule. » 



BAR 



— 46 — 



BAT 



— BARBE I.\CULTE. Barbe à 
goSf Barbe à poux, 

« Un vieux biffln avec une barbe à 
aos qu'i^ n'avait pas peigné' d'puis 
la commode. » 

. — BARBE AU MENTON'. Badin- 
,7 Me, Bouquine^ Fer^ Fer à cheval. 

— BARBE DRUE. Barbe en iôle. 
Barbe en zinc, 

— BARBE DE (^VEL^jUES 
JOURS. AiQuille. 

« — Comment veux-tu que j'aie du 
goût à t'embrasser, avec tes ai- 
guilles de cinq jours? » 

— FAIRE LA BARBE. V. Raser. 

BARBICHE. V. ri-dcssus : Barbe 
an menton. 

BARBIER. Barber ot, Figaro , 
G r aile-couenne i (h'atle-lard. Mer- 
lan^ Bac leur, Batùseur. 

a — Je r'çois pas d'étrennes : je 
m'tape et j'en donne I Au iourdier ; 
au facteur; au merlan; uu garrou 
bistrot, etc. » 

M r m'a aubade pa'c' que j' l'appelais 
raclcur : — Figaro^ niossieur. <iu'i* 
m' dit. n 

— BARBIER DE BAGNE. Barbe- 
rot, Bar bol. 

BARBIFIEU. V. Raser. 

BARBOTER. (Eu parlant d'un 
orateur.) Bafouiller. 

'« Au beau milieu de son discours, le 
compa^mon G. bafouilla, s'arrêta 
rt, à bout d'arguments, s'écria : 
Merde! » 

BARBU. Constantin Pogonat (arg. 
des écoles). On désigne l'homme 
barbu par l'expression dont on 
se sert pour qualilier sa barbe : 
Barbe àpoux^Poit de brique y etc. 
V. Barbe. 

BARREAUX de fenêtre. Arpcs ou 
Harpes, Balanv<>ircs, Gaulrs de 
jelard ou de schtard. 



— SE TENIR AUX BARREAUX, 
DERRIÈRE LES BARREAUX. 

Pincer ou Jouer de la harpe. 
V. Prison. 

BAS. Bar de tire % Sachet, Tirant. 

« A f'sait sa carre dans son sachet 

Eour pas qu' son homme y bar- 
otte tout son gruau. » 

— BAS DE FIL. Tirant de trimi- 
lel. 

— BAS DE FILOSELLE. Tirant 
de filsangue*. 

— BAS DE SOIE. Lisse, Tirant 
doux 0X1 radouci, 

BASSE-COUR. Ornière. 

« Il n'y avait plus qu*un vieux bé- 
cant sans voix dans Vornière; tous 
les autres ornichons avaient <^té 
soulevés. » 

BASTONXADE. Satonnadc. 

BATAILLE. Bùcherie, Cassage de 
gueule, Chiquerie, Cognage, Cro- 
chelage, Foutreau(arg, militaire), 
Torcfuige, Torchée. 

« Les bûcheriez devinrent si fré- 
quentes et l'on joua tant du six 
coups que nous dûmes faire un 
cimetière. » 

(IIectoii Fhangb.) 

'< Le Bosco est décarré de c' matin, 
y aura, sûr. du cassage de gueule. » 

Y a eu une chiquerie en sortant du 
Colbo. Fernanu y a pigé un beau 
brocco. »» 

« Oli ! fut un cognage sérieux ; les deux 

hercules s'étaient empoigiiés et il 

s'en fallut peu que ra ne fit du 

vilain. » 

{LÉi^ènemrnt Puritien.) 

« Oh î il va y avoir du foutreau, le 
commandant s'est frotté les 
mains. » 

(Balzac.) 

— BATAILLE ENTRE FEMMES. 

Crêpage de chignon, 

BATAILLON D AFRIQUE. Bat. 

d\Af. (apoc). 



f( 



BAT 



— 47 — 



BAT 



J* t'écrif deai mots et j' proflle d' l'ocrase 
l'our t'einoyer le refrain de« Bat, d'Xf. 

(A. ik) 

— On appelle aussi Hat. dWf. 
les Soldats de l'Infanterie 
légère d'Âfoique. 

« Anciens bal* d'Af, familiers des 
silos, non» ce qu'ils gobent l>rinée, 
r galon et tout V fuuniiinent! » 

(JkAX LoRBAIX.) 

BATARD. Coup de hasard. Enfant 
de trente-six pères. 

" — P«iuliac abien raison... Si je l'avais 
écoutée, je n'en serais pas là!... 
Cochons <rhomu)es !... Il ne sortira 
jamais cet enfant de trente^six 
pères l »» 

(M. MOWTÉGUT.) 

BATEAU. Carvel \ Passe-lance. 

— BATEAU-MOUCHE. Grafouil- 
leur. Secouent. 

BATELEUR. V. Forain. 

BATELIER. Carapata. 

n Les carapatas sont les marins du 
canal de l'Ourcq. » 

(A. SCHOLL.; 

— BATELIER DE BAC. Mouloir \ 

BATIGXOLLES. Bâti. apoc. . 

BATON. Cadouille^ÉvcnlnUà hour- 
rit/ue. Jean dn rHoussinc, Jwje de 
paLCy Matraque, Ravault, Sahre'j 
Saton^Satou. 

« Kffarés de ne pas recevoir de coups 
de cadouille, ils s'étoignùrent ù 
reculons. » 

(P. BOXNETAIM.) 

• Sans dire un mot, il me montra en 
un coin de la tente une forte triqur 
flexible et noueuse» autrement dit 
un éventail à bourrique. » 

(Hbctoh t'nA>ci-.) 

Cl J'y laisserai tomber mon Juge de 
paix su' r coin d' la gueule. >» 

EJ<, chrétiens et musulmans 

Et autres canaques 
S'y faisaient des boniments 

A coups de matraquée. 

(Kauvl I'uncrom.) 



BATTOIR. Batelier. 

BATTRE. Ai^ticntrr, Asticoter les 
côtei^j Astii/iier, liorhonnery lios- 
stler, liotter, Bntter le riiL le 
figne, rtc. y\. Derrière), Hou- 
ehonncry Bouler^ llucher, Caram- 
boler. Carder le ruir, la paillasse, 
la pcaii^ Cass'T la ifueule. Cavale r 
dedans, Cn'per on Crêper la ti- 
ynasse, Collu'y dH'iehcr, laisser 
tomber. tdn\ mettre, passer, prêter 
ta ou des beiipies, des hochons, un 
coup, un ou des ijnons, la, une nu 
des ma}idnles, la ou ttnt fâtee, du 
perlotyla purije, la pipe, la pipette, 
la saurette, un ou du tabac, la ou 
des tory notes il (piehiu^un, Crerer, 
Crever le casiupun, la gueule, la 
paillasse, la peau, Daudiner ', 
Daupher, liébarbouiller à la po- 
tasse. Ih^erassi r, Dèîjraissfr, DOsos- 
ser. h-lm plâtrer, Kn mettre, en 
fUer, en passer, en prilter is.-onl. 
Coup, V. ce mol , l'.ntrerow Ren- 
trer dedans. Esquinter, Estutpirr, 
Flauptr ou Flopper, limiter, Ma- 
quiller', Moucher, Murer. Passer 
quelqu'un // la daube, à ladaudee, 
à flaupe. rhez gnon, c/oz pain, 
ehez pcrbd, d ou chez ponre, a 
tabar, Pioeher, Pnneer, Vurucr, 
iJuUler, Hepnsser la chemise, la 
limare, l'ic. [V. Chemise , Habil- 
ler rendosse (»u les endosses, tlon- 
dincr. Saler ou Saler la gueule. 
Servir, Souquer, Sucrer, Tambou- 
riner, Tambouriner le cuir, la 
gueule, Tampimner, Tanner le cuir, 
la peau, Travailler le buffle, le 
cuU', Tremper une soupe. Trépi- 
gner, Triroler les côtes. Verser à 
boire. On dit éj^alcuieul Paire 
boire. Faire danser. Faire danser 
la malaisée. Servir à boire. 

— SE BATTRE, yflmor/ier le ci- 
tron, la (jueuit\ la poire, de. 
(V. Figure. Tête;, Se l-ùrhe.v, Se 
chiquer. Se eoffner. Se. crêper. 
Se donner ra. S'expliquer, Faire 
tea armes, Se filer la furye, Se 
foutre un coup fie torchon, Fu- 



BAT 



— 48 — 



BAT 



mer*f Se mangei* ou se bcu/fer 
le blair, le nez, etc. (V. Ne«), 
Se peiffnei\ Sepif/nocfier ; (Plus 
la plupart des verbes indiqués 
à Battre, en leur donnant la 
forme pronominale). 

— ÊTRE BATTU. Boire, Damer, 
Danser la malaisée, ou La dan- 
set', Écoper, Esluquer, Être a la 
rinqtté , Étrenner, Passer à 
chausson, à la daube, à la dau- 
dée, à Cemplàtre, à flaupe, chez 
gnon, à la mandnle, chez pain, 
chez perlât, à ou chez ponce^ à 
tabac (pris au sens passif). 
Prendre^ Prendre la pipe, la pi- 
pelle^ la purge, la sauvette. 
Prendre pour son rhume, Ra- 
masser, Recevoir, Trinquer. 

Tu fais d' l'harmon'; tu fais du r'uaud, 
J' te iras asticoter les aUeit, 

« — Quand tu voudras ! Je te le 60/- 
terai si le... lézéluquès t'en dit. » 

(Tribiot.) 

« Après ça, i's s'y cardaient le cuir, 
à qui cognera 1 pus fort. » 

« — Je veux vous empocher de vous 
faire casser la gueule. » 

((JOBOn.) 

H — Je serais la gourde, si je V crevais 
pas : il a b'soin qu'on y apprenne 
a vivre ! » 

•< — Toi, mon vieux, tu vas t' faire 
daupher, y a assez longtemps qu' 
tu m' fais llasciuer. » 

« — Les p'iits, j' les décrasse; et les 
j^ros, j' les désosse l » 

" L' premier qui vient, j'y en mets un 
cou/t; y a pas d'émosse, j'y reuf 
dedans et si j' ramasse, tant pire 
pour moi! »» 

Mord', v'ià rilivor! i'Emp'reur ed' Chine 
S' fît flnupei' par le» Japonais. 

(Jbhak Kictus.) 

Tu m* caval"*. j' le dis : t'es trop mourhe I 
Tu m' mets les ner' en p'iot' Barr'-toi ! 
liarr'-toi,que J' te di.s: ou j' te moucAe!.., 
Tu sait qu' l'y frais pas avec moi ? 

(Bli.dort.) 

J' te vas colter un pain, 

{Vieillp chanson bifforne.) 

Toi qui nous traînes dans la buuo, 
Nous irons te fesser la joue. 



Romnicl, te passer à tabac, 
Vn jour ou l'autre, sans colore; 
Je te le jure sur le blaire 
De Cyrano de liergorac. 

(KaOCL PoKGHOfT.) 

Il ponce aussitôt la marmite 

A coups d' poing, h coups d' pied dans i' cul . 

(Bl.lt DOBT.) 

Aussi, si ça s'rait mol qui l s' rais, 
Bon Dieu ! tu verrais c'tto salade... 
Non!... c' que j' te la caramborrais '.... 
Ça s'rait pas pour la rigolade. 

(A. B.) 

a Pus souvent qu'on ira s' faire saler 
la gueule par les feignants d' Javel- 
les-Bains, un tas de brutaux qui 
manient le fer aux usines toute la 
semaine... » 

(Jbam Lobhain.) 

« Mais dame, fallait pas y chercher 
des rognes... bon Dieu !*il était pas 
long â laisser tomber la mandate..^ 
et le dimanche quand il était secoué, 
i' passait sa soirée à foutre des 
coups d' tronche dans V lidonbème 
des ilickards. u 

tt — Alor:», j*y mets mon g'nou su' 
l'estomac et j'y sert à boire, je 
r rince dans les grandes largeurs. » 

« On s'est donné ça avec el' môme 
Eusèbe, pour la Méloche, rapport 
que j'avais guinché avec, à la Ga- 
lette, et que j' l'avais emportée. " 

« — Uengracle, et c'soir, à la neuille, 
on s' trouv'ra derrière V père La- 
chaise et on ii'espliqu*ta... » 

u J'vas pour y en mettre un ; i' s' gare- 
et m'en fout eun' demi-live su" l.-i 
poire. » 

« Pendant qu^ les deux gonzesses 
s'crépaicnt su' l' pont Caulaincourt, 
leurs gas sesiuquaient su' 1' boul* 
vard. » 

Quiconque poussnit les enchères 
Ou peu haut, étoit enipoign<^, 
Kt s'iMi alluit le nez coigné; 
Témoin une jeune fringuante, 
En roantelet, robe rolaole, 
En bonnet à grand papillon. 
Qui la dansa mais tout du long. 

(VadA.) 

Sac au dos, le fusil en main. 
A pieds nus, parcourant l'Europe, 
S'elaucc le bétail humain. 
Il tue... il saccage!... 11 écof}e\ 

(L. DB Bbbcy.) 



fiAU 



— 40 — 



HAZ 



Va, ta peuv te mettre en quarante ! 
Prendre la pip**, c'est ta rente : 
TriMue!... Ranuw^e!... A la ringué!... 
Larifla, lariflelte, ô gué ! 

(iD.) 

Car, ya pas, mon vieux, Tes cornard, 
Aussi* faut profiter d' l'occase 
Pour crever la gueul'f à ton lard 
£l bouffer V blaire à Nib de naze. 

(A. b.) 

Pour boire a m' trichait su' 1' gâteau 
<^'e8t pour ça qu' j'y cardais la oeau. 

(ID.) 

Bn supposant qu' j'aurais un' femme 
t}ui s' Trait s'coner par un aut' garçon, 
S'ensuivrait, d'après leur programme, 
^u'i' faudrait qu'à paxte à chausson. 

(P. VklLUtXJt.) 

-^ BATTRE LES CARTES. Ma- 
quiller les brèmes, V. Jeu. 

BAUDET. Bourdon, Bourri, Bour- 
ricot, Branle* j Branque*, Martin, 
MinislrCy Oreillard. V. Âne. 

'( On a été à Momorency, on s'est 
envoyé un gueuFton tout c' qu'y a 
d*batb. L'après-midi on a fait une 
chouette balade, mais Cécile a pas 
voulu monter sur un gail, aile a 
pris un bourdon y un oreillard qui 
voulait pas avancer. Elle avait beau 
cogner, V martin voulait rien 
savoir. » 

BAVARD. Baqoulardj Baveux, Cla- 
quelle, Crachoir, Dérideur, Dévi- 
doir, Jacassier, Jacasseur, Jacas- 
son, Jacquetle, Jacleur, Jaspineur, 
Journal, Laveteur, Lavette, Pla- 
tine, Potinier, Tapette, Vanneau. 
V. Bagout. 

« Que bagoulardl on n'entend que 
lui!... fa gueule, eh! baveux \ » 

« —Au fait comment t'appelles-tu? 

Elle répondit : A votre choix. La 
môme Cla^uette parce qu'il parait 
que je n'ai pas la langue dans un 



sac. » 



(Champacbbiit.) 



« — Ah! si vous l'entendiez, ma 
chère, elle en débite sur Pierre, 
sur Paul!... un vrai crachoir, n 
{L'Événement Parisien.) 



« — As-tu fini? mon Dieu, en voilà 
d'un dévidoir \ » 

« — C'est pas une femme, c'est un 
journal; elle raconte tout ce qui se 
passe dans la maison; vous parlez 
d'un jacasson. •» 

« — J' passe pour un vanneau, une 
jacquetle, un gonce qui sait pas 
c' qu'i dit >» 

BAVAHDAGE. Chichis, Clahaud, 
Dabérage*, Dcvidage, Jactaye^ 
Jactance, Jappe, Jaspin, Jaspi- 
naqe, Lant ipunnage * Moulinaye *, 
Raquette ", Salade, Vanne, 

« — N'écoute pas celte rombière-là ; 
c'est de3 chic hissions les ilambeaux 
qu'a l' raconte; des salades l des 
vannes à la noix! » 

Sous la meilleur' dos Républiques 
(in'en a qu'oui >oulu t' décrocner, 
D'aut's inaugur'nt des basiliques 
Où tu peuK .seul'meiit pas coucher : 
— El tout ça s' passe en du clahavdl 

(Jkhan Rictus.) 

Et c'est du schpromme... etd' \a.jactance.., 
VA du chambard... et du pntiii... 
Ah: lii salope!... Ah ! la putaiu !... 
J' ven foutrai, moi, d' la rouspétance. 

(A. B.) 

BAVAUDKR. Bagouler, Bajoter', 
Bonffetei'*, Cabaaser*, Dahèrer*, 
Débagouler, Jacter, Jaspincr, Ja- 
votter, Lantiponner * , Mouliner*, 
Patiner, Radouber la lanterne'. 
Tenir le crachoir. 

— RAVARDER CONSTAM - 

MENT. L'ouvrir tout le temps 
(s. -en t. Bouche). 

« — Dis donc, tu m' laisseras un peu 
jaspiner, c'est mon tour; t'en as 
une tapette, tu Couvres tout V 
temps. » 

« — Va, mon vieux, potine; (^uand 
t'auras bien j'acté, } te bonirai quoi 
qu' j'ai su' l' cœur. »♦ 

« Bile siftlotte, elle parlotle, elle 
javotte. » 

(Physionomie du Protecteur.) 

BAZAR. Boutique à treize, Tire- 
mirettes. 



BEA 



— 50 — 



BEA 



« — II est rien moche, ton blouiu ; 
tu Tas acheté à la boutique à 
treize ? » 

BEAV, Altèque* y Bâte y bath(ïnvsLV,) 
ou batte, Batify bative, batifonne, 
Chenâtre *, Chenu, Chic (invar.), 
Chocnosof, ou Chocknozoff (in- 
var.), Chocnosogue, Chouettard, 
Chouette, Chouette, Chocotte ou 
Delà chocotte ou Choquotte, Coq, 
Fignol, Fiscal *, Flambard *, Gai- 
beux. Girofle *, Girond, Hurf, 
Jiroble*, JuteuXy Mouth (invar.) 
ou Mouttc, Palas, Pallas,Rupard, 
Rupe, Rupin, Schbeb, Schnuc, 
Schpill, Snoboyc (mouillé), Urf, 
Vite. y. Aimable 

u Les messieurs en frac disaient : 
Elle est superbe! et les gavroches, 
là-haut : Elle est rien balh ! » 

(G. FoBGOBt.) 

•< 11 met sur son nez une chenue paire 
de lunettes. » 

(La BttDOLi.ikaE.) 

« Il demacda au cocher de le conduire 

dans une maison fermée. 
— Le plus chic, dit le cocher, c'est 

rue Ventomagy, chez Aline. » 

(GuRO!f.) 

« ... Et Tadverbe choknozoff, à Taide 
duquel il approuve les propos 
d'alentour. » 

(G. Adriol.) 

II était un peu sans façon, 
Mais c'était un joli garçon : 
C'était r pus beau, c'était V pus chouette, 
A la ViUelte. 

(A. B.) 

Aussi v'Ià pourquoi que j' les gobe, 
Pas'que c'est des gunciers comm' nous, 

gui sont ni d' Tépé' ni d' la robe 
t pas pus fiers que moi i-et vous, 
Avec qui qu'on boit eun* chopine. 
Qui U font pas à Taristo 
Et pis (lu'engueul'nt Mossienr Lépine... 
Et moi j' trouT' ça rudement ehouetto, 

(iD.) 



Bon, lu chial'! Ah! c'est n&spnlas. 
y conobre 1' truc; l'est déeueulas. 

(iD.) 

a Nous nous cavalons, moi et Do- 
dore, en pinçant un feston un peu 
fiscal *, V 

(MONSELET.) 

« Les cambrioleurs de notre époque 
j[ n'ont plus ces galbevsex façons. » 
H^, I,, (Almanach'du Père Peinard.) 



Bref, tout ca s'rait d* la choquotte. 

Mais c' qu'est triste, hélas ! 
C'est qu' pour crever à coups d' botte 

Des gens pas palas. 
On vous envoie en péniche 

A Cavenn'-les-eaui. 

(J. Ricatri:!.) 



A n'est pas pus gironde qu' ça, ""*' 

Mais, vrai, a tra^aill' comme eun' reine. 

(L. DE Bebcy.) 

« Parait qu' ça sVa tout c' qu'y a 
d' hiivf, quoiqu'on neuve encore y 
comprende que dalle. » 

tt C'a été juteux ! On a voulu me gar- 
gariser avec cent mille francs. » 

(G. d'Ebparb^^.) 

« — Si t'avais vu, maman, comme elle 
était mouth en mariée ! s'écria la 
gamine. « 

(J. DORANP.) 

M — Au pré finira ton histoire, et 
là, l'on n'y fait plus Pal Ins. >• 

(ViDOCQ.) 

'« — On a été voir jouer les « Deux 
Gosses M. Ah! mon vieux, c' que 
c'est bath\ c' que c'est rupinX on a 
chiallé tout' la soirée. » 

C'est rupin, c'est urf, c'est poli. 

Ça a des \ye\V% manières : 
Jamais ça n'se mettrait au lit 

Sans laver ses derrières. 

(A. B.) 

» Député d' BeH'ville! C'est ça qu'au- 
rait été schbeb I Ta « Lanterne » 
devenait comme l' journal officiel 
du quartier. » 

« — J'ai lu la babillarde que tu y as 
fait sur l'air de « Cadet-Roussel ». 
Ah ! ca, c'était schpil ! » 

« 11 a dégoté une gonzesse tout ce 
qu'y a de vite, » 

^ BEAU GARÇON. V. Bellfltre. 

BEAUCAIRE (nom propre de 

ville). Bocari. 

BEAUCOUP. A bauge % A chier 
partout, A mort, A tout casser, 
A vingt-cinq francs par tête ^Besef^ 



BEA 



— 5i — 



BÉG 



hé$ef, heseff, bèseff^ bezef, bézcf, 
bezeftf bézeff, Bougrement ^ Chtr^ 
Comme s'il en pleuvait, Crespi- 
nière % Gourd *, Gourdement \ 
Gras, Hugremeni *, Lourde Mince, 
Plein la chambre. Rien, Une ou 
des bottes, Une ou descharibotées. 
Une ou des chair ctées, Une ou des 
chiées. Une ou des ftaupées ou 
flopées. Une ou des flottes. Une ou 
des panerées, Un plat, Une ou des 
potées. Une suée, One ou des 
tapées, Une ou des tinées, 

'* Bouffer, troncber à mort. Gueuler, 
maoger à tout casser. Rigoler à 
vingt-cinq francs par tête. >» 

• Ahl bougre! ca va cor' chauffer 
Oeseff, aujourd'hui ! » 

(G. COUBTELI^B.) 

M Et ils sont des tapées dans ce 
goùt-là qui coupent dans la poli- 
tique. » 

Et s'il est mort en burant d' l'eau 
Il a rien dû Tair' la grimace. 

(Eue. LEMMasa.) 

u — Eh bien ! papa, y a pas grcu ce 
soir : on a beau ouvrir les portières, 
ils ne vous donneraient seulement 
pas un rond, n 

(MADaiCB Donnât.) 

Tu peui gourd * pioller, me crédant et morfie 
De l'omioo, du morne et de l'ofgnan criart. 

(Mabc dk Papiixo?!.) 

« — Je trouve que, depuis dix jours, 
lu n*en fiches pas lourd puisque tu 
m^adresses cinq francs de timbres- 
poste. » 

(G. Macî.) 

c — Foutez-nous du pive, nom de 
Dieu I... comme s* il en pleuvait I » 

l'a Mot comm' ca de« tas d' creTés, 
Des outils, des uott's, des jacquettes, 
Des mal foutus, des énerves 
Montas su' des flAt' en cliquettes; 
Ts lonss', i's crach*. i*s Tont du foin! 
l's éternu*ot : — Dieu vous bénisse, 
Mine* que vous en avei besoin. 
Allez donc dir' qu'on vous finisse! 

(A. B.) 

« — Si je t'aime, ma chérie? mais 
plus que ça encore! je faime plein 
ta chambre ! >» 



« l's étaient là des hottes pour la voir 
grimper dans V pngnier ù salade. » 

« Comme à un train d' plaisir, ma 
vieille, des charibotées de pétras 
de tous les pat'iins. » 

a 11 a (lu pùse; il en gagne cher, » 

— AIMER BEAl'COirP. Adorer 
avec un jaune d'œuf. (Jeu de 
mot horrible sur Dorer.) 

— AVOIR, RECEVOIR BEAI- 
COUP DE CHOSES. En avoir 
son fade, son pied, sa portion. 
((^es expressions s'emploient 
en ironie pour dire trop.) 

'< 11 est mûr, il est gave à rouler, il 
en a son fade; c'est V moment, 
vas-y ! » 

J'en ai mon pied de c' loub^-1i. 

(A. B.) 

BEAU-FRÈRE. Frangin d'aï- 
tèque *. 

BÉBÉ. V. Enfant. 

BEDAINE. V. Abdomen. 

BEDEAU. Rat d'église. 

BÉGAIEMENT. V. Bredouille- 
ment. 

BÉGAYER. V. Bredouiller. 

BÉGUEULE. Chicorée, Chochotte, 
Étroit, Gillette, Mme ou if//e Ho- 
nesta, Joséphine, Julie, Merde, 
Patagueule, Pecque, Poire, 

H — Ne fais donc pas ta chicorée. »» 

(ticcToa FaAKCB.) 

a — Tu veux pas aller au 't Mirliton o 
rapport qu on y dit merde ! Va 
donc, eh I Chochotte. » 

a — Tu vas pas faire ta Julie, ta pa- 
tagueule parce que t'es avec ma- 
dame ta mère ? u 

J'aim'rais ben, moi. fair* mon Sagan 
Et mon étroit' chei les duchesses : 

(JSBAK RiGTOS.) 

Tu fais ta poire et ta sophie 
Passque l'es quasi un d'mi-Guiea ! 

(1d.) 



BEL 



— 52 — 



BER 



Q a an d ça jou', qu' ça ga ^ne ou q u* ça perde , 
Ça s'en fout... et ça fait un foin !... 
Leux çonzcss's aus^i fait sa m^rde. 
Ah ! 81 j'en t'oais eun' dan' un coin !... 

(A. B.) 

BELLATRE. Arthur y Belle-gueule, 
Gueule d'enfant, Gueulette en or 
(blond), Miroir à putains^ Rigo 
ou Tzigane (brun). Les distinc- 
tions que nous indic[uons, quant 
à la couleur, n'ont rien d'absolu. 

« Pendant que j' m*échigne à lui 
ffagner du pognon, i^ va faire sa 
oeUe gueule devant les grues du 
Moulin. » 

« r 8* parfume, i' s' met du lubin 
comme une fiotte pour faire son 
Higo chez Colbo. » 

l^onr me donner un nom qui me soit convenable, 
Chlorit, ton jugement est plus que raisonnable, 
<^aand tu viens m'appelcr un miroir à putains^ 
Je n'en refuse point le titre ni l'usage; 
il est vrai, je le suis, tes propos sont certains. 
Car tu t'es bien souvent mirée en mon visage. 

(Saint- Amand.) 

BÉNÉFICE. Affur, affûtage ou 
affûte, Bénef (apoc), Beurre, 
Gants, Gras. 

Quand je voit mon a/fure 
Je suis toujours paré. 

(ViDOCQ.) 

D'un cran faut serrer sa ceinture 
Car, en fait d' hénef^ 
Y en n'a pas bésef. 

V Ces cadeaux particuliers d'argent 
que les clients laissent aux prosti- 
tuées à titre de gratitude, comme 
un pourboire à un cocher, s'appel- 
lent des gants. Les filles, entre elles, 
se disent, en parlant de cette géné- 
rosité : « J*ai reçu tant pour mes 
gants, » 

(Lio Taxil.) 

— BÉNÉFICE DE BOURSE 
DANS UXE MÊME JOURNÉE. 

Agrément de banque, 

— BÉNÉFICE ILLICITE PAR 

COMMIS OU comptable. Four6i, 
Fruge, Gratte, Tic fie. 

'< — Dans les hospices ils s'entendent 
bien pour faire du fourbi aux dé- 



pens des malades I dit Peau-de-Zébi 
sentencieusement, renversant en 
arrière sa chéchia comme pour 
accentuer son opinion. » 

(Edmomd Lepbllktier.) 

« Avec ce qu'elle pouvait faire de 
gratte sur les fournitures, elle arri- 
vait à confectionner des corsages 
pour ses deux fillettes. » 

— BÉNÉFICE PAR COMMIS- 
SION OU REMISE. Épingles, 
Guette, 

— BÉNÉFICE ILLICITE PAR 
DOMESTIQUE. Anse du panier, 
Frigousse, 

c 11 faisait le fendard auprès des 
camarades car la frigousse d'une 
bonne du quartier, sa connaissance, 
lui permettait de fumer du tabac 
fin et de s'offrir une chopine de 
temps en temps à la cantine. » 

— BÉNÉFICE ILLICITE SUR 
UNE FOURNITURE . Gratte , 
Jubile (arg. des gantiers), Ra- 
biol. 

n Ils affirment que les peaux offertes 
à la vente sont le produit légitime 
de leur gain, ce que, dans le lan- 
gage delà ganterie, on appelle la 
juoile, » 

{Le Petit Journal,) 

« Dans un coin, quatre boules de son 
empilées, rabiot des hommes en 
permission sur la distribution de 
la veille. >» 

(G. ConaTtu.tB.) 

BEXÊT. Gourde, Moule, Navet, 
Plein de sel. V. Bête. 

BÉXIR avec le, goupillon. Arroser 
les tomates, Égoutter le saloir. 
Sucrer des fraises, 

BÉQUILLE. Gambette de satou, 

— PERSONNE QUI SE SERT 
DE BÉQUILLES. Béquillard, 

V. Infirme. 

BERCEAU. Chahutant, Dodo. 

« — Colle ton lardon dans 1' chahu- 
tant et barroDs guincher chez Cons- 
tant. » 



BER 



— 53 — 



BET 



BERGE. Hôtel des purées. 

BERGER. Marmier *, Momeux , 
Momier. 

BERGERIE. Momante. 

BERIVER. Acheter, Chairier, Chi- 
ner, Mener en bateau» V. Se 
moquer. 

BESACE. Fusil de toile. Gueulard, 
Gueularde, Milliard *. 

« A leur côté un gueulard avec une 
rouillarde pour mettre le pivois. » 

(lltCTUB PftA.ICB.) 

« Il allait à la chasse avec un fusil de 
toile, truchant ou maraudant, et ne 
rentrait jamais bredouille. » 

BESOGNE. Bouleau, Boulot, Flam- 
beau, Flanche, Fourbi, Marnage, 
Masse, Turbin, Truc. V. Travail. 

Et pis faut crever su' V bouleau 
Pour un patron qui vous dégoûte. 

(A. B.) 

« Les trimardeurs d'aujourd'hui, ou- 
vriers errants à la recherche du 
boulot quotidien, ont entre eux des 
faiçons un peu moins vives. » 

(Ch. Malato.) 

Seulement, il s'y prend mal : sale 
fourbi que celui de huit heures. » 

{Le Père Peinard.) 

Rencarre satire et grimace, 
Va, gas!... Fignole ou routimasse; 
On s en fout... Mais il faut rester 
Rivé constamment à la masse 
Si, ce soir, tu veux boulotter. 

(L. DB BiRCY.) 

Au turbin y voulais pas m* crever; 
Mais faut bien qu'un jour on s'y mette... 

(Id.) 

« — Tiens, si j'étais savant,... si 
j'avais de l'instruction et que j* 
soye à la roue,... j'aurais travaillé 
deius vos trucs. » 

BESOIN. Bouillasse, Bouillie, Dé- 
bine, Dèche, Limonade, Marme^ 
lade, Mistouffe, Mouise, Panade, 
Panne, Purée. V. Misère. 

C'est la purée et la panade, 

J* suis tout r temps dans la limonade 1 



— FAIRE SES BESOINS. Débat- 
1er, Débonder, Débourrer, Filer 
sa mousse, Flaquer, Flasquer, 
Poser ou Pousser sa chique, sa 
pèche. Poser potel, Tarter, V. 
Ghier. 

« — Nom de Dieu, dit Balourdeau, v'ià 
mon ventre qui gargouille, il va 
falloir me débonder. » 

{Les Propos du Commandeur.) 

J'avais besoin d' pousser ma chique, 
y pouvais pas la pousser dehors. 
Comm' j'étais pressé, j' me dépêche, 
Ej' me Faufil' comme un cabot, 
El )' pos' délicat'ment ma pêche 
Dans euQC e>pcce d' lavabo. 

(A. b.) 

BÊTE. En parlant des personneïit 
ou des choses indifTéremmenl : 
Baluche, Clou, C-o-n, Con, Coneau„ 
Couillon, Cul, Curé, Daim, Four- 
neau, Godiche, Gourde, Moule^ 
Nœud, Pied, Schnock, Tourte. 

— En parlant des personnes : 
Ahuri de Chaillot, Argot, 
Argoté, Arguche*, Ballots 
Baluchard, Baluche, Balu- 
chon, Bas de plafond, Bénard*, 
Béribono *, Bêle comme ses 
pieds, Bige*, Bigeois*, Bi- 
geot *, Bigots *, Boule de c, 
Bourriche, Branque ', Bu- 
sard, Buson, C, Cafouilleux, 
Câlin *, Cantaloup, Claude, 
Comme la lune. Comte *, Com- 
tois *, Coin sans i, C-o^n 
pantoufle, Coquard*, Coquil- 
lard*. Coquille \ Cornichon, 
Couillé, Cruchon, Dégourdot, 
Empaillé, Palourde, Fiacre, 
Fignedé, Fignoteau, Flacdal, 
Flaquedalle, Foumoteau,. 
Fournotin, Gland, Glaudc 
(corruption de Claude), Go- 
danchet, Godot, Goitrexw, 
Gourde, Gourdée, Gourdi- 
flard, Gourdiflot, Infirme, 
Jacques, Jacquot, Jeanjean, 
Jean-le-cul, Job, Joseph, Loff, 
Loffard, Loffiat, Luc, Manche, 
Messière *, Moule à gaufres. 
Muselé, Nature, Nave, Navet ,, 



BÉT 



— 54 — 



BET 



NavrUlat*df Navrille, Navril- 
lot, Outils Panais, Panas, 
Panard, Panou/le, Panouil- 
lard, Panouille, PanouUlot, 
Pante, Pantouflard, Pantre, 
Panfre argoté, Pape*, Pa- 
quet, Pied, Pied de céleri, 
Pied de chou, Pocheté, Poche- 
tée. Poire, Poireau, Poire de 
schnock. Popote, Potet, Qui en 
a ou en tient une couche, une 
dose, un sac, etc., Saucisse, 
Schiemil, Seringuinos, Sinve 
ou Sinvre, Tête de c, de 
lard, de nœud, Tourte, Tour- 
teau, Tourtin, Trombille *, 
Troudu, Trou du cul, Tru- 
faldin, Tmffe. 

— On coi-se quelques-unes de 
ces expressions en les fai- 
sant précéder de Crème de. 
Essence de. Extrait de. Fleur 
de : Crème de tourte. Essence 
de nœud. Extrait de pante. 
Fleur de nave, etc. (3n dit 
encore d'une penaonne bête 
qu' Elle était là le jour de la 
distribution. 

— VIEILLE BÊTE. Gaga, Ra- 
molli, Ramotlot, 

— FEMME BÊTE. Bique, Conasse. 

« — ITu ne comprends donc rien, 
espèce d' ahuri de ChaiUotl s'écria- 
t-il à bout de patience. » 

{Le Tiniamarre.) 

On*voit par les ruV, les boul'^ards 
Des foumotinM, des baluchanh^ 
Des gourdiftaid»\ 

Et l'ou eutend les dégourdotê 
Chauler la marche des godols... 
Godots : 

(Bl^oort.) 

«~li s'était mis en ménage avec une 
petite cartonnière assez gentille 
mais basse de plafond, bêle comme 
ses pieds, qui n'avait pas deux 
liards de conversation. » 

<«J — Ferme ça, boule de c.î hurla 
Camélia, oiî je saute dedans . » 



« — Quelle bourriche de fille, tout 
de même! Imaginez-vous, madame, 
qu'elle ne sait seulement pas faire 
une soupe k l'oignon I » 

« — Ce buson de Julie n'en fera 
jamais d'autres! Quelle empailléel 
grand Dieu! » 

« La Censure a interdit le titre de la 
revue de Cluny a Comme la lujie » ; 
elle n'a pas voulu que, malgré tout 
Tesprit des auteurs, un mauvais 
plaisant put prétendre que leur 
œuvre était c comme la lune; ce 
qui eût été, en effet, fort désobli- 
geant. » 

<K Ah cà! d*où sort-il, ce canlaloupi 
Sur quelle couche M. son papa l'a- 
t-il récolté? » 

(RiCABD.) 

a Un couillé j'ai remouché. » 

(ViDOÊQ.) 

« Les chefs vous lâcheront d'un cran 
un de ces quatre matins... et vous 
vous retrouverez couillons comme 
devant. » 

{Le Père Peinard.) 

Je Tavou*. c'est un* joli' Qlle 
Mais quant à l'esprit, hélas ! ce n'est qu'an ron 
En en retirant la cédille. 

(Max Mrro.) 

Ça m' fait flasquer d'voir eun' pétasse 
Oui pass' tous les soirs à trarer» ! 
lion Dieu ! Taut-i' qu' tu soy's eon<use I 

(A. B.) 

Tu l' laiss's Taire ! rh ben ! mon cochon, 
r Taul vraiment ^u' t'en aye' un' couche, 
r faut qu' tu soy's glaude et cruchon... 

I;n pénard, oui-là?... l'n citrél 
Un panas ! un navel un' falourde 
Que Tierre et Faul ont enturé! 

(BUdort.) 

Ça s'appeir de» genss' ù son aise. 
Mais c'o«t pas eux qu'est les malins; 
Si c'est loujour' eux qu'a la braise. 
C'est toujour' eux qui s'ra les dainu, 

(A. B.) 



u 



— Essence de nave, fleur de pochelé, 
bougre de fourneau, comprends 
donc c' que j* le bonis, eh! flaque- 
dalle l » 



« — As-tu vu c' fiqnoteauAk qui veut 
la faire avec Bibi! •> 



BÉT 



— 55 — 



BÉT 



• J'étais immédiatement gratifié d'une 
foule de qualificatifs empruntés, 

Eour la plupart, au régne végétal, 
es plus doux étaieut ceux de 
gros melon, de cornichon^ de 
gourde, etc. » 

(Marc Mario.) 

Je D* m'occup* pat m^ro* d'où c' qa'a va. 
J* t'rais gmurdé d' m'eo donner la poioe ! 

(L. Di Brrcy.) 

Le tocsin hurle dans la Tour : 
C'est Gni de faire \e Jacques'. 
Allons, Jean-Ia-Mèbc : à ton tonr! 
Fêle les Noires Piques ! 

(ID.) 

• L*autre Jean-ie-cul attendait patiem- 
ment sous la pluie tandis que l'autre 
caressait la petite. » 

{CEoénement Pari*ien.) 

« Quand J'y pense, fallait-il que je 
fusse loff pour donner dans un 
godan pareil. » 

(Mémoiret de Yidoeq.) 

« A la moindre maladresse, il traite 
ses élèves de flémardes et de 
moules. • 

(Addcbt.) 

M — Vous m'avez fait poser. Vous 
n'êtes qu'un sale cabotin et un 

muselé. » 

{Lettre à PauUn-Ménier.) 

• Y coupe dans tous les vannes qu'on 
y sort, ah! il est nature^ ï frère! n 

«• — Je le trouve excessivement chic, 
et dix fois plus flatteur, avec ses 
jolis cheveux gris et son gilet blanc. 
que tous les petits navets... 

— J'espère que ca n'est pas pour 
Gustave que tu dis nnvel ? » 

(H. Lavkoam.) 

On rhercir des clous pour l'an mil 
Neuf cent?... Mais y a les navrilles. 
Les panouilt't, les schnockf les schlemil. 
Les einv' k bonillott's de gorilles. 
Les tourteaux et les godanchetSf 
Les i'ringuinoê^ les tiœudn^ les truff'fs^ 
Les biqu't, les daimt et les micliets. 
Sans compter tout' la band' des mulTes. 

(Bl.toORT.) 

Y aarait pas des marlous 

Si qu'y aurait pas des pantfs. 

(1d) 

« Petit à petit il se dessale! Il estdéjà 



moins pantouflard : la clairvoyance 
lui vient. » 

(f.e Père Peinard.) 

•« — Tilchez de la trouver bonne si 
vous ne voulez pas que je vous 
traite de pieds. » 

(J. RlCHITLX.) 

a — Elle m'a appelé pied de céleri I 

qu'a-t-elle voulu dire? 
— Je crois qu'elle a voulu insinuer 

({ue vous n'avez pas inventé le fil 

à couper le beurre. >» 

{La Cocarde.) 

« A moins que le ramoUot de la 
Guerre n'ait tellement conscience 
de sa nullité qu'il ait le droit de 
qualifier de » sans importance » les 
travaux auxquels il feint de colla- 
borer. »> 

(II. ROCHRFOBT.) 

IIh te traiteront de vendu 
D'inceudiaire et de troudu. 

(L DB BtacT.) 

— FAIRE LA BÊTE. Chiquer 
contre f Battre comtois. V. Men- 
tir. 

Le maire, un farceur tricolore, 
Ainsi qu'un pitre, bat comtois. 

(!'. Faillitti.) 

BÏÏTISE. Conerie, Connerie, Çon- 
nerie^ Couennerie^ Couillonnade, 
Coyonade ou Coïonade, Cutehe, 
Foutaise^ Vouterii\ Mouterie, 

« Le Clardinal rendit au Tasse le ma- 
nuscrit de la •< Jérusalem délivrée », 
en lui disaut que ses tirades étaient 
des couittonnades. » 

(IlecToa Francs.) 

« — Quand vous aurez fini de débiter 
des çonneriesl »> 

Fn moine de Citaux arrive. 
Va descend r«ï chez un baigneur, 
Se met au lit, fait le malade, 
Et mande le {iremicr docteur 
Qui lui vint débiter par ccrur 
Ku latin mainte coyonade. 

(AnB< OR GHtCOL'ET.) 

— DIRE DES nt.TîSES.Ba fouit- 
fer. Cacafouilter, Déconner. 

« — J'insinue que la veuve Ripoche a 
dû bafouiller. » 

(Wii.lt.) 



BBU 



— 56 — 



BIE 



« C'est assommant aussi d'entendre 
caca fouiller ces insipides bas- 
bleus. » 

{Le Temps.) 

« — Allons, quoi? v*là core que tu 
déconnes ! Non, vieux frère, mets-y 
un bouchon. » 

BEURRE. Fondant. 

« — Et pis? quoi qu'i' t* faut core ? du 
fondant su' ton gringue? ... t auras 
d' la mousse I » 

BÉVUE. Gaffe, Impair. 

« La gaffe j ou vnpair^ est certaine- 
ment une source innocente de rire 
dont la littérature actuelle a tiré 
l'effet comique le plus nouveau. 
Alfred de Musset, que Deschanel 
n^aime point, doit à l'étude de lo 
gaffe un de ses plus jolis ouvrages, 
ce délicieux proverbe : m On ne sau- 
rait songer à tout», que laComédie- 
Françaisc ne joue jamais, naturel- 
lement. M 

(Émilk Bibguat.) 

BÉZIGUE. Bègue. V. Jeu. 

BIAIS. Flambeau, Planche, Truc. 

m — Faudrait dégoter un /TancAe pour 

nous sortir de là. 
— Moi, j'ai un truc... » 

BIAISER. Caner, Flancher. 
BIBELOTS. Brocants. V. Bijonx. 

BIBLIOTHÈQUE. Bahilleuse, Bi- 

bli (apoc), Tendeuse '. 

« •— Tu voudrais pas. dit Gueule de 
Raie, qu'on déplanque c'tte babil- 
leuse-Uil L' farfiot, ça barde cher et 
ra s^ fourgue que dalle. • 

— BIBLIOTHÈQUE SECRÈTE 
OU RÉSERVÉE. Enfer. 

« Mon bourgeois n'est cependant pas 
un pudibond : il se fait gloire d'être 
sans préjugés, et cependant l'enfer 
de sa bibliothèque est pavé des 
ouvrages les plus débraillés. » 

(PoXTSïVBF.Z.) 

BICETHE (L'ASILE DE;. Bibi, 
Biscaye, Tune\ Tunebéc\ Tune- 
boye *. 



« Son dab, qu'est à Bibi d' puis deux 
longes, vient la voir tous les 
dimanches pour son prêt et sou 
perlot. n 

— PENSIONNAIRE DE BI- 

CÊTRE. Bibi, Biscayen^ Bleu. 

u Le cabaret des Six-Fesses, situé sur 
la route de Villejuif, a pour clien- 
tèle ordinaire les chemineaux et 
les rôdeurs. Le dimanche, apr^s> 
midi, quelques bleus de l'asile de 
bicétre y viennent boire chopine et 
faire une partie. >• 

(Ande^. Mayot.) 

BICYCLE, BICYCLETTE. 

V. Vélocipôde. 

BIDET. (Animal.) V. Cheval. 

— Meuble. Cheval de bataille, 
Cheval en vaisselle, Violon. 

« Elle le reçut au milieu de tout ce 
désordre, son petit cheval en vais- 
selle trônant indiscrètement au mi- 
lieu de la chambre. » 

{L' Événement Parisien.) 

Malgré ces leçons, elle est gauche 
Et ne veut d'autre violon 
Oue l'intime qu'elle cheTauclie. 

BIEX. Bath, Ben, Bitte ou Bith, 
Dono, Chic, Chiquemeni, Chouette, 
Chouettemcnt, Chouetto, Chenu- 
ment. Coq, Coquet, Hurf, Moule, 
mouth ou moufle. Pommé, Schbeb, 
Schnuc, Schpill, Urf, Vite.V. Beau, 
Bon. 

— L'argot boulevardier crée 
constamment des mots pour 
signilier Bien; nous avons 
cru oiseux de mentionner 
ceux (jui n'ont eu qu'une 
fortune éphémère. 

a Faut pas débiner les femmes des 
Halles. L' pore me disait dans Ttemps 

3u' souvent n s'étaient mises dans 
es machines où qu' les hommes 
auraient pas pu y faire aussi 
chouettemenl. » 

Fannndels en cette piolle 

Ou vit chenùment : 
Arlon, pi^oi^. ol criolie 

Ou a gourdcmeul. 

(Gmakdxal.) 



BIB 



— 57 — 



UIJ 



File est baih la (6t' nalioaale... 
Il eéi bilh eV quaton* juillet... 
C est gniente et nib... c est pouic et dalle ! 

(A. B.) 

L'été, nous étioD» & Tombre, 
(l'était coquet, c'était somlire. 

(Id.) 

— TRÈS BIEN. Dans les grandes 
largeurs f Dans les grands prix. 

'■ 11 la relève dans les grandes lar- 
geurs. » 

" — Tu aurais pu le payer de le rou- 
ler dans les grands prix. » 

(J. Hamm.) 

— C'EST BIEN, ra vaul le coup, 
le jus y Cognon^ Cos^ le pognon. 

<• Sans charrier, vieux, faut aller 
es^ourder cHle pièce-là : ra vaut 
Cos ! » 

— ALLER BIEN. Bicher, Tourner 
rond. 

BIENFAISANT. lion peu, 

il est en colère, 1' boo Dieu ! 
A^antf lui qu' était si bon fieu... 
Le y'ié. qu'il est toujour' en ro^ne. 

(A. B.) 

BIK\VKILLA\T. Amileux, Bé- 
nisseuVj Bêle à bon Dieu. 

BIEWEXUE. Ouand-est'ce. 

n 11 dépensa pour son quand-est-ce 
tout l'argent que sa taule lui avait 
donné au départ. » 

— P.iYER SA BIENVKNI:K. Ai^ 

ro^er. Graisser la mantiite. les 
planches, les ripalona. Payer 
son article quatre. V. Boire. 

BIÈKE. (Boisson.) Blonde ou Huile 
blonde. Cercueil (jeu de mol), 
Moussante, Pommard ". 

•i Four moi, c'est du pive ! La mous- 
sante, ça m' court, ça a pas d' mon- 
tant et ça vous cmp/^clic d'He ai- 
mable avec les gonzesscs. >' 

— BIÈRE INFÉRIEURE. Bi- 

bcuse, Bihine, Pissat d'une. 

« On oe vous servait daus cette guin- 
guette qu'une sorte d'ignoble bibine 



gompcusemcnt baptisée o Bière de 
lunich. » 

(A<f Badical.) 

BIÈRE. (Cercueil.) Boite à as/iVo/s. 
à dominos, à riandr, Paletot de 
sapin. Sape, Sapin. V. Agoniser. 

Les pilons et reux d' la haut' baoïpie, 
Les maries romm«« les fourneaux. 
Tous sout rgniii quauil on les planque 
Dedann la buitf à dominos. 

(BlAdort.) 

A quoi qu' ça lui sert d'i^t' rupin ? 
Tu vois donc pas qu T sent 1' sapin, 
ijiïk chaqu' pas qui' fait i' s' dévibst* ? 

— BIÈRE D'ENFANT. Boitte à 
violon. 

«• Le ba50u«;e, l'a'il enluminé, fredon- 
nait un rofrain joyeux, la boite à 
violon sous le bras.' >» 

{La Petite Presse.) 

BIFTEK. Horsesteak (anglicisme), 
Semelle, Sous-pied, Tire-fiacre. 
Ces divei-ses expressions sont 
prises en mauvaise part. 

« Le menu se composait de semelles 
et do fayots, arrosés d'un poiré 
infect dont l'odeur rappelait celle 
des dépotoirs. »» 

l<i. IlKRIIF.nT.') 

« Hemporte ton lire-fiacre et donne- 
moi une omelette. >• 

BIGOT. Bondieu^iard, Mangeur (/»' 
bon Dieu. 

y t'en foutrai d' la man^uélude 
Pour \^i•^ cures... pour !•> rahliiii... 
Ils l'o prendraiiMit trop riiabitude. 
Oiiand on est des Hc^publicains 
Ou marclie a\ec In K<^publique. 
Pas avec b s Dominicains, 
Les bondiousartLs et tout' la clique. 
(A. B. Lts Soulitlof/ues d'Ilonorè Ùonstaut.y 

BIJOUTERIE. Brocante, Bro- 
quille. 

Tu m' débecl' avec la broquHlr, 
Ton clebs, ton larbin, ton sapin. 
Tes diam' et ton poil de lapiu! 

(L. DK Bjhcv.) 

— BIJOrTERIE FATSSE. Bro- 
cante dorancfiée. Ferraille à la 
manque, Ferraille doranchée. 
Moche, Toc. 



BU 



— 58 — 



IUL 



« J' coupais qu' c'était une sœur tout 
c' qu'y a d rupine, mais a n' por- 
tait que d' la brocante doranchée^ 
du faux pallas qui j'tait d* Taimant 
mais qui n* valait qu' pouic. » 

« — Non, m'a-t-il dit, c'est du toc, ça 
vaut trente francs, Je te la donne.» 

(GOBON.) 

BIJOUTIER. firocandt>»'.V.Bague. 

— BIJOUTIER VOLEUR (qui 
vend du faux pour du vrai). 
BroquUlew, 

« C'est un youdi qui fourguait de la 
brocante et qu'a gagné tout son 
aubcrt comme broquilleur, » 

BIJOUX. BrocanU, Brocquans*, 
BroquilleSy Décors, Dorure ou 
Dorures. 

« H est tout c' qu'y a d' rupin : i' s' 
fringue comme un Engiiche, i' 
croûte dans les gargots du boul' 
des Italiens et il a des brocants 
comme une gonzesse. » 

« Ce jour-là, Mme Michou avait sorti 
toutes ses dorures, » 

[U Soir.) 

— VOL SUR LA VENTE DE 
BIJOUX. Broquillage, Vol à fa 
broque ou à la broqùille, V. Vol. 

BILLARD. Frottin, Gilboque \ 
V. Jeu. 

« Ils cambriolaient spécialement les 
logements de marchands de vins 
qui ont une salle de billard au 
premier. Deux d'entre eux faisaient 
une bruyante partie de froltin pen- 
dant que le troisième dévalisait les 
chambres. » 

BILLE. Boulette. V. Jeu. 

BILLET. (Lettre.) Babillard, Bif- 
fcton, Billemont, Billemuche. 

or Au « Pagnier %à Salade » v a un 
nommé Berthierqui nous aboniun 
U/felon qu'un gonce envoyé de la 
Santoche à ses poteaux; c'est 
tapéî » 

n Les détenus ne peuvent corres- 
pondre avec le dehors quen fai- 



sant passer leurs lettres au visa de 
l'admmistration pénitentiaire qui 
les marque d'un Y au crayon rouge 
ou bleu; dans ce cas, c'est XdL babil- 
larde ou le babillard. Mais ils ont 
souvent recours à la complaisance 
d'un co-détenu qu'on met en li- 
berté, pour correspondre par écrit 
avec leurs complices ; le billet qui 
sort ainsi clandestinement s^ap- 
pelle bi/felon. 

(B. Chottaio.) 

— BILLET DE BANQUE. Bluet, 
Dentelle, faff'e. Fa faut. Image, 
Papier de soie, Talbe^ Talbin. 
On orthographiait jadis 7a<7- 
bin •. 

— BILLET DE MILLE FRANCS. 

Bluet mâle, Faffe ou Faffioi 
mâle, Fifly, Talbin mâle, Bluet, 
f'iffe^faffiot, image ou lalbin 
d'un millet, d'un sac. 

— BILLET DE CINQ CENTS 
FRANCS. Bluet, faffe, faffiot, 
image ou talbin femelle, d*un 
demi-millet, d'un demi-sac. Po- 
ney. 

— BILLET DE CENT FRANCS. 

Bluet, faffe, faffioi, image, pa- 
pier de soie ou talbin, d'une 
livre, d'un mètre, d'une pile, 
d'un tas. 

— BILLET DE CINQUANTE 

FRANCS. Bluel, faffe, faffiot, 
papier de soie ou talbin d'une 
demi-Jetée, d'une demi-livre, 
d'un demi-mètre, d'une demi' 
pile, d^un demi- tas. (Les billets 
de 100 et 50 francs se désignent 
aussi par Faffe ou talbin, etc., 
en bas âge. 

— LIASSE DE BILLETS DE 

BANQUE. Matelas. V. Porte- 
feuille. 

— BILLET DE BANQUE FAUX. 

Faffe lof, à la manque. 

« Petit à p'tit, aile avait carré du 
gâteau et, l' jour de sa fête qu'était 
aussi son jour de sortie à elle, a y 
a fait cadeau d'une belle image 
toute neuve, un bath bluet d'un 
demi-sac. » 

« Là d'ssus, i* sort son portefeuille 



BIL — 59 



bourré d* talhins. Ah! i' Tavait 
r maClasX » 

Pour afTurer fafiotx et car me. 
Chassons loin du mess, du gendarme. 

(HoGiia-Gaiscv.) 

— BILLET MORTUAIRE. Poufel 
OU talbin île la Camarde^ de la 
Sèche, V. Mort. 

— BILLET PROTESTÉ. Faffe 
OU papier à douleur. 

— BILLET DE THEATRE. Bif- 

felon^ Talbin d^encarade. 

— Pour la claque. Lavabe, 

a Gustave achetait un lavabe pour 
les Variétés. » 

yùOÙOO voleurg de plut à Paris.) 

— Toutes les autres espèces 
de billets sont désignées 
par les mots Biffe ton, Faffe, 
Fafiot ou Talbin (indistinct.). 
V. Papier. 

Bf LLOX. Ferraille. 

— PIÈCE DE DIX CE.XTIMES. 

Dardelle, Doublin , Leuxdé, 
l^udé (Dérormation du mot 
Deux). V. Jargon. 

— PIÈCE DE CL\Q CENTIMES. 

Bourgue, Croc, Croque, Dir- 
lingue. Face, Faine, Fléchard, 
Flèche, Fligadier, Jacques, Lezé- 
loussem, Lézéloussoc, Loussé, 
toussent, loussoc (V. Jargon), 
Pélot, Pépetle, Pétard, Pied-de- 
nez. Radin, liadis, Hesch, 
Beisch, Rond, Rotin, Soldat. 

— CENTIME. Bredoche. liro- 
bêche. Broc, Broche, Rroquille, 
Fainin ou Fénin, Fi fretin. 

— 76 CENTIMES. Linzqué. 

J'ai pus uu rotin,... pus un boitrgue,... 
l'us un rehch !... Et nib dans 1' battant. 
Si j' veux pas grefTer, fnut que j' fourgue 
Ma limace et mon culbutant. 

(L. DE Bbrcy.) 

.« — Tu n' m'en voudras pas d' te faire 
raquer six croques,... tu peux ! » 

'i — ... Des particuliers à qui qu' tu 
donnerais deux /7èc/(f s dans la rue.» 



BIS 

Tu n'y laiss' mAm* pas un /lérhard, 
Tout ton pognon t' pa.«s' par la gargue. 

(A. B.) 

J' ro*ai toujours connu dans la peine 
Sans nn pélot, sans un radit... 

(Id.) 

a Avec ça bel homme; causant aussi 
doucement, aussi ^^entiment avec 
les femmes que s'il n'avait pas le 
rond, » 

(J. Marni.) 

M — Mais, je vous l'ai dit, elle n'avait 
pas un rotin dans sa poche. » 

(GOIIOM.) 

«* Combien de gumuicux, apn^s s'être 
fait rincer dans les cercles jusqu'à 
leur dernier fifrelin. ne seraient 
pas enchantés d'ôtre capables d'en- 
trer comme ouvriers chez un cor- 
donnier ou chez un zingueur au 
lieu d'en être réduits à se brûler la 
cervelle, faute d't'lre bons à autre 
chose? » 

(II. HOCHIFOIIT.) 

'< — Je ne donnerais pas une face de 
ta sorbonne. « 

(Balzac.) 

'< — Ça croûte avec lat'qué lézélous- 
sor, c'mmeut qu' tu veux qu' ça 
engraisse? » 

« — J'ai encore \ïngt Jacques, il faut 
les tortiller. »» 

(VlDOCQ.) 

BISBILLt:. Renaud. V. Dispute. 

a — Comme j' suis rentré blinde, j'ai 
core eu du r'naud avec la bour- 
geoise. » 

BISCUIT DE TROUPE. Cassant, 
Casse-crocs. 

« Pas de gringue ! du casse-crocs. Et 
comme barbaque, du singe ! » 

— BISCUIT TIIK.MPË DANS DU 
VIN. Déjeuner de perroquet. 

BISEAUTER. En parlant des 
caries à jouer: Aiguiller. V. Jeu. 

BISSAC. Fusil de toile. Gueulard 
ou Gueulardc, Milliard \ V. Be- 
sace. 

BISTOURI. Baume d'acier. 



BIZ 



— 60 



BLE 



BIZARRE. Champêtre, Champi- 
gnoL V. Âmasant. 

BLAFARD. Gueule de cire, de dé- 
terré , de papier mâché, Merlati, 
Trompe-la-mort, 

♦« — Piges-tu, c' merlati qui veut fer- 
rer? Mais, mon vieux, tu frais 
s' débiner les rombières les pus 
mochardes avec ta gueule de papier 
mâché. » 

» Il était si déj'té, si maigue et si 
blanc qu* ses poteaux l'avaient app'lé 
trompe -la-mort. » 

BLAGUE. Fumisterie, 

« Ce qu'on ignore trop, c'est que la 
fumisterie est considérée par nous 
comme un art tout moderne. » 

(G. AUBIOL.) 

BLAGUEUR. Fumiste. 

n Ces deux mauvais fumistes ne sont 
pas du tout, comme je le croyais, 
venus à résipiscence. » 

(J. RicHEri.x.) 

BLAXC. Landier *, Savonné. 

— LE BLANC. (Domino,) Albinos, 
Btanchinet , P4/e, Pâlichon , 
Pierrot. V. Jeu. 

— LINGE BLANC. Latlife *, 

— PAIN BLANC. Arlie de Meu- 
lan^ Arton ou larton savonné. 

(• La tortillade est la même pour la 
quantité, mais le pivoi est plus 
chenu et le tartoti plus savonné 

que la^'O. » 

(Lakchey, d'après Rabasse.) 

— VIN BLANC. Blanc, Blanchel, 
Pivois savonné. 

'i — Viens-tu picter un coup de 
htanci » 

BLAXCHISSEUR. Papi7/on, Sa- 
vonnier. 

« V'ià la Mi-Carême, les papillons 
vont s' camoufler en mousque- 
taires. » 

BL.VNC1IISSEUSE. Baquet à 
deux pattes, Baquet insolent, 



Dranleuse de gendarme, Noyeuse 
détrons. Poule d*eau, Savonnière. 

« On dit aussi : Baquet insolent, et 
Ton a raison — car je ne connais 
pas de créatures plus « fortes en 
gueule » que les lavandières. » 

(A. Deltau.) 

— BLANCHISSEUSE D'OCCA- 
SION. Graillonneuse. 

BLASÉ. Qui en a soupe ou mare. 

BLÉ. Grelu, Grenu^ Grenuche, 

Loin des vergnes et de la meute 
Des pestai lies, pénard, je pieute 
Dans le pélard ou le grelu, 
Marluro, loofa, turelu! 

(L. DE BncY.^ 

BLESSER. Affûter, Amocher, 
Aquiger, Arnaquer, Attiger, Cre- 
ver^ Entrer ou rentra* dedans, 
Estuquer, Farguer, Jambonner^ 
Moucher, Miirer, Servir. 

« Il s'est a/fiUé la poire, l'aut' soir, 
qu'il était s*coué. » 

« — Ben, mon vieux, t'en as une 
gueule I Qui qui t*a amoché comme 
ça? M 

Ça, c'e»t des cbieries! 
Ya rien à piger 
Ou'à s' fair attiger... 
y gob' pas les batt'rtes! 

Oh! çui-là s' fra farguer, c'est sûr! 
Si riiommc à Julie y tomb' sur 
Le poil, un jour qui* s'ra blindoche. 

(Blédomt.) 

Si a veut pas s' faire eun* raison. 

Un malin j'y jambonne V blaire 

Et i' prends eun' gonxesse en maison. 

(A. B.) 

— SE BLESSER. S'affûter, 
S'amocher, S* attiger, S' estuquer. 
Se moucher. 

BLESSURE. Atout, Bochon, Bou- 
tonnière, Broco, Cabochon, Cor- 
buche % Estaffe, V. Coup, Plaie. 

a II s'est fait un cabochon à la tête 
en tombant. » 

C'est pas un gros, c'est un p'til mac 
Qui ya mis d' l'air dans i'estomac 
Kn \ faisant oun' boutonnière 
A la Glacière. 

(A. B.) 



BLE 



— 6! — 



BOI 



BLEU. Souple*. 

BLOXD. Filasse. 

-■ C'était encore une gamine, aux 
yeux clairs, au chignon filasse. >> 

(G. IIerueht.) 

BLOUSE. Foun'eau, Rideau^ Rouil- 
larde, Souillardey Volante. 

On n*a qo'un fourreau su' Teodosse 
Et qa'euD* desfoux dessus V citron. 

(L. DE Bercy. ) 

Noas somm's dans c' goût-là tout eun' troupe, 
Des lapins droits comro' des bâton«> 
Avec un ricleau sur la croupe, 
Un grimpant et des ripatous. 

(J. KlCHSPtN.) 

■< Il avait planqué le pacson sous sa 
volante et le lourdier Tavait laissé 
décarrer en n'y frimant que dalle. » 

BCEUF. Beuglanty Cocu, Cornant, 
ComeaUy Fourchu. V. Bouillon. 

Mon biviot, je pionce, les bornes, 
Entre les cornants et les mornes 
Et picte au bauge mamelu, 
Marlnro, lonfa, turelu ! 

(L. DR Brrcy.) 

BOHÈME ^LA). La mouisarde. 

BOHÉMIEX. Manouche, Roma- 
nichel, Romanigo, Romani. 

Dans la banaue ils sont tous frangins : 
Guincheurs de tortouse, manouches^ 
Ama^ueurs, postigeurs, mangins, 
Légriers, geauts, fausse s -couches, 
Tarottières, nègres, flambeurs, 
Solliceurs de vanne à la manque, 
Bicott, merlifiches, tombeurs... 
lû sonl tous frangins dans la banque. 

(L. DB Bercy.) 

BOIRE. Bidonner, Boissonner, Cro- 
quer la pie *, Écoper *, Enfiler, 
Enfler*, Graisser les roues, Li- 
chailler, Picoler, Pictancer, Picter, 
Pictonner, Pier * ou Pyer *, Piol- 
1er*, PUancher, Piver, Renifler, 
Sehnouper, Sécher un glasse, un 
kil, unepetite fllle, S'enfiler ou s'en- 
voyer suivi du nom du liquide, 
Se gargariser, SHmbiber, Se rincer, 
Soiffer, Sucer, Téter. Plus les 
verbes réfléchis S'affiUer, S'ar- 
roser, S'humecter, S imbiber. Se 



laver, Se rafraîchir, Se rinc^T, 
suivis, coinine régime direct, 
d'un (les mots suivants: Avaloir, 
Ranes, Raltant, Bec, Corne, Cor- 
net, Dalle, Fusil, Gargue, Gar- 
goiiane, Goulot, Sifflet, Tuyau, ou 
tout autre signifiant Bouche, 
Estomac, Gorge, Gosier. (V. ces 
mois.) 

« — Tu ne ferais pas mieux de travail- 
ler, au lieu d'r tre toujours à bidon- 
ner chez le uiarchand de vin ? » 

((i. Herbert.) 

« Il hoissonne du matin au soir. »» 

(Id.) 

« Et j' t'en enfile, et j' t'en enfile \... 
Sûr, si j'aurais pas 1' coffre aussi 
solide, j' s'rais ctc mur avant eune 
plombe. » 

« Graisser les roues se dit de quel- 
qu'un qui boit avant de se mettre 
en route. » 

illECTon Franck.) 

a On rcnquillera dans la taule à mé- 
sigue pour refaiter gourdemeut et 
chenûment pavillonner, et piclei 
du pivois sans lance. » 

(VlDOOQ.) 

Le beau sexe lave ta gueule 
Et pitanche tout aussi sec 
Que si c'était du Rometscc. 

(Vaué.) 

Kn francs malfrcins vivons : 
Tronchons, croûtons, /^li'O/w ! 

(L. DK BiBCV.) 

a Ces buveurs de pomard disaient : 
Séchons des litres ! » 

(Macrici BoL'CIIOR.) 

J' sais bea qu' dans nos bidons V vin pur 
N'a pas r goiU qu'on lui donne au large. 
Mats on n' se plaint pas qu'il est sur 
Quand on V soiffe après un' boun' charge I 

(Yann Niuor.) 

Faut pas aller chez P.iul Niquct 
Six fois r jour %'a/fùter V sifflet. 

(P. DURAIVD.) 

C'tlegonzess'-làn'y laiss' mém'pas 
Tois ronds pour s'humecter la dalle. 

(Blédort.) 

Mais au guioch' de la ru' d' la Douane, 
Avec des sous-broch's, des d'mi-sels, 
A ganibille et s' rinc' la gargouane. 

(iD.) 



BOI 



— 62 — 



BOI 



« Et nous avons chacun reniflé cinq 
litres à dix sous. » 

(J. BloiNBAUX.) 

— BOIRE A MÊMB LA BOU- 
TEILLE, sans que le goulot 
touche les lèvres. Boire à la 
régalade. 

— BOIRE BEAUCOUP. Chauffer 
le four^ Chur/uperf Faire Jambe 
de vin, 

« T'as chauffé le four, pas vrai, bri- 
gand ! t'es n*en ribotte I » 

(H. MoMNIBk.) 

« Dès ce matin, messieurs, j'ai fait 
Jambe de vin. » 

(La RAPI.MftRE.) 

— BOIRE CHAUD. S'cnflaneller. 

— BOIRE D'UN TRAIT. Filer, 

-- BOIRE EX COMPAGNIE AL- 
TERNATIVEMENT, selon cer- 
tains rites et au commande- 
ment. Faire une pomponnelle. 

« On demande À celui dont c'est le 
tour À boire : 

AimVtu mîeax boire et t'en r'ssentir 
Que de n' pas boire et Teo r'peutir? 

Il répond : 

Uui ! J'aim' mieux boire et ro'ea r sseatir 
Oue de n' paa boire et d' m'en r'peotir ! 

Et le chœur reprend : 

Pendant qu'il filera 
Que son voisin s'appn>te; 
Et nous, pendant c' temps-là, 
Nous chant'rons à tu'-léte : 
A la pomponnette 
Il fi...i...lera\ 
Ah! le gaillard a bien filé. 
A son Toisin de recommencer. 

Et le buveur doit sécher son verre 
sur le dernier mot. » 

— BOIRE EN COMPAGNIE SI- 
MULTANÉMENT. Faire guin- 
dal, 

« Le guindal (mot qui, en argot, si- 
gnifie « verre ») se distingue de la 
pomponnelle en ce que les buveurs 
obéissent tous à un seul, qui com- 
mande à sa fantaisie de saisir, 
d'élever, de promener et de vider 



guindal ; tandis qu'à la pomponnelle, 
c'est un seul qui obéit au comman- 
dement de tous. » 

— BOIRE SEUL. Faire suisse. 

u Le soldat français ne doit pas faire 
suisse^ ne boit jamais seul. >* 

(La bÊOOLLiftRK.) 

— BOIRE UNE TOURNÉE chez 
le marchand de vins. Faire ou 
prendre un coup d'arrosage ou 
d'art*osoir. 

Quand vot' gnnxess' vous entortille 
Filez à gaucli' de la Courtille 
Vous payer un coup d'arrosoir 
A l'assommoir. 

(LOY.XCL.) 

-- BOIRE UN COUP. Ecraser le 
graint Sucer une pèche. 

H — Allons, vieux, qu'est c' qui t'em- 
pt^che de plaquer ta gonzesse et de 
venir sucer une pèche avec nous? » 

— BOIRE UN SECOND COUP. 

A'c pas s'en aller sur une Jambe, 

« — Remettez-nous ça, dit le gen- 
darme; dans mon pays, on ne s'en 
va Jamais sur une jambe. 

— BOIRE UN VERRE D'ABSIN- 
THE. Asphyxier j estrangouil- 
1er, étouffer^ étrangler ou plu- 
mer un perroquet. 

« Quelques vieux absinthiers préfè- 
rent courir le risque de plumer un 
perroquet de plus. » 

(Vie Parùienne.) 

— BOIRE UN VERRE D'AL- 
COOL. Chasser le brouillard. 
Etrangler la douleur, Tuer le 
ver. 

u Les habitués viennent, au débit, 
étrangler la douleur du matin. » 

{Vie Parisienne.) 

— BOIRE UN VERRE D'EAU OU 
simpl. DE L'EAU. Grenouiller, 

— BOIRE DE LA BIÈRE. Boc- 
ker, 

• Ils passent leur soirée à bocker en 
cassant du sucre sur le dos des 
confrères. » 

(E. OUBUS.) 



BOI 



63 — 



BOI 



— BOIRE UN VERRE de vin 

blanc. Èlouffer ou étrangler un 
pierrot, 

« —Allez, ho! déplanque! onvaé/ran- 
gler un pierrot^ au p'tit coinsto. » 

— BOIRE V>'E BOUTEILLE dc 

vin rouge. Étouffer, étrangler 
un enfant de chœur ou une né- 
gresse. 

« On avait, avec Saute-aux-Prunes, 
étouffé d'jà deux négresses avant d' 
s^embarquer. u 

— BOIRE E.\ ALLANT D'UN 
CABARET A L'AUTRE. Lipper. 

— N'ÊTRE PAS INVITÉ A 
BOIRE. Boire dc Cencre. 

, — Vous êtes là tous à vous envoyer 
de la vinasse et mon gniasse boit 
cP l* encre, » 

— PAYER A BOIRE. Rincer, 

— En employant un régime 
indirect : Arroser ou rincer 
Vavaloir, les barres, le bec, 
le cornet, la dalle, le fusil, la 
gargue, la yargouanc, le gou- 
lot, le sifflet, le tuyau à quel- 
qu'un. 

n — Qu'est-ce que tu suces 2 c'est mé- 
zigo qui n'/ice. » 

« r s' figurait, c' nave-là, qu' j'allais 
y arroser V cornet, » 

— PAYER A BOIRE A L'OCCA- 
SION D'UNE BIENVENUE. 

Graisser la marmite, les plan- 
ches, les ripatons, Payer son 
article quatre (arg. des typo- 
graphes), Payer son quand- 
est-ce. 



— A l'occasion d'une nomi- 
nation à un grade ou à une 
fonction supérieure. Arro- 
ser ses galons, 

— Si tu ne graisses pas la marmite 
à ton arrivée, Tatelier te fera toutes 
les mistouffes possibles. » 

{La Lanterne.) 

— Je ne dis pas que... avec les 



camarades, pour arroser mes ga- 
lons... » 

(CoBNO.) 



11 n'avait m^me pas cent 
pour payer son quand-est-ce. 



sous 



— PAYER A BOIRE A DES MA- 
CHINISTES, pour avoir man- 
qué aux usages des coulisses. 
Raquer le fatal, 

( 11 ne pouvait se dé/airn de cette 
babituae de dire « licelle » ou 
« corde » et les machinistes ne 
manquaient jamais de lui faire 
roquer le fatal, comme ils disent 
dans leur argot, afin de lui ensei- 
gner à dire « fil ». 

{Six mois de planches.) 

— Nous n'avons pas noté ici 
les verbes Chopiner, Enton- 
ner, Fioler, FliUer, Lamper, 
Lever le coude, Licher, Pom- 
per, Siffler, Sirotei\ qui 
appartiennent depuis long- 
temps à la langue française. 

BOIS. (Forêt.) Sabri, Satou, Satte. 

Alors aboula du sabri, 

Moure au brisant comme nn cabri, 

Une fignole gosseiine. 

(J. RlCUETIN.) 

— Matière. Boes*, Cuir de 
brouette, Salon, Satou, 

G est la dabuche Mich'lon 
Qu'a pomaqué ion greffier, 
Oui jacte par la Teoterne 
Qui le lui refilera. 

Le dab Lustucru 
Lui dit : « Daboch' Mich'Ioo, 
Allez ! votre grerfier n'est pas pomaqué 
11 est dans le roulon, 
Qui fait la chasse aux tretons, 
Arec un baffaffre de fertange 
Et un fauchon de satou, 

(Chanson argotique de la Mère 
Michel, citée par M. Kr. Michel.) 

BOISSOX. Guable*, Piarde*, 
Piclancc, Pie \ Pience *. V. Bière, 
Café, Cidre, Eau, Eau-de-vie, 
Vin, etc. 

« — C'est tout c' qu'il y a comme pic- 
tance, d' la flotte ? » 



BOI 



— 64 — 



BON 



BOITE DE COURTIER. Mar- 
motte. 

« 1* s* ballade, de troquet en troquet, 
avec une marmotte où qu'ya des 
brocants en toc quT met en tom- 
bola à deux croques le bilTeton. » 

— BOITE DE LIVRAISON. Bal- 
ladeuse, 

« De mise simple, une balladeuse au 
bras, elle jouait les trottins et s'était 
fait une clientèle importante de 
vieux messieurs. » 

— BOITE A CIRE pour em- 
preintes. Buite de ou a Pandore. 

Sézig sort, quand il sa dérrîngue, 
L'a jacque, un làchard, un bibi, 
L'ncî boite à Pandore, un lingue, 
In bagaf et tout, le fourbi. 

(L. DE BCRCY.^ 

— BOITE A LETTRES PARTI- 
CULIÈRE. A/ou^eo//ff (de Mou- 

§cot, nom du sous-secrétaire 
*État qui en est Tinventeur). 

«« La mouoeolte^ dont il nous a été 
donné de voir le modèle, est élé- 
iiante et rendra certainemeut de 
grands services aux particuliers 
qui l'adopteront. » 

{Le Petit Journal.) 

— BOITE A ORDURES. Poubelle 
(du nom du préfet de la Seine 
qui rendit un arrêté y relatif 
en 188:)). 

Maiut'nant, qu y dis'nt, la TÎe est belle, 
Les pauvr's y n'ont pus grands besoins. 
Œt r fait est que d' puis qu'y sont loin 
iin'a pus qu' du vent dans \eun poubelUt.) 

(Jeuax Rictus.) 

^ BOITE A VERS pour la 
pt^che. CaloUée, 

M Le père Salin recueille les asticots 
dans des bottes de fer-blanc qu'on 
nomme calottées. » 

(Privât d'Axgiemoxt.) 

KOITER. Appeler au feu, Béquil- 
1er y Paire cinq et trois font huit. 
Tortiller. 

Faut la guigner, le long de la lansquine, 
Béguillant du bid', tortillant du figne ! 
La quiir de droit', qui va toute' qu'y a d'dif, 
Semble jacter : « Au rif! 
<• Au rif! au rif! • 



Tandis que la gauche ^ bonit : 
« Viens-y, viens-y, viens-y I » 

Et qu', par iderriér', le lézéiu 
Souffle dessus. 
(Traduction argotique de la Boiteute,) 

BOITEUX. Banban, Béquillard, 
Béquilleur, Béquillcuœ, Bogingue, 
Cinq et trois font huit. Jambe de 
laine, Patte folle, Tortillard. 

H Faut pas s* fier à c* qu'il est jambe 
de laine, V sait tout d' même se 
donner ça! » 

« L' Matelot qui s'est fait arnaquer 
au Tonkin par les paius d'épice est 
rev'nu patte folle et fait cinq et trois 
font huit : il appelle tout ï temps 
au feu, » 

— BOITEUSE. Bonbon, Gambil- 
lotte. 

BOMBANCE. Bombe (apoc.)» Gobe- 
lotage, Gobichonnage. 

— FAIRE BOMBANCE. Faire la 
bombe. 

BOX. Altèque *, Aux oignes ou Aux 
petits ogîions, Aux pommes, Aux 
truffes, Bath ou Batif, Bono, 
Channe , Chendtre * , Chenu , 
Chouette, Chouetto, De la chocotte 
ou choquotte, Gourd *,Gours*, Rup, 
Bupin, Schbeb, Schnuc, Schpill, 
Snoboye, Urf. V. Beau, Bien. 

— EXCESSIVEMENT BON. Aux 

oiseaux, De derrière les fagots. 

(( Je vais vous préparer un déjeuner 

aux petits oignons, vous mVn direz 

des nouvelles. » 

{Le Pilori.) 

« — A la vôtre, mon capitaine... 
— Bono\ déclara Hurluret, en suçant 
le retour de ses fortes moustaches. « 

(G. COORTIUMC.) 

Deui glass's d'eau d'af ! Et d* la jaune ! 

C'est schpill et ehaunel 
Nous en grattons pour le fil : 

C'est ehaune et schpill. 
Sur le trime on pass' la noyé ; 

Faut du snoboyel 

(L. DE Bebct.) 

(( En ce pasquelin de Berry, on m*a 



BON 



65 — 



BOR 



rouscaillé que tnicher étoit che- 

nastre*. » 

[Le Jargon.) 

En reveDanl de Dijon 
La boite ziguezigue, la belle zigiie zon, 
Je renrootre une fontaine, 
Zigu' zoo zigu' zon zaine, 
Je rencontre une fontaine, 
Aux oiseaux ! 

(Vieille chanson.) 

• Chaque fois qu'il s'apprête à sortir 
un de ses nideux a-peu-pn^s, il 
prévient son auditoire : « Ah! en 
voici un de derri&e Us fagots 1 » 

(B. Duous.) 

— BON GARÇON. Bon fieu. 
V. Bienfaisant. 

BOXAPARTISTE. Badingdteiix, 
Badingouin, Badingue, Badin- 
gueulard, Badingueusard, Badin- 
guisle, • hnpérialeux, Impérialo. 
V. Napoléon. 

BOXHEUR. Veine. 

BOXI. Babiot, V. Bénéfice. 

BOXJOUR. Bon luisant. Bonne 
luviardey Chenu reluit, 

BOXXE. (Domestique). Bobonne, 
Bonniche. 

« Faut qu' la bonniche plume avec 
môssieu, sans quoi on la jette. » 

Sur la route de Narbonne, 

Bras dessus, bras dessous. 
S'en allaient deux tourluurous, 

Arec un' petit' bobonne, 

(Ed. Teulet.) 

BOXNET. Aubion \ Loubion, Mir- 
quin *. 

« 11 fautigo avoir le loubion en poigne 
pour leur jacter. » 

(Labchcy, d'après Rabasse.) 

— BONNET DE COTON. Cosque 
à mèche, Eieignoir. 

« 11 vint ouvrir en caleçon, encore 
coiffé de son éteignoir, » 

{La Gaudriole,) 

BONNETIER. Bonnet de coton, 
Bonneton, Loubionnier, Pâturai, 

BONSOIR. Bonne ou chenue sorgue 
ou 8ome^ 



BORDEL. Abbaye de s'offre à tous. 
Atelier, Bazar, Bac, Bocard, Boc- 
card, Bocson, Boxon, Botte à gon- 
zeases, à grues, à pantes ou à 
pantres, Boucan*, Bouic, Bout- 
bonis, Bouis, Bousin, Bousingot, 
Brick, Carreaux brouillés, Clac, 
Clapier, Claque, Claquebosse, Cla- 
quedent, Claquemart, Chez la 
mère, Chez ces dames, Couvent, 
Gauledouze yGros numéro. Magasin , 
Magasin de blanc, de fesses. Mai- 
son, Maison bancale, Maison close. 
Maison fermée. Maison Tellier, 
Tôle ou Tôle, Volets verts. On 
désigne encore un bordel en le 
nommant par son numéro, par 
le nom de la rue où il est situé, 
par celui de la tenancière ou 
celui d'une enseigne disparue 
ou supposée : Le 406, Chez la 
baronne, Chez Jeanne, Chez la 
Farcy, Le Chabanais, Le Joubert, 
La Botte de paille, etc. 

« Quelques argotistes appellent le 
lupanar ; Aboaye de s'offre à tous ; 
à mon avis, cette locution ne dé- 
signe que la fille de bas étage qui 
est, si on veut, un lupanar ambu^ 
tant, mais qui ne saurait jouir de 
la méine tolérance que les maisons 
closes, objet de toute la sollicitude 
de Dame Police. » 

(J. PlAXEI.LI.) 

« Il l'avait mise en atelier dans un 
bazar de Vincenncs où fréquentent 
les artilleurs. » 

{L'Événement Parisien.) 

Fuis il a fait de sa roulotte 
Un petit bocard ambulant. 

(Bl^dort.) 

Une troupe de marocains 
Dans un boxon était en rnt. 

(Max Myï^o.) 

Et, la pommette moirée 
De couperose, il s'en ra 
Finir gainient sa soirée 
Au bouic de la Génova. 

Vifc le flac, 
Qu'il TÎenn' d'un gibier qui trimarde 
Ou ben encor d'un' mômignarde 

Qui marne en ctacl 

(L. DE Bercy.) 

5 



BOR 



— 6C — 



BOS 



M'siea Bérenger! Faurait qu'on fasse 
Des claqu^-dentt pour les animaux 1 

(JbBAN KlCTDB.) 

C'est Duhamel qui reçoit i la porte; 
Et celui-là sait tenir un' maison ! 

(Chansons du Chat Noir.) 

« 11 demanda au cocher de le con- 
duire dans une maison fermée- » 

(GOROM.) 

« Quelques-unes de ces brasseries 
où servent des filles vaguement 
vêtues de défroques carnavalesques 
sont de véritables maisons Tellier. »• 

« On allait guincher à Auteuil, chez 
Bonelli, 1' lundi avec les gonzesses 
de tôle en sortie. » 

... Faut qu' ça finisse!... 
L* ministère on va te 1' vider, 
Moi, j' veux l'iatcrpelier i' minis^e... 
L'n d' CCS jours... ei' toux lui d'mander 
S'i' s' fout d' la KepuMiqu' Franç.iiî»e !.. 

L'n' deux!... J' m'en vas, en attendant, 
Boire un coup au OG, 
A la santé du Préfiiient! 
A. B. Les Souloloqitet d Honoré Conttant.) 

'< — Eh bieni vous plaisez-vous dans 
votre détachement? 

— Médiocrement, mon colonel. 

— Ck)mment? Jolie petite ville, belle 
campagne, superbes promenades, 
la mer... 

— Ça mangue de claque-bosse \,.. » 

{Les Gaietés du régiment.) 

« J'ai rhonneur de vous prier, mon- 
sieur le préfet, de ne pas confondre 
rétablissement (|ue je veux monter 
avec ceux déjà existants dans la 
capitale, avec ces mauvais clapiers 
dont la situation, la malpropreté 
et l'espèce de feuinies qui les nabi- 
tent, sont faites pour écarter tous 
les honnêtes gens, ainsi que le peu 
de sûreté qu'on y trouve, tant indi- 
viduelle (]ue pour la santé, parce 
qu'on n'y trouve ({ue la lie des 
femmes qui fréquentent sans choix 
et indistinctement toutes les classes 
d'hommes qui osent les aborder. *» 

{Lettre d'une dame de mniaon au préfet 

de police.) 

La belle Victoire, après une vie de 
bâtons de chaise, ayant hérité 
d^une vieille tante dévote, se mit à 
tenir un magasin de fesses dans un 



quartier discret fréquenté par do 
pieux personnages. 

{Les Propoê au Commandeur.) 

« Désirant une maîtresse, il allait se 
galvauder dans les magasins de 
olanc du quartier Montrouge. » 

(HuYSMAMt.) 

— BORDEL CLANDESTIN. Mat 

son de passe. 

'< Eh quoi ! une malheureuse que a 
faim, la misère poussent sur le 
trottoir est exposée, à chaque mi- 
nute, à ^tre ramassée dans une de 
ces rafles qui, de temps à autre, 
soulèvent de dégoût le cœur de 
Paris, et, dans ces lupanars auto- 
risés, où la gargote du jour sa 
transforme la nuit en maison 
de tolérance, à moins que ce ne 
soit — pis encore 1 — en maison 
(le passe^ la police laisse, sous son 
œil bienveillant, avec la fameuse 
permission de 3 heures du matin, 
sp pratiquer le marchandage de 
chair humaine le plus éhonté. le 
plus révoltant qui se puisse imagi- 
ner. » 

{La Nation.) 

BORGXE. Boiteux d*un châsse^ 
Borgniat, Caliborgne, Calibor- 
gnorif Calorgne, Carreau à la 
manque J Châsse à la noiXy Guigne 
à droite ou à gauche (suivant 
le cas), Lorgne, Lorgnoty Tape-à- 
VœiL La plupart de ces expres- 
sions sappliquent également 
aux personnes atteintes de stra- 
bisme. 

(( r s'est fait crever un châsse en 
s' cognant avec la rousse et, main- 
tenant, les poteaux y ont donné un 
nouveau sobre, vu qu'il estcyclope. 
Ts rappellent l* LorgnoL i> 

BOSSE. Armoire à glace, Bombey 
Cage, Caillou, C loque ^ Durillon, 
Fromage,Grain de beauté, Gruyère, 
Mont'Dore et généralement tous 
les noms de fromages. 

Moi, j' Teiix épouser un* bosco. 
Comm' ça, si avant, i' n'y a qu' la plac«| 
J'y dirai : m Laiss'-moi, mon coco, 
«< H'otcuper su' l'armoire à glace. » 



BOS 



— 67 — 



BOU 



« r l'a charriée dans les grands prix : 
— Quéqu* t'as su* l'râpe ? qu'i' y a 
dit, un mont-doret un caillotil un' 
cage ou un durillon ? Ah ! niinc^ de 
grain de beauté ! » 

«c A Ta avoir un salé. Allume la 
cloque qu^alle a su* 1' bide. » 

BOSSU. Bobosse, Bombéy Bosco 
(invar.), Boscot, Bosscmary Bou- 
lendos, Gob, Gobin^ La cloque, La- 
gardèrCy Mayeux, 

« A cause de sa gibbosité, ses petits 
camarades ne rappelaient plus que 
bobosse. u 

(E. Dlhl's.) 

« L* bombé est pins maraud : i' va 
dans les marchés et fait toucher 
son caillou pour deux ronds aux 
mercandiëres, qui disent que ça 
porte bonheur. » 

« — Hé, la Boscotte, cours pas si vite, 
tu vas la laisser tomber en route. » 

(G. Maldagnb.) 

K — Tiens, v'ià ÎMgardere qui passe : 
allume Quasimodo!... C'mment 
qu*ça t'va, la cloque!... Dis donc, 
hé! loin-du-ciel, c* quTs sont tous 
mayeux dans ta famille ? » 

BOSSUER. Crabosser. V. Abîmer. 

BOTTE. iChaussure). Bobelin, 
Pompe, Schtibe, Tinette, Trottine. 

« 11 avait une paire de bob'lins qu'un 
fourgue du Carreau y avait laissé 
pour deux points; on aurait dit des 
schtibes d'égoutier. » 

— BOTTE DE PAILLE. Paquet 
de plume de trois ou sijc pieds. 
V. f aiUe. 

BOTTINE. Bobelin, Latte, Lattine, 
Trottine, Ti^ottinette, 

« J' m*ai payé un doulosse à la mode 
et eun' paire de lattines vernies 
épatantes. » 

J'en connais des tas... des peinards 
Qui s* font casquer par leur lesborabe 
Des trottineiV et des Touil'nards, 
Au lieur que moi faut nue i' me bombe. 

(A. B.) 

BOUCHE. Affamée, Angouléme % 
Bec, Bécot, Boccabelle, Boiter 



Caisse d'épargne, Cassolette, Col- 
lecteur, Ègout, Évier, Fente, Gaffe*, 
Gargarousse, Gargoine, Gargotte, 
Gargoiianne, Gargouenne, Gar- 
goulette, Gargue, Gobeuse, Goin- 
frette. Goule, Goulot, Groin, 
Gueule, Gueulette, Malle ^ Mar- 
mouse", Mornas \ Mornée *, Afor- 
nos *, Pantière *, Pantière à 
miettes *, Pertuis, Plomb, Porte- 
pipe, Poubelle, kcspirante. Rue 
au pain, Salle à manger. Tirelire, 
Trou. 

« V déclare tout Ttemps, un boyau 
d* vide et Va/famée ouverte. » 

Son nez est une miniature 
Kt 9on bécot est si petit 
Qu'on se dit que Dame Nature 
Dût lui défendre l'appélit. 

(L. DB BncY.) 

Donn' ta boccaheW, ma cocotte. 
Donne à ton p'tit homni '; qu'i' t' bécotte! 
Donn' z-y ta l)eU' j^ueu/eZ/e en or; 
Donn' là, ma môme... Ëiicor... encor! 

(BlAdort.) 

D'un' Toilure un' voix m' cri' : •» Ferme 
Ta boUe, eh! paquet!... 

(ËcG. LiMucm.) 

u C qu'i' bouffe I c' qu'i* s'en file dans 
la caisse d'épargne... que garguel » 

(• Madame est fine gueule : a mange 
pas d'ail, aile a 1' flube d' plomber 
d' la cassolette, » 

«< — Alors, je vous permettrai de 
foutre votre grain de sel dans la 
discussion ; jusque-là fermez votre 
égout. » 

{Le Pire Peinard.) 

Aussi, bon Dieu! j' me plaindrais pas 
Si j'avais d' quoi m' boucher la fente^ 
A Mazas. 

(A. B.) 

Eb ben ! oui, j' suis bu. El puis, quoi? 
{}u6 ail TOUS voulez, messieurs d' la rousse 
Est-c que vous n'aimez pas comm* moi 
A TOUS rincer la gargarousse t 

(J. UicHBPin.) 

La vieille a dit : Prenez donc, les gas 
Soûle, soûle. 
Rincez-vous la goule-, 
La Tieille a dit : Prenez donc, les gas, 
Tout l'argent que j'ai dans mon bas. 

(iD.) 



BOU 



— 68 



BOU 



« r n* peut pus bouffer que d^ la 
bouillie et a la panade : i' n'a pus 
d' tabourets dans la gargoUe. » 

« — Mais, ferme donc ta malle ! mais, 
vas'tu la fermer un peu, tonnallet » 

((j. GODKTILIKR.) 

Et tool Ta — oue je poiise ou truche — 
Grinfçue de huche ou pue en cruche 
De la marmoute * au lézélu, 
Mariuro, lonfa, tureln. 

(L. Di Berct.) 

« Toujours à ouvrir son plomb l — Tu 
ne sens donc pas que ton pertuis 
emboucane? » 

[La Bavarde.) 

t Si je lui payais la goutte, car il 
aime furieusement à se rincer le 

porte-pipe. » 

(Vidai..) 

n A Serait gironde si qu^elle aurait pas 
un ch&sse à la manque et deux 
tabourets de moins dans la salle à 
manger ; avec ça, a gazouille de la 
reapirante^ que c'est un vrai prin- 
temps. » 

« — Colle-toi c'tte soupe-là dans la 
tirelirel tu m'en diras des nou- 
velles, n 

— On dit aussi Trou à pommes 
de teire, Trou à légumes, 
Pertuvi àpairij ainsi que les 
mots désignant plus spécia- 
lement la Gorge ou la Mâ- 
choire. 

— GRAIVDE BOUCHE. Coup de 
sabre. Gueule de raie. Placard. 

^ BOUCHE PATEUSE à la suite 
de libations. Gueule de bois. 

Oui, j* me suis soûlé comme un veau... 

J'étais plein... rond comme un' barrique! 

Bon Dieu! j' boirais ben un verr' d'eau, 

J'ai la fTueui' sec comme un coup d' Irique. 
Ah ! c'est épatant c' qu'on boit, 
Ouand on a la gueul de bois. 
(A. B. Les Souloloques d Honoré Constant.) 

BOUCHÉE. Mornée \ 

BOUCHER. Barhaquier, Chevil- 
lard, Crignolier *, Cnnolier *, 
Criollier*, Égorgeur, Fraudeur*, 
Loucherbem. V. Jargon. 



ff Nous allons barbotter la cambrioUe 
d'un garçon crinoUer*. >» 

(Camlih.) 

Et ^ Taut pas 1' coup... c'est d' la peau !.. 
Moi j' suis gonzesse d* loueherbéme. 
Un soir qu'a m' fra trop lierchèroc 
J'y fous mon vinet-deux dans la peau. 
' ^ (A. 60 

BOUCHERIE. Mornée*. 

BOUCHOX. Godiche, Gadin, Gali- 
fard. 

Faisons sauter d'une négresse 
Le gali fard ! Et toi, bougresse, 
T'en coque un au boue poilu ! 
Marluro, lonfa, turelu ! 

(L. DB BaacT.) 

« Ils passent leur matinée à jouer au 
gadin. » 

BOUCLE. Attache. V. Argent. 

— BOUCLE D'OREILLE. Bro- 

guille. Gourde *, Mirzale *, Pen- 
dante. 

« 11 avait fauché les pendantes à sa 
dabe pour les mettre au Planque. » 

BOUDER. Faire du boudin, Faire 
son aquilin, son blair, sa gueule, 
son nez, sa poire, Tuber. 

y sais ben pourquoi ta fais ta gueule 
C'est paç' que j' suis qu'un pa uv' charr'tier . 

(F. MtraAT.) 

BOUDIX. Vit de nègre. 

« M. Piquelard. voulez-vous, s'il vous 
plaît, nous donner deux sous de 
vit de nègre et une saucisse plate. » 

BOUDOIR. Foutoir (obscène). 

Dans son foutoir en satin crème. 
Par un beau soir, elle accorda 
A Jean la caresse suprême. 

BOUE. Bouillabaisse, Bouillie, Bous- 
caille, Confiture, Crème au choco- 
lat. Déflaque, Marmelade. 

M C'est de la poussiôre à vous aveu- 
gler ou une bouillie qui vous monte 
jusqu'aux chevilles ; il n'y a pas 
de milieu. » 

{Le Pilori.) 

Arrête, arrête, cocher I 
Ua femme est tombé' dans la marmelade. 

( Vieille chanson.) 



BOU 



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BOU 



BOUEUR. Boueux, Bouscailleur. 

BOUFFI. Bouffe-la-balle, Se dit 
é^^aleinent pour Goinfre et pour 
Naïf. 

BOUGE. Bagnole, Baraque, Boui- 
bouis, Bousingot, Cagnard *, Che- 
nil, Franc % Garou ", Pougois *, 
Pogois*, Tapis -franc *, Vain 
guelier \ V. Cabaret. 

BOUGER (x\E PAS). Faire sa 
dalle, 

BOUGIE. Ardente, Calbombe, Cal- 
bonde, Camouffe, Camoufle, Canne 
d'aveugle, Lallemande, Luisante, 

« — Étouffe V ardente, ya du trépe 
qui monte. » 

« Pour faire voir ses trucs d'ombres, 
il éteint toutes les calbombes. » 

« r s* met la camouffe toute allumée 
dans r prose el faut qu' celui qui 
s'y colle l'éteigne en courant après 
autour de la carrée. » 

« — Mets ta canne (V aveugle dans la 
sourdoche et file-moi le suc de 
pomme. » 

« — Allume Vnllemande, on n' voit 
qu* pouic dans la condition ! en- 
tends-tu? éclaire la luisante, que 
y le dis! n 

BOUILLIR. Marmouser\ 

Et croulerons sa jaffle aux romes 
Qai marmouie * ea le marmouset. 

(L. DE Bbbcy.) 

BOUILLON. V. Soape. 

^ MAUVAIS BOUILLON. Bouil- 
lon aveugle. 

Et, dans le fond, un autre meugle 
Qa'on lui sert un bouillon aveugle 
Avec, comme tiaudc, un sous-picd. 

— BOUILLON ET BOEUF. Ordi- 
naire. Dans l'arg. des polytech- 
niciens, Gras-bœuf. 

« 11 vient de s'ouvrir une nouvelle 
gargote où ïordinaire est à sept 
sous. » 

BOUILLONNER. V. BoaiUir. 



BOULANGER. Jocko, Lartonnier 

« Le jocko était un pain long, appelé 
ainsi du nom d'un singe qui fit 
fureur à Paris vers 1824 et pour 
qui, paratt-il, on imagina cette 
forme de pain à cause de la croûte 

au'affectionnait ce quadrumane ; 
'où Ton appela pendant quelque 
temps les boulangers jockos. » 

(HECToa Franck.) 

La lartonnière a des radis 

Qui ne lui roûtcot gninte 
Je les ai rrimés, je vous 1' dis... 

{Traduction argotique.) 

BOULANGERIE. Boulange. 

BOULEDOGUE. Boule. 

« r fsait enrager 1' boute au lou- 
cherbème qui l'a chauffé aux jac- 
quots et qui y en a enPvé un 
morceau. »> 

BOULEVARD. Banc, Banc de 
Teire-iSeuve, Boni, Estrade. 

« Quand on s'ennuie, on dit : Viens 
tu au banc faire un tour? • 

{Le Sublime.) 

c< Le Banc de Terre-Neuve est la par- 
tic des boulevards comprise entre 
la Madeleine et la porte Saint- 
Denis; allusion aux u morues » 
qu'on y va pêcher. » 

(L. Labcuby.) 

Eu faisant nos gambades, 
In grand messièn; franc, 
Voulant faire parade, 
Sort un bogue d'orient. 
Après la gambriade. 
Le filant sur l'estrade^ 
l>'csbrouf je l'estourbis. 

{Chanson argotique de fSSO.) 

BOULEVERSEMENT. Cham- 
hard. Chambardement. 

«( En réalité, le chambard aue les 
socialos rivent se borne à cnanger 
les étiquettes, à recrépir la façade 
et autres fumisteries du même 
blot. Avec eux, au lieu d'être 
exploités par un patron, on le 
serait par l'État... au lieu de tou- 
cher notre paye en pièces de cent 
sous, on nous la cracherait en bil- 
lets de banque baptisés « bons de 
travail. » 

{Almanaeh du Père Peinard, 1894.) 



BOU 



— 70 — 



BOU 



H Sur nos débris, d*autres races sur^ 
giront, qui ne comprendront ni 
notre histoire, ni nos mœurs, ni 
nos sottises, ni nos crimes. Table 
rase! Le jour du grand chambar- 
dement est proche. Les bruits pré- 
curseurs des tempêtes s'élèvent de 
toutes parts. » 

(IIectoh Frakcb.) 

BOULE VERSEn . Chambarder , 
Chamberter. 

u En rentrant, a n'en pouvait pus 
parler ; tu penses si ça l'avait cham- 
hardée d'avoir coupé à la rafle. » 

« Il a chamberté toute la tôle et ba- 
lancé la cuvette par la fenêtre. ^ 

BOUQUET. Pleurant. 

BOURDOX. Fille galante. 

BOURG. Bourgeois % Vergne. 
V. ViUe. 

BOURGEOIS. Les expressions 
sont multiples pour désigner un 
bourgeois et diffèrent selon l'état 
ou la qualité de qui s'en sert; 
elles sont toujours empreintes 
de mépris ou de moquerie. L ar- 
tiste ait Épicier, Mercier j Philis- 
tin, V. Ajrriéré; Thomme de 
lettres, HomaiSj Prudhomme; la 
petite dame. Monsieur, Monsieur 
bien, Type ; le souteneur, le 
bandit, Bîffard, Pante, Pantre ; 
le troupier, Amateur, Particulier, 
Pékin, Pétrousquin; enfin, Tanar- 
chiste dit Garé, Jouisseur, Repu. 

« Il m'a pourtant toujours semblé à 
moi, que cette propagande ne pou- 
vait avoir d'effet que dans un 
monde où les principes de la Révo- 
lution eux-mêmes ne sont rien, et 
dès lors, de quoi peuvent bien s'in- 
quiéter les farouches Uomais de 
celui-ci? • 

(Alixa.^dib Hbpp.) 

<( Une amie lui proposa de l'emme- 
ner à un diner, un grand dîner 
donné par des messieurs bien, et 
elle accepta. » 

(SiVBBIIIB.) 



« Figurez-vous qu'un type s'est toqué 
d'elle. >» 

(J. MàBNI.) 

Du biffard étouflons le pèze!... 
Et s'il veut cribler, on rapaisc. 

(L. DE Bercy.) 

« S'il ne s'agissait que de refroidir 
MTL pante et une couple de largues, 
il nous aurait emmenés, pour sûr. *» 

(P. MàHALIR.) 

a C que c'est encore que c' particu- 
/ter- là ? Sommes pas des pékins, 
ici, mon garçon?... Pas au r'giment 
pour faire Vamaleur; tendez? scron- 

gnieugneu! » 

(Ch. LiaoY.) 

ÉcrasoQs sur les parés 
Les richards et les gavéi. 

(J. RicaiPiii.) 

Tous ceux-là qui tenaient le faîte : 
Le corrupteur, le corrompu, 
Le jouisseur et le repu ; 
Tous aujourd'hui sont de la fête. 

(Blédobt.) 

BOURGEOISE. Dabuche, Dabuge. 
BOURGEOISEMENT. A la papa, 

il est des excès que l'ou ose : 
11 ne faut uas qu on s'ankylose 
A faire à la papa la chose... 

(L. oB Bbrcy.) 

BOURRADE. Renfoncement, Trim- 
ballement. 

(C II a reçu un fameux renfoncement. 
J'^ ai nié un trimballement de pre- 
mière dans l'estome. j» 

BOURRÉ de nourriture. Gave, 
Gavé, Gaviole. 

« Pourvu que les portes du bagne ne 
soient pas encore ouvertes quand 
nousarriverons!...etque les forçats 
ne Boieut pas déjà gavésl... » 

(0. HiaBiàD.) 

BOURREAU. Abbé de Cinq- 
Pierres, Abbé de Monte-à-regret, 
Accordeur de la camarde, Ari- 
coteur *, Beau- fils *, Brimard *, 
Buteur, Chariot, Cocu delà Veuve, 
Coupe - toujours, Embourcux *, 
Faucheur, Marieux*, Mec de la 
Catnarde, Mec des gerbiers. Per- 
ruquier de la Sérieuse^ Roastre *, 
Tôlart", TôU\ 



BOU 



— 71 — 



BOU 



« — Et pis auoi? j'irai à coaiberge à 
Vabbé de iing- Pierres ! » 

{Le Crime de la rue Pierre- Leroux.) 

L'accordeur de la Camarde 
Te coupera le sifflet. 

La Tulipe Tovant la sienne 
Montée en belle et bonne chienne 
Eût mieux aimo voir un «erpeut. 
Ou le beau-fils * qui rompt et (lend 
Ceux qui point dans leur lit ne meurent. 

(Vaué.) 

Nous faudra aller 5ur la butte 
Porter notre (joire à Chariot. 

{SIémoires de Goron.i 

Pas ne gravait oinguons peller 
Dont Vemboureux * lui lomnt le suc. 
(Fbançoi» Villon.) 

Goualons et faisons-nous du lard '. 
VîTent la godaille et la tronche ! 
... Peut-être qu'un jour au tôlard * 
11 faudra coquer notre tronche. 

(L. DE Bercy.) 

« Cette sacrée machine qui se pro- 
mène à travers nos départements 
(je l'ai vue en Corse) montée comme 
une automobile par le père Coupe- 
Toujours^ raccourcit bien des torses 
et tranche bien des fils de vie. » 

(E. Beagebat.) 

« — Si je le laisse dehors, pensa l'as- 
sassin, il va ameuter les environs... 
des gendarmes faisant leur ronde 
peuvent passer, et ils s'informe- 
ront... et alors care au perruquier 
de la sérieuse.,. Non! je ne me lais- 
serai pas comme ça rafraîchir les 
douilles. » 

(Edmond LspELLrnKB.) 

— BOURREAU DE H ART. Bé- 

QuiUard*^ Béquilteur*. V. Pen- 
dre. 

— BOURREAU DE BAGNE. 

Boye*, Toc. 

<( Es autres la crainte de mort do- 
mina sus telle honte. Iceux, avoir 
à belles dents tiré la figue, la mons- 
troient au àoye*^ apertement, di- 
sans : Ecco lo fico. » 

(Rabelais, L. IV, ch. xlv.) 

— BOURREAU QUI N'E8T PAS 
FILS DE BOURREAU. Bince, 
Bingre^ Bingue, 

Et pendant que V bingue V s'apprête 
A poter son doigt tu* l* boHt^», 



1/ marie i* dit en passant sa tête ; 
V'ià Mouificur 1' bon ! 

(A. B.) 

— AIDE-IIOURREAU. Mécani- 
cien, Pholographe, Soubrette à 
Chariot. 

« Parait qu'avant qu' les soubrettes à 
Chariot ayent eu l' temps de V bas- 
culer su' la Louisette, il a dit au 
revoir à la tierce. » 

'< Pour moi, tu s'rais-t-y V marie des 
maries, l* costeau des costeaux, du 
coup que V photographe t'a agriché 
par les es«,H)urdes pour te coller 
r klki dans la lunette, tu dois d'jà 
avoir eT raisiné llgé. »• 

BOLHHEK d'aliments. Empaffer, 
Empiffrer, Gaver, Truffer. Ces 
verbes s'oniploient plus spécia- 
lement sous la forme réfléchie. 

M Nous allons à la (^ourtille nous four- 
rer du vin sous le nez, quand nous 
sommes bien empaffés. » 

(Vidal.) 

On a guinch<^ chez les comtesses, 
Ou s'a empiffré aux buffets. 

(Jehan Kictds.) 

Lui qui gavait pus d' cinq mille hommes 
A\ec trois pains et sept poissons. 

u Ils s'étaient tellement gavés qu'ils 
s'endormirent tous trois sous la 
table. *» 

BOURSE. Artichaut, Artiche, Bou- 
chon *, Bougette, Bouline, Cra- 
paud, Crépine, Esquipot", Filoche, 
Hane*, Morlingue, Pelote, Plotte, 
Pouchon, Bat, Redin, Réduit *, 

tt 11 avait un cent de linvés dans sa 
poche et vous y avez secoué ïar- 
tiche. » 

(0. MlTÉRIEB.) 

Ou d'air pur tu te rempliras 
Si dans ton crapaud y a pas gras. 
{Litanies du cavalier.) 

et La plupart des bourses des campa- 

Snards sont en cuir, d'où crépine, 
érivanl naturellement du travail- 
leur en cuir, c'est-à-dire du « cré- 
pin. » 

(HECTOR FlUBCf.) 



BOU 



— 72 — 



BOU 



a — Si ta filoche est à jeun... » 

(E. Sue.) 

« Pendant que l'vieux mettait ses 
trottinettes à la porte, la m^me lui 
avait chaulTé son moriingue dans la 
fouillouse de son alpague. » 

(A. B.) 

— BOURSE SECRÈTE que les 

condamnés portent à même la 
peau. Mahomet, 

BOURSE (LA). Fourmilion au 
beurre, V. Marché. 

— JOUER A LA BOURSE. Bat- 
tre le beurre, 

— QUI JOUE A LA BOURSE. 

Boursicoteur, 

BOUSCULADE. Chahut, Cham- 
bard, V. Bagarre. 

BOUSCULER. Chahuter, Cham- 
barder, Chamberter, Dinyuer, Sa- 
bouler. 

« —Ne me chahute pas, je ne suis pas 
dans mon assiette. » 

« — Qui est-ce qui est encore venu 
ehamberter mes paperasses? » 

u Ils trouvent très amusant de visiter 
les brasseries sans rien consommer 
et de tout y chambarder, » 

BOUT. Loubê, V. Jargon. 

« — Passe-moi un huhé d* lapierpem 
pour m^essuyer le foiron. n 

^ BOUT DE CIGARE ou DE 
CIGARETTE. Mégot, Orphelin, 

Près des théâtres, dans lea gares, 
Ëatre les arpions de^ seryotg, 
C'est moi que j' cueill' les bouts d' cigares, 
Les culots d' pipe et les mégot». 

(J. KlCHBPltl.) 

— BOUT DE PAIN. Chignon, 

y suis ben partout. Ej* me contente 
D'un chignon iï pain à chaqu' repas. 

(A. B.) 

— JUSQU'AU BOUT. Jusqu*à la 
garde ^ Jusqu'à la gauche, Jus- 
qu'à plus soif, 

u — Vous serez consigné jusqu'à la 
gauche \.„ C'était son mot ce ti Jus- 



qu'à la gauche », une expression 
de caserne qui ne signifie pas 
grand'chose, mais personnifie Téter- 
nité. » 

(G. CoOaTBLIMI.) 

BOUTE-EX-TRAL\ . Folichon- 
neur, Rigolo, 

a II est toujours en train, c't animal- 
là, c'est un rigolo comme y en a 
pas deux. » 

BOUTEILLE. Chandelle, Chôlette, 
Demoiselle, Fille, Flatteuse, Gou- 
lotte. Grande fille, Lampion, 

Viens, je te paye une chandelle 
Dans les bosquets de Ramponneau. 
{Vieille chanson.) 

« Y a pu' d'huile dans le lampion, dit 
Boizamort. » 

(LàOlMlR.) 

L'avaloir trayaillait ; on jouait des fourchettes 
Surtout ou pitauchait. Plus de doute ehôlettei 
D'un petit tortu blanc des plus délicieux... 

(PaOTàT.) 

— BOUTEILLE DE VIN BLANC. 

Blonde, Dame blanche. 

« — Une dame blanche, dit Gugusse 
au patron !... Et du meilleur ! 

(Catailu.) 

^BOUTEILLE DE VIN CACHE- 
TÉE. Bouchon, 

« — D'un vieux bouchon mouillons- 
nous le cornet. » 

— BOUTEILLE DE VIN ROUGE. 

Aubergine, Betterave, Is'égresse, 
Pivoine, 

« — Une aubergine par ici, nous cre- 
vons de soifl » 

Moi, c'est du rouge! A la cave 
Dégringole sans tarder 
Et remonte une bett'rave, 

a Encore une négresse qui avait la 
ffueule cassée. » 

(E. Zola.) 



(( 



— Allons, séchons encore une 
pivoine avant d'aller nous coucher. » 

— BOUTEILLE DE VIN VIEUX. 

Rouillarde, Houille, 

Gy, marpaux, gy. noua reraouchons 
Tes rouillarde» et la criole 



BOU 



73 — 



BRA 



Qui parfame U cambriole. 
Ho I salivergoes et bouchons . 

(J. RiCUBPIN.) 

-^ DEMI-BOUTEILLE. Demie^ 
Fillette, Petite fiile, 

Ej' vas m' payer eun* demi d' vieux, 
Ça me r'meltra Y cœur à sa place. 

(A. B.) 

Si j' troUTe encore ua roastroquet 
D'oQTert, je m' paye euu' petit' fille. 

(Id.) 

^PETITE BOUTEILLE spécia- 
lement destinée à aller cher- 
cher de l'alcool. Trotteuse. 

« Toute la journée, on la rencontrait 
cachant sous son caraco la trotteuse 
dans laquelle elle se faisait servir 
six sous de goutte. » 

— BOUTEILLE VIDE. Cadavre. 

« A Taube, il se retrouva couché sous 
la table du petit salon au milieu 
d*un nombre incalculable de ca- 
davres. » 

{Paris la nuit.) 

BOUTIQUE. Boucardj Boutanche, 
Boutange^ Bouterne^ Boutoche^ 
Boutogue^ Boutoquey Piaule, Plan- 
que. Tôle. 

Un seul sentiment Tanim'ra, 
Celui de griiichir gourdemeot : 
Jome et «orgue lu poisseras 
Boucart et baite chenument. 

(VlDOCQ.) 

Qui sont ces pègres-là ? 
Des çriochisfeurs de bogues 
Esquinteurs de boulogues ; 
Lea conobres-tu pas? 

{Vieille ehamon d'argot.) 

m On Ta fabriqué pour fric-frac d'une 
boutanche de lartonnier. » 

— BOUTIQUE DE RECELEUR. 

Fouraillis, Moulin, 

J'enflaque sa limace, 

Son bogue, ses frusques, ses passes, 

Et fus au fouraillis, 

{Chanson argotique de iSfO.) 

— BOUTIQUE FORAINE. Lan- 
diere, 

BOUTIQUIER. Boucardier, Siam. 
« La tôle était bath à faire, le bou- 



cardier et sa marque étaient partis 
à la cambrouse. » 

BOUTOX. Rondin. 

— BOUTON DE CULOTTE. 

Loque. 

— Tumeur. Bonbon, Bourgeon, 
Jutant j Meringue. V. Âbcôs. 

— A la lèvre. Babouin, 

BOUTOXNEK. Bondiner. 

H — Tu sais, mon homme, rondine 
ton alpague ; il fait friôt ce soir. » 

BOUTONNIÈRE. Perlotte (arg. 
des tailleurs). 

BOUVIER. Traîne-cocus. 

« Le jour du grand marché, les traîne- 
cocus encombrent les bistrots de la 
rue d'Allemagne. » 

BRACELET. Tire-mirettes. 

t Ah! la sœur! a f'sait l'ser au ténor 
tell'ment qu' tous les brocants du 
lustre regiclaient de son tire-mi- 
relies. » 

BRACONNIER. Braco. 

« C'est pas qui' soit feignant, mais il 
est braco dans l'âme. » 

BRAGUETTE. Boutique, Fenêtre, 
Tabernacle. 

« Il était entré en scène, sa boutique 
déboutonnée. » 

« Fermez le tabernacle, l'oiseau va 
s'envoler. » 

BRAILLARD. Gueule d'empeigne. 
BRAILLER. Cribler. V. Crier. 

BRANCARD. Jambe. 

« En s' pelant, le gaille a cassé une 
des jambes de la chignole. » 

BRANLE-BAS. V. Boaleverse- 
ment. 

BRAS. Abati, Abatti, Aile, Aile- 
ron. Anse, Ballant, Demi-aune, 
Liant, Nageoire. 



BRA 



— 74 — 



BRI 



Er travail... c'est ça qui nous crève, 
Mém' les ceui qu'est les mieux bâtis, 
V*ià porquoi que j* m'ai mis en grève... 
Respec' aux abattis. 

(A. B.) 

« — Appuie-toi sur raon atVe, et en 
route pour Châtellerault ! » 

(E. Ladicbe.) 

« — Offre ton anse à madème ! » 

« Rester toute la journaille, la demi- 
aune tendue, à la porte d'une ra- 
tiche, ça m'irait pas. » 

« — Regarde-moi ça! si i' crosse avec 
ses nageoires écartées ! » 

BRAVE. Altéque% D'attaque, Gar- 
çon, Gars, Gas, Homme, Mâle, 
Poilu f Qui a des c.Mes ou du poil 
au cul (obscène), Qui en a, Qui 
est là, Qui n'a pas froid aux 
châsses, aux mires, aux yeux, 
Zigue. 

« — T'y fie pas, i* n'est pas épais, 
mais il est mâle : il en a, » 

Les voici les iconoclastes, 
Les bon» poilus audacieux. 

(L. DE Bercy.) 

C'est nous les joyeux, 
Les petits joyeux. 
Les petits marlous qui n'ont pas froid aux yeux ! 

(A. B.) 

BRAVO! int. Bath ! Chic! 
Chouette! Chouetto ! Gigot !Mouth ! 
Vrf! 

tt — Mets-y-en un coup dans la tire- 
lire ! Là ! touché, gigot ! » 

BRAVO, subs. Foin, Tabac, Zinc, 
V. Applaudissement. 

BRAVOURE. Couille, Couilles, 
Poil, Santé. 

Oo sait bien qu'i' n'y a q' les fripouilles. 
O'vant r danger, pour avoir d^s couilles. 

{V. Paillette.) 

a Comme j'étais fatij2[ué, je me tenais 
mal. Thérèse, qui allait et venait, 
me redressa le menton d^une taloche 
amicale, en disant : 

:— Du poil, vpyons petit, iixpoil] 



Puis elle reprit le fleuret et se mit 
en garde a ma place. >* 

(J. RicaepiH.) 

BREDOUILLE. Carton. 

« Hier, a r'montait carton : a n'avedt 
môme pas dégoté eune poire pour 
y raquer sa consomme. » 

BREDOUILLEMEIVT. Bafouil- 
lage, Cacafouillage, Cafouillage. 

« Là un grand sec rinterroeea sévè- 
rement. 11 répondit par Te même 
bafouillage à base d^ançlais. » 

(Jean Jcllieii.) 

BREDOUILLER. Bafouiller^ Ca- 
ca fouiller, Cafouiller. 



<( Y a pas plan d'entraver une broqi 
de c^ qu i' bonit : i' bafouille comn 



[ue 
qu l' Donii : r oafoutue comme 
une gonzesse en digue-digue. » 



BREDOUILLEUR. Bafouilleur, 
Cafouilleux. 

BRETAGNE. Brutus. 

BRETELLE. Soutenante. 

— BRETELLE DE FUSIL. Trû- 
mont (arg. de Saint-Cyr). 

BRETON. Nigousse, Tête à poux. 

«« C'était un nigouste. un breton bre- 
tonnant, sale comme un peigne 
mais brave comme un lion, m 

BRIGADIER. Cabji, Cabot. 

— BRIGADIER- FOURRIER. 

Brig-four, Tambour. 

— BRIGADIER DE PRISOX. 

Griffeur*, Grif fleur*. 

BRIGAND. Bérard *, Escarpe, Fer- 
lampier, Godin. V. Bandit. 

BRILLANT, subs. Diame. V. Dia- 
mant. 

— Adj. Chocnosof, Flambart. 
V. Beau. 

BRILLER. (Paraître). Flamber, 
Frimer, Jouer, La donner, La jeter, 
Péter. 



BRI 



« Des raretés qu'on offre à des filles 
qui aiment a flamber, m 

(Balzac.) 

•• — Eh ben ! mon vieux, t'en as une 
pelure et des brocants, cB.joue\ c^a 
jyelte I ah ! tu la donnes^ sans char, 
Tes bath ! » 

T'as p'I'-ér m V cheval d'Eroe^se 
^aand i' la donnait daus les camps? 

(A. B.) 

BRIMADE. Séance des cotes (arg. 
des polytechniciens). 

BRIMBORIOX. Bncole, Hroque, 
Broquille, 

m H passe son temps à regarder les 
bricole» que les camelots étalent 
sur le trottoir. » 

{U Pilori.) 

t Quéqu* c'est qu' ces hroquillesAii'] 
ca vaut pas un pet d' lapin; c'ebt 
d* la roustissure. » 

BRIS. Esquinte^ Esquintement. 

n Le fric-frac, Vesquintement des 
lourdes, ca lui va ; mais le dégrin- 
Kolage à la dure, sur le rade, il ne 
faut pas lui en parler. » 

BRISÉ. Esquinté, 

« — J'étais esquinté... Voilà vingt- 
quatre heures que je n'ai rien 
mangé. » 

(Andrk Thel'ribt.) 

BRISER. Esquinter, Prangir\ 

« Us avouèrent avoir été payés pour 
tout esquinter dans le cabaret. » 
{Le Journal du Peuple.) 

BROC de vin. Commissaire *, Mo- 
ricaud *, Petit homme noir *. 

H Depuis TAmbigu jusqu'au thé<1tre 
Beaumarchais et dans les quartiers 
voisins, un broc de vin ou une 
pinte s'appelle un commissaire*, 

(DOFLOT.) 

ff — Bourgeois, ajouta Boizamort, 
passe-nous un petit homme noir *. » 

(Ladiuir. ) 

BROC ANT AGE. Chinage, Panas, 



— 75 — BRO 

BROCANTER. Dibelûter, Chiner. 



« Il bibelole toute l'après-midi autour 
de l'hAtel. » 

{Le Rappel.) 

BROCAx\TEUR. Chineur, Pour- 
gaty Fourgue, Panailleux, Pom* 
madeur, 

« Le brocanteur, achetant les meubles 
brisés ou vermoulus et meistiquant 
leurs (léTauts avec de la gomme 
lamie, du vernis ou de la cire, s'ap- 
pelle, dit Pélin, un pommadeur, » 

'< Le peuple de Paris appelle marchés 
aux pures ou marchés pouilleux 
ceux que tiennent les panailleux en 
dehors des fortifications. » 

<« C'était la foire à la ferraille, tous les 
fournats avaient étalé leur camelote 
sur le canal. » 

BROCUl RE clandestine, ifar- 

ron *. 

BRODER. Rrodancher, 

Son frusque aussi sa lisette, 
Lonfa, malura, dondaine. 
Et ses lirauts hrodanchéi, 
Lonfa, malura, doadé. 

(ViDOCQ.) 

BROXCIIER. Mouffeter^Mouveter, 

« Les autres avaient beau l'engueu- 
1er, il ne mouvetait pas. » 

(H. HAaTIM.) 

BRO\ZE (MOXXAIE DE). 

V. Billon. 

BROSSE. Couenne de lard\ Tas 
de pointus, 

BROUETTE. Choucarde. 

« — Prenez le pinceau et la choucarde 
et suivez le brigadier à la corvée 
d'écurie. » 

(G. HtRBBaT.) 

BROl ILLARD. Abrouart*. 
BROUILLE. V. Bisbille. 
BROUILLER (SEj. Se plaquer. 

~ vous ÊTES BROUILLÉS? 

L'agrafe ou la ficelle est cassée ? 
V. Abandonner. 



BRU 



— 76 — 



BRU 



BRUIT. Barouf, Boucan, Bousin 
ou Bouziriy Chabanais, Chahut, 
Chambard, Foin, Harmone, Mu- 
sique, Ognon, Pet, Pétard, Po- 
tin, Ûadada, Raffut, Schpromme, 
Schproume, Tabac, Zinc, 

« Tout le monde gueulait là-d'dans; 
ça fsait un baroufl » 

Qaé chahut d'main dans Paris, 
Oh! la la, que bouxin d* voleurs! 

(Jbhah Rictus.) 

Ah ! ça prend dans les rues ? 
Le chabanait^ ça mousse. 

(V. Sabdod.) 

Et c'est du ichpromme... et d' la jactance 
Et du chambard... et du potin... 
Ah! la salope! Ah! la putain!... 
Y yen foutrai, moi, d' la rouspétance. 

(A. B.) 

Ts touss', i's crach', i*s font du foin ! 
l's éternu'nt : — Dieu tous bénisse. 

(ID.) 

Mais i' me raisonn', car tôt ou tard, 
Populo, il aura la belle : 
D'jà Jaurès veut fair' du pétard. 
On verra comment qu'y s'appelle. 

(J. lucTus.) 

« — Tu sait comme elle est gentille, 
j'ai pai voulu lui faire de tabac. » 

(H. Lavbdan.) 

« Elle fut saluée par une quadruple 
salve de bravos : un zinc formi- 
dable. » 

— FAIEE DU BRUIT. Boucaner, 
Bousiner, Chahuter^ Chambar- 
der, Chamberter, Pélarder, Pa- 
tiner, 

«I Oh ! cHte vie I on chahute toute la 
sorgue dans c'tte usine-là! on bou- 
sine, on boucane ! c^est à qui rous- 
pèt'ra r pus fort. » 

C'est nous qui somm's les gardes 

Municipaux ; 
Droits comm* des hallebardes 

Sur nos chevaux. 
Peuple, si tu pétardes. 
Nous montrons aux badauds 
Que c'eyt pas dos manchots, 
Les gard's municipaux. 

(L. DE RcacT.) 

— Nous avons jugé inutile 
d'indiquer ici les innom- 
brables onomatopées par 



lesr^uelles on désigne les 
bruits de toutes sortes : elles 
n'appartiennent point à Tar- 
got et on les trouve, du 
reste, dans tous les diction- 
naires français. 

BRULER. Riffauder, Riffer, Rif- 
fier, Ru/fer. 

« — Tu m'embêtes!... C'est de la du- 
perie... Je vais riffauder le bocard, 
et en grand I » 

(G. Ohrct.) 

— BRULER LES PIEDS à quel- 
qu'un pour obtenir son argent. 
Suager ou Mettre en suage. 

'< Si j'avais refroidi tous les garna- 
fiers que j'ai mis en suage^ je n'au- 
rais pas le taf aujourd'hui. » 

(ViDOCQ.) 

— BRULER U.\ CADAVRE pour 
le faire disparaître. Le déména- 
ger par la cheminée, 

« Ils finirent par avouer qu'ils avaient 
déménagé la baronne par lu chemi- 
née, parodiant ainsi d'une façon 
macabre une expression populaire 
dont se servent les pauvres gens, 
brûlant leurs meubles plutôt que 
d'en laisser profiter un propriétaire 
inhumain et rapace. » 

(J. PlAMt'.I.Ll.) 

— BRULER SES MEUBLES 

lorsqu'on a reçu congé. Démé- 
nager par la cheminée, V. la 
citation précédente. 

BRUME. Abrouart\ 

BRUNE. Some. V. Nuit. 

~ A LA BRUNE. A la neuille, 
A la sorgue, A la some, 

BRUSQUE. Esbrouffeur, 

a 11 est un peu esbrouffeur. Par 
moments on croirait quil va tout 
casser ; mais, au fond, ça n'est pas 
un méchant homme. » 

BRUSQUEMENT. A Vesbrouffe, 
D'esbrouffe, 

Le filant sur l'estrade 
I/ethrouf je l'estourbis. 
( Vieille chanson argotique de 1890.) 



BRU 



77 — 



BUV 



BRUSQUER. EsbroufTer, 

« A peine était-il au quartier depuis 
une heure que, déjà, ii avait trouvé 
le moyen de se faire esbrouffer par 
un adjudant qui lui avait collé 
quatre jours. » 

BRUTAL. Cheval, Cosaque, 

m — Allez donc un peu plus douce- 
ment, espèce de cosaquel » 

{Paris la nuit.) 

BRUYANT. Boucanier, Bousineur, 
Chahuteur, Pétardiei\ 

H Une bande de boucaniers descendait 
en hurlant le boulevard Saint- 
Michel. » 

{f.a f'ocarde.) 

a Est-on bousineur dans ce bahut-ci ? » 

(Les Institutions de Pari t.) 

« — J'ai ici une clientèle de vieux 
messieurs, des né^^ociants mariés 
que je retrouve a jour fixe aux 
mêmes endroits, dont je connais 
les petites habitudes... C'est ma 
rente et c'est le plus sûr. Avec 
ceux-là, y a jamais de danger, 
pourvu qu'on soit discrète et pas 
pélardière, c'est comme cela qu on 
se les attache. J'appelle ça mon 
fixe... Le reste, c'est du rasuel... » 

(0 MlTK.HIKH.) 

BUREAU. (Meuble.) Burlin, Bur- 
lingue, Care à fafiots. 

— Pièce où Ion travaille. 
Boite, Burlingue, 

« Je jaspinerai sur ton gniasse! Et 
pas plus tard que demain uu bur- 
lingue du quart. » 

(0. M^T£:fi».) 

— BUREAU DK PLACEMENT. 

Enfonçoir, Planque à larbins. 
Suce-larbins. 

« Des bonniches qu'on sait pas d'où 
qu'a viennent et qu'on a été cher- 
cher au suce-larbins. » 

— BUREAU DE REMPLACE- 
MENT MILITAIRE. Trou 
Cfogre *. 

« Les « ogres » étaient les agents 



de remplacement, les marchands 
d'hommes; et leur office s'appelait 
trou d*Of/re *. » 

— BUREAU DE NOURRICES. 

Élal. 

'« — Allez à Vélal, lui dit-elle, et choi- 
sissez-en une de la campagne, dans 
les vingt-cinq ans. » 

— BUREAU D'ÉCRIVAIN PU- 
BLIC. Capine\ 

BUREAUCRATK. Buveur d'encre, 
Rond de cuir. 

« Lacroix dit (lue les buveurs d^encre 
sont les sous- officiers comptables; 
c'est aussi les écrivains, les bureau- 
crates, les hommes de lettres, m 

BUTIN. Plue'. 

BUTOR. Bajaf. V. Grossier. 

BUVETTE. Bibine, Bouchon. 

« Sur une porte, garnie de petites 
vitres recouvertes d'un rideau 
transparent aux couleurs indécises, 
au tissu rongé par le temps, on lit 
le mot Bibine. » 

(Macé.) 

« Dans un petit bouchon avoisinant 
les fortifications, l'assassin avait 
fait une courte halte. » 

{Le Cri du Peuple.) 

BUVEUR. Adroit du coude, Bibard, 
Bibassier, Boyau-rouge, Cheulard, 
EtUonneur, Entonnoir, Entonnoir 
à pattes, Ètouffeur, Pioleur, Lt- 
chard. Soiffard. V. Ivrogne. 

Adroit du coude et bon garçon, 
De personne 
II n'accepta do leçon :... 
Il en donoe! 

« C'étaient deux bourguignons rou- 
geauds, deux solides boyaux-rouges 
dont on ne devait pas avoir facile- 
ment raison. » 

(Kfakadec.) 

« 11 vous tiendra tête, verre en main, 
autant que vous voudrez : c'est un 
vrai entonnoir. » 

lU. Hbrbbrt.) 



■ Ce ■&cr< wilfard «e porUit comme 
un charme. 

(E. Zou.) j , pi^g ^^ ^^ p|„j (,^ ,^U jg ggj^ 

- BUVBUK D'ALCOOL. Cflm- augmenter MX termum le Dombre 
pAfier, Schniktttr. <*™ 6oc*«i«-.. - 

_ BDVeUK D'BAtl. Grtnouil- 
« Meiigo Bel pas ca>n;)Arier : j' pré- tard. 
1ère r pi^e f . £„ j,^„, j,, p,„rtifl^, 

_ . ... . I>B> flrmouiUarifi at dsi BollM. 

•> Son daron âtait tout C qu y a de y ■ d«a truet bi<a rlgolm. 

Itkniktur. > t (BttHni.) 



^^ 




ÇA. Cinqiii-. V. Cala. 



CABANON. Cellotle. V. Cellule. 

CABARET. Àbveui-oii; Bar, liibine, 
Bousin, Bousingot.Cabermont, Ca- 
bermucke, Caboutol, Camphrier, 
Coys', Mine « poin-e, Piaule, 
Tapis', Tôle. 

> Les bars pullulent dans les crandes 
villes ; on y boit du café, ae l'ab- 
■intbe et des liqueurs fortes. ■ 



Le camphrier est un aale débit de 

et à dix-«ept sous le litre. Le cabou- 
tol ne dlifère du camphrier que par 
sn moindre importance comme 
établisse 



iCx,- 



«..) 



Le partage réalisé, ils se rendent 
isolément à la piaule pour nettoyer 
leur chaussure, précauLion néces- 
saire contre les curieux et les gen- 
darmes, n 



GAB 



— 80 — 



CAB 



— CABARET SERVI PAR DES 
FEMMES. Vacherie. 

« Il passait ses soirées à courir les 
vacheries du Quartier Latin. » 

(E. DcHDf.) 

— ALLER DE CABARET EN 
CABARET . Berlauder, Va- 
drouiller, 

« — C*est un ivrogne, ma pauvre 
dame, un ivrogne qui berlaude 
jusqu'à ce qu'il soit pion. » 

(P. DOMCMC.) 

Allons, c*est assez vadrouiller. 
Vif 'ment! oa rentre à l'atéier. 

(P. Paillettb.) 

CABARETIER. Bistro^ Bistroc, 
Bistroty Cabei'ïïionty Cabermuche, 
Chandeviriy Chand de vin, Mal- 
tais ^ Mannezinc, Mannezinguey 
Mannstringue^ Mastroc, Mastro- 
quety Minzingo, Minzingue, Min- 
zinguiHy Ogre, Piaulier, Piauleur. 
Teinturier^ Tapissier *, Taulier, 
Tôlier^ Troc, Troque, Troquet^ 
Zingue, 

a r rapplique chez le bistrot pour 
attendre Cécile. >• 

a — Tu te goures, dit l'ancien disci- 
plinaire; embarbons chez le mal- 
taiSy je t'expliquerai le flanche en 
suçant une alfa. >* 



Et d' Ûl en aiguille 



Chex r mann' zingue on rappliqa* vi 

(B. iMBEar. 



vif'ment. 
.) 



« Ayant cuvé sa lourde ivresse sur 
une banquette de mastroquel des 
Halles, elle rentrait à son gamo. *■ 

(J. RiCHBPI!*.} 

« Le roi est un bon zigue qui protège 
les minziriffuins. » 

(Cabamol.) 

« -^ Ohé ! V piaulier \ un kile de pive 
pour des aminchesl » 

« Les chiffonniers donnent ce nom 
à'ogre à celui qui achète le produit 
de leurs recherches nocturnes 
pour les revendre en gros. Il fut un 
temps où ce nom était synonyme 
de receleur. Dans ce but» Vogre pos- 



sédait à côté de son établissement 
d'achat de chiffons un débit de 
liqueurs qu'il faisait gérer par un 
affîdé ou un compère ; il y recevait 
clandestinement les malfaiteurs 
qui apportaient là le produit de 
leurs rapines. » 

(Castillon.) 

« Et pendant que V taulier était des- 
cendu à la cave, i's y ont fauché 
tout Tauber qu'y avait dans le 
rade. » 

« — Je te paie un demi-setier du 
broc chez le teinturier du coin. » 

Chez an p'tit troquet 
Noos allons dîner, n'étant pas riches.... 
(Buo. LamaaiR.) 

Chez un singue un peu huppé, 
Où c* qu* y a un canapé. 
On en a pris un* biture! 

« C'est le piauleur ou cabaretier qui 
les protège en cachant les engins, 
les fusils ; et les habitants des vil- 
lages, des hameaux les ménagent 
par crainte. » 

((t. NacI.) 

CABINE. Canijatte, Case, 
CABINET. (Bui-eau.) Burlingue. 

— CABINET DE SOCIÉTÉ. Fou- 
toir (obscène). 

— CABINET D'AISANCE. Chiot- 
tes. Garde-manger , Gogues , 
Goguenots , GraJs , Mousserie , 
Suméro cent^ Restaurant à re- 
bourSy Sacristie j Téléphone, W.- 
C, Watti-^loset (anglicisme). 

« Tout au plus, sont-ils d'avis que, 
de temps à autre, on répare les 
chiottes et nettoie les cuvettes où 
les bouffe-galette, les richards et 
les patrons foirent et dé^uculent. •» 

(Altnanach du Père Peinant) 

c — Et puis, s'écria Clarisse à bout 
d'arguments, tu peux porter tes 
boniments au garde-manger. » 

(E. DuBiTS.) 

« — Quoi alors? où c'est qu' c'est 
«lu'on va pouvoir briffer? 

— Dans les gogues 1 1 ! hurla le briga- 
dier. » 

(G. GooaTfUNB.) 



GAfi 



— 81 — 



CAD 



Si nos doch' éUient moins vieilles, 

Oa les Trait plaiser: 
Mais les paav* louroqii's balaient 

Les gras d' nos laistée». 

(J. RlCHCPIN.) 



— SIÈGE 

Trône. 



DES CABINETS. 



Et je veux mourir sur le trône 
Avec mes papiers à la maio. 

{Chanson du Maire dCEu.) 

— ALLER AUX CABINETS. Al- 
ler à ses affaires. Aller à la 
débourre^ Aller effeuiller des 
roses, oit le roi va à pied, Aller 
voir liemard, meltre une lettre 
à la poste. Écrire au pape à Ro- 
me, à Saint-Pierre, V. Ghier. 

CABRIOLE. Galipette. 

Tous les lundis, j'allais au bain, 
Chez KillVr, fair' des gatipettfs. 

(A. B.) 

CACHER. Carer, Carrer, Étouffer, 
Mettre àla care, Mettre en planque, 
Mucher, Planquer, 

« — Méfie-toi, le quart-d'œil vientlra 
bientôt faire une perquisition. 
Carre surtout les boucles d'oreil- 
les. » 

(GOHON.) 

o Ts mettent à la carre leur crous- 
tille et leur periot. » 

<« Les truqueuses planquent leur 
pognon dans leurs bas. » 

^ CACHER ENTRE SES JAM- 
BES, sous ses jupes. Knquitler. 

— SE CACHER. Aller à Cacha n, 
on dit aussi par rapproche- 
ment Aller Arcueil, Se bastin- 
quer (arg* des marins), ^'e carer, 
Se carrer, Se dé trancher, Se 
planquer. 

'« Faut qu* yaille Arcueil pendant un 
marque. » 

« — Carc-toi, la police te cherche î » 

« r n' s'était pas détronché à temps 
et il a reçu la caillasse en pleine 
poire. » 

« On n'avait pas vu deux launes qui 
s^étaient planqués derrière la pi- 
couse et on a été fait marrons. » 



CACHETTE. Care, Carette, Carre, 
Carrette, Planque, 

« Les chauffeurs riffaudaient les ar- 
pions des pauas pour leur faire 
bonir où qu'était la planque où i's 
caraient leur aubert. » 

'< J'ai mis V doigt su* la care au pèse. » 

.( Sous le lit de camp de la salle de 
police était creusée une carelte où 
les hommes punis cachaient des 
cartes et du tabac. » 

CACHOT. Cachemar, Cachemince, 
Cachemitte, Cachemuche, Cali- 
jatte, Jctardy Mitard, Mite, Mitre, 
Schtard, 

« Je me suis fait barbe et pègre. J'ai 
boulotte de la calijatle. » 

(0. M«Tl.XIER.) 

'< -- Je vais y descendre, aujetardl >> 

(fi. COURTELINC.) 

«« Los launes l'ont poissé et l'ont fait 
plumer au mitard. h 

« Après quinze jours passés au mite, 
ça fait du bien de prendre un peu 
l'air. » 

« — Ne répliquez pas, tonna le sous- 
off, ou je vous colle au schtard. »» 

CACHOTTERIE. Messe basse. 

« Klles s'isolaient dans un coin de 
l'atelier; et c'étaient d'intermi- 
nables messes basses, dont s'inquié- 
taient leurs camarades. » 

(Gil Bios.) 

CADAVRE. Bouquet ', Macchabée, 
Hebouis, Refroidi. 

n J'avais beaucoup à m'occuper du 
repêchage des macchabées de la 
Seine. » 

(lîOKO.N.) 

Dans une immense Tosse 
Ou apport'ra les refroidis 
Uu'on cmpil'ra par grosse. 

(A. B.) 

— CADAVBE DE FORÇAT. Fa- 

lourde engourdie. 

— CADAVRE D'INDIVIDU RI-* 
CHE. Saumon. 



•CAD 



« 



» CADAVEB EXPOSÉ à 

Morgue. Artiste, Figurant, 

Douze dalles destinées à recevoir 
les cadavres que les affreux ga- 
vroches, habitués de ce lugubre 
théâtre, appellent les artistes, » 

(FOMTOMB DU B0I8OOBSY.) 

— Ton homme est pas rentré de- 
puis trois jours, dit Fouinard. Va 
voir au Musée des Refroidis ; il est 
peut-être parmi les figurants, n 



CADENAS. Crapaud, 

CADET, subs. Bouchortf Haricot, 

« Le cadet est généralement appelé 
bouchon parce qu'il bouche la série 
des rejetons. » 

« — Envoie Vhartcot nous chercher 
du perlot. » 

CADRE de portrait. Pelure de 
poire. 

CADUC. Déyommé, V. Décrépit. 

CAEN. Canelle. 

« — Et vous me balancerez la lazagne 
au castu de Canelle. » 

(VlDOC(/.) 

CAFARD. Ftimei'on. 

CAFÉ. (Boisson.) Cahoua, Cahouah, 
Caouajiy Demi-deuil (arg. des 
écoles), Kahouaf Kahouahf Ka- 
houdjif Kaoudji, 

u Cécile a pas voulu qu'on suce aut* 
chose que du cuhoua, » 

— CAFÉ ADDITIONNÉ D'EAU- 
DE-VIE. Histouille, Champo- 
reaUf Deuil ou Grand deuil 
(arg. des écoles). 

« Avant de prendre la mer, les pê- 
cheurs avalent une ou deux tasses 
de bistouille bien chaude. » 

— DEMI-TASSE DECAFÉ.Demt, 
Micameau^ Petit noir^ Petit sou. 
Sou de moka. Ces expressions 
sont spéciales au nord de la 
France. 

R — ËDtrez donc un instant, père 
Gérard, nous allons faire un petit 



— 82 — 

la 



CAF 



bout de conversation tout en pre- 
nant un demi. 

— Ahl oui, c'est ainsi qu'on appelle 
par ici une demi-tasse de cale. 

— Ça a encore bien d'autres noms; 
on dit aussi prendre un micameau 
ou un sou de moka. *» 

(MaMC MAftlO.) 

— CAFÉ SERVI DANS UN 
VERRE. Mata (apoc. de Ma- 
zagran). 

— CAFÉ DÉBORDANT de la 

tasse et emplissant la soucoupe. 
Bain de pied, 

— MAUVAIS CAFÉ. Cafiot, Eau 
chaude, Jus de chapeau. Jus de 
chique, Pissat d'âne, Roupie de 
singe. 

« La bière était de la lavasse; le 
cognac, du vitriol; et le café, dajus 
de chique; mais nous trouvions tout 
cela délicieux, à cause des yeux de 
la jolie fille qui nous servait. » 
{Les Propos du Commandeur.) 

« — C'est pas du caoudji qu' tu nous 
ûles là : c'est du pissat d'âne, de la 
roupie d* singe. » 

— CAFÉ ADDITIONNÉ D'UN 
PETIT VERRE D'ABSINTHE. 

Kahouah au lard, 

« Avant de partir vendre son pape- 
lard, l'Aigle s'enfonçait un bon Ka- 
houah au lard, » 

CAFÉ. (Débit de boisson.) Boc, 
Rocard, Roccard, 

— Petit café. Bocardpanné, Ces 
expressions datent du com- 
mencement du XIX* siècle et 
ont vieilli dans ce sens. 

— CAFÉ -CONCERT. Reuglan, 
Beuglant, Rouibouis, Hurlant. 

« Ils avaient, du café aux baraques 
de la foire, des guinguettes au ùeu' 
glan, de la Seine aux sentiers du 
bois, mené la plus joyeuse balade. » 

(Aluapou Hepp.) 

« Dans le compartiment voisin du 
nôtre, deux chanteuses de café- 
concert, deux étoiles pour beuglants 
de Sousse et de Gabès... » 

(Raitif ok la Riirroiir«K.} 



GAF 



— 83 — 



CAL 



Or, la ToeatioD, 
Jointe à rin»traction 
Ooe leur donna leur mèro 
Mena les deui tendront 
A eommenoer leurs ronds 
Sur la scène éphémère 
D*uii aodeste boutbouis. 

(Bi.tDoaT.) 

— On dit encore, par apo- 
cope : Caf.'Cênce, 

Oui, mon Tieui, me v'ià baryton. 
Tous les soirs ej' chante au caf.-conce. 

(A. B.) 

— CAFÉ-CONCERT DE DER- 
NIER ORDRE, OÙ les artistes 
foDt plus chanter qu'elles ne 
chantent. Marché à la viande. 
Marché aux veaux, 

m — Viens au marché à la viande, dit 
le fourrier; je dois re soir souper 
avec Clara qui m*a promis son 
cœur si je lui fais du tabac à sa 
nouvelle chanson. >* 

{La Gaudriole.) 

CAFETIER. Chinois \ Marchand 
d*eau chaude^ Marchand d'eau de 
JaveL 

« Il fut une époque où la gloire de 
Salis empochait de dormir les mar- 
chands d^eau chaude de Montmartre 
qui tous, ou à peu près, rêvèrent de 
la fondation d'un cabaret « artis- 
tique. • 

GAGE. Roquette à serins, 

GAGNARD. (Nonchalant.) Cou- 
leuvre. V. Fainéant. 

m — Voyex-moi cette petite couleuvre 
qui n a pas fait un point depuis 
une demi-heure I » 

GAGNEUX. Tortillard. V. Bancal. 

GAGOT. Bondieusardf Mangeur de 
Bon Dieu. 

m Et pis Ts m' courent, tes ratichons; 
y coupe pas dans les boniments des 
hondieusards, » 

« Des mangeuses de bon Dieu qui vont 
à la messe tous les dimanches et 
qui en font porter à leur mari plus 
qu'un Ane ne porterait de son 1 » 

,(E. Zola.) 



CAGOTISUfE. Bondieusarderie^ 
Bondieusardisme, Bondieuserie. 

« On demandait à une fille en pleine 
maturité, atteinte, comme Beau- 
coup, de bondieusardisme^ pourquoi 
elle déployait pour aller a It messe 
un si ffrsmd luxe de jupons blancs 
ornés ae dentelles et ues bas de soie 
bien tirés sur le mollet... 

— Que voulez-vous, répondit la dé- 
vote, par ce temps de perdition, 
ces précautions sont indispen- 
sables... On peut rencontrer un... 
insolent. 11 trouverait le tout pro- 
pre, le dessous comme le dessus. >• 

(llacToa Franck.) 

CAHUTE. Canfouine, Case. 

CAILLOr. Cai7/as.se, Miche de 
Saint-Êlienne. 

« Des malfaisants qui foutent des 
caillasses sur les rails pour que 
r dur aille à domino. •> 

CAISSE. (ColTre-fort.) Grasse. 

Si l'enquilles chex dosi croquants 
Dis bonjour d'abord à la grouse, 
Ensuite tu feras main basse 
Sur la blanquette et les brucants. 

— SE SAUVER AVEC LA 
CAISSE. Bander la caisse. Filer 
sur Belgique, Manger la gre- 
nouille. 

CAJOLER. 3/amoi/rer. V.Caresser. 

lieux ronds d' tendresse... un rond d' sourire 
Et deui tétons en oneillers 
Pour s'y blottir, y roupiller 
Et les inamourer sans rien diro. 

(Jkhax Hicrre.) 

CALEÇOX. Braillarde % Brail- 
lante *, Cache-Folie^ Caneçon. 

Cent presque loui des beaux garçons 

Kcmniis d' délicatesses, 
Fuisqu i's port'ut jusqu'à des can'çons 

l'our pas s' lac lier les fesses. 

(A. B.) 

CALER, liequiller. 

CALICE. Baignoire à bon Dieui 
Gobbe, GobeloL 

« Ils ont tout chambardé à Saint- 
Joseph : ils ont foutu le feu aux 



CAL 



— 84 — 



GAM 



chaises, vidé les troncs, renversé 
les bénitiers et emporté la baignoire 
à bon Dieu, » 

{CorresponcUuice d'un Pantinois.) 

<( Et pis r ratichon est toujours sûr, 
avecque 1' coup du gobelot, d' s'en- 
voyer son pierrot tous les matins, » 

CALME. (Tranquille.) Bé, Béard, 
Pas bileuxy Pénard, Qui ne se fait 
pas de mousse, Sans secousse, 

<« Et si r daron fait d* Tharmone, 
reste béard; t'entends? » 

« Ah! dis donc, mon vieux, j* te jure 
quT n'est pas bileux, V frère; en 
vMà un qui ne s* fait pat (f mousse : 
tu peux y dire tout c' que tu vou- 
dras, ça n'y fait que dalle. » 

Oo le surnommait Satu-t^cousse 
Parc' qu'i' n' s'étonnait de rien. 

CALOMNIATEUR. Baveux, Bê- 
cheur, Casseur de sucre, Dcbineur, 
Froisseux *, Proliant *, FroUeux *. 

« Car sa conversation était enragée, 
débineuse, mauvaise. » 

(G. Geffbot.) 

CALOMNIE. Aspiquerie* (du vx. 
fr. Aspic), Bêche. 

CALOMNIER. Aspiquer*, Débi- 
ner, Dégréner, ProUer*, Proller 
sur la balle*» 

« — C'est comme ça, madame. Par 
dépit, par jalousie*! Elle nous débine 
toutes auprès de vous et vous la 
croyee, vous la soutenez. » 

(Albbrt Cik.) 

« On m'a boni que la Volige avait 
été m' dégréner chez la dabe. Si je 
V chope, i' n'y coup'ra pas ! » 

CAMARADE. Achate, Amache*, 
Amar, Amaire, Atninche^ Amun- 
che, Bisot *, Camarluche, Camaro, 
Camerluche, Copain, Copin, Fa- 
yot, Planande *, Fanandel*, Fiasse, 
Famand *, Frange, Frangin, Freine, 
Maire *, Matelot, Pote, Poteau, 
Social, ligue, V. Ami. 

Je m* pousse un courant d'air 
Et j' Tisit' les amunches. 

(LOYKBL.) 



Pégriots, mes bons camarluches, 
Vous tous qui n'êtes pas des bûches, 
Dans vot' loche outrez les conseils 
D'an vieux roumard, un d' vos pareils. 

(HoGiia-GMisoN.) 

f — Tel que me v'ià, j' rapplique d' 
fair' mes vingt-huit jours comme 
les camaros, » 

« — T'nez, dit-il, v'ià la lettre que 
j'étais chargé de r'mettre à un 
copain, à la Santé. » 

(GonoN.) 

« — Eh ! mais ! je connais cet homme- 
là. C'est un fagot. » 

(V. Huiio.) 

« Tous les voleurs, les forçats, les 
prisonniers sont fanandcls *. » 

(Balzac.) 

a L'offre d'une tournée d'eau-de-vie 
blanche, dont, stoïque, je bus ma 

{)art, acheva la connaissance, et 
'un deux traduisit l'opinion géné- 
rale en me saluant du nom de 
frangin. >» 

(G. Dakiel.) 

r m* dit eomm' ça : Mon vieux frère^ 
Si tu TOUX, j' te paye un verre 
Chez r chand d' vin du coin. 

n — Non, mon vieux, Bibi Chopin 
calanche pas sans faire le duze aux 
potes \ » 

a Et ils eu sout réduits, les deux 
poteaux de bagne, a gagner tran- 
quillement Suresne par le Bois. » 

(JiA?i LoaaAiii.) 

— CAMARADE DE BAGNE. Fa- 
got, Frérot de la manicle. 

« — Mais je connais cette noble 
binette! C'est mon frérot de la 
maniclel mon généreux /ran 9 m de 
i'ousto d'HoUoway... Démolir un 
tel ziguel Jamais! » 

(HicToa FaA5cs.) 

— CAMARADE DE COLLÈGE. 

Faisant *, Labadens. 

«( Nous nous rencontrâmes à un 
diner de labadens vers 1880. » 

— MOTS D'AMITIË A UN 
CAMARADE. Ancien, Bon, 
Bonhomme, Branche, Brigand^ 
Canaille, Canard, Canasson, 



GAM 



85 — 



CAM 



Caneton^ Chinois^ Cochon^ Coion^ 
Piston, Gueusard, Gueux, Petit, 
Salaud. (Bien que ces expres- 
sions n'appartiennent pas posi- 
tivement a Tar^ot, nous avons 
cru bon de les indiquer.) 

a — Bonjour, mon bon. » 

■ — Te voilà, Vancieriy comment vas- 
tu? » 

« — Eh! bien, mon bonhomme, quoi 
de neuf? » 

•« — Allons, Panaris, le dernier coup, 
ma vieille branche, » 

(Jules Moi.xkal'X.) 

n — Ah I canaille, ah î brigand, ça me 
fait plaisir de te voir! toujours 
joyeux, mon vieux canard l » 

(ri. flRRnKRT.) 

« — Eh! ben, mon salaud! ehî ben, 
mon cochon, t'as pas peur! » 

((j. Couutkli.m). 

Oui, mon colon, oui, je I' sai« bien, 
Les patrons, c'est tous de la fripe. 

(A. B.) 

a — J' suis de Saint-Tropez. 

— Ah! 

*- Tu connais? 

— Non, finton. Qu'est-ce que tu fai- 
sais là-bas?... » 

(J.-A. Marx.) 

•I -- Moi, mon p'iit, on n' me V met 
pas! » 

CAxMISOLE DE FORGE. Ligot- 
tante de rif, de rifle, Ligoltande 
riffarde", Riffarde^ Ri/larde. 

« — Si t'avais pas voulu faire V ma- 
raud, comme ça d'entrée, les gàfes 
t'auraient pas enfilé la lifjottante de 
rifle, y conoble le flanche, j'y ai 
passé. » 

CAMPAGNARD. Bf'cant, Bette- 
rave ^ Bourbeux f Cambrousien, 
Cambrousier, Cambroussien, Cro- 
quant , Cul'terreux, Pacant, Pâlot * 
ou Pallot*, Panas, Pélican, Pède- 
souille, Pedzouille, Pégot, Pétras, 
Pétrousquin, PetzouillCf Vaseux. 

" (Test un bicnnt qu'arrive de son 
pat'lin, un' betVrave qui n'entrave 
que dalle. » 



« Au bout d'un marquet, la bourbeuse 
était dessalée : aile en aurait r'mon- 
tré à la pus marlouse. » 

« Deux vieux catnbroussiens qu'ont 
pus qu' la force d'attende la Fau- 
cheuse. » 

« On a décidé qu'on irait planquer 
en douce, dan' un coin, chez les 
croquants. » 

«« Son aïeul a fondé la fortune de la 
famille en achetant des biens d'émi- 
gn''s, et son p«'re l'a considérable- 
ment arrondie en épousant la fille 
d'un riclie fermier, un cul-terreux. » 

(F. COPPÉR.) 

<i Ce })acant-]î\ va tout gâter. » 

(Balzac.) 

« Pour satisfaire la cœuriosité d'un 
tas d' panas qui savaient pas c' que 
c'est qu'eun' prison. » 

Le pélican jouant de l'orgue, 
J'aquigc eu doure pour mon orgue 
L'aubert qu'il ire en superflu, 
Mariuro, loufa, turelu. 

(I.. DK Bebcy.) 

H De sorte que Catulle Mendès, Sil- 
vestre, IkTgerat et quelques autres 
amateurs de coitl'ures molles pas- 
seraient en ces lieux pour de négli- 
geables pédesouillex. » 

{(i. AunioL.) 

„ — Quand j'ai volé le lapin du pet- 
zouiile en question, je me croyais 
encore dans la boucle du Niger. » 

(Alph. Allais.) 

« — Si t'aurais vu c'tte tinée d' 
vaseux qui rappliquaient pour le 
14 juillet!... » 

CAMPAGNE. Brousse (aphérèse 
de Cambroiisse), Cambrouzey Cam- 
brouse. 

« On avait dit qu'on s'offrirait un bon 
coup d' rigolade dans la brousse. » 

« Faut qu'aile envoyé de la galette 
à ses vieux qu'habitent la cam- 
brousse. » 

CAMPER. Plumer sous la batouse. 

't Quand les moustiques devenaient 
trop canulants, on pouvait même 
pas plumer sous la batouse, fallait 



CAN 



— 86 — 



CAN 



passer la neuille à se balader en 
grillant des cibigeoises. » 

{Lettre cCun disciplinaire.) 
— SE CAMPER. 5e hanchei* \ 

CANAILLE. Crème, Frape, Fra- 
pouUle, Frappe, Fripe^ Fripouil- 
lardf Fripouille, GalapitUfGalvau- 
deua;, Gobet *, Malfrat, Malfrein, 
V. Chipeor. 

». — Goure-toi de ce frère-là : il est 
tout ce qu'y a de crème. » 

Pendant que 1' soir ej* fais ma frape^ 
Ha sœur fait la r tape 
Et c'est bien. 

(A. B.) 

'( Comme tous les fripouillards de 
son espèce, ce ministre payait ses 
dettes avec des bouts de ruban. » 

(H. RoCHEFOaT.) 

M Nos deux fripouilles allumées par 
cette chair fraîche se commu- 
niquent avec des moues ignobles 
leurs préférences... » 

(J. LORMAI?!.) 

'% C'est un galapiat qu'est bon qu'à la 
maraude. » 

Mais T'Ià qu'eun' bonne âme 
Eul' prévient qu* sa femme 
Eul' trompe avec un galvaudeux, 

(L. DR BCRCV.) 

H Née au ruisseau, elle était fatale- 
ment destinée à vivre au milieu 
des malfrats. » 

« Tant qu'un n'aura pas un emp'reur, 
les malfreins vivront pas tran- 
quilles. » 

CANAPÉ. Barbottiei' *, Foutoir 
(obscène). 

n C^était gandin. Une belle nappe, de 
la blanquette pour de vrai, des 
tapis et, dans r coinsto, au fond, 
un foutoir doux comme de la 
plume. » 

CANARD. Barbot, Barboteux. 

a On s* trempait V cul toute la jour- 
uaille : tout ï temps dans la flotte 
comme de vrais barbots, » 

CANCAN. Clabaml, Dabcragc \ 
Raqvette *. 



« — Ah I ma pauvre dame, c'est moi 
qui ne voudrais pas demeurer dans 
une maison pareille! C'est du cla- 
baud toute la journée, des ragots 
sur Pierre et Paul I » 

CANCANER. Bagouler, Bajoter\ 
Bouffeter *, Dabérer *, Javotter, 
Lantiponer\ Potiner, 

« Elle reste dans la loge de la 
concierge à javoUei' des heures 
entières. » 

A peut pas boucler sa coule, 
Faut qu a potin\ qu'a bagoide 
Su' tous les gens d' la maison. 

CANCANIER. Potinier. 

« — Un bavard, un potiniei\ S'il me 
rencontrait avec vous, je n'y cou- 
perais pas d'une scène- w 

(J. MAam.) 

CANDIDE. Bon jeune homme, 
Nave, Navet, Navrillot, Plein de 
sel, 

« C'était un bon jeune homme frais 
débarqué de sa province et que 
Texubérance des verseuses contris- 
tait. » 

« — Quoi ? t'es donc plein d' sel que 
tu comprends pas quand une mar- 
motte te fait des appels ? » 

CiVNICHE. Lexicon, jeu de mois 
obscène. 

CANIF. Lingriot. 

« La vache avait son linginot pour 
en passer un coup à son homme. » 

CANNE. (Bâton.) Canard sans 
plumes, Pouataison*, Père Fouet- 
tard, Rondine, Sabre *, Satou, 
Soutenante, 

« r peut r'venir me voir, j' te le 
r'cevrai avec un canard sans 
plumes ! » 

Ne ronce point du sabre * au mion du tandis 
Qui n'aille au GaulTarault, gergonint de tésis, 
Que son journal o flus n'cmpoupeta Touiliouse. 

(Mabc dk Papillom.) 

— CANNE A ËPÊE. Foualaison 
lingrée *. 



CAN 



— 87 — 



CAP 



— CANNE DE JONC. Fourgaine% 
Jet. 

— CANNE LÉGÈRE. Suçon, 
Sucre d'orge. 

— CANNE PLOMBÉE. Foualai- 
son mastarée*. On appelle Per- 
missiojit Permission de minuit 
ou de la nuit la canne plombée, 
la canne à épée ou toute autre 
arme dont on se munit habi- 
tuellement pour noctambulcr. 
V. Assommoir. 

H — Vous ne craignez pas les fâcheuses 
rencontres, la nuit, dans ces quar- 
tiers excentriques? 

— Bahl j'ai ma permission. On peut 
y venir. » 

CANOX. Brutal, FUUe, Tortillard. 

'< Les chasseurs à pied s'éparpillent 
dans la plaine, voilant d une ban- 
derolle de fumée d'argent la troupe 
qu'ils couvrent. Cela veut dire que 
le brutal n'est pas loin et qu'il va 
gronder. » 

(BiLLADDEL.) 

'« Jusqu'ici il n'y a qu'eux qui aient 
fait aller leurs flûtes. Les nôtres 
auront bien leur mérite. Il y en 
aura bien trois cents de part et 
d'autre pour ouvrir le bal. » 

(GiNÊflAL CHBISTOrHC.) 

« Nous parlons demain pour Chàlons 
où l'on doit, paraît-il, nous faire 
membrer à la manœuvre au tor- 
tillard. » 

{Lettre d'un Saint-Cyrien.) 

CANOTER. Barbifier la flotte (arg. 
des canotiers). 

C:AIV0TIER. Barbifieur de flotte, 
Chicard. 

Tas d' ehieardtt 

Tas d' flambardd, 
Les canotiers de la Seine 

Sont bien vus, 

Bien reçus 
Et partout font du chahut. 

( Vieilh; chanson.) 

CANTATRICE. V. Chanteur. 

CAXTU ARIDE. AUumeuse, 
Pousse-ai^vice, 



CAXTIXE DE CASERNE. Can- 
tochey Tapis de grives *. 

CANTINE DE PRISON. Gohette, 
Mastroqur des collardcs*. Tapis 
de malades*, 

a A la Tour, i' flanchait à l'anglaise 
avec les centimes qu'on y avait 
rendus à la gobette. >» 

CANTINIER. Cargot, Gargot, Ta- 

pissier *. 

Il croustille avec le eargot 
ijui, pour sézijçup. a table ouverte* 
Avant, il s'enfile la verte; 
Apre*, il crampe sa raargot. 

(Blkdort.) 

« Nous ne voulons enquiller chez 
aucun tapissier*, c'est se mettre 
sur les fonts du baptême. » 

(ViDOCQ.) 

— CAXTIXIKR DK BAGNE. 

Fourgonnier. 

CANTINIÈRE. Bistroque, Car- 
fjote. 

CAPABLE. Calé. V. Habile. 

« Andrée se sentant sur son terrain 

et prenant aussitôt un air calé : 

— Le vieux duc, l'amant de Lina de 

Mézidon? » 

(J. MAnNi.) 

— CAPABLE DE. Fichu de. 
Foutu de. 

a Quand on n'est pas fichu de faire 
face à ses invités, on va se cou- 
cher. » . ., . ^ 
{Le Fin de atèele.) 

a C mec-là est foutu de faire encore 
une couennerie. » 

— INDIVIDU CAPABLE DE 

TOUT. Garçon, Homme. \» Ban- 
dit. 

« Enfin, comme à son tour, on le 
couchait sur la bascule, il cria dis- 
tinctement : Au revoir.les /ïommw l » 

(GORON.) 

CAPITAINE. Capiston, Franc- 
foignart *. 

« Le capiston était gueulard, mais 
bonhomme au fond. » 



CAP 



— 88 — 



CAP 



— CAPITAINE RAPPORTEUR. 

Capislon bêcheur» 

— CAPITAINE DE BRIGANDS. 

Aigie blanc. V. Voleur. 

CAPITAL. Bas de laine, Magot, 
Peloic, Saint-frusquin» V. Éco- 
nomie. 

V. Ses parents y avoient laissé un 
bas de laine qu'était pas dans une 
musette. » 

CAPITALISTE. Gavé, Repu (arg. 
politique), Rupin, 

Écrasons sar les parés, 
Les richards et les gavés. 

(J. RlCHRPIM.) 

C'est une chimérique féto 

Ou prennent place le repu^ 

Le corrupteur, le corrompu, 

Tous ceui-là qui tienneut le faite... 

(L. DF. BiBCY.) 

Et je compreu'ls ton nmcrtume 

Quand tu vas — pour garder ton pain ! — 

Glapir la formule fanée, 

Humble gueux, chez l'ogre rupin!... 

(ID.) 

CAPOIV. C Masseur, ChiasseiiXj Pei- 
gnasse, Feignant, Péteux, Vessard, 

H Y s'est barré comme un chias- 
seux. » 

Bon Dieu! quand on n'est pas un* tante 
On va d' Tavant... on cogu' dans 1' las... 
Et tu restes là, comme un pante... 
Tiens... t'es-t'un feignant... t'en n'as pas! 

(A. B.) 

« Vous pourrez lui dire tout ce que 
vous voudrez; il ne marchera pas : 
c'est un vessard, » 

CAPORAL. Cabji, Cabot, Martyr, 

'< Les cabjis et les pieds d' banc y 
foutaient toutes les corvées à faire. >» 

a Le capitaine le força à suivre le 
cours et à se faire inscrire au pelo- 
ton des élèves-ca6o/*. » 

{Droit» de l'homme.) 

« — Allez, martyr, on rappelle à ton 

grade ! 
Et le caporal boutonna bdtivemcnt sa 

capote pour descendre répondre À 

la corvée. »• 



CAPOTE. Berri (arg. des poly- 
techniciens). 

CAPRICE. Béguin, Casque, Che- 
veu, Chien, Dada, Ombrelle, Para- 
pluie, Pépin, Rat, Toquade. 
V. Lubie. 

Chaque femme a son dada, 
Sa marotte, sa togunde. 

(Èmii.b Carm^.) 

Elle avait un béguin pour moi 
Et j'avais un pépin pour elle. 
Aujourd'hui, — jugcx d* mon émoi, — 
JÂon pépin n'est plus qu'une ombrelle; 
Mai^$ elle a toujours un cheveu. 
Un chien, un rat, que dis-jc ? un conque ! 
EU* me consume de son feu... 
Et je casque ! 

— AVOIR UN CAPRICE POUR. 

Être casqué de. Être chipé poin\ 
S'emballer pour, iî'embéguiner, 
Se chiper pour. 

H Elle est casquée de son dragon. » 

« J'étais très emballée pour cette toi- 
lette. » 

« La môme Sardine était chipée pour 
Nénesse, dit Frisottcau. » 

— PASSER UN CAPRICE. Faire 
un cachet, un numéro. Passer son 
béguin, son pépin. 

« Il a plaqué sa largue pour aller 
faire un numéro avec Vaut' lard 
qu'en tient aussi cber de son côté. » 

CAPRICIEUX. Ratier. 

C'est un fantaisisse. un ratier : 
V plum' jamai4 avec la môme. 
1* s'ra jamais hrochet d' métier, 
L'est trop bohème. 

(HtiDOBT.) 

— CAPRICIEUX EN AMOUR. 

Campeur, Paillasson. 

„ — y veux pas m' marida avec 
c'tte ponette-là, aile est trop cam- 
peuse; avant huit jours, a s'rait 
appuyé tous mes poteaux. » 

C'e.<it d' nature, on a ça dans 1' sang : 
J' hn'ii pnilUutoul c*e»t pas d' ma ^ute; 
Je m' fais pas pus marioll' qu'un aule. 
Mon pèr' l'était; rEmp'r<>ur autant. 

(A. OiLu) 

CAPTIVER. Agater, Aguicher, 
Engailler, Engrainer, Ferrer. 
\. Attirer. 



CAP 
CAPTIVITÉ. Maladie. 



89 — 



CAR 



H Da temps qu'il était à Poisse, pen- 
dant sa maladie, i'aute mettait au 
chaud à sa place. » 

CAPTURE. Cueille, V. ArresU- 
tion. 

CAPTURER. Agriffer, Engrailler, 
Épinylei', Graffer, (aphérèse de 
Afjraffer), Grappiner, Grouper *, 
Lever, Paumer, Piger, Pingler 
(aphérèse de Épingler), Piper, 
Rafler, Ramasser. V. Arrêter. 

•t — Viens t'en donc ! Us vont Vagrif- 
fer, V 

(0. Mt^TA^in.) 

« — Creslo! les garçons, v*là les 
vaches ; on va nous engrailler î » 

« — Si lu vois le gonce, dis-y qu'on 
veut r grappiner. » 

« Un mec de la r'nifle est venu pour 
le pingler. » 

(Labobii.) 

<t Le tout fut ramassé et emmené au 
Dépôt. » 

(SÉVERINE.) 

CAPUCIX. Barbichon, Cornet 
d'épice *. 

CAQUETAGE. Chicfii, Jactage, 
V. Bavardage. 

CAQUETER. Jacter, Jaspiner, 
V. Bavarder. 

CARACTÈRE D'IMPRIMERIE 

défectueux. Clou, Tête de clou. 

'( Nous relevons dans une follicule 
de province imprimée avec des 
clous i*anccdote suivante... » 

CARDINAL. Écrerisse, Homard. 

CARESSE. Choulerie, Mamours. 

«( Et leur après-midi se passait en 
chouleries de toutes sortes. » 
{Iai Vie Parisienne.) 

— CARESSES RAFFINÉES. Ta- 
lent» de société. 



(i Si les charmes ne peuvent plus se 
vendre assez cher, elles emploient 
leurs talents de société. » 

{Le Sublime.) 

— CARESSES DU BOUT DES 
DOIGTS. Pattes, Pattes d'arai- 
gnée. 

- 11 existe, en argot, beau- 
coup de termes pour dési- 
gnerles innombrunles varié- 
lés do caresses, mais le 
cnraolrre en est lellemont 
ohscrnt' que, mal^^ré le pit- 
toresque de qucl(|Uos-uns, 
nous croyons devoir les 
passer soùs silence. Lilté- 
rairomont, d'ailh'urs, leur 
utilité n'est rien moins que 
démontrée. 

CARESSER. Chouter, Fourrager, 
Mamourer, Mignoter, Peloter, V. 
Cajoler. 

Ah ! ah ! c'était sous V hU en meule 
Qu' Margot choulait l'aul', ^on amant. 

(J. KiciiiPiN.) 

• Les robustes et rouges paysannes 
qu'on heurte au détour de quelcjue 
chemin creux, qu'on lutine, qu on 
fourrage d'audacieuses caresses. » 

(Chamivvubemt.) 

« Venez ca, boudeuse, qu'on vous 
7nignote'pouT vous faire oublier ce 
gros chagrin. >» 

CARILLOX. Branlczinc. 

CAROTTER. Roustir. V. Tromper. 

CARPE. Camuse. 

CARRÉ. (Palier.) Pavon, 

CARREAU. (Car tes.) Vitriei^fi, 
V. Jeu. 

CARREAU. (Verre.) Glacia, 

CARREAÎT (LE) du Marché du 
Temple. La FonU-Soire. 

n 11 avait su' V râpe un alpague d'une 
escale qu'il avait décroché à la 
Forêt-Noire, » 



CAR 



— 90 — 



CAS 



CARREFOUR. Empavé *, Fourche, 

n — Attends-nous à la fourche. » 

— On disait autrefois Carreau, 

M C'est dans la rue des Pelits-Cat'- 
reaux, formée de carrefours, que se 
réunissaient les corps de métier, 
d'où est venue Texpression aller au 
carreau. » 

(G. Delcsalli.) 

CARRER (SE). Crâner, Crosser, 
Paire le zouave, Uancher*, Plas- 
tronner , Poitriner, V. Embarras. 

« Il poitrine, plastronne, papillonne, 
brille — et si vous saviez comme il 
est simple! » 

(E. La Jcuncssb.) 

CARTE. Absol. Brème, V. Jeu. 

« — Eh bien ! je vais attendre d'avoir 
rage, puis je demanderai une brème, 
comme ma sœur. >* 

(0. MArtNiBA.) 

— Qui cèd* sa place? Qui fourgue 
sa bréme'i quT gueulait à la sortie 
d' Tentracte. » 



« 



— FABRICANT 

Br entier. 



DE CARTES. 



— CARTE 

reuse. 



A PAYER. Doulou- 



« Les juges ont débouté l'ancienne 
pensionnaire de sa prétention, et, 
de plue, ils Tont condamnée à sol- 
der la douloureuse des frais de 
justice. » 

(M" IlL'VtlIîC.) 

— CARTE GÉOGRAPHIQrE. 

Brème de patelin, V. Pays. 

CASER. Enquiller, 

« — Ya Zidore l'hercule qui doit mon- 
ter; un entre-sort à la Boule, j' vas 
tâcher de VenquHler ddins son truc. » 

CASElWE.Manufaclure de tabacs % 
Planque à grive. Taule à gribiers, 

CASERXEMEXT. Casert (arg. 
des polytechniciens). 

CASIER JUDICIAIRE. Fa/fes, 
Grimoire mouchique*. 



— AVOIR UN CASIER .lUDI- 
ClAIRE. Avoir ses faffes, Être 
affranchi. 

« Le Rempart est sûr d'aller aux 
Joyeux : lui, il a ses faffes; il a 
déjà payé deux fois. 

CASIXO. Case (apoc). 

TraTaille dans les rupK bastringues, 
Au case arec tes belles fringues... 
(Hogibm-Gbiso.i.) 

CASQUETTE. Bâche, Casque à 
auvent *, Couvrante, Def, Des- 
foux. Patente, Soupape, Toit, 
Toiture, Tuile, Viscope. V. Bal. 

— CASQUETTE PLATE. Amé- 
ricaine. 

— CASQUETTE TRÈS HAUTE. 

Cin(jiutème,Cintième,Six-étages, 
Sixième, Six-poîiis, 

« A m'a pavé une améncaine tout 
c' qu*y a d gandin, une bath def à 
la mode. » 

R — Enfonce ta bâche et détronche- 
toi, vMà la r*niffle ! » 

J' pourrais m* frusquincr en rupin, 
Mais j*ai lair baluch' sans patent^. 

(L. DC Bbrcy.) 

J'ai pus d' limace 
Et j'ai su' r cib 
Queun' vieill' soupape \ 
Mais ça Tait qu' nib : 
Je m* fous du pape ! 

(1d.) 

Avec un rideau sur la croupe, . 
Un grimpant el des ripatons, 
Eun cintièm' quand nous nous gfttons... 

(J. KiaiiriN.) 

La viscope en arrière et la trombioe au vent, 
L'œil marlou, il entra chez le zingue... 



— CASQUETTE EX 
CIRÉE. Tampon. 



TOILE 



CASSATION. Rebectage, 

— COUR DE CASSATION. Car' 
rée au rebectage. 

— SE POURVOIR EN CASSA- 
TION. Cavaler au rebectage, 

— CONDAMNÉ A MORT QUI 
SE POURVOIT EN CASSA- 
TION. Friauche*, 



CAS 

CASSÉ. FouUbnné \ 

CASSER. Frangir\ V. Briser. 

CASSOXIVADE. Castonnade, Sa- 
blon. 

CAUSER. Bagoulei\ BaveVy Bla- 
guer, Dabérer*f Déhagouler, Dé- 
videTf Glousser, Jacter, Jarviller *, 
Jaspiner, Javoiter, V ouvrir (s.- 
ent. la bouche). 

« Une nouvelle !... Dardanelles s'est 
fait expédier une dépêche de Paris 
ponr déguerpir aujourd'hui. C'est 
en blaguant avec la receveuse des 

Êostes qu'elle vient de me racon- 
T ça! » 

(Michel Paovnt.) 

Poor qu'on enteude tes harangues, 
Braille-lea dans l'argot du jour; 
Pourquoi pas ? Tu dois tour à tour 
Oébagouler toutes les langues. 

(A. GiLL.) 

A n'en fout pas eun* secousse, 

J' Tas la mette au pas. 
A iavotte, a bavê^ a gloutse... 

Moi, ça n' me va pas. 

(BLiDOaT.) 

1/ gouTemement, c'est un' bourrique ! 
T'en as soup^ d* la politique : 
Sur des riens t' aim pas à jacter... 

(P. Paillktts.) 

a La femme à Julot d'Alsace prétend 
connaître ceux qu'ont fait V coup et 
aurait ya^pm^, dit -on. » 

(Jka!v LoanAirr.) 

« — Tu comprends donc pas qu' faut 
jamais V ouvrir devant les naves? » 

— CAUSER DU CHAGRIN, DE 
L'ENNUI. Emmerder, Faire 
chier, V. Ennuyer. 

— CAUSER DE LA JOIE, DU 

PLAISIR, ii^^ec/fr, Hebonneler, 

« Ça r^becle de voir des copins qui 
s'entendent comme ça. » 

— CAUSER DU SCANDALE. 

Chambarder, Pé tarder. y. Bruit. 

— CAUSER DE LA VOLUPTÉ. 

Faire reluire, Faire voir les 
anges, 

'* Ceni une tingo : ça la fait r'iuire 
<V voir les clebs se'flairer V ligne, • 



— 91 — 



CED 



« En quoi, par exemple, se justi- 
fiaient tous ses autres prénoms et 
nom, puisqu'elle était bien, pour 
les ^ueux, loqueteux, stropiats, 
besaciers et mendigots, la Made- 
leine verseuse de caresses, la Cèles- 
tine ouvreuse de paradis, la Marie- 
des-Anges leur faisant voir tes 
anges, et la couette qui tient chaud 
et rend ben-aise. » 

(J. RiCHCPIN.) 

CAUTIOX. Cayon\ 

CAVALERIE. Gailkrie, 

» Ça m'aurait pas été d't^t' dans la 
gailVrie : faut d'abord s'occuper d' 
sou suçon avant d' faire pour son 
orgue. » 

CAVALIEK. Camlo, Fourche à 
faner *, Talon *. 

« On y voit des tas d* cavalos sur 
leurs gails. » 

CAVE. Fraîche, Parfonde, Pro- 
fonde, Prophète*, 

« r Ta envoyé à la fraîche chercher 
eun' rouillarde et, pendant c' temps- 
là, i' y a barboté tout Taubert du 
rade. » 

Avant qu'en douce je me fonde, 
Je m'enquille dans la parfonde 
Et prend» un bain par le goulu, 
Marluro, lonTa, turelu. 

(LtON Di: BSBCT.) 

CE, CETTE. Ve qui suit le c 
s'élide en parlant; les noms 
déterminés parce, cette, ces, sont 
presque toujours suivis de là, 

« C'ttc vacli'-là, i' s'a fait curé ! » 

(RlMI'' Po.fSAED.) 

CÉDER. Rengracier. 

« 11 a fallu au' Faute y file un coup 
d' longe (lans la peau pour quT 
rengracie. u 

— CÉDER SA FONCTION, SA 
PLACE, SON EMPLOI, SON 
DROIT, etc. Passer la main. 
Se défarguer, 

a II faudra pourtant bien que le 

ministère se décide à passer la 

main. « 

{L'Intransigeant.) 



CEI 



— 92 — 



CES 



CEINTURE. Anguille, BesouHle*, 
Estregnante *, Ficeleuse, Ficelle, 
Serrecouillcs (obscène), Serre- 
golle *, Tournante. 

CELA. Cinqui *, Sinqui *. 

CÉLIBATAIRE. Bibon, 

CELLIER. Coya*. 

CELLULE. Cellotte, Hurme\ La 
forme *. 

M Le premier qui r'ssaute, allez, 
ouste! en cellolte et à la crapau- 
dine, comme hi-bas. « 

— CELLULE DE TRANSPORTÉ 

à bord des bâtiments. Condisse, 

— CELLULE DE CONDAMNÉ 
A MORT. Abattoir. 

CELUI. Cti, chti (paloîsements), 
Çui. 

H — Je m' mettrai en face de çui qui 
voudra. » 

— CELUI-CI, CELt 1-LA. Çui-ci, 
çui-là, Sézig, Sézigo. Sezigite. 
V. Lui. 

CENDRE. Lusquine. V. Charbon. 

CENSURE (LA). Anastaaie. 

« Et il me souvient qn'Anaslasie, 
cette vieille prude qui donne si 
facilement son visa aux ordures 
débitées dans tous nos beuglants, 
interdit une ravissante chanson 
d'Henry Rubois... » 

(G. Nazim.) 

CENT. Reng *. 

— CENT FRANCS. Une livre, un 
mètre, une pile. V. Or. 

CENTIME. Bredoche, Brobèche, 
Broc, Broche, Broque, Fainin, 
Fenin. V. Billon. 

CENTRE. V. Milieu. 

CERCEAU. Sans-bout. 

CERCLE. (Club). Claquedent ou 
mieux Claque-dents. 



« Et ce soir, il était dans une de ces 
tristes heures, ayant perdu, au 
claque-dents, ses pauvres appoin- 
tements du mois prochain. » 

(J. RiCHEPIN.) 

CERCUEIL. Boite à asticots, à 
dominos ou^d viande, Couloir de 
bois. Étui, Étui à lorgnette, Pale- 
tot, Paletot de sapin. Paletot sans 
manches. Robe de chambre, Sap, 
Sapin, V. Bière. 

« La terre, pour moi, est une Concier- 
ç^erie de condamnés à mort ; aussi 
j'en ai fait sortir le plus que J'ai pu 
par le couloir de bois, les pieds en 
avant. Malgré ça, il en reste. » 

(G. o'EsPAiiBte.) 

CERNER. Cercler, Embarber et 
auelques-uns des termes, signi- 
fiant Arrêter. 

CERTAIN. En narlant d'événe- 
ments futurs : Couru. 

« — Tant qu'à la gosse à la concierge, 
a s'ra su' 1' tas avant six mois. Çbl, 
c'est coui^l »> 

CERTAINEMENT. Blague à part. 
Blague dans le coin, /* f écoute, 
J* te crois. V. Oui. 

«c — Si je l'aime?/ Vécoute... comme 
la prunelle de mes yeux I » 



a parer. 



CERTIFICAT. Faffe 
V. Papier. 

— FAUX CERTIFICAT. Lttque \ 

Luquet *. 

Ou au creux de ces rAtichonx 
Nos luqucs" nous leur prosentous... 
(Chamon de l'argot.) 

CERTIFIER. Foutre son billet. 
V. Affirmer. 

CERVEAU, CERVELLE. Bous- 
sole, Ciboulot, Citron, Litire *, 
Sorbonne. V. Tête. 

CESSER. Arrêter les frais, Bou- 
cler, Mettre les volets. Passer la 
main, Rengracier. V. Céder. 



CUA 



— 93 — 



CHA 



« — Je vous conseille à^arrélev les frais 
si vous ne voulez pas que j'aille en 
référer au patron. » 

« — Eh bien, et Léon? 

— Léon, mais c'est bouclé. » 

(J. Makni.) 

» — Mettez les volets; si le père nous 
chopait, i' Trait rien du Larouf. » 

CHAGRIN. Cheveux, Émusse^ 
Haire*f Morasse*, Mousse, 

« — Tu f fais d' la mousse^ tu t' fais 
d* VémAsse pour eun* lézée qui vaut 
pas r coup ! » 

— AVOIR DU CHAGRIN. S'épi- 
tonner *f Saigner, 

CHAGRINER. Blustei' % Faire 
saigner. 

« Ahl il Ta fait saigner ^ la pauv' 
môme, i' yen a dit d' toutes les 
couleurs... ah ! oui, pour sûr, qu'a 
saignait, et cher ! » 

CHAUVE. Branlante*, Bride, Ca- 
delle, Cordelière, Gourmette, Pen- 
dante. 

« Y en a qui font des magnes avec 
des girtières en toc; moi, si j' met- 
trais une Ifride, j' voudrais qu'a 
soye en jonc. » 

« A y ont fauché son bogue et sa 
gourmette. » 

tt r s'a offert une pendante en plate 
avec un médaillon pour mette les 
tiffes de sa bergère. » 

— CHAINE LOURDE ou de 

valeur infime. Bride au kil 
(mot à mot chaîne au kilo). 

« — Fais donc pas 1' gandin avec ta 
cordelière, c'est d' la bride au kil : 
ça vaut qu* lape. » 

— CHAINE EN BRACELET. 

Gourmette, Jarretière. 

— PARÉ DUNE CHAINE. Bridé. 

— CHAINE DE FORÇATS. Ar* 

mée roulante *, Guirlande» 

tt On appelait armée roulante * la chaîne 
des forçats qui, sous la conduite de 



gardes-chiourmes, se rendait de 
Paris aux bagnes de Brest, de Tou- 
lon, de Lorient ou de Rochefort. » 

(Hector Fbancc.) 

« La chaîne de forçat est appelée 
guirlande parce que, remoutant 
du pied à la ceinture où elle est 
fixée, elle retombe eu décrivant un 
demi-cercle dont l'autre extrémité 
est rattachée à la ceinture du com- 
pagnon de chaîne. » 

CHAIR. Barbaque, Bidoche, Crie *, 
Crigne *, Crignolle*, Criolle*, Har- 
nais *. V. Viande. 

tt On y aura filé d* la barbaque de 
youpin. » 

« — J' sais ben que c'est pas rigolo 
de s'faire poisser, mais faut core 
trop t' plaindre, tu rappliques un 
jour de bidoche. » 

« — Comme tu joues des dominos : à 
te voir on croirait que lu morfiles 
dans de la crignole*. » 

(M. Mabio ct L. Lacvay.) 

— CHAIRS ABONDANTES ET 
FLASQUES. Colle de pâte. Géla- 
tine, Tripaille, Tripes. V. Sein. 

CHAIRE. Égmgeoir. 

CHAISE. Dossière, Reposante, 
Séante, Siante". 

'< — Avance eun' dossiere à môssieu. » 

« — Reste sur ta r'posante si t'es fati- 
guée et laisse Cécile faire la tam- 
bouille. » 

— CHAISE EN BOIS. Dossière 
de salle, de satou. 

— CHAISE-LONGUE. Flâneuse, 
Fumeuse. 

— CHAISE PERCÉE. Eudoxie, 
Mère Thomas. 



CHALE. Blard\ Blavard\ 

— CHALE-CACHEMIRE. 

naux *. 



Ter- 



« Elle prit un schale de coton; le 
temaux* était au Mont-de-Piété. » 

(Ricard.) 



CQA 



— 94 — 



CHA 



CHALEUR. V. Chaud. 

CHAMAILLER. HaHcander. 

CHAMBRE. CambrioUy Cam- 
briotte *, Caréôf Cadrée, Case, Con- 
dicCf Condissej Conditionj Niche, 
Piaule, Piôle, Piolle\ Planque, 
Repioulement, Taule, Tôle, Tume, 
V. Dévaliser, Plafond. 

J'enqaille en sa cambriole 
Espérant de Tentifler. 

{Chanson argotique.) 

u r dégote la môme avec mézigue au 
moment où on démurgeait de la 
carrée. »» 

« A m*a donné son portrait qu' j'ai 
mis dans ma case, au d'ssus du 
plume. » 

A m' fait mon prêt tuus les matins 
Uuand a radine à la eondiae. 

(L. DK BirtcY.) 

Quand qu'ail' rappliqu' à la niche 
Et qu nous somm's poivrots, 

Gare au bataillon d' la guiche ! 
C'est nous qu* est les do3. 

(J. Riche PUN.; 

Ainsi, ar'gard' les masons closes 
Où roupili'nt ceuss qui croient en toi. 
Sûr qu t'es là, su' des bénitiers 
Dans les piaul's... à la tel' des pieux. 

(JsHAïf Rictus.) 

Tu m' coût' des truc' à la manque 
Mais, Ta, t' t-à l'heure, à la planque 
Nous allons r'jacter d' tout ça. 

(BlUdort.) 

'i On Trait mieux d' s'occuper, comm' 
tu dis « des petits fieux, des filles- 
mères, des pauvres vieux » et d' 
tous les mistouffiers et d' tous les 
mouisards eq* la Société laiss' saus 
fringues, sans gringueet sans tôle. » 

« — Sors donc d' ta tume, eh I bour- 
rique î >» 

— CHAMBRE PETITE OU mal 

tenue. Bagnole^ Cambuse, C*an- 
fouiney Canicholte, Cani jatte, 
Canijolle, Cassine. 

« On va pas pieuter dans c'tte bognole- 
là? Ça gazouille tropl » 

« Heureusement, se dit-il, qu'il y a 
du jonc, là-haut, dans la case, et 



probablement du plâtre à la can- 
fouine. » 

(E. LlPKLLETIKa.) 

« Ya pas de quoi abriter un homme 
ici; c'est une canichotte et encore, 
à peine oserait-on y loger un 
chien. » 

Manchots, aveuffles, culs-de-jatte, 
Fripes, rripouilTes et fripons, 
Nous sommes les %9Ji%-canijaUe... 
C'est nous qui couchons sous les ponts. 

(A. B.) 

~ CHAMBRE MEUBLÉE. Gamo. 

a — Quand tu sors de notre oarno pour 
aller masser au bourvard extérieur, 
crois-moi, faut point dépasser la 
place du Delta. « 

(Thublot.) 

— CHAMBRE D'HOTEL réser- 
vée au casuel. Train de plaisir. 

« On appelle train de plaisir, en 
argot de police, la chambre réser- 
vée dans les hôtels aux amours 
anonymes d'une heure. » 

(GoaoR.) 

— CHAMBRE A TABATIÈRE. 

Fanfouine. 

— CHAMBRE DE PROSTI- 
TUÉE. Atelier, Dehors. Quand 
la locataire ne couche pas habi- 
tuellement dans l'endroit où 
elle exerce, son Atelier devient 
un Dehors. 

D'puis qu'a s' sert des « p'tll's annonces « 
C'est épatant c' qu'a voit d' gonces 
Visiter son atelier. 

(Bbiollct.) 

u Sa jalousie de marlou épris était 
telle qu'il lui répugnait que sa ber- 
gère ramenât « chez eux » et il lui 
avait fait louer rue du Château- 
d'Ëau un dehon où elle exerçait de 
midi à deux heures du matin. » 

{La Bavarde.) 

— CHAMBRE CORRECTION- 
NELLE. Carrée des petites 
gerbes. 

CH.VMBRIÈRE. Bonniche, Millo- 
gère*. V. Bonne. 

CHAMEAU. Bossemar. 



CIIA 



« Depuis que la Godille est revenu 
du pays des bossemars^ il est bien 
plus chameau qu*avant. » 

CHAMP. V. Campagne. 

CHAMPAGNE (VIX DE). Coco 
épileptique. Expression créée par 
Mûrger, mais dont la fortune est 
plutôt contestable. 



— 95 — CHA 

CHAXDELIEK. CamoufieL 



— BOUTEILLK DE 
PAGKE. Pistolet. 



CIIAM- 



a Elle voulait boire du champa^e 

pour s'étourdir. 
— Deux pistolets cordon rouge ! coni- 

manda-t-elle. » 

CHANCE. V. Aubaine. 

— CHANCE EXTRAORDI- 
NAIRE. Veine de cocu, 

« Gagner le gros lot et enterrer sa 
belle-mère le même jour, ça peut 
s*appeler une veine de cocu.' '^ 

— AVOIR BEAUCOUP DE 
CHANCE. Coucher avec. Mar- 
cher ou avoir marché dedans. 
(V. ci-dessous). 

CHAXCEUX. Bénit, Bidard, Chan- 
çard, Cocu, Des bons, Veinard, 



(t 



Il est veinard, c' goncelà, tout y 
réussit ; sClr, i' doit marcher d' dans 
tous les matins ! i> 

A nous gloire et fortune ! 
Massacrons les bidards 
El faisons la Commune 
Des lettres et des arts. 

(C. DE Saintc-Cboix.) 

Avec lot la Muse ne jeûne 
Comme avec défunt Abélard. 
Tous les matins elle déjeune 
Ayee toi^ la Muse, chançard. 

(Raoul Po.ncho.n.) 

Il est toujours de» Itons, le mec ; 
Il doit être cocu^ parole ! 
Il est bénit ; il couche avec : 
Il n'a même pas la vérole. 

(BLiDORT.) 



CHANCELER. Cascader, hocher. 

Dis-moi, Véuus, quel plaisir trouves-tu 
A faire ainsi aiscader ma vertu? 

{La belle Hélène.) 



CUAXDELLE. Ardente, Bomette % 
Bougie grasse, Calbombe, Cal- 
bonde, Camouffe, Camoufle^ Flam- 
barde, Luisante, Mouchique *. 
V. Bougie. 

« T'as mal aux haricots ; ï major te 
dit d'y mette d' la bougie grasse. » 

c Bonsoir, Luc, on voit pus qu* pouic : 
il a mouché sa flambarde. » 

CHAXGEMEXT. Chanstiquage ou 
Chanstiqucment, 

(« l's s'ront pas marida huit jours : il 
aime trop V chanstiqucment. » 

— CHANGEMENT DE PERSON- 
NEL. Lessivage, Lessive. 

« On a fait beaucoup de tapage à 
Toccasion de certaines irrégularités 
qui ont motivé une lessive à la Pré- 
fecture, lessive qui a porté surtout 
sur le service de la Sûreté. » 
{Mémoires d'un inspecteur de la Sûreté.) 

— CHANGEMENT DE RÉSI- 
DENCE ou de domicile. Décar- 
rade, Déplanque, V. Déména- 
gement. 



- CHANGEMENT 

V. Abandonner. 



DE VIE. 



— CHANGEMENT EN AMOUR. 

Paillassonnage. V. Infidélité. 

CHANGER, V. n. Chanstiquer, 

« — J'ai rencontré ta frangine, aile 
est chausliquée à son avantage : a 
d'vient gandine. » 

— Vieillir. S'affûtei', Se dégom- 
mer, Se déjeter, Se dfhnou- 
cheter, (Ce dernier verbe ne 
s'emploie guère qu'à l'inli- 
nitif et au participe passé.) 

« Quandj'ai commencé à w' fl^ti/er, a 
fallu que j' plaque mon bouleau. » 

« Y a longtemps qu'elle aurait dû 
remiser ses œillades, car elle com- 
mence à se démoucheter sérieuse- 
ment, la pauvre. » 

I — V. a. Chanstiquer. 



CUA 



— 96 



CIIA 



«< — Qu'est-c' que c'est que cHte 

pièce-là? 
— Va la chansliquer\ tu verras si aile 

est bonne. » 



— J' peux pas allei 
c'tte lîquetle-là. J' 



aller au thé&tre.avec 
vas en chànsli- 



qnev. 



— CHANGER D'OPINION. Chan- 
ger son fusil d'épauleSy Retour- 
ner sa veste, 

« Si cela continue il faudra à M. Dupuy 

une nouvelle paire d^ffpaules pour 

lui permettre de changer encore son 

fusil. » 

{La Petite République.) 

— CHANGER DE RÉSIDENCE. 

DécaiTer^ Démurger, Déplan- 
quer. 

— En rompant son ban : Cas- 
ser sa canne, 

ic C'est dans sa nature, faut qu'i roule 
sa bosse. C'est pour ça qu'il a cassé 
sa canne ; mais la r'nifTe s'est aper- 
çue qu'il avait démurgé et si i' ren- 
quille à Pantruche, va core falloir 
qui* déplanque^ si i' veut pas ête 
re tapi s se. » 

— CHANGER D'EXISTENCE, 

avec idée d'amendement. Ache- 
ter une conduite. V. S'amender. 

— CHANGER D'AMOURS conti- 
nuellement. Camper, Courir, 
Paitlassonner, 

»« Clara se serait bien mise avec lui, 
mais il aime trop camper; il ne s'at- 
tacherait pas, ce paillasson-lâ. » 

Et pendant aue, bonne personne, 

Elle soigne le pot-au-Teu, 

Son brigand depoux pailUutonne. 

CHANGEUR. Balanceur de braise, 
Beunier, Sauterolte \ Sauteron *, 
Sauterondolles *. 

CHAIVSOX. GoualanlCy Salade. 
V. Chanter. 

— CHANSONS. (Balivernes.) Bo- 
niments, Couittonnade. 

CHANTAGE. V. Escroquerie. 



CHANTER. Canter (pi'ovençal), 
Dégosiller, Galouser *, Gazouiller , 
Goualer, Gueuliber *, L'envoyer, 
La pousser, Pousser la goualante 
ou si m pi. En pousser une, Se gar- 
gariser, 

« — Dis, petit, cante un peu ta salade 
à la Paulus. » 

« — Quoi, personne ne veut dégo- 
siller'i... Eh ben, moi, j' vas vous 
en pousser une ; et une bath I » 

Quand tu Venvoys, la sorguc, 
Ha môme, entre mes bras, 
Esgourdes-tu mou orgue 
Qui gazouille tout bas : 
Ta goualant' me dérargue 
Des regoûts les plus lourds... 
Goualez, gouales, ma largue, 
Goualez toujours ! 
{Parodie argotique de la Sérénade 

de V. Hugo.) 

« — ^entendras un frère qui lu pousse ; 
ah ! dis donc, tu sais, y a pas d'er- 
reur, çui-là, i' s' gargarise comm' 
les mecs de la grande Opéra. » 

— CHANTER FORT. Avoir du 

galoubet . 

— BIEN CHANTER. Venvoyer, 
La pousser, avec un sentiment 
d'admiration. 

« Le baryton, i' chante comme un 
fiac, tant qu'à la chanteuse... ail' 
Venvoye\ » 

— MAL CHANTER. Dégueuler. 

« H n'y a que nous autres, du Midi, 
pour avoir du creux et du galoubet. 
Vous autres, du Nord, vous ne can- 
lez pas, vous déyueulez. » 

CHANTEUR. Goualeur, 

• Cest un méchant goualeur de caf- 
conce. » 

— CHANTEUSE. Goualeuse. 

C'cit Nini Buiïet, la Goualmxe. 

(Ul^dout.) 

— CHANTEUR OU CHANTEUSE 
MÉDIOCRE. Seringue. 

« — Allons nous-en, la « demoiselle 
de la maison » va chanteré 

— Vous ne tenez pas à l'entendre ? 

— Une pareille seringue, merci ! » 



GHA 



— 97 — 



CHA 



CHANTRE. Goinfre. 

CHANVRE. Nivet, Nivette. 

CHAPEAU. Bloum, Bloumard, 
BloumCy Boston *, Caloquet *, Cam- 
brion *, Cambriot *, Capety Capiott 
Chapalj Comble *, Combre *, Corn- 
briau *, Combneu *, Corniche^ 
Couvre-amour y Doule^ Doulosse, 
Duc, Epicéphale (arg. des écoles), 
OalurBy Galurin, Marquin *, Toi- 
ture, 

Ton blottml j dal' du Grand Empire. 

(Jbhah Rictus.) 

<( — A s'a payé un blouine, un bath 
douiosse a 4.80. » 

« — Ah! c' galurel.., avec ça su' la 
schnassOf t'as Tair d'un mocco à 
Corvi. » 

m — Allez, mets ton capet; on s'en 
va! » 

« — Qui qui m'a pris mon capiolf j' 
peux pas m'en aller nu-tête. » 

Son carie j'ai pessigué, 
Son coulant et sa montante 
Et son combre* galuché. 

{Chanson argotique.) 

« Il était tout joyeux de quitter son 
boston de bahut pour une plus chic 
ioHure : un épicephate de boulevar- 
dier. » 

<f — Tu piges mon duc'i 11 est à la 
mode, j' suis coiffé comme un mi- 
nisse. » 

Vieai squ<>lette au ventre en entonnoir, 
Chef blanc coiffé d'un galurin noir! 

(J. RicHipm.) 

— CHAPEAU PLAT. Tuile, 

— CHAPEAU ROND. Cloche, Me- 
loUy Nid de merle. Nid de pie. 

« Allons, monsieur se distingue, il se 
met sous cloche. » 

(DCRAZID.) 

« — Mince de frusques! dit Mahurel, 
un complet, un melon, du linge... 
t'as donc fait un héritage? » 

(F. CoprÉE.) 

— CHAPEAU DE SOIE. Caber- 
luche galicé*. 



— CHAPEAU HAUT DE FORME. 

Album, Boisseau, Boite à cornes, 
Blockhauss, Bolivar, Bosselard 
(arg. des écoles). Cadrât ou Ca- 
dratin (arg. des typographes), 
Capsule, Colonne, Cylindre, Dé- 
calitre, Gibe, Gibus, Lampion, 
Loupion *, Trombion, Tube, 
Tuyau, Tuyau de poêle. 

C'était bath du temps d* Badin^çue! 
J' sortais 1' dimancn' qu'en boiêseau. 
Souliers vernis et redingue. 

« D'un furieux coup de poins il assura 
sa boite à cornes, qui s'anaissa lé- 
gèrement sous ce choc inattendu; 
puis il sortit en poussant un hor- 
rible juron. • 

« — Tu vas à la noce, que t'as sorti 
ton cadrattnl » 

(G. Amyot.) 

« — Chaque fois que je sors ma cap* 
suie, il lui arrive des accidents. Je 
ne la mets pourtant qu'aux noces. » 

«t Le père Chotard ne mettait sa 
colonne que les jours d'enterre- 
ment, w 

« Le décalitre sur l'oreille, et frisé 
comme un jeune marié, il descen- 
dit en sifflotant le faubourg du 
Temple. » 

Une dame en wagon attrape une colique : 
A càté d'elle était un gibus magnifique, 
Le voyageur dormait... le reste va de soi..« 

(H. Franci.) 

« Pour un' fois que j' sors mon tube, 
v'ià qu'i' lansquine. n 

— CHAPEAU BOSSUE, APLATI, 

Accordéon, 

H Hélas! son joli cylindre tout neuf 
n'était plus qu'un ridicule accor- 
déon, que le postérieur, tant admiré 
tout à l'heure, de la verseuse venait 
d'ainsi transformer. » 

{La Bavarde.) 

— CHAPEAU DE PAILLE. Pa- 
nama, 

— CHAPEAU BLANC de cer- 
tains cochers de fiacre. Pot de 
chambre, 

« Un cocher de l'Urbaine escalada la 
tribune et commença ainsi son dis- 

7 



CBA 



— 98 — 



COA 



cours : CaiDarades, vous m^excuse- 
rez si je garde mon pot de chambre 
sur la tête, mais je crains les cou- 
rants d'air. » 

— CHAPEAU BICORNE en ba- 
taille. Tournevis^ Frégate (arg. 
des marins). 

« Les launes étaient là, le bancal de- 
hors, et r tournevis su' les châsses. » 

« La manière de porter la frégate a 
été pour la première fois enseignée 
en 1824 par Baupré, ancien danseur 
de ropéra, qui donnait à l'École des 
leçons de danse et de maintien. *> 

(Alosrt Lévy et G. Pihkt.) 

— CHAPEAU DE FEMME dé- 
modé, ridicule. Bagnole^ Bagno- 
tet, bibi, Cabas^ Cabasson^ Cas- 
serolCt Lucarne, 

« Elle avait Tair, avec son vieux tar- 
tan miteux et son bagiioiet à plumes, 
d'une tireuse de cartes... >» 

(HERBiar.) 

« Son costume se composait de bas 
blancs, d'un jupon de futaine à 

grands ramages, d'une camisole 
lanche et d'un vieux cabasson où 
pleuraient deux pensées. » 

^H. SoMBftt.) 

« Elle avait le cheveu rare sous ses 
frisons et sa natte d'occase, por- 
tait du linge douteux, une toilette 
démodée, un bibi acheté au décro- 
chez-moi ça. » 

(J. RtCHEPlK.> 

« 11 en est qui, nu-tète, paraissent insi- 
gnifiantes et très quelconques ; c'est 
la majorité. Eh bien! celles-là 
mêmes deviennent presque jolies 
quand elles ont coiffé l'horrible 
lucarne salutiste. » 

(J. Lakoke.) 

CHAPELIER. Castoi'in % Corn- 
brier *, Couvreur, 

« — Viens jusque chez l' couvreur^ 
y te vas payer eun' bûche. »» 



— CHAPELIER 

Gnoleur, 



RETAPEUR. 



« La plupart des gnoleurs sont étran- 
gers, Deaucoup de Polonais; la 
matière première leur est fournie 



par les marchands d'habits et par 
TAngleterre où les chapeaux « hauts 
de forme » sont abondants. »> 

(DCLESALLC.) 

CHAPON. Castroz\ Catrot\ Esta- 
fon *, OrnioUy Omioys*. 

« On se calera les joues avec une 
bouillante au lard et un omion à la 
mode. » 

CHARBON. Lusquin, Moricaud. 

« Si l'durva pus, qui qu'amèn'ra la 
barbaque à Pantruche? et les bou- 
gnes, où qu'i's prendront 1' lus- 
guin'î n 

« 11 est courant, c' greffier-lâ, il est 
toujours fourré dans V moruaud. » 

CHARBONIVIER. Bougnat, Dou- 
gnCf Boulanger *, Manival *, 

M — Va chercher un kil chez le 
bougnCf à côté de Tépicemar. » 

— CHARBONMÈRE. Bougnate. 

« — Ten as une gueule noire! Tas 
donc embrassé une bougnalel » 

CHARCUTIER. Cochonnicr, 
GraoUy Graoudjcm, 

« — Chez le cochonnier tu prendras 
quatre ronds de saindoux. » 

«c Le vendredi saint, les louchersbem 
et les graous font la bombe. » 

CHARCUTERIE. Graou, 

'c — Puisque t'as du goût pour le 
cochon, mets-toi dans 1' graou. » 

CHARGE. Carge *, Cargue (apoc. 
de Cargaison), FardiSf Farguc, 

« — Tu vas pas monter la chaussée 
avecque c'tte cargue-lîi su' l'en- 
dosse? » 

n — Tu vas crever ton gail avec un 
fardis pareil. » 

« — Donne la moitié d' ta fargue ; tu 
dois en avoir ton pied. » 

— TÉMOIN A CHARGE. Parrain. 

V. Témoin. 



CHA 



— CHARGE. (Plaisanterie.) Couil- 
lonnade^ Fumisterie, 

CHARGER. Farguer, 

« Si vous êtes fargués de la came- 
lotte grinchie. • 

(M. Makio et L. Ladmay.) 

« A Ta prév'na qu* si 1* curieux la 
fsait v'iiir, a 1' fargnrait ciier à 
cause des vach'ries qu'i' y a faites. » 

« Pas moyen d' s'en séparer, des 
mômes; faut ben les garder et s'en 
farguer, » 

— CHARGER LA FOULE. Ser- 
vir le Irépe, 

H — Gàfe, v'Ià les cipaux qui s'a- 
mènent; sûr qu'on va leur-z-y 
faire servir le trépe. n 

CHARGEUR. Fargucur, 

CHARITÉ.Camtade (hispanisme). 
V. Aumône. 

CHARLATAN. Charrieur, Char- 
rieur cambrousieVy Manyin, Mar- 
chand de mort subite, 

H — Ah! vous ajoutez foi à tout ce 
que débitent les mangins de la 
politique? • 

{Le Pilori.) 

« Il restait bayant au vent, en écou- 
tant les bouiments d'un marchand 
de mort subite installé à l'intersec- 
tion des deux voies et qui débitait 
je ne sais quelle droirue. » 

(il. SoxnnE.) 

CHAROGNE. Macchabée. V. Ca- 
dayre. 

CHARPENTIER . Compagnon 
chef de chantier : Gâcheur, bous- 
chef de chantier : Sous-gâcheur, 
Le sous-gdcheur distribue le tra- 
vail que le gâcheur a tracé et le 
fait exécuter. L'aide-compagnon 
est appelé Lofât. 



— 99 — cnA 

CHARRETIER. Roulotin. 



— CHARPENTIER EN 
MENT. Escaliéleur. 



BATI- 



— CHARPENTIER EN DÉCORS. 

Carcassier. 



CHARRETTE. Houlotte, V. Voi- 
ture. 

CHASSER. (Congédier.) Balancei\ 
halaiistiqucr y Balayer, Barrer, 
Bouler, Débarquer, Déporter, Dé- 
poser, Dévoyer, Donner du balai, 
de la pelle au cul, son sac à. Jeter , 
Sacquer, Vicier, Vider. 

« Y avait pas quat' jours qu'il était 
dans c'tte place-là qu'il a trouvé 
r moyen de s' faire halanstiquer, » 

« Tu m' sciesl tu m' dévoyés \ tu m* 
plaques! tu m' harn's\ tu m' vides l 
tu m' boulesl... Tu me r'mercies 
comme un larbin I » 

« Le patron a foutu son sac au grand 
Jules, rapport qui faisait toujours 
el' lundi. » 

« L'arpetle a été jelé pour avoir pieté 
le pive au contre-coup. » 

CHASSEUR A PIED, CHAS- 
SEUR A CHEVAL, CHAS- 
SEUR D AFRIQUE. V. Soldat. 

CHASSIE. Cire, Mite. 

m Tout le monde connaît ce souhait 
ironique : « Je vous souhaite une 
bonne année, la mite à l'œil, la 
crotte au cul, la morve au nez. » 

CHASSIEUX. Cireux, 5!iteux. 

« On comprend que ce fonctionnaire 
soit clérical ; ce miteux fournit assez 
de cire, en eU'et, pour alimenter de 
cierges plusieurs paroisses de la 
grande cité lyonnaise. » 

CHASTE, adj. m. Joseph, Mascot. 
— Adj. f. Mascotte. V. Vierge. 

— FAUX CHASTE. Pudibard. 

CHASTETÉ. Bérengérisme (néolo- 
gisme tiré du nom du sénateur 
Bérenger). 

« La récente aventure du sénateur- 
pasteur évangélique Dide, ardent 
apôtre du Bérengérisme, démontre 



CH\ 



— 100 — 



GHA 



suffisamment que la morale pu- 
blique et officielle de ces bihardi 
n^a rien de commua avec leur 
morale privée. » 

(Hector Fkakci.) 

— JOUER LA CHASTETÉ. Fai}*e 

son Joseph^ son Père4a'Pudeur, 

CHAT. Estaffier \ Estaffion \ Gas- 
pard, Gat*, Greffier, Griffard, 
Gripardy Grippard, iMpin de gout- 
tière. Lièvre, Minon, Mistrique. 

« 11 avait des moustaches comme un 
greffier en rogne. » 

« Quand a monte au ciel, a gouale 
comme les griffards qui s^ font du 
m^nu su^ les toits. » 

« On avait chauffé le gripard de la 
taulière qu'on a mis en gibelotte ; 
et Mi lot ne se gourait pas qu'il 
s'enfonçait du lapin de gouttière. » 

CHATAIGNE. Castagne (proven- 
çal), Moussue *, Truffe de savetier. 

CHATEAU. Piget, Pipet. 

CHATOUILLEMENT. Cha- 
touilles, Pattes, Pattes d'araignée, 

« Et un de ces corps délicats, souples, 
graciles comme il en apparaît dans 
les gouaches galantes des petits 
maîtres de l'autre siècle, résistant 
avec de feintes pudeurs aux assauts 
d^amour, tressaillant, palpitant, 
riant, perdant la tête a la plus 
imperceptible chatouille qui les 
frôle, et si étourdies qu'elles ten- 
dent leurs lèvres quand on n'implo- 
rait qu'un timide baiser sur les 
doigts. » 

(RlQOIT.) 

CHATOUILLER. Faire des cha- 
touilles, des pattes d'araignée. 

« Elle est, paratt-il, rebelle à l'étreinte 
bien qu'elle tolère que ses clients 
lui fassent dans le cou d^excitantes 
pattes d'araignée, ■ ' 

CHATRER. Abélarder, Ahélardi- 
«er, Désatiller *. 



« D'un colonel vous courtisez la 
femme, s'il vous surprend, il vous 
abélardisera, » 

(PomiEMKUL.) 

CHÂTRÉ. Chantre de la chapelle 
Sixtine, 

CHAUD. V. Ardent. 

— AVOIR TRÈS CHAUD. Cuire 
dans son Jus. 

— IL FAIT TRÈS CHAUD. Il 

en fait un plat, 

CHAUDRON. Coquemar, Coque- 
mart. Marmouset*. V. Bouillir. 

« La grande cheminée s^ouvrait 
comme un porche. Des toiles d'arai- 

Ênées penaaient au toumebroche. 
es casseroles s^alignaient auprès 
des coquemars et des chaudrons. « 

(11. DE RiGHIEM.) 

CHAUDRONNIER. Jalo\ 

CHAUFFER. Riffauder, Riffer. 
V. Brûler. 

— SE CHAUFFER EN SE RE- 
TROUSSANT. Faire la petite 
chapelle. (Se dit en parlant des 
prêtres et des femmes.) 

Met brt9, mes jambes, mof appas, 
Toul ça îbutail 1' camp, i grands pas. 
J'osais pus fnir la p'tiV chapelle^ 
A Greuelle. 

(A. B.) 

CHAUFFE-LIT. Boule, Ce mot 
est aujourd'hui passé dans le 
langage courant. 

CHAUFFERETTE. Chauffe-grip- 
part (obscène). Gueux. 

CHAUFFEUR. (Bandit.) Riffau- 
deur, Suageur. V. Brûler. 

CHAUSSETTE. Panufe, Sachet. 

— CHAUSSETTE FAITE DE 
CHIFFONS. Chaussette russe, 

y D*ai Traiment d' rvf«* que mes chcuutette* 
Et eneor vrai, dans quel état I 

(JlBAH RiCTOS.) 

CHAUSSURE. Flacon, Panard, 
Passe, Passif, Pompe, Ribouis, Ri- 



CHA 



— iOi — 



GBE 



clol. Tartine, Trottin, Trottinet. 
V. Botte, Bottine, Sabot, Soulier. 

— CHAUSSURE A SEMELLE 
DE FEUTRE OU de chanvre. 
Passe à la rousse, 

CHAUVE. Acajou, Bille ou boule 
de billard, Caillou, Déplumé, Ge- 
nou, Hollande, Nib de douilles, 
mb de tiffes. Œuf, Œuf d^au- 
Iruche, Piein-e à l huile ^ Pomme 
d'escalier, Tète de cire. Tête de 
veau. Tête nickelée. V. Crâne. 
On dit encore du chauve qu'il 
A le front dans le cou, qu'il Se 
dégazonne ou se déplume, qu'il 
Grandit, qu'il A retourné sa brosse, 
que Sa tùte dépasse ses cheveux, 
qu'il n'a plus d'Alfa sur le pla- 
teau, de Chapelure sur le jambon- 
neau, de Cresson sur la fontaine, 
de Fil sur la bobine, de Gazon sur 
la terrasse, de Mouron sur la cage, 
de Mousse sur le caillou, de Paille 
sur le tabouret; si la calvitie n'est 
pas très accentuée, il n'a encore 
que Des vers dans son manchon, 

« Un affreux rôdeur de liarrière com- 
parait en cour d'assises ; il a assas- 
siné un malheureux vieillard sans 
défense. 

— Votre proression? 

— Casseur de cailloux... 

Et il jette un regard menaçant et 
féroce sur le crâne chauve du pré- 
sident. >» 

(HCCTOB PbaI«C£.) 

« — Ma foi, on se défend ! Et sans ces 
satanés cheveux qui s'obstinent à 
filer, on pourrait encore faire figure 
de jeune homme... 

— C'est vrai que tu te déplumes ferme. » 

(PONTAILLAC.) 

« Un artiste capillaire, un brin facé- 
tieux, offrait à un client chauve 
comme un veau de lui faire un 
« schampooing. > 

— Non! dit le genou en souriant 
amèrement, une vinaigrette. » 

« A cause de sa calvitie presque com- 
plète, Paillette s'est vu surnommer 
Pierre à l'Uuile-, et il ne s'en fâche 
pas. » 



— CHAUVE QUI TENTE DE 
DISSIMULER sa calvitie en 
utilisant les dernières mèches. 
Rameneur. 

CHAUVIN. Patriotard, 

CHEF. Dos*, Can\ Coesre % Dab, 
Duc % Marpau ", Mec, Meck, Meg*, 
V. Patron. 

tt Tu causes qu'avec un bourguignon 
comme il en fsait un, si tout Tateil- 
1er avait la cosse! Alors on a laissé 
r dab en frime et ou est parti à la 
rigolade. » 

a II y a un mot qui reparaît dans 
toutes les langues du continent 
avec une sorte de puissance et 
d'autorité mystérieuse. C'est le mot 
a magnus *>. L'Ecosse en a fait son 
mac qui désigne le chef du clan; 
l'argot en a lait le meck et plus 
tard le meg, c'est-à-dire Dieu. » 

(V. Huoo.) 

— CHEF DE BAXDE. Aigle blanc. 
Cotise*, Mégard, 

« Les chefs de bande ont le titre 
d'aigles blancs, » 

(G. MAct.) 

« Le Cotre * me proposa d'ôtre des 
leurs, on faisait la grande soûlasse 
sur le trimar. • 

(Y. Hugo. 

— CHEF MILITAIRE. Kébir 

(arabisme). 

<f Ma seule appréhension était que le 
kébir ne revînt, ne m'appelât et ne 
me fit manquer mon rendez-vous. » 

(HeCTOK FftA!«CB.) 

— CHEF D'USL\E, D'ATELIER, 
DE MAISO^r, DE MAGASIN. 

Galeux, Manche, Singe. V. Pa- 
tron. 

Sentant son patron s'approcher, 
L'arpett* crie, en cessant d' flïkner : 
« V*ià r manche'. * 

(Bl.ÉOORT.) 

CHEMIN. Anlîf, Pelé, Rade, Rub, 
Ruban, Tirou\ Trimar, Trimard, 
Trime. 

Et souvent la 4)atteus' d'antifs 
Comme un mâle abattait son homme. 

(A. B.) 



CHE 



Pisque j' m'a mis moi-mAme ao ban 
D' la «ocièté — comm' dit Tot' code — 
J'arpente V pelé,,., j* suis V ruban 
Qui mèoe où qu* la vie est commode. 

(L. DB BsacT.) 

— CHEMIN DE FER. Dur, Chien 
de fer, Rub de rif ou de rifle. 
V. Train. 

« L* dimanche, ils prennent V dur et 
vont s* les rouler à la canibrouse. » 

Ysoa! t'entends pas ce hurlement? 
C'est l' cri des chiefu<rfer,ée% remorqueurs. 

(Jeham Rictcs.) 

« 11 était venu d'Arnelle à Pantruchc 
à pinces en suivant le rub de rifle. » 

CHEMINÉE. Bouffardière, Com- 
mode. 

CHEMIIVER. Battre Vantif, Bier *, 
Trimarder, Trimer. V. Aller, 
Marcher. 

« — Si tu veux trimer avec meziôre, 
nous aquigerons grande chère. » 

{Le Jargon.) 

CHEMISE. Bannière, Limace^ Li- 
masse, Lime, Liquette, Sac à lard 
ou à viande. 

« Défripant sa chemise, tannière 
flottante sur ses jambes velues, il 
répliqua lentement avec aplomb... » 

(G. LoistAU.) 

Le soir on l'vait eun' pétasse... 
Un choléra sans /lmac^, 
A la plac' Mauberl. 

(A. B.) 

T'as pus d' grimpant... t'as pus d* Hquette, 
Tes lapp'-la-bou baill'nt de douleur... 

(Jeuam Rictus.) 

« A fait la crâneuse d'puis qu*a s^ met 
des sac 'à-lard à trent'-ncuf bour- 
gues. » 

— SANS CHEMISE. A poil. Dans 
la iiffuelte du p^re Adam ou de 
la mère Eve (selon le sexe). 

Merd' ! V'Ià l'hiver et ses dur'tés, 
V'ià r moment de n' pus s' metl* à poiU, 

(JiUAiv Rictus.) 

« Quand nous Pavons surprise, elle 
était dans la chemise de la mère 

ÈV€. » 

CHEMISETTE. Limasine. 



— 102 — CHE 

CHEMISIER. Umacier. 



« Y en n*a pas épais comme sézigue 
pour turbiner À la tire chez les 
limaciers. » 

CHER. (Coûteux.) Chaud, Chérot, 
Épicé, Gris, Grisâtre, Grisolle, 
Salé. 

« — Je n*ai pas pour habitude de 
marchander, dit-elle d^un petit air 
pincé; mais j'estime que deux mille 
quatre, c'est un peu chaud. » 

{Le Patriote.) 

« r voulait pas été insoumis paV que 
ça finit toujours par coûter trop 
chérot. » 

« — Votre compte est diablement 
épicé, » 

(H. FaAwcs.) 

« Si c'est pas trop grisâtre y veux 
bien banquer d^ la croustille. » 

« — Douze balles un falzardi c'est 
trop gris pour ma poire. » 

CHERCHER. Cafouiller, Chiner, 
Fouinarder, Fouiner, 

« — Que qu* tu viens core chiner 
par ici? il est tout V temps en train 
a fouiner, c' mec-là. » 

— CHERCHER UNE OCCASION, 

un coup à faire. Al/er nu vague. 
Donner du vague, Endroguer *, 
Pénarder. 

Comme y avait qu' làpc en sa vague, 
Ou'i' déclarait,... qu'i ('sait friot 
r s' dit qu' fallait aller au vague 
Et dégoler un panlriot. 

(HUOUKT.) 

Mais la tierce n'est pas veinarde, 
C'e»t vainement <\Vi ùWe pénard" : 
Chauve est l'occasion, ce soir! 

(M 

— CHERCHER DE L'ARGENT. 

Aller à Varche. 

— CHERCHER A FAIRE 
AVOUER. Charrier, Cuisiner, 
Salader. V. Avouer. 

CHERCHEUR. Fouinard, Foui- 
neur. 



CBÈ 



— 103 — CHE 



<« Le lendemain, je causais avec Ros- 
signol qui était un de nos meilleurs 
agents, et en môme temps un foui- 
neur. » 

(GOBOM.) 

CHERE (BOXXE). Chvrance. 

CHÉRI. Gobé. 

«c II se croyait gobé de toutes ces 
demoiselles. » 

{Gil Bios.) 

CHÉRIR. Avoir dans la peau, dans 
le sanQf dans les veines, Gober, 
V. Aimer. 

« Ah! monsieur, je ne pourrais i^as 
vivre ainsi loin de ma petite patrie, 
et comme on dit d'une femme amou- 
reuse qu>lle a son homme dans la 
peau, yai mon pays dans la peau. » 

(llAtraiCE DONZïAY.) 

CHÉTIF. Astec, Astèque, Aztèque, 
Asticot, Carafon, Demi-Sipnon, 
Essoufflé, Fait au compte-qouttes. 
Fait en fiacre. Fausse-couche, Pond 
de bain, Foutriot, Fouir iquet, 
Goutte-à-goutte, Haricot, Marmi- 
teux. Microbe. V. Avorton. 

« — Tes pas grand, t'es dans mon 

genre. Aztèque premier numéro... 
omment que ça se fait que t*es 
resté tout seul?» 

(J. HAnNi.) 

<* Asticot, amène ton gnasse. » 

(Tbuhlot.) 

« Moi, i* m* faut des gas, des m&Ies, 
des hommes! Les foutriguels, les 
carafons, je m'assois dessus. » 

« — Comment donc s'appelle ce bout 

de femme? 
— Demi-Siphon, monsieur; c'était une 

institutrice jusqu'à ce que Valentin 

lui ait appris le truc. » 

(R. Uaiibroy.) 

« La banque est levée, ce ne sont pas 
les pauvres petits essoufflés d'à pré- 
sent, les goutte- à- goutte, qui pren- 
dront la suite ! » 

(ID.) 

« — Tonnerre de Dieu I c'est-y que lu 
n'es pas un homme? Qui c'est qui 



m'a b&li une fausse couche pareille ! 

(Gboiocs Coouteline.) 

« C'était une toute menue personne, 
un petit fond de bain de rien du 
tout ; ces dames la nommaient ['Ha- 
ricot. » 

« Les pouillards sont de malheureux 
bougres, généraleuient des vieil- 
lards, quelques-uns à demi morts, 
tous malingrcux et mannileux, 
mais capables quand même de tirer 
sur le câble de halagc. » 

(J. KiCHiPin.) 

H On se prend à douter si l'avenir, 
au lieu de désigner notre siècle par 
le nom de quelque rare génie, ne 
l'appellera pas le siècle de microbes, 
nul mot ne rendrait mieux notre 
physionomie et le sens de notre 
passage à travers les générations, m 

(M. DB VocuC.) 

CHEVAL. Bique, Bourdon, Brest, 
Cagne, Canard, Canasson, Carcan, 
Carne, Chèvre, Coco, Gail, Galier, 
Gaillard, Gaille, Gailler, Gaillet, 
Guy art, Gaye, Gager, Gayet, Grès, 
Macquart, Maillet, Poulet, Poulet 
d'Inde, Sitçon, Têtard, Tréteau, 
Veau. Ces mots s'emploient or- 
dinairement en mauvaise part. 

« V'ià le capiston qui s'amène grimpé 
sur une bique d'arliUot. » 

« — Non, mon vieux, c'est pas du 
cochon que t'as boulotte, c'est 
même pas du bourdon. » 

« On lui avait donné un tuyau certain : 
uncanard^ qui n'était qu un vulgaire 
veau, mais qui devait être au poteau 
ce jour-là, sûrement! » 

Et tons les cochers d' (iacre, enfin ! 
Seront rcduils, pour n' pas mourir de faim, 
A n' houlotler qu' du saucisson 
Fait de leur propre canasson. 

(Kuii. Leucrcibb.) 

« La sonnerie du pansage se répéta 
dans tous les coins du quartier : 
« La botte à coco ! la botte à coco î » 
et le malheureux fut repris de rage 
en songeant à la carne qu'on lui 
avait fichue et qui ne l'accueillait 
jamais qu'à cuups de sabot. » 



CBB 



— 104 — 



CHI 



« On voit des tas d* cav&lot sur leurs 
gails. n 

« Je dis adieu au régiment, bonsoir 
au poulet d'Inde, » 

(CoRMorr.) 

« — Que qu' c'est que c* méchant 
cailler d: quat* tous? en v*l un 
têtard l... T'as pas dû 1' raquer ché- 
rot ton brest... Que suçon \ c'est un 
macquarl !... i* n'a pus qu' trois 
pattes d' bonnes, c' tréteau-\kt.,. 

— Ah I il est bath, eul* mailletX 

— Jamais c* poulelAk pourra nous 
conduire à Auteuil! 

— Moi j' prends T mouche. » 

— DONNER A UNE ROSSE 
L'APPARENCE D'UN BON 
CHEVAL. Maquiller, arnaquer 
un gailj un tréteau, etc. 

CHEVELU. Absalon. 

CHEVELURE. Douillure, Cresson^ 
Gazon, Mouron , Mousse, Paille. 
Y. Chauve. 



— CHEVELURE BLONDE 
BLANCHE. Filasse. 



OU 



— CHEVELURE 

en deuil. 



NOIRE. Tifs 



^ C1EVELURE ROUSSE. Poil 
de brique, de carotte. V. Barbe. 

— CHEVELURE MAL TENUE 

et abondante. Tigne, Tête de 
loup. 

CHEVEU. Bngand\ Erigeant \ 
Bringeant *, Crin, Douillard, 
Douille, Filot*, Plume, Tif, Tiffe. 

Viv' la gaieté! J'ai pas d' chaussettes; 
Mes rigadins Tont des risettes ; 
Mes tas d* douillards m' serrent d' chapeau. 

(J. Ricucpirf.) 

Hais vMà qu'au milieu d' toat c' tapage 

Mon Apons\ qui fait du chichi, 

Laiss' tomber ses douiiri dans 1' potage. 

Oui, j* les ramon ! quoi ? c'est mon chic; 
Tout chacun fait c' qui veut d' ses tij^es. 

Tout chacun Tailc' qu'i' veut d' ses plumes. 

(L. DE BsacY.) 

— CHEVEU BLANC, a/flrçi/mïe, 
Tif savonné. 



— FAUX CHEVEUX. V. Per- 
ruque. 

— CHEVEUX NATTÉS ET 

RARES chez la femme ou la 
fille. Queue de rat. 

CHÈVRE. Câpre. 

CHEVROX. Baraque, Brisque, Mai- 
son (arg. militaire). 

<c C'était un vieux sapeur à trois 
baraques décoré de la médaille 
militaire. » 

a Le général Boulanger a remplacé la 
brisque du sous-officier par une 
petite tresse or et soie qui se porte 
au ras du parement de la man- 
che. » 

(CilAROY.) 

« Il aura bientôt trois maisons dans 
la même rue, dit-il en faisant allu- 
sion aux trois chevrons qu'allait 
porter le gagiste, après la signa- 
ture de son dernier rengagement. » 

(hlZANIIB.) 

CHEVROiNXÉ. Briscard ou Bris- 
guard. 

u C'était un vieux briscard, un soldat 
d'Italie. » 

(Hbidut.) 

CHICHE. V. Avare. 

CHIEX. Azor, Cab, Cahe, Cabji, 
Cabo, Cabot, Cador, Cleb, Clebs, 
Rabin*, Happin*, Quatre pattes. 

« On va pas V bouffer, vot' azorl »» 

a N'en v'ià un à qui je garde un 
cabut de ma chienne ; laisse faire. >» 

(J. KlCHEPl».) 

» r m*a foutu une mouise comme on 
n'en filerait pas ù bouffer à un 
cador. » 

Len quat'patl's, c'est les chiens d* Paris. 
Lesvovouii, \iisclebi cd' barrière... 

(A. B.) 

— CHIEN DE GARDE. Alar- 
miste, Chien de guette, Jaspi- 
neur. Tambour. V. Aboyer. 

— CHIEN BOULEDOGUE. Boule. 



CBI 



— 103 — 



GHI 



— CHIEN DE PETITE DAME. 

Lèche-cul (obscènel, Lexicon 
(id.). 

CHIENNE. Happine\ 

CHIER. Caler sa biture, Caguei% Ca- 
ner, Caquer, Déballer, Débonder, 
Débourrer, Débourrer sa pipe^ Dé- 
falquer, Dé /laquer, Déponei^, Dé- 
panner, Déposer son bulletin, son 
kilo, sa pèche, Dringuer, Ecrire à 
Bismarck, au pape, à Saint-Pierre, 
Etre en fonction, Filer sa mousse. 
Filer du proye, Placader, Plaquer, 
Flasquer, Fogner, Fonctionner, 
Fuser, Gâcher du gros, Gatipoter, 
Moiiscailler,*Moussei*, Poser potet, 
Poser ou pousser sa chique, son 
bouchon, sa pêche, Poseï^ un co- 
lombin, Rondiner, Tarter, Tartir, 
Téléphoner, Tousei\ V. Besoin. 

— ALLER CHIER. Aller à Cli- 
cny^ à la débourre^ à flacade, 
chez débourmann, chez ftac- 
mann, oii le roi va à pied, Aller 
chez Bernard, Aller votn\ On 
dit de quelqu'un qui met de la 
lenteur à celte opération Qu'il 
fait des câbles, des cordes, de 
la ficelle. Enfin, les jargons 
font de Chier Lierchem ou Lézé- 
lierchem, de Plaquer, Naquer du 
fia, etc. V. Jargon. 

« Après s'ôtre calé les amygdales, on 
va caler sa bitlure. » 

(Hbctob FaANci.) 

« Ça m' fait déballer... ça m' fait 
débourrer c' boniment-là; et j'ai 
pas pu m'empêcher d'y dire. >^ 

« Y d'vait y avoir un peu d' ca, car 
er Marquis a été à ta débourre au 
moins dix fois. » 

« Ahl le maudit animal! II cassait 
la vaisselle, crevait le paravent et, 
de temps à autre, pour varier la 
série de ses méfaits, défalquait 
sous le lit de M. le curé. » 

(Hectou Fma?ick.) 

« Puis il avait peur des enfants, tous 
salauds qui déflaquent dans les 



coins et mettent partout une odeur 
de bran. » 

(C. Lemomru».) 

« — Tu peux louper, toi, tu t'en fous, 
t'as qu'un gosse, tandis qu' moi, 
faut que j' turbine, j'ai six culs à 
faire flasquer à la maison. » 

« Les périphrases exprimant l'acte de^ 
mouicaiiler sont des plus nom« 
breuses. u 

(H. Fmance.) 

La Natur s'achète eun' jeunesse, 
A %' déguise en vert et en bleu, 
A fait sa poire et sa princesse, 
A m' fait tarter, moi, qui m* Tais vieux. 

(Jeha?( Rictus.) 

Vn soir qu'a m' fra trop Uerchème 
J'y foui mon vingt-doui. dans la peau. 

(A. B.) 

Non... vrai... ça m' fait naquer du fia ! 

(Id.) 

— CHIER DANS SA CULOTTE, 

dans ses jupes. Perdre ses 
légumes. 

« Allô avait tant bouffé à la noce à 
sa frangine qu*a perdait ses légumes 
en route. » 

CHIFFOX. Bi/fe, Chiffaille, Fer- 
loque, 

« Et y t' la pousse sur mes coussins 
comme un vieux paquet de chif- 
faille. » 

(J. Mahki.) 

CHIFFOXXER. Biffer, Biffiner,. 
Chiner, Grafigner. 

« Les chiffortins se plaignent que la 
nouvelle boite imposée par le pré- 
fet ne leur permet plus de biffiner 
ù l'aise. » 

C'est un métier d' purotio, 
Faut Irimarder dans Pantin 

Ku savates, 
Faut chiner pour attraper 
Dos loupa(|u' ou pour chopper 

Des miU' pattes. 

(A. B.) 

CHIFFOXXIER. Amour*, Bif,^ 
Bif/in, Chevalier du crochet, Chif- 
fortin, Chifforton, Cupidon *, 
Fouillemerde, Graffin *, HolteriaUy 
Philosophe, Pisscur, Tafouilleux. 



— 106 — 



CHI 

Dans uo quartier paroUn 
Polyt' naquit un malin 
D'un biffin el d'un* biffiM. 

(L. DB BncT.) 

M Les chevaliers du crochet ont décidé 
d'adresser une requête au Conseil 
municipal. » 

« On ne rencontrait plus à cette 
heure avancée que des sergots et 
des chiffortons. » 

« Cet assommoir est un rendez-vous 
de philosophes oui y viennent tuer 
le ver une fois la hotte remplie. » 

— CHIFFONNIER EN GROS. 

Ogre, V. Cabaretier. 

— APPRENTI CHIFFONNIER. 

Nègre. 

A Paris ya Hes quartiers 

Où au' les p'tiots qu'ont pas d' métiers 

r s' font pègre! 
Nous, pour pas crever la faim, 
A liuit ans, chez un biffin. 

On est nègre... 

(A. B.) 

— LA CORPORATION DES 
CHIFFONNIERS, leur état, 
leur travail. La Biffe, La Chiffe. 

« ~ C'est encore dans la Biffe, assu- 
rait Bijou, qu'on rencontre le moins 
de mairaiteurs. » 

« — Le monde de la Chiffe est tra- 
vailleur, économe et relativement 
honnête. » 

CHIFFOXXIÈKE. Biffine, Cho- 
caillon *. 

— CHIFFONNIÈRE EN GROS. 

Ogresse. 

CHIGXOX (FAUX). Kilo. 

CHIPER . Chaparder , Chapper, 
Chopper, 

« Où diable a-t-il trouvé à chaparder 
de la viande, ce rossard ? » 

(HECToa Franck.) 

... Tiindis qu'en l'érhoppe 
Le marcbaïul a le dos tourné 
Garroclic, qui passe en pénard, lui choppe 
De quoi remplacer son dln^. 

(L. DE Bebcy.) 

CHIPEUR. Chapardeur. 



cno 



« Car c^étaient des galapiats du quar- 
tier, maraudeurs et chapardeurs. » 

(J. RlCHKriN.) 

CHIQUE. Cigarette de matelot, 
Pruneau. 

« — Le temps de prendre une ciga- 
rette de matelot, dit-il en roulant 
une pincée de tabac à fumer entre 
ses paumes. » 

« — Là, avec un pruneau comme ça, 
on se passe de pipe pendant deux 
heures. » 

(H. SoMoai.) 

CHIRURGIE. Charcuterie. 

CHIRURGIEX. Boucher, Charcu- 
tier, Charcuteiir, Coupe-t ou jours, 
Tailleur. 

«( A va pas, on dit que l* boucher doit 
y r'tirer des trucs qu'aile a dans 1' 



l 



ide ; si ça s'rait moi, j' marcherais 
pas : les charculeurs, ça m' fout la 
vénette. » 

— En raison de leur spécialité, 
certains chirurgiens sont 
dénommés Ovairiers. 

Oui, c'est nous qui fouillons 

Et qui tripatouiflous 
— Coupe-toujours infatigables — 

Dans les jolis bedons ; 

Et nous nous bombardons 
Ovairiers des plus remarquables. 

(BLtoorr.) 

— CHIRURGIEN DE MARINE. 

Toutmiquet. 

— OUTIL DE CHIRURGIEN. 

Baume d* acier. 

— OPÉRATION CHIRURGI- 
CALE. Charcutage, Charcuterie. 

— OPÉRER CHIRURGICALE- 
MENT. Charcuter. 

CHOC. Carambolage, Gnon, Trim- 
ballement. 

(c Mince de carambolagel Le sapin ne 
s'était pas garé assez vite et le 
train Ta fichu cul par-dessus tète. 
Si tu avais vu ce gnonl... m 

« J*y ai mis un de ces trimbaltmenls 
qu'il eu a été à dame. » 



CBO 
CHOISIR. Balader*. 



— i07 — 



CIC 



CHOIX. Faire un bon choix, un 

choix profitable. Mettre le doigt 

' dessus ou Mettre le doigt su V bath, 

« De toutes les gonzesses qu'étaient 
là, sézigue avait chauffé la pus 
gandine ; de c* coup-là, il avait 7nis 
V doigt su' V balh. » 

— DE CHOIX. Crème, Gratin, 

• Une salle de première au Théâtre- 
Français, c*est plus que de la crème 
de gratin ou du gratin de la crème, 
messeigneurs. » 

(K. Bbbuebat.) , 

CHOMAGE. Ballot, Calancc, Ca- 
tence. 

CHOMER. Balotter, Ban-er ou 
.scier le bouleau. Être à la comédie, 
sur le flanc, sur le sable. 

CHOPIXE. Chôlette, Chopotte, 
Demi'kil, Demi-kilo, Tenante *. 

« — Mets quatre ronds pour une chô- 
lette, je mets le reste. » 

{La Xation.) 

« Elle envoya la gamine chercher un 
demi-kil de blaac d'Algérie. » 

CHORISTE. Tagnard, 

« r gouale tous les soirs, à la mis- 
loque où qu'il a dix fléchards 
comme tagnard. » 

CHOSE. Flambeau, Flanche, libé, 
Loubé, Lubé, Luctrème (V. Jar- 
gon), Machin, Machine, iVtôc, 
Nubé, Truc. V. Dévaliser. 

« Qu'est c' que ce flambeau-Xkl » 

« r nous a raconté des flanches épa- 
tants. » 

« J'en gratte pas pour ce /t66-là ; 
demande-moi toutes les machines 
que tu voudras, mais pas ça : c^est 
des trucs où j'sais pas y faire. » 

• — Ça vous intéresse, ces machins- 
là?ïi 

(GF.OR(il AURIOL.) 



« — Occupe-loi de tes oignons ! D'a- 
bord tu n'entraves que dalle dans 
Ce nuhé-\k. » 

« Mon Dartagnan file le luclrème dans 
la porte, u 

{Lettre de Beauvilliers.) 

CHOU. Rome\ 

CHOYER. Chouter, Chouchouter, 
Mamourer. V. Caresser. 

CIIRÉTIEX. Pour les mahomé- 
tans : Chien, Iloumi. 

— Pour les Israélites : Goye; 
au pluriel Goym (hébreu). 

(c Le soldat était gardé à vue par un 
tirailleur indigène qui, baïonnette 
et cartouche au canon, eût été 
enchanté de placer son coup de 
feu, par amour de la consigne et 
haine du roumi. » 

(Hur.DF.S Le ROCX.) 

« Voilà un catholique, un goye bien 
audacieux. » 

fDuDUT DB LaFOBBST.) 

CHRIST. Hariadan Burberousse*. 

CHUCHOTE.ME\T. Messe basse. 
V. Cachotterie. 

CHUT! Acre! Acréel Acres! Bou- 
clez ! Fermez ! Cresto ! Les voiles ! 
Les volets! Pet! Ta bouche! Ta 
gueule! Un bouchon! Un cadenas! 
Un verrou ! Vesse ! Vos bouches ! 
Vos gueules ! 

« Ahl vos gueulesl... on n'entend 
que pouic! » 

CHUTE. Bouchon, Gadiche, Gadin, 
Gamelle, Pelle. 

— FAIRE VIVE CULTE. Bamas- 
ser un bouchon, une gadiche, etc. 

« C qu'il a ramassé un gamelle I que 
bouchon I que gadiche ! que pelie ! 

CIBOIRE. Baignoire à bon Dieu. 

CICATRICE. Apostrophe, Esfaffc, 
Virgule. 



CID 



— 108 — 



CIS 



cmnE. Pie fantoche*, Qaulé, Purée. 

« — Ho! tôlier, file-nous du pive et 
du bathl nous avons mare de ton 

ÎfauU : c^est d* la purée bonne pour 
es gerces. » 

CIEL. Plafond, Tapis bleu, Tur- 
quois. 

Si le Dab ne joue à la quille 
Et soo Tapis bleu ne maquille, 
Jasant aui luucheltes qui font 
Gomme les davins du Plafond^ 
Loin des vergues et de la meute 
Des peslailles, pénard. je pieute... 

(L. DK Bercy.) 

Car pour moi, quand V turquois tsi gai, 
La pir' do lout's les catastrophes 
C'est d'ét' mocbard et mal Tringué. 

(Jrha:< Rictus.) 

CIERGE. Ardent. 

CIGARE. Grillant, Hiffaudant. 

— CIGABE D'UN SOU. Cinq- 
centimados, Crapulos, Infecta^ 
dos, Londres de vidangeur. 

— BOUT DE CIGARE. Mégot, 
Orphelin. S'emploient égale- 
ment pour Bout de cigarette. 

« De c' coup-là, on s'a fendu d'un 
grillant à la mode : un manille de 
latqué. » 

Tas d' prop' à rien, tas d* salijjauds, 
A»ec Tos môm*, avec vos grues. 
Vous m' barrez l' trottoir et les rues, 
J' peut pus ramasser mes mégots ! 

(A. B.) 

« J'ai mAme pus d* quoi m'offrir un 
crapulos. J' vas rte réduit à griller 
des orphelins. » 

CIGARETTE. Cibiche, Cibiye, Ci- 
bigeoise, Grillante, Grille, Sèche. 

« — Le temps de rouler une cibiche, 
et je suis à toi. » 

bvronr.) 

« On se coutentoit de griller ses 
cibigeoises pendant son absence. » 
{L'Ère Aationate.) 

« — Dis donc, P'tit-Louis, fil'-moi 
eun' grillante, j'ai pas bombardé de 
c* mâtin. » 



« Quant à Rosita, elle se résout à 
consumer sèche sur sèche, m 

{La Bavarde.) 

CIMETIÈRE. Jardin des claqués, 
des crônis, Parc des refroidis. 

« — Rigole, ma vieille! en attendant 
(^u*on t' planque au parc det crônis, 
la tu rigol'ras pus ! » 

— CIMETIÈBE D'IVRY. Le 

Champ de Navets. 

« Il nous remit un pli pour le com- 
missaire de Genlilly qui a le Champ 
de Navets dsins sa circonscription. » 

(GoRo:<.) 

— CIMETIÈBE DE SAINT- 
OUEN (ancien). Cayenne. 

« J' sais pas si c'est à c^ CayenneAà 
qu'on t enverra bouffer les pissen* 
lits par la racine... en tout cas 
méfie-toi qu' ça soye pas à l'aute ! » 

CI\Q. Linqcé. V. Jargon. 

CIRCONCIRE. Baptiser au coupe- 
cigare, au sécateur, Guinaliser. 

« Boule-de-Juif voudrait qu'on bapti- 
sât tout le monde au sécateur. » 

( L'Intransigeant . ) 

CIRCONSPECT. Chaud, Pénard. 
V. Armée. 

« Il refusa carrément la proposition... 
et lui, chaud, » 

CIRC0XSTAIVC:E. Occase (apoc. 
d'Occasion) . 

J' t'écris deux mots et j' profite d' Voccase. 

(A. b.) 

CIRCONVENIR. Embobiner, En- 
g ailler. 

« Et r Juge, qu'est un vieux salaud, 
s* laisse embobiner par la bonne 
femme. » 

CISEAUX. Fauchants, Faucheux, 
Pinçants *. 

« Tu parles qu'il a fait un tubard 
quand que i merlan d' la compa- 

g nie a passé ses fauchants dans ses 
eaux tifs. » 



CIT 



— 109 — 



CLÉ 



CITRON. Poire de Chine. 

« — Qu'est-ce quMl faut vous servir? 
— Un kil de blanc, deux douzaines 

de portugaises, une poire de Chine; 

et ça fera la rue. » 

CITROUILLE. Boule jaune. 

CLAIR. Gnt/f, Nif. 

« Il est nif comme du pivois de la 
Côte Sfidnt- Jacques. » 

CLAIRON. Corne, Trompion. 

n Voilà le bataillon qui rapplique. En- 
tends-tu les trompions t » 

(M. ROGEB.) 

— ENSEMBLE DE CLAIRONS 
ET DE TAMBOURS. La clique. 

M Le détachement s^en va à la gare 
au son de la musique et de la 
clique. » 

(G. D'EsPAMBif.) 

« En argot militaire, la clique signifie 
l'ensemble de tous les instrumen- 
tistes non classés musiciens : 
fifres, clairons et tambours. » 

(Colomb.) 

CLAMEUR. Criblage y Criblement. 

CLANDESTINEMENT. A la 

douce, A Vétouffée, A la muette, 
En douce, Enpénard, En sondeur. 

Pègre, pégriot! Pègre d l'étouffée. 
Planche à /a muette et Tauche en pénard. 

(L. DB Bbbcy.) 

Un tas d' radicaux & la s'cousse 
Qai s' fout'nl du trdpe et des proies 
Et qui font leur affaire en douce. 

(A. B.) 

« On parle qu^on fra cracher dans V 
son à rintérieur du ballon et que 
r trôpe pourra pu' y voir que 
tringue : y aurait pus que V bingue 
avec son riflard, cV curieux et les 
mecs de la Tôle qui s' payeraient 
ça, en tondeurs, » 

CLAQUE. (Gifle.) Bâfe, Bâfre, 
Baffre, Beigne, Chisnouffe, Gnole, 
Mandate, Mandole*^ Sischnouffe, 
Toitrlousine. 



« — Quitte à les bourrer d'une bâfre 
si madame geignait. » 

(Jbam LonBAiM.) 

« — Tu vas voir, Mélie ; si lu r'biffes, 
j' te vas mette eun' paire de bàfesl » 

Si ça continu', gare aux beigneel 

(A. B.) 

Si lu s* rais pss si vioc, panoufTe. 
J' te ûrrai' eun* bonn' chinnouffe. 

(BtiDOBT.) 

Car le diable me caracole 
Si je ne t'applique une gnole 
Qui lieudroit chaud à ton groin. 

(Vadé.) 

Et des mandai'.., et des bocbons... 
J'y tap'rais d'ssus comni' su' du pantre. 

(A. B.) 

« Elle n'avait pas eu le temps d'ou- 
vrir la bouche pour se JustiGer que 
sa mère lui appliquait une tour- 
lousine à lui faire voir trente-six 
chandelles. » 

— LA CLAOVE D'UN THÉÂTRE. 

La bâfe, La gifle^ Les Romains» 

Tous les soirsje m' pay* U misloque : 
J' va' à la bâf pour mes cinq ronds. 

(L. DB Bbbct.) 

— BILLET DE CLAQUE. Aa- 

vabe. 

CLAQUER. (Gifler.) Filer, mettre 
ou poser une bdfe, un tabac. Lais- 
ser tomber une châtaigne, une 
mandale. V. Claque.' 

— V. n. Donner des battoirs. 
Jouer les romains. 

— CLAQUER DES DENTS. 

Battre la générale. 

« Il avait r frio, i' battait la générale, 
i' flasquait dans son fendard ! » 

CLAQUEUR au théâtre. Blanchis- 
seur au mire loque. Dix ronds, In- 
time*, Romain. 

CLASSE. La troisième classe de 
transport est appelée Première 
de louave. 

CLÉ. Aiguille, Crochette, Débou- 
clante, Débridoir, Froufrou, Pei- 
gne *, Penne *, Tournante. 



CLE 



— 110 — 



CLO 



^ FAUSSE CLÊ. Bi6t, CaroubU, 
Carreau^ Gerbière, Rossignol^ 
TiUeuse, 

« L^ taulier, à qui qu'on doit deux 
semaines, a rHiré ma débouclante 
du tableau. » 

« Elle avait filé son débridoir au 
pante qu'avait embarbé d'auto dans 
fa carrée. » 

« Laisse pas la tournante su' la sur- 
dine et boucle la lourde. » 

Vous et' mont-eo-l'air et rric-frac : 
Vous et' (les mar 1', tous él' des roubles !... 
Ben, moi, vos bibis, vos caroubles 
Et vos Auc-de-pomm', ça m' fout 1' trac. 
Quaud qu'un goncter crible au vinaigre 
Vous y-eotrczd'dan:!ou vous l'aciounex : 
Moi, r* raisiné, ça m' pue au nez!... 
j' s'rai jamais qu* fourch'si je m'mets pègre. 

(L. Di Bebct.) 

Si la serrant' bat niort à la idtemfi, 
SauA rcssautor, escaoe ton carreau. 
Planque tou jaque au droit delà moqueuse... 

(Id.) 

CLERC. V. Bareaucrate. 
CLERGÉ. La calotte, La ratiche. 

Ainsi, moi, Constant Honore, 

y marche pas avec la calotte ; 

r peut crever, Monsieur 1' curé I 

Mon grand'père était sans-culotte... 

Les ratichoiis j' m'en Tous un peu!... 

D'aillcuis, i' faut pas qu'on m'emmerde. 

Autrement, ça fait pas long feu... 

Uni deux!. ..Messieurs, moi.) vous dis: «Merde! « 

(A. B. Les Souloloquet d'Honoré Constant.) 

n Suppose que çui-là déplanque de 
la hatiche; comiu' les autres, il 
eulrera dans 1' inarida ou dans 
l' collage. » 

CLICHY. Nib du Chy. 

CLIENT, CLIEXTE. Dans Target 
des commis de nouveautés, le 
client qui fait déballer beaucoup 
de marchandises pour ne rien 
acheter est un Houcn ; le servir, 
c'est Aller à Houen. La cliente 
tatillonne est surnommée Ma- 
dame CaniveL Le clientgrincheux 
s'appelle un Calot, un tanais, un 
Rat-mort. 

— CLIENT QUI NE DONNE PAS 

DE POURBOIRE au café OU au 



restaurant. Figaro. V. Consom- 
mateur. 

— CLIENT DE LUPANAR QUI 
NE CONSOMME PAS OU se 
contente de boire sans « mon- 
ter ». Flanelle, 

— CLIENT D'UNE PROSTI- 
TUÉE. Miehé, Mkhet, Micheton, 
V. Amant. 

CLIGXER. Rider, Paire du clinc. 

CLIQUE. Frape, Frappe, Fripe, 
Fripouille, Gance*, Gouape, Soce, 
Tierce, V. Bande. 

« Toute la tierce du Montparno s^était 
donné rendez au Point-du-Jour. *> 

CLITORIS. Berlingot, Routon, 
Flageolet, Haricot, Soissons, 

CLOCHE, CLOCHETTE. Bat- 
tante, Rrandillante, Brandi lie, 
Rrandilleuse, Dandille, Dandillon, 

m Dix plombas crossaient à la battante 
de THôtel de Ville. » 

« Ts avaient attaché un griffard à la 
brandilleuse du lourdier. » 

« Tu nous canules à taquiner le dan- 
dillon \ attends un' broque, V dab 
va v'nir ouvrir. » 

CLOCHER. Rourdonnard, 

CLOITRE. Ilatichonnière, V. Ab- 
baye. 

« Après avoir fait une vie de pata- 
chon, il s'est retiré dans uue rati- 
chonnière^ afin d'aller au ciel. » 

CLOTURE.(Fermelure.)BoMC%c. 

« Après le bouclage de l'Exposition» 
on se les calera avec des briques. » 

— CLOTURE EN PLANCHES. 

Théâtrale. 

« Dans l'argot des pègres, on nomme 
théâlralei^ clôture en bois, parce 
que, pour la franchir, il faut 
« monter sur les planches. » 

CLOU. Clavin, 



CLO 



— m — 



coc 



« Il supeDdit la serviette à un clavin 
enroncé dans la duraille. » 

~ CLOU DE SOULIER. Dia- 
mant, Diame. 

« Il lui a fou lu un coup de talon sur 
la gueule que Pautre en avait tous 
les diamants marqués. » 

CLOWN. Caoutchouc y Farineux. 
V. Forain. 

« Avant de guincber les Clodoches, il 
éUûi caoutchouc^ chez Rancy. » 

« Moi, c' qui m' fait V pus rigoler, au 
cirque, c'est les farineux, » 

COCASSE. Rigolard, lUgolboche, 
RigolOy HigouHlardy Tordant, 

m — Oui, enQn ... Vas un correspon- 
dant qui ne correspond pas. — 
Tout ça est rigolard. » 

(H. Lavedan.) 

a II avait trouvé très rigouil/ard de 
lui mettre du poivre dans son tabac 
d'Espagne. » 

« Ça c'est tordant. J'ai fait la bombe 
toute la nuit et j*ai encore de 
l'argent. » 

COCHER. Cochemur, CochemuchCy 
CoUignon, Trimhalleur, Parfois, 
Ton jargonne le terme français : 
Locherquès, Lochcrquic^ Locher- 
quème. 

En mèm' temps que les collignoiiê 
maquieuons. 
(Eutt. Lkmkbcibr.) 



SeroDt ruiués la maquieuons. 



Alorsse, on a pris un locherquès 
pour s' faire trimballer V iiaquc a 
Auteuil. » 



— COCHER D'OMMBUS. Cocher 
d'indigents, Trimballeur de mi- 
ches à trois ronds, 

« — Descends donc de ton siège, eh ! 
cocher d^indigents, trimbalteur de 
miches à trois rond* ! cria le gavro- 
che à rimpassible cocher d omni- 
bus. 9 

— COCHER DE CORBILLARD. 

Hirondelle de la Camarde, Triin- 
balleurdecr^niSj de macchaàéis. 



« Le daron de Méloche était dans les 
Pompes funèbres. 11 était /n>o/u/e//e 
de la Camarde. » 

a C'est un pauvre purotin qui n'aura 
jamais pour cochemar que le trini' 
oalleur de macchabées, » 



— COCHER 

raudeur. 



RACOLEUR. Ma- 



« Les agents de la brigade des voi- 
tures out horreur des marau- 
deurs, w 

— COCHER EX CONTRAVEX- 
TIOX. Cocher marron. 

<« Lui, c'est un corher marron. 11 fait 
les gares, la nuit, avec une vieille 
guimbarde qui sonne la ferraille. » 

COCHON . Baccon * , Bacon * , 
houanty Grohant", Porte-veine, 

« Merci, jolies mœurs et joli pays : 
l'amour porte-veine. »» 

(Jean Lorbaiii.) 

COCU. Bélier, Boisé, Bonjean, Bouc, 
Chauffe-la-couche y Cornard, Cou- 
cou , Joseph, 

« — Tu connais pas ce chauffe-la- 
couche de Duffland? c'est un bélier, 
un bonc^ un boisé \ sa gonzesse le 
fait cocu avec tous les uininches. » 

« Elle flanqua une gifle à sou iras- 
cible yos^p/i. » 

(L. DOBVILLE.) 

— ÊTRE COCU. Avoir du bois, 
des bois, des cornes, En porter, 
Être de la confrérie, de ta confré- 
rie de Saint-Joseph, Vétre, Ne 
plus pouvoir mettre son chapeau, 
Se plus pouvoir passer sous la 
porte Saint- Denis ou n'y pou- 
voir passer sans se baisser, 

« L*étre ou ne pas Té/re? ie le suis, 
voilà tout. L'accident ne vaut pas 
qu'on le souligne. Tout homme est 
le trompé de quelqu^un ou de quel- 
que chose. >» 

(Clovis Houues.) 

« On prétend que la belle lui en fait 
porter au pomt qu'il ne peut plus 
passer sous la porte Saint- Dents. » 

{La Bavarde.) 



coc 



— H2 — 



COI 



-« Et il daubait sur les pauvres cor- 
nards comme s'il eût espéré abattre 
des noix en leur secouant les 
cornes, • 

(A. SiLTUTtE.) 

•COCUFIER. Boiser, En faire por- 
ter, Garnir ou Orner le front. 

-m II n'avait pas deux mois de ménage 
que, déjà, sa légitime le boisait avec 
ses commis. » 

-« Je TOUS dis que c'est une sainte- 
nitouche. Elle a Tair de ne pas y 
toucher mais elle en fait joliment 
porter à son époux. » 

M C'est plutôt aux amis qu'aux étran- 
gers que s'adresse l'épouse pour 
orner le front de son mari. <» 

CODE. Boite à gifles, Bourreur de 
pègres, Grimoire mouchique *. 

COEUR. Battant, Brûlant, Chouan, 
Frappant, Fressure, Grand res- 
sort, Palpitant. 

« Faut pas avoir de battant pour 
dégréner ses vieux. » 

« Avant de quitter la place, il s'assura 
que le frappant de la vieille ne bat- 
tait plus. M 

« Vous pensez si je me sens la fres- 
sure chatouillée i l'idée de tous les 
grands hommes que je vais ren- 
contrer... » 

(Catulle Muots.) 

UiM «it&se Taguc et tans boraes 
DiUU toas les palpitants... 
Bien des fronts sont dotés de cornes... 
C'est le printemps. 

(Gbammoiit.) 

« Quand les soubrettes à Chariot vous 
mettent sur la bascule, le grand 
ressort ne doit pluf marcher. » 

— Cartes. Battant, Sanguin. 
V. Jeu. 

COFFRE. Bauge. 

COFFRE-FORT. Arche, Arche 
sainte. Bauge, Diable, Grasse, Ta- 
bernacle. V. CaisM. 



« Le plus grand danser pour les 
banques, c'est les voleurs de bau- 
ges, » 

(Grisou.) 

« C^est un gonce qui doit avoir du 
flac dans son tabernacle, » 

COGNAC. Cogne, CognejL 

« — Allons, Firmin, encore un coup 
de cogh'ji : ça te donnera des 
forces. » 

COGNER sur quelqu'un. V. Bat- 
tre, Frapper. 

COIFFER. (Peigner.) Merlander, 
Ratisser la terrasse. 

« T^en as une tignasse. Va te faire 
merlander, » 

n V s' fait ratisser la terrasse et i' s' 
parfume à leau d' peau d' conasse 
comme un' tata. <» 

COIFFEUR. Gratteur, Merlan, 
Pommadin, lidcleur. Bâtisseur, 
Trique-poux, 

Et pourtant voyei comme on s' blouse. 
C* merlan arait si bonn* façon 
Que je 1' supposai moins poisson : 
1' n'avait ni casquett' ni blouse. 

(BlAoobt.) 

« Cet insipide pommadin^ ce râcleur 
prétentieux et bête mettait sa gloire 
a vous raconter qu'il avait un jour 
c gratté » le grand duc Alexis; et 
quand on lui disait que celui-ci 
avait toujours porté sa barbe entière, 
le ratisseur vous prenait en grand' 
pitié. M 

{LÈre Nationale.) 



— COIFFEUR 

Èchellier. 



MALADROIT. 



COIFFURE. V. Casquette, Cha- 
peau. 

— COIFFURE DE L'HOMME. 

Cheveux ramonés sur les tem- 
pes : Accroche-cœurs, Faces, 
Guiches, Ronfles, Rouflaquettes, 
Soixante-six. 

Si su* les tempes jo m' coll' des guiches 

C'est par magnère d* témoigner 

Qu'en vrai barbiz' j* rob* pas les richee. 

(L. DB BUCT.) 



COI 

Il âTait deoi pMits faroris 
Surmontés d'eun* fiu' rouflaouette, 
AlaVillette. 

(A. B.) 

Qaand j' veui tremper mes guiches, 
Gratis pro Deo 
Sans bateau 
J' m'en vas faire un* pleine eau. 

(J. RlCHBPlN.) 

Devant un mélé-cassis 
Il roulait une grillante 
Ou lissait ses soixant-sîx. 

« Fais-toi pas des faces; coupe tes 
tifles à la Paulus. Y a pus qu* les 
mignards qui s* font des ronfles^.,, 
pour crosser. » 

— COIFFURE DE LA FEMME. 

Baudeaux : BoUicceili, A la 
vierge. En ventre affamé ; che- 
veux courts et frisés : A Cen- 
fantj Ninon ; frisettes ou en 
frange sur le front : A la chien ; 
cheveux ramenés sur les 
tempes : Accroche-cœurs, Pa- 
têres, Suspensoirs. La fantaisie 
des littérateurs crée journelle- 
ment des expressions pour dési- 
fner, selon la mode, fa coiffure 
e la femme ; les mots ci-dessus 
indiqués peuvent être désuets 
demain et faire place à d^autrcs. 

« Le chapeau Lamballe en paille 

blanche et noire couvert d'une 

longue plume d'autruche va bien 

sur une bolticcelli un peu ondulée. » 

{Courrier de la Mode.) 

Allé avait des maenièr's très bien, 
AUe était coifTée a la chien, 
A chantait comme eun' petit* folle, 
A BatignoUes. 

(A. B.) 

Avec ses grands tifs à la vierge 
Et SOS mir s qui r'mouchaient 1 pavé, 
A semblait aller à combergc. 

(L. DK Behcy.) 

COÏT. Baisage, Bowre, Ça, Caram- 
bolagBf Chique, Chosette, Coup, 
Crampage, Crampe, Crampette, 
Façon, Mise, Partie de carambo- 
lage, d*écarté, de jauihes en Vair, 
de piquet. Passe, Pavé, PtHée, Petit 
luhéy Politesse, Ravescot, Secousse, 
Soupe à la quéquette, Tronchage, 
Tronche, Truc, Presque toutes 
ces expressions sont obscènes. 



— H3 — 



COI 

Et c'est pourquoi vous toutea 
Vous vous mettez en route, 
Princesses, puisque nous 
N'allons pas à vous, 
Princesses de la rampe. 
Princesses de la rrampe... 

(Raoul Poncbon.) 

Votre gain n'est pas mon tourment; 
Mais le piqtiet que j'imagine, 
A deux, serait un jeu charmant. 

(P. PAiLLarra.) 

COITER. Abreuver le courtaud*. 
Aller à la bourre, au bonheur, à 
la tronche, chez bourmann, chez 
crampe, chez crampmann, chez 
tronchmann, Airacher un pave, 
un pavé. Baiser, Barrâtes*, Battre 
le beurre. Bit ter. Bourrer, Brico- 
ler, Caramboler, Chaucher, Cli- 
quer, Cogner, Cramper, Dégorger 
son panais, Dérouiller, Donner 
Vaubade *, Emmancher, Encraquer, 
En foutre une secousse, Enterver *, 
Entifler*, Être en lecture, en 
main$, sous presse, Faire boum. 
Faire ça, Faire la bêle à deux dos. 
Faire la chosette, le petit lubé, une 
façon, une passe, une politesse. 
Faire Lisette, Fourniller *, Four- 
nir *,Fourrei\ Foutre, Hier *, Hycr", 
Hornangier * , Jouer de la croupe. 
Le faire. Limer, Manger de la 
soupe à la quéquette, Mettre, 
Mettre au chaud. Mettre du lard 
en bouteille, la cheville dans le 
trou, le diable en enfer, le pape 
dans Borne, etc., Nettoyer son 
verre de lampe. Piquer, Planquer^ 
Planter, liivancher *, Bouscailler, 
Schnailler, Se dire bon jour. Se dire 
deux mots. Se foutre sur le dos. Se 
frotter la couenne, le lard, Se sou- 
haiter la fête, Taper, Taper de la 
fesse, du figue, de la patte, Tigner, 
Tiquer, Tirer sa chique, son coup, 
sa coupe, sa ciampe, Troncher, 
Ventouser*, Voir la feuille à Ven- 
vers, Y aller, Yniser*. Presque 
toutes les expressions argoti- 
ques pour dire Coït etCoïtersont 
obscènes et on ne les doit em- 
ployer qu'avec la plus grande 

8 



COL 



— 114 — 



COL 



circonspection, bien que, — 
comme le latin, — Targot, dans 
les mots, brave Thonnètelé. 

« — Est-ce que les prêtres font ça'i 

— Sans doute, et mieux que les 

autres hommes. Pourquoi ne /erion5- 

nous pas ça ? N'avons-nous pas tout 

ce qu il faut pour cette besogne 7 » 

(BOCCACE.) 

Ah ! j' la connais, son anarchie : 
Manger, boire, et pis mstlre au chaud. 

(P. Paillette.) 

« Ce Bérenger, qui n*aime pas qu'on 
fasse un brin Lisette, n'est pas 
pour nous satisfaire et combien 
nous lui préférons celui dont la 
ffrand^mère regrettait sa jambe bieo 
faite et le temps perdu. » 

(Maubice Donnât.) 

« Elle vient de faire une passe et, 
souriante (le miché a dû être géné- 
reux), elle s'avance vers son soute- 
neur. » 

(G. MAct.) 

COLÈRE. Cran, Renaud, Ressaut, 
Rouspétance, 

— ÊTRE OU SB METTRE E.\ 
COLÈRE. Êtreàcran, àrenaud, 
à ressaut, à tube, Etre blanc, 
bleu, rouge, vert, violet, de toutes 
les couleurs. Faire de la bour- 
rache, de la rouspétance. Fumer, 
Gober son bœuf, sa chèvre, Grou- 
mer, Monter, Monter à C échelle, 
Mousser, Piquer son bœuf, son 
cran, la ou une rogne, Pousser 
du renaud, du ressaut, du rogne, 
de la rouspétance, Prouter, 
lienauder, Ressauter, Rogner, 
Rouspéter, Tuber, S* emballer. 
Se mettre les nerfs en pelote, 
Voir rouge. N'en voir plus clair, 

« — Y a du r^nnud, madame a ses 
nerfs? — Je m' fais la paire! >» 

« Moi Bibi Chopin, opportunard?... 
tu parles si ça m'a mis à cran ! » 

« Du coup, ca d'vient durillon. Et 
j' proulel Et j' fumel Et f groinnel 
Et j' tubel Et je r'naude l El y ra'au- 
bade. Si t'entendais c* pétard, t'en 
prendrais un plat. » 



Îla TOUS surprend qne je ressaute ? 
e suis de mauvais poil toujours : 
Miis hondieu ! n'est-ce pss la faute 
De votre vieux monde à rebours ? 

(P. Paillette.) 

J' Tiens d' rencontrer la femme i Pierre, 
C qu'a fait d' Tharmone ! ah ! nom de d'Ià ! 
C'en est flaqaant ! hen merde ! en v'Ià 
Un' marmit' qui fait sa soupière! 
A rouspète^ a fait du chichi, 
A r'naude, a crâne, a rogne, a gueule, 
A tient r boul'vard à ell' tout' seule 
Dedpnis Montmart* jusqu'à CItchv. 

(A. B.) 

tt Les têtes s'échauffaient, la conver- 
sation en fit autant et l'idée sau- 
grenue vint à Mlle Marthe de faire 
monter à l'échelle le naïf curé, en 
le régalant à sa façon d'un cours de 
philosophie religieuse. » 

(A. MtLANDBI.) 

« Chaque coup que j' dégote c^ salaud* 
là, <^a m' rout les nerfs en p'iote ; 
j' vois rouge et, poure rien, j entre- 
rais d'dans. » 

« Quand on y a boni ce que sa gon- 
zesse avait fait, i' fumait, V mec; 
i' n*en voyait pus clair, » 

« — Tu crois qu'y a pas d' quoi piquer 
la rogne quand on voit des trucs 
pareils? » 

COLÉRIQUE. Coléreux, Fumeur, 
Groumeur, Renaudeur, Ressau- 
teur, Rognard, Roynew, Rouspé- 
leur, Tuteur. 

« En v'ià d'un sale renaudeur, il est 
tout r temps à r*ssaut. » 

« — Non, j' suis pas groumeur; mais 
faut pas qu'on me cherche. » 

« Que tubeuse que c'tte sœur-là! que 
sale rogneuse, que bâton merdeux ! » 

« Mi lot, c'est un rouspéteur de pre- 
mière, mais dans le fond, il est bon 
fieu. » 

COLIFICHET. (Parure.) Chinfrc- 
ni au. 

— SE PARER DE COLIFI- 
CHETS. S'encoliflucheter. 

COLIQUE. Chiasse, Chiottc, Cliché, 
Drille, Bringue, Drisse, Drouil- 



COL 



— iVô — 



COL 



lasse, Brouille, Drousse, Tour- 
mente, Trouille, 

V visit* tous les hApitaax, 
r craint pas la ehi(UM\ les coliques : 
r torch'rait 1' cul aux cholériques. 

(P. Paillette.) 

Mais le cidre, — à Tore* qu'elle en liche, — 
Finit par lui donner la cliché. 

« — Mang' donc pas tant d* pain 
d'épice, — qu'a y fsait, — tu vas t' 
fout' la (iringue, » 

« Après avoir boustifailié et liché 
peodant une heure d'horloge sans 
arrêter, le bon curé se leva soudain 
de table, pris d'une drouillasse cara- 
binée. » 

{Leê Propos du Commandeur.) 

« Mais au moment psychologique, il 
fut pris de violentes douleurs d'en- 
trailles : c*était la trouille^ l'indomp- 
table trouiliel Et il abandonna la 
partie, cédant à la tourmente. » 

— AVOIR LA COLIQUE. Avoir 
perdu sa clé, 

COLLABORATEUR, COLLA- 
BORATION. Collabo. 

a II devenait Tesclave de l'œuvre, 
maintenant qu'il en avait ouverte- 
ment accepté la collabo, n 

[L'Événement.) 

Rabier et Jacquemart, 
Deux bons parlementaires. 
Sont de notre canard 
Collabot ordinaires. 

(H. BUGUIT.) 

COLLECTE. Bouline. 

« Les truqueurs des foires de village 
font ce qu'ils nomment une bouline, 
c'est-à-dire une collecte entre eux, 
et ils chargent un compère de dis- 
traire le surveillant, de l'emmener 
à l'écart, de l'inviter et de le griser. » 

(Pair AT d'Amclcmont.) 

COLLECTIONNER. Bibeloter. 

COLLECTIONNEUR. Bibeloteur, 
Bibloteur, Bricabracoleur, Brico- 
leur. 

COLLECTIVEMENT. £n soce, En 
tierce. 



« Moi, j' veux pas turbiner en soce; 
comme ça, quand j'affure, c'est rien 
que pour mon gnasse. • 

« On est monté en tierce à la Vil- 
touze. » 

COLLÈGE. Bahut, Bazai\ Boite. 

« A la sortie du bahut, deux lycéens 
discutent... » 

(Po?(taillac.) 

« On avait décidé qu'il ne retourne- 
rait plus au bazar. » 

(Du DOS.) 

« Pour l'ouvrier, son atelier ou son 
usine est une boîte\ pour l'employé, 
c'est son magasin ou son bureau ; 

Sour le domestique, c'est la maison 
e ses maîtres ; pour l'écolier, c'est 
la pension, le collège ou l'école. » 

(HecTOB PaANCK.) 

COLLÉGIEN. Bahutien, Potache. 

« Coiffés encore de la casquette du 
bahutien, Paul et René se tenaient, 
honteux presque, loin des groupes 
des autres jeunes gens de la ville. » 

(Ucro.vr.) 

(Tétait par un jour de printemps, 
Sis potaches, les bras ballants, 
S'en allaient en prom'nade. 

(XANaOF.) 

COLON. Les troupiers, dans nos 
colonies, donnent aux civils qui 
font le commerce de détail le 
nom de colons marécageux. 

(G. Dblbsallb.) 

COLONEL. Colo, Colon, Grand 
mec, Kcbir, Kibir. 

Quand la boiteus' s'en va voir le colo, 
Eir n'y va pas sans s' le passer à l'eau. 
{La Boiteuse, Chanson de route.) 

« Le colon réunit tous les ofGciers et 
leur exposa le thème de la ma- 
nœuvre. » 

« C'est pas parce que t'es le grand 
mec que tu me feras baisser les 
châsses, ricnna-t-il. Puis, saisissant 
sa chéchia par le gland, il la fit tour- 
noyer et la lança dans la direction 
du colonel, qui la reçut en plein 
visage. 



COL 



— i 



— Chauffe, Kibir, s'écria- t>il gogue- 
nard; maintenant, mon anon, y 
t'emm....! » 

COLPORTEUR. Boucardier gam- 
billeur*, 

COMBAT. ChiqvetHe. V. Bataille. 

COMBINAISON. Binaise. 

« r jactait avec personne : i* voulait 
pas qu'on conobre ses binaises. » 

COMBINER. V. Préparer. 

COMBUSTIBLE, subs. Macé- 
doine. 

COMÉDIE. Mireloque, Misloque. 

— JOUBR LA COMÉDIE. Flom» 
6er, Vendre, Vendre sa salade, 

« Le malheur, c^est qu'il avalait trois 
ou quatre grogs avant d'entrer en 
scène; il lui fallait ça, assurait-il, 
pour vendre sa salade. » 

{Gazette théâtrale.) 

COMÉDIEN. Misloqueur, Mislo- 
quier, V. Acteur. 

« C'étaient des mistoguiei*s qui flam- 
baient jusqu'à des six ou sept fois 
la joumaille chez Delille. » 

— On dit du comédien qui 
joue avec art qu'il sait 
Enlever une scène; s'il re- 
cueille beaucoup d'applau- 
dissements, il Enlève son pu- 
blic. 

— Le comédien qui joue sans 
art lâche la scène. 

— Le comédien qui ne joue 
que des bouts de rôle, le 
cnanleur qui passe le pre- 
mier dans un concert Ba- 
laient , E'isuicnt le plancher j 
la scène. On dit encore de ce 
dernier qu'il Lève le torchon, 

— COMÉDlE\ DE FOIRE. Flam- 
beur, 

« C'était un des meilleurs flambeurs 
de la caravane. » 



16 — COM 

COMIQUE. V. Amasant. 

COMMANDANT. Méquard\ 

COMMANDER. Méquer. 

COMMANDITAIRE. Coqueur de 
beurre, de bille, de braise, 

« L^habiteté du faisant consiste à 
découvrir le commanditaire, le 
coqueur de braise qui lui fournira 
les capitaux nécessaires à l'ouver- 
ture de l'établissement. » 

COMME. Kif, Kiff, Kif-kif, Kifkif, 
Kifkif bourrico ou simpl. Bout- 
rico. 

La femm' miaistr'. ça Trait très bien 
— Kifkif des ch>eu& sur nos potage». — 
(Eue. Lkmkrcicb.) 



COMME IL FAUT. Commif. 

C'est à côtn des fortifH, 
n'y voit pas d' gen 
Qui sent I' musqué. 



Ou n'y voit pas d' gens eommifs 



(A. B.) 

COMMENT. Sous forme d'inter- 
rogation, avec idée d'incrédulité, 
de moquerie ou de refus. Chez 
qui? Chez Bobèche? Chez Dache? 
Chez Plumeau? 

« — Tiras à trooch^mann avecque 
c'tte ponett'-là, toi? Chez qui? Chez 
Plumeau ? » 

COMMÉRAGE. Dabérage*, V. Can- 
can. 

COMMERÇANT VÉREUX. Din- 
gueur. Faisan, Faisand, Faisan- 
ditr, Faisant, Faiseur, iiibouleur, 

COMMERCE. Flambeau, Flanche, 
Truc, 

a Sa dabe aurait voulu qu'a y paie un 
p'tit flanche où qu'aile aurait four- 
gué des moules et des frites. » 

« — Que commerce qu'i' fait? 

— Il est marchand d' bidoche. 

— Marchand d' poules ; c'est core un 
truc à s' faire cercler. >» 

— FAIRE COMMERCE DE, 
FAIRE UN COMMERCE, 



cou 



— 117 — 



COM 



FAIRE DU COMMERCE. Flam- 
ber^ Flancher^ Truquer. 

« Ts savent y faire chez eusses pour 
truquer \ Eusëbe flanche à la mar- 
motte en fsaot les bistrots, du 
temps qu^ Ninie flambe au marché 
pouilleux. » 

— COMMERCE VÉREUX. Fai- 
sanderiet Riboule. 

m Les escrocs qui exercent la faisan- 
derie se connaissent presaue tous ; 
ils forment une sorte ue franc- 
maçonnerie qu'ils ont eux-mômes 
baptisée bande noire. 

Pour pratiquer leur genre de com- 
merce, les membres de la faisan- 
derie ont recours aux moyens les 
plus divers. 

Quand il ne possède pas, person- 
nellement, les fonds nécessaires à 
l'installation d*un commerce, — ce 
oui est fréquent, — le faisant ou 
faisand -fém. faisande) cherche un 
nave dont il fait son commandi- 
taire ou son associé. 

Le nave est hoonéte mais, comme 
rindique son nom, naïf et facile à 
berner; il a, généralement, de 
sérieuses garanties ou d'excellentes 
références, ce qui permet de se pro- 
curer la marchandise à crédit. 

C^est alors que le /'ai^anc/ persuade 
au nave qu'un plus fort roulement 
de fonds est mdispensable à la 
réussite de Tentreprise et le fait 
consentir à revendre, à vil prix, la 
marchandise livrée. 

Pour amorcer les fournisseurs, on 
acquitte pai'fois les premières 
échéances et, grâce à la complicité 
d'un banquier de la bande, on dé- 
cuple les commandes qu'on écoule 
en coups de fusil^ c'est-à-dire au 

3uart, quelquefois môme au dixième 
e leur valeur. 

Lesfaisands réussissent souvent 
à venare les établissements qu'ils 
fondent ou les cèdent à quelque 
faiseur qui, de mèche, en continue 
l'exploitation. » 

COAIMIS. Berline^ Courtaud de 
bout anche. 

u Elle a fait son barbeau d'un cour- 
taud de boutanche qui poisse pour 
sézigue de la douce à son singe, m 



— COMMIS COIFFEUR. Merlan, 
Pommadin. 

— COMMIS AU COMMISSARIAT 
DE POLICE^ Cabot de quart. 
Chien de quart ou de commis- 
saire. 

« L'exaspération est grande dans le 
quartier contre les a^^ents et contre 
le chien du commissaire. » 

(Lkcocq.) 

— COMMIS A LA COMPTABI- 
LITÉ, AUX ÉCRITURES. Bu- 
veur d^'encrCy Cul'de-plomb^ 
Gratte-papier^ Rond-de-cuir. 

— COMMIS AUX COi\'TRl BU- 
TIONS INDIRECTES. Gabelou. 
(Ce mot est aujourd'hui passé 
dans la laogue.j 

« Le percepteur, c'est bien, on y va, 
mais le gabelou^ ah! mince alors! 
vous qui parlez de fonctionnaires, 
tenez, en voilà un qui n'est pas 
populaire! *» 

(E. BtBGtmAT.) 

— COMMIS ÉPICIER. Corni- 
chon, Épicemar. 

— COMMIS EN NOUVEAUTÉS. 

Apprenti. Distot. 

— Commençant. Roufion, RoU' 
pion. 

— En pied. Calicot, Chevalier 
de Vaune. 

— COMMIS VOYAGEUR. Ambas- 
sadeur^ Gaudissart, Hirondelle, 
Pilier de paquelin, Pitre de 
comme. 

COMMISSAIRE DE LA MA- 
RINE. Ferblantier. 

COMMISSAIRE DE POLICE. 

Quart, Quart d'œil. 

Puis chez 1' quart, d'un ton bravache. 
Il va préteuure en rageant 
Que >ous l'avez traité d' vache, 
Le parfait agent. 

(L. DB BKacv.) 

« Voilà certes un sujet qui serait une 
précieuse acquisition pour la po- 
lice : un œil pareil vaudrait tous les 
quarts d'œil du monde. » 

(PoifTiULLAG.) 



COM 



— 118 — 



COM 



COMMISSARIAT. Burlingue de 
quart. V. Bnrean. 

COMMISSIONNAIRE. Galifard, 
Trôleur. 

— COMMISSrONNAIRB ATTA- 
CHÉ A UN ÉTABLISSEMENT. 

Chasseur. 

m Chaque soir, il envoyait le chasseur 
du cercle porter à sa femme Tar- 

f^ent nécessaire à la pitance du 
endemain. » 

(Le Gauloi*.) 

COMMODE. Accareuse, Careuse, 
Comine, Tireuse. 

« Mais quand la r'naque est v*nue, 
on a dégoté les falTes sous 1' marbe 
d' la careuse. >» 

COMMUER LA PEINE D'UN 
CONDAMNÉ. Le défarguer. 

COMMUNE (LA). La Commode. 

« — Ah! ma vieille, j'ai la dent 
comme si j'aurais pas bouffé d* puis 
la Commode. » 

— MEUBRE ou SOLDAT DE LA 
COMMUNE. Communard^ Corn- 
muneux. 

y l'avais rencontré' par haftard, 
CYtait du temps qu' le» communards ^ 
Sur Thomas, rommellaient dts meurtres, 
A Montmeurtre. 

COMMUNIER. Avalei\ gober ou 
manger Vauiergnat, le Ion Dieu^ 
le luron f le pain à cacheter, le po- 
lichinelle, Faire son bonjour. 

— Les employés d'église di- 
sent Avaler le bourgeois. 

« Et c'est du propre d'aller manger le 
bon Dieu en guignaut les hommes. » 

(E. 7.0LA.) 

n — V'ià Pâques, dit le sonneur. Va 
falloir qu*on aille tous avaler le 
bourgeois. » 

COMMUTATION. Défargue. 

COMPAGNE. Monante\ 

C:OMPAGNIE. Équipe, Gance", 
Soce, Tierce. V. Bande. 



COMPAGNON. Bisot\ Copain, 
Copin, Contre, Fanande*, Fa- 
nandel*^ Fiasse, Frère, Gaveau, 
Gavot, Maire*, Matelot, àîonanty 
Pote, Poteau, Social. V. Ami, Ca- 
marade. 

— COMPAGNON OUVRIER. 

Chien, Gigal, La Colene. 

« — Hé, la colerie, demanda le lipette, 
Vas pas vu mon gigal^. v 

— MAITRE COMPAGNON. Maître 

gigal. 

« Il y eut un soupir de soulagement 

quand le maître gignl quitta le 

chantier pour accompagner Tarchi- 

tccte. » 

(Le Cri du Peuple.) 

— SECOND COMPAGNON. Re- 
nard. V. Apprenti. 

— MAITRE COMPAGNON 
CHARPENTIER. Gâcheur. 

V. Charpentier. 

COMPARAITRE en justice. Aller 
faire tremper ses haricots ou Aller 
aux champs. 

« Comme c'était la première fois qu^il 
allait faire tremper ses hnriculs, il 
avait la frousse du cuiieux. » 

COMPÈRE, COMPLICE. La plu- 

fiart des mois qui désignent 
'Ami, rA8sociô,le Camarade, le 
Compagnon (V. ces mois} servent 
au malfaiteur pour nommer son 
compère ou son complice ; il est 
néanmoins d'autres termes que 
nous allons essayer de classer. 
Le compère chargé d'amener, 
d'amorcer la proie s'appelle, en 
général, Allumeur^ EnijailUnr, 
Ëngraineur; en argot de jeu il 
devient VEclaircur, VEmcchcur; 
au bonneteau ou dans les ieux 
de hasard qu'on rencontre hors 
barrières, le compère est Baron, 
Chic, Chique, Chiqucur, Comte, 
Comtois, Contre, Enquilleur, Mar- 
quis. Le complice qui rassemble 
le public ))our fournir une occa- 



COM 



— il9 — 



COM 



sîon de vol est Nonne ou Non- 
neur; celui qui opère est la Main 
et celui qui fait le guet se nomme 
Arçonneur, Gâfe, Psitteur, Dans 
le « vol à raméricaine » ou « vol 
au charriap:e », Tun des com- 
pères est V Américain, ou VAn- 
glavi ; Taulre, le Charrieur, le 
Jarr/i//t>r. Entin, le « môme », le 
« pégriot », qu*on emploie à 
cause de sa petite taille pour pé- 
nétrer dans les habitations par 
les soupiraux, les impostes ou 
toute autre issue oii nepouiTail 
passer un adulte, se dénomme 
Hat. V. Acolyte. 

La rone* !..• La noir' !... La noire ici... 
SaÎTezla noir'... Voyez la rouge... 
L'as de Irêf qui gagn' !.. Le voici !... 
Je r pos' là!... Là!... Pusrieo n' bouge! 
Poser, misez! — A vanne, à cri, 
Suivant 1' ser, cngraine 1' comte. 
{fié nav's pont' et c'est Bibi 
Ôa'cnrouiir l'aubert... Et ça fait V compte ! 

(Blédort.) 

« Les voleurs ont appelé main celui 
qui prend les porte-monnaie. Les 
aides s^appellent nonnes\ ce sont 
les élèves, les coassociés, les facto- 
tums, les complices. Ils doivent, 
pendant Texécution, et cela est capi- 
tal, se placer entre la main et la 
foule. C'est une garantie de sécurité. 
Ils ont pour mission, d'abord, de 
faire le guet pour reconnaître les 
agents, puis de disposer la victime 
choisie pour la plus grande com- 
modité de la main, soit en la pous- 
sant plus ou moins fort, soit en 
attirant son attention du côté 
opposé à l'opérateur... S'il est dé- 
couvert, les nonnes viennent à son 
secours et cherchent à le dégager 
avant l'arrivée de la police... 

Si la main est saisie par un agent 
inexpérimenté, elle fait valoir son 
innocence, et comme les pièces à 
conviction sont parties avec les 
nonnes, cela le désoriente. Il craint 
une erreur qui peut le compro- 
mettre, le faire punir ou révo- 
quer. » 

(G. Mac*.) 

« L*aide du bonneteur, de l'opérateur, 
s'appelait contre de ce qu il devait 



« chiquer contre »; la corruption 
Ta fait comte; l'analogie, qui l'a 
transformé en baron et en marquis, 
ira peut-être jusqu'à en faire un 
« prince. » 

(E. Uakçonkat.) 

^ SERVIR DE COMPÈRE. Ba- 

ronner. 

« — Alors, c'est entendu, tu me 
baronneras ce soir. » 

— COMPÈRE CHARGÉ DE RA- 
MENER LES DUPES. Rame- 
neur. 

liameneur, donne de ton claque 
Au pigeon une contremarque. 
Fais-le nettoyer chiquement 
Pour afTurer ton cinq pour cent. 

(HocisR-GaisoM.) 

COMPLICITÉ (DE). De mèche. 
V. D'accord. 

COMPLIMENTER. Jeter ou pas- 
ser de la pommade. 

« Ce sont de jeunes grues qui se 
mettent à la scène pour micheton- 
ner plus facilement et qui couchent 
avec les courriéristes théâtraux qui 
leur jettent de la pommade dans 
leurs canards. » 

{La Bavarde.) 

COMPOSER un article, une 
œuvre. Pisser, Pondre, Torcher. 

V. Écrire. 

COMPRENDRE. En^/urcr, Entei*- 
ver *. 

« On peut jacter devant lui, il n'en- 
trave que pouic. » 

« Lo rupin sortant dehors vit cet 
écrit, il le lut, mais il n'entervait* 
que tloutiére; il demanda au rati- 
chon de sou village ce que cela 
voulait dire, mais il n'en /eruat/* pas 

mieux que sézière. » 

{Le Jargon de F argot.) 

COMPTANT. Rubis sur pieu. 

COMPTE (RÉGLER UN). Êcosser 
des pois ensemble. 

COMPTER. Comberger*. 



COM 



- 120 — 



CON 



COMPTOIR, Chapelle *, Compte 
(apoc.)) liade, Radeau^ Radinf 
ZinCy Zingue. 

Pour fair' plaisir au camarade 
Oa l'intiie à v'nir en prendre un 
Su' r rade. 

(J. BniTHica.) 

Quand les scrgots s'en ront par cinq, 
C'est qu'ils vont preodie un rerr' su' l' Aine. 

(J. JouY.) 

CONCERT. Beuglant, Boite à chan- 
sons. Boite à musique f Caf-conce. 
y. Café. 

« Moulin-Rougef cabarets du Néant 
et d*aiileurs, boUes à chansons^ bo- 
dinières à revuettes, pesages, foires 
de Neuilly, et le reste. » 

(U. Maizbeoy.) 

CONCIERGE. Cloporte, Lourdier, 
Pipelet, 

Mais l'affreux cloporte 
Me laisse à la porle 
Pester sous l'averse el le vent. 

« — Quelle poire que tu vas faire 
quand ton lourdier va te remette 
ma babiilarde I » 

Les pipUets m'adress'nt des discours, 
Y Teul'nt pus qu' des artiss' notoires 
Et faut èl' du Conservatoire 
Pour pouvoir chanter dans les cours. 

(Jbham RicTvs.) 

— CONCIERGE DE PRISON. 

Chat, Guichemartf Oncle (fém. 
Onclesse). 

tf Vonclesse est une coquine finie... 
Voîicle est venu prenare mon ca- 
moufle. M 

[Lettre de délenue citée par Lorédan Larchey.) 

Lubre, il bonissait aux palombes : 

R Vous grublex comme un guiehemard. > 

(J. KlCHEriN.) 

CONCIERGERIE fLA). La Cigo- 
gne, La Lorce/e* (déformation de 
La Force) (V. Jargon), La Tour, 
La Tour Pointue. 

Je monte à la Cigogne 
On me gerbe à la grotte 
Au tap et pour dix ans. 

{Argoi de Vidoeq.) 

Puis, en décrivant maint détour, 
Le panier conduit & la Tour 
Ur&fle. 

(L. Di BiacY.) 



CONCUBINAGE. Collage, Mac- 
quage. Mariage à C anglaise, à la 
colle, à la détrempe, à Vestorgue, 
au vingt' et-unièmey de la main 
gauche, Marida. 

Ce sont là des coUagei, 
Et non des mariages. 
Et donc TOUS convolez; 
Des collage» sans» colle, 
Alors ça se décolle, 
Et vous vous décollez. 

(Raoul Pomchon.) 

Mon ((nasse a soupe du marquage : 
Faut toujours sucer 1' mém' museau.' 

(BLtOOET.) 

« La loi Naquet, à notre avis, n'a en 
rien atténué la propension de cer- 
taines classes à se marier au vingt- 
el-uniéme et on peut afCrnier que 
le nombre des mariages à la dé- 
trempe est aussi élevé que naguère. » 

{Le Pilori.) 

— VIVRE EN CONCUBINAGE. 

Être à la colle, collé, macqtié, 
marida. 

Depuis, j' suis maequée avec lui 
Et, comme à tout on s'accoutume, 
Pour nous deux j' m'occupe aujord'bui 
Sur le bitume. 

(fi. DE Bbrct.) 

Aussi quand ej' m'ai marida, 
y m'ai mis avec un' petit' grue 
Qui truquait, le soir, à dada, 
Dans la rue. 

(A. B.) 

n Tant qu'on est à la colle, ça colle ; 
mais une fois que le condé y a 
passé, c'est tous les jours du re- 
naud. » 

CONDAMNATION. Gerbage, Gei- 
bement, Sapement, Suci'age. 

« M' mette pègre? Fourche ou cam- 
bri? Ça m' dit qu' nib. Pis, j' yeux 
pas risquer V gerbement. » 

n A son dernier sapement, il a été s* 
laver les pieds au dur pour cinq 
longes, i* 

« Son bavard a fait tout c' qu'était 
posse, n'empêche qu'il a passé au 
sucrage pour un treize. » 

— ÊTRE SOUS LE COUP D'UNE 
CONDAMNATION CERTAINE. 

Être bon, Être failré. 



CON 



— 121 — 



CON 



— ÊTRE VIERGE DE CONDAM- 
NATION. Être blanc. Être fleur. 

— CONDAMNATION EN APPEL. 

Surgerbe, 

— CONDAMNATION CAPITALE. 

Gerbement à la passe ou simpl. 
Passe. 

« 11 s^est fait gei'bé à la passe pour 
avoir scionné la vieille de Tauberge 
de la guillotine. • 

C0NDAM:\Ë. Incurable, Malade, 

— CONDAMNÉ A MORT, qui se 

pourvoit en cassation. Friau- 
che*. 

€ONDAllf^'ER. En/laquer, Gerber, 
Plancher, Saler, Saper, Servir, 
Sucrer. 

u Le lendemain, suivant un usage 
immémorial parmi les voleurs lors- 
qu'un de leurs collaborateurs est 
enflaqu^, Vidocq lui envoya une 
micbe ronde de quatre livres, un 
jambonneau et un petit écu. » 

(M. Mario et L. Lad:(ay.) 

Ma dabuche aussi chassait d' race : 
A s'est fait gerber à TiRf(t ans 
Pour avoir saigné eun péla.<tse. 

(A. B.) 

Comment ? T'as pas encor vingt piges! 

Tu t'es d'jà fait saler cinq fois!... 

Et,c' coup-ci, c'est deux ans qu' tu piges ! 

« Tu sais bien qu'y a cune loi su' c' 
qui s'appelle V « émission d'un 
tiers » qu'interdit la cbose et qui 
sape ceusses qui sont pas d' la par- 
tie et qui donnent d' Taubert pour 
les grèves. )« 

« Grollier s'est fait ceinturer avec 

Sour avoir dévalisé la boutanche 
'un lartonnier d' la rue d' Grenelle 
et c'est pour ça qu'on vient de 
r sucrer. » 

— CONDAMNER POUR RÉCI- 
DIVE. Êtamer. 



^ CONDAMNER 
Surgerber. 



EN APPEL. 



— CONDAMNER AUX TRA- 
VAUX FORCÉS. Gerber au dur, 
à la grotte, au pré, aux traves 
(apoc. de travaux). 



— CONDAMNER A PERPÉ- 
TUITÉ. Gerber à perpelte, à 
perte de vue, à la vioque. 

— CONDAMNER A MORT. Ger- 
ber à conir, à counir, à crônir, 
à la faux, à la passe. 

« — Te voilà pris avec cinq vols qua- 
lifiés, trois assassinats dont le plus 
récent concerne deux riches bour- 
geois, tu seras gerbe à la passe, > 

(Balzac.) 

— ÊTRE CONDAMNÉ. Être cuit, 
fricassé, frit, mort. Ramasser. 

« l's sont tous frits, mais c'est l 'Man- 
chot qu'a V ipus ramassé : cinq berges 
de centrouse. » 

<( Il compte sur un acquittement? 
Baste, il est fricassé d'avance. » 

{L'Étoile.) 

CONDUCTEUR D'OMNIBUS. 

Gaule ou Échalas d'omnicroche. 

CONDISCIPLE. Cocon (arg. des 
polytechniciens). Faisant', Laba- 
dens. V. Camarade. 

CONFESSE (ALLER A). Aller à 
comberge, à combergo, S*écurer le 
chaudron, 

« Des gonces qui va à combergo, 
qu'avalent l'auvergnat tous les 
dimanches, et qui foutraient pas. 
deux pélots à un mendigot! » 

CONFESSEUR. Babillard. 

« Mais il ne parlait plus jamais de 
ses deux amis; et une fois que Ssin- 
treuil les avait nommés devant lui» 
il répondit d'un air gêné : Le babil- 
lard veut que je leur pardonne. >» 

(HoGUBS Ks Roox.) 

CONFESSION. Combei^gc, Corn- 
bergeante, Combergo, 

CONFESSIONNAL. Combergo, 
Dépotoir, Gutirite à calolin, à ra- 
tichony Lavoir. 

«Le moi dépotoir, en argot, signifie 
également « Vase de nuit »» et 
M Confessionnal»). C'est dans ce pot 



CON 



— i2î — 



CON 



de chambre^ en effet, que les vieilles 
dévotes viennent déposer leurs 
petites ordures. » 

(HicroR Fkanck.) 

« Eh! Néncsse, vMà ta tante: c'est 
r coup d' la cogner, a sort du lavoir : 
aile ira au r'Ûl, pour fair* péni- 
tence. » 

CONFIANCE. Fiat". V. Initié. 

CONFITURE. Gluante, Purée de 
tomates. 

« Une gonzesse comme ça à ton 
gnasse, ça serait foutre de la 
gluante à un sergot. » 

CONFONDRE. En parlant des 
personnes : Aplatir, Asseoir , En 
boucher un coin. V. Argument. 

— ÊTRE CONFONDU. En baver. 
En être mort^ occis, tué. En 
rester là ou de d'ià, En roter, 
N'en voir plus clair. Ne vouloir 
plus vivre. 

« Ohl alors, tu parles, quand sa gerce 
y a boni c* petit flanch*-là, si ça y 
en a bouché un coin, au frère! ah! 
mon vieux, dis donc, il en restait 
d'ià, il en bavait; il 'tait occis, que 
j' te dis ! V voulait pus vive. » 

— Prendre une chose ou une 
personne pour une autre : 

Se gourei'. V. Se tromper. 

CONFRÉRIE DES GUEUX. Les 

Enfants de la Mate *, Le Plant \ 

CONFRONTATION. F r image, 
Musique, Pierre de touche, Rem- 
brocage. 

CONFRONTER. Frimager, Passer 
an frimage, à la musique, à la 
pierre de touche, au rembrocage, 
au rembrocage de pan'aijis, Rem- 
broquer. 

« 11 a été r'noblc par la lourdière de 
la taule qu'il avait faite, quand on 
l'a fait passer au frimage. » 

« Il allait tout V temps a Niort, mais 
il avait surtout 1 flube qu*on 1' 
passf^ à la musique et qu'on 1* rem- 
broque avec Jambe-de-Laine. » 



CONGE (PARTIR EN). S*en aller 
du pied droit (arg. militaire). 

« — Oui, mon vieux, conte ton conte! 
Dans cent vingt-trois jours, on s'en 
ira du pied droit. » 

CONGÉDIER. Balancer, Sacquer. 
V. Chasser. 

CONNAITRE. Combler, Conobrer, 
Nobler. 

« — Ton patron, ce vieux poteau, est, 
comme tu le conobles, un de nos 
faisandiers les plus costeaux. » 

(K. LSPELLITIB»,) 

« J^ai nohlé bien des régimes; j'ai vu 
r Père-la-Poire; j'ai vu 48; j'ai vu 
Badingue. » 

Quéqu'i' Ta dir* mon proprio 
Si j'y pay' pas son lerin' d'octobre? 
SûrV Ta m' TÎder. Je 1' conobre. 

(A. B.) 

— CONNAITRE L'ARGOT. Dévi- 
der, entraver le jars ou simpl. 
Le dévider, Centraver^ Com- 
prendre V anglais. V. Com- 
prendre. 

— CONNAITRE UN ART, TN 
MÉTIER OU UNE SCIENCE A 
FOND. En gratter^ en jouer, 
en mouiller, en pincer (indis- 
tinct.), Êtrf café, Savoir y faire^ 
Y toucher. V. Expert, Instruit. 

— CONNAITRE LES ÊVËNE- 
MENTS qui vont se produire. 
Connaître le menu. 

— CONNAITRE LE MORAL de 

?[uelqu'un. En connaître lebfase, 
e centre, le matricule, le 7im- 
méro. 

« CTest pas à nous autes qu*i* pourra 
r mette, ou connaît son blase à 
c' mec-là. » 

« — Cause toujours, mon colon, on 
connaît ton matricule. » 

« Ce n'était pas la prciniôre fois que 
le gredin était amené dans nos 
bureaux, nous connaissions so7i nu- 
méro d'assez longue date. » 

^ CONNAITRE UNE FEMME, 

dans le sens biblique. V. Goiter, 
Posséder. 



CON 



— i23 — 



CON 



— CONNAITRE TOUTES LES 
RUSES. Savoir lire, 

— CONNU. (Découvert, divulgué). 
Brûlé, Cuit, Frimé, Fncassé, 
Frit, Mordu, Vu. V. Découvert, 
Eyenter. 

CONQUÊTE. Emportage. 

« On fsait du plat aux pus gandines; 
quéquïois n raquaient V souper; et 
on fsait des emportages. » 

— FAIRE UNE CONQUÊTE. 

Emporter, Faire. V. Séduire. 

CONSCIEXCE. La muette. 

• Depuis qu'il avait suriné son dab, 
i' n' pouvait pus dormir : la muette y 
chantait le» vêpres toute la nuit. » 

— LAISSER UN PRÉVENU 
SEUL AVEC SA CONSCIENCE. 

Le faire ou le laisser manner, 

<* Nous le laissâmes mari/icr jusqu'au 
lendemain. » 

(Gouu?r.) 

<:ONSCRIT. Blaireau, Bleu, Galli- 
poteuxy Godillot, Pieirot, 

« Le mot blaireau désigne en même 
temps le balai et le conscrit; sans 
doute parce que le conscrit mala- 
droit est souvent commandé de 
corvée pour le maniement du blai- 



reau. » 



(Hector Franck.) 



« Une bande de godillots que condui- 
sait un nncieii, ami de la maison, 
pénétra dans le petit salon jaune. » 

« Quant aux pierrots, aux pauvres 
bleus fraîchement débarqués du 
patelin natal, qu'il se faisait un 
plaisir d'ahurir sous une grêle iniu- 
terrompue de corvées et de puni- 
tions, ils en venaient à s'cntre- 
regarder tout pâles, les dents ser- 
rées, sans une parole. » 

(G. COL'RTELIM.) 

€Oi\SEIL D'AVOCAT. Médecine. 

m Collez-moi cinquante balles et je 
vous coque une médecine flam- 
bante, n 

(J/f^moirM de ViJocq.) 



CONSEIL DE GUERRE. Tour- 
niquet, 

« Il est passé au tourniquet pour 
avoir aubade le capiston. » 

CONSEILLER, subs. Minuits pi- 
lois", 

CONSEILLEUR. Jacquctte, Van- 
neau. Ces mots sont pris en 
mauvaise part eldésignenl celui 
qui se borne à conseiller sans 
jamais agir. 

CONSENTEMENT. L'argotier 
manifeste son consentement par 
les mots Gi, Gy ou Gigot; au 
xviiio siècle ou disait Jospin*, 
V. Oui. 

CONSENTIR. Marcher. 

H Qu'est-ce que tu dirais d'une bonne 
ballade en voiture avec apéritif à 
la cascade et dfner au pont de 
Suresnes? 

— Je marche avec enthousiasme. » 

CONSERVÉ. On dit d'une per- 
sonne bien conservée qu'elle 
n'est pas trop Décatie, Déchirée, 
Dégommée, Déjetée. 

CONSERVER. Carer, Mettre à la 
care, Mettre à gauche, à la planque, 
Planquer. V. Cacher, Économie. 

— CONSERVER INDUMENT une 

part destinée à autrui. Faire Ces- 
gard, Faire lesque, 

tt On devait falmucher; mais le Frisé 
avait/Vzi/ Cesgard. » 

CONSIDÉRABLEMENT. 

V. Abondamment. 

CONSIGNE. Colle (arg. militaire 
et des écoles). 

CONSIGNER. Coller (arg. mili- 
taire et des écoles). 

« Je me réjouissais d'aller le lende- 
main montrer mes galons neufs 
aux cousins de Marly-le-Hoy quand, 
pour une vétille, je me fis coller 
par l'adjudant de semaine. » 



GON 



— 124 — 



CON 



CONSOLER. RebecteTj Rebonneter. 

« A cbiallait comme eune Wallace; y 
a qu' ia bleue qu'a pu la rbecter, » 

« Ça vous r*bonnUe tout d* m^me, 
quand on est à la faridon, d' dégoter 
des aminches qu'ont pas oublié 
qu'on les a assistés quand qu'i's 
étaient dans la pure. » 

CONSOMMATEUR qui ne donne 

Sas de pourboire. Figaro (ai'g. 
es garçons de café.) 

« Des clients comme ça, qui tiennent 
une table pendant deux heures avec 
un bock et qui font figaro après ! Y 
a pas de presse I » 

m 

CONSOMMATION. ( Breuvage.) 
Consomme (apoc.) 

Plus loin, ils en faisaient autant 
Mais changeaient de conwmne... 

On ne peut boire tout le temps 
La môme chose, en somme. 

(R. Po.'vcHon.) 

CONSOMPTION. Décatissagcy Dé- 
gommage, 

CONSTIPÉ (ÊTRE). Avoir le bou- 
chon ficelé, Faire de la ou des 
cordes, des billes, 

CONTE. Boniment. 

« — Je ne coupe pas dans tous ces 
trucs-là ! C'est des boniments I » 

CONTENIR. Litrcr \ 

CONTENT (ÊTRE). Vavoir à la 
joie, à la rigolade. 

« Cécile et mézigo, on l'avait à la joie. 
ce matin-là. Alors on s'a offert une 
ballade en cambrouse. » 

— ÊTAB TRÈS CONTENT. Se 

taper le cul par terre. 

CONTRAIRE (AU). En y joignant 
une idée de moquerie ou de 
vague supériorité. C'est Vautre! 
Cest le chat ! Cest le pape ! Cest 
le peintre! C'est que j' chie, quej* 
crache, que / pette, que j' rote, 
quef tousse! 



« — Alors depis qu' tu travailles-pus 

tu la r'ièves ? 
— Non, c'est que j* pette ! » 

CONTRARIER. Emmerder, Em- 
mouscaillei\ Faire chicr. V. En- 
nuyer. 

CONTRARIÉTÉ. Emmerdement. 
V. Ennui. 

CONTRAVENTION. Contredanse, 
Contrevence. 

« Comme i* n'avait pas d' condé, les 
cierges y ont fait une contrevence. » 

— PRIS EN CONTRAVENTION. 

Fait marron. 

CONTRE. Jouste *, Juxte *. 

« Je trimardais jouste * la lourde. » 

(H. FaAi'vcB.) 

CONTREBANDE. Maltouse ou 
Maltouze. 

— FAIRE LA CONTREBANDE. 

Pasquiner la maltouse. 

CONTREBANDIER . Chameau , 
Chouette, Dromadaire, Lanterne, 
Maltousier, Renard. 

— CONTREBANDIER KARI' 
TIME. Marsouin, 

CONTREBASSE à cordes. Ar- 
moire. 

— JOUER DE LA CONTRE- 
BASSE. Gratter ou scier de 
l'armoire. 

H Pour quarante sous par soirée, il 
allait scier de l'armoire dans un 
bastringue de barrière. » 

CONTREFAIRE. Frimer. 

Oh ! n' pas et' pUnaué à la dure 
Kt, D* s'rait-c' qu'euu nuit frimer Tmarlou 
Et m' les rouler dans d' la guipure. 

(JiHAH Rictus.) 

CONTREMAITRE . Contrecoup, 
Contrefiche. 

m Les sous-ofT., c'est les contrecoups 
d* la grive; et, comme dans les 
atelliers, i's gueul'nt pus fort que 
les patrons. » 



CON 



— i25 — 



COR 



CONTREMARQUE. Biffeton, 
Brème, Lavabe, Y. Marchand. 

CONTRETEMPS. (Empêche- 
ment.) Avaro, EscarCf Escarre. 

CONTUMAX. Chef du train onze, 
Qui a les pieds dans le dos, dans 
les reins. 

CONTUSION. Beigne, Bochon, 
Pain, Paing. V. Coup. 

<:ONVALESCENT. Qui se rem- 
plume, Qui se requinque. 

« 1' n^était pas si estuqué qu* tu 
disais; j* Tai vu hier : i' commence 
à s^ remplumer, n 

« — Comment qu' ça va? 
— Tu vois, ça va mieux; on se 
r'quinque. » 

i:ONVENABLE. A la couleur, A la 
mode. 

€ On s'a offert un gueuleton à la 
mode, avec des nuttres et du 
cacheté. » 

CONVERSATION. Convet*se. 

H 11 m^a tenu une converse de plus 
d'une plombe. » 

c:ONVERTlR (SE). (S'amender.) 
Acheter une conduite, Rengracier. 

C:OPlEUSEMENT . Chenûmenl , 
Gourdement *, Hugrement *. 
y. Abondamment. 

COPIEUX. Corsé. On emploie, dans 
ce sens, quelques-unes des locu- 
tions signifiant Abondamment, 
Beaucoup, telles que A chier par- 
tout, A tout casseï^ A vingt-cinq 
francs par tête, etc. 

« La mère nous avait préparé un 
balthazar un peu corsé. » 

COQ. Caporal^ Clairon, UorlogCy 
Ornichon, Ornion. 

« J'aime pas la cambrouse à cause du 
clairon qui vous réveille au petit 
jour. » 



« Esgourde Vhorloge qui crosse trois 
plombes au poulailler. » 

M On nous a collé un vieil ornion 
qui datait du siège. » 

COQUET. Coq, Gandin. 

Il afTurait cher de gallouse, 

1' 8' fringuait tout c* qui' ya d' gandin 

C'était r pus coq ed' la Viltouxe. 

(BLÉDOaT.) 

— Il esta rem arquer que Co7Mct 
et son apocope Coq s'appli- 
quent, en argot, à tout ce 
qui plaît. 

COQUETEU. Faire ou se faire des 
appels, du boniment, du ou des 
chichvi, du clinc, du gringue, du 
gruau, du menu, des petits pains, 
du plat, du plato. Ferrer, Flirter, 
Jeter du gnngue, Jeter ses pelotes. 

« Y avait assez longtemps qu'ils 
s' faisaient des appels deyani V trêpe 
et du boniment dans les coins; ça 
d'vait finir par un marida. » 

« Pendant ou' Sac-d'Os guinchait 
avec la Méloche, V Marin /'sait du 
gruau en douce avec son lard. » 

COQUETTE. Flirtcuse. 

— VIEILLE COQUETTE. Vieux 
tableau^ Vieux bas de buffet. 

COQUILLE de noix, de noi- 
sette, etc. Calot, Cocange. 

« Les filous qui donnent à jouer dans 
les foires et sur les marchés ont, 
en dehors du « bonneteau » et de 
la « parfaite j», un jeu du mAme 
genre et tout aussi lucratif qui se 
joue avec trois coquilles et une 
noulette et qu'ils appellent le calot, 
la robignolle ou la cocange. » 

COQUIÎV. Crème, Vache. 

« Le Rempart!... C'est une crème 
capable de ronger les bastos à un 
corps et jamais Kildef ne l'aurait 
tombé si i y avait pas fait un coup 
en vache. » 

COR DE CHASSE. Bistourné. 



COR 



— 126 — 



COR 



« V*Ià r mardi gras qu'arrive. On va 
core eo tende des tas d* poireaux 
souffler dans i' bisloumé» » 

COR AU PIED. Baromètre. 

« — Le temps va changer ;je sens mon 
baromètre qui me lance. >» 

CORBEAU. Croasseur ou Croâ, Oi- 
seau fatal, 

CORBILLARD. Mannequin à mac- 
chabéesy Omnibus à conis, à couniSt 
ou croniSf Roulante ou roulotte à 
refroidis. 

« — Técolomises, quV dit Justin, 




teau qu' tu mets au planque ? » 



— CORBILLARD D'ENFANT. 

Comète. 

« Les deux croquemorts posèrent la 
comète sur le trottoir et pénétrèrent 
chez le marchand de vins. » 

— CORBILLARD DES PAU- 
VRES. Comète *, 

CORDE. Fi7(arg. des machinistes), 
Lignotte, Ùigotande *, Ligotante, 
Ligotte, Hit\ Tordouze, Torse, 
Tortouse. 

« — Amarrez le fil de la ferme du 
fond et descendez les frises . » 

NVmbiant on rouillarde» et de noir roupillant 
Sur la gourde frétille, et sur le gourd volant, 
Ainsi lu ne luras l'accolaote tortottse. 

(Mabc os Papillo:*.) 

— CORDE DE POTENCE. Cra- 
vate de chanvre, V. Potence. 

CORDIER. Tortousier. 

CORDOX. Ligot, Ligotant. 

CORDOXXIER . Ambassadeur *, 
Bijoutier ou graveur en cuir, sur 
le genou, liouif, Chouflic, Chou- 
flique, Choufliqueur, Choumac, 
Choumacre ou Choumaque, Gré- 
pin, Galifard, Gnaf, Gniaf, Pas- 
sifleur. 



— PATRON CORDONNIER . 

Beurloquin, Beurlot, Pontife, 
Porte-aumusse. 

— Premier ouvrier. Goret. 

— Apprenti. Pignouf. 

m Son dab était tout c' qu'i' y a d* com- 
mif, il *tait 60111/ rue d' Tourtiile. » 

a A ce moment, je perchais rue Mau- 
buée ; les gniafs on les remue à la 
pelle dans le quartier. » 

{Le Père Peinard.) 

CORNE faite à une carte, à une 
page. Comanche. 

« FAIRE UNE CORNE. Cor- 
nancher. 

CORPS. Bauge, Cadavre, Carcasse. 
On désigne aussi le corps par 
quelques-uns des termes qui si- 
gnifient Chair, Estomac, Ventre. 
V. ces mots. 

CORRECT, CORRECTEMENT. 

Au pouce, 

« — Et le premier qui descendra à 
rappel sans être au pouce, je le 
colle à l'ours pour quatre jours. >» 

CORRECTION. V. Élégance. 

^ ACTION DE CORRIGER. 

V. Coup. 

^ MAISON DE CORRECTION. 

Tuneçon *. 

CORRECTIONNELLE (PO- 
LICE). Carrée des petites gerbes. 
Moulin à café, à poivre. Tourni- 
quet. 

« Chariot, qu'est passé au tourniquet 

Eour fricfrac, est à la Santocbe pour 
uit marques. » 

« Quiconque n'a pas assisté à la bru- 
talilé de certaines charges, à l'ini- 
quité de certaines arrestations ; qui- 
conque n'a point pénétré un peu 
les mystères du poste, et n'a pas, 
surtout, assisté a une séance du 
moulin à café^ ne peut s^imaginer 
quels ferments de haine germent 
I au cœur des contribuables contre 



COR 



— 127 — 



COT 



ceux qu'ils paient pour assurer 
leur sécurité. » 

(Sbvbrim.) 

CORRESPOIVDANCE. V. Lettre. 

CORRIGER.(Adminislrerunecor- 
rection). V. Battre. 

CORROMPRE. A /franchir, Désin- 
ter, Dessaler. 

« Ou peut jaspiner dVant son orgue, 
il est dessalé..^ c'est pas d' tantôt 
qu'il est affranchi, c'est un social. » 

« Tu ne désinv'ras jamais c' godot-Ià. 
C'est un gervai?, i' rest'ra d 'mi-sel 
toute sa vie. » 

— CORROMPRE UN FONC- 
TIONNAIRE à prix d'argent. 
Lui donnei\ Lui verser un pot de 
vin, 

— CORROMPRE UN JUGE, UN 
TÉMOIN. Boucaner*, Coquer la 
boucanade *. 

CORRUPTEUR. Affranchisseur. 

« Avec Anatole, le môme sera pas 
longtemps avant d'être dessalé. 
C'est un affranchisseur de pre- 
mière. » 

CORRUPTIOX. Boucanade*. 

CORSE. (Originaire de la Corse.) 
Corsico. 

« Du temps de Badingue, à la grande 
Botte y avait que des corsicos, • 

CORSET. Niche à seins. 

« La môme Henriette est rien chans- 
tiquée depuis la dernière fois crue 
je l'ai vue. Elle qu'avait des lolos 
épatants, a n'a pus que nib dans sa 
niche à seins. » 

CORVÉE (FAIRE UNE). S'y 

coller. 

m — Faut encore que j'aille chercher 
de l'eau?... Alors c'est toujours 
moi que j' m'y colle. » 

— FAIRE LA CORVÉE DE LA- 
TRINES. Passer la jambe ou 
tirer Voreille à Jules^ à Thomas, 



Écrire au pnys, 
(arg. militaire). 



a sa payse 



C'est un trai Tolours que U goutte 
Pour les débiles estomacs, 
Surtout si cela te dégoAte 
De passer la jambe à Thomas. 

(Raoul Kaotbl.) 

— Ça te fait de la peine d'aller 
coucher à la boite? Console-toi. 
Demain matin on te fera écrire à ta 
payse. » 



« FAIRE LA 
QUARTIER. Copier la 
l ordre, le rapport (a 
taire). 



CORVÉE DE 

décision, 
arg. mili- 



ce Le caporal de semaine me mit un 
balai usé entre les mains et m'or- 
donna de descendre dans la cour 
du quartier, pour copier le rapport 
en compagnie de nos camarades 
consignés. » 

COSSU. (Riche.) Hi/p, Rupe^Hupin. 

« Sûr que ce n'est pas le premier 
qui se toque de Bernale; mus de 
calé, de rupe comme celui-là, il 
n'en jaillit pas souvent sur le pavé 
de la vie. » 

(J. Marni.) 

« ... Le bal du bord de l'eau, où rap- 
pliquent, les beaux jeudis et les 
lundis de sortie, de girondes j^igo- 
lettes, un étroit ruban de moire à 
leur taille ilne, et, les plus rupines, 
une fleur artificielle dans la filasse 
des cheveux. » 

(Jean Lorrain.) 



COSTUME. Fringues, Frusques. 
V. Vêtement. 

COSTUMER. Camoufler, Fringuer, 
Frusquiner. V. Déguiser, Vêtir. 

COSTUMIER. Fringueur. 

« — Pour vingt-cinq fléchards, t'au- 
ras un pierrot chez le fringueur ; 
ou un domino, comme tu voudras. » 

CÔTE. Cerceau, Cercle. 

n — T'y fous donc pas à croûter à 
ton bourdon? On y voit les cer- 
ceaux. » 



COT 



— J28 — 



COU 



•« Frisoteao est au pieu. V s^est fait 
enfoncer les cercles d*un coup d* 
riclot en s^ chiquant avec l'Élec- 
trique. » 

CÔTÉ. Biard \ 

■— LE BON CÔTÉ. Le CÔli du 

manche, V. Courtiser. 
COTERIE. Chapelle. 

COTOX. Moelleux, 

« Cest des tas de fausses-couches 
qu'on a élevées dans du moelleux. » 

COTTE. (Pantalon de travail en 
toile bleue). Falzard d'azur, 

COU. Colabre\ Colas, Colin, Col- 
lier, Kic, Kiki, Vis, 

Poisse jusqu'à ta Ûa dernière, 
Car le Jour où tu serais las 
(Jbarlot Tiendrai l poisser ton gnière 
Et te Taucherait le colas. 

(L. OK Biacr.) 

« Ferme, ferme, t*as assez jacté, 
criait le Merlan en serrant le kiki 
à sa môme. » 

COUCHE. Pagne, Pagnier, Pa- 
nier, Piau, Pieu, Plumard, Plume, 
Portefeuille , Poussier , Pucier, 
V. Lit. 

COUCHER. Bâcher, Bourser, Pa- 
gnotery Piausser, Pieuter, Plumar- 
dcr. Plumer, 

— SE COUCHER. Les verbes 
ci-dessus énoncés peuvent s'em- 
ployer sous la forme réfléchie ; 
on dit dans le mémo sens : 
Mettre sa viande dans le tor- 
chon^ Remiser sa viande, Se col- 
ler sous la bâche. 

Fit rencontre d'un rocher 
Qui cherchait une femelle 
Et qui l'emmena bâcher 
A Grenelle. 

(A. B.) 

Ya des fois qu'i's font du potin, 
l'sjapp', i'8 p\%s\ i's font des magnes... 
Dam' les clebs i's ont pas des pagnes 
Pour plumar avec leur putaio. 

(Id.) 



r tas i Tronville... & Étretat... 
J' fais mon Mossien Félisque Fauro, 
J' vas partout... comme un chef d'Etat: 
J' Tas à Vichy... j' vas au Mont-Doré ; 
J* vas où qu' tous les rupins i's vont , 
Et j' pagnoUe avec la négresse 
Chez la mèr' Minette, à Clermoot, 

Aux frais d' la princesse, 
((o. Les Souloloques d'Honoré Constant.) 

« — Vous m* faites tous tarterl... 
j^ vous plaque et j* vas coller ma 
barbaque dans l' torchon, » 

— COUCHER A DEUX. Bassi- 
ner, chauffer son pieu. 

« — Moi, j*en mouille pas pour le 
marida. Quand ej' veux chauffer 
mon pieu, y vas l*ver une gonzesse. » 

— COUCHER AU SOLEIL, SUR 
L'HERBE. Faire le ou son 
lézard, 

« Sur la Butte! il n'y aura bientôt 
plus un coin pour faire son lézard 
pendant les cnaleurs. » 

— COUCHER SUR UN MATE- 
LAS A TERRE, sur un canapé, 
dans un fauteuil, etc. Camper. 

Hippolyte avait emmené toute la 
bande chez lui ; mais comme il ne 
possédait qu'un lit assez étroit, on 
fut obligé de camper. » 

— NE SAVOIR OU COUCHER. 

Filer ou refiler la cloche, la 
comète, La filer, La refiler, Sor- 
guei' à la paire. 

« Ça fait une semaine que je la file et 
j'ai pas boufl'é depuis deux jours. » 

Ça va éV dur de ta rfil*r. 

(P. I'aillitte.) 

Car, c' soir,... faut r filer la comète, 

(Jbuan Rictus.) 

Car quand i's r'fiVront la cloche 
I's auront tous dans leur poche 

Kl' surÎD ouvert, 
Et, c' jour-lù, mes CAmarluches, 
La nuit gare aux laqu'reauxmuches 

De la rilac* Maubert. 

(A. B.) 

El depuis qu'aile est disparue 
y sorûue à la paire et j' fais bullon 
Dans la rue. 

(Id.) 

— COUCHER UN ADVER- 
SAIRE. V. Abattre, Terrasser* 



« 



cou 



— 129 — 



COU 



TOUCHES. Aboulfiment, Dvhâcle. 
V. Accoachement. 

ilOUDE. Os potulleuXf Suzette. 

« Il avait reçu un coup de ribouis 
dans l'os pouilleux qu'il ne pouvait 
plus en remuer le bras. » 

COUDRE. Pousser le cul pour avoir 
la iHe (arg. d'atelier), Pousser ou 
tirer la piqueloque, 

« r s' les roule pendant ((u' sa dahe 
tire la piquloque pour y foute la 
croustille. » 

<:OULER. Dégouliner, 

« 11 avait gardé dans les mâchoires 
une chique de tabac dont le jus 
coulait en filets bruns sur les picots 
de son menton, et de là df^qoulinait 
parmi les ganglions du cou, comme 
a travers des rigoles. » 

(C. LEuoNNm.) 

COl'P. Accolade f Atout, Avoine, 
lidfe, Raffey Raffre, Beigne, Bei- 
gnet, Beugne, Bigne, Bignet, Ro- 
chon , Boffette, Hùuffe, Broc, 
Brocco, Brocot, Broque, Cachet, 
Châtaigne, Châtaine, Chinfreniau, 
Chisnouffe, Couleur, Dariole, Em- 
plâlre, Gnole, Gnon, Mandate, 
Mandate *, Marron, Mcrangueule, 
Mûre, Noix, Pain, Paing, Plamuf, 
Pochon, Tabac y Talmouse, Tarte, 
TaSf Tourlousine, Trimbalkment, 
Va-te-laver, Voie, V. Claque. 

— VOLÉE DE COUPS. — Avoine, 
Bourrée, Brossée, Brotiée, Brû- 
lée, Daube, Daubée, Daudée, Dis- 
tribution, Doublée, Écopage, En- 
levée, Esquintement, Flaupée, 
Floftpée, Fricassée, Gras, Gra- 
tin, Grattée, Lentille, Passage à 
chausson, à flaupe, à perlot, à 
ponce, à tabac, chez gnou, chez 
pain, Pâtée, Peignée, Perlot, 
Pile, Pipe, Pipette, Piquette, 
Purge, Bantanplan, Batapiaule, 
Batatouille, Rincée, Bossée, Sau- 
vette, Tabac, Tatouille, Tournée, 
Trempe, Trempée, T ré pi g née, 
Tripotée. 



— Les verbes qui, dans le 
langage argotique, prennent, 
comme régime direct, d^s équi- 
valents de Coup ou Volée de 
Coups sont Coller, Coqwn\ Dé- 
tacher, Filer, Foulre, Laisser 
tomber, Mettre, Passer, Prêter, 
Befilpr, ù l'actir; et Passer à. 
Prendre, R"cevoir, au passif. 

— COri» l>E PIED AIT DER- 
HIÈUE. Esca/f^\ 

— DO.NWEH DES COUPS DE 
PIED AU DERHIÈHE. Botter, 
décrocher, enlever ou secouer le 
ballon, le fi g ne. le /ion. le mé- 
daillon, le panier à crottes, etc. 

— COUP DE POI\(;. Balle de 
colon, Casse-gueule, Coup de 
tamnon. Demi-livre de viande, 
de barbaque, de bidoche, Gil- 
quin. 

— COUP l>A>S LES YEUX avec 
deux doigis allons^rs. Coup de 
la /'ourchelle. V. Aveugler. 

— DON.NER DES COUPS SUR 
L'OEIL, sur les yeux. Boucher 
les fenêtres, Crever les châsses. 

— COUP DE TALON SUR LE 
VISAGE d'un adversaire ter- 
rassé. Cachet. Estnn/e, Estam- 
pille. 

— DONNER DES COUPS DE 
TALON DANS LE DOS ou LA 
POITRINE d'une personne à 
terre. Défoncer, Enfoncer. 

— DONNER UN COUP DE TA- 
LON SUR LESORTEILS. Faire 
les cors. 

— COUP DE TftTE. Coup du 
bélier, de Garibaldi ou de la 
rencontre. 

— DONNER V^ COUP DE TÊTE 

dans la figure. Faire bouffer de 
la tête de cochon. 

— DONNER DES COUPS DE 
TÊTE. Doguer. 

— COUP DE JAMRE EN 
ARRIÈRE. Ginguage. 

— 4:OUP DE BATON. Huile de 
colret, Te Deum raboteux. 

9 



cou 



— 130 — 



COU 



— DONNER DES COL'PS DE 
COL'TEAU. Chouriner, Fiquer\ 
Larder, Linguer^ Scionner,, Su- 
riner. Y. Assassiner. 

— RECEVOIR l>ES COUPS. 

Hoire, Éco/ier, Èlreinier^ Pren- 
dre y Prendre pour son rhume ^ 
lia masser. V. Battre. 

— COUP EN DEHORS DES 
CONVENTIONS. Coup en vache. 

J'eD ai mon pie«l de c' loul>^-là, 
J' vo* laisser tomber les chtilaigncs. 

(A. B.) 

A prrsent qu' mo. v'Ih dans les planques 
Et qu' je u poux pu» l' coller Hes tas, 
Tu o' te figur's pas c' que tu m' muuques. 

(In) 

Pègre d* la haulo et j' mile unpaing 
Au pautrio quand i' m rhitrc. 

(ID.) 

Au lieur dj filer un manOalo 

J'y dirai : • Ma Ull', lu lais bien. » 

{V. [^ILLITTI.) 

Fiudrait qu' j'y fuut' l'argi'nt d' mes .«emain's ! 
J'ai beau lui eollrr des chàinines 
A r'pique au tas tou« le^» sam'dis. 

(A. Gii.i..) 

Kemontc vite à la canibuxo. 
J' te vas r' filer tin rantanplan î 

( Vieille rhanson argotique.) 

Tu sais. Maria, que j* suIh pas muf 
Mais, si tu veux t' payer ma gueule, 
J' te vas dt^tachfr vu jilamuf. 

(bl.hDÛHT.) 

Petite mùme K?»pagQe, 
Notre V(i*u lacrompagne ; 
Flau(|ut*-lcur dos pochons 
A ces cochons. 

(U. Po>CHO.^.) 

C.euiis'-là <lont la joi' u" fait pa-» grâ<'e. 
J" m'i'u \a> l«'ur-z-y mctl' uu bouclioo... 
No«-l, Noi'l 1 1/ premier qui pas«o 
V bimffiii d' la tvt' dv cnc/mn!. . 

(Jehan Uictis.) 

Faut re^ltïr I jras au coup d' tn^npon 
\\\i\ boxait Ici nurcliands du Tomplc. 

(II..) 

a U fait noir, \li\o pous-s/'c dans les 
tént'breiî. Oui t-st dessus? Qui est 
dessous? Mic-inarl (Iris et (pions. » 

(J. iSlCIlIfl.N.) 

« — MetS'f/ un hrocol su' 1* tournant 
d' la poire, un bon marron... qu'a 
s'en souvienne!... Et aïe donc là! 
pas des chisnouffes pour enfant ! 
des belles mûres à la mode ! » 



<» Et 1' mec s'a fait mette eune noix. » 

« Le pauvre industriel comprenait et, 
pour éviter le TÀcbeux passage à 
tabac, signait ce qu'on voulait. » 

Al PHUK8I Allais.) 

« C'est mon Paul (jui m'a valu ça, je 
vous jure c'est une purge sérieuse. »• 

(Gotioy.) 

« La dabe va prouler qu'on arrive 
encore en retard. Gare Ja disiri- 
btitionl » 

a Magine-toi qu' l'Amiral filait des 
pâtées à la Sardine; tous les jours 
c'étaient des gnons et des beigues 
comme s'il en pleuvait. »' 

« J' vas pour y en mcUe un ; i* s' gare 
et m'en fout un dcmi-livc sir la 
gueu'c. » 

« Sa femme? i' préfèr'ra la linguei' 
que d' la quitter. >' 

« C'est avec ton couteau qu' j'ai 
suriné c' pauvre type. >» 

(GoaoN.) 

« Un jour, le vieux soiffard s'irrita 

f)lus que de coutume et se mit, dès 
e commencement de la classe, à 
fesser la gamine. L'après-midi, y 
prenant goùl sans doute, il recoiii- 
mença la bruuëc >/ 

IIi.c.Tor. Fkanck.) 

" .Mes hommes te tarderaient, s'ils 
te voyaient tant renâcler; moi, j'ai 
patience. »> 

(RSRTKL et rîlLyllîl.) 

— MARQUE D'UN COUP SUR 
L'4)EIL. Cocambo^ Coquard, 
Tape-à-C'iH. 

« — Tu ne vas pas me faire croire 
qu'il n'y a qu une femme à Nice 
avec un cucamito sur la paupière. > 

(JbAN I^URliAIM.) 

« Elle s'est amenée à une heiu'c à 
l'Abbaye de Thélèmc avec un dou- 
ble coquard. » 

— COUP pris dans le sens de 
Ft)is. Trayugp, Treillage^ Tril- 
Inge. 

« — Il marche, mon vieux, c'est épa- 
tant, il est bon à chaque trayage. u 

— COUP l>'r':T.\T. Chanit>ard, 
Chambardement. 



cou 



— i31 — 



COU 



— COUP DE MAITRE. Coup à 
la mode y Coup de première. 

— COUP D'OKIL. Clinc. V. Amor- 
cer. 

— COUP D'OEIL l>'IXTELLI- 
GEMCE. Appel, Dusse, Duzf, 
Ser. V. Signal. 

— COUP DU SOUT. Avaro. Tuile. 

« (Vtlc pauv* Mélanie, son Iioimne 
vient de s' casser une patte, quelle 
tuile pour eux ! >» 

— COUP DE (;RACE. Coup du 
lopin. 

— D'UX COUP. Dardure, Iku'de 
comme halle. 

— MAUVAIS COl'P. Coup à la 
manque. Coup de nib ou sim[)I. 
Nil», 

H — J'y avais dit : » Si tu fais un 
coup à la manque avant ton sort, 
ils l'enverront aux IJ.it. d'Af. » Aussi. 
t'as vu, il n'y a pas coupe. » 

« — Mais le jour qu'il est venu nie 
trouver et qu'y m'a dit : « La uiftnic ! 
je te gobe! si tu veux, je prends la 
piaule sous faux blaze, tu feras le 
turbin et on s'arrangera m>ur le 
cariue! » J'en ai eu assez. Le jour 
où il e?t venu me chercher pour 
faire un nih, j'en ai eu trop. » 

(0. MriÉMK.i.. 

COUPABLE (UECOWU;. Bon, 
Prope, 

« Quand on l'a cerclé, il avait encore 
Tartiche du pantre dans sa valide. 
Il était bon. » 

'» Si on m'entoile, y a pas d'erreur, je 
suis propre : la Voli^j^e a cassé le 
morceau. » 

COUPER. Chapuiser\ 

— COUPEH LE COU. Faucher 
le colas c»u simpl. Faucher. 
Y. Guillotiner. 

COUPON D'ÉTOFFE. Gardanne*. 

COUR D'APPEL. Coîiv des Rou- 
geauds. 



«< Il a été eu appel pour voir si ceux 
de la Cour d'S Hoiigeauds étaient 
aussi vaches fjue les juges de la 
correctionnelle. ^> 

COUR D'ASSISES. Bourrache, 
Juste \ Ligure *, Vlainhe à pain, 
Planque de ijerhe. 

COUR DE CASSATION. Carrée 
du reieclatje. 

COURAIiE. Moût. Couille, Esto- 
mac, Estomc, Poil, Sant(!. V. Bra- 
voure. 

Travailler e>t Inpir-niqno 

Et contrain' rsl I oi.«i\fté ; 

Mais ^^-lg;no^ son pain sous la (ri(}ue '. 

G" (jui faut en axiir. un' snutt''. 

(P. J'aillettk.) 

COURAGEUX. AHèque\ D'at- 
taque, Garçon, Poilu, Qui a des 
c.Hçs au cid (ohsci'iie). Qui a le 
ou les foies chauds, Qui eu a, 0?"* 
est là. V. Brave. 

'< P'aut avec nousqu' des gas d'nllaquc, 
des qarrous qu'en ont et f|ui savent 
r uiuntrer (juand i' faut. " 

«Tu peux t'aliyiier avec sézigue ; il 
est là î » 

l'ai V foi' chaud, tians ma peau 1" sanp hou», 
Huand j' voi>, roug' dans 1" noir«'j' rr^v tout! 

(A. B.) 

COU'RIR. A/fàter ses pincettes, Ca- 
rapalcr, Cmaler (ces doux der- 
niers verbes preiment parfois la 
l'orme réfléchie;, Jouer des pâles, 
des (jamhettes, des (jiyues, des <jui- 
6o/cs, des pattes, i^e dèuuiser en 
cerf. V. Fuir. 

'( En voyant ces mess rappliquer, les 
mômes se sont carapaléc<. » 

" Su' c' coup d' teuips-là, i' s'a mis 
à cava'er après la gonzesse. •» 

a — Je suis en retard, il va falloir que 
je Joue des (juiholles pour ue pas 
rater mon train. »> 

u — Pige Auguste cpii se déguise en 
cerf pour rattraper l'omnicroche. » 



cou 



— i32 



COU 



COURS. Dans largol de Saint- 
Cyr, le cours d'administralion 
s'appelle Ckien revl; celui de 
topographie, Tapir; celui de géo- 
graphie, Gogo, 

COURSES. (Sport.) Courtines, 

« C'est coiuiiie les poireaux qui vont 
paumer aux courtines sur un tuyau 
tout l'aubert qu i's ont mis un mois 
à gagner. » 

COURTILLK (LA). La Courtanche, 

COURTISAX. Lèche bottes, Lùche- 
cuit Peloteiir, V. Flatteur. 

COITRTISAXE. V. Prostituée. 

COURTISER. Chauffer, Ferrer, 
Faire des appels, du bonime, du 
ou des boniments, du ou des chi- 
chis, du clinc, du gringue, du 
gruau, du menu, de Vœil, des pe- 
tits pains, du plu, du plato à 
quelqu'un ou Faire quelqu'un au 
bonime, au boniment, au plat, au 
plato, Flirter, Frotter, Jeter du 
gringue, du gruau, Jeter ses pe- 
lotes. 

« Dans un fiacre agrémenté de la pan- 
carte : a chauffée » montent un 
monsieur et une Jeune femme qui 
baissent aussitôt les stores. Gavro- 
che, surprenant le fait : « Pour sûr 
alors! qu'elle va l'être chauffée à 
hlanc la p'iil' dame! •• 

(llKCTon FiUNCE.) 

« Et comme la môme est gaudine, y 
a des tas d' gas qu'essayent de 
ferrer pour la sourver ' à son 
homme. »» 

Va-t-en Irouvcr la graml' Naua, 

Dis que j' la prie 
D' casquer pour moi, j'y reudrai ça 

A ma sortie. 
Surtout n'y fais pas d' honinicnls 

Pendant qu' jo m' marre... 

(A. h.) 

Ah ! le* muqu'rcuux, y sont pas d* bois 

ht par meut'scntier's aux abois 

Kn chapelets d' chipointa 

Y s' tord'nt, y gueulât, y *' font du plat. 

(JCIUN UiCTUS.) 

Oo babille, on flirte, on pelote. 

(J. HlDII.6PBaGKl.) 



« — Tu veux savoir porquoi qu'i' 
r'tournc crouler dans c' gargot-là ?... 
Ben, mon vieux, c'est pour les mi- 
rcttes d' la bonuiche : il a la canne 
et i' frotte. » 

— COURTISE n VSE PER- 
SONNE MARlf:E. Lui deman- 
der sa main gauche. 

« Ces reuseigncraents recueillis, 
M. Alcindor mit une belle redin- 
gote et des gants citron, l'uis, avec 
une certaine émotion, il se rendit, 
vers cinq heures, chez Mme Cher- 
nujeu pour lui demander sa main 
gauche. » 

(Tmiïitax «Bbbnard.) 

— COURTISER LE SUCCÈS. 

Saluer le soleil levant, Se mettre 
du côté du manche. 

« Le côté du manche est la place que 
choisissent les malins et les gens 
peu scrupuleux. » 

(Hectob Fhance.) 

COUSIX. Coquelin, Cosenard. 

COUTEAr..4miVa/(arg.de bagne), 
Bargaya, Bince, Chourin, Coupe- 
sifflet, Coupelard, Dague, Eusta- 
che. Lame, Lingre, Lingue, Longe, 
Petite flambe, Rallonge, Scion, 
Serpe, Surin, Vingt-deux. 

IMLaUieur aux pantres de province I 
Souvent, lardé d'un coup de binc^. 
Le micheton nu se cuvait. 

(J. HiCHBPIN.) 

i^our el' premier qui pouss* du r'ssaut 
J'ai tout r tonips — ouvert' daus ma vague 
Et prêle à fsciomier — ma bonn' dague. 

[L. uK Bbrcv.) 

J'v fous mon i'r;u//-fA'UX dans la peau. 

(A. B.) 

Eun' nuit qu'il 'tait ou permission 
V'Ià qu'i' tu' la vieill' d'un coup d' scion. 

(lo.) 

Et j'y plonge 
Dans r bid', snns fair* ni eun' ni deux, 
Ma rallonge. 

(Blkdort.^ 

a Ses bains de pieds étaient célèbres 
dans son parti, et ils lo firent sus- 
pecter de modéranlisme à plusieurs 
reprises. Pendant la Coummne, le 
bruit courut qu'il avait un pédicure, 



cou 



— 133 — - 



CRA 



et il dut se disculper de l'accusa- 
tion. Comme Phryné devant l'aéro- 
page, il ôta ses souliers, montra 
ses cors et les tailla lui-mc^me, avec 
un eustnche «i treize, devant ses 
farouches collègues de l'Hôtel de 
Ville I... Cette épreuve rétablit son 
crédit ébranlé et elle lui rendit la 
conGance du peuple. » 

(R. BsaOBRAT.) 

« Comment voulez-vous qu'on ait le 
cœur de fiche un coup de lingue^ 
me disait un jour une « terreur » 
de la Butte, quand on n'a rien 
mangé depuis trois jours? » 

(HcnuM Le Kuux.) 

•* On va et' fait marron, on réfléchit 
pas, on joue du surin, puis après on 
raque avec sa tronche. • 

— FRAPPKR A COI PS DE 
COUTKAU. Chouriner, Fiquer\ 
Larder^ Linf/uer, Scio7inei\, Su- 
riner. V. Assassiner. 

COUTELLERIE. Lingrerie. 

COUTER. Pesa: 

« — J'ai eu ça en coup de fusil pour 
presque rien. 

— £t ça f>èse'l 

— Une' demi-pile. » 

COUTEUX. Gris, Grisâtre. V. Cher. 

COUTURIÈRE. Coutiirasse. Ne se 
prend qu'eu mauvaise part. 

tt — Quelle est la coulurasse qui vous 
a ficelée comme ça? » 

COU^^EXT. Jésuilière, yid de cor- 
beaux, Ratichonnière, 

COVXERTVllK. Berline*, Berlue\ 
Couverte, Couvrante. 

J'ai bcn souvent passé mes nuits 
Sans couverte. 

(A. B.) 

COUVREUR. Chat. 

CRACII4T. Accent, G laviot, Gluau, 
Graillon, Huitre, Lopin, Molard, 
Postillon, Serpent *. 



« Et pourquoi crachote-t-il à remplir 
de postillons en un quart d'heure 
un baril? » 

(J. RlCflF.PI>.) 

« Il s'amuse à lâcher des f/laviots su' 
les harnais des rupins qui passent. '> 

« La neuille, on voit qu' pouic. Alors, 
v'Iâ que j' crois rauiasser un la 
raute, et j' mets 1' doigt sur un 
gluau. » 

« — Ousqu'cst la liberté, si on peut 
pus laisser tomber un lopin en oni - 
nibus? » 

u Vous aurez quatre jours pour lancci' 
des rtiolurds sur les rangs. » 

CRACHER. Gluviotcr, Graillonner, 
Molarder. 

« r glaviote toute la journée comme 
un poitrinaire. »» 

« C'est dégueulasse de molarder 
comme ça! » 

CRACIIEUR. Glavioteur, Graillon-- 
neur, Molardew\ Postillonneur. 

CRACHOTER en parlant. Écarter 
la dragée ou du fusil, Envoyer des 
postillons. Faire son absinthe, Fu- 
siller, Postillonner. 

« Ensuite, une vieille carogne, qui 
écartait la dragée, prit la parole. •> 
{/îecueil d'' pit^ces comiques.) 

« C'est sa vie, i' faut qu'a jaspine!... 
si seurment a postillonnait pas dans 
la gueule au monde... » 

CRAIXDRE, CRAIXTE. V. Peur. 

CRALVTIF. V. Capon. 

CRA\E, adj. V. Brave. 

CRAXE, subs. V. Tête. 

— CRANE CHAUVE. Houle de 
billard. Genou, Pomme d'esca- 
lier, Motte de fyeurre, Skating a 
mouches. V. Chauve. 

« Au Sénat, on devrait Icur-z-y don- 
ner des calot les pour siéger, ça 
proté^^'rait leurs mottex de beurre 
Ça doit les enrhumer d'avoir leurs 
skating à mouches à l'air. » 



CRA — 134 

CJlAVVhK. Fripouille, V. Canaille. 



GRÉ 



C'est vrai qu'il est tomps qu'où s'explique, 
Et qu'on di»' ses qu:it' %érités 
A la saint* fripuuiUe,k la clique, 
A (ous res anciens disputé.'*. 
Pourtant, mui... j' suis parlementaire. 
(A. B. Les Soul'tloquet d Ho nord Constant.) 



CRAVATE. Collier, Coulant. 

— CUAVATE PLASTHOX. 

pUllre. 



Em- 



it. — Tas rien un bath collier \ .com- 
bien qu' tu l'as raqué? » 

• Moi, j' mets jamais d' col ni d' cou- 
lant. Comme ra, on peut pas m' 
faii'o au kic. » 

CRAYOX. Menteur. 

CRÉAX^CIEK. Anglais, Crocodile, 
Loup, Point de côlt}. 

« H y a des anfflais dans cette rue, 
je n'y veux pas aller. » 

[Curiositt'S frajiçoiscs.) 

« Le samedi de banque donc, à la 
porte de riinprimeric sont embus- 
qués des individus prêts à se jeter 
sur le passage de Timprévoyant 
débiteur. (Test le tailleur, le chape- 
lier, le bottier, le gargotier. Us sont 
désignés sous la dénomination pit- 
toresque de loups. Alors, on entend 
crier de toutes parts : Gare aux 
loups \ » 

(J. LjkDJMin.) 

— UIK lIABITËt: PAK UN 
CIIÉAXCIER. Hue barrée, Rue 
où l'on pave, Hue pavée. 

w — Pourquoi no passes-tu pas par la 

rue Biot ? (/est plus court. 
— Je ne peux pas. On pave. » 

CRÉDIT. Ardoise, Châsac, Credo, 
Crame, Croum, Croumc, Œil, 
Symbole (arg. des typographes). 

M Au fait, j'ainjorais mieux (|ue tu 
dises que je dîne tous les soirs au 
London-llouse. — Ah! tu as une 
ardoise là-bas*? » 

(Jean F^uhiiain.) 

a 11 a r châsse chez tous les troquets 
d' la chaussée. » 



a Depuis qu' sa n)énesse est à la cam- 
pagne, il est Torcé d' plumer à credo 
chez la mère (Constant. » 



s r dégote toujours un bistrot qui y 
ffldt à croume pour sucer un' pêche 
avec les copains. » 

« J'ai rœ/7 chez elle jusqu'à ce que je 
trouve quelqu'un de sérieux. » 

(J. Mamm.) 

— CRÉDIT nEMANDÊ AVEC 
LIXTEXTIOX DE XE PAS 
L'ACQUITTER. Drapeau, Pavé, 
Rosier. V. Dette. 

— A CRÉhlT. A l'œil, Sur le 

verbe '. 

— ACCORDER CRÉDIT. Faire 
au châsse ou Faire le châsse, 
l'œil. Ouvrir l'œil. 

« Baluchon a un œil ouvert chez le 
bistro du coin. « 

(lli.cTua Fba5Cr.) 

« Descends jusqu'à la Courtanche, j'ai 
un troquet qui me fait au châsse. » 

— DEMANDER CRÉDIT. Grésil- 
lonner *. 

{Almanach des d>^bi leurs.) 

— PRENDRE A CRÉDIT. Faire 
un loup (arg. des typographes). 

— CELUI ^UI FAIT CRÉDIT. 

Crouniier. 

— COUPER LE CRÉDIT. Brider. 

« Sa taule ne marche plus, les four- 
nisseurs l'ont bride. » 

— AVOIR PERDU TOUT CRÉ- 
DIT. Être brûlé. 

« 11 est brûlé chez ses fournisseurs. >> 

(Hector Franck.) 

CRÉDULE. Goheur, Gogotte. 

« — (l'étaient toujours de vieux ta- 
bleaux... qui avaient déjà écrit et 
donné des rendoz-vous au pt-re 
Dumas, et nui n'étaient point déjà 
si jeunes, ac ce temps-l.i!... Mon- 
sieur est un peu gobeur. 

— Joseph!... 

— Ah! les amours des hommes de 
lettres. » 

(0. &liaDia\) 



CKÈ 
C:RÈ31E. Durême. 



— 135 — 



CKI 



CRÉTIX. Palourdej Gourde, Po- 
cheté. 

i:itËTL\lSME. Gow'derie, Martel- 
lerie. 

CREVER. En parlant des ani- 
maux: V. Mourir. 

— CREVKR LKS YEUX A 
QUELQU'UN. Lui faire des 
yeux de hareng. V. Aveugler. 

CIRI. Criblage, Criblement, Gucule- 
ment, 

« La neuille, on entendait le crifde- 
mtnt des hyènes qui sentaient 
r niacchiibce autour du camp. C'é- 
taient des fjueulemenls à n'en pus 
finir. » 

C:UIBLE. Abour, 

CRIER. Cribler, Pctordcr, Rejac- 
quer*. 

— CRIER AU SECOURS. Battre 
morasse*. Gueulera la chienlit , 
au charron. 

— CRIER A LA GARDE. Cribler 
à la grive'. 

Far controtenip"», ma largue, 
Voulant s' piquer d'honneur, 
Craignant <(ue je la nirgue, 
Moi qui n' suis pas taiïi ur 
Pour gonfler ses lialados 
Ku caquo dans un rade, 
Sert 5igue« à roison. 
On la crible à la grive * 
Je m' la donne el ni'es(]uive 
Klle est paumé' marron. 

(VlDOOo.) 

M — A n'avait qu'.î pas f/upuler à lu 
chienlit, j'y aurais pis lait de mal. 
.Mais quanâ j'ai vu qu'a voulait pas 
<Me safçe, j'y ai fait ?on atfaire. » 

CRIEUR. Aboyeur, Cribleur, 

n Le commis qui crie à l'étalage le 
prix de sa marchandise; celui qui 
répète l'enchère à rilôlel des Ventes ; 
l'employé des tapissières «le courses 
qui appelle la clientèle ; le commis- 
sionnaire qui se charge d'appeler 
les cochers à la sortie des réunions 



ou des soirées; l'auxiliaire qui 
appelle ses ro-detenus au parloir ou 
à un service queiconrpje ; le poli- 
cier qui crie le nom de l'individu 
(ju'il lile, dans le but den établir 
1 identité ; on résumé, tous ceux 
dont c'est le mélier d'appeler ou de 



ccHT sont, 
aboyé urs. » 



pour l'arjj'otier, des 



— CRIEUR DE JOURNAUX. 

Camelot, Can ardiar. 

« Avant d'être canardier, parait quMl 
était maître dT-colc. » 

CRIME. V. Assassinat. 

CIUMIXEL. Qui a du beurre sur 
la trie. 

« Les voleurs juifs disent en hébreu : 
« Si vous avez du beurre sur la tête, 
n'allez |>as au soleil, il fond et 
tache. >' 

(ViDOCQ.) 

CRI\. Douillet, 

CRITIQUE. (Appréciation défa- 
vorable.) fi(U:fia(je, lirche. Char, 
Cfinrriaiie, Chinauc, Chiiu\ Cros- 
saye, bèbinaye, Es(iuint(ige, Es- 
quintemeui, Jardinage. 

H Dans le monde des journalistes, 

sitôt qu'un confrère a le dos tourné, 

on se livre sur lui à un etVréné 

béchaye. »> 

(IIkctoh Khanck.) 

« Dans un salon. 

Cette excellente coujtesse de B... 
est en train de s'en donner à cœur 
joie sur le compte de ses «< bonnes 
amies ». 

Taupin, l'interrompant de la fa- 
çon la plus respectueuse : 
— Après vous liibêche .s'il vous plaît? » 

(1d.) 

« Milot, lui, i' gob' pas V drame. 
Quand on va au théàte tous les 
deux, i' fait du charriaye sur tout. » 

« Quand .Mélocli»; a rappliqué avec 
son doulosse à panache, toutes les 
gonzesses l'ont passée au chinage. » 

« C'est toujours ceusses qu'admettent 
pas la chine pour eusses (^u'en pas- 
sent le pus aux autes. » 



CRI 



— 136 — 



CRO 



Ab lieu de passer au eroisage 
Le volaillon et le gervais, 
Fais plutôt leur Apprentissage : 
Pègres valent mieui que narets. 

« Dès que la comtesse fut partie, on 
se livra sur son compte à un débi- 
nage en règle. »» 

« — Quand vous aurez fini votre jar- 
dinagel Occupez-vous donc de vos 
alTaifes... u 

— CHITIQLE OUTRÉE. Abat- 
tage y Enterrement de première 
classe^ Êreintement. 

« — Vous avez vu V abattage qu'on 
lui a flanqué dans le « Gil Blas m 
au sujet de la création de son 
rôle? » 

« — As-tu lu les feuilles, ce matin? 

— Non. Que dit-on de la pièce de 
Raoul? Êreintement^ hein? 

— Enterrement de première classe, ma 
chère. 11 ne s'en relèvera pas. » . 

CRITIQL-EW. Ik'chev, Charrier, 
Chiner , Crossery Débiner, Êreinter, 
Esquinter, Jardinei', Jeter ou faire 
de la bêche, 

« Ils se saluent très bas et se donnent 
du •( cher maître » mais se bêchent 
aussitôt le dos tourné. » 

« — Ne charrie pas I Avec son air 
bête et sa vue basse, il t'en remon- 
trera encore. » 

« — Tu peux chiner, c'est la plus 
belle femme de Paris. » 

(J. M ARM.) 

« On a jolin)ent croftsé sa plaquette ; 
c'est d'ailleurs assez plat. •» 

« — Je puis, deux heures d'affilée, 
débiner les camarades dans un 
café. » 

(éuiLE Goruiiu.) 

« Hier, mon camarade Paul Hourget 
est entré chez moi en brandissant 
un journal. 

— Knfin, on t'éreintel s'est-il écrié... 

Et il m'a étalé un article idiot où 
l'on me refuse jusqu'à l'écriture ! 
Pourquoi pas l'orlho^Taphe? Mais 
quel n'a pas été son étonnement 
lorsque je lui ai appris que cet 
article était de moi! » 

(Émilb Ulbgbrat.) 



« Certains critiques croiraient man- 
quer de talent s'ils n'esquintaient 
une pièce par semaine. >» 

Ohé ! tas d' poch'tés 
Les goaciers qui nou* jardinent 
V s'ront vraiment j'iés. 

(J. RiCHBPIN.) 

«« — Mais n'ayons pas l'air de faire 
de la bêche,., on est susceptible 
chez Moule-à-Singe... Regardons, 
écoutons, et ne nous faisons pas 

trop remarquer... » 

(H. LcPF.i.LSTisa.) 

CRITIQUEUU. Rtk'heur, Char- 
rieur, Chineur, Crosseur, Débi- 
neur, Éreinteur, Jardinier, 

« On dit que j' suis bêcheuse; y a rien 
d'étonnant, mon daron était Jar- 
dinier. » 

«e Chez Bonelli, i's sont toute eune 
bande de cAamet/rs qui vous ajètent 
quand vous sortez uu bénard ou un 
alpague neuf. » 

« J'ai r droit d'ête chineur tout comme 
les autres. » 

« — Je m' fringue comme j' veux; et 
les crosseurs y les ai au figne! » 

« — Aller chez Clarisse avec une robe 
de la saison dernière? Merci, elle 
est trop débineuse ! »» 

« Véreinleur est un homme merlo 
qui sait siffler au lieu de savoir 
parler. » 

(A. Delval'.) 

CIIOC-EX'JAMIIE. Croche-pied. 

« Ça n'est pas dans les règles; un 
vrai lutteur ne donne jamais de 
croche-pied. C'est à refaire ! » 

CROCHET de chiffonnier. Nu- 
méro 7 . 

« Les épaules courbées sous le poids 
de sa hotte, le corps plié eu deux, 
la lanterne d'une main et le nwnéro 
sept de l'autre, le pauvre vieil 
ivrogne s'en allait titubant par les 
rues désertes. » 

{Les Propos du Commnndfur.) 

— CROCHET A SlSPEMmE 

LA VIAXDE. Allonue, Araiyne. 



CRO 
CROCHETAGE. Fric-frac. 

y suispoartaat pas un imbécile!... 
Pour mijoter un coup d' fric-frac 
Yâ pas deux comm' mon gniassc au mille... 
Mais quand i' faut marcher, j'ai 1' trac! 

(A. B.) 

CROCHETER. Croclier. 

ff A peine si elle est sortie un quart 
d^heure, eh bien ! on a eu le temps, 
ma chère, d'y crocher sa porte et «le 
lui voler toutes ses «économies. *> 

CROCHETEUR. Fric-frac, 

n Toute la tierce y était... et la crème : 
rien qu' des broche», des monte-en 
Pair et des fric fracs. » 

CROIRE. Couper, Couper dujis la 
pommade f dans le pont ou si ni pi. 
Couper dedans^ Donner dans le 
yodany Goberj Godaticer. 

« Et il souriait tranquillement avec 
un air de ne pas couper dans toutes 
ces indiscrétions sur la destinée. » 

(Albxanobe IIki'I'.) 

• Le soi-disant péril que courait la 
République n'était qu'un attrape- 
nigaud à Tusage des naïfs qui con- 
sentiraient à couper dans ce pont. » 

(11. KoCHFKOaT.) 

H Elle lui collerait une histoire qu'il 
goberait comme toutes les autres, et 
bernique pour le reste. » 

(T.. Lkuunmer.^ 

Va-t-cn ! Je ne donne \ lus dans 
Ce» ponts vieilli'* et cet ijodans I 
Muâe ! assez de viande creuse 
Est veutic agacer mes dénis. 

i,A. Glatigny.) 

CROIX, ([nsigne.) V\ Décoration. 

— CROIX DE COU. Arbalète", 
Jeannette, 

A' s' contentaient T jour de leur noce 
D'un' petit' loileti' pas féroce 
Et d'un' Jeannt'ttf en similor, 
A la Ooutte-d'or. 

(A. B.) 

CROQUE-MORT, hazouqe. Cor- 
beaUy Emballeur de refroidis. 

Mon daron voyait tout en noir 
r fsail r croqu'mort dans " I/Assotnmoir i> 
C'est pour ça qu'on l'app'lait Bazouye. 

(A. W.) 



— i37 — 



CUI 



V là les corbeaux, y'W les bf^l'» noire», 
Les emballeurs df i efroidis 
Qui vont prend' »es pauv's memh' raiJis 
Et l'emporter sans pus d'histoires. 

(L. DR HSRCY.) 

CROTTE au derritVe. Grelot^ Grin- 
yuenande, Sonnette, 

Spectacle horrible et scandâleuv I 
Au cul du démon cauteleux, 
El de qui triomphe la fraude. 
L'un d'entre l»?s prédestinés, 
Va Saint, en l'air, est par le nez. 
Pendu comme une griuffuenandt'. 
(Abhk uk GnÉctu'iiT.) 

CROUPIOX. As de pique, Sot-ry- 
laisse. 

CROUTE. Iloumie (arg. des chif- 
fonniers). 

CRUCHE des salles de discipline. 
Cantinière (arg. militaire). 

— Les sous-offiriers appellent 
Ti(jre une cruche non régle- 
mentaire qui remplace, pour 
eux, le vase nocturne et 
dans laquelle ils vident leurs 
eaux de toilette. 

CRUCIFIX. Jean de la Viifnc. 

CRUEL. Crème, Vache. V. Mé- 
chant. 

CRYPTOGRAPHIE. V. Écriture. 

CUILLER. LoucItCy Louie, Pelle, 

u 11 fouillait désespérément d^ns son 
sac à malice. 

— IJon ! v'ià à c'tte heure qu'on m'a 
choppc ma louche, s'écria-t-il, fu- 
rieux. » 

H Dites donc, garçon, apportez-moi 
au moins une pelle, si vous voulez 
que je mauge ma soupe. » 

— PETITE CUILLKR. Certificat. 

CUILLERÉE. Louchée, Pelléc. 

a — C'est-il avec un sous-pied et une 
louchf'c de patates qu'on peut se 
garnir le coco? » 

„ — Allons, donne-lui encore une 
peÙce de fayots. » 



— 138 — 



CUI 

CUIR. Linge à pompes. 

CUIRASSE. Coquille. 

CUIRASSIER. Chaudronnier, Co- 
quillard, Couillard, Groa frère, 
Gros lolo. V. Soldat. 

«i Du temps qu' Lacroix était margis 
au C Couillard, i' v'nait tout's les 
semaines au « Mirliton. » 

— LES CUIRASSIERS. La co- 
quille. 

« L' gas à Usôbe c'est un costeau, il 
a fait son temps dans la coquille. » 

CUIRE, Riffauder, lUffer. 

CUISINE. Boubouille, Frigousse, 
Fripp, Popoltc, Tambouille, Tom- 
houille. 

Iloi qui cunous l'ousard et feu Scribe, 6r<'greU! 
Dois-.e rincer l'amphoieoii le dieut s'épanche^ 
Malpropres ici liourcc oU autant que des gorets! 
El cuire tua bonhouille au fond di>s lieux secret.s 
Sans conuaitre jamais l'espoir d'un beaudiman* 
(Laubint Tailhade.) che? 

m C'était trop réussi ; ça prouvait où 
conduisait Tamour dé la frigousse. » 

(B. Zola.) 

« Ça la court d^ faire la tambouille, 
ulle aime mieux croûter chez l' tro- 
quet. »> 

— MAUVAISE CUISIXE. Ragou- 
gnnsse. 

CUISINER. Frigousser, Friturer, 
Popoter. 

a II mit une certaine jactance à 
déclarer que pour ça, oui, c'était 
vrai, et que nulle ne s'entendait 
comme Clarinette à frif/ousser. KUe 
avait pris g<">ût à la cuisine. » 

(CAyil.1.1: I.F.MOHNIEn.) 

CUISINIER. Cargot, Coq, Fripier, 
Ganjot. 

— CUISINIER CHARGÉ «ES 

ENTREMETS . Entrcmettier. 

— CUISIMER DE CAFÉ OU DE 

liRASSERIE. Fournier. 

— CUISINIÈRE. Daube, Modiste 
eu ragoût. 



CUL 



— CUISINIÈRE MALPROPRE. 

Giaillon, Marie-graillon, Tor- 
chon. 

u Au bout de cinq minutes, je sais 
leur histoire, par A plus B, s'ils 
sont mariés ou célibataires, riches 
ou pauvres, généreux ou avares,... 
s'ils ont de belles bonnes ou d'in- 
fâmes torchons de cuisinières. •» 

(UCTAV£ .MllIOEiU.) 

CUISSE. Boudinot, Gigot, Jambon, 
Jambonneau. 

« Vous avez vu ses gigots'î Ab! elle 
en a des gigots ! C'est \e^ plus beaux 
gigots du monde officiel, on peut le 
direl Et il lui en faut de la place 
pour s'asseoir! » 

(Ed<iab Montkil.) 

Nous nou« marions 
A (i<'S Marions 
Uiclies eu jambons. 

(Alpiionsi Allais.) 

Tu déuiclieâ des demoiselles 
Demi-vierge*, quart de pucelle» 

Pour les casinos. 
Sans Kalconismc et dont les rentes 
Se lrou\aifnt surtout apparentes 

l)an8 IcuTi Jambonneaux. 

(U. Ponchos.) 

CUIVRE. Rouget. 
CUL. V. Derrière. 

CULBUTER. Balancer, Balansti- 
quer, Chahuttr, Envoyer à dam, 
à dame, à dingue, à domino, 
à plat. 

CUL-DE - JATTE . Rlanrhisseuse, 
Moitié de fijlot, Sib de pattes ou 
yib de (juilhs^ Panier à crottes 
ambxdant. 

« Depuis que le dur y avait coupé les 
gambettes, on l'appelait la Blan- 
chisseuse parre <pi il pilonnait sur 
le rade, un fer à chaque main. » 

u C'est le rende des stropiats.dts nib- 
de-quilles et de tous les pilons du 
quartier. » 

CULOTTE. Calintc \ Culbute, 
Grimpante, Montant c.\.?aLnialon. 



— (39 — CUR 

■ Une patate uj'.ivui 



(A. B.) 
— CL'HITTE COURTE. Uaut- 



•I C'était jour de innrrlit-, tous les 
euU-lartiix, tnites les betteraves 
des caiobrouKcs d'aleatour étaient 



tirRIKI'X. Fuuimrd, Fmiineur. 

V. Chercheur. 
rritlOSITK. V. Attraction. 



41 




DAME. V. Femme. 

DAKGER. Dé-'he, îh 
Moresqut', Pet, Pèt 

• El BÎ y a d' la dèche tu peux c< 

t Va»-y toul peul el si (ii sens qu' y 

a du gauche, fais-moi 1' eer. " 
" Marche d' l'avant, y a pas d' pel. » 

— IL VA Df DASGP.n. Ça Sflit 
- Va pas par là, p'til gns; ça teiU 



' cher-.' V a rif 
— Mois non, je 



Aile est jamais à son boulenu, faut 
qu'a |>as9e son temps au bastrinifue. 
Aile en pince trop pour la guinchc : 

— I,a fantaisie (les argoliers 
bapUsi^ la danse, el (>lus 
spécialement le rjuadnlte, 
des éiiilhiHcs les plus ili- 
verses; au cancan et au 
chahul de nos pt''resonl, sur- 
cédé la ClKihiipi' oyiuetif, le 
Pus du harcD'i saur en délire, 
de t.i ^'irdinc en vaeunee;', de 
la tulipe umoureufe, de la 
sangsue en mul d'eiifmU, du 
cfapaud en goguette, de la 



DAN 



— 142 — 



DÉB 



grenouille épileptique , du 
pneu dégonfla, etc., etc. 

DAXSER. Affûter ses fuseaux^ ses 
pincettts^ En pincer ou en siier 
une^ GambillerfiigoUeryGuincher, 
Tricoter j Tricoter des pincettes. 

« Si la &œur \ei\i affûter ses pincettes 
avec mon orgue pâteux, nous allons 
en suer une. » 

L'iiÎTiT, les murs sont pleia<i d'affiches 
I>our Fêt's et Bals de charité, 
Car, pour nous s'courir, cul' inond' riche, 
Faut qui gambille a uiit' santé ! 

(Jkiian Rictcs.) 

Amour! FJt.is ! Cresson d' fontaine, 
Les palpitants guinch'nt eu pantins! 

(Id.) 

— Tenir la jambe verticale- 
ment levée, le genou ap- 
puyé à l'épaule. Porter ou 
présenter les armes. 

« Très allumée, IrAs vivante dans sa 
robe de soie rouge aux illustrations 
jaunes, avec ses cheveux roux et 
clownesques. Zozo bondissait, gam- 
badait, tournoyait, s'ébrouait en un 
ballonnement de jupes versicolores 
et ora;^euses, sous un maillot de 
clair salin, laissant deviner la fer- 
meté de ses chairs et la valeur de 
ses contours ; puis, s'arrt^tant brus- 
quement, t« elle présentait les armes »>, 
— la jambe gauche ou la droite, — 
au Déhanché qui, debout sur ses 
mains, la tête pâle et triste, manœu- 
vrait ses pieds dans une rotation 
d'ancien télégraphe. " 

(DuiitT I>F. Lai-ohbst.) 

DAXSEl'R. Dindon, Garnhilleur, 
Gigotiur, Gitinchcur, Modeleur. 

« Mimilo ^tait, dans 1* temps, l' pus 
balh (juincheur de chez Fave. >< 

« Aujourd'hui, on no v;i plus au bal 
public pour «lanser, mais pour 
assister aux ébats de quelques uam- 
bilieuses ap|iointées et d'une paire 
de gif/oteurs anémiques. » 

— DANSEUH I>E COHUE. Gani- 
billetir de tortouse. 

DAXSErSE. Gamlnlleuse, Giyo- 
teusej Guincheuse. 



« Loulou la Roussotte était la gigo- 
teuse la plus aguichante du Vaux- 
hall. » 

«Ma frangine est une guincheuse épa- 
tante. A vals'rait su' une assiette. » 

— DANSEUSE BALLERINE. 

Sauteuse. Tricoteuse. 



— PREMIERE 

Étoile. 



DANSEUSE. 



a II n'y a pas un connaisseur qui ne 
lui prédise qu'à vingt-cinq ans elle 
sera étoile de première grandeur. » 

(Edgar Montbil.) 

— ÉLÈVE DANSEUSE OU dan- 
seuse figurante. Cure-denls, Pe- 
tit piep sale, Tigre. 

M Les petits pieda sales couraient se 
regarder dans une large glace qui 
était au fond de la loge. » 

(ID.) 

— DANSEUSE SALARIÉE DE 
BAL PUBLIC. Allumeusc. 

M 11 s'était épris d'une allumeu<e qui 
exerçait au (^isino de Paris ses 
talents de chahuteuse. » 

DAVAATAGE. Et mèche, Et les 
mois de nourrirez Et le pouce. 

« Ça vous a bien coûté deux cents 
fr.mcs. 

— Et le pouce! » 

(LkRMlTIA et Ll-'VÊQOK.) 

« — Il attrapera au moins six mois 
de prison. 

— Et mèche! » 

» — Quel ûge peut bi<*n avoir Mme de 
Cuny? 

— Dame elle avoue trente-deux ans. 

— Trente-deux ans! Et les mois de 
nourrice. » 

DAVIER. Baume d'acier. 

DÉ à coudre. Caldy Gobclin*. 

M Si tu veux <(ue je to recouse ta 
culotte, va m'achetiT un calot; je 
ne peux pas coudre sans. » 

— A jouer. Ludn*, Mathurin, 
Maturbe. V. Jeu. 

DÉBÂCLE. Krach. 



DÉB 



— 143 — 



DÈU 



« H en est qui vivent encore sur le cr«> 
dit de leur luxe passé. Jacques X..., 
encore que décuvé à fond, continua 
à faire bonne figure. Au lendemain 
du krach^ il était aussi élégant que 
la veille, gardait sa voiture, ponlait 
cher au cercle et dînait aux caba- 
rets renomma» s. D'où tirait-il Tar- 
ffent? Du coffre-fort inépuisable de 
a sottise humaine. » 

(IUniiy HAiEn.) 

I>ÉBAIIDEI:R. Veau rouqc, Soleil 
(celle dernit'*re expression est 
surtout usitée à Kouen.) 

DKBAURASSEK. liécmmponner, 
Di' far {j lier. 

•i Pourquoi ai-je quitté Paris? Pour 
nie flécrampo'iner tout à fait de cet 
imbécile, qui, panne, décavé, com- 
mençait à me porter la guigne. » 

(J. UlCIIEI'IN.) 

" Qui donc qui m' tlf^farf/ura de c'tte 
sale bourrique-là? » 

DÉBATTUE (SE). Gigotter, Itcs- 
sautery Se dèyrimoner, 

H r voulait pas s* laisser arranger, i' 
(figoltail tout V temps. »> 

Mai» quand i' \ eut r suinter un l>on fui r' «lu pot in. 

DÉBAUCHE. fi(/(/oï////ene%«om6(>, 
Boi'dé€j Dosae, Ih-hu/ne, Drive 
(arg. (les marins), Galraiularje, 
Galvaude , GodailUrie , lUale , 
liiolle, Vadrouille. 

•» On ne dira pas que j'ai gazé, ni 
m^me atténué ; que j'ai fait de 
ridylle, poétisé mes personn iges, 
travesti la vérité. J'ai dit la hordée 
par le menu, vulgaire, vilaine, bes- 
tiale, grossière au possible. » 

(:"K>KHIN1.) 

« Mais, sans donner des bals, on 
peut donner des diiiers, des soirées. 
Ainsi font les Gardon, et c'est chez 
eux que le^ir fils a reu; outré cette 

f)etite .Mme du Tilleul, pour ne pas 
a nommer : on est sûr, de la sorte. 
qu^un enfant ne tt)mbe pas dans le 
galraudage avec des femmes de 
mauvaise compagnie. » 

(Mai^hici D«.»NSAT.) 



Kt, si j'ipnorai le r»'fu"«. 

(l'est charitable .. ol point ne fus 

Fausse ou vénale en ma ijnlrauJe'. 

(li. l'K llKHCY.) 

« — Non, dit T«''tard, on a beau été 
en rioilf... on sait c' qu'on s' doit 
et on n' ra((ue [)as les gonzesses. »» 

u Allons, la vidroniUc, en route pour 
Montmartre, il est l'heure!... » 

DÉBAUCHÉ. Hadijwllard\ Hou- 
caneur, Fvlard, hVtenr, Va- 
drnuilb\ Vadrouillcur. 

'< Parmi les heureii.x du uioude, les 
« frtards s'embélent » souv^-iit. 11 
y a des plis à leur couche de roses, 
quelquefois même une épine ou- 
bliée. " 

(I-.MILE !ÎKH(.KmT.) 

« — Connnent, tu n'as pas connu 

l'oncle .Mfred? c'élait pourtant l'un 

des plus beaux radrouilleiir<{ de 

•cette fin de siècle, il avait crédit 

au «I Grand comptoir. » 

DÉBAITIIEH. Affranchir. Déain- 
very Dessaler. V. Corrompre. 

— SI-] iif%nAr<:iiF:u. liudonil- 

fcr\ Hihard^r, Faire II homhe, 
ihilvaudcr. Tirer une ou des f*or- 
dèi's^ V'ddr'juiiler ou >'p vu- 
droudlei'. 

« Le petit Ferblantier boulotta tout 
son pr>gnon en f/tlrandan/ avec des 
rîistas de haute marcpie. » 

« Ils passaient leurs nuits à radrôuil- 
ler dans les caharels en se galvau- 
dant avec d 'S (illes. >• 

DÉBIT (le paroles. V. Bagoiit. 

— Dftiti T i>K BOISSONS. V. Ca- 
baret. 

DÉBITAXT. V. Cabaretier, Mar- 
chand. 

DÉBITEUR qui s'en va sans payer. 
Fusain, Fuseur. 

DÉBLATÉHEB. V. Médire. 

DÉBOl lt8EB. V. Payer. 

DÉBBAILLÉ. Dêbrinquè, Déi/lin- 
ijuèy Foutu commn l'as de pique 
ou comme quatre sou^. 



DÉB 



— 144 — 



DEC 



'< — On va pas te recevoir au Moulin 
Rouge débringuée comme tes là. 
Ilafistole au moins ton corsage. » 

« H rentra ivre et tout déglingué k 
quatre heures du matiu. » 

« Quel torchon que cette Môme Chien I 
elle est toujours foutue ccnnme l'as 
de pique. » 

DKRKAILLER. Débringucr, Dé- 
glinguer. 

« — Hé! dites donc, vous, là-bas! 
Quand vous aurez fini de tripoter 
ma lille! vous allez me la déglin- 
guer. » 

{Les Joyemetés du régiment.) 

DÉBllIS de nourriture. i4We(/uini. 
V. Rogatons. 

DÉBUT. Le }wem\cr trayage, mot à 
mot: J^a première fois. 

DÉCAMPKU. Foutre le Camp, Se 
barrer, Se criquer, V. Fuir. 

DÉCAPITER. Raccourcir, Rogner. 
V. Guillotiner. 

DÉCAVÉ. Faucharès, Fauché, Fleur. 

DÉCHAIA'KU. Décadener. 

DÉCHARGE (TÉMOIN A). Dé- 

f ardeur, Dèfargueur. 

DÉCHARGER, héfarguer. 

« Ça barde, ce colis-là ; serait pas 
trop tôt que je me dé/argue. » 

DÉCHARGEl'R.Dc/'rt/v/eMr, Dc/'ar- 
gueur. 

DÉCHAUSSER (SE). Déboucher 
sea flacons. 

« — Ohl quoi? Tu vas pas déboucher 
tes flacons, dit-il en voyant Irma 
délacer ses bottines. » 

DÉCHIRER. Bouliner, Douliîiguer. 

DÉCHOIR. Dégringoltr. 

« Le chùtelnin de Millemont voulut 
avoir sou horoscope et se mil à 
griffonner quelques lignes d'écri- 
ture. 



— Oh ! ob I se récria la dame en ins- 
pectant Taulographe, il faut faire 
attention, car vous rfp^ri/jpo/es, mon 
cher ministre. » 

{Gil Blns.) 

DÉCIME. V. Billon. 

DÉCLARATION en justice. Pe- 
lage, 

DÉCLASSÉ. Déraillé, Raté. 

«< — Non, mille fois non, malgré tout 
ce (|u*on pourra dire, je ue suis 
pas un 7'até. Je viens enfin de trou- 
ver ma voie. » 

(NAncis^E Lebb.vc.) 

DÉCOLLATION. (Supplice.) Faii- 
chure *. 

DÉCOLLET AGE. Étalage de bi- 
doche, de trij)es, de viande. 

DÉCOLLETÉ. En peau. 

<c A ces bîils, on voit de jeunes sodo- 
mites vêtus do costumes féminins 
qui s'exhibent en peau dans les 
loges, n 

{La Gaudriole.) 

DÉCOLLETER (SE). Étaler ou 
montrer sa barbaqxie, sa bidoche, 
sa marchandise, ses tripes, sa 
viande (indistinct.), Se mettre en 
peau. 

ÇInra, les bras en tuyaux d' pipe, 
Ktait plaT comme un'catididat, 
Mais sa mère étalait des tripes... 

DÉCOXCERTER. Égnaffer, 
Égnaulcr, Estomaquer. 

« Ça l'a pas êgnaulé et il a répondu 
au juf;e : « Oh ! magistrat, ujerci!... 
Ton arrt't me sourit. » 

— ÇA lïÊCOXCKRTE. Ça vous en 
iauclie un coin, Ça vous la coupe. 

« L'n soir que la maréchale Lefebvre 
se présentait aux Tuileries, un va- 
let la salua de façon un peu iro- 
nique. 
L'Empereur vint au-devant d'elle. 

— Comment se porte aujour- 
d'hui madame la duchesse de Dant- 
zick? demanda-t-il. 



DEC 



— i*a — 



DEC 



L*ancienne blanchisseuse remer- 
cia Napoléon puis, se tournant du 
côté de Tinsolent valet : 

— Ça le la coupe^ ra, uion petit? >• 

DÉCOXFITUUK. Bnilage. 
DKCORATEIR. Gaudineur. 

DÉCORATIOX. (Insigne.) Gandin 

d'altèque *, 

— DÉCORATIONS, liallerie de 
cuisine. Ferblanlerie^ Ferraille, 
Quincaillerie. 

» H n'avait jamais eu d'autre famille 
que le régiment ni d'autre métier 
que la guerre. Si on rappelait le 
Quincatïliert c'était à cause de la 
ferblanlerie qui dansait au côté 
gauche de sa tunique. » 

(La \ie militaire.) 



— DÊCOHATIONS E\ 
CHETTE. Mauvielles. 



BHO- 



« Tel un major de table d'hôte, il 
endossait Thabit à toute occasion, 
pour le seul orgueil d'étaler ses 
mauvietles. » 

— DÉCORATION D'OFFICIER 
D'ACADÉMIE OU de l'iustru^- 
tion publique. Demi-deuil, Pal- 
mes y Papillon violet, La Vio- 
lette. 

M II espérait le papillon rouge, il n'a 
obtenu que les palmes et ce demi- 
deuil le console un peu de son 
échec. » 

— DÉCORATION DE LA LÉ- 
SION, D'HONNEUR. Coqueli- 
cotf ÉtincellCf Papillon routje. 

« L'Exposition Universelle va faire 
pleuvoir les violettes et les coque- 
licols que bien des boutonnières 
attendent depuis longtemps. » 

— GRAND COnDON ou GRAND' 
CROIX DE LA LÉGION 
D'HONNEUR. .1* de carreau. 

— DÉCORATION DU MÉRITE 

AGRICOLE. Poireau. 

'* On esp<'îre lui faire obtenir le Poi- 
reau au prochain comice. » 

— MÉDAILLE DU TONKIN. 

Perroquet. 



« On l'avait surnommé Tonkin à cause 
du perroquet qu'il arborait au revers 
de son veston. » 

— MÉDAILLE DE SAINTE- 
HÉLÈNE. Médaille ou pastille 
en chocolat ou fie commission- 
naire. On disait encore Contre- 
marque pour le Père Lachaise 
ou pour le Champ de Navets, à 
cause de l'âj^e avancé des der- 
niers médaillés. 

» ... Jusqufs et y compris et même 
surtout relies qui avaient la chance 
d'un retraité avec grade d'adjuJant 
et d'un médaillé de chocolat, de 
toutes ils faisaient leurs choux gras, 
nus d(»ux casse-cœurs. » 

DKCOHK de la Croi.x. Crucilié (jeu 
do mots . 

— De l'Acadénne ou de Tins» 
Iruclion publique. Palmé. 

— PERSONNE TRÈS DÉCO- 
RÉE. Ferblantier^ Quincaillier. 

DÉCOHKH. Crurificr ou Palmer 
(suivant le cas). 

« Distributions de prix, distributions 
de rubans violets, verts ou rouges; 
on couronne, on palme, on crucifie. >» 

(Mai RIO. DoîiN^Y.j 

DÉCOVRAGË. V. Abattu. 

DÉCOl RAGKME\T. V. Abatte- 
ment. 

DÉCOUVERT. Brûlé, Frimé, 
Mordu, 

u Voyez-vous cet inspecteur obli^çé de 
rester dix heures en surveilumce 
dans une rue de la Villelte uu des 
Batijrnollcs ot ayant pour toutes 
ses dépenses trente-cinq centimes 
dans sa poche, juste «leux sous de 
j)lus que le Juif errant! 11 lui faut 
arpenter le pavé rie long en large 
comme une sentinelle. Au bout 
d'unp heure, tout le (|uarlier l'a 
remarqué et se le montre. Comme 
on dit, en termes du métier, « il 
est brûlé. >» 

(lloi.ICR-(iBIS<>>'.) 

iO 



DEC 



— 146 — 



DÉF 



Tu vois bien, nom de dieu d' trou du, 
Te v'Ià frimé ^ rousti, mordu \ 
Oa l'a ceinturé comme un gUude... 

(L. DR Brrcy.) 

DÉCOUVERTE. Dcgotage, Dégot- 
tage, 

DÉCOUVRIK. Dègoter, Dégotter, 
Démurger, Frimer ^ Mordre, Piger, 
Rembroquer, Repérer, V. Aper- 
cevoir. 

Il Tavâit r'pérée no matin. 
Les fringu's, la gueule et les patt's sales, 
Schlipotant l'eau d'af et 1' crottin, 
Aux Halles. 

(Blédort.) 

« Ma louis s'était barrée avec Milot 
PAsperge. J' les ai dégotés tous les 
deux au guinche de Cbarenton. d 

DÉCRÉPIT. Décati, Dégommé, 
Dèjeté. 

DÉCRÉPITUDE. Décatissagey Dé- 
gommage. 

DÉCRIER. V. Critiquer, Médire. 

DÉCROTTER. Débouscailler, Dé- 
merdery Sabouler, 

DÉCROTTEUR . Débomcailleur, 
Sabouleur. 

DÉÇl'. Baiséy Chocolat, De la revue. 
V. Dupé. 

M A croyait me dcgoterau Waux-hall 
mais aile a été bnisée : J'étais aux 
Gravillicrs avec Irma. » 

H Nom de Dieu ! c'est trop fort, s'écria 
l'apprenti les larmes aux yeux, moi 
qui comptais sortir dimanche, me 
v*I;i chocolat... j' suis d' la r'vue. » 

DÉDAIGNER. (Mépriser.) Avoir 
au culy Avoir quelque part y Chier, 
Emmerder y Emmouscaillery Enqui- 
quincry Pisser au cul pour rincrr 
les boyaux de la tête ou simpl. 
Pisser au cul. Se foutre de. 

— Tes boniment? et toi, j' vous ai 
au cul ! Tant qu'à ton frangin, je 
. r chie î •• 



« — yemmerde la cour, je respecte 
messieurs les jurés ! » 

(V. Hugo.) 

Tu peux y dire, à la Rouquine 
Qu'a m' cavale et que i* Venquiquine ; 
Four c' qu'est du Chariot, son cocu. 
J' Vemmouscaille el j'y piate au eu. 

(BLtDORT.) 

Non, papa serait eo colère... 
D'aillourii, je n'ai que trente sous. 

— Garde ton argent. Je m'en fous ! 
Est-ce qu'à ton âge on éclaire? 

(A. Glatigny.) 

DÉDAIGNEUX. Gueule, Poire, Su- 
crée, Tata. Ces mots ne s'em- 
ploient dans ce sens que comme 
régime direct du verbe Faire. 
V. Embarras. 

tt A fait sa poire avec nous autres de- 
puis qu'elle est l'amie d' madame. » 

DÉDOMMAGÉ (ÊTRE). Rentrer 
dans sa dèche, 

« — Tu peux marcher pour lui; tu 
rentrei*as toujours dans ta dèche. 
C'est un bath ! » 

DÉFAILLIR. Tomber en digue- 
digue. (Nous ferons remarquer 
que i'e ae la seconde syllabe <le 
diguedigue se prononce tou- 
jours.) 

« — J* peux pas la m'ner une fois a 
l'Ambigu sans qu'a tombe en digue- 
digne. » 

DÉFAIRE. Démaquiller. 

DÉFAUT. Lorsqu'on vante devant 
lui les qualités d'une personne 
qu'on juge sans défaut, l'argo- 
her clôt ordinairement le dithy- 
rambe par ces mots : itCest dom- 
mage qua chiel » 

— SAXS nÉFAUT. De première 
(s.-ent. Qualité). V. Irréprocha- 
blement. 

— PHKXnUE EX DÉFAUT. 

ColUr (arg. des écoles). 

« Un des nirrites les plus saillants 
de l'écolier, c'est rellrouterie : au 
moyen de cette précieuse qualité, 



DÉF 



— 147 -r 



DÉG 



il dément sans rougir une accusa- 
tion, lors même qu*il est collé en 
flagrant délit. » 

(H. KOLLAWD.) 

DÉFECTUEl'X. Mochard, Moche, 
Mouche , Mouchique , Rogate , 
RoiqtBj Roupie, Toc, Tocard, 
V. Mauvais. 

DÉFEXDRE. En parlant des per- 
sonnes : Soutenir (arg. des filles). 

Depis, c'est moi qu'est 1' sout'neur 
Naturel à ma p'tit' sœur. 
Qu'eAl l'ami' d' la p'tit' Cécile. 

A Bellville, 
Qn'c«l êout'nu', par sou graïul frère, 
Qui s'appelle Èloi Couslant, 
Qu'a jamais connu son père. 
A Ménilmonlant. 

(A. B.) 

— En parlant des choses : 
Boucler, Brider. 

— DÉFENDRE EN JUSTICE. 

Blanchir, Lessiver. 

— SE DÉFENDRE. Se rebéquer^ 
Se rebiffer. 

DÉFEXSE. V. Interdiction, Plai- 
doyer. 

DÉFENSEUR. V. Avocat. 

DÉFERRER. Dédurailler. 

DÉFIANCE. Gourance. 

DÉFIER. V. Provoquer. 

— SE DÉFIER. Èb-e ou Se lenir 
chaud, Se gourer. 

H — Tiens-loi chaud avec cegouce-là, 
il est tout ce qu'il y a de coquin I >» 

u — Goure- loi (ju'il ne te fasse quel- 
que saloperie. » 

DÉFIGURER. Arnaquer la cafe- 
tière, la gueule, la poire, la 
schnasse, la soupière, etc. V. Vi- 
sage. 

« — Si jamais i' ni' plaque, j'y ama- 
qurai la poire avec un bol de bouil- 
lon gras. 9 

DÉFORMER. Esquinter. 



• Il a reçu un coup de poing qui lui 
a esquinté son haut>de-forme. » 

DÉFUNT. Claqué, Coni, Couni, 
Crôni, Refroidi. V. Mourir. 

DEGAGER. En parlant (fune per- 
sonne engagée dans une afl'aire 
fâcheuse ou difficile : Saurer la 
mise. 

« Il était si compromis dans TafTaire 
que ce n'était pas facile de lui sau- 
ver la mise. » 

— Kn parlant des objets en- 
gagés comme uantisseiuenl: 
Déclouer, Décrocher, Déplan- 
quer. 

M Voilà la f(^te de ma femme, je vais 
lui déplanquer sa bague qu'elle a 
mise au clou. » 

— SE DÉGAGER. Ne plus Jouer, 
Ne plus marcher. » 

M Tant qu'il ne s'a«:it aue de ling.^rie 
ou de frir-frac, ça va : je suis des 
vôtres. .Mais s'il' y a du raisiné, je 
ne joue plus. » 

DÉGAINER. Montrer les dents. 

DÉGINGANDÉ. Brin yuebal tant, 
Cadet-la-Gingeole , 

« La démarche incertaine, il allait, 
brinrjueballant dans son paletot 
trop large aux manches trop 
courtes... » 

« Regardez-moi ce Cadet-la-Ginr/eolffl 
c'est long comme un jour .sans 
pain, ça n'a que la peau et les os 
— sans moelle dedans, encon» ! — 
et ça veut faire du plat à ma fille ! 
.Malheur! » 

DÉGOl RDI. V. Malicieux, Rusé. 

DÉGOURDIR. En parlant des 
personnes : Affranchir, Dégeler, 
Dessaler, Désargoter. V. Corrom- 
pre. 

DÉGOÛT. DéberUmce. 

« Si lu voyais la condisse ! ç.i gazuuilh». 
là-dedans au point que," sans faire 



DÉG 



— 448 — 



DEH 



sa sucrée, on en a tout de suite de 
la dé bec tan ce. » 

DÉGOUTAXT. Déhectant, Dégueu- 
las, Dégueulbif, Dègoïttatif, Gali- 
poleux, Vomitatoire, 

Tirer les roi»!... De quoi qui* s' mél«?... 
Tu vois pas Honoré Constant 
Trinquer à la santé d' Gamelle 
Ou d'un autre aussi débectantl... 
M Le roi boit » qu'on gueul*. Ça m' dégoûte. 
Qu'on m'en présente un, on rira... 
C'est moi qui y paiera la goutte 
Et nous verrons qu'est c'qu'i' prendra!... 
(A. B. Let Souloloques d'Honoré Constant.) 

Voui ! les deux sont si dégueulas, 
Corompus et vomitatoires 
Qu'on s dit : « C'est cor eun'dr&l' d'histoire. 
Arton a dû passer par là. » 

(JlUAIf RlCTOS.) 

Ce sénateur était g:\leux, 
Fangeux, miteux, gàlipotrux, 
liotaiit, bavant, pétant à table 
El trouvant ça Tort acceptable. 

(BLÉooaT.) 

DÉGOl TÉ (FAIRE LE). Faire la 
ou sa gueule, sa poire, sa pata- 
gueule. W Bégueule. 

— ÊTRE DEGOUTE DE. En 

avoir mare, mare, marré, nifé. 
En avoir sa claque, son fade, 
son pied, son sac, En avoir 
plein le cul, En avoir soupe. 
V. Assez. 

J'(';i ai mon pied de c* loubMà, 

(A. B.) 

J'at pif in V cul des gonzcss's de claque! 
Aujord'hui c'est pus rien qu' des vrilles 
J'en ai mare, j'en ai ma claque \ 

(BLÉDunr.) 

DEGOUTER. Cavaler, Courir, Dé- 
bccter, Déguer, Faire flasquer. 
Faire tarter, 

V — Tu plumes avec toutes les ber- 
gères. Tiens, tu m' cours, tu m' 
débeclesl... j' te plaque! » 

C'élaît pour fôler I olecUon, 
D'un d' inen bons amis... un collègue, 
Mais vrai, j'ai trop bouffi'.., j' me dêgue, 
y vas avoir une indigestion. 
Sacrt^ *ala»d : iaut que j' l'engueule : 
Taudi!»qu' b's frer' i s ont pas d' pain, 
Tu l'es ^avé comnx^ uu rupin... 
T'es plein d' trulfet lu pus d' la gueule. 
(A. B. Les Souloloques d'Honoré Constant.) 



<t La Canne à pêche, a m* fait flasquer, 
a m' cavale, a m* dégoûte, aile a 
chié dans mon panier depuis qu'a 
fréquente avec aes youdis. » 

DÉGRADER. Faire passer chez le 
deimier tailleur (arg. militaire). 

DÉGRAFER. Déboucler, Débrider. 

N Elle avait débridé son corsage et 
laissait voir ses rondins. » 

DÉGRIXGOLER. V. Tomber. 

DÉGRISER. Décuiter. 

« — Faites-lui boire un bon cafô au 
sel ; ça le décuitcra. » 

— ÊTRE DÉGRISÉ. Avoir la 
gueule propre. 

DÉGUENILLÉ. Guenillard, Plon- 
geur, Polisson *, Traine-cul-les- 
houseltes. V. Gueux. La littéra- 
ture moderne a créé en outre 
de nombreuses expressions pit- 
toresques pour désigner le misé- 
rable en loques : Sans-fnts- 
ques, Sans-nippes, Traîne-misère, 
Traine-guenille, etc. 

« II est deux heures; le garçon 
réveille les dormeurs et toute cette 
triste et hideuse bande de claque- 
patins et de guenillards s^enfonce, 
en lamentables et lugubres théories, 
dans la profondeur de la nuit téné- 
breuse et froide. » 

DÉGUISEMEXT. Camouflage, Ca- 
tnouflure. 

'( Ah! mon vieux, tu Taurais pas 
r'noblée dans sa camouflure : eun' 
vraie dusèche ! J'en rotais ! » 

DÉGUISER. Camoufler, Maquiller. 

pour les vieux tendeurs qu'assomme 

Un' ronfle à grippart. 
On *' cnmou/le en p'til ieune homme... 

(J. KlCHEHI.^.) 

« J'ai un doulosse et un alpague : je 
m' maquille en homme du monde. » 

I)F:I10RS. Aux chiotteSf Aux go- 
gués. Aux pelotes. 



DÉJ 



— 140 



DÉM 



«• Vois-tu, Mélie, depuis V teiups qu' 
ça dure en v*là assez! Fous-moi 1' 
camp, va t'en aux chioiles, aux pe- 
iolesj où qu^ tu voudras, mais débar- 
rasse-moi r plancher. » 

DÉJEUXER, subs. Refaite du 
matois*. 

DÉLAISSER. Laisser en bobe^ en 
bobine, en frime, en parade, en 
verdure, etc. V. Abandonner. 

DÉLATEUR. V. Dénonciateur. 

DÉLATION. V. Dénonciation. 

DÉLECTER (SE). Se lécher, se 
pourlécher ou se licher les baboui- 
nes, les badigoinces. V. Lèyre. 

« On s'est appuyé un gigot aux hari- 
cots à s'en pourlécher les badi- 
goinces. » 

DÉLIBÉRER. Saladei\ 

« Du temps que les trois robins 
saladaient, Blaireutôle fsait du 
châsse à sa largue qu'était au fond 
d* la salle. » 

DÉLIBÉRÉME\T. D'achar, D'au- 
tor, De rifle, 

« — N'aie pas les foies! Vas-y da- 
char, sans caner. » 

« Il a rembarbé d'aulor duns la carée 
et il a foutu 1' mec à la porte. » 

a De rifle, sans en bonir une, i' y a 
filé sa tronche dans l'estoaie. » 

DÉLICAT. Fausse couche, Foutriot, 
Microbe. V. Chétif. 

DÉLICIEUX. Aux oiseaux, Aux 
petits oignons. Aux pommes. De- 
derrière les fagots. V. Bon, Ex- 
cellent. 

DÉLIRER. (Avoir le délire.^ Pa- 
villonner. 

« — C'est la fiu, ma pauvre dame; 
depuis deux jours le cher homme 
ne fait que pavillouner. » 

DÉLIT (EX FLACRAXT). Sur le 

tas. 



« — Nous l'avons pris nur le las, son 
affaire est bonne. » 

DÉLIVRER. Affranchir. 

« — Dis à la mère qu'a s' fasse pas d' 
mousse et qu'a patiente encore un 
peu. Dans deux mois, j' vas être 
a/franchi. » 

DÉLOYAL. Crème, Vache. 

« — Goure-toi de ce frère-là : il est tout 
ce qu'y a de crème, il agira en 
vache avec toi. >» 

DEMANDE. Di'oyucrie\ Èlonnlis- 
sèment *. 

— DEMANDE D'ARGEXT. Co- 

gnage, Coup de pied à In caisse, 
Sonnage, Tapage. V. Emprunt. 

« Encore un coup de cof/nagel... Je 
ne marche pas, d'autaut qu'il me 
doit déjà deux thunes. >* 

DEMANDER. Cogner, Di'oguor\ 
Taper, Sonner. V. Emprunter. 

« Je l'ai cof/7ié de deux biCTetons pour 
les Boulles-du-Nord. »» 

DÉMAR<:A(iE. En parlant du 
linge : Détarocayp. 

« Le fourgat n'achète jamais le linge 
qui n'a pas subi le détarocage, non 

f)lus celui qui porte le chilTre dans 
a trame. » 

— En parlant de cartes préa- 
lablement marquées dans 
un but de tricherie : Démar- 
cousage, Ddmorfilage, Démor- 
fillage. 

«« Le coup le plus difficile à apprendre 
pour l'apprenti bonneteur est celui 
du démai cousage. qui consiste à 
faire passer la uiarque ou marcouse 
de la carte gognante à une autre. » 

« Un coup d'oDgle habile suffit au 
d&inor filage de la carte aiguillée. » 

DÉMARQl'ER. Démarcouser, De- 
morfiler, Dànorfillcr, Détaroquer. 

M Le bonneteur fait encore le « coup 
de lacornanche ou de la marcouse. » 
Il corne ou marque la carte ga- 



DÉM 



— JoO — 



DEM 



çnante pour paraître favoriser le 
^oueur^ et, sous les yeux de celui-ci, 
il la démarcouse et reporte la mar- 
que sur une carte perdante. » 

« Les cartes mal aiguillées soot dif- 
ficiles à démorfiler. » 

« — Change de centre, fais délaro- 
quer ton linge, procure-toi des 
faffes et barre-toi le plus tôt pos- 
sible. » 

DÉMASQUER. Brûler. 

(c Si mes agents arrivaient à être 
brûlésl » 

(GOBON.) 

DÉMÉXAGEMEXT. Décaniliage, 
Dévissage, Rebours *. 

« En juillet, le déménagement est une 
fête. Mais, en octobre, n, i, ni, c'est 
fmi de rire : le déménagement est 
funèbre et s'appelle le aécanillage 
à la manque. » 

(J. RiCHBPI!*.} 

DÉMÉIVAGER. Décaniller, Démur- 
ger, Dévisser. 

•*- DÉMÉNAGEa CLANDBSTI- 
NEMESit. Déménager à la 
cloche, à la cloche de bois, à la 
ficelle f à la lune, débourser* . 

u Chacun leur tour ils se prêtaient la 
main pour déménager à la cloche, » 

DÉMÉXAGEI'R. Commodier. 

DÉiMEiXER (SE). Se décarcasser. 
V. S'agiter. 

DÉMEXTIR quelqu'un. Lui foutre 
une beigne^ Lui mettre une clef sur 
sa lourde, 

DEMEURE. V. Logement, Mai- 
son. 

DEMEURER. Percher. 

« Mon garçon m'écrit au'il va se ma- 
rier et me demande de lui envoyer 
ses papiers. Je m'exécute et sur 
mon pauvre argent je lui avance 
les frais. Fini, plus de lettres... Je 
ne sais m«*me pas s'il est marié et 
où il perche... Un polisson dont 



i"ai payé les mois d'école pendant 
mit ans. v 

(ÂKDRi TbKDKIET.) 

DEMI, DEMIE. Mèche. 

DEMI-BOUTEILLE. Fillette ou 
Petite fille, ou simpl. Demie. 

Si j' trouve encore un mastroqaet 
D'ouTert je m* paye eun' petit' fille. 

Ej' Tas m' payer eun' demi' H' vieui. 

(A. B.) 

DEMI-SETIER. Bombe, Demi- 
stroc. 

Comme il demandait l'autre soir 
Une bombe sur le comptoir... 

(P. Paillette.) 

« — Si tu nous pousses une chanson, 
j* te paye un a' mis troc. » 

DÉMISSIOIVjVER. Rendre son ta- 
blier. V. Abandonner. 

DÉMOCRATE. Démoc. 

— DÉMOCRATE SOCIALISTE. 

Démoc-soc. 

« Nous savons que la Patti affectait 
un dédain tout aristocratique — 
avant d'être Mme Nicolas, elle était 
marquise, s'il vous plaît! — pour 
notre France de démocs-socs; elle 
avait refusé énergiquement de chan- 
ter chez nous tant que nous serions 
en République; elle a fini par céder. » 

(E. Lepbllbtier.) 

DÉMODÉ. Coco, Vieux jeu. 

« — La « Vie de Boht*'me » est une 
pièce délicieuse, n'est-ce pas, mon- 
sieur ? 

— Ilum. . L'n peu cocol Vous ne la 
connaissez pas, madame ? » 

(J. Marm.) 

DEMOISELLE. Dabuche ou Da- 
buye, Rupiole*. 

— DEMOISELLE DE MAGASLN. 

CalicoiCy Galifarde. 

m. 11 s'était fortement épris d'une 
calicote du Bon Marché. » 

(Dt'BOS.) 

<« Une petite tjalifarde aux appas 
rondelets se tortillait et faisait des 
mines derrière le comptoir. » 
{Lei Propos du Commandeur.) 



DÉiN 



— lî)l — 



DÉN 



DKXATI'UKH dans un but de 
tromperie. Arnaquer, Camoufler, 
Maquiller, V. Falsifier. 

DÉNIAISER. Affranchir, Débour- 
rer*, Dessaler, Dessinver. Pour le 
malfaiteur Oéniaiser est le syno- 
nyme de Corrompre. V. ce mot. 

DEXIKR. Pied\ Pied de nez\ 

1>É\1GRKMK\T. Bikhe, Choi- 
liage. V. Calomnie. 

I>ÉAIGRER. Débiner, Dégréner, 
V. Calomnier. 

« Du temps que Paul était à l'hôpital, 
on a été le débiner auprès du 
patroD. » 

« — Tu m'as dégréné chez les tantes 
et t'as fait un tas de ragots sur 
mon compte. Si tu rebiires, t'auras 
affaire à moi. » 

I>É\0\(:ER. Aller au refil, Bour- 
riquer. Brûler, Cafarder, Casser, 
Casser le morceau. Castrer du 
sucre, Casseroler, Coqucr, Débiner 
le Hanche ou le truc. Donner, 
Enflaquer, Paire de la musique. 
Faire poser un gluau, Froller sur 
la balle*. Griller, Jeter au feu, 
Jiidacer, judaïseï' ou judasser, 
Macaronei', Manger du lard, le 
morceau, sur le gnas-ie, le gnièrc, 
surVorgue de quelqu'un, Mouton- 
ner, Passer à la casserole, Hous- 
siner. Se mettre à table ou en qua- 
rante, Seritier*, Seriniser*, 
Vendre la calebasse, le fourbi, la 
mèche, le truc, etc. V. ÀYOuer. 

« Les bourriques, après avoir cein- 
turé Lacloche, Tont tellement cui- 
siné qu'il a fini par aller an r'fil\ et 
il a donné toute la bande. » 

« Rien d'anormal ne se produisit 
cependant... Nous en induisîmes 
que Gueule d'Empeigne avait gardé 
la lettre, s'était abstenu de cafar- 
der. Du coup, il remonta aaus 
notre estime. >» 

(WlLLY.) 



« — Jamais de la vie, reprit le Man- 
chot; il casserait du sucre; j'aime 
mieux ma peau que la sienne. » 

(GoftON.) 

« Le coup avait été perpétré dans 
des circonstances d^babileté et de 
prudence exceptionnelles et l'on 
n'en aurait jamais connu les auteurs 
si l'un d'eux n'avait cassei*olé. » 

« Mais vous allez donc faire de la 
peine à un pauvre bourre, en lui 
apprenant qu'on a débiné le truc 
dont il vit. » 

(J. RiCHEPI.x.) 

« Quand on en aura refroidi quatre 
ou cinq dans les préaux, les autres 
tourneront leur langue deux fois 
avant de coquer la pègre. » 

(E. Sut.) 

«» Si le greco ne fade pas, jelMe 
au feu. M 

(Grison.) 

<< Si tu refusais de me passer du 
potage et si tu continuais à en 
servir au marquis, je vous grillerais 
tous les deux. » 

(lo.) 

« Judacer, c'est dénoncer quelqu'un. » 

(Mavimk du Camp.) 

a M. le juge d'instruction Lemerrior 
reçut un jour la dénonciation d'un 
des inculpés (pii, pour obtenir quel 
ques-unes de ces faveurs si chères 
aux prisonniers : vin et t-ibac, 
mangea le morceau. » 

{Le Journal.) 

M Le coqueur libre est obligé de pas- 
ser son existence dans les orgies 
les plus ignobles. En relations cons- 
tantes avec les voleurs de profes- 
sion dont il est l'ami, il s'associe à 
leurs projets. Pour lui tout est bon : 
vol, escroquerie, incendie, assassi- 
nat même! Qu'est-ce que cela lui 
fait? Pourvu qu'il puisse manger 
sur quelqu'un et qu'il en tire un 
bénéfice. » 

(Camler.) 

« Celui qui est mouton court risque 
d'être assassiné par ses compa- 
gnons; aussi la police parvient-elle 
rarement à décider le? voleurs à 
moutonner leurs camarades. » 



'xt: 



u — Toujours esl-il, reprit le 
laur, que c'est lui qui a vendu la 
calebaiit et 



t que, »M 



l. Uv 



• Tnndis que celui'là, soit rigoto. 
soit Téroce, il vn mettre les pieds 
dans le plat, débiner le trae, vendre 
la miche, devant les journalistes 
« bourgeois > qui licoutenl, bla- 
gueurs et Diuiisêa, en morilillant 
Feur pluiue, et qui reproduiroot 
tout au long, le lendemain, l'ir'— 
vention tragique ou cucastc 
malavisâ. • 



a — Dtn 

certainement dû *lre renseigoûe 
par quelque cassew de aiierr. ■■ 

!• Imberl, pour Éviter l'àctiafnud, se 
Bt loqueur. >. 

(Dui>.i.) 

■ Il existe deux sortes de coquturt 

détenus : la première, qui prend l<' 
nom de moatom. est composée 
d'individus qui. renfemiés dans lea 
prisons, ctierchent a captiver la 
connaoce de leurs compagnons de 
détention pour obtenir 1 aveu des 
crimes qu'ils ont commis, et la con- 
naissance des preuves et piî-ces de 
conviction qu'on pourrait produire 
à leur cliarge. Lorsque deux de ce* 
individus se trouvent dans la nii'me 

Rùfitix, ils ignorent rompl^leicent 
■ rôle qu'ils jouent ctincun do son 
cûté, et il n'est pas rare de voir ces 
deux ynoutons multiplier des rap- 
ports pour Bc dénonter mutuelle- 



— dEkoxckr involo\tai- 
RBNE.^T OU par uialadresse, 
Caboêter, Faire du ragoût. 



IB.UAC.) 

DKX<»IV(:iATEL'lt . Uourriqw , 

Cfuset-oie, Casseur de fucfe, Cuisi- 
nier, Coqneur, Donneur, Loqueur, 
Macaron, Mangeur de galette ou 
de morceau, Mouton, Mmicieu, 
Pèteur. Comme pour le policier, 
le maKaiteur aflirme sa baiiie et 
»on mépri^t poiirledénonrialeui 
en le traitant de Copailte, Co- 
quine, Lopc, Putain. Tante, Vache, 
Volaille, etc., rpithiftes s'appli- 
quanlanx lilles île bas étage et 
aux pédératilC!'. V. Agent. 
■• D'abord, c'est pas un crime de tu> 
une boiti-riiiue, une fanei-o/e qui 



reuscmenl récoui pensés. 

DKNONCIATIO.\. Cassage de su- 
O'e, Casscrolniie ou Coup ite cas- 
serole. Coquage, D-'binage, Dévi- 
dage, Macaronoge, hlusique. 

. 11 est actuellement des adminislra- 






grflce 



lâchage de bottes et ou cassage de 
(P. Do««e.) 



'être 



On a fabriquii .Nénesse et Planche- 
à-Pain liier soir au Panier Fleuri. 
la femme au Marquis vient dT 
faite en sortaut de la Boulette; sui 
qu'il j- R un coup de cnsterote là' 



[ Mon frangin l'oulot est entoilé. 
niaJi on n'a pas û craindre le 
coquage. Il aimera mieux payer 
tout seul plutôt que de faire de la 

' (^tte gonzesse-là. quand y a une 
rafle, ûoit faire du débinage ]ioiir 
qu'on la fasse décarrer comme i;a 
tout de suite. » 



DÊN 



— 153 



DKP 



DKNOUEMEXT. Bouquet (s'em- 
ploie presque loujoui-s ironique- 
ment). 

M La fois que Le Manchot a craché 
daos le son, on s'a enfilé des uiarcs 
toute la nuit; et, pour le bouquet^ 
on a été s'envoyer une mouise aux 
Halles. » 

DENT. BrochCf Cale, Cassante^ 
Chaise y Croc, Crochet, Domino, 
Mathurin, Meule, Osselet, Palette, 
Piloche, Pilon, Sœur blanche. Ta- 
blette, Tabouret, Tapblanc, Trique. 

c 11 n'a plus de brocher dnns la 
gargue. » 

« Faudrait avoir les cales solides pour 
croûter cette barbaque-là; mais 
quand on n'a pus d' tabourets dans 
la gargotte, conmie Gugusse, c'est 
g'ié. » 

« A 8*rait pas mal s'i' y manquait pas 
des chaises su' le devaut de la snlle 
à manger. » 

Mais j' suis fariiJoDDenu, j' suis meule, 
J'ai qu* iiib à m' coller sous la meule 
Et j'ai les piloches, c niatio, 
Quasi pus longues qu' mou rotin. 

(L. ns Bkrcy.'^ 

« Des palettes, pas de gigot; du gigot, 
plus de palettes. » 

{Dicton du peuple.) 

— DENTS GATEES. Clous de 
girofle, Graiîis de café, Racities 
de buis, 

— DENTS JAUNES ou sales. 
Amandes de pain d\'pices, Ta- 
blettes de chocolat. 

— DENTS LONGUES. Touches 
de piano. 

— DENTS PETITES. Canettes, 
Quenottes. 



— DENTS 

tarifes. 



VIEILLES. Bran- 



— BRÈCHE-DENTS. Qui boude 
aux dominos. 

DENTELLE . Gratouse , Miche, 
Paille, Ray on- de-miel. Trouée. 

DEXTISTE. Quenottier. 



DÉPART. Décarrade, Bécarre, Dc- 
carrement. 

DÉPASSER. (Supplanter.) Dcuot 
ter. 

« Et il a aussi, comme l'autre, celui 
qu'it est en train de dégotter, m le 
regard bleu, d'un bleu charmant et 
doux, limpide et clair. • 

(II. ROCUEFOHT.) 

— DÉPASSER SES CONCUR- 
RENTS. Décrocher la timbale. 
Tenir la corde. 

DÉPÊCHE. Babillarde volante. 
Petit bleu ou siinpl. Bleu, Vo- 
lante, Vol-au-vcnt. 

« Figurez-vous que sa femme a failli 
surprendre uu bleu de moi, un t^leu 
où je lui disais : u Pauvre chéri, 
comme tu dois souffrir d'avoir 
épousé une femme si plate. » 

(J. ftlARXI.) 

DÉPÊCHER (SE). Se i/rouiller. Se 
patiner. V. S'évertuer. 

« — Bien, bien, du moment qu'on va 
prendre uu verre, je me grouille... •> 

(K. Maixkro^.) 

a — Pntine-toi, xMélie t'attend depuis 
une heure. » 

DÉPENDRE, V. a. Dcgruppei-', 

DÉPENDRE, V. n. Être sous la 
coupe. 

« _ Je vous préviens, mon gaillard, 
que, si jamais vous tombe/ sous 
ma coupe, je vous mènerai la vie 
dure. M 

DÉPENSE. Dèche. 

Tu u'as pas d' pognon?... Ça n'empèclic ! 
Allons, mon salaud, \icns toujours. 
Kiiteuds-tu ?... T'occup' pusd' la ilècHe'... 
C'est toi qui rinc'ras d&ui huit jours. 

DÉPE.XSER. Caiiser, Chiquer, Cla- 
quer, Dèchcr, Écos^er, tmillei-. 

« Gomme c'était la fête à Cécile, on a 
casséuue pistole avec les aminches. >» 

« Quand on chourine, pour les voler, 
d'humbles éparguistes, on claque 
leurgaletle en compagnie de feiumes 



DÉP 



154 — 



DÉP 



au chignon jaune, mais on ne parle 
pas d'nonnêteté. » 

(Jkam Gratb.) 

a J'ai pas jamais été habitué à dècher 
tant de pognon que j^en ai écosaé^ 
c'tte s'maine. » 

« H a fusillé tout son pèze avec des 
gerces. » 

DÉPENSIER. Bêcheur, Gâcheur 
(ce dernier terme ne s*emploie 
guère qu'ironiquement). 

" Irma veut plaquer son homme, elle 
dit qu'il est trop dècheur : il ne lui 
laisse pas un rond. » 

« — Tu t'es encore payé une def de 
treize fléchards!... Gâcheur , va! » 

DÉPÉRIR. Foutre le camp, S^affû- 
ter, Se décartonner , Se dégommer. 

« J'ai vu le vieux hier à Coebin; il 
s'affûte, il fout son camp. » 

« — Quoi donc qu t'as, ma vieille ? 
Ça va pas? On dirait qu' tu V dé- 
cartonnes. » 

DÉPITÉ. A renaud, A ressaut, 
Arnaud, Arsaut, A tube. 

u Chaque fois clue sa gonzesse fait 
un coucher, il est à tube pour la 
nuit. » 

DÉPITER (SE). Rogner, Saigner. 
V. Colère. 

DÉPLAIRE. Se traduit, selon le 
cas, par les équivalents d'Aga- 
cer, de Dégoûter ou d'Ennuyer. 

DÉPLAISANT. Pas rigolo, Sabo- 
chc. 

« — Ah, non, tu sais, tu ne le ramè- 
neras pas ton Sarmate ; il n'est vrai- 
ment pas rigolo I » 

DÉPORTATION. Bain de pieds, 
Relègue, Helingue. V. Bagne, 
Relégation. 



DÉPÔT (LE). La fosse aux lions ou 
à Bidel, La Lorcefé *,La Tour, La 
Tour Pointue, La Souricière. 



Quand la marmite est à la tour, 
ÈV marie il est dans la déhine... 
Pour bouloUer, faut qu'i' turbine, 
r s'en va su' 1' tas à son tour. 

(A. B.) 

« Combien en ai-je vu de ces déné- 
gateurs à outrance faiblissant dans 
Fescalier tournant de la Tour 
Pointue. » 

(Goaox.) 

« Quand je songe à ces heures d'épou- 
vantable injustice!... Oh! la souri- 
cière... le panier à salade... cette 
première prison ambulante... et le 
reste! le reste! » 

(J. Makhi.) 

DÉPOUILLER. V. Dévaliser. 
DÉPRAYATEUR. Cochon. 

Mais, nom de Dieu ! si nous marchons 
De rifle avec nos gigolettes, 
Nous J(^florous pas les florettes 
Et c'est pas nous qu'est les cochons. 

(A. B.) 

DÉPRAVÉ. Cochon. 

« Donc, vous m'avez jugé. J^ai Pair 
cochon, madame. » 

(i*. Paillette.) 

DÉPRÉCIER. Sécher, Charrier, 
Débiner, Jardiner, Margauder, 
Margotter, Raffaler. V. Dénigrer. 

« — Quand vous aurez fini de char- 
rier ma marchandise, vous, la petite 
mère, vous le direz! C'est pas en 
margaudant (jue vous me ferez 
rabattre un rotin ; c'est moi qui 
vous le di^. » 

« Faut qxii jardine tout c' qu'i' voit, 
tout c qu'il entend. » 

« Il y a des gens qui ra/fulenl tout 
ce qui n'est pas leur cruvre. » 

DÉPRÉDATIOX. Fricotages. Tri- 
potagea. 






DÉPUCELER. Affranchir, Cassci' 
DÉPORTÉ, subs. Relègue, Relin- i le sabot, la cruche. Damer, Dévier- 
juc. V. Forçat. * ger. 



DÉP 



— 155 — 



DER 



« Comme Madame In Boule, elle avait 
été affranchie à douze berges par 
son daron. » 

Le coia d'un bots, l'herbe nouvelle, 
Un mouvement, le moindre mot. 
Un rien fait broncher une belle 
Un rien lui eaise non sabot. 

(Piuault-Lruriii.) 

« Comment la Société de vigilance 
eut-elle vent du péché mortel qui 
se dégagea de cet entretien secret? 
Comment sut-elle que le père 
Aloysius avait onctueusemeut damé 
la fillette? » 

(Hkctob Kra.<<ck.) 

« Je préfère, comme dit cet autre, 
dévterger une g[ueuse que d'avoir 
le reste d'un roi. » 

{Les Propos du Commandeur.) 

DÉPUTÉ. Vingt-cinq- francs. 

— DÉPUTÉ DE DROITE. Droi- 
tier, 

— DE GAUCHE. Gaucher. 

— DU CENTRE. Centrier. 

— D'EXTRÊME DROITE. Che- 
vau- léger. 

— DE PROVINCE. Rurat. 

D* la tribune à la buvette 
Les gauchers et les droitiers 
Vont avaler des d'ml-s'iirTS 
Ou bien tailler un' bavette. 

(V. Melsy.) 

DEPUIS. DedpuiSf Z)epi\s(corrupt.) 

Dedpuis Moutmartr' jusqu'à Ciich\ . 

(A. B.) 

« Depis tant A t. » 

DÉRAI80:VXEli. Avoir une arai- 
gnée dans le plafotvl^ un cafard 
dans ta sorhonnc, un hanneton 
dans le ciboutot, un mousti<jue 
dans la boîte au sel y ou simpi. 
Avoir une araignée, le ou un ca- 
fard j le ou lin hanneton ou toute 
autre périphrase analogue, Dé- 
ménager, Passer au dixième, Pa- 
villonner, V. Délirer. 

« Un lauréat de la Société protectrice 
des animaux reste couvert en par- 
lant à des dames. — Savez-vous 



f)Ourquoi il garde son chapeau sur 
a tête? — Parfaitement, c est pour 
ne pas enrhumer son araignée. » 

(IIbctor Francs.) 

« Faut être marteau, faut avoir un 
cafard dans la soupière pour faire 
des flambeaux pareils. » 

« Frapnés du nombre de camarades 
que leur enlevaient los atteintes 
d'aliénation mentale, ils disent : 11 
est pa-^sé au dixièmp (régiment), 
pour montrer combien ils sont 
déciméâ par des pertes, sur les- 
quelles l'étude (les sciences ne serait 
pas, dit-on, sans intîueuce. » 

(li. Lahciiey.) 

DÉRAXCiEMEXT . Détraquage. 
S'emploie au propre et au ligure. 

M Le détraquage a fait son œuvre. La 
licence a porté ses fruits. Je demande 
la création d'un Musée national 
des horreurs, où l'on conserve reli- 
gieusement les documents de l'his- 
toire scandaleuse de ce temps. » 

(EoMuyii Dbschaumes.) 

« Klle a mal à l'estomac et elle a la 
foire... c'est un détraquage com- 
plet. » 

DEHXIEH. Der (apoc). 

— DERNIER NÉ DTNE FA- 
MILLE. Clos-cul y Culot, lioculol. 

DÉHOBEK. Étouffer , Grinchir, 
Souffler. V. Voler. 

DÉIIOUTEH. Couper la chique ou 
sinipl. La couper, Desbouser", 
Éqnaffer, Êtjnaulcr, Estomaquer. 
V. Déconcerter. 

DEiaUÈKE,subs. Ballon, Baril de 
moutarde. Hase, Bas-lihin, Ber- 
nard, Bienséant, Bon endroit. 
Borgne, Cadet, Cadran, Cadran 
lunaire. Cadran solaire. Canon- 
nière, Centre, Centre de gravité. 
Cercle, Contrebasse, Cyclope, Dis- 
que, Double-blanc, Double-six, 
FaidKairg, Fiac, Fiacre, Fiaque, 
Fignard, Figne, Fignedé, Fignon, 
Fignoton, Figtirc, Figure de cam- 
pagne, Fion, Foiron, Foirpette, 



DER 



— 156 — 



DER 



Gagne-pain y Garde-manijer, Gi- 
bevney GiffauU *, Gnard ou Gna- 
gnardy Gros visage^ Joufflu, Juste 
milieu, Lorgne, Luc, Lune, Ma- 
chine à mouler. Magasin, Médail- 
lon, Messire Luc, Miche, Moule à 
merde, iMouquette, Moutardier, 
N'a-qu' un-œil, Pagnon, Panier à 
crottes, à crottin, Partie charnue. 
Pétard , Péteux , Pétrousquin , 
Pette, Pleine lune. Postillon, 
Proais *, Proays *, Prose, Proye, 
Proys, Prussien, Quelque part, 
Hondy Rondelle, Rue aux pets, 
Ruelle aut vesses, Salie de danse, 
Sifflard, Soufflet, Tal, Talle, Tire- 
lire, Train, Troufignard, Trouft- 
gnon, Troufion, Trousse, Ti^ousse- 
pette, Troussequin, Vénéi^able, 
Verre de montre. Visage, Visage 
sans nez. Zéro. V. Anus. 

Si tu contiau's, Mad'Ion, 
Tu vas t' faire enl'ver 1' ballon, 
{ Vieille chanson,) 

« — Fi î quel sale cul, quel àavil de 
moutarde \ » 

(Hector Faii^icE.) 

« La base de la caissière débordait de 
la banquette trop étroite pour sup- 
porter la majesté de ce superbe 
Ba9-Rhifi. » 

ft Diatribes ou dithyrambes, leurs 
élucubrations sont à peine bonnes 
à essuyer Bernard. >» 

{La Bataille.) 

« l*08é sur son bienséant, l'oreille 
droite, le toutou attendait son 
maître. » 

(Chronique amusante.) 

« Pour tout salaire, le marquis lui 
appliqua un vigoureux coup de 
botte au bon endroit. » 

(PlCAlLT-LEBmiS.) 

" — V'ià moi que je me retourne et 
que j^ li fais baiser, sauf votre res- 
pect... mon gros visage... Ce qui a 
fait dire aux mauvaises langues 
qu'il a vu mon borgne. » 

(Kf.STIF de I.A HKRTOri.'OI.) 

« — Monsieur (îoquelin cadet? 

Kt. debout devant son armoire à 



glace, en manches de chemise, un 
onnet de coton rouge sur la tête, 
la figure navrée, j'aperçus Cadet: 
J'éclatai de rire. 

— Pourquoi ce bonnet? vous êtes 
malade? 

— J'ai un clou. 

— Sur le crâne? 

— Non, plus bas... Ici. Mais ne 
le dites pas. 

— Pourquoi cela? 

— Parce qu'il ne serait pas con- 
tent... mon homonyme, sur lequel 
je ne puis plus m'asseoir. m 

(I.cac.N PnBCN.) 

. . . Est-ce l'apothicaire 
Qui vient placer l'aiguille à raoo cadran solaire'/ 
{Parodie de * Zaïre ».) 

« Les don Juan sont très forts sur la 
gymnastique : dès leur plus tendre 
enfance, ils se sont exercés à tom- 
ber sur leur centre de gravité. » 

(Lemoimc.) 

« — Nom de Dieu! ehl Polyle... 
reluque donc ce pélardl Quel beau 
disque l » 

(II. MORRIKa.) 

« Quant à Lucien, il eut à essuyer 
une formidable bordée de horions : 
Tiens, sale poisson, voilà pour 
toi... Attends, marlou, porte ça à la 
cuisine... Attends qu'on te dessale 
û grands coups de bottes dans le 
fiffnel » 

(Ed. Lepeli.etibr.) 

•< — D'où qu' tu sors? que j' te 
reconduise à grands coups d'ribouis 
dans r fion ! » 

« — Dis rien, (ju'i' lui fait, ou j' te 
mets mon blair dans l' foirpette et 
j* t'étouffe! .. 

Cherchant, pour gagner leur croûte, 

Uu raiirh'} rupin, 
Faut les voir, tout 1' loug d' la route. 

Remuer leur gagne-pain. 

(Bi.^.ooaT.) 

« En argot les mots se transforment 
constamment par aphérèse ou apo- 
cope ou bien encore par l'addition 
de préfixes et de suffixes, par 
changements de tei*minaison et 
par réduplication. Ainsi la vieille 
expression argoti(iue Iroufignon 
(cite date au moins du \vi<^ siècle). 



DER 



— 157 — 



DÉS 



3ui signifie Anus ou Derrière, a 
*abora subi les transformations 
suivantes : Iroufignard^ troufion y 
par changement de terminaison; 
puis, par aphérèse, fignon, fignard, 
fion\ de là, par abréviation, figne 

3ui prend lui-m/''me un suftixe et 
e vient fignedé; par nouvelle aplié- 
rèse fignard fait gnard dont la rédu- 
plication donne gnagnard ; la trans- 
formation la pius récente est le 
changement en ne ou aque de la 
terminaison on du mot fion^ ce qui 
nous fournit fiac^ fiaque et m«Hiie 
fiacre. » 

« La grosse dondon qui nous servait 
à table était agrémentée de roton- 
dités antérieures et postérieures 
qui faisaient loucher les jeunes 
lieutenants ; on n'entendait que ces 
exclamations : » Pristi! quelles 
avant-scènes! Nom de Dieu! la 
belle gib€rne\ » 

{Le$ Gaietés du régiment.) 

n Debout sur son lit la gamine se mit 
d'abord à gambader, faire la culbute, 
jouer avec son oreiller, me lancer 
son traversin, puis tout à coup, 
levant sa chemise avec des éclats 
de rire, me fit voir son Juste milieu. » 

{Let Propos du Conunandeur.) 

« On peut dire lue, mais on ne peut 

Srononcer cul. Pourquoi? Mystère 
e la sottise des foules. *• 

La petit', pour nu thuno. 
Montre à chaqu' citoyen 
De» effets de ph-in huw 
Que lui peut Tuir pour rioii. 

Nous n'irons pas au Bois non pus. 
Ans bois d' Justice... au iMtis torlu. 
Nous n'irons pas à la Hoquette 
Kt zun, Koo, zon, pipi uou5 I'soiin 
Et bar^ tonnons d' In mowjuetto. 
Su' la Misère et les rvison^. 

(Jkhan Hicri-s.i 

Noazailles pairon<( noire proio 

A ta marqaise d'un li.iiner 

A toi d'un coup d'.irpioii au jnoiffi. 

(J. HiCHKI'IN.) 

Quand I' pantc a V doigt dans l.i miche, 

S'i* n' casque pa** ffn.s, 
(jare au bataillon d' la guichc ! 

C'est nous qu'est les dos. 



Je me suis dit à moi>niônie : 
« Ces pétards, nom d'un pétard ! 
Ne \ aient |kis le pétard 
De celle que i uime! » 

(GilBlas.) 

Mais voilà que l:i bourr.)squc 
.*N)ulAve sou cotillon 
D'une façon si fantasque 
Qu'on toit tout son postitlon» 

Quoi?... vous vous prétendez rousti»? 
Vous \(>udriez voir autre chose? 
r*uis-je donc vraiment, mes petits. 
Maintenant vous montrer mon prose? 

(L. bi hiacv.) 

« En face! je n'ai pas besoin de reni- 
tler ton moutardier \ •> 

(E. Zoijk.) 

« Pas de cbirinette pour secouer le 
panier à crofies des dames. » 

(Id.) 

'i — Pour me le mettre, tu sais, vieux, 
c'est midi, j'ai trop de fil dans la 
trousse l » 

.< Tt»utes les fois que ce gredin-l& me 
tutoie, cest ronmie si je recevais 
un coup de pied qufhfue pari. » 

(V, Sakdou.) 

'c Dis donc, Cécile, j' te jure que si 
tu continues à m' faire tarter, j' te 
vas fonte mon pied dans V train. •> 

« — Dis-y nue j' l'attends, et si a fait 
du r'ssaui, j' s'rai pas long à lui 
botter r trouss*f>elle. » 

— On désijîiie encore le der- 
rière par le nom d'une per- 
sonne ennemie ou simple- 
ment antipathique ; (»n 
liouve dans relie coutume 
lorigine de hernari, Cadet, 
PfUrousijuin. En 1871 le ga- 
vroche parisien appelait son 
postérieur Bismnrvl;, Thiers 
ou Vemailleux. 

DERIIIKKE, prép. bariole. 

— PAU DKIlIllÈRi:. Por les 

darioleSy Sur les darioles. 

u Fait point bon cimer en ce paque- 
lain-ci. on a tout le temps les gris- 
bleus sur les darioles. » 

{Lrs Chanff'fHri.) 

I>KSA(;kkarle. V. Ennuyeux. 



DÉS — 158 

DÉ8A6RÉGER (SE). En parlant i 
d'une association, d'une union, 
d'un parti : Se décoller. 

Et pendant qu'à Paris on s' colle 



Des gopns sur la gueule et des pains, 
Pendant que la R. F. te décolla... 
Le Président tu' des lapins. 

(A. B.) 

DÉSAPPOINTÉ. On dit d'une 
personne désappointée qu'EUe 
fait un sale blaU\ une sale gueule, 
une sale poire. 

DÉSAVANTAGEUX. Se traduit 
par les équivalents de Mauvais. 

DÉSERTER . V . Abandonner, 
Fuir. 

— DÊSEATER L'ARMÉE. Chier 
du poivre à la boule de fon, 
Faire chibis à la grive. 

'< — La grande Irma vient de s' bar- 
rer à Bruxelles. 

— Quoi qu'a va y faire? 

— Avarjoinde son homme qu'était 
soldat et qu'a fait chibis à la grive. >» 

DÉSERTEUR. Franc-fileur, Nar- 
quois *. 

« A la veille de l'investissemont, avant 
le 17 septembre, on (les conserva- 
teurs) avait déjà commis le criuie 
de lèse-patrie en s'orgauisant en 
corps de francs- file urs. Il y a eu 
d'honorables et illustres exceptions, 
mais les exceptions confirment la 
rôgle. » 

(PHIt.lUERT AUDEDRAXD.) 

DÉSESPÉRÉ (ÊTRE)..Uot>>JOMp(* 

de C existence^ du truc ou simpl. 
En avoir soupe, En avoir mare ou 
muré, niffv, En avoir sa claque, 
son fade, son pied, En avoir plein 
le dos ou plein le cul, Donnei' sa 
démission ou Démissionner. \. Dé- 
goûté. 

DESCEXTE DE POLICE. Rafle. 

« Le quart était venu avec quatre 
agents pour faire une ro/le à l'hôtel 
du Nord 



d6s 

Le long de la plage. 
Comme au déballage^ 



» 



DÉSIIADILLÉ, subs. Déballage. 



C'est an étalage 
De gens mal tâtis. 

(XANaOF.) 

DÉSHARILLER. Défringuer, Dé- 
frusquer, Défrusquiner, Dépiauter 
ou Dépioter. 

— SE DÉSHABILLER. Les ver- 
bes précédents, sous la forme 
réfléchie, plus Déballer. 

— SE DÉSHABILLER COMPLÈ- 

TEMENT. Se mettre à poils. 

« Le matin, les sergots ont trouvé la 
môme défringuée su' les forts. » 

« Allez, ho! bas les frusques!... ^é- 
balle, et au pieu, viv'ment ! » 

Merd' ! V'Ià l'hiver et ses dar't<^s, 
V'Ià r moment de n' pus s' mett' à poil, 

(Jehan Hictl'S.) 

DÉSHÉRITER. Passer le pèze à 
gauche. 

« — Quand la vieille a croni, elle 
avait passé le pèze à gauc/ie... Et 
son netreu s'est bombé. » 

DÉSIR chainel. V. Érection. 

DÉSIRER. En gratter, en mouiller, 
en pincer, en tenir pour. Lavoir 
dur, ravoir en l'air pour. V. Ai- 
mer. 

« — Alors, Ven tiens tant qu' ça pour 

l'enfant? 
— Ah! mon vieux, yen gratte plus 

que jamais 1 » 

«1 La gonzcsse ïttvait en l'air pour un 
bracelet (|u'alle avait vu chez un 
brocandier du faubourg. » 

DÉSODÉIR. ^"e vouloir rien savoir. 
V. Refuser. 

DÉSOLATIOX. V. Chagrin. 

DÉSORDRE. Bouzim, Canelle, 
Chamhard, Mastic ou Pdtr (arg. 
des typographes), Pagaille ou 
Pagaye. 

« Chaque fois (fur Zoé couche ici on 
est sCir. le lendemain, de retrouver 
le ménage en canelle. »> 



DES 



— i59 — 



ÛÉT 



« Mon fils, qui Ta tapé plus souvent 
qu'à son tour, assure qu'il laisse 
chez loi l'or, Targent, les billets de 
banque, des bijoux d'une valeur 
énorme, n*in) porte où, en pagaye, » 

(SiMo?i BouBftr.) 

— METTRE EN DÉSORDIIB les 

effets d'un camarade. Faire le 
défilage .arg. de Saint-Cyr). 

DE88EL\ CRIMIXEL. Marmot, 
Môme, Poupard. 

— NOURRIR UN DESSEIN CRI- 
MINEL. Engraisser, élever ou 
emmailloter un marmot, un 
môme, un poupard. V. Préparer. 

DE88L\ATEUK. Dessinandiir, 

— Qui dessiinî de chic. Chi- 
queur (arg. des peintres^. 

DES8IIVER DE CHIC. Chiquer, 
« Grévin ne faisait que chiquer. » 

(HtCTUR France.) 



— DESSINER SANS 
Boudiner. 



GRACE. 



DE880ULER. D&uver, Délasser. 
« Il n'a pas décuvé de la journée. » 

DESSUS, prép. Dcssin\ Su, Sus 
(comipt.) 

« — • Laisse ca dessur la tnble. > 

« Su* V tas. » 

« Sus son cul. » 

DESTITUER. Déyotnmev. 

« Timidement, la magistrature lui a 
posé cette petite question : 

— Mais vous êtes trij^auie? 

— C'est bien possible, a répondu 
Crispi, mais je suis .uissi ministre. 

Si vous ne nie f pas la paix, je 

vous dégomme. » 

[Le Petit Pioiifiiou.) 

DESTITL'TIOX. Dèjummadc ou 
Dégommage, 

— DESTITUTION EN MASSE. 

Lessivage, Lessirc, Netloywje, 

« Mais vienne un changeuienl de mi- 
nistère, c'est la permutation et 



peut-ôtre la dégommade; pauvre 
préfet I » 

{Le Pilori.) 

« Le personnel do l'usine s'était anon- 
chali sous Tancienne direction; il fit 
un lessivage complet des bureaux. » 

« l'n léger nettoyage s'imposait dans 
l'administration,' mais non une les- 
sive aussi radicale que celle que 
vient de décréter l'impétueux snus- 
secrétairc d'État. ». 



{La \atio».) 

DESTHVV.TIOS. Chamhanlcwent. 

— DESTRUCTION COMPLÈTE. 

Settoyngp. 

M Chai|ue bourgade <^tait pillée, puis 

incendiée : c'était le nettoyage 

complet. " 

{Journal tli'8 Voyages.) 

DÉTAILLAXT. Camelotier, SoliS' 
seur. \. Marchand. 

DÉTAILLER. Chercher la petite 
bote, 

« D'un auteur qui s'occupe trop du 
style, de la rondeur et de la cadence 
de' ses phrases et néglige les qua- 
lités plus solides du fond, c'est- 
à-dire «le la pensée, les hommes de 
lettre;' disent qu'il cherche la petite 
béte. » 

DÉTELER. DùshalnUer le gail. 

DÉTEATIOX. ballonnement. Ma 
ladie. V. Emprisonnement. 

DÉTEXU. Malade. V. Prisonnier. 

DÉTÉRIORER. Déglinguer, Es- 
quinter. V. Abîmer. 

DÉTERMINÉ. Kn parlant d'une 
personne : Lapin, Lasc(tr, Mec a 
la colle forte, Poilu. 

DÉTERMINER (SE). Marcher. 

'. llsrontteilenienttournéet retnurné, 
on lui a si bien doré la pilule (|u'il 
a fini par marcher. » 

DÉTERRER. Déplanqmr. 



DÉT 



— 160 — 



DEV 



M Y a des Mallais qui sont plus vaches 
que les youdis. Y en a qui déplan- 
quent les macchabées pour leur 
grinchir leur liquetle. » 

DÉTESTER. Abominer, Antipa- 
ther^ A voir dans le blair, dans le 
nase, dam le tube, dans le cul y 
dans le fignp, dans le prose ^ le tal. 
On peut remplacer ces complé- 
ments par tout autre ayant la 
signification de Derrière ou de 
Nez. 

DÉTOUR\EMEXT . Grinchage , 
Grinchissage. V. Vol. 

DÉTOITRXER. V. Voler. 

— DÉTOUBNER UNE MI- 
NEUIIB. Souffler une chandelle 
d'un rond, 

DÉTRESSE. Délasse \ V. Misère. 

DÉTROI SSER. V. Dévaliser. 

DÉTROUSSEUR. V. Voleur. 

DÉTRl IRE. Settoyer, liaseï^ Rin- 
cer, 

« Il accepta la mission, bien qu^ii eût 
la certitude que son escorte et lui 
seraient nettoyés au premier enga- 
gement, u 

'i Sa belle autorité des jours de début 
a été promptement i-asée. » 

a L'ouragan avait tout rincé : plus 
une cabane, plu» un arbre, ricnl »> 

DÉTRUIT, liasibus (invar.). 

« Après les cinq longes qu'i' v'nait d' 
tirer en centrouse, V Fréder ren- 
quille au faubourg pour retrouver 
son ancienne tôle de la rue Sainte- 
Margot ; mais, nib ! aile était rasi- 
h us. »> 

DETTE. Ardoise, Drapeau^ Pavé, 
Queue, Hcgon*, Rosier. 

a Là, il avait laissé une ardoise dr 
41 marks. » 

(GORON.) 

« LVquipe, H la fin de la semaine. 



Slanta au ^argotier un drapeau 
*une centame de francs. » 

(Ajiyot.) 

« 11 entra dans une taverne que des 
pavés personnels m'interdisent de 
nommer. » 

(ËRKI&T LAJEUlfBStB.) 

a Le nombre de poufs qu'il a faits 
dans le quartier est incalculable : il 
n'y a pas un cafetier où il n'ait 
laissé une queue, » 

« r n'a planté un rosier que de cin- 
quante balles à cause que le gargot 
voulait plus y faire à croum. » 

— CONTRACTER UNE DETTE 

avec la ferme intention de ne 
jamais la payer. Pavoiser. 

« La vie, à la mer, ne lui coûte pas 
cher, il pavoise partout. » 

DEUIL (PRENDRE LE). Planter 
un navet. 

DEUX. Leudé, Leuxdé, Leuxdré. 
V. Jargon. 

« Leuxdé lézélousoc pour déjeuner, 
c'est pas lourd. » 

— ENTRE LES DEUX. Entrelardé, 
V. Roux. 

DEUXIÈME. Le deux, La deux 
(arg. des écoliers, du théâtre et 
des typographes). 

« En place pour le deux] »* (s. -ont. 
Acte). 

« Vous mettrez cet article en tête de 
la deux. » 's.-ent. Page). 

tt — Quelle place as-tu au concours? 
— Je suis le deux. » 

DÉVALISER. Dégringoler, Dé- 
piauter ou Dépiotter, Fabriquer, 
Lessiver, Mmjuiller, Nettoyer, 
Rincer, 

« Elle commença la tournée par les 
officiers supérieurs, les dépiota 
comme des écrevisses jusqu'à leur 
dernier sou d'écononncs et, les 
huit jours finis, leur tirant sa révé- 
rence, s'écria : Vous savez, j'en ai 
mon compte. •» 

<,Mo«A.) 



DÉV 



— 161 — 



DKV 



•« N^allez jamais dans cet inf&me tri- 
pot; vous vous feriez lessiver en 
cinq secs. » 

Cambriolle ta maguili'ras 
Par carouble et csquintpment. 

{Commandements du voleur.) 

» Je n^ai plus le sou, je suis rincé 
comme un verre à bière ; ils m'ont 
fabriqué dans les grands prix ; ou 
ne m'aurait pas mieux dégringolé 
dans la plame d'Aubervilliers à 
•deux heures du matin. » 

— DÉVALISER IJX LOGEME!«T, 
UNE BOUTIQUE, etc. Cam- 
brioler, Casser les portes ou 
simpl. Casser, Faire une con- 
disse, une condition, Mettre les 
portes en dedans. 

.. Le l»"" avril, le matin, je rencontre 
des garçons des Halles que j'avais 
vu à Sainte-Pélagie, Godard et Dar- 
tagnan; le dernier me dit doue : 
(I J'aurais besoin d'outil, j'ai une 
condition à faire. » Je lui dis : « Je 
n'en ai pas, àeulementp'ai un mon- 
seigneur que je pourrai te prf'ter. » 
Bref, je lui dis : « Je te l'apporterai 
à trois heures au café de la bouche- 
rie; en même temps, j'irai chez 
mon fourgue lui porter ce que 
i'ai à la maison. » Donc, à tr(»is 
heures, je lui porte ce monseigneur, 
et en même temps, j'avais les 
affaires en question, la bague, la 
tabatière, les boucles d'oreilles, la 
montre et l'épingle; nous buvons 
ensemble deux ou quatre absinthes 
et il m'ennuit tant que je finis par 
aller avec lui voir cette fameuse 
condition rue Vi vienne. 

Nous montons, et moi je frappe 
à la porte; personne. Je sonue et 
personne ne répond. J'allume, et 
mou Dartagnan file le luctrènie 
dans la porte ; au im^me moment, 
la porte s'ouvre, et une femme 
parait et elle gueule à la chienlit. Je 
descends quatre à quatre les esca- 
liers, et lui aus.->i; il sort dans la 
cour, et moi je le suis; mais le 
concierge l'arrête. » 

{Lettre de Bcauvilliers,) 

• Peut-être une bombe à placer ou 
une maison à cambrioler, » 

(GOKOK.) 



DÉVALI8EUR IVIIABITA- 
TIONS. Cambri, Cambrioleur^ 
Casseur de portes ou simpl. Cas- 
seur, Fric- frac, Moute-en-l'air. 
Nous donnons, au mot Vol et à 
ses dérivés, la nomenclature 
dos nombreuses catégories de 
dévaliseurs. 

« C'était la crt'me : rien qu' des 
broches et des cambris. Ah ! c'ite 
socel » 

« Ces associations se donnent pour 
but le déménagement des maisons 
de campagne, le vol avec effraction 
dans les logis inhabités le jour, 
dans U'S boutiques inoccupées la 
nuit. C'est la secte des cambrio- 
leurs. » 

• (lUSrAVK GErFKOY.) 

« A nous a fait s'couer tous les trois, 
mézigo, Mimilc et un fric- frac de 
ses amis que j' voyais pour la pre- 
mière fois. » 

r/est CD dévalifant la case 
D'un' gerce, uq' KÏrondc ù rupins, 
Ou'ou m'a fait avec Nil) de Nazo, 
Ûa monle-^H' l'air do mes copains. 

(A. B.) 

DEVAXCER. (Supplanter.) Dégo- 
ter. Gratter, Griller, Jetei' de la 
grille, 

« Mais pour les vues d'ensemble, les 
intérêts universels, les leçons du 
passé et la prescience des recom- 
mencements, on ne voit pas qui les 
d('gote. >» 

(K. Dergbkat.) 

« Je comptais bien arriver le premier 
dans la tôle, mais Francis m'a 
grillé. » 

« C'est un panas oui se laisse Jeter 
de la grille par n importe qui. >» 

DEVANT. V. Monde. 

DEVANTURE. Devanterne, 

« Aile a une boutanche à la mode, la 
mère Tatzy, avec une belle devan- 
terne toute bleue, couleur des mi- 
reltes à sa môme. » 

DÉVERGONDAGE. Gouape, Va- 
drouille. 

il 



DÉV 



— 462 — 



DIF 



• C'est pas malheureux, un garçon 
de si bonne famille! donner comme 
ça dans la gouape, dans la va- 
arouillel » 

DÉVERGONDÉ. Gouapeur, Va- 
drouilleur. V. Débauché. 

— Au féminin, on emploie les 
épilhètes qui servent à dé- 
signer les filles de bas étage. 
V. Prostituée. 

DEVIIV. Renifleur. 

DEVINER. lieniflcr. 



— CIIEIICUER 

Haleiner, 



A DEVINER. 



DÉVISAGER. Allumer, Dèfrimer, 
héfrimousser y En frimer, Enfri- 
mousser, Pioler, Frimer^ Mordre, 
Topiser*, Tuiler (arg. maçonni- 
que). V. Regarder. 

DÉVOILER. Débiner. V. Dénon- 
cer. 

DEVOIR, V. hegonseï' \ 

DÉVORER. Gousser \ V. Manger. 

DÉVOT. V. Bigot. 

DÉVOYÉ. V. Déclassé. 

DIABLE (LE). Le Tlarbet, Le Bou- 
langer, Glier*, Glinet*, Gueliel", 
Le Mulet, Le Jialouin, Les Béar- 
nais, qui appellent le hibou 
gahus, ont baptisé le diable : 
Gahisto, 



— AU DIABLE! 

cfi io t tes ! A vx goy ues 
pelolea! V. Promener. 



A cha'Uloil Aux 
! Aux 



DIAMANT. Caillou, Diame, Du- 
raille, Éclair, Péliilard, Hapc * ou 
Râpe d Orient \ 

« C'est fréquenté par tout c' qu'i' y a 
d' rupe : des gonces qu'ont des 
cailious à leur liquette et des 
ponettes pourries d' diames, » 

DIAMANT DE VITRIER- 

Casse-vitre, Ldctiard, LdchetoU' 



DIARRHÉE. V. Colique. 

DICTIONNAIRE. Dico (arg. des 
écoles), Musicien. 

DIEU. Le Dab, Le Daron des Ba- 
rons, Le FranC'Mitou *, Le Grand 
iidrre* ou simpl. Le Havre*, Le 
Grand Mec, Le Mec des Mecs ou 
Meg des Megs, Le Redoutable, Le 
Terrible. Les francs-maçons di- 
sent L Architecte de l'Univers, Le 
Grand ou le Suprême Architecte. 
V. Chef. 

(i II y a dans chaque groupe prores- 
sionnel, dans chaque métier, dans 
chaque art, dans chaque vice et 
dans chaque criuiinalitc un roi, un 
maître, un praticien supérieur à 
tous : le meg des megs, comme on 
dit dans Targot classique pour 
désigner le bon Dieu, le plus malin 
des mariolles, puisqu'il a définitive- 
ment roulé, jusqu'en enfer, le diable, 
qui ne passait poiut précisément 
pour un Claude. » 

(K. Lkpf.li.rtikr.) 

DIFFICILE. Côtelard, Cotonneux, 
Uif. 

« On voulait y apprendre la musique, 
mais a trouvait qu' c'était trop 
côtelard \ c'est pourtant pas si di/' 
que ça d' gratter du jambonneau. >^ 



DIFFICULTÉ. Chiendent, Coton^ 
Dureté, Tirage, 

« — Et je dis plus : la banque devait 
me rembourser quand m^me, sous- 
peine de nuire à son crédit. 

— Assez bien raisonné... Après? 

— Ilum ! voilà où le chiendent com- 
mence; vous allez voir ça. »» 

(LeHMINA et LcVKt.tUK.) 

« — Vous savez que le pnlron compte 
que vous aurez terminé pour sa- 
medi. 

— Pour samedi? Alors il ne se doute 
pas du cotoyi qu'il y a dans ci' 
turbin-là. » 

<i — Essaye de 1* faire ciacher d'un 
ci^ue. 

— D'un ciguë, mince de dureté \ V n" 
marchera pas. » 



DIP 



— 163 — 



DIS 



ise?... 



« Elle a fini par consentir, mais il y a 
eu du tirage. Elle ne voulait rien 
savoir pour te revoir. » 

DIFFORME. Mal foutu ou Foutu 
comme l'as de pique. 

DIXDE, DIIVDOX. Danseur", Jé- 
suite *, Ornie de balle, l'iqucnten'c. 

DIIVER, subs. Refaite dejorne". 

DLXER, V. V. Manger. 

DIRE. BoniVy Bannir, Cas!>ery En- 
voyer, Sortir, Stafer, 

Moi, si r Président d' la R. P. 
M'app'lait, pour conjurtir la crise, 
Via c' que j' bonirais ù F. P. : 
J'r dirais : Veux-tu que j' te di« 
Eti ben ! nous somni's dan' un cul-d -sac, 
Il est vraiment temps qu'on en sorte... 
Aussi, mou vi,>ux, t^i t'as pan 1* trac, 
Tu vas fout' la Cnanibre à la porte... 
(A. B. Les Souloloqutis d'Honoré Constant.} 

« — Qu'est-ce que lu nous casses là? 
Tu crois quon coupe dans tes 
salades? » 

« — T'as pas esgourdé c' qu'i' nous a 
envoyé? il nous en a sorti, je n' te 
dis qu' ça. » 

— DIUE CE QU'ON PENSE, ce 

qu'on a sur le cœur. Dédaquer. 

DIRECTEUR. Hausse \ Dab, Ba- 
ron, Galeux, L'itronpème, Manche, 
V. Chef, Patron. 

— DIRECTEUR DE PRISON. 

Maugrée. 

DIRIGER. Méquer. 
DISCIPLIXAIRE. V. Soldat. 

DISCOURIR. Tenir le crachoir. 
Vendre sa salade, Y alUr de son 
pallas, 

DISCOURS. Bonime, Boniment, 
D&indage, Planche, Flambeau, 
Laius, Pallas, Vosliche, Postige, 
Salade, Speech, Sortie, Vanne. 

« On doit tout d' môme rigoler d'en- 
tende tous les flanches qu'on débite 
à la Chambre. • 



« Son pallas ne variait jamais : Viio- 
lez-vous, disait-il, vous amuser en- 
société? achetez ma poudre; c^est 
un secret que m*a légué un de mes- 
aïeu.x. » 

(Cil. YlBMAlTHS.) 

« Leurs vannes ronOants sur la cha- 
rité, leurs snlades académiques,. 
riiJicules postiches de faux philo- 
sophes avides de réclame, vous- 
entrent dans l'oreille et parfois 
dans le cœur; vous quittez la réu- 
nion presque réconfortés; mais, au 
logis, la bouri;eoise et les loupiots, 
que n'intéressent pas ces flanches à 
la manque, vous rappellent &pre- 
ment (jue ce n'est p:is d'im speech 
qu'où déjeune. »> 



— DISCOURS 

Mararoni. 



FILANDREUX. 



DISCRÉDITER. «/V/aT, Dégréner,. 
Jardiner. V. Critiqaer, Médire. 

DISCRET. Oui ne Couvre pas ou 
jamais (s.-eiit. Bouche). 

DISCRÉTION. Pénardise. 

DISCRÈTEMEAT. A VanglaLse, 
En douce. En panard, En sondeur. 

« lis sont beaux parleurs, brillants 
convives et galants cavaliers ; mais, 
quand vient le quart d'heure de 
Habelais, ils s'esquiveut à fan- 
glai:>e. » 

{La Vie Parisvmne.) 

Si qu'y r'vienilrait... si qu'y reviendrait 
(juéqu jour, coinm' ça. s:ins crier gare, 
£n douce, en pénarJ, eu imiriolio. 

(JkHA> lUcTUS.) 

DISCUSSION. Chichis. 

« Sit6t qu'i's jactcnt su' la politique, 
c'est des chichis à n'en pus Unir. » 

DISCUTER. Blaguer. 

« Ils considèrent comme une fonc- 
tion naturelle, un devoir presque, 
de passer chaque soir trois heures 
au même café, le derrière collé sur 
la même banquette, et de blnguer 
sur des sujets mortellement ra- 
sants. » 



DIS — Il 

DISI'ARAITRE. Couillur, Piler à 
l'anglaise. Fondre, Passer à l'as, 
au bleu, S'fvanouir, Se sylpkidcT, 

■ Facile a l'eDriballaKC, mais Térocot 
redoutable quand il lient une série. 
Prâcipitaot les coups de pistolet. — 
noni de revolver, — puis, le résultnt 
obtenu.et c'est touJounuD résultat 
tris sérieux, ramassant à |>leines 
maina les Jetons, l'or et les tiillets 
p^le-niéle dans la grande sébile, il 
réalise à la caisse et file à l'aii- 



glaùi 



■•■) 



' Quant à l'amant, il Tut littérale- 
ment impossible de savoir ce qu'il 

itait devenu : évanoui, tj/lphidi, 

DISPARITION. Évimouissement. 

1 Quand il se réveilla, ses amis 
avaient disparu : ieanoui$K>nenl 
complet 1 • 

(ta Gt^udrioU.) 

DISPENSAIRE. Montielout [se 
dit plus spécialement du dispen- 
saire uù les lilles soumises pas- 
sent la visite sanitaire). 

1 Quand les filles vont à Moatretoul. 
si elles sont malades, elles sont 
retenues et dirigées sur l'iuflrmerie 
de Soint-Laiare. <■ 

(C«. VinmiiH.) 

I»ISPENSE. Coadc. 



DISPENSÉ. Tire au figne. 

DISPENSER. C0(]uer le condé. 

DISPOSER. V. Arranger. Pré- 
paror. 

DISPl'TE. Attravade, Altrapage, 
Cliichi, EinfoignaJe, Engutulage, 
(inae, Uargoulis, Hiisons, Itoyiie, 
Rtighei. 



Et k entendre ces jurons rudes de 
Tuathurins, ces bouts de chansons 

3ui traînent le soir dans tes rues 
ilTainêes des ports, ces engueu- 
lagei rauques qui se di<<persaient 
sous le ciel bleu,... r " — 






(Mo...) 



■ Un ménage où il y a chaque jour 
des raiioiii à propos de tout et de 
rien, où la femme fait du rogne & 
son homme quand il revient de 
maasert ça ne tardera pas à se 
décoller. > 

(L-Éc^ntmfHi ParUiai.) 

DISPUTER. Aubader, Savonner. 

— SK DISPUTER. S'attraper, 

S'aubailer,S'en!)ueuler,!iepren- 

■ Elles se sont atlrapiet en plein 
foyer, au nez du réiçisseur. • 

\(ChroHiqae IhMIrale.) 
• — Quand vous aurez fini de t 



— SE DISPUTER CHEZ SOI. 

Laver jon linge sale en famille. 

— on SK DISPl'TK. Le tOrc/iOn 

brûle. 
DISSIMULER. V. Feindra. 

DISSIPATEUR . Drcheur, Gii- 
chew, Mangeur. V. Dépeniiar. 

« Sa fortune y a déjn jinssé, la dot 
de sa femme suivra U même route ; 
c'est un gros man;/eur. m 

DISSIPER. (Dépenser.) CUiqiiar, 

Oècher, Ëcosser. V. Dépenser, 
m II a claqué toute sa galette. » 
DISTINCTION. V. Élégance. 

DISTINGUÉ. Comif, Comme if, 
Commif (cornipl. par apoc. de 



DIS 



— 165 — 



DOM 



Comme il faut), Faubourg Saint- 
Gei'main , Faub . Saint-Germe ^ 
Faubourg G«*mam, Régence ^ Select 
(anglicisme). 

C'est à côté d<>9 forlifs 
Oq n'y voit pas d' gens comifs 
Cfui sent l' musqué. 

(A. B.) 

« Il n*cst pas positivement faubourg 
Saint-Germain, mais c'est un excel- 
lent garçon. » 

« Moi, 1* suis pas faub. Saint-Germe 
et j' fous mon poing su' la gueule 
à celui qui veut s' payer ma poire. > 

« Hier, réunion des plus setect chez 
la marquise de B.,.en son nouvel 
hôtel des Champs-Elysées. » 



— TUÉS DISTINGUÉ. 

Select^ Ver y selecl. 



Ultra 



DISTINGUER. Dègoter. V. Aper- 
cevoir. 

— Dans le sens de Remarquer. 
Viser, 

H Hier, au Moulin Bouge, j'ai visé 
une bergère tout ce qu'il y a de 
gandin. Faudra que je me Tappulc. » 

DISTRAIRE, avec idée de Ber- 
ner. Engourdir j Endormir. 

Près d' toi, j' n'ai plus besoin d' bonir; 
En deux s'condes faut que j' te dessale, 
J' t'en ai conté pour i' engourdir. 

\y. i'AlLLETTE.) 

M Du temps que la bonne femme Ven- 
dormait avec des boniments, le 
barbeau faisait sauter la coupe et 
lui fusillait son pognon. » 

DISTRAIT. Dans la lune, Sorti. 

« Tu lui causes ; tu crois qu'il t'écoute ; 
je t'en fiche ! il est sorti. » 

— ÊTRE DISTRAIT, nannelon- 
ner. Piquer l'étrangère. 

DIVAGATION. Focardise, Loufo- 
quei'ie. V. Aberration. 

DIVAGUER. La perdre (s.-ent. La 
Boule, la Raison). 



« — Moi, me remettre avec Amao- 
dine. Mais, mon vieux, tu la perds. » 

DIVERTIR. Faire marer ou mar- 
rer, 

— SE DIVERTIR. lUgoter, Se 
marrer. V. S'amuser. 

DIVORCE. Dêsentiflage". 

DIVORCER. Se déscnti/ter\ 

DIVULGUER. DMner le flanche 
ou le truc, 

DIX. Lixdré ou Lidré, V. Jargon. 

DOCTEUR. Mire, Sonde. V. Mé- 
decin. 

DOGUE. Boule. V. Chien. 

DOIGT. Apôtre, Fourchette, Mou- 
choir ou peigne du père Adam, 
Ognelot, Osselet, Ping leur, Sar- 
dine. V. Caresse, Coup, OrteiL 

— DOIGTS GROS ET COURTS. 

fiowiins, Chipolatas. 

— DOIGTS LONGS ETMAIGRES. 

iSalsifis. 

» 11 se mouche avec le mouchoir du 
pure Adam. » 

DOMESTIQUE. Larbin, Lapin d£ 
couloir, Torchcpot. V. Serviteur, 
Valet. 

DOMICILE. V. Chambre, Loge- 
ment. 

— SA\S DOMICILE. A la cloche. 

C'est qu* ça yest! Me y'\\\-z-à la cloche \... 
... Ht d'maiii j' rends compte d'mon mandat; 
Ben, mon soûlaud. . j' vas rater l' coclie !... 
... puiens...j' m"en fo«js. . J'vas chezAmanda, 
Moi aussi j profile d' la tn^ve : 
Un' dt-ux!... Alions-y, moo colon. 
Par le flanc droit !... J' me fous eu grève 
Et j'fais mon discours au salon. 
(A. B. Les Souloloques d'Honoré Constant.) 

DOMIXO. (Jeu.) Mathurin plat. 
V. Dé. 

DOMMAGE. V. Avarie. 



DON 



— 166 — 



DOU 



DOVnVER. Abouleff AUongei', Col- 
ler, Coquer, Envoyer, Filer, Flan- 
quer, Foncer, Fouquer*, Foutre, 
Frusquer, Rafiler, Refiler, 

Pègre» et barbota, aboules des pépeltes. 
Âboulex tous des ronds ou des liquottes. 
Dm >rieux grimpa os, brichelon ou arlequins. 
{U Cri du Peuple.) 

« Il avait promis aux poteaux de leur 
allonger à chacun un linve; mais 
quand il a fallu aller au r'fil, i's s* 
■ont grattés. » 

« ils vont faire la queue chez les 
ratichons qui leur collent à chacun 
un bon de pain. » 

Dedpuis qu*a n'a pus ses couleurs, 
Personn* ne vient y j'icr des fleurs : 
On dit qu'y ont foutu un tertre, 
A HÔnlmerlre. 

Et si lézig tient à sa boulo, 
Fonce ta largue, et qu'elle abonle 
Sans limace nous camhrouser. 

(J. RiCHBPIN.) 

11 ehnntc en comptant la galette 
One lui refile sa moitié. 

(L. DE Bercy.) 

n lui file une tourlousine 

Sur le tournant, sans s'égnanler. 

ao.) 

DORER. Dorancher, Joncher \ 

Grinchis frusques brodanchés, 
Poisse broquants dorancMs. 

• {Vmlle choMon argotique.) 

IMREUR. Dorancheur, 

DORLOTER. Chouter, Mamourer. 
V. Cajoler, Caresser. 

DORMEUR. Marmotte, Pionceur, 
Motq>ill€ur. 

« C'est pas un homme, c'est une 
marmotte, un roupilleur comme il 
B*y en a pas. » 

« — lié, là I le pioncew\ quand vous 
aurez fini de ronfler! » 

DORMIR. Casser sa canne ou son 
pif. Faire un ou son michaud, 
Pioneer, Piquer un ou son chien, 
un somme, une romance. Réciter 
la prière de Saint-Lâche, Ripiou- 
ter^ Roufionner, Roupiller, Schlof- 



fer. Se payer ou s'offrir un coup 
ou unepartie de traversin. Souffler 
sur ses clairs. Taper de VœiL 

H — J'ai un sommeil!... Je ne sais ce 
que je donnerais pour pioncer seu- 
lement un petit moment. 

— Eh bien, pîoncel » 

(J. Marki.) 

Nous piquons des somm's franco-russes 
Et nous disons merde aux bourgeois. 

(P. Paillette.) 

Aa lieu d' descendre et d* turbiner 
A pass' son temps à roufionner. 

'< Et moi qui veille pendant que toute 
ma ménagerie roupille, moi qui ne 
sais souvent pas la veille au soir 
comment je nourrirai, le lendemain, 
mes chevaux, mes botes et mes 
gens... » 

(Michel Paovixs.) 

« Pendant que le mari et les gosses 
tapent de l'œil, la pauvre fenmie 
tire Taiguille. » 

— FEINDRE DE DORMIR. Pion- 
eer, ronfler à cri ou en gen- 
dai*me. 

— DORMIR EN MARCHANT. 

Sorguer à la paire. V. Coucher. 

— DORMIR EN PLEIN AIR. 

Faire le ou son lézard, Manger 
la ou une soupe à l'herbe, 
Prendre un bain de lézard. 

DOS. Andosse ou mieux Endosse 
ou les endosses., Humilié, Rdpe 
(corruption de Bàble). 

« Quand aile a chanté, j'ai eu un 
frisson qui m'a choppé toute la 
tronche et qui m'a descendu V long 
des endosses que j'en vo\'nis pus 

t • ar * 

clair. » 

« r s'est collé l'armoire su' 1* râpe et 
il l'a montée jusqu'à la carrée. » 

DOUANIER. Ca^u/a(Qu'astu-Ià?), 
Gabelou, Requin ou Rat d'eau, 

DOUBLE. Froc \ 

DOUBLÉ. (Bijouterie.) Moche, Toc. 



DOU 



— 167 — 



DUP 



DOUCEMEiXT. A la douce, A la 
papa, C ho nia, Chouya-chouya, En 
douce, En pénard. En sondeur. En 
tirlife, Piane-piane, 

«« C'est embêtant de marcher ainsi à 
la douce. EnÛn, nous v'ià arrivés. » 

((jUBO.I.) 

• Toujours quelque rclanlataire se 
présentait, enjambait le banc et 
creusait tant bien ({ue mal son 
Irou entre deux corps, quitte à sou- 
lever autour de soi des protesta- 
tions féroces : 

— Ah! ben non, en voilà assez I 

— Chouynl chouyal 

— Enlevez-le! » 

^(î. Col'RrSI.IMI.) 

DOUTE, (rourance, 

« — Quoi qu'y a?... Francis ta fait 
une vacherie... T'avais donc pas la 
gow'once que ça t'arriv'rait un jour 
ou l'aute? » 

DOUTER. Se gourer. 

« Tu devais bien te gourer qu'il ne 
rappliquerait pas par ce temps-là. o 

— JE DOUTE de ce que tu 
avances. Que tu dis ! 

• — Il doit gagner cinq cents francs 
par mois. 

— Que lu dis! >» 

DOUX. Tractis \ 
DOUZAI^'E. Année, Menée \ 
DRAGOX. Citrouillard, V. Soldat. 
DRAGUE. Marie-Salope. 

« La Seine fait vivre bien d'autres 

Sens encore que les marins d'eau 
ouce. Ce sont les lessiveuses qui 
battent à coups redoublés le linge, 
que Teau gonfle. Ce sont les rava- 
geurs de la Seine, ces chiffonniers 
du fleuve qui butinent sur les dé- 
bris tirés de la vase. Ce sont les 
dragueurs et leurs bruyantes ma- 
chines qui nettoient le fond, ramas- 
sent la boue et que le peuple 
surnomme des marie-salope. » 

(Paol Alexis.) 

DRAME. Mélo (Apoc. de Mélo- 
drame}. 



« Mélo, c'est un mélo, un mélodrame 
pour de bon, soigneusement cui- 
siné. »» 

[\{, BAUEfl.) 

DRAP DE LIT. Cimetv^re ou hos- 
pice des Enfants perdus, Drapeau, 
Empaffe, Empave, Liman*, Lin- 
ceul\ Torchon. 

« Ça rappelait la cité Jeannc-d'Arc 
avec la piauléc de mioches bnrbot- 
tant comme des cannrds dans un 
ruisseau puant, les drapeaux pleins 
de pisse et de mouscaille séchant 
aux fenêtres sans rideaux... » 

« — Tut' figures-t-y que j' vas chana- 
tiquor mes em}KifJ'es à chaque fois 
qu' j'amène une poule? Allons, 
colle ta bidoche dnns V torchm, et 
boucle-la un peu. » 

DROITE (A). Vane (mot conven- 
tionnel en usage rlioz les bon- 
iietciirs). 

DROLE, adj. Chnmpctre, Champi- 
gnol, Rigottillard. V. Amasant. 

DROLE, subs. Fripouillard, Gala* 
piat. V. Canaille. 

DROLESSE. Grenouille, Morue, 
Tortue. V. Prostitaée. 

DUEL. Déjeuner à la fourchette. 
(Ne se dit que du duel à Tarme 
blanche.) 

— OBLIGER QUELQU'U.X \ UN 
DUEL. Le mener pisser. 

DUPE. Arvé, Bige\ Digeois\ Bi- 
geot *, Bœuf.Bon, Bonard, Caillou, 
Cave, Cliem, Daim, Dindon, Far- 
fouillard. Girondin, Gogo, Goujon, 
Long *, Messière *, Méziùre, Michet, 
Mikel, Monsieur le Bon, Save, 
Navet, Navrillard, Navrille, Na- 
vriot. Panais, Pante, Pantrc, Pi- 
geon, Poire, Poireau, Ponte, Sinve, 
Vert, et tous autres termes si 
gniliant Béte, Naïf. 

J'en ai soupe du p'iit voyage ; 
J'y Tas encore «l'mon lin*é« 
J'Huis Monaieur l'bon, A/onsiew Cave,., 
C'est moi qui paume à chaqu' trflyage. 

(A. B.) 



DUP 



— 168 — 



DUP 



Quand la marmite allô est su' 1' tai« 
C'est pour son marlou qu'a trimarde : 
Qu'a soy' lirond'géme ou toquarde. 
Faut qii' aile étrenne ou gare aui las ; 
Et dame ! a choisit pas sa gueule... 
Quand mêm* qu'il aurait uo bubon... 
L' premier qui veut quand aile est meule... 
C'est Monsieur V bon. 

(ID.) 

«t Dès que j'aperçois une bonne poire^ 
un individu qui m'a l'air d'être un 
gogo, jMcoute soigneusement la 
destination pour laquelle il prend 
8on billet. » 

(GOBON.) 

« Les camelots sont là, étudiant les 
acheteurs et guettant l'occasion de 
faire un caillou, Uu caillou^ c'est un 
naïf qui se décide à pousser son 

f^rix et se voit aussitôt adjuger 
'objet. » 

(COFFIUNO:*.} 

u — Je suis de Tautre bateau, je ne 
suis pas un navet^ une poire et je 
ne veux pas être arrangé, même par 
les grandes idées. » 

(P. Failletti.) 

« 11 y a un mot terrible, l'excuse du 
corrompu qui court Tusine, qu'on 
échauffe dans les tripots, qui monte 
dans les mansardes et qui pétrifie 
les cœurs : c'est assez faire le panle, 
rimbécile, le souffre-douleur, le 
forçat! Jouissons! « 

(K. CuAUTiftRI.) 

Grftce au ciel ! De Venise on règle les aiïaircs. 
Bt, naturellement, le Français est le btruf. 

(J. RiCHÀBD.) 

Le chifn, la maîtresse ctl'amaat 
S'en vont tons 'es troi^èrement 

Et haut le ventre, 
A la conquôte de celui 
Qui sera ce soir le mari. 

Disons le pantre. 
{Chanson du Père Lunette,) 

— DUPE QU'ON BERNE CONS- 
TAMMENT. Bon jusqu*au tro- 
gnon. 

»» — Tu le feras couper dans tout ce 
que tu voudras : il est bon jusqu'au 
trognon, » 

DUPÉ. Baise, Chocolat^ Dans le dos, 
le lac, le seau ou siau^De larevue. 



« QuU* proute ou qu'i* chambarde tout 
r fourbi, r peupe, i' s'ra toujours 
chocolat, » 

« — Ne t'enGle jamais dans cette- 
combinaison-Ià; tu serais dans le 
seau, » 

« — Et ton affaire avec Flamboteau?^ 
— Il m*a fichu dedans, je suis de la" 
revue. » 

DUPER Arrangcmann (invar.)^ 
A franger, Argoter"^ A voir, Baiser, 
Beffler, Carotter, tarer. Dindon- 
ner. Empaler, Empiler, Enfiler, 
Enfoncei\ Estamper, Goujonner ^ 
Jobarder, Le mettre à, Lever, Pi- 
geonner, Roustir, 

« Avec ces gas-Ià, on est toujours 
arràng'mann; s'i's n' vous ont pas 
d'entrée, i's vous baisent un jour ou 
l'autre. » 

(( Il est vrai que ce partisan dévoué 
du bonheur du peuple avait corn* 
mencé par estamper ses cama- 
rades. » 

(GOBON.) 

« Là, ils ne tardèrent pas à apprendre 
que le camarade qui avait joué le 
personnage de \idocq Venfuncé 
était Vidocq Yen fonceur, i» 

(Ed. Mabio kt L. Launay.) 

Les gasi v'ià Bibi Chopin, 
Dont qu' ma Trangine est 1' pépia! 
Ya pas d' pétard qu'on VempiU. 

(Hioi CHori?!.) 

L'électeur e<t bizarre 
Et do plus en plus rare, 
Môssieu le député! 
On peut bien /e lui mettre. 
Mais non le lui remettre. 
Voilà lu vérité. 

(Raocl Pokcuu^.) 

DUPERIE. Carotte, Empilage, 
Enfilage, Estampage, Estampe, 
Roustissure. V. Tromperie. 

DUPEUR. Arrangeur, Beffeur, 
Beffleur, Carottier, Empileur, En- 
fileur. Estampeur, Roustisseur, 
Tombeur. 



— En parlant des personnes 



Vache. V. iotoritairc, Mé- 
chant. 

DL'RETË. Fig. Vacherie. 

DYNAUITE. La bavarde. 



t 



•»^- 



p 



<• 







EAV.Agoua,Agotil',Anee',Anse', 
j; AnUelle, raltifia oii tirop ite bar- 
_ bWon, de goujon, de grenouille. 
Souillon, Bouillon de canard, Clid- 
leau-la- Pompe, Flotte, Goua, Jus, 
Lagout', Lance, Lancequine, Liins- 
gue,Laiisiiuine,Limonmle,Litartie, 
Plaie, Pousse-Moulm, Sirop île pt' 
rapluie. Voie, Vasineltc, ^'allare. 



l'aniselle de tarbillon. i 



■ pu» de goua daoB n 






UiDi r boailUn. 
« — y nvnit de» moraquim'onlsçpe- 
tée puur un roiirbï, t\\i"\\a disaient 
que c'éltiit un velours.-. ¥ s'agis- 
snit lie i^lUaer un uincchaMe au Til 
(le In hiiisqar. On devait avoir l'«ir 
de Taire tratii|uillemeol la noce- Je 

(LoLiii MicHii..] 
" — Qu'eat-ceque jevaisfaire avecun 

enrani et un pnquel. dana Auteuîl, 

par une pluie pareilleî 
— Olif pour un peu de lansguine... 

Vous tondre/ pas, niiez! " 

(J. U.R-.j 

■ J'en mouille pas pour la limonade\... 



EAU 



— 172 — 



TAU 



mettre du sirop de parapluie dans 
ma bleue, pourTablmer? Jamais! » 

« J'avais projeté d'organiser un char- 
aquarium avec de l'eau; oui! du 
sirop (V grenouilles pour de bon. »> 

(TnOBLOT.) 

Après ramoor, Irë» dêcemniCDl, 
J^nelloi' FéiU dans d* la wallaee. 

(P. Faillbttb.) 

AU! ben, nom de Dieu ! Mine' d'occase ! 
Four piquer dans 1' jus de c' Icmps-ci, 
Faut aimer s'enfîler d' la vase ! 

(Blédort.) 

— BOIIiE DE L'EAU. Grenouiller^ 

EAU-DE-VIE. Camphre, Casse- 
gueule. Casse -poitrine, Chien ou 
Sacré-chien, Chnick, Consolation, 
Cric, Crick, Crik, Crique, Dur, 
EuU'd'af, d'affon d'affe, Élixir de 
hussard. Fil, Fil-en-quatre, Paf, 
Paff, Pétrole, Poivre, Possédé*, 
liaide, Rude, Schnaps, Schnick, 
Train\THpoli, Victoire*, Vitriol. 

« La vieille assurait qu'elle mourrait 
le jour où elle serait privée de son 
verre de camphre quotidien. » 

K Cette boutique est meublée de deux 
comptoirs en étain où se débitent 
du vin, de l'eau-de-vie et toute 
cette innombrable famille d'abru- 
tissants que le peuple a nommés, 
dans son énergique langage, du 
Casse-poitrine. » 

(Privât d Anglemont ) 

« Vous nous râperez le gosier avec 
le trois-six et le sacré-chien dans 
toute sa pureté. » 

(TllÉUPHII.E Gal'tisr.) 

« Bon, il entre dans le débit de con- 
sotationl » 

(K. Sue.) 

« Elle, l'ancienne reine du Vieux- 
Ch(^ne, boire des douceurs I Pour 

aui la prenait-on? C'est du vitriol, 
u pétrole^ du poivre qu'il lui fallait. 
Ah! nom de D..., on n'était plus 
jeune, c'était vrai, mais n'empAcnait 
qu'on en pinçait pour le raitle et 
qu'un bon coup de aur faisait encore 
plaisir. »> 

Du r'garJ y fascine un' pantome; 
Dommage qu'y iich' par trop d'eau (Ta/f. 



Et quand y rapplique à la turne 

Y soit les trois quarls du temps pafT. 

(A. GiLL.) 

— Sans Tou» commander, nol* Toisin, 
l.àcliez-nous, s'il vous plaft, chopine 
Ht paf ^ en magnièr' deau divine... 

(J. Vad*.) 

a Quand elle rentra au lo^s, elle 
tenait à peine sur ses quilles. Sa 
mère, éberluée, l'apostropha : 
« Comment, salope, est-il Dieu 
possible ! Tu as donc liché? Tu a» 
donc bu du pafft » 

[Let Joyeusetés du régiment.) 

« Le « petit sou » est, à Rouen, la 
consommation que l'on nomme 
dans le Nord la bistouille et qui se 
compose d'eau de marc de café addi- 
tionnée d'un ou deux centilitres de 

fit. .► 

(H. Bard«.) 

^ Allons, Auguste, un petit verre de 
fil-en-quatre, histoire de se velouter 
et de se rebomber le torse. » 

(Th. Gautirr.) 

« Et, mon Dieu, le schnnps de l'ou- 
vrier n'est guère plus pernicieux 
que la fine du coulissier; celui-ci 
peut se priver ou payer cher, sans 
mconvénient, son alcool, tandis 
qu'à celui-là le verre de schnick du 
matin est presque nécessaire par 
les jours débrouillard et de froid. •> 
{Le Cri du Peuple.) 

« — As- tu soif? Un coup de tripoli, 
dit le lancier. *> 

(G. d'EsparrIcs.) 



— EAU-DE-VIE 

Blanche. 



BLAXCHB. 



« Il n'y avait pas à tortiller I Et je 
dus me résoudre, comme les 
« anciens », à m'ingurgiter mon 
quart de blanche. » 

— EAU-DE-VIE JAUNE. Jaune 
(des deux genres). 

Lapin Blanc, que me vpux-tu? 
Avec ton jaune et ton camphre 
Tu déranges ma vertu. 

{Le iMpin Blanc.) 

— EAU-DE-VIE SUPÊRIEURK. 

Fine. 



EAU 



— 173 — 



ÉBA 



Poorva qa'un cœur batt* sous la Ycste, 
Je donne à tous fine et vin blanc 
Et même i l'occasion le reste. 

{La Cantinière du iO:) 

— EAU-DK-VIK TRÈS INFÉ- 
RIEURE. Coco, HiquiquL 

C'est pas du cric qu*r nous donne 
là! C'est du coco, du riquiquil » 

— EAU-DE-VIE DE COGNAC. 

Cogne (apoc), Cogneji (s'em- 
ploient, par extension, pour 
toutes les eaux-de-vie). 



— EAU-DE-VIE 

Calvados. 



DE CIDRE. 



% Et maintenant, ils entouraient la 
vieille de soins; ils lui faisaient 
boire des remèdes. Kicn n'était 
assez bon : le pot-au-feu, le calva- 
dos à rasades I « 

(HotiCES Li Roui.; 

— VERRE D'KAU-DE-VIK. 

Avoine, Lampion ', Lavement au 
we/re pilé. 

M 11 rt-^gala le brigadier d'une avoine 
à la cantine et lui promit de lui 
rapporter un paquet de tabac d'of- 
ficier. M 

•< On y servait encore l'alcool dans 
ce» verres sans pied, rendus inver- 
sables par l'épaisseur et le poids 
du fona, et que les vieux poivrots 
appelaient des lampions*. » 

« Chaque matin, avant de monter à 
cheval, nous nous flanquions un 
fort lavement au verre pilé pour 
nous donner de l'assiette. » 

{Les Joyeuse té s du régiment.) 

— PETIT VERRE D'EAU-DE- 
VIE A 10^ Veilleuse. 



— Viens-tu 
veilleuse 'f » 



au bar éteindre une 



— CANON D'EAU-DE-VIE. Poli- 
chinelle '. 

— PETITE QUANTITÉ D'EAU- 
DE-VIE après le cîife. lia/llure. 
Rincette, lUncinelle, liinçon- 
netle, Surrincelte. 

Toujours après son café, le capi- 
taine se versait la rincetle et la 
surrincelte. » 

{Le Petit Parisien.) 



« Allons, marne Michu, une petite 
rinçonnettef Ça fera descendre 
votre café. » 

— MÉLANGE D'EAU-DE-VIE 
ET DE CAFÉ. Uistouille, Cham- 
poreau. 

« Il faut ajouter que le champoreau 
tel que le prennent actuellement 
les soldats et les colons d'Afrique 
n'pst pas le m«*>me que celui de 
l'officier qui lui donna son nom et 
où l'eau-de-vie étîiit remplacée par 
l'absinthe. » 

(ilicToa Kha>cb.) 

— KOI RE DE L'EAU-DE-VIE. 

.Se camplircr, Schniker. 

« La vieille se cantphrait dès l'aurore 
et, ({uand arrivait huit heures du 
matin, elle était ivre à rouler. >* 

(E. Dout's.) 

'< — Encore de Veau d'afl tu penses 
donc qu'à schmkcr'^ » 

— BUVEUR DEAU-DE-VIE. 

Camphrier, Schnikeur. 

a — Ta mère est à la broche, le 

diable la retourne : entends-tu, 

vieux camphrier, avec ta voix 

enrhumée. » 

[Xouveau Catéchisme poissard.) 

a Le père Chopin était un vieux 
schnikeur, il avait un faible pour la 
blanche. » 

— SATURÉ D'EAU-DE-VIE. 

Camphré. 

'» Dis donc, avec ton f^'osier camphré^ 
tu fais bien des embarras! »» 

{îVouvcau Catéchisme poissard. ) 

— DÉBIT D'EAU-DE-VIE. Cam- 
phrier. 

Le camphrier est un sale débit de 
liqueurs atroces. » 

(Ca6TILIX)I(.) 

ÉBAHI, ÉBAUBI. Abafuinté,.\ba- 
lobéf Baba (invar.), Babahissant. 

'( Quand la boune femme lui a fichu 
son sac, il s'y attendait si peu qu'il 
en est resté aba/ointé. » 

H Quel potin ! j'en suis encore tout 

1 abalobél *> 



ÉBÉ 



— 174 — 



Écn 



a Vous m'objecterez que ce serait la 
première fois, depuis vingt ans, 
quils s'occuperaient sérieusement 
au pauvre monde et que nous en 
resterions tous baba. » 

(Fhamçois Cuppéb.) 

— ÊTRE ÊBA11I ou ÉBAUBI. 

En baver. En roter ^ En être ou 
en rester oaba^ blfu^ mort^ occis, 
tuéj de dUàj d'ià, comme une 
tourte^ comme une tomate^ N''en 
pas revenir. V. Ahuri. 

n V soir, Julot y a dit qu' Méloche 
avait fait patatro. Il en bavait^ 
Mimile, i^ saignait. » 

« Ah I on n^a pas eu besoin de dégar- 
nir le salon pour m'opérer. Il l'a 
été, dégarni ! Les aides du chirur- 
gien en étaient bleus, paratt-il... » 

(J. Marni.) 

...César est occ/xquandj' raisTcoup dTablution 
En sortant d' cuire aux aromatos. 

(I*. l'jllU.ETTI.) 

pn m'avait dit que Taméla 
Était plutôt légiTiiient plate ; 
Maii quand j' la ws, j'en restai d' là, 
Comme un' tomate. 

ÉBÉXISTE. Pot-à'Colle. 

a On ne peut plus blesser les menui- 
siers qu'en leur donnant le sobri- 
quet de pot'à'Colie. » 

(H. Ilozi.) 

ÉBLOUIR. Faire à Vinflaence. 

« A veut nous faire à Vinfluence avec 
son doulosse à panache et ses 
diames plein les pognes. » 

— ÊTRE ÉBLOUI. N*y plus voir 
que dalle, que gnienle, que peau, 
que pouic (indistinct.). 

ÉBLOl ISSAXT. V. Beau. 

ÉBRIÉTÉ. V. Ivresse. 

ÉGALER. Ècafotcr, Écafouillev 
(formes patoises du verbe Ecafer) . 

ÉCARTER. Fig. Balancer, Balans- 
tiquer, Envoyer au 6ai/i, ci Darhe, 
à dingue, aux p lûtes, à la balan- 
çoire. Envoyer baigner ou chier^ 
etc. V. Promener. 



— ÉCARTER LES JAMBES. 

Ginguer, 

— S^ÉCARTER. Donner à gauche, 

ECCLÉSIASTIQUE, subs. Rati- 
chon. V. Prêtre. 

ÉCHAFAUD. Abbaye de Monte-à- 
Regret. V. Guillotine. 

ÉCHAFAUDAGE. Casse-gueule. 

« Il avait soupe d' grimper su' des 
cass' -gueules pour servir les li- 
pettes. » 

ÉCIIAXGE au.\ilns d'escroquerie. 
Foulainte* . 

ÉCIIAXGER. Biguer. 

ÉCHAPPER. S'6s6t(;ner, Se trotter. 
V. S'enfuir. 

ÉCHARDE. Êcharpe (corrupt.). 

rf 11 s'est enfoncé une écharpe sou» 
Tongle, c'est très dangereux. » 

ÉCHARPE. SouS'Ventriére. 

« On cst-y pus unrida pa'c' qu'un 
gonce qu'a eune sous-ventrière tri- 
colore vous aura boni des trucs à 
la noix dont (|u'i' s' fout comme de 
sa première liquette ? >» 

— PERSONNE PORTANT UNE 
ÉCHARPE. Écharpé. 

ÉCHAUFFOURÉE. V. Bagarre. 

ÉCHEC. Bouchon, Blackboulage, 
Bûche, Gamelle, Savel, Pelle, Pipe, 
Pipette, Piquette, Sauvelte, Tape, 
Vf?s/e.S'emploienlordinairoment. 
comme régime des verbes Pren- 
dre, Ramasser el Uemporler. 

c — T'as déjà ramassé un bouchon 
avec la Sardine et tu r'bilT à y faire 
du plat?... C'est la bûche, que j' te 
dis, c'est la bùchtl » 

« l's s'avaient dit que V gas s'rait 
bon : i'sl' prenaient pour un liallot; 
mais il l'avait pas putôl ouverte 
qu'il a fallu qu'i's ren^'racient. l's 
ont tous pris la. piquette. » 



ÉCH 



— 175 — 



ECO 



« Procureurs, instructeurs, Chambre 
des luises en accusation, l^cxcelient 
M. Aleyer, Texcellent M. Le Poitte- 
TÎn, ont ramassé ce que M. de 
Lamoignon n'aurait pas dénommé 
tapes — quoique c'en soient pour- 
tant dfr belles. » 

(SivbRINR.) 

« Il se préseuta à Tcxamen, certain 
d'avance qu*il allait au-devant d'un 
àiackbovlage, » 

Ta t'ofTrir, chausiettc inlldùle. 
A Titiue comme ù DMi'Ie ! 
Sera-ce un »uccôs? une pelle'! 

(P. l'AlIXtrTb., 

tt — N'essaie pas de ferrer du côte de 
la Margot, t'es sûr d'avance de 
prendre la pipe. ^ 

« 11 a voulu y faire avec le grand 
Nénesse, mais l'autre l'a enluré 
d'entrée. Tu penses, c'était couru : 
avec un gonce comme <;ui-ia, i' 
d'vait ramasser la sauvette. >» 

ÉCHELLE. Banéc, Eacahriinfe, 
Lhe-pieds, Montante, Pasie-van- 
tcnie, 

« — On ne pourra pas grimper sur 
le faite sans montante^ dit le com- 
pagnon. » 

ÉCHINE. Mbe, Ilâpe. V. Dos. 

ÉCHLXER (S'). S'esquinter. 

« A quoi qu' ça sert de s'esquinter 
pour des gonces qui s' payent vol' 
poire? ■> 

ÉCUOrEEt. Ramosaer ou prendre 
un bouchon y etc. V. Échec. 

ÉCLABOUSSER. Entbou^caillcr, 
Emmouni'aiUcr. 

•c II avait été en bécane par ce temps- 
là? Hen, il devait rien «Hrc embous- 
caillé, » 

ÉCLAIRER. luer\ 

ÉCLAT. Pétard, Raffut. V. Scan- 
dale. 

— FAinE L'X feCLAT. Mettre les 
pieds dans le plat. 

ÉCOLE, hahui, Bazar, Boite. 



«J'ai gardé bien des souvenirs du 
bahntf quelques-uns agréables et 
joyeux... » 

(llrcTon Fbanci.) 

« On distribue la p&tce intellectuelle 
sans s'inquiéter de ceux qui la di- 
gèrent, avec le seul désir d'amener 
le plus grand nombre de gavés h. 
décrocher la prime, c'est-à-dire le 
diplôme, l'estampille officielle mise 
sur tous ces produits de bazarl »• 

(MiCIU.L PboVIIIS.; 

«« — (l'est la fin des vacances, il va 
falloir rentrer à la hotte. » 

— f:<:oLE cKlXTRalu des ArU 
et manufactures. Centrale. 

•1 Les éK'Vcs de Centrale donneront 
cette année leur revue au théâtre 
Beaumarchais. » 

(^i7 Btaii.) 

— ÉCOLK POLYTKCIIXIQUK. 

Pipa, X. 

« L'nr^'ot d..* Pipo a été Imité d'une 
façon très consciencieuse pai 
M.M. Albert Lévy et (i. Pinet dans 
leur étude : l'Ar^uot tie VX. » 
•: Itrvue hiUingraphiqtip.) 

— ÉCOLK SPÉCIALK MILI- 
TAI KK de Saint-Cyr. Bahut 
spécial^ La Corniche. 

— ÉCOLK MIMTAinK DAP- 
PLICATIOX do Fontaine- 
bleau. Bleau (aphérèsei. 

— ÉCOLK MILITAI KM de L.i 

Fléi:hc. Hrutium. 

n Je n'ai pas revu le Urutium depuis 
ma sortie... On n'y condamne plus 
un bataillon entier au pi<|uet en 
des matint^cs glacées d'hiver. - 

(IbcTuH Fha.^ck.) 

— ÉCOLE KAVALK. Bordache. 

— ÉCOLE PRÉPARATOIRE AV 

BXCAlMsWntXT. Bachot, Boite 
à bachot. 

— ÉCOLE PRÉPARATOIRE 
AUX ÉCOLES SPÉCIALES. 

Tnupinù}re. 

ÉCOLIER. Bahiitien, Potnrhe, Po- 
tachien, V. Collégien, Élève. 



ECO 



— 176 — 



ÉGR 



ÉCONDUIRE. y. Chasser, Pro- 
mener. 

ÉCONOME. Épargneur, 

« C^est pas un avare, mais c^est on 
épargneur qui met tout son pognon 
à la carre. >» 

ÉCONOMIE. Bas de laine, Cave, 
Careitej Carre. 

« Le malheur c'est que le Panama a 
surtout ruiné la petite épargne, 
englouti une grande partie des 
économies du petit commerce et 
dévoré le bas de laine de nombre 
de modestes cultivateurs. »> 

{La Nation.) 

M Un coup qu'il a été chipé, il a bou- 
lotte toute sa carre avec la grande 
Agathe. » 

^ FAIRE DES ÉCONOMIES. 

Faire sa care^ sa carelle^ Mettre 
à gauche. Mettre à la care. 

<t Avec tout Taubert qu'il pouvait 
mettre à gauche, V s'rait aujord*hui 
tout c* qu*i' y a d' gandin. » 

ÉCORCHER. Dépiauter. 

« Il ne faut pas qu'il fasse le malin, 
on le dépiautera comme un lapin. » 

ÉCOT. Fade. 

« On irait tous ensemble à la rigo- 
lade, mais on raquerait chacun 
son fade. » 

— PAYER CHACUN SON ÉCOT. 

Faire une anglaise, Fader, Fat- 
inucher. 

*i On décida de faire une anglaise 
pour payer à déjeuner au cama- 
rade; de cette façon, la collectivité 
du secours en réduirait à rien le 
sacrifice. » 

{Le Mot d'ordre.) 

« Et celui-ci, gouailla brusquement 
Demi-Siphon en me désignant du 
doicl, fade-t'ïl avec nous? >» 

'^ (R. Maubboy.) 

« — Tu falmuches avec nous pour un 
kil? » 

ÉCOULEMENT. Dégoulinage. 



« Par les nuits de mauvais temps, il 
fallait tendre des loques au-dessus 
du lit afin de s'abriter contre le 
dégoulinage des eaux de pluie. • 

ÉCOUTER. Esgourder, hocher. 
Piger, Se débrider Vesgourde ou 
les loches, les cliquettes. 

« — Ton conférencier, i' s'y connaît, 
r va comme ça, en pénard, sans 
s'cousse, comme chez lui, et on 
esgourde quand m^me. » 

« — Qu*est-c' c[u'i' s' passe dans la 
tôle au Frisé? Loche un peu, 
Mélie. w 

o — Débride tes cliquettes, v'ià la 
musique qui commence. » 

« — Pigez-moï ce vstcarme de per- 
ruchêd ; on se croirait chez Mme de 
Perdriavet. w 

{iUkV LORBAIK.) 

ÉCRASER. Écafouiller, Ècarbouil- 
1er, Écrabouiller, Escacher ou 
Écacher, Escarbouiller, Escra-- 
touiller, Patafioler. 

Mais i' çliss' su' 1' sol mouillé, 

Cahin, caha 

Hu' diu ! Hop là ! 
Mais i* gliss' su' 1' sol mouillé. 
Crac ! il est escrabouilfé. 

(L. Xaioiof.) 

RoD, moi, j* veux qu' Satan m' patafiole 
Si, dans ces discours empruntés, 
On'a un mot qu'a l'air d'un traité. 
Aussi, j' crois Den qu'on s' foui d* ma fiole. 

(Jbhà.*« Kictds.) 

— ÉCRASER AVEC LES PIEDS. 

Piler. 

Et dans Fdris f;;orgé d' troupiers 
— Où faut ben que j'mèn' ma vadrouille — 
Gn'aura bcn vingt mciUons d' petsouillM 
Qui viendront m' ;>i7tfr les doigts d' pieds. 

(Id.) 

ÉCREVISSE CUITE. Cardinale. 

ÉCRIRE. Brodancher, Broder, Ca- 
pir*, Graillonner, Griffer, Parler 
papier, Triturer. 

« — Ça peut pas être moi qu'aie fait 
ce bilTeton-là, dit-il au substitut. 
Je ne sais pas broder, » 



&CR 



— 177 — 



ÉCR 



Si tu ea/ns* uae luagne, 
Brodanche en jars pour que le gas 
Qui les déboucle à la canipagae, 
En la frimant, n'entrare pas. 

« C*est lui qui parie papiei' pour moi 
à mon oncle. » 

(ViDOCii.) 

« — Triture un bilTton à ta dochc 
pour la sonner d'une thune ou 
deux. ■ 

— Dans largot des gens de 
lettres. Pisser de la copie y 
Pondre y Torcher. 

« Et dire qu'il y en a parmi nous nui 
86 résignent à pisser par jour clcà 
cinq cents lignes de copie pour 
arriver à se sustenter ! » 

(DOBUS.) 

m Vne de ces dames, qui vient de ter- 
miner son article, exécute une rou- 
lade retentissante. — Cette chère 
amie est comme les poules, fait 
remarquer une rédactrice : elle 
chante quand elle a pondu. » 

(JoirtviLLE.) 

« Et Ton fait des matchs littéraires : 
par exemple, à qui torchera le plus 
vite un sonnet iuipeccible. » 

{Les ï'-z-Arts.) 

— ÉCRIRE UNE LETTRE. Da- 

billarder. 

« — Si tu habUlardes au frangiu, 
dis-y bonjour pour toute la tierce. » 

ÉCRITOIKE. Copine \ 

ÉCRITURE. Broilage ou Brodan- 
chage. Cape *, Charihataye, 

m Quelle tronche qu'il aurait faite en 
dégottflint mon charibolage, » 

(0. Mftrib«iBB.) 

— ÉCRITURE SECRÈTE. Bro- 
dage à Vestorgue ou à V estoc, La 
cryptographie est fort en usage 
dans le monde des malfaiteurs ; 
ils emploient, comme les diplo- 
mates, le « chiffre », la «grille » 
et les o signes ». Le brodage à 
festorgue se fait donc de mille 
et mille façons. L'une des plus 
simples et qui otl're les plus 
nombreuses combinaisons est 



celle dont nous donnons ici ia 
clé. On trace d'abord un X puis 
deux lignes horizontales cou- 
pées de deux perpendiculaires; 
on obtient ainsi 13 cases dans 
lesquelles Talphabet est disposé 
alors, suivant des conveutions 
spéciales, deux lettres par deux 
lettres qui prennent dans l'é- 
criture secrt'te la forme de la 
case qui les renferme. Selon 
que cela aura été convenu, on 
mettra un point ou un acceut 
sur Tune des deux lettres, soit 
celle de droite ou celle de 
^'auche. Prenons la clé suivante 
en arrêtant (]ue la lettre de 
gauche sera surmontée d'un 
point : 




KO 


CP 


m 


(;t 


IIU 


IV 


KX 


LY 


MZ 



Si avec cette clé, ou toute autre 
analogue, on emploie l'argot 
jargonné selon les règles du lar- 
gonji, le secret devient triple- 
ment impénétrable. Exemple : 
« Donne-moi quarante francs » 
se dira en argot : File-moi deux 
ciguf's; en largonji : Lilfème 
loimir leudé ligcé (V. Jargon); 
ce qui donnera en cryptogra- 
phie : 

ne nor > nj e feu 

Le correspondant emploie pour 
ce genre d'écriture le papier 
quadrillé qui lui facilite l'exé- 
cution. 

— EMPLOYÉ AUX ÉCRI- 
TURES. Escrime (arg. mili- 
taire). 

ÉCRIVAIX. Dabillardeur, Brodan- 
cheiir^ DrodeWy Buveur ou chieur 
d'encre^ Cnpon*, Capou", FafiO' 
leur, GraffignouXy Griffcur, 

(1 II était ancien maître d'école ; et i' 
s'avait mis brodeur pour les bou« 

12 



ÉCR 



— ns — 



EFF 



niches et les lolos qu'avaient à ba- 
billarder dans leur pat'lin. » 

Ce que les Lenavet, les Panadard et 
les Petdeioup fournissent annuelle- 
ment à la société de bureaucrates, 
de nullités, de Meurs d'encre, 
comme on dit au régiment, de 
déclassés, de gens propres à tout, 
c'est-à-dire bons à rien, est incal- 
culaî)le. » 

(HxcTOK Francb.) 

— ÉCRIVAIN PUBLIC en 

échope. Brodancheur ou bro- 
deur en cage. 

— ÉCRIVAIN JOURNALISTE, 
HOMME DE LETTRES. Gen- 
delettrCf Pisseur de copie, 

H Nous assistons depuis 1810 à ce 
spectacle bizarre et facétieux d'une 
Assemblée formée d'une élite litté- 
raire où Ton veut bien s'avouer 
avocat, professeur, gradé de docto- 
rat et le reste, excepté littérateur ; 
ou, tranchons le mot : gendeleltie. » 

(Ê. Bebgerat.) 

— ÉCRIVAIN BANAL, OU sans 
talent. Clickeur^ Pompier, 

ÉCROUELLES. Bonbons anglais 
ou fondants f bonbons à liqueurs 
ou siinpi. Bonbons, Dragées ^ Fon- 
dants, 

• C'est comme ce truc qu'on dit qu' 
les rois guérissaient les bonbons à 
liqueurs; lu crois-l-y que j' coupe? » 

ECU. Escale, Chatte \ Grain\ Rou- 
gesme*f Rusquin*, 

n — J*ai raqué mon duc une escale et 
c'est pas chérot. » 

— QUART D'ECU. Caste de char- 
rue*. 

ÉCUELLE. CroUe \ Crone \ Crosle*, 
Saliveryne *, Saliveme *. 

ÉCUELLÉE. Crottée % Cronée\ 

ÉCURIE. Gailtoteri€y Gayotene ou 
Gaitlonnerie. 

ÉDREDON. Douillet. 



« — Voyez-vous ce monsieur, disait- 
elle moqueuse; il lui faut des 
couettes et un douillet ; boutez-lui 
aussi une bassinoire, parbleu ! et il 
ne cherchera plus femme pour 
chauffer sa couche en hiver. » 

EFFACER. En parlant des traces 
d'un vol : Brûler te péyriot. 

EFFÉMIXÉ. Chochotte, Peaufin, 
Peau fine, 

EFFET à payer. Papier à douleur, 

— FAIRE DE L'EFFET. Avoir 
du Jus, Faire ou Jeter de l'ai- 
mant, 

— EFFETS. FringueSj Frusques, 
V. Vêtement. 

EFFLAIVQUÉ. Désossé, t^auve-la- 
graisse, V. Maigre. 

EFFONDREMENT. V. Débâcle. 

EFFORT. Coup de cul. 

« — Allons, du nerf! encore un coup 
d* cul et nous y s'rons. » 

— FAIRE UN EFFORT. Souquer 
(arg. des marins). 

« — Allez, hol souquons ferme, les 
gas I La terre est proche. » 

— On dit d'un ivrogne qui 

tente en vain de se lever, 
qu'il Fait un appel du cul, 

« Il fit trois appels du cul et, déses- 
péré, retomba sur sa chaise en 
disant au cafetier : a Donnoz-moi 
encore une chartreuse,... j'atten- 
drai. » 

EFFRACTION. Cassage, Esguin- 
tement. Fric-frac, V. Vol, Voler, 
Volenr. 

EFFRAYER. Coquer, donner ou 
foutre le flubard, leftube, la frousse, 
te taf, le trac, ta trouille^ etc. 
V. Peur. 

EFFRONTÉ. Entrant \ 

EFFRONTÉMENT. A la tête du 
camp ou simpl. A ta tête. 



BFF 



— 179 — 



ÉGR 



« Sans 8*égnauler, V mec, i' vous sort 
ça â ia léU; tant pire pour causses 
qu*est pas contents. » 

EFFRONTERIE. Culot. V. Au- 
dace. 

• — Alors vous prétendez interdire 
aux gens de transporter certains 
colis, vousl Eh bien, vous ne man- 
quez pas de culol par exemple ! » 

((}. AUBIOL.) 

ÉGAL, de même valeur, de même 
qualité. Ki/, Kif-kif, V. Analogue. 

— ÇA M'RST ÉGAL. Ça m'est 
équiangie, équidislani^ équila- 
téraly équipoUent^ Ça m'est in- 
férieur. Ça mUndiffère, Je m'en 
fou*^ Je m'en tamponne ou l'e 
m'en bats l'œil, le coquillard, les 
flancs, f orbite. 

« Nièce ou cousine ou sœur, comme 
vous voudrez l'inlerpeller, ça m'est 
iquilatéml... Du moment que la 
particulière du curé n'est pas née 
Dative de la région administrée par 
voire serviteur, nous nous en bat- 
tons l'œil, militairement parlant. » 

(Hbctob Franck.) 

Critiquez, ne criliquez p»«... 
Pourvu qu'il Tas^e son alTaîre 
Et qu'à l'heure il ait «teii repas. 
Le reste ici-bas Vindi/fère. 

(Bbiollrt.) 

J* mijot* dans mon inHilTt'rence : 
Dites noir, dites rouiçe ou blanc. 
Moi, je n'dis rien — c'est bien plus franc; — 
Cries : Vît' le Roi! Vir' la France! 
Vir' la Prus«o! Engueulez- vous tous... 
J'm'en fout ! 

(P. Paii-litte.) 

ÉGARER. Involontairement : 
Paumer,\, Perdre. 

-t La môme chiallait comme une 
wallace d'avoir paumé son mor- 
lingue. » 



— Volontairement 
V. Abandonner. 



Semer. 



Comme les gonzesses commençaient 
à nous courir, on a pris par des 
rues qu'a connaissaient pas et on 
les a s'mées en fsant Tadja dar- 
dare. » 



ÉGAYER. Faire boyauter, qondoleVy 
rigoler, tordre, etc. V. S'amuser. 



— s'ÊGAYEa par 

S'émérillonner. 



la boisson. 



ÉGLISE. Antaffe, Anti/fc, Antifflc, 
Antenne, Cavée*, Chique", En- 
taffe, Enti/fe, Entiffle, Entonne, 
Petit bocson. Priante, Ratiche, 
Rampante, 

Au matin, quand nous nous IcTons, 
J'ainiR la croûte <ic parfond, 
Daus les autonnes trimardons 
Ou au crcui du cns pâlichons ! 

'./tonde argotique.) 

« Si tous les curés s' mctt' à dériper, 
faudra boucler les priantes. » 

'< La gueuse ne quittait pas le petit 
bocson. Matin, soir, on la voyait se 
pâmer devant les autels, jy;uignant 
de Tœil le curé et ses vicaires. • 

{Le» Propos du Commandeur .) 

— «K\S I^ÉGLISB. Vermine 
cV an tonne. 

ÉGOÏSME. Taupaye\ 

ÉGOÏSTE. Tatipier\ 

ÉGORGER. Faire un oolback. Faire 
au kik ou au kiki. Faire le coup 
du cornet, V. Gorge. 

«« Et, comme la viocjue poussait d' 
riiarmone, le Maflot l a faite au 
kiki. •» 

M L'assassin avait fait ce qu'on 
appelle le coup du cornet. Il avait 
égorgé les trois femmes avec une 
science de boucher. » 

(Gomo!<.) 

ÉGOUT. Forêt de Mont-Rubin \ 

ÉGOUTIERS (LES), La (/rosse 
cavalerie. 

ÉGRATlGiXER. Graffigner (argot 
des enfants, passé aujourd'hui 
dans la langue), Grigner. 

— S'ÊGRATIGNER. Se chaffou- 
rer. 

ÉGRATIGNURE. Gngne. 



ÉGR 



— 180 — 



ÉLÉ 



« Elle s'est mise en race et lui a fait 
des grignes plein la ugure. >• 

ÉGRILLARD. Corsé. 

« — Vous avez vu la revue des Varié- 
tés : elle est corsée^ hein? m 

ÉLÉGAIVCE. Chien, Copurchisme, 
Jus, PschiUierxe, Smart, Vlan, 
Zinc, 

a Les gommeux anglais vont adopter 
le bracelet. Ce sera bientôt le der- 
nier cri du copurchismt, » 

{La Nation.) 

« Voici, d'après un confrère, gi*and 
docteur es pschutterie, de quelle 
manière un homme à la mode doit 
être vêtu en Tan de gr&ce 84 .... >• 

(Albxanbbk Hepp.) 

c( Une toilette pourrie de zinc et per- 
sillée de chien. » 

(Aa Vie Parisienne.) 

« Si tu voyais ma nouvelle conquête; 
elle vous a un 71/sI Toilette épatante, 
chapeau épatarouflant signé Virotl 
Du dernier vlan, quoi ! * 

Sors-tu des créatures 
Dans de belles voitures 
D'un iMart élincelant? 
C'est que tu as des reDles 
En tous cas apparentes, 
Ou, que tu fais semblant... 

(Rauol ro>CBO.>.} 

ÉLÉGANT, adj. Ah, Bécarre, Chic, 
Fadard*, Fiscal*, Flambard', 
Galbenx, Gandin, ilurf, Juteux, 
Pschutt, Smart, Smartcux, Smar- 
tif, Snob, Urf, Vlan, X. V. Beau. 

« — Tes rien hurf aujourd'hui, tu 
vas donc à la noce? » 

y suis Juteux, irrésistible ! 
P\us Juteux n'est pus possible. 

« Ils trouvent, ces jeunes gens, qu'il 
est autrement pschutt d'aller pren- 
dre des glaces chez Latinville ou 
chez Gagé, jd 

Su' r boulvard 
Ils vont d'un pns flt'marJ 
Et trouvent ça très $mart. 

{lé. DB Bergt.) 

« On donne aujourd'hui la poignée 
de main en élevant le coude à hau- 



teur de l'épaule ; et l'on assure que* 
c'est très smartif, » 

Si tu veuB, prenons un fiacre 
Vert comme un chant de hautbois. 
Nous ferons le simulacre 
Des gens urf qui vont au Bois. 

(Laubb.tt Tailuade.) 

« — Vous savez bien, mon cher, qu'if 
n'y a plus que les commis qui por- 
tent le plastron empesé. Adoptez, 
donc la chemise molle ; c'est plus 
vlan et plus pratique. » 

— Les Saints-Cyriens disent 
Bahuté, 

— Subs. Les termes pour dési- 
gner les Élégants changent 
avec la mode. Nous les men- 
tionnons ici à titre de curio- 
sité, en les plaçant dans leur 
ordre chronologique ; Petit 
maître. Muguet, Houé, Mer- 
veilleux, Muscadin, Incroya- 
ble, Mirli/lor, Agréable, Lion, 
Lionceau, Luisant, Daim y 
Pommadin, Fionneur, Fleur 
des pois, Gant-jaune, Gandin, 
Cocodès, Col-cassé, Plastron- 
neur, Crevé, Petit crevé. Pois- 
seux, Gâteux, Gluant, Hui- 
leux, Psitt, Gommeux, Aminci, 
Boudiné, Petit Gras, Petit 
rerni, Vibrion, Grelotteux, 
Pur, Copwchic, Ah, Ha, Bé- 
carre, Genreux, Gilet à cœur. 
Vlan, Tchink, Tchock, Fin de 
siècle, Pin de globe, Gratiné, 
Pschutteux, Snob, Juteux, 
Smart, Smarteux, La fenime 
élégante, du monde de la 
galanterie, est appelée suc- 
cessivement : Petite maî- 
tresse, MeiTeilleuse, Mtisca- 
dine, Lionne, Biche, Cocotte, 
Cocodette, Crevette, Poisseuse, 
Huileuse, Gommeuse, Gen- 
reuse, Pschutteuse, Juteuse,. 
SmartcuscQlSnobinette. Cette 
dernière expression désigne 
également les précieuses de 
nos jours. 



ÉLÉ 



— 481 -- 



ÉLÉ 



Jeune, he^n^petU-maUre, il court de fleurs en 
Prenant et quittantles plus belles, [fleurs 

(La Fomtaimk.) 

"He voodriex-TOUs point, dis-je. sur ces matières 
4)e vos jeunes mugtiets m'iuspirer les manières? 

(MoLitHR.) 

'< Les muscadins ont étr remplacés 
par les incroyables, (l'était particu- 
lièrement à eux que les anarchistes 
révolutionnaires avaient déclaré 
une guerre d'extermination. Par- 
lait-on sans jurer, sans faire de 
solécismes, ou était un muscadin. 
Les femmes étaient aussi appelées 
muscadines lorsqu'elles ne sentaient 
paj l'ail ou l'eau-de-vie. »> 

(BtSCHIliKIXS.) 

« Ces favoris de la mode appelés 
roués 80U8 la Régence, merveilleux 
sous Louis XV, mirliflores sous 
Louis XVI, incroyables sous le Di- 
rectoire, agréables sous l'Empire, 
étaient-ils inférieurs aux lions de 
nos jours? » 

(SOPHIK ClAY.) 

•« Jetez ces anges sur le bitume à la 
merci des pommadins, » 

(MiCHU.) 

« Le fionneur possc^de une glace, 
huile antique, pommade du lion et 
cire a moustaches. » 

(BiRTAl.L.) 

« Jadis, on l'avait surnommé Fleur- 
deS'Pois^ parce qu'il était dans sa 
mise et son allure d'une recherche 
et d'une prétention qui tiraient les 
regards. » 

(MONTÉCIT.) 

«« Les cocodi^s et les pelits crevés de 
l'époque, successeurs des lions, des 
daims et des yanU-j aunes, qui re- 
présentaient alors la classe des élé- 
gants, n'étaient que d'atlreux hons- 
nommes étiolés. » 

(0. UzAJJNK.) 

« Le cocodès app.irut sur l'asphalte 

Sarisien ver» 18(13... Le pelil crevé 
ate de 18C9;... il ])ortait la raie au 
milieu et deux petites co((ues pla- 
quées au cosmétique sur le front. 
Le gommeux est, prétend-on, l'an- 
cien petit crevé (|ui obséda tellement 
'ses amis du récit de ses campagnes 
que ceux-ci le comparèrent à la 



gomme qui colle et dont on ne 
peut se dépêtrer... Le poisseux a 
vécu ce que vivent les roses. Puis, 
comme en souvenir de la guerre, 
il avait conservé la capote militaire, 
qui sur son dos civil paraissait un 
vêtement d'hôpital, il devint : le 
gâteux.... Tout à coup, la chrysa- 
lide sort de son cocon g&teux et 
apparaît le boudiné emprisonné 
dans des vêtements trop étroits, 
trop courts et atteignant les der- 
nières limites du collant... Une 
variété de boudin, peut-être de 
seconde qualité, reçoit un nom par- 
ticulier : le petit gras, auquel suc- 
céda le vibrion, qui s'etfaça à son 
tour devant le greloUeux. » 

(I^ Courrier de Vaugelat.) 

Le curé, solide gaillard et superbe 
luron, tentait fort les filles du vil- 
lage et, certes, pour les bonnes 
bouches et surtout pour la grosse 
cousine, il valent mieux que le 
mièvre col-cassé. » 

(Les Propos du Commandeur.) 

Vous ignorez complètement que de 
ne pas mettre de pardessus cons- 
titue actuellement ce que nous 
appelons être pur. » 

{LÉcéiirmrnt.) 

Le bal des canotiers de Bougival 
promet d'être très brillant ce soir, 
car une bande de copurc/tics doit 
l'envahir, en compagnie de quelques- 
horizontales haut cotées. » 

(G il Blas.) 

Il dépassait le but, devenant frin- 
gant et coquet, abusant outrageu- 
sement des cosmétiques et des coups 
de fer au chapeau et à la mous- 
tache. innovant des cravates inouïes, 
bouleversant l'armoire aux che- 
mises et s'intitulant boudiné et fin 
de siècle. » 

(M ABC Aifrussi.) 

Ils savent que, dans ce décor pour 
attirer les snobs, ils trouveront 
aussi des compagnons. » 

(GtSlAVK (iFFFftOY.) 

Le fils d'un membre de 1 Institut, 
malin, rusé, cotillonneur, smart, 
légionnaire depuis six mois, et 
s'cnnuyant ^ pivoter sur la même 
place d'armes entre quatre nègres- 



SLÉ 



— 182 — 



ÉLÈ 



ses et deux badauds espagnols, 
entre à rinfirmerief les yeux « ïaits » 
et le teint vert-pomme. » 

(G. D'EsPAIIDftt.) 

« Je vis entrer un long et maigre 
jeune homme dans un complet 
demi-saison, étriqué de la poitrine 
et des flancs, portant la savate 
anglaise pointue grossièrement ver- 
nie, adoptée par nos pschutteux 
et qui semblait plus longue en- 
core en sortant du pantalon très 
court taillé en fourreau de para- 
pluie... : en un mot le type rêvé 

par la gommeuse. » 

(U Voltaire.) 

» A côté de lui, Amaur^ représente 
un pschutteux du dernier vlan^ tout 
ce qu'il y a de plus ah ! » 

{Le Figaro.) 

« — A propos, chère madame, vous 
savez c[u'on ne dit plus pschutt^ ni 
v/an, ni ahl... on dit tchink, » 

(0. FlVlLLBT.) 

« La cocodette est le type féminin du 
second Empire comme la merveil- 
leuse le fut du Directoire et la 
lionne de la monarchie de Juillet. » 

(LoRtoAN Lahchiy.) 

« Cocotte ce n'est pas mal, mais 
chanteuse c'est mieux, n'est-ce 
pas? M 

(ToMPon.) 

•« Les biches pullulent sur les trot- 
toirs des grandes villes. » 

(D* GKtooinE.) 

— L'élégant en tenue de cé- 
rémonie se nomme Habit 
ou Habit noir; en demi-cé- 
rémonie, ce n'est plus qu'un 
Smoking. 

« Casino de Paris, dans une loge, 
trois habits noirs ; ils causent. » 

(Raitif de la Bbetonke.) 

« Venaient ensuite quelques habils 
de Londres, boutonnières fleuries 
d'orchidées, faces soigneusement 
rasées, aux gras cheveux fluides et 
aux raies impeccables. » 

(Jf.a> fjOKiiAm.) 

« Deux smokings fleuris d'œillets 
blancs les accompagnent. » 

(iD.) 



— Le monde élégant est ap- 

Selé Crème f Flan y Gomme ^ 
laute gomme^ Gratin, High 
life. Monde chic. Monde sélect^ 
PoissCf Pschutt, Vlan; ceux 
qui le composent sont du 
Dernier bateau, du Dernier 
en, de la Deimière sirène. 

a Ce n'étaient que boulevardiers en 
habit noir, cravate blanche, fleur À 
la boutonnière; une fois par se- 
maine tenait là ses assises le cAtc, 
le copurchic, le gratin^ le vlan, le 

flan. » 

{Le Journal.) 

« L'automobile est comme une rou- 
lotte de high life et nous voici, nous 
aussi, devenus des nomades. » 

(J. Clabstib.) 

a Et Raimond, quel entrain, quelle 
jeunesse! 11 figure le chauffeur 
d'automobiles dernière sirène. »> 

(Akleqcih.) 

« Former des jeunes filles suffisam- 
ment instruites, mais moins sa- 
vantes que sensées, de goûts simples 
et de mœurs irréprochables; ne 
recruter ces enfants que dans des 
familles honnêtes, bourgeoises, si 
l'on veut, d'antiques préjugés, igno- 
rant le pschutt, le vlan, la gomme, 
la poisse, le bécarre... » 

(Albiht ClM.) 

ÉLÈVE. Bahutien, Potache, Pota- 
chien. On orthographiait autre- 
fois Po^à-cAlen^ 

— ÉLÈVE DE L'ÉCOLE VÉTÉ- 
RINAIRE D'ALFORT. Êcor- 
cheur. 

— ÉLÈVE DES ÉCOLES CHRÉ- 
TIENNES. Coin, Coinc. 

— ÉLÈVE DES ÉCOLES LAÏ- 
QUES. Laie, 

— ÉLÈVE DE PHILOSOPHIE. 

Philo. 

— ÉLÈVE DE RHÉTORIQUE. 

Rhélo. 

— ÉLÈVE l>E MATHÉMA- 
TIQUES SPÉCIALES. Taupin. 



ÉLÈ 



— 183 — 



ÉLft 



« Le simple tattpint le candidat qui 
■e présente à la colle d'admission à 
rÉcole Polytechnique, possède déjà 
des connaissances supérieures. » 

(Là BiooLUtii.) 

— ÉLÈVE QUI VA DE COLLÈGE 
EN COLLÈGE. Bahuteur. 

« Le capitaine, plutôt que de mettre 
Edouard à La Flèche, avait cédé 
aux prières de la mère et fait de cet 
enfant, déjà paresseux, un ba/niietir 

Î[ui changeait de pension chaque 
ois que le régiment changeait de 
garnison. » 

(G. lIsiIBBaT.) 



— ANCIENS ÉLÈVES D UNE 
MÊME INSTITUTION. Laba- 
dens. V. Camarade. 

— ÉLÈVE DU PRYTANÉE DE 
LA FLÈCHE. Brulium. 

— ÉLÈVE ASPIRANT A SAINT- 

CYR. Cornichon, Volait te. 

— ÉLÈVE DE SAINT-CYR. 

Cyrard, 

— De première année. Meton, 
Conscrit^ Petit Co, 

— Cavalier. Fine basane. 

— De seconde année. Ancien. 

— Non gradé. Fine galette. 

— Élève étranger. Crocodile, 

« Connaissez-vous une spirituelle ca- 
ricature de Draner, dans laquelle 
un saint-cyrien imberbe, un vrai 
meion, murmure mélancolique- 
ment, en cirant ses bottes maculées 
de boue : 

— Avoir cent mille livres de rentes, 
descendre des croisades et cirer 
ses bottes ! Enfm, papa m'a dit : 
Noblesse oblige! » 

(RlMi Ma|Z£ROY.) 

Faoatisex à l'eicreice 
DeTtnt l'ancien qui vous instruit, 
Sans quoi la salle de police. 
Melon», vous attend cette nuit. 
( Vieille chaiison de Saint-Cyr.) 

« L*an prochain nous désirons re- 
nouer des relations avec les élèves 
officiers des grandes écoles, les invi- 



ter à ces réunions, fonder un groupe 
d'.VetungroupedeCyra»v/5... » 

(Carli Hokderir.) 

« Et, lorsque je prends l'aigle, moi 
le culot du régiment, qui n'ai pas 
trois poils de moustache, qui porte 
encore mon pantalon à bande bleue 
de fine galette^ je me sens ragail- 
lardi comme si je venais de boire 
quelque longue lampée de vieille 
eau-de-vie. » 

(R. Maubeoy.) 

« Dans son étroite cellule du vieil 
« Ours » (le Saint- Cyr, Tissac se 
morfondait... Tous les petits cot 
étaient partis depuis quinze jours, 
et lui restait là, seul, prisonnier. » 

{V. Dacbe.) 

— ÉLÈVE DE L'ÉCOLE POLY- 
TECHNI(^UE. Pi>0, X. 

— De première année. Cocon, 
Conscrardj Conscrit. 

— De seconde année. Ancien. 

— Gradé. Crotal. 

— Étranger externe. Constante, 

« Il avait vraiment belle allure sous 
son chapeau de pipo llambant neuf, 
notre jeune cocon. « 

{Le Gauloin.) 

« Pourtant un noyau considérable 
demeura à Paris. Autour de quel- 

aues anciens X s'étaient groupés 
es étudiants et des séminaristes. » 

(Cable Kordereh.) 

« Le conscrard ne devient conscrit 
qu'après avoir subi les épreuves de 
1 absorption, du babutage, suivant 
l'expression moderne, après avoir 
passé devant la commiss, et avoir 
entendu la lecture de sa cote sur 
l'estrade le jour de la séance des 
cotes. Jusque-là, il a été absorbé, 
babuté, basculé, eu un mot brimé 
par les anciens. » 

(Albiiit LicvY et G. Pinet.) 

« L'administration a conservé aux 
crotaux le titre de chefs de salle; 
c'est à eux qu'elle s'adresse lors- 
qu'elle a des communications géné- 
rales à faire aux élèves. » 

(lo.) 



:ËLÉ 



-- 184 — 



ËLË 



« Par extension, on donne le nom de 
constante & relève qui fréquente 
une autre salle que la sienne. » 

— ÉLÈVE DE l/ÉCOLE CEN- 
TRALE des Arts et manufac- 
tures. Central. 

— De première année. Bizuth. 

— De seconde année. Carré. 

— De troisième année. Cube. 

— De dernière année. Bicarré^ 
Archicube, 

« Dans la salle se pressaient les 
parents, les amis et les professeurs 
des centraux venus avec la ferme 
intention d^applaudir — enfin sur 
leurvraie scène — les jeunes cubes 
en activité. » 

{La Nation.) 

— ÉLÈVE DE L'ÉCOLE NOR- 
MALE. Normalien. 

— De seconde année. Cube. 

— De dernière année. Archicube, 

— Premier de section. Cacique. 

H Ce que mon archicube Francisque 
Sarcey nous disait et nous dit 
encore depuis trois mois, c'est ceci : 

aue les précautions imposées aux 
irecteurs de théâtre pour préve- 
nir les incendies no sont qu'une 
plaisanterie énorme... » 

(J. MoNTkT.) 

•• C'était le temps où Tnine était un 
cacique, c'est à-dire le premier de 
sa section à l'Écule norumle. »• 

(D'Al'DK.ICB.) 

— ÉLÈVE lŒ L'ÉCOLE DE 
CHIRURGIE 3I1LITAIRE. 

Toubid, 

— De première année. Embryon, 
Fœtus. 

« Sur le couvre-pied du lit conjugal, 
bien en vue avec son galon doré et 

. son velours grenat, se trouvait le 
képi d'un élève du Val-de-Grùce. 

M. G... vit dans ce couvre-chef 
ce qu'il fallait y voir : la présence 
chez lui d'un toubid dont les consul- 
tations, si elles étaient agréables à 



sa femme, ne pouvaient être que 
désastreuses pour son honneur, 
à lui. M 

{Le Journal.) 

— ÉLÈVE DE L'ÉCOLE NA- 
VALE. Flottard. 

— Du vaisseau école. Bordache. 

— De première année. Fistaille^ 
Fistot. 

n Le plus illustre des antiques flot- 
taras est l'amiral Courbet. » 
(A. Lévv cl G. Pi.MT.) 

« Telles sont les gaietés du bord qui 
n'empêchent pas nos fistots de ae- 
venir plus tard de brillants et 
savants officiers de marine. » 

(HccTOR Fraikb.) 

«( Le « Borda », d'où le surnom bor- 
dache donné aux élèves de l'École 
Navale, est un ancien vaisseau de 
ligne hors de service. » 

(lo.) 

— ÉLÈVE DE L'ÉCOLE FORES- 
TIÈRE de Nancy. Fagot. 

a Chaque année, le lundi de Pâques, 
les A' reçoivent les fagots^ alors à 
Paris, dans un restaurant du bou- 
levard. En février, les A' sont reçus 
à Nancy. « 

(A. LtvT el G. PixcT.) 

~ ÉLÈVE DU COLLÈGE 
SAINTE-BARBE. Barbiste. 

— ÉLÈVE DU LYCÉE SAINT- 
LOUIS. Ludoviciste. 

— ÉLÈVE DES RR. PP. Afoi- 
nillon, Postard. Cette dernière 
expression s'applique plus spé- 
cialement aux élèves des Jé- 
suites de la rue Lhomond, 
autrefois rue des Postes. 

— ÉLÈVE CAPORAL, ÉLÈVE 
BRIGADIER. Èlète cahot, 
É/ève martyr. 

— Les Élèves de province por- 
tent ordinairement le nom 
des habitants de la ville où 
est située leur école : ceux 
de Saumur s'appellent les 
Saumurais ; ceux de Chûlons, 
les Chalonnais; ceux de TÉ- 



ÉLE 



— 185 — 



EMB 



cole militaire de Saint- 
Maixent, les Maxentais, etc.» 
etc. V. École. 

ÉLEVÉ (BIEX). Commif. V. Dis- 
tingné. 

— MAL tLEVii.lHgnouf. V. Gros- 
sier. 

ELLE. A, Al, Aile, Sézière, Sézig, 
Séziyo, Sézigue, Sczinyardy Son 
ynasae, son gnère, son (jniasse, son 
gnière, son nière, son orgue, sa 
poire. 

Cij? Pas la pein' dVr *\ fçironde ! 
Alori), la doch'. tu la Kob' fias? 
Faut qu'a/' torior. Nib' daus 1* caban. 
Oui qu'a ma.syé pou' t' foui' au monde? 

(J. UlOHKPIN.) 

Ma ini»toon\ c'est pas ua outil 
Qu'en nifit i la car' pour son gnère ; 
CVst gaudin. aimabe, et goutil : 
Aile est fixé' su' la magnoro 
Dont que j' veux qu' sézig fass' son truc. 
Et qu'a plumn avec un joueur d orgue 
Ou oen qu'a .«'envoyé un grand duc 
A oonserv' que làp' pour son orgw. 

(L. Di Hkbcy.) 

ÉLOGE. Pommade, 

H Je me méfie toujours d'uu type qui 
me passe de la pommade sans me 
connaître. » 

— ÉLOGE MALADROIT. Pavé. 

• On appelle réclame pavé un éloge 
ridicule ins<:''ré dans un journal 
par un ami maladroit ou par un 
nabile ennemi, (|ui attire l'attoa- 
tionsur vous en vous assommant. » 

(lUcruii FH.v^o^:.) 

ÉLOIGXER (S). V. S'en aller. 
ÉLOQUENCE. Jactance, Jaspin. 

J'ai bien qii^qu' part un camcriuche 
Qu'est dab dans la lagistrurmuclie, 
Son jaspin esbioqu' l«'s badauds. 

(J. HiciitirN.) 

ÉLOQUEXT. Qui a de la jactance, 
du jaspin, 

ÉLUDEU. V. Éviter. 

ÉM AILLÉ. Persillé*. 

EMBALLAGE. Enflaquage. V. Sac. 



EMBALLER. Emhuluchonner, En- 
/laquer. V. Boutique. 

«• — Allons, ho! emhaluchonne tout 
le saint-frusquin et détalons... » 

EMBALLEUR. Boumn (jeu de 
mot). 

EMBARCATION. Flottante. V. 
Bateau. 

EMBARRAS. Avaro, Cambouis, 
Chantier *, Mélasse, Pétrin. 

— Dans le sens de Pédanterie. 

Crânage, Cniwdtage, Cros- 
sage, Crosse, Crossou. 

— FAlIiK DES EMBAURAS. 

Crâner, Crdnotter^ Croire que 
c'est arrivé, Crosser, Épater ou 
vouloir épatt*r le monde, Es- 
brouffer. Faire de Vaimant^ du 
ou des chichis, des emballes, de 
Vépate, de Vesbrouffe, du foin, 
dg r huile, des magnes, de la 
mousse, du pallas, de ia pose ou 
Le faire à la pose. Faire du suif, 
du tralala, du vent, du zeph. 
Faire sa chicorée, sa gueule, sa 
merde, sa poire, sa poussière, 
sa soupière. Jeter de Paimant, 
Plastronner, Pn Uriner, Ponti- 
fier. Se cnler. Se gober. S'ima- 
giner (iroir chié la colonne, 
Cobélisque, la tour Eiffel, etc.. 
Se pousser du col, Se rencarrer. 

« — Vous, par exemple, hé! là-bas. 
ma grosse boulotte, qu'on dirait un 
pot à tabac, pourquoi faire des 
magnes, vous quï'tes loin d'ùtre 
jolie, jolie"? » 

(ThI'BLOT.) 

un autre eût fait sa poief, 

Maislui,d.'iri><sa grandeur, sut ro*»Jer p<^n(^reu\. 

(!'. pAILLfclTK.) 

Ça s'en fout.,, cl ra fnit un foin !.. • 
l.pux gnu/(»''8's iiushi fait su m^rde , 
Ab ! •*■ j'en t'nat:< oun' dan' un coin!... 
Ma go<.«.e, à moi, c'est cuo' girondc, 
Mais a crdn jias coinm* ces feniin*:«-là, 
D'aillcur», faut qna p.irle a tout l* ni«»nde 
l'isnue c'est 1' métier qui veu» ça. 

(A. B.) 

Tu fais ta pvire et Ja Sopbie 
l'as-*' que l'es quasi un D'mi-liuieu. 

(JrnAN KtCTLS.) 



BMB 



— 186 — 



BMB 



Non, mais, pig -moi ça!... C'est creTant!... 
Ça fait d' la mouss\ ca fait du vent !... 

(L. Di Bbbcy.) 

— FAISEUR D'EMBARRAS. Crâ- 
neur, Grosseur, Crosson (des 
deux genres), Êpateur, Esbrouf- 
feur, Poseur, 

— ÊTRE DAIVS L'EMBARRAS. 

Etre dans la merde, dans la 
mouise, dans la mousse, etc. 
V. Misère. 

— SE TIRER D'EMBARRAS. 

Se désenflaquer, Se démerder, 

« — Laissez-le faire, il se démerdera 
bien tout seul. » 

EM BARRAS8AXT. V.Ennayeux, 
Importan. 

EMBARRASSÉ. Escareur \ 

EMBARRASSER. Coller ou Col- 
ler sous bande f Emberlificoter, 
Emberlucoquer ou Emberluer , 
Embistrouiller, Enchariboter. 

c Oh I il est dur à vivre, ce siècle, 
très dur, mais qu'il est clair, ou du 
moins qu'il le serait, sMl ne s'em- 
barrassait point encore dans la 
marche de quelques anciens prin- 
cipes retardataires où Tâme de la 
race s' emberlificote \ » 

(E. BtRCEBAT.) 

« La politique, c*est tout le contraire 
du socialisme : c'est Tart d^embis- 
trouiller le populo. » 

{Le Pare Peinard.) 

— S'EMBARRASSER DE. S'em- 
plâtrer. 

« — J' comprends pas qu^on s'em- 
plâtre d'un gonce aussi nave 
que ça! » 

— S*EMBARRASSER DANS. 

S'empierger, S'empiergeonner . 
V. S'empôtrer. 

EMBAUCHER. Embarquer, En- 
cailler, Engrainer. 

« Plus moyen d^eng ailler, d'embar- 
quer une bergère, plus de place 
pour un Chopin. » 

(Jear LoanAiR.) 



« V'ià maintenant qu'on Vengraine 
dans la soce à l'Amiral, une tierce 
qui boulonne que dans V dur; y 
aura du gauche un jour pour son 
orgue. » 

EMBAUMER un cadavre. Ganna- 
liser, 

EMBELLIR. Arnaquer, Camoufler ^ 
Maquiller, Recamoufler. 

« L' matin, quand a sort du plume, 
aile est putôt moche; mais, la 
sorgue, quand qu'aile est arnaquée^ 
a la donne encore assez bien. » 

« A passe des plombes et des plombe» 
à s' camoufler la gueule. » 

« — Maman, maquillée, est encore 
renversante, vous savez. » 

(J. Màm^ 

« Quand il est sorti de centrouse, il 
était un peu déplumé. H avait 
besoin de se recamoufler un peu 
pour se représenter dans le trèpe 
des caves. » 

EMBÊTANT. V Ennayonx. 

EMBÊTEMENT. Emmerdement^ 
Emmomcaillement, V. Ennai. 

EMBÊTER. V. Ennayer, Impor- 
tuner. 

EMBRASSADE. Bécotage, Béco^ 
tement, Fricassée de museau, Li- 
chage ou sucage de fiole, de gueule^ 
de pCche, de pomme, de poire, de- 
trogne, de trognon, 

« C'en a été une séance de bécotage- 
quand aile a r'trouvéson Alfred! » 

« — Du reste, après toutes les /W- 
cassées de museau que tu as échan- 
gées ce soir, dans les coulisses, je 
ne tiens pas à retrouver dans ta 
barbe l'odeur du maquillage de ces. 
demoiselles. » 

(J. Makki.) 

« A la gare, ça a été un suçage de 
trognons à n'en plus finir; si le 
train n'était pas arrivé, ils y se- 
raient encore. • 



EMB 



EMBRASSER. Bécoter ou Bécot- 
ter, Biger, Biseï*, Franchir*, Li- 
cAai7/er, Licher, Licher, sucer ou 
téter le citron, la couenne, la 
couetche, la morve, le morviau, 
la pèche, la pomme, la poire^ la 
tarte, la trogne, le trognon, Mon- 
ter \ 

Petit botsu 
Noir et torla, 
Qui me bécoUes... 
De me baiser finires-tu ? 

(DKIlAK'ibH.) 

« — Et TOUS, la maigrichonne, si je 
TOUS pige encore avec lui à vous 
téter ta pêche derrière les portants, 
je vous colle cent sous d amende, 
fit le régisseur furieux. Vous feriez 
mieux d'apprendre votre rôle plu- 
tôt que de vous faire lichailler du 
matin au soir. » 

m Quand sa mère l'a revue, ce qu'elles 
se sont sucé la pomme, c'est rien 
de le direl >» 

(LSBMIXA et LivtQUB.) 

~ S'EMBRASSER SUR LA 
BOUCHE. Se filer ou se passer 
des langues, des saucisses, Se 
faire des langues fourrées 
(obscène). 

EMBRASSEUR. Bécoteur, Bécot- 
teur, Lécheur, Licheiir. 

EMBROUILLER. Emberlificote^' , 
Embistrouiller, V. Embarrasser. 

ÉMERVEILLER. V. Étonner. 

EMMÉNAGER. Empiauler, Em- 
pioler, Entanler, Entôler. 

« En empiaulant, j'ai bien vu à la 

?;ueule de la concierge que nous ne 
erions pas des p'iits dans la taule. » 

« Quand la dabe a entaulé dans sa 
nouvelle condition, a fallu qu'où 
passe r pajot par la fenc^tre. » 

EMMERDER. Enflaquer, Emmous- 
cailler^ Emmoutarder. 

« Ahl il est prop\ ton lardon, avec 
ses drapeaux tout enfiaqués; il em- 
mouscaïUe tout, c^ merdcux-là! >» 



— i87 — EMP 

ÉMOTION. Èmôs$e, Mousse. 



«11 ne se fait pas de mousse ; il va 
son petit bonhomme de chemin,, 
sans émôsse. *> 

ÉMOUVANT. Empoignant, 

« Et c'est à peine si les « corridas 
de muerte »> sont pour ces blasés 
des spectacles suffisamment empoi- 
gnants. » 

{U Volonté.) 

ÉMOUVOIR. Chiper, Chopper, 
Empoigner. 

« Moi, quand que j' vas à la tape, à 
l'Ambigu, j' suis chipé d'entrée. *» 

«f Hé bien! pour cuirassé qu^on soit, 
ces scènes-là vous empoignent. »» 

(J. LAifDIll.) 

— NE S'ÉMOUVOIR DE RIEN. 

N'être pas bileux, 

«c Ah ! i' n'est pas bileux, V Francis î 
L' plafond y tomberait su' la poire 
quY s'en épat'rait pas. » 

EMPAQUETER. Embahtchonner, 
Enflaquer. V. Emballer. 

EMPÊCHEMENT. Avaro. V. Ac- 
cident. 

EMPÊCHER. Brider, Escarer\ 
Escaver *. 

« Petit Louis voulait s'engager dans 
les chacals, mais il a été bridé du 
côté de son daron qui y a refusé 1(^ 
condé. » 

EMPÊTRER (S'). S'empierger, 
S'empiergconner, 

Margot dans sa colle et ses bas 
S'empiergeonna là-l>as, là-bas. 

(j. RICHKPIN.) 

EMPLOI. Bouleauou Boulot, Flam- 
beau, Flanche, Truc, Turbin. 
V. Travail. 

— PERSONNE SANS EMPLOI. 
Inspecteur du pavé de bois. Qui 
travaille à la fonderie de pavéu 
Qui fait la place pour les pavés 
à ressort. Qui ramasse le crottin 



EMP 



— 188 — 



EMP 



des chevaux de bois; en un mot, 
qui exerce un métier chimé- 
rique. 

EMPLOYÉ. V. Gommig. 

EMPOCHER. Enfouiller. 

— EMPOCHER UN BÉNÉFICE. 

Estouff'er. 

EMPOlGXER. V. Arrêter. 

EMPOISONXER. Boucanier*, Co- 
quer le poivre, Donner, faire boire 
ou filer un bouillon d'onze heures, 
Expédier, Expédier dans Vautre 
monde, Médeciner. V. Assassiner. 

£MPORTÉ. De mauvais poil, Res- 
sauteur, V. Colérique. 

EMPOnTEH, Antrôler ou Entrôler. 

— S*EMPOIlTBR. Avoir, f/ober 
ou piquer son bœuf^ sa chèvre. 
Être a ressaut. Être bleu^ vert, 
Faire de la bourrache, du res- 
saut. Grimper^ Monter, Monter 
à t" échelle, Mousser, Ressauter, 
S'emballei-, V. Colère. 

EMPREINTE à la cire. Emplâtre. 

EMPRESSER (S*). Se grouiller, Se 
magner. Se patiner. V. S'évertuer. 

GrouiW'toil groutiV-toi'. faut l'habiller, 
T' cirer, t' brosser, t* débarbouiller 
Et t' cavaler à l'atéier. 

PaiiV! renfile r tablier 

Au tas ! turbiu' sum suarciller. 

(P. PAILLETTK.) 

EMPRISOXIVEMEAT. Ballonne- 
ment, Bouclage, Coffrage, Embal- 
lage, Enfîacage, Enfouraillcment, 
Maladie. 

« La crainte d'un ballonnement pour 
retard de visite rempécbaLit de se 
représenter au dispensaire admi- 
nistratif. » 

« Et ce propos du vieil argousin fai- 
sant le discret sur un bouclage 
d'anarchiste. » 

(SiVBUINC.) 

« A l'approche des gelées, d'aucuns 
préfèrent le coffrage, qui assure le 



gtte et le pain, à l'incertitude des 
secours qu ils n'ont souvent plus le 
courage, tant moral que physique, 
de solliciter. » 

{Le Petit Parisien.) 

M Ceux qui craignent la rafle, Vem- 
ballaae en masse, se résignent à 
marcher toute la nuit, quelque 
temps qu'il fasse. »> 

{Le Radical.) 

Sois pénard : Pas de placage. 
Car si tu devais payer, 
Il faut aux jours d'enflacage 
Ouelqu'uQ qui vienne à la cage 
Te fair* passer le panier. 
Si tu piges maladie, 
Emmaillolte cheDÙment 
Un poupard, mais étudie 
Pour ne pas à l'étourdie 
Bebiifer lenfouraiU'ment. 

EMPRISONNER. Ballonner, B/o- 
quer, Boucler, Coffrer, Emballer, 
Enchtiber, Enferrer, Enflaquer, 
Enfourailler, Envoyer à la cam- 
pagne ou en villégiature, Ginguer*, 
Coller, ficher, flanquer, fourrer^ 
foutre, jeter, mettre à la boite 
(arg. militaire), à la bonde, à la 
caisse (arg. militaire), à la case, 
à la groi^sc (arg. militaire), à la 
grosse lourde (id.), à r hôpital, à 
Chosteaii, à rhosto, à Vhousteau, 
à Vhousto, à la malle (arg. mili- 
taire), à Fombre, à l'ours (arg. 
militaire), au bloc, au clou, au 
collège, au jctar ou jet^ird, au 
mazaro (arg. militaire), au plan- 
que, aux planques, au schtard^ 
dans le bal, dans le ballon, dans 
la blouse, dans le trou, dedans, en 
complouse, en penaion, sous boucle, 
sous le gobelet, sur le.< joncs, Re» 
miser, Senrr. 

« — Vous marchez tout l' temps dans 
des trucs juste bons à s' faire bal- 
lonner. » 

u 11 y a toujours autant de scélérats; 
seulement ou les laisse tranquilles. 
Dame, on ne saurait coffrer tout le 
monde, n'est-ce pas? Et on s'en 
tient aux innocents. » 

(PoRTAIUJkC.) 



BXP 



— i89 — 



BMP 



« Jeanne Rousselot se dressa de toute 
sa petite taille et marcha vers son 
père : 

— Alors, c*est toi qui nous fais em- 
ballerl » 

(0. IIttTA:«in.) 

« Cest poire de se foire enchtiber 
pour une paire de ribouis. » 

« — Et si ça ne marche pas mieux 
que ça, gronda le capiston, je vous 
colle tous à la boite comme des 
tambours. » 

«f On est certain qu'on a affaire à des 
bandits de la plus dangereuse caté- 

Sorie, mais comme lit n'y a pas 
agrant délit, on nous les remet en 
circulation après les avoir collés à 
romln'e durant quarante-huit ou 
soixante- douze heures. » 

{Le Petit Caporal.) 

m Cent alors IVtre inerte, sans résis- 
tance, le ballot qu'on emporte et 
qu'on jette à Vours comme un 
paquet de linge sale. » 

(SlrsniNF..) 

« — Si TOUS continuez à vous déme- 
ner comme ça, vous allez déchirer 
ma pèlerine et il faudra que je vous 
/..... au bloc. » 

(lo.) 

Il te goure 

Qui • entoure 
De balots et de paquets, 

Car la raille 

L'enfouraWe : 
U pi|{e treize marqucts. 

(L. DE Bebcy.. 

Le malfreio qui se raaque 
Est souTent un godard 
Car sur dix qu'on en flaque 
Neuf le sont par leur lard. 

(ID.) 

Nous n'aimons guère la police, 
Nous détestons les noiiciers 
^ue nous payons ae nos deniers ; 
Hais le ministre est leur complice. 
Dans nos discours soyons prudents 
De peur d'être /iourr/t à^aan-n, 

(VicTUB M sus Y.) 

Dès qu'il s'agit d'une corvée, 
Vite, dans la cour mal parée, 
On fait appeler à riostant 
Le caporal et le sergent. 
Et souTent, comme récompense 

iCar ça se voit plus qu'où uo pen<e), 
)n flanque au clou^ si ça va mal, 
Le 8«rgent et le caporal. 

{Chamon de caserne,) 



« — J'ai ordre du sous-ofûcier de 
semaine de te foun^er au j'elar, » 

(G. CODBTBLIMC.) 

« r va turbiner en cambrouse ; i' fait 
les villas, la neuille, avec Chariot; 
i' n'a pas la vesse d'At' collé eut* les 
joncs. » 

« Un garçon va dire à la personne 
filée que quelqu'un la demande, et 
là, des sergents de ville l'entourent 
pour la remiser. » 

(Stamib.) 

— EMPlilSONNER POUR 

(^Ui^'ZB JOI:rs, dont huit en 
cellule de correction. Coller, 
flanquer ou foutre huit et sept. 

« — Y m'a flasque huit et sept kcàuse 
que j'avais égaré le bouchon de 
mon mousqueton. i> 

((i. CoUETILirCB.) 

— ÊTRE EMPRISONIVÊ. Bouffer 
ou tirer de ta boite ^ de la boucle^ 
de la caisse f de la case, de la 
f/rosse, de la grosse boite^ de la 
ff rosse lourde, de la malle^ de la 
tune *, du ballon^ du bloc, du 
c/oM, du jetard, du inazaro, du 
ptan^ du planque, du schlard, 
des maroues (V. Mois), des 
lonyes (V. Année;, Être à la 
boite, à la caisse, à ïa campagne, 
à la case^ à la grosse, à la qrosse 
boite, à la grosse lourde, h. l'hô- 
pital^ à l hostcau, à Chosto, à 
V/toustau, à Vhouslo^ à la mallCy 
à l'ombre, à l'ours, à la tune', 
à sa maison de campagne^ au 
btoCf au clou, au collège, au 
jetard. au mazaro, ou planque, 
aux planques^ au schtard, dans 
le bal, dans le ballon, dans la 
blouse^ dans le trou, dedans^ en 
cage^ en casCy en comptouse, en 
villégiature, sous boucle, sous le 
gobelet, sur les joncs, ballonné, 
o toqué, bouclé, coffré, collé, em- 
ballé, enchlibé, en flaque, enfou- 
raillé, tnischtibé, malade, remisé, 
serré. Jouer de la harpe. V. Pri- 
son. 

« Tous les garçons qu'ont boulotte de 
la case ont la rcniflette dans le 
blaJr. » 

Pendant qu' Vêtais à la campagne 
En train de t' fair' cautériser, 



EMP 



— IM — 



ENG 



Au lieur de rester dans mon pagae, 
Moi, j' ni*ai mis à déTaliser. 

(A. B.) 

<( Du temps que sa poule esl dans le 
trou, sézigue ferre les raquios du 
Kat Mort. » 

« — Ah! vous voulez faire la forte 
tôte! Eh bien, vous en boufferez^ de 
la grosse ! » 

( Sa femme ne put qu'apprendre de 
la bouche du sous-officier de garde 
que le malchanceux réserviste était 
collé pour quatre jours. » 

« La plus crueîie injure qu'une fille 
puisse jeter à une autre fille, c'est 
de l'accuser d'infidélité envers un 
amant sevré. » 

(Balzac.) 

EMPRUNT. Cognage, Coup de 
pied, Coup de soulier, Sonnage, 
Tapage, Tombage. 

:« 11 est tout ce qu'il y a d' chien, i' 
n' marche pas au cognage. » 

•« — Pour la croustille, tout c* que lu 
voudras; mais, pour le sonnage, 
c'est midi. » 

«« Quand le lapage n^avait pas réussi 
auprès des amis complaisants, 
(iontran consultait sa liste d'a- 
dresses et courait piquer l'ajsiette 
chez une camarade. >' 

(IlKHBCRTi) 

« Les rédacteurs tiraient la langue ; 
on devait deux semaines aux typos. 
11 fallait se résigner à risquer un 
tombage sérieux auprès du baron, 
sous peine d'interrompre le tirage. » 

(J. Laudrb.) 

EMPRUNTER. Cogner, Donner un 
coup depiedou de soulier, Sonner, 
Taper, Taper au pognon. Tomber, 

u Je me suis encore laissé cogner 
d'une thune; mais c^est bien la 
dergnére fois qu'i' m' sonne l d 

M Tout le monde me tapait; j'étais 
sur toutes les listes de souscrip- 
tion. » 

(J. Mabni.) 

« Je suis à peu près certain de le 
tomber du billet de mille. » 



« Samedi soir, Justin a voulu foute 
un coup d* soulier à la caisse; mais 
r singe Ta boulé, rapport qu'il 
avait fait 1' lundi. » 

EMPRUNTEUR. Cogneur, Son-- 
neur, Tapeur, Tombeur, 

« Comme j' dis aux cogneurs : Faites 
comme bibi, boulonnez; et vous 
aurez d' Taubert. v 

'( U a toujours un tas d* purées avec 
lui, des sonneurs qui lui bouffent 
son pognon. » 

« Ils sont comme ça quelques-uns 
qui se croient du talent parce que 
tout un clan de bohèmes, habiles 
/om6et/r5 vivant de flatterie,8'exta8ie 
sur les niaiseries qu'ils élucubrent. • 

{Lei r-S'Arts.) 

« D'instinct, les porte-monnaie dis- 
paraissaient à rapproche de ce roi 
des tapeurs. » 

(ID.) 

ÉMU. Empoigné, V. ÉmoaToir. 

ENCEINTE fortiiiée. V. Fortifica- 
tions. 

ENCEINTE (FEMME). Ballon 
captif. Chef-lieu d* arrondissement, 
Couleuvre, Gonflée, Guimbarde, 
Hydropique , Madame Godard, 
Madame la Butte, Omelette soufflée. 
Potiron, 

— ÊTRE ENCEINTE. Avoir avalé 
le pépin, mangé des haricots, 
Avoir le mou enflé, une maladie 
de neuf mois, un polichinelle 
dans le tiroir. Avoir sa bûche, 
sa bulle, Bâtir sur le devant. 
Être dans Cinfanlerie, Être mère 
de son arrondissement. S'être 
fait enfler le mou, gonfler le 
ballon ou arrondir le globe, 
V. Abdomen. 

— MARI D'r\E FEMME EN- 
CEINTE. Monsieur Godard, 

— METTRE UNE FEMME EN- 
CEINTE. Coller ou foutre un 
gosse, un gluant, un môme, un 
lard, un lardon, etc. (V. Enfant), 
Emplir, Enceintrer, Enfler, 
Gâter la taille^ Gonfler, Mettre 
dans Vembarras, 



ENC 



— 191 — 



ENO 



<^ré bon Dieu, n'en v'Ià d'un cliopia ! 
Mam* refait son ovCletC toufflée : 
Aile a core avalé V pépin. 
A*t*troaT*bien qu'quaud aile est ^n/7^tf !... 
Tn crois qu' c'e^t pas emmerdatif 
D'entead* les goss* k lu prum'nado 
Dir' : « Piç' dou'. v'ià 1' bulUm captif 
-* El mdff«i«u Godard en ballade ! 

(lllKS.) 

« — Viens-tu, Sophie? 

— Où? 

— Dans mon lit. 

— Non, tu serais capable de me gâUr 

la taille. » 

(Zes Joyeuse té$ du régiment.) 

« On 7 yoit ausT^i que le patriarche 
Abraham, à Tàge de cent ans, mil 
dans Cembarras sa pauvre servante 
Agar qui n*en avait pas seize. » 

(llecTOH FnATtcR.) 

ENCEKSER. Fig. Pommader ou 
Passer delà pommade. V. Flatter. 

KNCHAIXER. Enguirlander, 
Mettre le chapelet de Saint-Fran- 
çoiSy le lacet, Mettre la boucle, la 
double boucley Mettre d la crapau- 
dine. 

•( Les inculpés qu'on transfère et 
qu'on fait voyager de brigade en 
brigade sont enguirlandés deux à 
deux : on leur met le chapelet de 
Saint'Ifrançoia au poignet et la 
chaîne, ou lacet, est fixée à la selle 
des gendarmes d'escorte. » 

« Quand le fagot fait trop la mauvaise 
tète, on le condamne aux fers et on 
lui met la boucle, qui enserre forte- 
ment les poignets; ou même la 
double boucle, qui emprisonne les 
quatre membres et met le patient 
aant Timpossibilité de se mou- 
voir. » 

« Aux pénitenciers militaires, on em- 
ploie la crapaudine, ainsi nommée 
parce qu'elle doonc Taspect du 
crapaud au malheureux dont elle 
rassemble, en les enchaînant, les 
quatre extrémités. » 

— ENCHAINER AU MOYEN 
DES POUCETTES. Empou- 
ceter, 

ENCHANTER. Enfrayer. 



ENCOMBRANT. En parlant des 
personnes : V. Importun. 

ENCOMBREMENT. Chantier \ 

ENCORE. Ce mot ne se traduit 
qu'au moyen du largonji : En- 
lorkès,Enlorkem, Enlorkic. V. Jar- 
gon. 

a V*là enlorkic la lonzesse du gon qui 
radine. » 

— IL Y EN A ENCORE. Il y a 

du rabiot, de la rebiffe. 

«t — Donne ton glasse, Mimile, ya du 
rabiot, ù 

« — Tu sais, ma vieille, si t'en 
Rrattes pour les bochons faut 
r dire : y aura d' la r'biffe. » 

ENCOURAGEMENT. Hebectage. 

(i Quand on est homme on doit savoir 
c' qu'on veut fabriquer et on doit 
pas avoir besoin du r*bectage de 
quiconque. » 

ENCOURAGER. Atouser % Chauf- 
fer, Déta/fer, Rebecter, 

a Ce gaillard-là manque d'estomac et 
si vous ne le chauffez pas sérieu- 
sement, il canera au moment psy- 
chologique. >/ 

(DUDUS.) 

« La Sardine avait les foies blancs, 
fallait tout V temps que son frangin 
r détaffe. » 

« Toujours turbiner pour la diguo, 
t'avoueras, ça vous r'becte pas! » 

ENCRE. Lait à broder, Lait de la 
vache noire. 

<< Si tu manques de lait de la vache 
noire, brodanche avec ton raisiné. » 

— ENCRE D'IMPRIMERIE. L^i7 

de cartaudier. 

ENCRIER. Capine \ 

ENDETTÉ. Louvetier (arg. des 
typographes). 

ENDETTER (S'). Paver, Pavoiset\ 
V. Dette. 



END 



— in — 



EN F 



ENDOMMAGER. Arnaquer, Es-' 
quintei\ V. Détériorer. 

ENDORMI. Dans les bras de V or- 
fèvre, Parti, Parti pour la gloire. 

« Il est curieux de constater que le 

Seuple adopte, sans les coinpren- 
re souvent, aes néologismes, des 
calembours, parfois môuie d'af- 
freux à-peu-prës auxquels il donne 
une extension exagérée ; c'est le cas 
de la locution anglaise « ail right » 
qu'il applique aux personnes dans 
le sens de « joli » ; celui de être 
dans les brns de Vorfevre qu'il em- 

Sloie pour dire » endormi »» sans se 
outer que orfèvre est mis ici pour : 
Morphée. » 

M — Mais le capitaine, harassé, était 
déjà parti pour la gloire et ronflait 
à poings fermés. » 

{La Gaudriole.) 

ENDORMIR (S'). Éteindre ses lam- 
pions, Piquer son chien. Souffler 
sur ses clairs, V. Dormir. 

« V'ià la mère i\\i'éleint ses lampions, 
faut la laisser s' bâcher. » 

On voit déjà pointer le r'iuit ; 
Souffle iu tes clairs, ma gi ronde !... 
On peut pas contenter tout 1* monde : 
Tas assez boulonné c'tte nuit. 

(L. DE Bercy.) 

— Lorsqu'une personne s'en- 
dort avant de se mettre au 
lit, on dit que Le marchand 
de sable a passé ; c'est à peu 
près la locution française : 
Avoir du sable dans les yeux. 

ÉNERGIE. Moelle, V. Courage. 

ÉNERGIQUE. A poigne. V. Coura- 
geux. 

ÉNERGIQIJEMENT. A la dure, 
Ifachar, lïautor, De rifle, V. Au- 
torité. 

ENFANT. Chenille, Chcnillon, Cra- 
paud, Crapouillard, Crapoussin, 
Echappé de bidet. Extrait, Pieu, 
Gosse, Gosselard, Gosselin, Gosse- 
mard, Gouillon, Goussepin ou 



Goussepain, Graine, Graine de bout 
de lit. Lardé, Lardon, Louba, 
Loubé, Loupiot, Merdaille, Mer^ 
daillon. Mer deux, Mignard, Mio- 
che, Mion, Mômaque, Môme, Ma- 
michard, Mômignard, Morbac, 
Morceau de salé, Mouchachou, mu- 
chachou ou moutchachou (hispa- 
nisme), Moucheron, Moufftet, 
Nouné, Péchon ou Pichou (pro- 
vençal), Pivaste, Salé, Trif aille, 
Verminard, Vermine. 

« Elle se rapprocha de son cuiras- 
sier, mais la présence de la fillette 
la gênait. 

— Allons toi, chenille, va jouer, lui 
dit-elle. » 

« C'est près d'une école de Frères, et 
on j a les oreilles cassées par les 
braillements des crapouillards qui 
jouent là-dedans. » 

Quand ils n'ront grands, ils d'viendrout rosses. 
Ils commettront des crim's atroces : 
Us surin'ront les be-iui messieurs, 
Le8i»auv's p'tïts fievx. 

(Eocftiig HÉRoa.) 

Roupill*, roupiir, mon p'tit salé. 

Sans qu' tu t'arrêtes. 
Au loin ton dab s'en est allô. 

(la.) 

On est gosse ; on n'a pas quinte an», 
On croit ses charmes séduisants. 

(L. DE Bebcy.) 

Il en tira le corps d'un chat : « Tiens, dit le go^se 
Au troquet, tiens, voici de quoi faireun lapin. » 
Puiii, il prit son petit couteau de goussepain. 
Dépouilla le grefuer, et lui lit sa toilette. 

(J. RicntriR.) 

MomignarJs nus sans chemisettes. 

(Id.) 

Fonçons à ce mion folâtre 
Notre palpitant ! 

(N. DE Gbanoval.) 

Lardon 6celp, près d'un an 

Je me confli dans mes urines! 

Si je gueu'e : Ah ! tu nous bassines! 

Puis ou ajoute : E»t-il méchant ! 

(I\ I'auxcttr.) 

N' te tracass' pas, va... dors, mon gosse ! 
Dodo, mon chagrin... mon nouné. 
La France est un pay<( d* négoce : 
Tu sauras jamais l'y r'tuuruer. 

(Jeba.^ Kicrcs.) 

« J' te r répète, c'est tout c' qu*i' y a 
d' rupin, ta p'tite salade en vers; 



ENF 



— 193 — 



ENF 



mais faut aut* chose que d* parler 
des pauv'» mignards, des ioupioti 
sans liquetie, des pauv^s lardés qu*a 
à téter qu' leur pouce à cause que 
leur daroone a nib de lait dans les 
rondins et pas d' pognon pour en 
aj'ter... >» 

« ^- Approche ici, moucheronne, 
qu'est-ce que tu sais faire ? 

— Rien, monsieur. 

— Eb bien, viens coucher avec moi, 
}e t'apprendrai à travailler. » 

{Les Joyeu^f'té-1 du réijinvial.) 

« Voici en quelques traits fins et 
tremblés, moins délicats, hélas, que 
mes souvenirs, ce que c'est que ce 
muchachou... Tandis que la femme 
travaille, jacasse, va, vient, balaie, 
reprise et tourne le couscous, l'en- 
fant est la proie des miasmes... » 

(G, D'Esi'Annfcs.) 

« Péchon de Uuby est un pseudo- 
nyme dont l'auteur lui-mrme donne 
la traduction dans la •« Vie Gé- 
néreuse » ; cela si^^nifio enfant 
éveillé. » 

((j».ob«;b'« Delfsali.i.) 

— EXFAXT DE TIIOUPK. En- 
fant de giberne, 

» Ce général était fier de son liiimble 
extraction et, quand il était en ins- 
pection, il commençait souvent ses 
phrases par ces mots : « Quand 
mon père était Iroinpette-major » 
ou : «< «Moi, messieurs, qui ne suis 
qu'un enfant de giberne... » 

— EXFANT DE FILLE. Enfant 
de trente-six ftères, V. Bâtard. 

— SIOTS U'AMITIË s'adressant 
aux enfants. Bébé, Chaton^ 
Chérubin, Chienc/iien, Chou^ 
Chouchou, Coco, Crottailie, 
Crottaillon, Crotte, Gueu.r- 
ffueuxy Jésus, lAifiin, Loulou, 
Poulet. 

« Dors, mon bébé ; je suis ta mère... » 

(0. Phadeu.) 

« — El quel âge a ce joli chaton ? — 
Quatre ans le mois prochain. 

— Ce chérubin I mais c est un homme 
déjà. » 

« — Venez, mon chienchien, faire une 
bise à son père. » 



t( Ses condisciples lui faisaient un peu 
grise mine parce qu'il était lechou- 
chouj le préféré du père Antoine. » 

(Bauda.) 

M T'es-tu fait mal, mon coco"! Fais 
voir ton doigt, mon poulet.,. Bah I 
ce n'est rien ; va jouer. ^ 

Dorit. mon lapin. 
Fais doilo, ma belV crotte eu suque ! 

On n'a pu4 d' pain 
Ht, pour l'eu til(*r. Taul que j' truque. 

lion, yen n'a pus 
Mon crottaillon. houcle tes châsses, 

Pionc' mou jvsus, 
VùuT (|ue ta (lal)o aill' fair' sos passes. 

(Ij. Dt liKRCY.) 

EXFA\TEMK\T . Ahoulement , 
Dcbdcle. V. Accouchement. 

EXFAXTEK. Mouler^ Pisser sa 
côtelette, Pondre. \. Accoucher. 

EXFKH. Four cha^id. 

EXFEHMEH . Boucler, Serrer. 
V. Emprisonner. 

EXFLAMMEU. V. Allumer, Brû- 
ler. 

— rig. V. Enthousiasmer. 

EXFLÉ. Blasé. 

E\'FO\CEH. Persiuner. 

— EXFOXCEIl lî.\E POIITE. La 

mettre en dedans. 

« Si tu ne la débrides pas, je vais 
mettre la lourde en dedans. »> 

— S'E\FO.\CER. S*tmpliUrer. 

EXFOriR. Planquer. V. Cacher. 

EXFREIXDUE. Manger la eon- 
sii/ne ou le mot d'ordre. 

EXFUIH (S*). Calter, Camper, Ca- 
rapater, Cavaler, Ckier ou /ïas- 
quer du poivre, C ramper, Crom- 
per, Déraniller, Uccarrei', Défilerf 
Défiler la parade, Défouraillery 
Faire rhibi ou r h ibis, Faire yilles, 
Faire ou se faire fadja, la débi- 
nettr, la fuite, la levure, la paire , 
Faire pat atrot ou la patatrot, Fen- 
dre son cquerre, Filer son cdble par 
le bout (arg. des marins), Happer 

13 



EN F 



— 104 — 



ENG 



le taillis *, Jouer la ou de la fille de 
/'air, Jouer des compas, des flûtes, 
des gambettes, des guibole$, des 
pinces, des quilles, etc. Mettre les 
voiles, Pi*endrela poudre d'escam- 
pette, la tangente, ses cliques et 
ses claques. Se barrer. Se carapa- 
ter. Se cavaler. Se courir, Se 
crarrtper, Se déguiser en cerf. Se 
dé filer, S'épouffei', S'esbigner, S*es- 
carpiner, S'espigner, S^espincer*, 
S*évanouir, S'évaporer, Se fendre 
Pergot, Se la briser, Se la casser. 
Se la fracturer, Se la fi>e>% Se 
lâcher du ballon. Se macaroner*, 
Se tirer. Se tirer des flûtes, des 
gambettes, des gambilles, des gui- 
boles, des pattes, des pieds, des 
pinces, des pincettes, des quilles. 
Se trotter. Tirer sa coupe. 

L:i liberté, la liberté : 
Doyoez-moi du pain el des ailes, 
Donnez-nuuii les plum's des oiselles. 
Les patt's des clebs qu'on puiss' cnlter. 

(Jbuax Rictcs.) 

V'ià qu' ceuss'qui tienn'nt la queu'd'la poêle 
Dans r midi vont s' carapater. 

(Id.) 

A Biribi c'est en Afrique 

Où que r pus fort 
Lst obliffé d' poser sa chique 

El d' fair' le mort : 
Où que r pus malin désc«père 

De fair' cAiôï, 
Car ou peut jamais s' fair In paire, 

A Biribi. 

(A. B.) 

Le journal ajoutait ensuite 
Une, pour dompter les relégués 
Trop enclins à faire la fuite. 
Ou dispose de moyens gais. 

(I*. l'AiLLF.rrr.) 

lu malin, on pénanl, l'empile ; 
lu filou fait la pntatrot... 

(Id.) 

El lui soudain de happer le taillis *, 
Laissant le pauvre sot dcdan<« le margouilli;». 

((iB\;«l»V.\l .) 

Ah ! si j'en dt'fnuraille. 
Ma largue j'enliferai. 

[Chamon de l'arfjot.) 

Crompe, cro}»p>\ mercandière, 
Car nous serions béquillé<(. 

( ViDOCQ ) 



Après mon dernier barbotin. 
J'ai flasque du poivre à la rousse. 

(J. RiCHIPI.X.) 

< Ça gueule comme des baleines 
quaod on n'est pas là; mais sitôt 
que ça vous aperçoit, ça se lire des 
flûtes. )» 

r crie!... 1' gueule!... Ah! mon cochon. 
Faut entend' c' qu'i' Tait un' fanfare. 
Mais quand faut s' fout un coup d' torchon, 
Ya pus qu' nib : i' s' la caue, V * hnrre. 

(Bli^dort.) 

Au lieu de r'moueher les étoiles, 
DécaniUeZy mettez les voiles'. 
La reniflelte est par ici. 

D.) 

« — M'sieu a peut-être bien des 
peines de cœur, sa bonne amie se 
sera cavaléel » 

(R. Maueroy.) 

« — Tais-toi donc î c'est dégoûtant I 
Elles sont toutes à la campagne, 
elles se défilent toutes vers les 
champs. » 

(J. MAam.) 

« r s'est fait l'adj'a pendant qu'on les 
menait au poste. » 

« La gonzesse est seule, le larbon 
chème vient de s'esbigner. ». 

(J. RiCHBPIX.) 

« Un nommé Soudant, condamné à 
huit ans de travaux forcés, avait, 
lui aussi, le plu<« grand désir de 
jouer de la fille de l'air. »> 

(GOBOS.) 

« — C'est de la police. Faites comme 
vous voudrez ; moi, je me tire. » 

(Id.) 

« Si Savoncru s'avait tin^ les guibolles 
la veille de nos noces, je serais 
restée toute pareille à vous : ma 
fleur d'oranger aux balayures et un 
gosse pendu aux estomacs. >* 

(Mahm.) 

't Cet homme gueule comme un putois. 
Je tne trottel » 

(Ali'ho.nse Allais.) 

— S'K.\FriR E.\ GMPORTAXT 
L'ARitKXT dont on est comp- 
table. Bari'fer la cn'SSf\ Manger 
la f/renoui/ie. 



EXGAGEMEXT au 

Piété. Accrocha 'je. 



Mont -de- 



ENG 



— 195 — 



tNl 



EXGAGEK. En parlant dune 
affaire : Engayer, Emjrainer, 

— EKGAGBIi Ai: MOXT-DE- 
PIETÉ. Accrocher^ Clouer ^ En- 
c louer, Mettre au clou. Sur- 
clouer. 

« Mon bogue est occroché pour deux 
thunards et nia giletiùre est clouée 
pour un ciguë. >» 

— S'KNGAGKR l>A\S tWE 
AFFAIRE. S'etnmanclter, S'en- 
filer, S''engriyer^ S'engrainer, 

« Il avait voulu rn emmancher dans 
se? Hanches. »» 

« II s'enfile dans une sale allairo. »» 

« Je ne m'enf/nt/e \)f\s comme (;.i au 
premier trayagr : faut rètîéchir 
avîint d' s'enr/rainer. » 

EXGEXDHEH. V. Accoucher, 
Coller. 

EXGOUGEH ;S\ Avoir des chuts, 
des flumes. 

E.VGRAISSEH. liàtirsur le devant, 
Prendre du bide, du hidun, etc. 
V. Abdomen. 

EXGROSSEH. Kniler, Gonfler. 
V. Enceinte 

EXHAKDlli. \. Encourager. 

— SEMlAliDIH. Se lanrer. 

Mdis voil.i qu«> lu fliinJrin. 
Avec le bon xio, se hinc^ 
Au pi^iiit ({u'a sa pétula(ic«; 
l.a l»tflle doit mcUro tin frein. 

(BHioi.i.rr.) 

EIVIVREH. Bitnrer, lUindry, Hlin- 
docker, Cimjlcv, Cinf/ter le blair, 
le na!<e, le taase, le tuhard, le 
tuhe, etc. , Cocarder, Cuire, (hiiter, 
Culotter, Êmrrhcr, Émt'rillonner, 
Empaffer, Empoivrer, Farder, 
Foutre, flanquer ou coller la ou 
une barbe, la ou une biture, le 
casque, la casqwtte, la ou une 
chique j la cinglée, la ou une cuite, 
la ou une culotte, une nvicuhituri' 
Uxru. des typoL'raphos;, la ou une 



mufft^e, une paille, la ou une pis- 
tache, Grimer, thisottcr. Mettre 
dedans, Monter, .Mûrir, Paffer, 
Piquer le blair, le naae, elc, Plei- 
nifier, Poivrer, Poivroter, Salir le 
blair, le nase, etc. Secouer, Taper 
sur la boule, la cafetière, le cibou- 
lot, le citron, le coco, la coloquinte, 
le saladier, la sor bonne, etc. 
V. Tête. 

— S'EXIVUEIi. Tous lei» verbes ci- 
dessus, à la forme réûc'chie, 
sauf taper; plus : Charmer les 
puces •, Faire cracher ses soU' 
fi(tpcs. Prendre la barbe. In 
biture, le casque, la casquette, 
la cuilc^ la culotte, etc. S'ar- 
rondir, Se clmrqer, S'embrouil- 
Inrder^ S'humecter, Se mettre 

j dans lu bleu, dans les brinde- 

zinf/urs, dans les vignes. Se 
mouiller, Se poisser. Se tuiler. 

— S'EMVREU E.\ ALLANT 
DE CABAHET E\ CABARET. 

Etre de patrouille, Faire la pa- 
trouille. Patrouiller. 

Il faut <]u il ait un' nature 
Pas or<liM «il", ri' corps-la, 
Tous lo-; jours il se hitur»'.., 

1 Bhioi.iet.) 

Toi. tu doutais il(î nii ^chrit'li». 

— Huaii»! j"«'tais plein, lu m appelais ivrofriu». 

— Ou se filinda char un «l«.» sou cMf 

llÙ.r.. LlMbHClFU.) 

C'est nu [lotil \iu [las nn^ciianl 
Mais, à la longue, il vuus hlimloche. 

C'est ra«*ot*hynie, nirrcux, j«?suite, 
Ça ne saurait u\ro au prand jour, 
•."a se fl-nufif p;ir'"ui«« «/^'a cttil*>s, 
V.l ça s'én^'iî en ilaule-( ourl 

(K*«»i:l Ponchon.) 

On va >'en fnnln' >//<<• biture. 
I)oniiiv-nous votre vin clairet. 

il'. iNlIl.tTTh.) 

"abord, ej' suis ri>nd comme un disque 
nï'orroitiiirai pii> pu"< que j' sui*. 
"u'I pis j' m'en foU"-, moi. qu'esl-c" que j' risque? 

(\ li.) 

Si Ie« pro|i' à rien. 
Nom d'un rliii.>n ! 
Ont l' droit d(» v' fiiqu'^r /' hliiirt^ 
Moi i|u'ai ti'ujour«» à faire, 
Ni»m «le Dieu '. 
y p«'U\ Inire un coup d" l»leu. 

(J. lîiCHBm.; 



ENI 



— 196 — 



ENN 



Ah! le vaurieo. legueui,le sacripant! 
r vient encor de m' tirer un' carotte : 
J'y fout cent sous pour s'ach'ter un grimpant 
Et le salaud s'est collé-z-un' culotU ! 
B«n.moi, en r>anch'. qu'ai besoin d'un chapeau, 
J*m en vascomra* lui camoufler mon emplette... 
J*rrai Toir mes crins pisqu'i* fait voir sa peau : 
Au lieu d' galur' j'vas m' flanquer un' catquette. 

(BLioORT.) 

Toi, jamais tu u' tepa/fes-, 
Mais tu grimes V marpaud 
Et tu lui fais ses TalTes, 
Son bogue et son crapaud. 

(L. na Bercy.) 

« Ce méchant reginglard n*a Tair de 
rien, mais il vous iape sur la boute. » 

« Quand les ouvrios pourront se 
r'muer, respirer, voir clair et s' 
laver chez eusses, i's n'iront pus 
*' mûrir; i's rest'ront à la tôle. »» 

« Ils s'avaient tous un peu cinglés; et 
i's pètardaientji'sfsdient du foin. » 

«( Tout se passait très gentiment, on 
était gai; il ne fallait pas mainte- 
nant se cacarder cochonnement si 
Ton voulait respecter les dames. » 

(E. Zola.) 

« Radical convaincu, Taupin, fonc- 
tionnaire, est consulté sur la valeur 
du personnel du haut clergé. 

chargé par son préfet de lui don- 
ner son opinion sur l'évéque du 
chef- lieu, il a envoyé à la préfec- 
ture la note ci-dessous : 

— Rien à dire de l'cvêque. Il se 
tieut à sa place, il est bon travail- 
leur et il ne se cuite pas. » 

(Lk DuniB BuiTEux.) 

«« — Vous voilà en train de vous cuire^ 
ricana le capitaine Fil- de-Fer en 
voyant le lieutenant préparer sou 
t bureau arabe »» ;... moi je suis 
cuit. » 

'( La gamine, que les bour<;^ognes 
avaient déjà montée dès le milieu du 
repas, s'embrouiliardait maintenant 
au point de dire des bêtises. Et 
Firmin prévoyait que, le Champagne 
achevant de la mettre dans tes brin- 
dezingueSj il se risquerait tout k 
l'heure. » 

(H. DoruîiT.) 

n — Vous n'avez pas honte de vous 
poivroter comme un débardeur? On 



ne vous voyait pas vous émécher 
ainsi tous les jours, quand vous 
étiez chez Dularge. » 

(HcaBERT.) 

E\J¥^Ï] .Bâche, Éclairage, Éléments. 
V. Jeu. 

EXJOLEH. V. Amadouer. 

ENJOLEUR. V. Séducteur. 

EXJOLIVEMEXT. Camouflage. 

« — Ainsi, ya la môme Jeanne, du 
faubourg, qu'est grêlée comme eun* 
poêle à marrons; mais a sait y faire 
au camouflage et, la neuille, on n'y 
voit qu' digue. » 

E^JOhl\EH. Camoufler rFinocher. 

« Quelle volupté c'était alors pour la 
pauvre petite de finocher un cor- 
sage ou un coqueluchon qu'elle 
destinait à la promenade du lende- 
main ! » 

(Bauda.) 

ExXLEVER. Emporter, Escaner. 

« — Ya pas d'èmôsse, VemporCra» la 
gonzcsse quand qu' tu voudras. » 

EXXUl. (Embarras, (îène.) Canule, 
Chierie, Deuil, Emmerdement, Em- 
miellement , Emmouscaillement, 
Encrottemenl, Faichiérance, Gau^ 
che, Haire*, Limonade, Marme- 
lade, Mélasse, Merde, Mouscaille, 
Mousse, Moutarde. V. Misère. 

a C'est eun' vraie faichiérance de 
viv' avec ce lard-là î »> 

AU ! vrai, nom de Dieu! que ckierie 
Cré miir raillions d'emtnoiiseaill'mentil 
Fautquej' descend' par ce chien d' temps 
Sarcher madame... ou ben, a crie. 

(Blédurt. 

« Ça n' va pas tout seul c'tte affaire- 
là, ya du gauche à la clé. » 

« Un jeune paysan, uaif et candide, 
va consulter une somnambule 
extra-lucide à qui il demande des 
éclaircissements sur le sort qui lui 
est réservé. La pythouisse de ré- 
pondre : 

— Mon pauvre garçon, vous resterez 
dans la marmelade jusqu'à votre 
âge mur. 



ENN 

Et après ? 

Après? Vous y serez habitué. 

(Hectom Fba.ncc.) 



EXXUYEK. (Importuner.) Asti- 
quer, Barbn\ Bassiner, Baucoter *, 
Bluster, Canuler, Cavaler, Courir, 
Emberquiner, Emboucaner, Em- 
merder, Emmerlucher, Emmieller, 
Emmouscailler , Emmoutarder , 
Empapaouler, Enchariboter, En-> 
crotter. Endormir, Enguigner, 
Enquiquiner, Enrhumer *, Eiitor- 
tiller. Faire chier, débowrer, dé- 
bowrer des ronds de chapeau, 
flaqtier, flasquer, naqucr du fia, 
tarter, tartir, etc. (V. Chier), 
Faire mal. Faire pmer des lames 
de rasoir en travers, Faire suer. 
Galoper, Giberner, Jamber, Lan- 
ciner, Otolondrer*, Raser, Scier, 
Scier le dos, Tanner, Taper sur le 
système. Tenir la jambe. Trotter, 

« r nous a barbés pendant plus d'une 
plombe à nous jacter su' la poli- 
tique. » 

« Le truffard, m^mc intelligent, se 
plie sans trop de rouspétance aux 
exercices, gardes, travaux de pro- 
preté... ça le canule dur, bon dieu ! 
mais enfin, ça lui parait la consé- 
quence inévitable du métier. » 

(Almanach du Père Peinard,) 

« Quand les bas-bleus ne font pas de 
pornographie par crainte de la cor- 
rectionnelle, elles emberquinent les 
populations. » 

(lIicTûR Framci:.) 

« C* que j^ m*emboucane dans c'tte 
tdle! Ça m^ fait débourrer les boni- 
ments qu' j'y entends. » 

• Encore, s'y t' conduisaient au a Grand 
Guignol» de Méténier Oscar, un 
zîgue, ç'ui là, et qu'a été de la rousse 
avec Goron, y aurait rien à dire... 
Tu Vemmiilerais... moins et tu pour- 
rflds faire un mich'ton calé. >- 

(TaOBLOT.) 

n Vous pensez si les gens de chez 
nous sont en peine d'en trouver 
de bonnes pour emmerlucher la 
douane! » 

(E. Brroirat.) 



— 197 — 



ENN 



« — Vous rigolez ici. mais vous vous 
empapaouterez au peloton de chasse, 
je vous le garantis, tas de cosaques ! » 

« On est venu pour lui faire plaisir, 
mais il nous endort avec sa psycho- 
logie, n 

(Dt:BL'!«.) 

« — Ah ! tu nous scies, tu nous fain 
mal à rabâcher trenle-six mille fois 
la même chose. » 

{Le Petit Parisien.) 

« — Quiens, tu m' cours, lu m' fais 
suer, j'entends rien à la politique I... 
Tout (M, ca m' car(del » 

« — Dites-lui (jue je n'y suis pas!.. 
Il me tiendrait encore la jamhe 
pendant une heure... merci! » 

A caiis inc^m' quuod aile ost tout' xeule 
Et v'l;"i pourquoi qu'a m* fait tart''r. 

(A. B.) 

«jii m' fait fîasquer ci' voir euii' pMa*:*p 
Oui paHs' tous les «oirs & traxers. 

(l».) 

Ou prend des nua^rnièr' à quiaz).> an-i 
Pis ou graudit san*» 
(^u'on les peni»' : 
Ainsi, moi, j'aim* ben rou|iill^r, 
J' peux pas travailler, 
<^a m'ummeide. 

(Id.; 

U'aut's enquiqninnt des cauas«ous 
Su' des pist's, des ro'ncours hippiques. 
Auteuil-Longohanips! c'est là qu'y sont 
Tous les marluus d' la République! 

(Jeban Rictus.) 

— S'EXMTYER. Les verbes ci- 
dessus, à la forme rcOéchie 
plus les locutions : S'amuser 
comme une croûte ou un croûton 
derrière une armoire, une com- 
mode, une malle, un piano, 
comme un rat mort, Battre 
morasse *, En avoir plein te cul, 
le fignard, le figne, etc. En 
avoir par-dessus les bretelles. 
En avoir marre, marré, niffe, 
niffé. En avoir son fade, son 
pied, Saigner, Se crever. Se 
faire chier, débourrer, fta- 
quer, etc., Se faire des cheveuj-, 
au sang. Se foire vieujc, Se 
fendre t arche, Semnrrer(\Tou.), 
Se ronger le eut à la vinai- 
grette. Tirer sur sa longe, 

Y. Asses. 



ENN 



— 108 — 



ÉNO 



— 11 arrive qu'on supprime la 
finale de Chier ; ce qui 
donne : Je me faiS'Ch\ tu 
nous faiS'Ch\ ils nous font- 
ch\ etc. qu'on articule : 
FaichCy Fonche. 

Surtout n'y fais pas d' boniments, 
Pendaat qu' je m marre. 

(A. B.) 

« Il ne se doute pas des cheveux que 
les infortuués se font. » 

(J. RlCBKPIN.) 

« Gaston, à qui toutes ces singeries 
tapaient sur le système^ s'efTorçoit 
à sourire; mais, au fond, il s^em* 
bétait comme un rat mort. >* 

{Im Gaudriole.) 

'« — Vous avez assisté au dernier 

spectacle des Esthètes? 
— Ne m'en parlez pas. Je m'y suis 

crevé. >' 

— TU M'ENMUIES ou ÇA M'EN- 
\L*IE. Ah! la barbe! Ah! la 

jambe ! C'est classe ! Lâche-nous! 
Lâche-moi le coude! 

« — Encore tes histoires de mé- 
nesses?... Ah I non, la jambe I « 

« Ne r'biffe pas àm'jacter de c'ilanche- 
là! Heinî dis-donc, c^st classe! » 

« — Lâchez-nous le coude avec votre 
politique... Lisez les assassinats, 
c'est plus rigolo. »> 

(E. Zola.) 

EX^X'YEUX. La plupart des par- 
ticipes présents, pris adjective- 
ment, des verbes signifiant En- 
nuyer; plus : Dassin, Bassinoire, 
Canule, Cramponnant, Crevant, 
Emmerdeur, Faichiérant, Foutant, 
Guignolant, liasoir. 

— S'appliquant principale- 
ment aux personnes : Bar- 
bier, Crampon, Endormeur, 
Jambier, Lavement, Marqué à 
la fesse, Meuble *, Outil, Pata- 
gueule*. Purge, Raseur, Re- 
mède. V. Importun. 

L'un lui disait d'un Ion morose: 
Je n* suis pas là, jeane importun; 



) 



I Voyez-vous pas ma porte cloic ? 
L'autre disait : Vrai, quel bassin'. 
(Raoul Ponchon. 

Or donc, dès ce soir je m'insurge, 

Car, vovez-Tous, 
C'est un vrai remède, une purge 

Que mon époux» 

(BaiOI.LBT.) 

Tour engraisser ces emmerdeurs^ 
Vive r gringal des sacré-cœurs ! 

(P. Paillbtte.) 

« Excuse-moi, cher ami, je viens 
d'être la proie d'un cruel raseur 
qui m'a tenu par le bouton de mon 
manteau durant vingt bonnes... 
vingt mauvaises minutes plutôt. » 

(Alphu?cse Allais.) 

« Un marchand d'antiquités disait un 
jour à Vivier : 

— J'attends une pièce des plus 
curieuses : la dernière bassinoire 
de Louis XIV. 

— Madame de Maintenon! s'écria 
Vivier. » 

(D^ GaftGOiBE.) 

« — Nous ne serons plus obligés de 
nous aimer en cachette. 

— Une fois par quinzaine! 

— ... Avec un luxe de précautions et 
une richesse de trucs! C'est que ton 
crampon de femme avait joliment 
l'œil. » 

(Michel Pmovlns.) 

« — Eu i,sonmie, tout ça devient 
rasant. 

— Sûr! 

— Le commerce se plaint. Les théâtres 
ne font plus le sou... » 

(POXTAILLAC.) 

« Bref, ej' chine tout c' qu'est cava- 
tant et débectant! Les orateurs 
jambiers et leurs salades faichié" 
ranteSf les cabots canules et les 
pièces rasoirsj les iournaleux tan- 
nanti et leurs flanches guignolants, 
faut qu' tout y passe ! » 

H — Je viens de subir un fameux 
lavement. 

— Qui donc? 

— Ma belle-mère est restée plus d'une 
heure ici. » 

(Hectob Fka.ncb.) 

ÉXORME. Bœuf. 

« La petite, pour ses débuts à la 
Scala, a remporté un succès bœuf » 



ENO — 199 — 

ÉXORMËMEXT. V. Beaucoup. 
EXRAGÉ. Kngamè\ Ergame*. 



EXRAGER. Groumer, Prouter, Re- 
nander, Rcssauter, Tnber. V. Co- 
lère. 

— FAIRE KMIAGER. Faire 
grimper ou monter. Mettre à 
cran, à renuud, à ressaut, àtube. 

ENRICHIR (S'). Faire son beurre. 
Mettre du beurre dans ses épinards, 

E3ÎROUÉ. Qui a un ou des chats 
dans la gorge, une carotte dans le 
plomb, un poireau dans le cornet. 
Qui a bouffi*, du chat, Qui a une 
voix de cassis-cognac ou une cra- 
pulite. 

EXROUEMEXT. Carotte dans le 
plomb, Poireau dans le cornet. 

•t Aile a pas pu pousser la sienne, 
aile avait une carotte dans l' plomb. » 

— K.^ROUKHEXT RÉSULTAIT 
DE LIBATIONS OU de uoctam- 
bulisme. Crapulite, Crapulite 
niguc. Voix de cassis-cognac ou 
de cassiS'Cogne, de sirop-cognac, 
de sirop de gomme. 

Et commo l'on dut, la veille. 
Fumer, gueuler, pintcrtout à la ht'u. 

On a. quand on se réveille, 
La crapulite et la gueule do bois. 

« De sa voix de cassis-cognac le vieil 
adjudant reprit son habituelle 
antienne en l'accompagnant d*un 
juron bien senti. » 

ENSEMBLE. Enciblc ou Ensible 
(corrupt.). 

ENSUITE. Alorsse, Aprùs ou sur 
ce coup-là, ce coup de temps-là. 
Pis (corrupt. de Puis). 

• Su' c' coup d* temps^là, tous les 
cabjis l'ont t'nu à Toeil. » 

D'abord faut pus d' gouvernement, 
Pis faut pus non pus d* République, 
Pua d' Sénat et pusd' Parlement... 

(A. B.) 

ENTASSER. Fig. V. Économie. 



E.NT 



ENTEXDRE. Esgourder, hocher. 
V. Écouter. 



— Dans le sens de Com[»ren- 
dre. Entrarer. 

— s>:\TE\DRK. V. S'accorder. 

EXTEHRKMKXT. Trimballage de 
refroidis, 

— ENTERREMENT DE PETIT 
EXFANT. Êperlan. 

— ASSISTER A U.\ EXTERRE- 
.MEXT. Aller manger du pain 
et du fromage, Aller faire sauter 
un lapin. 

«I — Pas (le blagues, dis donc, Julie, 
fit le vieux en voyant la mine 
affreusement tirée delà cartonnière. 
Tu ne vas pas nous faire manger 



du pain 



as pas n 
et au fro 



mxngel » 

(Bal'DA.) 



EXTKRHKR. Envoyer ou mettre 
dans le royaume des taupes. Faire 
manger les pissenlits }yir la ra- 
cine. Mettre au frais. 

— ÊTRE ENTERRÉ. Faire pous- 
ser les roses. Faire des vers ou 
des nsficots, Fumer la terre. 

« — Coco?... Le p'tit coco du Trône?... 
V'Id pus d' trois marquets qu'i' 
bouffe les pissenlits par la racine, 

— Alors, i' fait des vers, ça doit y 
aller; lui qu'aimait la goualante. *> 

E\TÊTÉ. Tcte carrée, Tvte de 
boche. Tête de pioche. 

a C*est-y qu' tu m' prends pour un 
menteur? Quiens, preuve que la 
v'Ià ta permission... Sais-tu lire, 
sacrée tête de boche**. » 

(G. CuOBTILI!<B.) 

EXTJÈTER (S'). Se mettre dans le 
ciboulot, le citron, la sorbonne, le 
toupet, etc. V. Tête. 

c r s'avait mis dans /' citron d' pai 
sortir; ya pas eu plan de 1' fair' 
démurger. » 

ENTHOUSIASME. Emballement, 

« Quelque emballement de femme cu- 
rieuse qui s'aveugle et sMIlusionne, 



ENT 



— 200 — 



ENT 



un de ces coups de cœur ardents, 
irréfléchis qui sont souvent la der- 
nière figure des cotillons de Thiver 
et ont la durée d'un feu de paille. » 

(COLOMBIME.) 

ENTHOUSIASMER . Allumer , 
Chauffer^ Emballer. 

«Il a passé pour avoir fait des 
ravages dans le cœur des Pari- 
siennes du meilleur monde, quel- 
que peu névrosées et toujours 
prêtes à s'emballer pour un excen- 
triaue que la mode a mis en 
vedette. » 

(Maorice de Kébouam.) 

ENTHOUSIASTE. JEmhallé, 

« Nous nous rappelions le beau temps 
de fièvre et de mirage où dans le 
monde, toutes ou presque toutes, 
emballées à fond de train, nous 
avions pour ce soldat piaffeur des 
yeux de Chimène. » 

(Coi.OMniNE.) 

ENTRAIXEU. Engayer, Engrai- 
ner. V. Embaucher. 

ENTRECHAT. Aile de pigeon. 

«1 Et les voisines rigolaient ferme à 
voir cette moucheronne de quatre 
ans battre des ailes de pigeon et 
faire le grand écart pour imiter sa 
mère. » 

(DUBOS.) 

ENTRÉE. Encarrade. 

« A mon encarrade chez V quart 
f avais dans la tronche de m' mette 
les arpions sous la quarante et d* 
les donner tous ; mais j^ suis pas 
Tache et j'ai battu niort. » 

ENTREMETTEUR. /Im^assadeur, 

Dariolet\ Éléphant, Marchand de 
bidoche, de viande, Ogre, 

« P. Joseph Le Roux dit dans son 
Dictionnaire comique : « Ambassa- 
deur d'amour, c'est une manière de 
parler qui exprime honnêtement ce 
qu'on appelle en terme libre un 
Maquereau, un vendeur de chair 
humaine. •» Puis il ajoute : « Cette 
différence est cepenaant à remar- 
quer qu'Ambassadeur se dit d'une 



Eerâonne qui porte les poulets et 
illets doux d'un grand seigneur à 
sa maîtresse, comme Mercure por- 
tait ceux de Jupiter, G. ceux du 
maréchal de *' a Paris, et le duc 
de *** ceux du Roi lors de ses 
amours. Au contraire Maquereau, 
c'est ordinairement quelque filou 
qui fournit du gibier aux acadé- 
mies d'amour, dites Bordels. » 

— ENTREMETTEUR DE PÉ- 
DÉRASTES. Rouspant ou 
Rouspont. 

ENTREMETTEUSE. Ambœfsa- 
drice^ Dabe, daronne, doche ou 
mère d*occase^ Entraîneuse, Lan- 
ceuse, Maca^ Macca, Macsée, Mar- 
chande^ fourgueuse, soliceuse ou 
vendeuse de barbaque^ de bidoche, 
de blanc, de poules, de viande y de 
volaille (indistinct.), Mère maca^ 
Mère ogresse^ Ogresse, Rabatteuse. 

Or, uo jour, la mère maca 
Qui rabattait pour ces antiques, 
1/aperçutet la relaqua. 
Car, il Tallait à ses pratiques. 
Des roomignardes sans nichons, 
Des fillettes aux formes grêles, 
Des mignonnes pâles et frêles. 
Pour les amuser. Vieux cochons ! 

(A. B.) 

Tu parl's d'avoir un' dab' d'oecase. 
Un' mat»€ qu'amèu les poireaux?... 
J'aim' mieux qu' lu raroèo' à la case! 
Tu les Tras p't-ét' pas aussi gros 
Ou'arec ta fourgueuse d' volaille; 
Mais Vogress\ c'est pas ton ognon : 
A t' Trait masser tout' la joumaille 
Et kMulott'rait tout... not' pognon. 

{L. DE Bbrct.) 

« La vieille dame qui vous servit ce 
soir de chaperon, entraîneuse d'ime 
utilité reconnue et digne de notre 
estime, vous expliquera dans l'inti- 
mité, et non sans quelques anec- 
doctes à Tappuif le mot et la 



chose. » 



[Kvj^t Maisehot.) 



ENTREPRISE. V. Affaire. 

ENTRER. Embarber, Emboîter, 
Encarrer, Encasquer, Enquiller, 
Entiffer, Entôler, Enturner, 

« Au moment qu* yembarbe dans ta 
piaule, y dégotte la Méloche en 



ENT 



— 201 — 



ÉPÉ 



train de s' faire téter la pAche par 
le gas. » 

On a bouclé la lourde : 
Midi pour emhoUerl 
Mézigue est pas falourde ; 
Il va la débrider. 

{yieille chanson argotique.) 

Pour ta poir' je m'erapaume! 
Et, tirant le loquet : 
Eneanr', bonit la môme, 
Tu seras mon maquet. 

(Id.) 

J'enquitle dans sa cambriole, 
Loufa malura dondaine. 

(Chanson de Vi'Iocq.) 

Mais si. pour entôler en douce. 
Tu vois que c'est trop durillon, 
Avec Jacques d'une secousse 
Entife dans la condition. 



— ENTRER DA\S UNE AF- 
FAIRE. Engrainei'j Être de la 
binaise. V. Combinaison, Em- 
baucher. 

EXTRETEXEUH. V. Amant. 

EXTRETEXIR une maîtresse, un 
amant. Casaiiery Éclairer y Ra- 
quer ^ etc. (V. Payer), Engrais- 
ser, Protéger. 

Sûr que non... i's peuv'nt tous crampser 
Si n*ya qu' moi pour les engraitser. 
J'en veux pus d'marlou!... ca tous croûte 
Tout c' qu'on gagne et tout c qu'on gagn' pas... 

(A. B.) 

« — Le cercle de papa? On le con- 
naît I Cest une petite rousse des 
Fantaisies qu'il protège depuis 
trois ans. » 

{Le Diable boUeux.) 

EXTRETEXUE. V. Prostituée. 

EXTRETIEX. V. Conversation. 

EXVOLER (S'). Cava/er, Secavaler, 
Se tirei* des plumes, et presque 
tous les verbes signifiant S'en- 
fuir. 

« Le môme avait laissé la porte dé- 
bouclée et, quand la dabe est rentrée, 
le fifl s^avait cavale de la roquette 
à serins. » 



EXVOYER . Balancer , Foncer. 
V. Caen. 



(( 



— ENVOYER PROMENER. 

V. Promener. 

ÉPAXCHER (S'). Déclaquer. 

« — T'en as gros su' 1' cœur?... 
Déclaque, ma vieille, ça t' fra du 
bien. >• 

ÉPARGXE, ÉPARGXER. V. Éco- 
nomie. 

ÉPAULE. Courbe, Endosse. 

— LES ÉPAULES. Bascules, En- 
tablement, Plaquantes. V. Dos. 

» Tu parles, il a les pognes comme 
des courbei d' morne; alors tu 
piges quand il laisse tomber ça! »i 

ÉPAILETTE. Patte, 

Son rêve de tireur au grenadier 
était de porter la palle verte de la 
section hors-rang. » 

— ÉPAVLETTES D'OFFICIER 
SUPÉRIEUR. Graine d'épi- 
nards. 

— COXTRE-ÉPAULETTE. Ga- 
lette, Patte de crapaud. 

Noble galette, que ton nom 
Soit immortel en notre histoire, 
Qu'il soit embelli par la gloire 
D'une brillante promotion. 

( Chanson ni itita ire . ) 

Les musiciens d'infanterie, jus- 
qu'en 1876, ont porté la patte de 
crapaud jaune et rouge. » 

ÉPÉE. Aiguille, Aiguille à tricoter, 
Artie •, Astic *, Flambe, Fourchette, 
Gandille *, Gaudille *, Guindrelle *, 
Joyeuse, Lardoire, Paille de fer^ 
Spada ou Spade (hispanisme], 
Tangente au point Q ou simpt. 
Tangente (arg. des polytechni- 
ciens). 

« Vaiguille à tricoter a donné ferme 
ces jours-ci; rien que pour cette 
dernière semaine, l'Affaire a amené 
entre journalistes cinq déjeuners à 
la fourchette. » 

(J. P.) 

(( Le colon tira sa lardoire et fit son- 
ner au drapeau. » 



« 



épe) 



— 202 — 



ÉPO 



« — A toi-z-à moi la paille de ferl 
s'écria le réserviste une fois en 
garde. 

— On ne cause pas sur le terrain I 
gronda le maître d'armes. » 

a Le bicorne sur Toreille, la tangente 
battant la botte, notre conscrard, 
fier commer Artaban, descendit le 
bour Miche jusqu'au quai. » 

— ÊPÉE-BAIONXETTE. Cure- 
dents, Curette, Spatule, Spatule- 
curette. V. Baïonoette. 

ÉPERVIKK. (Pèche.) PrUon. 

ÉPICIER. Cornichon, Épicemar, 
Êpicemincef Épice-vinette*, Épine- 
vinette *. 

u Parait qu'on décore maint'nant les 
épic'mars, les cabotins, les bistrots 
et m^me les infirmiers et les infir- 
mières. >) 

ÉPIER. V. Guetter. 

ÉP1LEP81E. Diguedigue, Embar- 
bernent, 

ÉPILEPTIQLE (FAUX). Batteur 
de diguedigue, Sabouleux. 

(i r flanche dans les quartiers rupes : 
il est batteur de diguedigue. Ya tou- 
jours un poteau avec sézigue qui 
s'amène comme au hasard et qui 
fait la manche quand el' trèpe est 
nombreux. •> 

ÉPIXARDS cuits. Bouse de vache, 
Cataplasme, 

ÉP1\E. Picon, 

« — Prenez garde aux picons, dit la 
fleuriste en me tendant les roses. » 

ÉPIXGLE. Piquante^ Têtue. 

Tenez, ma tante, 
Vot' jupon est Tendu ; 

Vlà-z-un* piquante 
Pour qu'on n' vous voi' pas V cul. 
{Refrain de caserne.) 

ÉPOx\GE. Citrieme, Indiscrète. 

ÉPOUSE. Associée^ Bergère, Boite 
à chagrins, ^Bourgeoise, Choléra, 
Crampon, Éponge (à-peu-près). 



Gouvernement, Légitime, Largue, 
Marque, Marquise, Panaris, Po^ 
tence. Scie, Tortue. V. Femme. 

« — Pierre est un bon copain, arfir- 
luait le contremaître ; mais c^est 
embêtant qu'il vienne toujours avec 
son f^^soczé^. Il devrait bien de temps 
en temps laisser sa sc/6 à la maison. 

— Sûr! appuya Eugène, si j'avais une 
boîte à chagrins comme la sienne... » 

Me v'Ià, I^ur', V éponge à Polyle. 
C'est un beurr' comm' nous nous aimons, 
Mon homme et moi nous somm's l'élite, 
La fleur, la crèm' des buil's Chauroont. 

(A. GiLL.) 

C'est pas un' vi' qu' la cell' (jue j' mène : 
J' bouff du pot au feu tout la s'maine ! 
J' m'en vas chan^r d' youvernement. 

« Via Polyte qui s'amène avec son 
crampon ; sûr que y aura du gauche 
avant la fin de la journaille. » 

« Il ne manquait jamais, quand le 

vent soufflait dans les voiles et qu'il 

y avait fort tangage, de battre la 

charge sur la hure de sa légitime. » 

{Les Propos du Commandeur.) 

« Comme ce serait quasiment une 
fête de famille, le mécanicien de- 
manda la permission de venir avec 
sa marquise, exceptionnellement. » 

(II. DCPOXT.) 

« J'arrive ; j' frappe ; ta potence vient 
m'ouvrir et s' met à m'agoniser... 
Si j'aurais un panaris comme çui-là, 
j'aimVais mieux m' passer d' marque 
toute la vie. » 

ÉPOVSKn. Enli/ler*. V. Se ma- 
rier. 

— En parlant d'un noble qui 
s'unit à une riche roturière : 
Fumer ses tenues. 

— En parlant d'un homme 
qui s'unit à une fille mère, 
a une veuve qui a un enfant : 
Épouser ou prendre la vache 
et le veau. 

ÉPOUVANTER. V. Effrayer. 

ÉPOUX. Êpoussetoir, Épouvan-- 
table, Homme, Légitime, Singe. 



ÉPR 



— 203 — 



ESC 



— Les femmes du peuple di- 
sent en parlant de leurs 
époux : Le mien, Le tien, Le 
sicHy Le vôtre. 

— ÉPOUX QUI SE LAISSE 
ME^ER PAR SA FEMME. 

Andiéy Badouille^ Chau/fe-la- 
couche. 

— ÉPOUX QUI S'OCCUPE DES 
SOI\S DU MÉNAGE. Tâte- 
poule. 

— ÉPOUX SUR LE POINT 
D'ÊTRE PÈRE. Monsieur Go- 
dard, 

m Huit jours après notre mariage, 
mon homme découchait. » 

{Le liadical.) 

Et qui que j' dégott', nom d'un chien, 
En allant mett' couler uol' liogo? 
— Chez r ma8tro<|uet du cuia : le mien 
Suçant la bleue avec ton singe ! 

t'/est un chau/f -la-couche, un' vrai' moule! 
Et si c' godot-lâ d'vient godard, 
Ya des cnanc's pour que Tobjet d'art 
Qu' la mômièr' sortira du moule 
Soye r portrait d' son cousin 
Ou' ben celui d'un voisin. 

(Blldoiit.) 

u — Vous avez vu son épouvanlabie'! 
C'est un vrai chauffe- la- couche; 
elle ie mène par le bout du nez. » 

ÉPRENDRE (S'j. Se chiper pour. 
V. Aimer. 

ÉPREUVE. V. Adversité. 

— ÉPREUVE DIMPRIMERIE. 

Suivant que l'Épreuve sort des 
mains du compositeur ou de 
celles du corrigeur après pre- 
mière, seconde, voire troisième 
correction, on dit que le cor- 
recteur corrige en Une, en Deux, 
en Trois, etc. L'Épreuve tirée 
sur la mise en pages se nomme 
Morasse. 

ÉPROUVÉ. A/franchi, Franc. 

« C*est Jean-Louis, un bon enfant; 
sois tranquille, il est franc... J'en 
réponds comme de moi. » 

(M. Mabio kt L. Launay.) 

ÉPURATION de personnel. Lessi- 
vage, Lessive. V. Changement. 



ÉQUIi»EME\T. Fourbi, Harnais 
de grives, Saint-Frusquin. V. Vê- 
tement. 

f< — Vous allez me c rastiquer » tout 
votre fourbi, commanda le double. 
Je passerai À dix heures et tâchez 
(|ue votre boutique soit installée... 
et que ça brille ! » 

ÉQUIVALENT. Kif, Kif-kif, Kif- 
kif hourrico ou simpl. Bourrico. 

Si tu veux <ic la gibelotte 
Que rai:»-tu ? tu prends un lapin; 
Comme tu fauches, saperlotte ! 
Le bU* pour to p<^trir du pain. 

Eh bien, nour le veau à l'oseille, 
Vois-tu, c eî»t Kif kif bourrico : 
11 te faut d'abord d»» l'oseille 
El puis, héla«'. tuer un veau. 

(R. PoSCHOÎt.) 

«< Au lycée où le conduisit la suite de 

l'idylle de sa mère, ses camarades 

l'appelèrent Chactas, sous prétexte 

que Chactas et Ahasvérus, c'était 

kif- kif. » 

(E. La Jecnbise.) 

ÉRECTIOX. Colique bdtonneusc 
ou cornue, Godille (obscène). 

— ÊTRE EN ÉRECTION. Avoir 
des idées, Avoif le bambou, le 
bâton, la canne, la gaule, la 
tringle, la trique, le verre de 
lampe (obscène), liander (id.), 
liandocher (id.), Goder (id.), 
Godiller (id.), L'avoir dur, du- 
rillon, en Vair (id.). Etre en 
appétit. Être dur, duHUon 
(obscène). Porter ou présenter 
les armes, Riocher (obscène), 
Tendre (id.). 

«'Oh! ma chère enfant, ajouta la ma- 
trone, vous pouvez sans crainte 
rester seule avec lui. Il y a belle 
lurette que le vieux sapajou n'a 
plus d'fdées. '> 

{La Gaudriole.) 

ERRER. V. Vagabonder. 
ERREUR. Gaffe. 

ESCALIER. Bricard\ Échelle, 
Grimpant, Lève-pieds, Montant. 

ESCAMOTAGE. Étouffage. 



ESC — H 

ESCAMOTER. Escaner, Etouffer, 
Passer A l'as, au bleu. Se moucher 
de {arg. des joueurs). 

• Réaultatlundenii-milliandWau^^.* 



(Ml 



M.) 



Etou/rti 



IGk.. 



■ — Pourquoi, dem un lierez- voua, ilil- 
on ïu cercle se moucher d'un louii 
pour : voler vingt francs? Pourquoi 
ca régime indirect? alors que ooui 
disioni et dison» encore dans le 
■ens de gagner ou de chaparder : 
Je lui ai mouché see liilles... j'ai 
tnoucki cent lOua à papa. — Pour- 
quoi? Ouvrons l'étude de Cavaiilé ; 
« Le» Flloulerie» du Jeu ■, nous y 
liaoni ; - Lei garçons de jeu se 
mouchent fréqueuiDient au tapis 
vert, ce qui leur permet d'eacnnio- 
ter ua ou deux louis dans leur rnou- 
cboir. L'expression eat devenue 
proverbiale. On dit d'un garçon 

_.. ._ _ ._ .._ j^ quelque 

est mouché 



a foi, I 



îipliw 



ESCAMOTEl'R. Dragueur, Es. 



ESCARGOT. Coquillard, Cornard 
baveux. Légiste. 

ESCLANDRE. V.Bndt, Scandale. 

ESCROC. /lii/'«^'i (pourAigrerin), 
Américain, Arrangeur, Baehotteur, 
Befftur, BHe, Briseur, Carottier, 
Chanteur, Charrieiir, Croc (aphé- 
rèse), Uingueur, Dragueur, Dro- 
guew, Empiteur, Emporleur, Em- 
poutteur, En/ileur, Es (apoc.), 
Estampeur, Faisan, Paisandier, 
Paitant, Faiseur, Franc-bourgeois, 
Fusain, Pusitleur, Grec, UaUre- 
chanteur, Maitre de chant, Min- 
geur, Monteur, ik cou ou. de coup. 
Pratique. Rasta, Rastaquouère, 
Rouspant ou Rousponi, Roustis- 
seur, Soliceur de zif, Tombeur. 
V. Commarc». 



— MéGei-vous, iuaisia le baron, 
méflez-vous ; ce« soi-diaant ban- 
quiers nie font tout bonnement 
I eHet d'babiles arrangeurs. ■ 

Les briieurs gont toua Auvergnats 
et ae prétendent commerçants. Ils 
s'enlendent pour inapirer la con- 
flance à dea tabricants qu'ils trom- 
pent pour une groase somme après 
leur en aroirp&j'ë plusieurs petilei. 
Les marchandiaea briséea sont re- 
vendue; à 40 pour 100 de perle et 
le produit de la brisure est p!ric# 



(ViD. 



Vempousteur eat un escroc, faisant 
métier de vendre à des détaillants 
de mauvais produits dont te pre- 
mier depût a élé, pour les allécûer, 
acheté par des compèrea, » 

C'était un emporleur très exercé. 
Sea victimes étaient les bijoutiers, 
les orfèvres, les fourreurs en re- 
nom, qui lui livraient des marchan- 
dises de prix dans des appartementi 
richement meublés qu il louait i ta 
semaine, quelquefois même à ta 
journée... II faisait passer le livreur 
dans une autre pièce, où il le laîs- 
aait seul en le priant d'atlenJre une 
seconde le régfenient de sa facture; 
puis il filait avei: son butin, h 
(£a Cocarrf,.) 



Le voleur s'extasie sur sa chance. 
11 vient de trouver une bague ou 
une épingle de prix. Il attend que 
le badaud donne aon avis. Si ceTui- 
ci dit : " H Faut porter cet objet 
trouvé au prochain bureau de po- 
lice >. l'homme a'eaquive aani rien 
ajouter. Si le bon bourgeois ne dit 
nen ou admire le bijou, le eharriew 
(voleur à tour d'adresse) le tourne, 
le retourne entre ses doigts, comme 
embarrassé, et dit : a Je ne saurù 
que faire de cela... elle vaut au 
moins quarante francs, cette bague; 
si j'en trouvais vingt francs, je la 
céderais bien!... » Neuf fois sur dix, 
le badaud tombe dans le piège; il 



ESC 



— 205 — 



ESC 



peDBc que rhomme ne sait pas la 
vraie valeur du bijou, puisqu'il 
évalue quarante Trancs ce qui vaut, 
à vue d'oeil, et par le poids, soixante 
ou guatre-vingts francs. Il lâche son 
louis et le tour est joué. La bague, 

3u<ind elle est estimée, vaut à peine 
eux ou trois francs. » 

(La yation ) 

« Un empileur aussi, celui là avec 
son eau bénite de cour! un faisan- 
dier qui vous arrache mille francs 
ou cent sous pour décrocher la lune 
et dont on ne revoit jamais un 
(jfrelinl » 

=< Et alors les cnfileurs^ les rasliis, les 
roustisseurs et \e^ faisants iront 
faire leur prévence en rambrouse. » 

• Il n'a nit'^me pas la ressource de 
dire qu'il arrive d'Amérique. Ce 
n'est mAme pas un rdsiaquouève. » 

(GKoncita OnNir.) 

«t — Filou î r/ts/rt ! lapin! Parbleu! je 
m'en étais doutée. Tu étais trop 
malin au lit! Mais, voyez un peu, ça 
se promène dans les bals, ra relu- 
que les femmes, ça a des bagues 
aux doigts, ça offre à souper. — 
îi l'œil, je parie ! tu es sorti pour 
parler au maître d'hôtel ! — Ça pro- 
met des cinq louis, ça laisse sur la 
cheminée des albums avec des 
princes et des rois... et ça n'a pas 
de quoi payer ses rhapeaux ! >» 

(Catulle MFsnfe».) 

a Quant a sou étymologie, ne nous 
faut-il voir dans rouspant qu'uue 
syncope de « rouspétant », parce 
que l escroc qui fait chanter les 
pédérastes joue l'indignation et 
fait de la « rouspétance » ? ou doit- 
on se rallier à l'opinion de M. L. 
Larchey qui le fait dériver de 
•c rousse » : police, parce qu'il se 
pose en agent des mœurs pour 
faire chanter ses victimes? Il est 
difCfcile de se prononcer. » 

(PUNEI.LI.) 

H — Les anarchistes, fit le farouche 
rond de cuir, les anarchistes sont 
tous des pratiques et des estam- 
peurxl Et ceux qui les soutiennent 
ne valent pas mieux ! » 

{/.a /ienaissnnCt'.) 



ESCROQUER. .Bachottei\ Brisei-y 
Charrier^ Emporter le morceau^ 
Estamper, Faire chanter, Fusiller, 
Monter un arcat *, une drague, 
Roustir, Tirer une dent, Tomber. 

u Mais mézi&fue est un bath zigue 
incapable d' faire chanter ses cor- 
respondants. » 

(TllUMLOT.) 

«« — Avant que la destinée eût fait 
de moi un escroc, j'étais un simple 
fumiste. Disons qu'un escroc est 
un fumiste inti'ressé, ou que la 
fumisterie, c'est de rescro(|uerie à 
blauc. Il n'y a pas de joie plus déli- 
cate que celle de charrier les gens. 

— Charriera 

— Charrier ou promener eu bateau. 
Je vais, tout à l'heure, promener un 
jeune homme en bateau, mais non 
pas k l'œil, el j'attends de lui un 
copieux salaire... Au revoir, ma- 
man. Le diner à sept heures? J'es- 
père vous rapporter du dessert. » 

(TaiSTAîi Bkr?(ard.) 

« Ces gens qui, dès le début de leur 
entreprise, font parade des plus 
sérieuses références commerciales 
et qui posent au négociant notable, 
ne sont ordinairement ciue d'in- 
fAmes fnsiUeurs écoulant à vil prix, 
fusillant les denrées que leur a 
acquises leur éphémère crédit. » 

'< Vous êtes un naïf trop facile à 
refaire et vous vous laisserez rous- 
tir jiis(iu'à la mort. » 

ESCROQUERIE. Arcat \ Brisure, 
Charriage, Chou, Coup de fusil ou 
de pistolet. Drague, Emportage, 
Estampage, Estampe, Poulninte *, 
Roustis!iure, Tombagc. 

« La bande noire possède dans le 
neuvième et dans le dixième arron- 
dissement deux maisons spéciale- 
ment affectées aux coups fie fusil. 
Dans ces entrepôts de la tîibuste on 
trouve tout : cas de soie, chrono- 
mètres, vases de nuit, éventails, 
galoches, ombrelles, pianos, rai- 
siné, photographies obscènes, cly- 
sopompes, diamants et bonnets ae 
coton... c'est uncapharnaum indes- 
criptible. '» 

(Ho«iSR-(ÎKISjN.) 



ESP 



— 206 — 



EST 



ESPION. Capon, Casserole, Cuisi- 
nier^ Fileur, Friquet, Gobe-mouche, 
Macaron, Mireur, Mouton, Son- 
deur. Roussi. V. Dénonciateur. 

— L'Espion se désigne encore 
par les termes qui signifient 
Agent de police. 

« — Ceux que j'attaque, ce sont ces 
reporters sans vergogne qui ne 
craiffnent pas d'aller parmi les cas- 
seroles recueillir les cancans de 
cuisine. » 

(GORO.X.) 

« J' n'offre pas ma confiance au pre- 
mier venu et encore moius aux 
roussis. « 

(MACft.) 

ESPIOXXAGE. Cuisine, Filature, 
Macaronnaye, Planque, Sondage, 
.^onde. 

« La cuisitie a été longue : on m'a 
tortillé, retourné. » 

(RODOT.) 

« Le souteneur qui fait la planque 

Eour voir si sa femme travaille 
ien. M 

(Gonoj«.) 

« Souvent la planque est compliquée 
de filature. » 

(lo.) 

<c Le coup avîiit sûrement été monté 
par l.'i bande des Espadrilles blan- 
ches qui avait son (|uartier général 
au Troue; on décida donc d'orga- 
niser un S'tnd/rje sérieux de ce 
côté, u 

\f.a Cocai'ih'.) 

ESIMCKWER. Caponnev, CuUiner, 
Piler, Alacaronner, Moutonner, lie- 
filer, Sonder. 

« Le gendarme me laissa passer. 
Mais craignant d'être filé, je me 
dirigeai vers la demeure de mon 
ancien patron. » 

(Sotieu-Laiminx.) 

Ma sœur est avec Kloi, 
h»nt la S(Pur est avec moi. 
l.' soir, «u" r UoulevarJ, ej' la rfilt*.* 
A BoH'ville, 



Comm' ça j' traga* pas mal de braise. 
Mou beaa-fr^re en gagne autant, 
Pisqu'i* r'/iV ma sœur Thérèse, 
A Ménilmontant. 

(A. b.) 
— espionneu xuit et jour. 

Coucher et lever la personne 
qu'on espionne. 

<i En réalité, le chef de la Sûreté écri- 
vait — pour ses agents — l'ordre 
suivant : 

Ne partez pas. Ce que je vous dis 
de faire est un truc. Regardez bien 
l'individu que vous avez devant 
vous. Il va sortir tout à l'heure. A 
la porte de la Sûreté, désignez-le à 
deux autres de vos collègues, de 
ceux qu'il n'aura pas vus comme 
vous. Filez'ie, couchoz'\e, levezAe 
et ouvrez l'œil. 

Les expressions de « lever »» et 
de « coucher » s'emploient à la 
Sûreté communément, pour indi- 
quer que la surveillance doit s'é- 
tendre la nuit et le jour, à la porte 
des malfaiteurs qu'on file. » 

{Le Journal.) 

ESPKIT. V. Intelligence. 

ESTIMER. Avoir à la bonne, En- 
caisser, Gober. V. Aimer. 

ESTOMAC. Battant, Bocal, BoUe 
à (jaz. Boudin, Bréchet, Estonie 
(apoc). Fanal, Fusil, Gave, Ga- 
riot. Gazomètre, Gésier, Gève, 
Place irarmes. Plomb, Sable*, 
Tire -lire. 

Si (yi'y reviendrait juste d' not' temps 
Quoi doue qu'y s' foutrait dans 1' battant"^ 

(JlHAX RiCTCS.) 

V'ià des poî^t's qui piuc'nt leur lyre 
(Malgré qu'y n'aient rien dans 1' /iiti/), 
V'ià les Parigots en di^lire 
l'ass' qu'v pouss' trois l)rancli's de persil 

(Id.) 

Vou"j m' direi : C'est la Toison d*Or. 
1,'u ordre royal qu'on accorde 
A FV'lisque pour l'honorer... 
fis ça \ tiendra chaud à c't homme 
De s" mette un mouton su' Vfstome... 
... hrôle d' nnniôr' de s' di^corer!... 

(A. B.) 



EST 



— 207 — 



ETE 



Au cidre! aucitire! il Tait chauJ. 
Va encore à 1' rave! 
[)ii cidre il Ta ut 
Plein la gave^ 
Ou cidre il faut 
Plein r gariot. 

(J. lllCHflM.N.) 

Au cidre ! Au cidri)! il fait chaud, 
J* m'emplis la ttr'lirc. 

(lu.) 

« On appelle les jambes des pincettes : 
les bras, des allumettes; la figure, 
une trompette; et restomac une 
botte à gaz. >• 

{Les Loculions vicini8''s.) 

« Quand notre hongre n'avait rien 
dans le faunl, la seule promesse 
d'un bon déjeuner Taurait fait con- 
sentiraux plus périlleuses besognes; 
mais une fois le gésier gnrni, l)er- 
nique ! plus d'homme. « 

« — Passe-toi ça dans le bocal, fiston. 
11 fait froid ce soir et il faut nous 
capitonner la pince d'armes. » 

— KSTOMAC FATI(;i'f:. Eslo- 
mac en meringue. 

« Un vieil homme qui avait tant hu 
qu'il avait Veatomac en merinifue. » 

f'HOYS\IA>S.) 

- SE MKTTUK ^^UEL^IUE 
CUOSK DANS L'ESTOMAC. 

Se le coller dans C fu^il, sur la 
conscience. 

« En mi'me temp^(, il leur tendait à 
chacun un morceau de pain. Et, 
pensant que l'aîné, ({ui lui parais- 
sait plus digne do sa conversation, 
méritait quelqu»? encouragement 
spécial et devait «''tre débarrassé 
de toute hésitation à satisfaire son 
appétit, il ajouta en lui donnant la 
plus grosse part : 

— Colle- toi çti dans le fusil. » 

(Victor Hrr.u.) 

« — Allons. c(dlc-foi ça sur la cons- 
cience, lui dit la bonne femme en 
lui tendant un bol de bouillon. » 

J. Lanohf.) 

ESTUOPIK. ^tropiat. 

1 C'est un bistrot où qu' vont tous 
les bombés, les béquil lards, les 
berlus et les stropials et où qu'i's 
s' rencar«lent les uns les autos sus 



les coiustos où 1' trèpe est 1' pus 
bnth. » 

— FAUX ESTROPIÉ. Piètre. 

« Quand son infirmité était feinte, le 
malingreux devenait un piètre ; et 
le piètre était toujours de mauvaise 
roncontre. »» 

KTABLK. Poiif les bôles bovines. 

Cornière. 

— Pour les ovines. Mornière. 

KTABLISSKMKXT. Taule, Tôle. 
V. Boutique. 

KTAIX. Knime ou Écume de terre, 

Lermon '. 

ÉTALAIiK eu plein vent. Abat- 
taue, 

« L* liorgne envoyait dos salades à 
tous les fourgues fju'avaient étalé 
leur ahnttage jsu' l rade du boni' 
Richard-Lenoir. »> 

KTAMKR. Lermoncr\ 
KTAJIIEl'n. Êcumcur. 

KTAT-M A J O l\ . Corps • de-pompe, 
Les eau.r grasses, La graine d'épi- 
nards, Les grosses légumes. 

« A l'École de cavalerie de Saumur 
et à l'École sp«'ciale <lo Saint-Cyr, 
l'état-major est sunionim(S corps- 
df-pompe par les éb'ves-officiers. »» 

« Il avait cependant l'ospoir de faire 
bientôt partie dos eau.r-grasse.'t et 
de voir ain?i reculer sa limite 
d'âge. » 

ÉTÉ. ¥Aochc, Jaune. 

nuan.l cVsl Vètoche on [mîuI, dans 1* jus 
l'i«|inT de-» lroiich<»'«... 

''Bi.M">iiT.) 

ÉTELXDRK. Étrangler. 

« — L'o-xtiuction dos frux rsl sonnée, 
cria le caporal i|u'ou surnonimnit 
le Pariiîot; étranglez la calbombe 
et tâchez de la boucler, vous 
autres. >. 

« C'est une dette qu'il faut quo j'é- 
trangle si je no veux pas avoir des 
ennuis du coté du |)aterne!. >• 



ÉTÉ 



— 208 — 



ÉTO 



ÉTEXDRE. Affaler, 

« L'hercule affala son tapis, aux 
coins duquel il plaça ses poids et 
ses haltères, jeta son paletot au 
joueur d'orgue et commanda : « En 
avant la musique! » 

— S'ÉTENDRE. Affaler, étaler 
sa barbaque, sa tidocfte, son 
gnasse, sa viande, 

« Il avait étalé sa viande, su^ V talus 
des fortifs et i' ronflait à poings 
fermés. » 

ÉTIRER (S'). Allonger son veau. 

« — V'ià le veau qui s'allonge, dit le 
contre-coup, en voyant s'étirer 
l'arpette; le cuir ne sera pas cher 
cette année! » 

ÉTOILE. Pileuse, Louchette, Lui- 
sante, Luisarde. V. Ciel. 

Moi. j'aim' ça, dormir dans les près ; 
Le foin, c'est pus moelleux qu' la toile. 
Et puis, dans les cieux azurés, 
Souvent j'aperçois une étuile 
Qui vient s' placer juste au-d'ssus ci' moi : 
J'y dis bonsoir à la fileuse. 
Et j' m'endors heureux comme un roi... 
C'est r hon Dieu qui pay' la veilleuse. 

(A. B.) 

Mais quand il est nib de luisarde, 
Quand le Mec des Mecs ne hasarde 
Sur la tifçnc pa^ un clignot, 
J'enquille chez un ligorgnot. 

(L. de: Bcbcy.) 

ÉTO.WAMMEXT. Épdtammcnt. 
« C'était un type épatumment chic. » 

(6'i/ nias.) 

tTOWWT. Bleu, Bouf, Cala- 
pultucux, Êgnafant, Égnaulant 
ou Égnolant, Éj)astrot(Hlant, Épa- 
tant, Êpatarou/lant, Épatoufflant, 
Épaulant, Époilant, Ksbloquant, 
Esbrouffant, Espatrouillant, Éva- 
sant, Obélisfuily Tuant, 

« — En auriez-vous ueur'? 
— Carrément, l'abbé. Vne peur bleue. » 

(H. LAvtt)A^J.j 

« — Et vous ne trouvez pas êgnafant 
qu'il ait le culofde venir, après ce 
coup-là, me taper de vingt-cinq 



louis ? 



{L'Événement Parisien.) 



a C'est égnaulant tout d' mc^me de 
voir des gonciers comme çui-là qui 
s' la coulent douce... » 

« Et c' qu'i' y a iVépoilant, on n'a 
pas rencontré trois vélos. » 

« Un appartement épastrouillant, des 
toilettes obéliscales I Et un train de 
maison ! ma chère... C'est tuant 
tout de môme. Quand je pense 
Qu'il y a trois mois, elle logeait 
dans un garno, boulevard de la Cha- 
pelle! N 

{Le Fin de siècle.) 

« Ça semble espatrouillant, y a pour- 
tant rien de bien malin. *' 

{Le Père Peinard.) 

ÉTOXXÉ. Abafointé, Abalobé. 
Baba, Bleu, Epaté, et près- 

Sue tous les participes passés 
es verbes signifiant Étonner. 
V. Ébahi. 

— ÊTRE ÉTOX.NÉ. En baver. 
En roter (on peut ajouter Des 
rojids de chapeau'^, En être 
comme une tomate. En être 
mort, occis, tué. En être de là 
ou de d'ià, comme un glaude, 
comme une saucisse, comme une 
tourte. 

— Avec une pointe de dépit. 
JVe vouloir plus vivre. 

H — Vous m'en voyez tout bleu, moi 
qui vous parle ! Je croyais à la 
Sibérie. » 

(É. Bemgerat.) 

« Quand on y a dit qu'a le fsait cocu, 
il en bavait; mais, alors, du coup 
qu'il a su qu' c'était avec son fran- 
gin, il eîi est resté comme vne sau- 
cisse, i' n' voulait pus vivre ! » 

ÉTO\\\EME\'T. Épatemeni, Sca- 
rabombe*. 

u Vépatement du bourgeois est en 
France la condition «c sine (jua 
non » de réussite d*un« évolution 
artisti«iue. » 

(K. BERiiBSAT.) 

ÉTOWXEK. Aplomber, Égnaffer^ 
Êgnauler ou Égnoler, En boucher 
un coin. Épater y Epasirouiller^ 



ÉTO 



— 209 — 



ETR 



Épataroufler, Êpatouffler, Épau- 
ler, ÉfioUeTf Esbloquet\ Espa- 
irouillei\ Estomaquer^ Estomirer, 
Occire, Scarabomher\ Tuer. 

• J'avoue que le viol surtout m'eslo- 
mire, comme tous les viols mili- 
taires, du reste, dont la belle his- 
toire de rhumanité nous a conservé 
rtionorable mémoire. » 

(K. Bebuihat.) 

« A m' racontait un vanne qui va 
i'égnauler. » 

« Ravi, le gentleman, époUé, radieux! 
Ma prodigieuse habileté le stupéfie. >» 

(0. AuaiOL.) 

Parait quej' suis dab! Ça inesblonu*'. 
Va p'tit salo. & moi 1' salaud ! 
Ma rouchi' doit tmtt' la berloque. 

(J. KiCIICPIM.) 

Uq désir liltcrtin jamais n'entre en ma tête ; 
Ma femme est pour mon cœur lu seule attraction. 
Jesuis l'époux heureux. Heureux nedit pas béte. 

Ah î ça l'en bouche un coin, vieux gousse ! 

Dit en riant le bel Alphonse. 

(I*. Paillkttb.) 

« Et le pauvre homme était occis 
d'apprendre que sa femme le trom- 
pait avec un gendarme. » 

ÉTOURDI. Lanturté % Lanturlu. 

ÉTRANGER. Hacheur de paille. 
V. Parler. 

ÉTRAXGLEMEXT. Estrangouil- 
lade, Estrangouillemeuty Ficelage. 

« Tu as exploité jusqu'à plus soif les 
pauvres diables; le moment est 
venu de dégorger une petiote part 
de ce que tu leur as barboté... Les 
conditions suivaient Vestrangouil- 
lement des deux morceaux dé salé, 
si le papa ne carmait pas. » 

{Almanach du Père Peinard.) 

ÉTRAXGLER. Chanier à la méca- 
nique, Cherrer au kik, au kiki, 
Dévisser le ciboulot, le citron^ le 
coco, la poire, la t)'onche, etc., 
Donner le coup de pouce. Donner 
un tour de cU, de cravate ou de 
foulard, Estrangouillei*, Faire le 
coup du Père François, Ficeler, 
Seirer le gaviot, le kik, le kiki, le 
sifflet, la vis, etc. V. Assassiner. 



« — Si tu t' jambonues avec son 
orgue, tu boiras ; il est dix fois pus 
costo qu' toi. T'as qu'un coup : 
cherve-ie au kik d'auto des deux 
pognes ou ficeV-le avec ton blave ! » 

« Il avait r flube de s' faire dévisser 
la tvonche par les crèmes d' Saint- 
Ouen. » 

« Il est de la famille de cet autre 
(qu'on a nommé député depuis);... 
un jour on le pince en train de 
boulTer un rat ; la queue lui sortait 
de la gueule, longue d'une aune : 
» T'as bouffé le rat, qu'on lui fait. 
— Mui, un rat? pas vrai, men- 
teurs ! » Qu'il braille, à moitié 
estrangouiiié. » 

( U Père Peinard.) 

ÉTRAXGLEl^R. Ficeleur, Laceur. 

ÉTROIT. En parlant d'un loge- 
ment : En coup de fusiL 

u Un logeuient en coup de fusil qui 
semblait bâti pour une anguille, x 

(Ë. Zola.) 

— Homme aux idées étroites. 
Epicier, Philistin. V. Arriéré. 

phUistin;( de toute robe, 
Economistes et cornards, 
Dites! quel océan dt^robe 
Le clnir lingot, parmi les nardi? 
(Laukixt Tailhade.) 

ÉTROX. Chique, Colombin, Foc- 
tionnaire, Innocent, Orphelin, 
P^che, Rondin, Sentinelle. V. Be- 
soin. 

« Moi j' vas jamais m' tremper 1' cul 
à Asnit'res; tu risaues, en fsant 
une pleine, de t'y faire les dents 
avec un colombin. » 

« —Sais-tu ce que c'est qu'une 
guenon* enfant de dix-sept pères, 
espion (ïorp?ielins de muraille?» 

(Vadé.^ 

Soudain, bell'-maman, d' sa voix d crécelle 

Dit : ■ Comm' on sent Tort ! » 
EU" v'uait d* s'asseoir près d'un sentinelle. 

(Eto. Lbmibciir.) 

A dit qu'a u'aim' pas 1' boudin 

iv c' que, quand c'est dans son as?iulte, 

Ça y fait l'etret d'un rondin. 

(BlAdort. 

u 



ÉTU 



2iU 



EVE 



ÉTUDE de nolaire. Mare aux oies. 

ETUDIAXT en inédecine. Calou- 
quet, Enciutc de la Faculté. 

— Dans les hôpitaux. Carabin. 

— Celui qui remplace bénévo- 
lenieut un externe. Ihnipiou 
ou bcnërolc. 

ÉTUI. Gonjc, Pilchc. 

— ftTiri SIXKKT que les iii.il- 
faitiMirs se carlient dans l'anus. 
Dastrin;/uf, liriufiezinfjuc^JH'in. 

« Le bastrinf/ue est un instrument 
presque classi<|ue dans les prisons 
et dans les l)a«rnes. C'est un élui 
que le prisonnier carhe dans les 
parties \os plus intimes de son 
corps. M 

((JonoN.) 

u Le briiuleziiiffue* c^i uu étui en fer- 
blanc d'un diamètre peu considé- 
rable et de douze à quinze centi- 
mètres de longueur, dans lequel 
les voleurs renferment une lame 
d'acier purifié, taillée en scie, et à 
trois compartiments, qui leur sert 
à couper les plus forts barreaux de 
prison. Comment arrivent-ils à 
soustraire cet instrument de déli- 
vrance aux plus luinutieuses inves- 
tigations des g«?oliers ? C'est ce 
qu'il faut demander au docteur 
Tardicu, qui a fait une étude spé- 
ciale des maladies de la gaine natu- 
relle de cet étui. » 

(Alfiieii Dklvau.) 

« Quand un fagiie (forçat) est supposé 
posséder un plan un le ujet en 
cellule et on lui administre um* 
forte purgation, dont un gâfe ou un 
contremaitre attend patiemment 
les eilets. >. 

'LiABu-C«u;uT«.ii>.) 

— ÉTl'l A EMPnHIM'LS. Hoitc 
à Vandore. 

— ÉTl'l lUC BOUCIIKIi où le 

garçon d'écliaudoir met ses 
couteaux. Ihutirjue. 

EU (du verbe Avoir). Évu (corrupl. 
patoise). 



't C'est dos biens qu'il a évui de ses 
jjarents. »> 

KV\. Les fi<i'<ses, Leurs g-tiasses^ 
Leurs ijniasses, Leurs ynièreSy Se- 
ziëres. V. Lui. 

ÉVADEH (S'\ Camper, Casser sa 
/icelley Chahier, Uebullonner, /)e- 
earrer. Faire cric y Lever le patu- 
ron. Prendre Jacques Déloqe pour 
avocat ou pour prociireury S'atta- 
cher un Indoa, uiik casserole, une 
(fa'nelU\ Sf criqwr, S' esbal tonner, 
V. S'enfuir. 

f'rimipt', oiN*»' la fuel'c ! 
Au baihautlier bouts : m Hrau ! <• 
lit ren(|uille crampfr eeli*-! 
Que tu ^rerbf ;i mise à cran. 

JVl.tis |ia«j hurdii! ; 

I' m'a di'gour.lie 

Kf m'aurait r'Iruiili»' 

Si j'avais f.iit cric. 

Kt — c't'St pas d' la chiuf — 

(^omrae une mai'hino 

Je ma-îsj' et j' m'échine 

i'our qu'il ait <lu fric. 

(L. DE l5r«JY.) 



Ouand tu à'ras di'b<illonn>' 
Ou te inoutrera la iiotto, 
La l)uurri«ia' qui t'a donDÔ. 



(Id.) 



ÉVAXOUIU (S';. Faire la carpe. 
Tourner de Vudl. 

É V A \ O U 1 8 S E M E X T? Digue- 
dique. V. Syncope. 

É V A S I () A . Car a le , Campaue , 
Crampe, Ihcairade, Dèrarre, D^- 
carrement, Levure. V. Fuite. 

ÉVEILLER. Débloquer les clairs. 

— K VEILLER les soupçons. 
liuf/oùter. 

ÉVE\TAI«E. Trimard. 

ÉVEXTEK. Fig. Brûler. 

« Ces demandes étaient presque tou- 
jours tardives et lorsque me 
agents arrivaient, l'affaire étai 
dej i hrûlëe. » 

(0ouo^(.) 



KVE 



— 211 



EXA 



ÉVEXTKEH. Crever la paillasse. 
Entrer ou rentrer tlans le bide^ 
dans le hidnti, dans le r/nm, dans 
le lard, dans le rentre. V. Assas- 
siner. 

ÉVÈQUE. Hichot*, Grand bonnet, 
Hur(^-Hazis *, Prune de M^n^ienr, 
Hochet. 

ÉVEUTUEK (8'). >V di'.carrasaer, 
Se dè'jriinr.ner, Se dcinawher. Se 
démancher le Ir^u fie balle, le trou 
du ♦-•«/, Se dcinanlibuler, S'éjunu- 
Vi>r, Se (jrouiller. Se iirouilb r ou 
se ma'jner le cul, les /V.sse.s, b 
fi'jne, le tal, le train, iMr. V. Se 
dépêcher. 

u Et le lualheiinuix [.ass-iit ses jour- 
nées et une p;irtio de ses nuits â 
se dt^carca>s'^r pi»ur jKtdux rir l'.-ui- 
teur de tou:> ses ni.uix. • 

a Et pendant (pic je reste là, t\w je 
me dcmauclw le truu de bulle à 
ga^rnei* de quoi lui f... a lumlVer, 
monsieur court les assouiuioirs. » 

«I — Allons, ea ne va pas? Émouve- 
Ini pourtant à in linir cet ouvraj^c- 
là pour midi... sinon, du balai! » 

— s'ûvMurL'icu vaim«:mk.\t. 

Envoyer (h's coups de pied aux 
tuûHches. 

ÉVIEH. Uricr (corrupt.). 

« — Tu trouveras la castrole sur la 
pierre du levier, u 

ÉVITEH. Kn parlant des choses : 
Carotter ou Coaillonmr leseirice. 
Couper à, Eschèquer", 

« C'est en vain que le fourrier l'at- 
tendit au café; il avait eouil tonné 
le service, préféi ant au rendez-vous 
du st»us-otr. celui ([ue lui avait 
donné sa moukère. » 

« Les zouaves qui la veille fanfaron- 
naient pour couper aux marches, 
ont lancé polochons et couvertures 
et ils s'habillent en braillant. » 

(G. D'EsPARBtS.) 



— ÉVI TEK LKS <:OHVÉES OU 

le service, le travail conunun. 
Fricoter, Tirer au cul, au flanc, 
au tjrenodier. 

<» — On ne vous voit jamais à l'exer- 
lice; vous ne réfjondez p.is à l'appel 
d'ciize heures. Nous fricotez? » 

Von .1 ({ui luut la iiiHUvai>i' lètc 

Au rr:j;imoiit ; 
I -i tir' an m/, Va font la hèti' 

Inutil'iiU'itt. 

;a. h.) 

.« Du coup, j' uj'ai dit : « Mon vieux 
lapin, si V major s' met dans 1' 
cibuulot d' t'y passer, aux rayons X, 
i' verra bien <|u' l'as juste lape et 
({u' tu veux tirrr au /lauc. Alorss<.', 
i>n t' foutra à la malle pour quate 
jours ((u'i' faudra qu' tu t'appuies 
<'omme rabiot. »> 

( Attentlu que 1' temps qu'i's pass'nt 
à marner l' llini,'ot et à s'envoyer 
la mouise du Iroubade dessale un 
peu tous les tUibards qu'espéraient 
iirrr au f/retiadier en s'enjupon- 
nant connue des gonzeeses ! et qu'il 
en ress' toujours un peu d' ceux-là 
qui renquiir pas au truc ai)rès V 
service. « 

— CKLII ^>i:i ÉIVITI-: LK .SKIl- 
VICI':. Fricoteur, Tireur au cul, 
au flan, au grenadier, 

« Pendant la retraite de .Moscou, ils 
reparurent en f:rand nombre, 
cantonnèrent aussi loin que pos- 
sible tles horions, fricotant au lieu 
de se battre. Ils étaient connus 
sous le nom de Bataillon des fri- 
colcurs. » 

(E.-M. Di Sai.nt-IIil.viuk.) 

M'a n dm ra? mille ^iliernc:)! 
Tas «io tireurs au grenaitier ! 
Pas plutôt quitté les casenie^. 
Ou'ils ri'cltimcnt lo brancardier' 

(L. DE lÎF.UCY.) 

— En parlant des personnes : 
Chicr ou flasquer du poivre à. 

Apr«>s mou <l(>rnier barhotio, 

J'.ii flnsqnè du pDÎi.'re à la rous^. 

(J. lllCHEl'IN.) 

EXAGÉUER. Faire du pallas ou le 
{jrand chiqiiet. 



EXA 



— 212 — 



EXC 



Fttut qae j' te d'mande encor qaéqa* chose. 
Ça s'nit qu* t'aiirs toir an peu mes vieux . 
Vat-7, dis. J' t'en pri\ ma p'tit' Rose, 
Malgré qo t'es pas bien avec eux. 
Je n^ sais rien de c* oui leur arrÎTe.^ 
Vrai, c'est nai pour fair' du pallas^ 
Mais J' Toudrais bien qu* moman m'écrite, 
A Matas. 

(A. B.) 

EXALTATION. V. EnthousiaBme. 
EXAMEN. Colle. V. Élève. 

EXAMINATEUR. Colleur. 

« Toutes les fabriques de « bachots », 
le triomphe de la fumisterie de 
l^éducation moderne, ont leur 
colleur. » 

(Uktob FnANct.) 

EXAMINER. V. Regarder. 

EXCÉDENT. Rabiot. 

a — Aboulez vos quarts, dit le cabot 
à ses hommes, y a du rabiot au 
cahoua. » 

EXCELLENT. Aux pommes^ Aux 
petits ognonSf Choknosoff, Chok- 
nofft De derrière les fagots, Fari- 
neuXf Hurepoix*. V Bon. 

Ma fill\ pour nous dépoter 
De la purée où nous sommes, 
il te faudrait dégoter 
Un lin micbeton aux pommes. 

Et, monté sur ses ergots 
Il tira de sa corbeille 
Un vieux poroard en bouteille 
De derrière les fagots. 

(BaiOLLCT.) 

EXCESSIF. Fort de café, de chico- 
rée j de moka. 

EXCESSIVEMENT . Salement . 
V. Beaucoup. 

EXCITER. Aguicher, Baucoter, 
Paire grimper, Faire monter. 
Faire monter à V échelle, Faire 
mousser, Monter. V. Colère. 

« Elle le savait jaloux, pointilleux et 
susceptible en diable et elle pre- 
nait un plaisir énorme, une sorte 
de volniué à le monter quelquefois 
hors des limites permises, à le faire 



grimper, comme elle disait en s*es- 
claffant. » 

— EXCITEE LES SENS. Agui- 
cher, Allumer^ Portei* à la peau. 

« 11 appelle la femme de chambre... 
et comme il la trouve jolie, il le 
lui dit... très clairement, sous le 
nez de sa femme... il a raison, du 
reste, d*aguicher la petite femme 
de chambre, car elle est diablement 
jolie !...de8yeux!... et un sourire!... 
et une façon de regarder à travers 
les cilsl... et un tact dans la canail- 
lerie! » 

(SCAMP.) 

«c Entre horizontales. 

— Tu sais? ce vieux à favoris blancs 
qui m'a fait Tautre soir une décla- 
ration au Jardin de Paris?... Voici 
deux fois que je dtne avec lui et il 
ne s* allume pas. 

— Méfie-toi, ma chère, il doit être 
de la régie. » 

(HacToa Fa^KOK.) 

« Elle avait la passion des billets 
doux et Tavait inondé de son style 
pendant plus d'un an! Chose 
étrange ! Cette femme ne Importait 
pas à la peau, et il l'avait aimée 
plus que toutes les précédentes. » 

Moutbabos.) 

EXCLAMATION. Criblage, Crible- 
ment. V. Cri. 

EXCREMENT. Confiture, Déflaque, 
Factionnaire, Fumeron, Galipot, 
Crardien, Guano, Innocent, Mar* 
chandise. Marmelade, Moulure, 
Mouscaille, Mousse, Moutarde, 
Orphelin, Plus fine ou simpl. Fine, 
Pruneau , Rondin , Sentinelle , 
Tarte. V. Étron. 

Il veut m'inrnser dans la rousse. 
(*ouranoi pas m' fair* bouffer d' la mousstî^ 
J aim roieuK éV dos. 

(J. KlCHIPl>.) 

« — Mais, nom de Dieu ! que je uic 
dis, sur quoi ce que je marche... 
Est-ce que la couine a dégueulé?... 
Ou bien c*est-il du raisiné?... >' Je 
me baisse, je t&te. C'en était ! 

— De la /î/ie? 



EXC 



— 213 — 



EXT 



— Non, du raieiné... et beaul et 
rouge!... » 

(Hector FaA!<CB.) 

« Y a des tvpes qui pourraient écra- 
ser 36.000 étroQSf pétrir la mous- 
caille de leurs dix doigts... parce 
qu'ils ne sentent rien, c'est-y uue 
preuve que ça ne pue pas? • 

Almanaêh du Père Peinard.) 

Toor aToir un noyau d' c'rise, 
r V roui' dans la marchandise. 
Que cochon d'enfant ! 

(COLUKttCK..) 

EXCUSER (S'). Hcngracier, S'a- 
platir, 

EXÉCRABLE . Rogate , Houpey 
Roupie, V. MauTais. 

EXECRER. V. Détester. ^,^_.^ 

EXÉCUTER. V. Fusiller, Gnillo- 
tinar, Pendre. 

EXÉCUTEUR. V. Bourreau. 

EXHIBITION. Guignolarde (arg. 
des forains). 

— EXHIBITION TROMPEUSE. 

Tombeau des pantoufles (id.). 

•■ — Avec son gonsc de satou des 
Batignolles habillé en sauvage, il 
pourrait mettre sur son entre-sort : 
u Au Tombeau des Pantoufles, « 

EXPECTORATlOiX. V. Crachat. 

EXPECTORER. Glavioter, iirail- 
lonner, Molarder. 

<■ Avec des raclements de gosier qui 
rauquaient crapuleusement, il ra- 
menait du fond de sa poitrine 
quelque mucosité gluante et la lan- 
çait en Pair d'un long jet sifflant, 
comme s*il eût voulu a toutes leur 
cracher à la face. 

Mais cela ne le dépoétisait point, 
même cela : et beaucoup, la nlupart, 
pour tout aire absolument loUes de 
lui, allaient jusqu'à trouver quil 
molardait d*une façon chic. » 

(J. RlCHlIM!!.) 



joue^ en mouille, en pince, Qui sait 
y faire, 

il en qratV. Lui, sa feoinM, su flllo. 
Tout V monde y touch* — c'est en famille. 

(P. pAiu.rrTB.) 

r sait y faire à c' Iruc-là 

Et va pcrsonn* qui yen r'raontre. 

EXPLIQUER. Ronir. 
EXPLOIT. V. Action. 

— EXPLOIT D'HUISSIER. Fa/fe 
à douleur, 

EXPLOITER. V. Abuser. 

— EXPLOITER L\\E RELA- 
TION. En Jouer, 

« Depuis que son frère est ministre, 
il en joue. >* 

EXPLOITEUR. Affamcur. 

(I Et r salaud d* patron, Vaffameur 
ramasse tous ses faffes; pis, i' s* 
barre comme un foireux. » 

EXPOSITION. Rutte aux pègres. 

— Porte monumentale de 
rExposition de 1900. La Sa- 
lamandre, 

« Nous en avons un exemple sous les 
yeux, avec cette affreuse «* Pari- 
sienne » huchée sur la porte de 
rExposition que la belle humeur de 
la foule a si bien qualifiée de 
Salamandre, » 

(COLOUIA.) 

EXPULSER. V. Chasser. 

EXQUIS. V. EzceUent. 

EXTASIER (S'). S*estomirei\ 

EXTORQUER. V. Escroquer, 
Voler. 

EXTRAORDINAIRE. V. luouî. 



EXTRÊMEMENT. Salement. 
V. Beaucoup. 

« ^ Ah 1 mon vieux, nous avons 
EXPERT, adj. Oui en gratte, en I *a/«menf rigolé ! » 



EXTRÊME-ONCTION. Coup d'a- 
éré. Graissage de bottes. Refaite de 



■ Quand I' ratichon a n 
son coup d'aci-é, il a 
aique! Ca y avait 



p^Uquâ pour 
''donnù des 



EXTRÉMITÉS (LES). Aballis 
V. Bras, Jambe, Main, Pied. 

Uaii J'conipNDili pti> qu'on 9' rasf'ln gucul 
four Bigncr d' quoi j y foui' du pim. 
El' (riïail... ('estrt qui noni eriie. 
HCm- tci ceui qu'eiHei nifiii i>fiti). 
Vlà porquoi dop j' m'sl ml» en ((i*'o.. 





FABIIICAMT. Mu'iuilkur. V. le 
nums des divers ror|i< d'ùlal. 

FABltlltlj'E. V. Atelier. 

FABRIIJL'KR. Ha<iuill.;: 

PACt:. V. Vwago. 

FACE A FA<:K. Eu qua.antu. 



. Une rois 
doniii' ea 
geura. ■■ 


cri qiiaianU. V %' 
«ians les prnndps 


(nr 


FACIIEII. 

A resxaut. 


MeUvc-t <T(ii(,'i rcn 


oml 


- Ça m' mel 
rombières 
vouloir e 
gironde. » 


<i lube i|unini j' voi 
nussi roU|iP* s" un' 
user 1' iit.irida i 


dp 


— SB FACHER. Èlre o 
mettre à rran, à renaud. 
firOMiner, .Vousaei; Proiiter 
Ur. V. Colère. 


ctc 



r///, Pm^ durillon. 



n II ni' pouvait |ias dt'iiiurgcr en plein 
leliiit, les .'/riipterj tie gdfe loi au' 
raient di'tnciiiS des pruneaux, h 

I AUAISEK. Chichh. ■ 

KAGOTKIt. I''ig. Bouti'iaer, Snlio- 



FAinLKSSe. HoUa^^e 
FAIBLIR. Fluni-bfr. 



FAI 



— 216 — 



FAI 



H ~ Dis donc, uion trac! Je suis ner- 
veux, comme ça, avant, mais, sur 
le terrain, je ne flancherai pas, tu 
sais! » 

(J. Marni.) 

FA1E^XE. Agate^ Ferlingante \ 
FAILLI. Binellier. 

FAILLIR. Fauter. 

'< Elles se montraient impitoyables 
pour la malheureuse, non parce 
qu^elle avait faulé, mais parce 
qu'elle n'avait pas eu Tesprit et 
rhabileté ou la chance de cacher sa 
faute. » 

(Albert Cim.) 

FAILLITE. Binelle. 

— FAIRE FAILLITE. Melh^ la 
clé sons la porlCj Montrer son 
cul, Passer en liineUe^ Se dé- 
culotter, 

« — Beaucoup de faisants vivent en 
famille ; frères, beaux- frères, oncles 
et cousins exploitent souvent la 
même entreprise, qui les nourrit, 
eux et les leurs. Cette union a sa 
raison d^étre en ce que la faillite 
ou hinelle ne doit pas interrompre 
la faisanderie. Lorsque le chef d ex- 
ploitation, qui est toujours marié 
sous le régime de la séparation, 
aura mis la clé sotis la porte, ce sera 
au nom de son épouse que s'ou- 
vrira l'entreprise nouvelle; puis 
quand elle sera binellière à son 
tour, un parent prêtera son nom 
au commerce; et, ainsi de suite, 
jusqu'à ce que toute la famille ait 
passé en lunette. » 

« S'il y a des fonds, on s'arrange à 
flaire face aux premières échéances 
de façon à obtenir un crédit plus 
consiaérable. Le lavage commence 
alors, systématique, régulier; et 
après le dernier coup de fusil, le 
faiseur se déculotte, il montre son 
cul, comme disent ces industriels, 
et quand se présentent les créan- 
ciers, il trouvent visage de... bois. » 

FAIM. Pégrenne. 

« Des viocs qui sont pus assez cos- 
teaux pour faire des bouleaux 



cotonneux et qui sont forcés] d 
greffer et d' claquer d' pégrennelsi 
i*s ont pas Tcoeur de s' mett' pilon. » 

— AVOIR FAIM. Avoir la dent. 
Avoir le battant ou Vestome dans 
les gadinSj Claquer du bec ou 
des dents. Danser devant le 
buffet^ Déclarer, Faire balle, 
ballon ou godard. Greffer, 
Piler d'organe, Sauter à la per- 
che. S'enlever, S'envoler, V. Af- 
famer. 

Y a des fois qu'ils sont moins gandins. 
Et mézigu', qu'est tout 1' temps su* l' rade. 
En r'monch' souvent qui batt'nt Testrade 
Atec l'estom dan» le» gadin», 

(L. DB BncY.) 

Pis, j' fai» godard, v'ik que j' m'enlève ! 
Depis r temps qu' je m' tap' su' 1' battant. 
Tout d* mém', ça s'rait rien épatant 
Si j* dégott'rais 1* gueul'ton qne j'rêTe! 

(Id.) 

Qu'un me nomme : alors plus de danses folles t 
Adieu la bonrréeet les farandoles!... 

Ce sera l>ien fait ! 
On pourra, d'un air décent et sévère. 
Danser seulement, quand je serai maire. 

Devant le buffet ! 

(Da5ibl.) 

FAINÉANT. Bain-marie, Balo- 
chard, Balocheur, Bon à nih, Ca» 
leur, Cossard, Couleuvre, Dort^en- 
chiant, Fatras, Faignant ou Fei- 
gnant, Peignasse, Feignasson, Fié- 
mard, Flème, Flemme, Hardi à la 
soupe. Lézard, Loche, Loupeur, 
Malade du pouce. Panade, Qui a 
du sang de navet, les côtes en 
long, du poil, une perruque dans 
la main. Qui est venu au monde 
un dimanche ou un lundi de paye^ 
Qui n'en fout pas une braque^ 
une datte, un clou, un coup, Qui 
ne se foule pas ou ne se la foule 
pas (s.-ent. Rate), Vachard. 

Aassi j' laisse Y chic et les chars 
Aux feignant» et anx galnpiers 
Et j' suis le roi des Balochardt^ 
Des Balochard» qui ta-t-à pieds. 

(J. R1CHBP15.) 

Ces Messieurs!... leur faut des vacances!.». 
Ça font rien pendant les sessions... 
Ça Tient seul ment pas aui séances 
YA ça s'oclroy' des permissions. 



FAI 



— 217 — 



FAI 



Ah : ces députés!... Tas d' feignastesl... 
Et r budget?... Vous yavez rnaclé!... 
L' budget!... ça r' garde pas ros gnasses... 
... Hais quoi qn* j'ai donc' foutu d' ma clé? 
(A. 6. Le* Souloloçue* d'Honoré Constant.) 

Fini de faire les couleurreu ! 
Vais serrer la vis aux braillards ! 
Et faudra, durant les manœuvres, 
Filer droit et doux, mes gaillards! 

(L. DE BcacY.) 

» Il n^aura pas besoiu d'arroser au- 
jourd'hui, le flemmardl Oh! comme 
jardinier, celui-ci, il est complet. » 

(H. Lavidan.) 

« — Oh ! celui-là, c'est autre chose, 
ça a du talent, ça gagnerait ce que 
ça voudrait — si ça voulait travail- 
ler... — C'est un loupeur... — Un 
bonhomme qui a un poil dans la 
main. » 

(Lebmina et Lt.vtQvr..) 

t C'est eun' vraie hche^ eun' dort-en- 
chiant : les brèmes et Y plumard! 
en dehors de ça, a nen fout pas 
un* àroquel » 

FAI\ÉAXTER. Balocher, Battre 
ou tirer sa flemme, BerlaudeVf 
Brimhaller, Cagner, Caler y Cham- 
boler, Chiersurla besogne , le bou- 
leau ^ le turbin y Paire le lézard, la 
loche y la vache. Faire son rond, 
Feignassery Flânocher, Fldnottery 
Flémery Flemmarder y Flemmery 
Foutimassery Lézarder y Louper y Ne 
pas en donner, en fiche ou en 
foutre une broque, une broquillCy 
un clou y un coup y une secousse, 
Rester en tas. Se cristallisery Se 
lesroulerySe graisser les balots, les 
blossesy elc. (V. Sexe), Vnchotter, 

La vrai' vérité 
C'est qu' les Benoits toujours lichent 

Et 8' graiss'nt les batots. 
Vive eul' bataillon d' la guiche! 

C'est nous qu'est les dos. 

(J. RiCHBPIX.) 

Puis, dans un' roulotte, on n* voit rien : 
Tout d'vant vous fll' comme un rébus. 
Pour louper, faut louper en chien. 
L* chien n' mont' pas dans les omnibus. 

(lo.) 

Soopé des faiseurs de systèmes. 
Des économiss's distingués. 
Des fseurs de lois qui batt'nt la flemme ! 

(Jbhah Rictus.) 



L'été V vas fJànocher quèqu'& mois 
Dans les vill's d'eaux et sur les plages. 

(A. B.) 

Sébastien piss' sa conférence 
Devant Matha qui la connaît ; 
La Sacoch' fait son tour de France; 
Moi j' me les roule à Courtenay. 

(P. Paillxtti.) 

« Ça va bien, mais j'ai pas le cœur à 
travailler... Quant à ça, il fait un 
riche temps pour tirer'sa flemme. » 

(0. MiTi.^ini.) 

M Quand ou lui reprochait sa fainéan- 
tise : « Moi, disait il, j'ai dû venir 
au monde un lundi de pave, c' qui 
fait que je suis malade du pouce. 
D'ailleurs, mon dab n'eu fichait pas 
une secousse^ ma doche enfilait des 
perles ; mon grand frangin chiait 
sur le bouleau; en dehors de ma 
frangine, qui ne flémait pas, elle, et 
qui faisait croûter toute la tigne, 
c'était à qui qui calerait le plus... 
Comment qu'on veut que je fei- 
gnasse pas? » 

«i — A midi, c'est encore à vachotter 
dans son plumard ! » 

FAIXÉAXTISE. Cagne, Cosse^ 
Pldne, Flemme, Loupage, Loupe^ 
Maladie du pouce, Vezon. 

« J' t'ai pas écrit, j'avais la cosse. » 

Quand j'ai 1' vezon, aue j ai la cagne. 
Nous uous barrons à la campagne. 

(BLtUOHT.) 

C'est nous qu'est les ch'valiers d' la loupe. 
Pour ne lien fair' nous nous hâtons, 
Sans penser à tremper not' soupe. 

(J. RiCHCPIil.) 

« — La flemme commence à te pren- 
dre ; tu ne vas pas encore en ncher 
lourd aujourd'hui ! » 

FAIRE. Fabriquer, Fichery Foutre, 
Fricottery Maquillei\ Vendre (arg. 
théâtral). 

« — Bonjour, Eh ben? Qu'est-ce 

qu'on fabrique! 
— Mais... on va à la messe, mon 

enfant. » 

(U. Lavedan.) 

H Nous avons dans le quartier le 
boulevard Richard-Lenoir, la place 
de la Bastille et la gare de^Vin- 



FAI 



— 218 — 



FAR 



cennes... Mais là, rien à fricoter, 
c'est plein de feiuiues, plus mé- 
chantes les unes que les autres, 
qui sont jalouses chaque fois 
qu'elles en voient une nouvelle, 
et qui seraient les premières à les 
donner aux agents. >» 

(0 MkTÉMEH.) 

« — Et qu'est-ce qu'on vend, après 

la répétition? 
— Parbleu, on va prendre une vieille 

verte. » 

Vous «lilcs «|ue pour ce quil fiche 
A la Chambre, c'est bien assez, 
Qu'on lo fail cnrore trop riche; 
Tai»oz-\ous, jeuue.s in?ens^H. 

(RàOOL PONCHON.) 

Bloi, dont la bourse est bien gArnie. 
San!» rien /OM/r' j' riçol' n'importe où. 

(r. Paili.btte.) 



— Mi UIE.N 

néanter. 



FAlRK. V. Fai- 



FAISAX. Coco, Fouetteiir. 

« La chaise aux faisans, dits cocos, 
exige l'emploi d'un tilet triangu- 
laire tenu a chaque extrémité. >• 

(Macé.) 

FALSIFICATIOX. Arnaque, Ca- 
mouflaije, Maquillage, Truquage. 

« Il a poissé trois mois pour arnaque 
de ses mesures. Les rats d' cave 
s'étaient am'nés un jour qu'i' s'y 
attendait pas et i's ont dégoté son 
truquafje du premier coup. » 

« Lorsqu'on n'a pas immédiatement 
besoin du produit du coup de fusil, 
on procède à un tnaquiUage de la 
marchandise. » 

— falsifu:atio.\ d'êcri- 

TUUKS, d'actes, de titres. Bra- 
sage. 

FALSIFIER. Arnaquer, Camou- 
fler^ Maquiller, Truquer, 

« Tous les mastroquets camouflent 
la bibine. »• 

(Hf.ctou Francs.) 

u Tout cela cependant était faux, 
truqué dans les moindres détails. » 

(Albxandkb (1ei>p). 



J'ai fait par romblanc(> 
(iironde iarpuecapo 
SoifTant picton sans lance. 
Pivois non maquillé. 

(WiMFn, forçat, iHO. 

— FALSIFIER DES PAPIERS, 

Uraser des faffes, 

FAMILLE. Smala (arabe). 

« Depuis deux jours qu'il était arrivé 
sur cette petite plage avec sa femme 
enceinte, ses doux enfants, ses 
bonnes, ses chiens, toute sa smala, 
comme il disait, Jean-Louis roulait 
de tristesse en tristesse. >» 

(MArilICS MoNTf.r.LT.) 

FAXÉ. Décati, Dt^uommé, 

FAXEK (SE). Se décatir. Se dé- 
gommer. 

FAXFAROX. Crâneur, Crossrur, 
Crosson, Frndard, Fort en gueule. 
Mata (liispanisnfie), Pourfendeur 
de zéphirs. 

« Il croit en imposer en faisant le 
fendard'l » 

FAXTAISIE. Fantasia. 

« — Faites demi-tour, commanda 
sèchement le sergent de planton, et 
allez vous mettre en tenue. Et si la 
prochaine fois vous vous présentez 
en fantasia avec des bottines et un 
faux-col, je vous fais coucher à U 
caisse! u 

FAXTASSIX. Pantabosse. V. Soi 
dat. 

FARCE, subs. V. Plaisanterie. 

— MAUVAISE FARCE. Pied (te 
cochon. 

« Tu m'as fait une vacherie; tu ver- 
ras, quand nous serons devant le 
trèpe, je te jouerai un pied de 
cochon. » 

FARCE, adj. V. Amusant. 

FARCEUR. Fumiste, 

a Celui qui m'aurait prédit ça quand 
nous faisions notre partie au Pro- 
cope, je l'aurais traité de fumiste de 



FAU 



— 210 — 



FAT 



la plus belle eau. Et [pourtant ça 
y est. »» 

iliui.AH MuNTFlL.) 

F A H D . Badiucnii , Cunwuflaijej 
Emaiihue, Maqui^ Maquillatjc, 
Peinture, Plâtre, 

« Ces pauvresîîos so fourrent, pour 
boucher le^ ornirrcs que le temps a 
creusées sur leur vis.i^'»^, des épais- 
seurs (le fiiifiif/eon qu'un uictreur 
évaluerait à cinq couches au mini- 
mum. )• 

« Cette fille est vraiment extraordi- 
naire, elle arrive, à force d'extra- 
va>rnnce de inaffui/lftf/eoido parure, 
à la beauté d'un symbole, à une 
j/randeur caricaturale. » 

(Raitu nr LK Hrkiunne.) 

C qu'ell's pcigii'at l-» m'u'uv, c't'st U'ur figure. 
Le» d'uioi-ell's qui f«>ut iV l.i pnnturt*. 

(I*. Mariniib.j 

Ma Uririie n' s'ra plu« jrirouil»» ; 

Je *crai vior aussi ; 
Faudr.i, pour plain.' au mondi*. 

(llinquaot, friisqu»^**, uuiqni. 

I ViDoCy.) 

La promiOre ft'mnu" 
Qui toucha mon âin«> 
Ëtail une dame 

Très chic, 
Reine de tli«Mtri>, 
Sans chipiou. s:ins /i/dOc;, 
Charmant l'idolâtre 

Publie. 

FARDÉ. liadiifeomvU ima'dU\ Ma- 
quillé, Peint, 

u Ces éphèbes sans ver^'ogne sortent 
badiqeontK'Sy peints counne de 
vieilles coquettes. » 

« Vous t'aies déjà maquillée*. Il n'est 
pourtant pas tard. »» 

(J. >Iarm.) 

— VIEILLE FK.HMK TROP 
FAlinÉE. VieiiJ' tableau. 

FARDEAU. V. Charge. 

FARDER (SE). Faire sa façade. Se 
badigeonner, Se camoufler., S'é- 
maiiler, Se maquiller. Se plâtrer. 

m — Taisez- vous, ma chère, la colo- 
nelle se badif/eonne comme une 
fille; on ne m'otera pas de l'idée 



(|uVdlc .se fait émnillcv quand il y i 
bal à la division. >' 

FARI\'F^. Grenue j (irenu^e. 

FATIGAIVT. Côtclard, Colon, Ct- 
tonneux, Crernnt, Durillon, Es- 
quint an t. 

« — C'est eut' lard, ma vieill' branche, 
d' s'appuyer tout' la rue d' Paris 
avec un* chignole au ligne. C'est 
pus durillon (lue d' ^'ratter du 
pa[)ier dans un burlin^^ue. » 

« C'est un turbin tout c' qu'y a d' 
coton-, aussi il n'a pas voulu conti- 
nuer un Hanche aussi crevant. ^> 

rATIGlîK. Affolement, Esquinte- 
ment, V(Uina(je. 

a II s'allaissa terrassé par 1' affale- 
mcnt et n'eut plus que la force de 
dire : .McrdasI quel vannagel on 
m'y repigj'ra à déiuénager les co- 
[)afus en pleine canicule I » 

« C'est parfois pour eux un dur 
esquinte nient: ils s'y résignent ce- 
pendant. »' 

FATKit'É. OtV, Esquinté, Flapi, 
Qui en a sa claque, son fade, 

« Elle avait fait (luatre heures de 
bécane, elle était crevée. » 

« — Hon Dieu! s'écria-t-il, en ren- 
trant, d'ici au champ de Navets, 
aller et retour à pattes, ye?i ni mon 
fnde\.,. >' 

El lo pauvre vieux, tout /7a;)» , 
S'atTala sur la couverture. 

FATIGUER. Crexicr, Esquinter, 
Haffaler, Vanner, 

« Ça vous crève, des métiers pa- 
reils I )» 

(iitl(itl.hl.) 

«l'est comme Hercule aux pieds d'Omphale. 
Mais il file un mauvais c<»ton 
Qui vous lo vanne et lo raffaU 
Kt le rend gaga, nous dit-on. 
Kt cette gueule qui ^e«^ul'<^', 
Le sot ne la lâcherait pomt. 
.Même s'il y gagnait la quinte... 
La quinte et quatorze et le point. 

Rlkuori.) 



FAU 



— 220 — 



FEM 



FAUSSAIRE. Homme de lettres. 
FAUSSE-COUCHE. V. ACCOU- 

char. 

FAUTE. Glissade. 

« Dans la crainte que son tempéra- 
ment ne rentratnàt à quelque 
glissade, le conseiller avait ordonné 
que « mademoiselle » ne sortit 
jamais sans sa mère. *> 

{L Événement Pariâien.) 

FAUTEUIL. Viochard, Vieillot. 

FAUTIF. Malade. 

FAUX, adj. A Vestoc^ A l'estoryue, 
Arnaqué, Brasé, Chiqué, Du côté 
qu* c est pas vrai. Pour chiquei\ 
Pour la chique ou simpl. Pour, 
Tarte, Tartelette, Toc. 

« Tout ça, c*est des frangins à la 
noix qui font du boniment pour la 
chique. » 

«c — Des amiuches, ça? — Pourl Des 
aminches du côté qu* c'est pas vrail 
Des bourriques! » 

tt C^est même pas du doublé, c'est du 
toc, ça vaut quinze sous. •• 

— FAUSSE CLÉ. Carouble, 
V. Clé. 

— FAUX DEERIÈRE. Faux-Cul, 
Polisson, Sous-lieutenant, Stra- 
pontin. 

— FAUX MOXNAYEUR. Motmi- 
fleur, Morni fleur tarte. 

— Celui qui se charge d'écou- 
ler la monnaie fausse : 
Fournaise. 



« Le faux monnayeur est incorri- 
L'ible. J'ai connu un garçon de café 
faisant commerce de fausses pièces 
de dix francs achetées deux francs 
cinquante à un morni fleur; renvoyé 
sur la plainte des consommateurs, 
et craignant d'être arrêté comme 
fournaise, il abandonna le tablier 
et... fabriqua des jetons, qu*il écou- 
lait dans les distnbuteurs automa- 
tiques. La marchandise qu'il se 



procurait ainsi était revendue par 
sa maîtresse aux enfants en pro- 
menade. » I 

— FAUSSE NOUVELLE. V. Nou- 

▼elle. 

— FAUX PAPIER. Luque % Lu- 
quel *. 

— BIJOUTERIE FAUSSE. V.Bi- 

joaterie. 

FAUX, subs. Lauxfènie, Lof. 
V. Jargon. 

FAVORIS. (Barbe.) Bacchantes^ 
Côtelettes^ Nageoires. 

— FAVORIS COURTS. Pattes, 
Pattes de lapin 

a Chouette le birbe aux bacchantes 
savonnées! Avec sa crotte de pie, 
j* vas acheter du flan à la Vrille, 
ma gonzesse, et me payer un cra- 
pulosl » 

(DUBCT DB LiroicsT.) 

u Jules Ferry était célèbre par ses 
côtelettes. » 

« Ce compa^on semblait avoir dé- 
passé la soixantaine. De petits favo- 
ris coupés en patte de lapin héris- 
saient ses joues creuses ; au-dessus 
d'une bouche en coup de sabre, 
édentée, saillait un grand nez an- 
glais, chevalin et droit. » 

(Hdgcbs 1^ RODX.) 

FEIXDRE. Battre comtois. Chiquer, 
Chiquer contre, 

FEIXTE. Chiqué, Chiquet,Coup de 
chiqué. 

<c II s'était fait porter malade pour 
couper à Texercice^ mais l' major a 
ben vu qu* c'était un- coup de 
chiqué. » 

FEMME. Bergère, Boîte à ramollir 
(obscène), Cathau, Catho, Chauf-^ 
feuse de pieu, Crabesse, Digue^ 
Fébosse,Pée, Fesse, Flome, Ploume^ 
Flume, Fumelle, Galupe, Garce, 
Gaupe^ Gerce, Gigolette, Gonzesse, 
Gouine, Largue, Larque, Lemme- 
fuche^ Lesb(mhe,Lésée^ Lésélemme, 
Lésélemmefuche, Linge^ Manne» 



FEM 



— 221 — 



FEM 



quin. Marque, Marquise , Mékessey 
Ménesse^ Méquesse, Mille *, Mis- 
tonne, Moukère, Particulière, Qui 
n'a pas de peau partout, Rombière, 
Saucisse, Sœur, Toupie, Type^se, 
V. Amante, Prostituée. 

C*étdt un môme assex costeau 
Mais il 'Uit avec ean' eathau 
Uu'était blAche. 

A. U.) 

Faat-i' qa' nous soyons ^tô gnoUes 
D' laisser marcher aux BatignoUes 
Un' féboss' qu'est pas du quartier. 

(Id.) 

Ma mistonne est eun' chouott' ménessf, 

Aile est gironde et bath au pieu, 

C'est c' qu'on appelle eun' nch* gonsesse, 

(Id.) 

Et dir' qu'i's soog' à fair' du plat!... 
Quand on les Tuit avec un linge 
On s' dit : — SAr que c'tte gonzens-lÀ 
Si a pond a va faire un singe! 

(Id.) 

Quelle que suil ta rive, 
Quoi quil advienne, urrife, 
Toujours tu nous échois. 
Gerce de choix ! 

(IIaol'i. PonchoN.) 

El nous avons des moukèret, 
A relte heure dans P.iris, 
Indigènes, rastaquouèrcs 
Frofessionnelles, houris ; 
Des noiraudes et des blanches 
Qui, sous de joli.s dessous 
Exhibent sur quatre planche» 
Une voix de quatre sous. 

(lo.) 

L'une après l'autre — en camarade — 
C'est rupin, mais 1' collage, bon dieu ! 
Toujours la m(^m' chauffeuse d' oieu ! 
M'en p.irlez pa.s ! Ça m rend malade! 

(A. GiLL.) 



« — Hé! dis donc, pige! c* qii'elle a 
une poire, c'tte isœurAà.1 En v'ià 
une qu'on prendra pas d' force! » 



a Au cours de la rixe, Marius, pres- 
que vainqueur, planta son couteau 
ensanglanté dans la poitrine de 
Léa, en lui disant : « Je vas les 
crever tous, mais tu auras aussi ta 
part, sale garce. » 

Mac£.) 

« — Alors, c'est vous qui avez re- 
pêché cette particulière qui se 
néyait? » 

([«RRMiXA et Livtour.) 



« Etcequelqu'un-là,c'estune/^it)ejr«e. » 

(J. Rmuici.x.) 

n Deux mots avaient sufû. Ces deux 
mots étaient : Vos largues et votre 
auhert, vos femmes et votre ar- 
gent, le résumé de toutes les affec-* 
tions vraies de Thommc. » 

(Balzac) 

— FEMME AMOUREUSE.C/ia//e, 
Louve. 

H Elle se rapprochait de lui mainte- 
nant, faisait la chatte et lui prodi- 
guait des épithètes caressantes. » 

{Le Fin de ifiècle.) 

— FEMME AUTORITAIRE. 

Gendarme^ Madame Jordonne, 

H Quand il sortait avec son gendarme^ 

M. Eust'be avait l'air d'un petit 

garçon que sa ni^re conduit à 

Pécole. >» 

{L'Événement Parisien.) 

« — Tu as porté la culotte avec ton 
premier amant, mais avec moi tu 
ne feras pas ta Madame Jordonne, » 

— FE.MME BÊTE. Décasse, Co- 
nasse. 

« — Qu'est-ce qu'elle a encore cette 
bécasse "1 Quand vous aurez fini de 
me regarder en bayant, p;rande 
bringue. >» 

Ça m' Tait (lasquer d' voir eun' pctas!)e 
Qui pass' tous les soirs au travers! 
bon Dieu ! faut-i' qu* tu soy's connasie '. 

(A. IJ.) 

— FEMME DÉVERGONDÉE. 

Roulure, Traînée. V. Prostituée. 

tt C'est une pratique, une traînée ! Je 
ne veux pas que mon fils reste plus 
longtemps avec cette gourgandine 1 » 

{Le Petit Parisien.) 

— FEMME DU MONDE. Du- 

ckesse, Gouzesse de la haute. 
Rupine. 

— FEMME ENCEINTE. Cûu- 
leuvre, Ma'iame Godard, V. En- 
ceinte. 

— FEMME ENTRETENUE. Ca- 

lège. 

— FEMME FÉCONDE. Lapine, 
Pondeuse. 



FEM 



«ÎOO 



FEM 



« C'est une lufine : un j;osse luus les 
ans (|uan(l c'est pas deux; et ça se 
;>l:iint (lètre niallieurcuse. >* 

(^^7 Blas.) 

l-.i pis tous les nus e'ost un iL'Osse. 
•jué //O/i^/fut' : En v'Ià d'un né;:oce! 
C'e<it épatant, a pun<l 1 a pond ! 

(A. Chu..) 

— FICMMK iiRANDE. Ihingue. 

— FK31.ME L'N PEU GI14>SSE. 

Chaloupe. 

- FE.n.MEGIiOSSE ET PETITE. 

/V/, Pot à tahar. 

- FEMME TIlOP (;R<>SSE. 

F'y/e gras. 

— I EMME IlO^WftTE. Pot-au- 
feu. 

*Jueltpj«foi«. prin ilo pailUrdisi', 
il Se ((••bauclie l)ieu un peu, 
M.tis, aprè< relte... gourmundi>e. 
Il rc>ifntà 't.>ii pot-nn-fcn. 

I EM.ME INSUPPORTABLE. 

C l'Uni i-ou, Ldcemenf, Scie. 

— FEMME LAIDE. Chenille, Che- 
nHlo?i, Hepouasoir^ Houchie, To- 
cass>', TocdSiOn. 

Kl pi»ur prcduiro [>Iu.s d'effet 
lilli* av.iit fait ••a camarade 
D'un i<|:noMe bas d<> Imiret. 
D'un chcnillon. d'une panade 
Qui lui servait de repoussoir 
Et «pii partageait le^ saluirof». 

(IlECTun SoMiiKi:.) 

«' Elle n'a ni l.iille, ni allure, et 
résume, en sounne, le type de 
femme nabote et courtaude (ju'on 
dési^'iie partout, à Puris comme à 
Marseille, du nom de locasson. » 

{iv.kS I.ORItAlN.) 

— FEM.ME MAIGRE. Galette, 
Limande^ Plaurhc. 

— FEMME MA LIIONS i>TE, com- 
pafjne ou complice de malfai- 
teur. Amazoncy Manque de ce*. 

■ Les grecs ont des auxilii'drcs fémi- 
nins nommes uinazones. » 

(KuHI KT-IioUUI.N.) 

— FEM3IE 31ÊCIIA\TE. Car- 
can ^ Came, 

— FEMME XOXCIIALAXTE. 

Louffie. 



— FEM.ME RÉCIDIVISTE. Ju- 
ment de retour. V. Récidiviste. 

— FEMME SALE. Bataca, Cul- 
crolt(\ Torchon. 

— FEMME VIEILLE, liibarde, 
Bibasse^ Birbasse, Bilboquet^ 
CabaSy Dufjorne, Fée curabosse. 
Lanterne, Bon mie chipotasse^ 
fripasse. 

T'a* pa:< d' inoc. Ça, cost hath I Merci. 
Tout d" nïrm', dis pas niort au persil. 
Sanif lui, bonsoir la ba^u'uaud' ronde! 
.Moi, j' suis hirhass', j'ai b'suin <!' lartou, 
T'as donc un palpitant d' carton ? 
nui «ju'a niasâ(^ pou' l' lont' au monde? 

(J. KlCUEl>I>.) 

Mais quand j' s'rai pus <]u'oun' \ieiir ronmfe, 

Vn vieuv cbau^i^on, un vieux cabas, 

Eun' dagonv toute endornïie. 

Un p:»uv" bilboquet chipotas, 

Eun' ff^ caraffossi', eun' lantfnw. 

Eun' vioqu' que 1' blair crève 1" ni<?Dlon, 

M;ilhoureus' raclure à l'fi'il terne, 

(Jui qu* c'c>t qui m' foutra du brich'ton? 

(li. UE libOCY.) 

— FEMMES ;i)ES). Du linge. 

— MOTS D'AMITIÉ S'ADRES- 
SAAT A U-\E FEMME. B(^bé, 
Bibichf\ Biche, Bichetfe, Bo- 
bonm\ Chat, Chatte, Chaton, 
Chirnchien, Chou, Chouchou, 
Chouchoute, Choute, Coco. Co- 
cotte, Crolaillf. Crotte, (rogosse, 
(ios'it', Ji^sus, Lajiiii, Lapintau, 
La/iinette, Loulou, Louloute^ 
Loup, Louve. Môme, Sirhette, 
Sichon Sine, Si net te. Sinon, 
Poule, Poulet, Pnupoufe, Bat, 
Hatc, Bnton, Bave, Souris, etc. 

« — Pauvre choWte ! Vions-tu avec 
m(d ch<Tchcr ÉdouMr<l? »> 

iJ. M.KHM.) 

•« Des photographies de femnit^s dont 
les dédicaces étaient infiniment 
réjouissantes : A la petite rave 
chérie de sa choute, Cllaudine Frai- 
sier; A la meilleure des sauve- 
teuses, la plus reconnaissante des 
hibichons. Licite Maggy. » 

(K. .NIai/fhuv.) 

FEMME DE CHAMBRE. Cum- 
brcline, Limogcrc. 

FEMME DE LETTUES. Plumas- 
siùvç. 



FE.N 



— 223 — 



KÈT 



V La nioiiie dVrriro so nnninJ au- 
jourd'hui de fai'on ini|uiut.'iut<* et 
gagne — ou plaint pord — une 
partie du Jiotiu sexe. IIj'I.i?, ni>s 
jtitanassiètY.^ «ont rar»'«» ijtji uiéri- 
tent le litro d'crrivriin t;| !.« m.ijo- 
rité apiKulieuilr.'i ti-ujciiis .i ce 
genre que nos ptr»;s. -wvr un tan- 
tinet deino<|u«.'rie.appflni'nt hhas- 
hleu. V 

FEXKTHK. i//'//v/v/e, Insipiclr^ 
Lanteruf'y lAÙxintc, Vdiitcvuc, 

lîrid»' l.i '•tnd'i'n'-, iia l ''!l<-. 

11 ijit IViclilii: 
V<iut1r:iis-tu «luv nii''/iL-ii i^ck- 

h lll-i l'Ml -.'■•ui-l i .' 

' L. m lli m Y.i 

ri-:H. Dt/r, Durin. 

— ¥VA\S. (:..iiv. tinn.. M'irhnef, 
Tiradt's. 

\:t, quoi «lu'ori »;ii j.i-['iiu', 
(/••*t un li 'liu li.iui'lict 
l)>uf.' louuT- iji' tirml- s 
J'iiur une i'ii;ol.uI»', 
i'iiui' un irinfiicnt 11' Uliait. 

( VlOuf 11.; 

- TKIl A m:i>ASSMU. (h'n- 

€ Cerl-iin? noms d(î mar»"hauds, de 
fabricants, de s[n''oialistes passent 
dans l'arunl et (pielifuelois dans le 
fr:ini;ai-» pour d-si-jm-r les objits de 
ni«*nic uatuic «pie ceux laliriipiés 
ou manufacturas par ces spccia- 
listfs, ces marchands, (-'est le cas 
de « hénard -» l'our pantalon, de 
« «k'pfoux » pour casi|uette, de 
" fjcndurmc » pour fer «le blanchis- 
seuse, de «• ^il)us ». pnur chapeau, 
et de quantité d'autres. » 

FEUMK, Mjbs. dnn'^ (iarnaffc, 
Gcnuiffe, 

FEUMEU. Uum:kv, liriikr. 

<* V'ià r cipal qui vient houclcr la 
lourde. » 

« La tôle a éiv bridée par la l*réf»'C- 
tancc. y 

FEILMETl'KE. houchiue. 



•« — All<z! siveuH'nt, le /wuclaf/i\ 
l'ouimaud i la patronui* au garçon 
(jui bayait. 

Puis auv clients : .Messieurs, on 
lernu' ! il «t-I di-ux heures. •» 

liniL'EliT.- 

FKinillOK. (l'Una/irr, (]iivnafj'ic)\ 
O'irnti/h', iirniajit'i\ iv nuilh', 

FEH0<:E. i'irnn\ Qtli »l Ir foh: 

l'hiuiL V. Méchant. 

« C'i'sl un ir«'n«'i«*r 'ju'ti /' /'^/e c/tuucl ; 
quaihl r sort s»n liu;»nii', i' voit 
rou^-e. " 

FI:HIU<:AII:\T. Anion de Hictln^ 
aux ler^. Fiiicncc. 

FEHKEIC. buniillrr, luuiiur. 

— I 1:11111:11 l \ VoiUl.VT. liri- 

'fer, Ltif/uir/an'lt'r. 

FESSE. l)cini-luu*\ Miche. 

— Li^:s Fi-:ssi-:s. Ahit/„ues, /.V 
v:'f/f.<. Juim'.Ues^ Lt'a if'.'U.r soeurs. 

M La iKrtite blanchisseuse, dos tourné 

et se croyant seule, enlevait sa 

chemise: mais j'eus beau écar- 

I quiller les yeux, jr n'nperrus qu'une 

demi -lune. » 

« il Itimba à «:enou\ devant ces su- 
I>erbes juinellcs. " 

« Kt j' crie bravo à la ^^er<-e à la belle 
^Mieul»'. au beau sourire, aux belles 
uiirett«'s: â la lézée aux lilfes d'or, 
aux rondins glori» ux, aux miches 
relniudie». •• 

J'aim' |):is !«'< r-escui* politiques : 
Faux ruilicaux. las «i' iioni'ï.sour.s, 
l-';drs v(»-* (li-^cours a mcx iI-:i't .nccu/"'» 
Jo n' "(M.ti iainai> iJo \o« |ir.itii|Ui;!>. 

(Vici'iu .M) '.si.) 

FESSÉE. lioucL\ Wo{//s, Salade. 

FESTLX. V. Repas. 

FETE. }siH'v..} Iiomfjcjiiolt\ liiolle. 
V. Débauche. 

(( Exploites par les anciens, ils de- 
viennent a leur tour des roués 
dang'M'eux ; ils subissent des habi- 
tudes : l'ivrognerie, la bombe. • 

(G. d'IIspahoèb.) 



FÊT 



— 224 — 



FIL 



FÊTE FORAINE. Boule, Lègre, 
Vogue (arg. lyonnais). V. Foire. 

FÉTICHE. Mascotte. 

« Il avait un tas de mascottes à sa 
chaîne de montre, des porte-veine 
de toutes sortes ; et il les plaçait à 
côté de la bande, sur le tapis vert, 
quand il était décidé à ponter. » 

(La Nation.) 

FEU. Brûlant, Ri/, n/fe, riffle, rifle 
ou ru/e. 

Après le pain el la piquette. 

Toujours en quête. 

Nous ons la gorge 
fMus rouge qu'un brûlant de forge. 

(J. RlCBEPIM.) 

<f Donne-moi un peu d^ rif pour finir 
mon mégot, » 

— METTRE LE FEU. Coquer le 
rifle. V. Aimable. 

— FEU DE SALVE. On dit mron 
déchire de la toile quand on 
exécute sans précision et sans 
ensemble un feu de salve au 
commandement. 

FÈVE DE MARAIS. Huître de 
Varennes, 

FIACRE. Chignole, Flatar *, Guim- 
bardCj Roulant, Roulante, Rou- 
lotte, Sapin, Tombereau. V. Voi- 
ture. 

« Ça ne l'aurait pas tué de m'envoyer 

le coupé. 
— Va chercher un sapin. » 

(J. Mabni.) 

« Une Urbaine, la roulante de la sta- 
tion. » 

(ÂLSXAKDRB HePP.) 

— FI.\CRE A L'HEURE et qu'on 
laisse vous attendre. Ver ron- 
fleur. 

« — Non, mon cher, je me sauve ; j*ai 
un ver rongeur en bas et j'ai encore 
trois visites à faire. » 

{Gil Blat.) 

FICELLE. Tortousine. 

— FICELLE SERVANT 1>E TË- 



a Le bidet est un moyen très ingé- 
nieux qui sert aux prisonniers à 
correspondre entre eux de toutes 
les parties du b&timeot dans lequel 
ils sont enfermés; une corde pas- 
sée à travers les barreaux de leur 
fenêtre et qu'ils font filer, suivant 
le besoin, en avant ou en arriére, 
porte une lettre et rapporte la ré- 
ponse. » 

(ViDOCQ.) 

FIER, adj. Crâneur, Crosson^ 
V. Fanfaron. 

FIÈREMENT. En crâneur, En 
crosseur ou En crossant. 

FIÈVRE. Douce ou Dousse, Trem- 
blante, Tremblotle. V. Friuonner. 

FIGUE. Douillette. 

FIGURANT. Bobineur, Primant, 
Porte-maillot. 

« — ... Et depuis huit jours, moi, je 
suis artiste! 

— Artiste? 

— Oui, bobineur au théâtre des Bati- 
gnolles. 

— Mince! fit Eugène. » 

rOuDUT DE LAFOaiST.) 

« Depuis qu'aile est avec un frimant 
du Bobino, a s' figure qu'a pagnote 
avec un ténor. » 



V. Dansense. 

FIGURANTS. 



— FIGURANTE. 

— GROUPE DE 

Espalier. 

FIGURE. Binette, Cafetière, Carafe, 
Poire, Musette, Trompette, etc. 
V. Tôte, Visage. 

Ces bordeaux auxquels tu veux croire, 
Explorateur des tours Eiffel, 
N'abreuvent plus ma triste poire ; 
Vichr me refuse du sel ! 

(LAuaEifT Tailhadc) 



— FIGURES DU 
CARTES. Y. Jeu. 



JEU DE 



FIL. LilloiSy Trimélé, Trimilet 
FILASSE. Nivet, Miette. 
FILER. Baudrouiller. 



LÉGUAPIIE entre les détenus. ' ^ ' 

'Bidet. l FILET DE PÊCHE. Séchoir. 



FIL 



— 22o — 



FLA 



FILLE. Fumelle, GarçaUle^ Gosse, 
Gosse Une, Môme, Pisseuse. 

Vous conaaissex tous la Fanchotte 
Oue j'aimais a\ant d'embarquer : 
C'était ben la plus mignoonc-tte 
bagarçnilles à reluquer 
Entre la Vilaine et la Loire. 

Verse à boire ! 
Entre Douarneaez et Hedon, 

BuvoQs donc ! 

(Thkudobe BoTatL.) 

Et T'Ià-l-y pas r'ito vieille noceuse 
Qui vient sout'utr, mon Président, 
Que fyai violenté iapisseiise... 
Ah ! non !... vrai !... c'que c'est emmerdant! 
Mais d*maudez-y donc qui qu'est i' père? 
Personn* ne 1' sait, môm' p:is 1' bon Dieu. 
Mais c'est cun* putain comm* sa mère!... 
Sa fille!... :i sortait pas d' mon pieu. 

(A. II.) 

— FILLE (;iiossif:iiE, mal 

tenue. Fittanse. 

« — Ah! c'est (lu propre ! gronda le 
père ; si encore tu avais pris quel- 
que chose de présentable, mais un 
souillon» une /iliasae^dont un trou- 
pier ne voudrait pas!... » 

(Bauda.) 

— FILLE l>E MAUVAISE VIE. 

V. Prostituée. 



— VIEILLE 

fraise. 



FILLE. Vieille 



FILLETTE. Gosse,Gosseline, Môme, 
Mômicharde, Mômignarde, Mou- 
nine, Pisseuse, Quille à Mayeux 
ou sinipl. Quille (arg. des en- 
fants) . 

« L'enfant, une gosseline grandelette 
dêjti (elle mesure un mètre vingt 
de taille), est mai/^riotte de corpu- 
lence et de physionomie souffre- 
teuse. » 

{(lANNEROM.) 

«« — Envoie les petites,... qu'elles 
abouleut les momicfiardes. » 

(LocisB Michel.) 

Elle a douze an», la pauvre môme. 
Elle vend des fleurs chaque soir ; 
Elle est p&le cumme un fantôme, 
Ses grands yeu\ sont cercles de noir. 

(P. Nagoub.) 

FILOSELLE. Filsange, Filsangue. 



FILOU. Fit (apoc), Fil de soie, 
Philibert. V. Voleur. 

FILOUTER. V. Voler. 

FILOITERIE. V. Vol. 

FILS. Dabicule, Fieu, Fiston. 

M C'est r fiston du père Lév^que, 
une vache comme lui. » 

Qu'on oublie, en le parcourant, 
La mère qui cherche, pleurant, 
Son fieu qui n'est plus dans le rang! 

{L. DR BRriCY.) 

FliV, adj. V. Malicieux. 

FL\, subs. Jusqu^à la (in : Jusqu^à 
la gauche, Jusqiià plus soif. Jus- 
qu'à perpète. 

« — J'ai eu du sang-froid comme 
j'en ai maintenant; et j'en aurai 
Jusqu'à ta gauche ! » 

{L'(issasgin PEOfiNBz.) 

FINESSE. V. Malice. 
FINIR. Âbsol. V. Achever. 

— Dans le sens de donner le 
liui à un ouvrage. Finocher. 

FLAGRANT DÉLIT (EX). La ca- 
melote dans le pied ou La camelote 
en pogne. 

— PREXDRE EN FLAGRANT 
DÉLIT. Incommoder ^ Paumet* 
marron ou Maronner^ Prendre 
ou poisser sur le tas. 

.Mais un juur, dans la ru' d' PrOTence, 
J' me suis fait fair' marron sti' l' tat^ 
Et maint'nant j' tiro d' la prcvence, 
A Maïas. 

(A. B.) 

FLAIR. Se traduit par Nez. V. ce 
mot. 

FLAMAND. Flamzik, Flamezique, 
Ftandrin. 

FLAMME. Riffaudante, Ruffante. 

A la ruffante de ses mires, 
lion palpitant s'a bourlingué... 
Alors, quoi? moi, j'ai tout din^ué 
Pour qu'a m' conserve ses sourires. 

(L. DK Bbro.) 

In 



FLANELLE. Goulue, 

FLANER. Balochery Berlaudev, Ca- 
gner, Chamboler, Fldnottei\ Gal- 
vauder. V. Aller, Fainéanter. 

FLANERIE. V. Fainéantise, Pro- 
menade. 

FLANEUR. Asphalteur, Balochard, 
Inspecteur des pavés, Gouapeur, 
Loupeur. V. Fainéant. 

FLASQUE. Gélatineux, 

Maintenant, Toeil féroce et la bouche crispée, 
Il récite dcTant riodulgence attroupée 
Des Tieilles dames aux appas gélatineux. 

(Lauhemt Tailhadb.) 

FLATTER. Blandir, Cirer, Cou- 
cher le poil. Enguirlander, Fia- 
geolei\ Jeter de la pommade, Ld- 
cher les bottes, le cul, Passer de ou 
à la pommade, Passer la main dans 
le dos ou sur le râbe. Peloter, 
Pommadei', Rebonneter, 

« T'auras he&u lui flevdHa pommade, 
V march'ra pas ; i' n'aime pas qu'on 
y passe la pagne su' V râbe, >» 

« C'est parce qu'il ne rencontre pas 
assez d' « écrivains », au sens indé- 
pendant et probe du mot, que le 
public méprise les journalistes. 
Lécher les bottes est plus qu'une 
vilenie... c'est une maladresse! »> 

(SiVBRI.XE.) 

<« 11 ne blaguait plus le sergent de 
ville en 1 appelant Badingue, allait 
jusqu'à lui concéder que l^mpereur 
était un bon garçon... C'était visi- 
ble, il le pelotait. » 

(E. Zola.) 

FLATTERIE. Cirage, Pelotage. 
Pommade. 

FLATTEUR. Flageoleur, Guirlan- 
deur, Lèche-bottes, Lèche-cul, Pa- 
quelin, Pommadeur. 

tt Moi, j'aime uiieux un goncc qui m' 
dit : merde carrément qu'un pom- 
madeur qui manigance un flanche 
pour vous prendre en vache. » 

FLEGMATIQUE. Pisse-froid, Sa- 
turnien. 



— 226 — FOL 

FLÉTRI. V. Fané. 
FLÉTRIR. V. Se faner. 



FLEUR. Fig. Crème, Gratin. V. 
Choix. 

FLEURET. Aiguille, Aiguille à tri- 
coter. Paille de fer. 

FLEUVE. Rub de lance. 

Su' r rub de lance, ea famille. 
On s* les roulait dans uu' coquille. 

(Blédort.) 

FLOT. Lansquin. 
FLUTE. Rossignante. 
FLUXION DENTAIRE. Chique. 

FOIE. Le bileux. 
FOIN. Pétard ou Ptllard. 

Je me camoufle en pélican 
J'ai du pellard à la tignasse. 

(J. UiCHcri!*.) 

FOIRE. Boule, Laigre ou Légre, 
Vogue (arg. lyonnais). 

Camaro de la petit' pègre. 
Tiens les bons trucs sur la lègre... 

(HoGisa-GaisoN.) 

Bonne fourche, sur la boule 
Koulc et boule par la foule ; 
Descends en fouille en douceur. 
Aux pallas du tionisseur. 

— TRAVAILLER K.\ FOIRE 

sans baraque ni voiture. Flam- 
ber ou flancher en patque. 

« Victor flanche en palque devant 
chez Corvi avec de la pâte à rasoir. » 

FOIRER. Flasquer, Fuser, Tarter, 
Tartir. V. Chier. 

FOIS. Trayage, Treillage, Trillage. 

n Les curieux l'ont sucré d'un treize 
qu'i' tire à Poisse. Au prochain 
trayage, c'est la rMègue, sur. » 

FOISON (A). V. Abondamment. 

FOLIE. Araignée, Cafard, Charen- 
tonnade. Coup de marteau, Démé- 
nagement, Fêlure, Focardise, Han- 
neton, Loufoqueiie, Maboulisme, 
Marte lle)ie, Pavillonnage. 



FON 



— 227 — 



FOR 



<i — Vous n*en tirerez rien ce matin, 
son araignée le travaille. » 

{Le Cri du Peuple.) 

<^ — Pour moi, fit la vieille, ce garçon- 
là doit avoir une fêlure ; un homme 
qui a toute sa raison ne fait pas de 
ces blagues idiotes. » 

« — Quant à toi, mon pauvre vieux, 
si tu continues à t'absinther de la 
sorte, c'est le maboiiiisme complet 
avant deux ans. » 

« _ Tu veux t'appuyer c'tte fran- 
gine-là ? c'est d* la martelCrie ! » 

« A la suite de l'exposé de ce hanne- 
ton oui a produit le plus grand etfet, 
uneaiscussion bruyante, raisonnée, 
mais peu raisonnable, s'engage 
entre les diverses parties de l ate- 
lier. » 

(D-.CBMnRi:-Ai.o:<MiR.) 

— FOLIES. Cascades, 

— FAIRE DES FOLIES. Casca- 
der. Faire les cent^ les cenl dix- 
neufy les qualité cenls coups. 

<i — Vraiment, c'est bien qu'une fille 
comme moi, qu'une garce comme 
moi, qu'une rouleuse comme moi, 
q^ui a faii les cent coups^ qui n'a 
rien aimé de beau ni de bien (ah! 
je me connais, allez, je sais ce que 
je vaux !) puisse dire ça à cet igno- 
ble journaliste... » 

(Catulle MK>Dks.) 

« Faites le diable à quatre, faites les 
cent dix-neuf coups... vous aurez de 
l'argent, et l'argent, dans notre 
siècle, il n'y a que çn. » 

(J. Pathicr.) 

FOXCTIOXXAIRE. Budgétivore. 

— FONCTIONNAIRE SÉVÈRE. 

A poigne, 

— FONCTIONNAIRE QUI CU- 
MULE. Cumulard. 

FONDS DE CAISSE. Grenouille. 

a Le capitaine avait mangé la gre^ 
nouille du régiment et passé la 
frontière, sans prévenir même son 
épouse. » 

(Bertel et Gilqdi.n.) 

FOXTAIMER. Papa Robinet. 



FORAIX. Foresque. 

ft On a poissé la Saucisse et llabagas 
en train de fabriquer la roulotte 
d'un foresque à la fête du Trône. » 

— FORAIN CHARGÉ DE L'AN- 
NONCE dans les parades. Bonis- 
sew\ Pasticheur, Poatigeur, Pas- 

tijateur. V. Annonceur. 

— FORAIN BOHÉMIEN. Manou- 
cAe, Romanichel, Romani. 

— ARTISTE FORAIN. Flambeur. 

— ARTISTE FORAIN SANS EM- 
PLOI. Foresque en rupture de 
banque. 

— GARÇON FORAIN, homme à 
tout faire. Sègre. On dit égale- 
ment Galoupe; mais ce terme 
ne se prend qu'en mauvaise 
part. 

« — Je lui avais demandé de me 
fournir un nègre, dit le dompteur; 
il ne m'a fichu qu'un galoupe que 
j'fiii dû sacquer le jour même. » 

— MA RCHAND FORAIN. Ugrier 

— SALTIMBANQUE FORAIN. 

Caoutchouc, Mer il fiche, 

— LE MONDE DES FORAINS. 

Banque. 

« Dans le monde de la Banque, le 
mot « banquiste » n'a pas la signi- 
fication que lui donne le vulgaire ; 
on l'y emploie saus aucune idée de 
mépris. » 

tt II y a la grande et la petite banque. 
Les directeurs de ménageries, de 
grands théâtres, de cirques, les 
propriétaires des étincelants ma- 
nèges de cochons, de chevaux ou 
de lapins de bois, etc., ceux, en un 
mot, dont l'exploitation exige 
d'importants capitaux forment la 
gi-ande banque, sorte d'aristocratie 
foraine. La petite banque est com- 
posée de petits légriers, de bonis- 
seurs, de camelots, de montreurs 
de phénomènes, de merlifiches et de 
manouches ou romanis \ encore 
considère-t-on ces derniers comme 
peu dignes d'appartenir à la corpo- 
ration. » 



FOR 



— 228 — 



FOR 



— BARAQUE DE FORAIN. 

Entre-sort. V. Baraque. 

— BOUTIQUE DE MARCHAND 
FORAIN. Landière. 

^ MATÉRIEL DE FORAIN. 

Satou. 

— VOITURE DE FORAIN. Ca- 

ravanct Roulotte. 

« Je demandai ù voir Pezon. 

— Oh! monsieur, me dit le garçon 
de piste, il n'y a que la patronne 
qui couche à la caravane. Mon- 
sieur Adrien, le temps de la foire, 
loge toujours à Thôtel. » 

— installer un établissement 
forain dans un lieu où ne se 
tient aucune foire. Flamber, 
flancher, turbiner eii ville 
morte. 

— Changer quotidiennement 
de résidence avec une partie 
du personnel et du matériel, 
Taulre partie demeurant à 
poste iixe. Flamber en excur^ 
sion. 

FORÇAT. Bagnard, Cotret ou Cot- 
leret, Fagot, Fague, Falourde, 
Relingue. 

« Pour donner plus de couleur locale 
à son « Cabaret du Bagne », le colo- 
nel Lisbonne a choisi une partie de 
son personnel (du moins, rassure- 
t-il) dans le monde des anciens 
bagnards cju'il a l'espoir de rame- 
ner ainsi dans la bonne voie. » 

(G. Amvot.) 

u 11 faut vous dire cjue les fagots 
(c'est le nom familier des trans- 
portés) possèdent un jardin im- 
mense et le moyen de lui faire 
beaucoup produire. »> 

(Paiu. Bosnetain.) 

« On y entendait des choses étranges, 
burlesques, sinistres. Dans un coin, 
deux anciens relingues y dévidaient 
le vieux jars. » 

(LOUISK MiCUtCL.) 

— FORÇAT CONDAMNÉ A PER- 
PÉTUITÉ. Fagot à perpête ou 
à perle de vue. 



« £t ca ne m'a pas fait tort, puisque 
après avoir tiré dix berges, j'ai 
obtenu ma grâce, quoique fagot à 
perte de vue... » 

(HtCTOR FlAKCB.) 

— FORÇAT LIBÉRÉ. Fagot 
affranchi. 

« On a beau être un vieux fagot 
affranchi, on sait ce qu'on doit au 
beau sexe et à Tinnocence... » 

(lu.; 

— FORÇAT ÉVADÉ. Fagot en 
campe ou en crampe. 

— FORÇAT EMPLOYÉ COMMR 
AUXILIAIRE. Payol ou Payot. 

« Le payot distribue les vivres, fait la 
paye et se charge ù juste prix de la 
correspondance de ses camarades. 
C'est & la fois un fourrier du bagne 
et un écrivain public. >• 

(Hector France.) 

FORCE. CoUetin ou CoUin, Graisse 
d'abattage. Huile de bras, de bi- 
ceps, de coude, Moelle, Pagne. 

« — Faut du collin, mon vieux lapin, 
pour toucher à ce p'tit truc -là. » 

Les beaux jours arriv^s.plus de jeu,plus de veille. 
Embrasse en te le?ant ta Temme el ta bouteille, 
Derrière ta charrue avec tes bœufs bien gras,. 
Muuis-toi dans les champs (ie bonne Atti7«r/e6ra4. 

(A.-L. Marqoiset.) 

J'ai d' la potjne autant qu' du jaspin 

;in<î qu' i'attige... 
(L. Di BsacY.) 

— DONNER DE LA FORCE à 

une chose. Corser. 



On peut gâ 



oane ai 
Hier çu 



FOKCEPS. Fers. 

« On a été obligé d'employer les fers 
pour l'accoucner. » 

FORCER. V. Crocheter, Enfoncer. 

FORER. Bouliner, Griffer un ni- 

vet \ 

FORÊT. Sabri, Satou, Salte. 
V. Bois. 

FORFANTERIE. Esbrouffe, For- 
fante. V. Embarras. 

FORGERON. Tape-dur. 



FOR 



— 229 — 



FOU 



FORNIQUER. Cogner. V. Colter. 

Les femmes, de ce payt-là. 
On peut les aimer jusque-là, 
£irs sont dur's à la b sogne 

En Bourgogne ; 
Jl chaque pas, à chaque instant. 
De tous les côtés on entend 
Jean du Cogno qui cogne. 

Eu Bourgogne. 

(A. B.) 

FORT, adj. Balouf\ Costeau, Costo, 
D'attaque, Portiche, Gas, Homme, 
Lapin, Mâle, Mec à la colle forte, 
Moelleux, Poilu, Qui en a. Qui 
est là. 

M — Moi, je suis président du club 
« Les dessalés », un club fin de 

globe : rien que des poilus costos, 
es gas qu'en ont. » 

(l*. Paillktti.) 

« — C'est pas qu*on ait le taf : on est 
moelleux^ et on ne craint personne. » 

(J. LouaAiN.) 

I' m' caresMÏt, Tallait voir comme ! 
C'était un gas, c était un homme ! 

(Id.) 

On n'a pat d' Desfoux et pas d' guiches 
Mais ou e^t des màVa, des fortiches. 
On en passe un coup quand i' faut. 

(L. Di BcacY.) 



fapa c'était un lapin 

Qui s'app'lait J.-B. Chopin. 



(A. B.) 

— BOISSON, ALCOOL TRÈS 
FORT. Carabiné, 

« il se radoucit, alla lui-même cher- 
cher une bouteille et deux verres 
et me versa ce que nous appelions 
une absinthe carahin^e. » 

(II. FaANCE.) 

FORT, subs. (Porteur.) Collet, Col- 
tin, Coltineur. 

« Entre temps, M. Hamard s'e.st 
occupé à Marseille, où il passsiit, 
du vol de 80 000 francs de diamants 
commis, il y a trois ans, par un 
nommé Ferray, coltineur occasion- 
nel du port de la Joliette. » 

{Le Quart d'œil.) 

FORTIFICATIONS (LES). Les 
forts, les fortifs, fortifes ou for- 
tiffes. 



« Du temps qu'on était môme, on 
allait rigoler su' les forts avec les 
gosselines qui canaient la classe et 
on jouait à papa et maman entre 
la porte d' Romainville et la celle 
de fiagnolet, en pénards, dans les 
fossés. « 

« On fit défiler devant le noble lord 
des récidivistes amenés de Poissy, 
Melun et autres villégiatures, des 
escarpes, raflés sur les fortifs, des 
souteneurs et leurs protégées. » 

(Jean Jul&icjc.) 

Allons-nous-en I L'ombre est douce, 
Le ciel est bleu ; sur la mousse 
Poiyte mâche du veau. 
Il convient que lu t'altifles 
Pour humer, près des forti/fes. 
Les encens du renoureau. 

(LAL'RtNT TmLHADI.) 

FORTIFIER. Corser. 

— SE FORTIFIER. Forcir. 

c< Cet enfant a bien forci depuis que 
je ne l'ai vu. » 

FORTUNE. Fortanche. 

— BONNE FORTUNE. Bonne 
fortanche. 

FOSSE D'AISANCE. Tarte aux 
cerises. 

« Le père La Tinette s'était évanoui 
dans la fosse, et sans un pompier 
qu'a descendu le chercher, il aurait 
confit dans la tarte aux cei^ises. » 

FOU. Bihi, Bridoux, Coco fêlé. De 
la tribu des Béni-Coco, Fêlé, Fo- 
card, Hurlubier, Louf, Loufoc^ 
Loufoque, Louftingue, Maboul, 
Maillet, Marteau, Pavillon, Pa- 
rois, Ot/i a une araignée, un ca- 
fard, un hanneton, un moustique 
dans le plafond, dans la sor- 
bonne, dans la soupière, etc. 
(V. Tête), Qui a une fêlure, une 
fissure t un grain, une mie de pain 
dans la timballe. Qui a perdu la 
boussole. Qui a passe par Cambrai, 
Tingo, Toc- toc. 

« Les pensionnaires de Bic^tre et 

Tasile lui-même sont appelés bibis 

et, par extension, on désigne ainsi 

toute personne déséquilibrée ou 

I simplement maniaque. » 



FOU 



— 230 — 



FOU 



H Gredin? Peut-être pas. Pitre» plutôt, 

Sour le plaisir de se mettre en évi- 
ence, de couler ses yeux dans le 
coin, de faire des 0, des A, des U, 
avec sa bouche élastique comme 
du caoutchouc. Les uns disaient : 
Il fait la béte... Les autres : Il a t<n 
hanneton.., » 

(HunuES Le Rovz.) 

u C'est un loufoque^ ma vieille; un 
loufoque. Il n'a pas Pair méchant. » 

(Paul Adam.) 

« On prétend qu'il ne sait pas ce 
qu'il fait, qu'il est louf. • 

(GOMOM.) 

« Faut être bridoux, mailUty tingo, 
focard pour croire à des flambeaux 
pareils! » 

— Pour sûr que la France est maboule^ 
La Chambre aussL.. c't érident : 
L'aut' jour elle a perdu la boule 

A l'élection du Président. 

Kt l'on s'emballe et l'on s'en bouche 

Des coins : « Hu' donc, eh ! socialo ! 

— Va don' dire i ta mèr' qu'a t* mouche ! 

— Panaroiste! — Possibilo! ■ 

(A. B. Les Souloloques d'Honoré Constant.) 

Vous nue le cbaud soleil a teints, 
Uurlnbiers dont les peaux bisettes 
Resscmbleot i l'or des gratins. 

(JeAK RiCHEPIN.) 

Quéqu' tu viens fair'? T'es pas marteaut 
D'où c'est qu' t'es v'nu ? D'en bas.d'en haut ? 

(Jehan Rictus.) 

— DE VENIR FOU OU ÊTRE FOU. 

ÏM perdre^ Pavillonner. V. Dé- 
raisonner. 

FOUET. Avoine de bourrelier, Bau- 
dru, Boî/is, Eventail à bourrique 
(arg. des cochers), Salade, Tire- 
branle, 

« — Tiens, prends mon avoine, de 
iourrelier^ dit le meneur de viande 
en tendant son fouet à Firmin, et 
caresse-lui les pattes. » 

— FOUET DE CONDUCTEUR 
MILITAIRE. Carabine. 

FOUETTER. Bouiser, Senir une 
avoine, un picotin, 

FOUILLER. Arsonner*, Barboter, 
Battre en ruine, Descendre en 



fouille, en fouillotisef en valade, 
Fourober*. V. Visite. 

— SE FOUILLER DANS LES 
NARINES. Décrocher ses ta- 
bleauxy Nettoyer ses écuries, 
S'apprêter à recevoir. 

N Deux rapins causent ensemble. 

L'un d'eux se fourre désespérément 

les doigts dans le nez. 
— Voyons, fait l'autre, c'est pas le 

moment de décrocher tes tableaux 

à la veille de l'ouverture du Salon, m 

(H. FaAUd.) 

FOUILLIS . Canelle , Grouillis- 
grouillot, Pagaille ou Pagaye, 
TribouiL V. Désordre. 

FOULARD. Chiffomion, Épiploon 
(arg. des écoles), Grain de brune. 
Saute-cou, Terre-à-terre . 

« Elle avait autour du cou un mé- 
chant chiffomion de coton et ses 
I)auvres chaussures déformées, écu- 
ées et trouées laissaient voir ses 
orteils qu'empourpraient les en- 
gelures » 

{La Lanterne.) 

FOULE. Abadie\ Abadis \ Floue % 
Fourmillante, Frémillante, Grouil- 
lante, Meute, Moutonnaille, Tigne, 
Tine, Trèpe, Trèple, Vade, 

« r s* faufile dans la frémillante et 
pis nib pour mette la pogne des- 
sus, o 

« Mais en arrivant su' la place d' la 
République, ah ! c'tte tine ! Si t'avais 
vu c' trêve, y en [avait jusque sur 
les becs de gaz. » 

M — Toute la vade grouillait autour 
de moi. » 

(0. Météniib.) 

— CHARGER LA FOULE. Ser- 
vir le trèpe ou le trèple. 
V. Charger. 

FOUR. Abbaye ru/fante \ 

FOURBE. V. Trompeur. 

FOURCHETTE. Amore, Bête à 
cornes, Piquette. 



FOU 



— 23J 



FRA 



FOUIL\EAU. Cosaque, Mendiant. 

FOURNIMENT. Bardât, Fourbi. 
V. Équipement. 

FOURRIER. Gratte-papier, Ro- 
gneur, Traine-paiUasse, Voleur 
d'étiquettes. 

« Le fourrier, serait-il le plus hon- 
nête et le plus scrupuleux des 
comptables, passe toujours aux 
yeux des hommes pour un Trico- 
teur qui fourre... dans sa poche 
une partie de l'argent qui leur est 
destiné, qui vend leurs denrées et 
leur fait siinsi la vie plus dure; 
aussi rappel lent-ils vogneur. » 

« Dans la cavalerie, la sonnerie : 
« Au fourrier • est interprétée : » 
Au voleur d'étiquettes. » 

— BRIGADIER-FOURRIER. 

Brigue-fow'^ Tambour. 

'« C'était une pièce toute en lon- 
gueur, aux murs culottés de fumée 
et dont une série de pancartes, 
symétriquement appendues, rom- 
pait seule la froide nudité : réper- 
toires des hommes et des chevaux 
de l'escadron, en belle ronde et en 
deux couleurs, rehaussés çà et là 
d accolades vigoureuses, d'accou- 
plements de filets gras et maigres 
où se sentait la main artiste du 
tambour, o 

(U. CoUBTBUIfl.) 

FOURRURE (PORTER UNE). 

Fournir Martin. 

FOYER. Brtîlant. V. Feu. 

FRAC. Queue de morue, Queue de 
pie. Sifflet. 

— FRAC >OIR. Sifflet d'ébéne. 

FRACTURER. V. Crocheter, En- 
foncer. 

FRAIS. Frisquet. V. Froid. 

— PERSONNE ENCORE FRAI- 
CHE. Pas trop éf/ratignée. 

FRANC, subs. (Monnaie.) Point. 
V. Argent, Billet de banque, Or. 



FRANCHEMENT. A la tête du 
camp ou simpl. A la tête. V. Ef- 
frontément, Monde. 

FRAXC-MAÇOX. Frère-trois- 
points, 

« Grand remue-ménage hier, rue 
Cadet, où les frèrés-trois-points 
tenaient réunion dems la salle du 
Grand-Orient. » 

{Le Pilori.) 

— FILS DE FRANC-MAÇON. 

Louflon, Louveteau. 

FRANC - MAÇONNERIE . Art- 
royal (arg. des Francs-maçons). 

FRAPPER. (Battre.) Amocher, 
Asticoter les côtes, Attigei\ Bom- 
ber, Botter le cul, le figne, etc. 
fV. Derrière), BoucAonner, Bouffer 
le blair, le nez, les tripes. Bouler^ 
Bikhei', Carder le cuir, la peau. 
Caramboler, Casser la gueule, 
Crever, Coller, détacher, laisser 
tomber, mettre, passer, poser ou 
prt^^er des beignes, des bochons, 
des broques, des brocots, des châ- 
taignes, un coup, des gnons, une 
mandate, une pâtée, du perlot, 
la pipe, la purge, la sauvette, du 
tabac, des torgnoles. Dandiner *, 
Daupher, Débarbouiller à la po- 
tasse, Décrassei'y Dégraisser, Êm- 
plâtrer. En mettre. En filer. En 
passer. En prêter. Entrer ou ren- 
trer dedans. Enlever le ballon, le 
cul, le figne, les miches, etc.. Es- 
quinter, Estuquer, Flauper, FlO" 
per. Gratter, Jambonner, Maquil- 
ler*, Moucher, Murer, Passer 
(\. a.) à chausson, à la daube, à 
la daudée, à Vemplâtre, à flaupe, 
chez gnon, chez pain, chez perlot, 
à ou chez ponce, à tabac, Piocher, 
Poncer, Purger, Remuer le figne, 
le panier à crottes, le tal, etc. 
Repasser la chemise, la limace, la 
lime, Rabotter Vendosse ou les en- 
dosses, Rincer, Rondiner, Saler, 
Saler la gueule, Servir, Servir à 
boire. Souquer ^ Sucrer, Tambou- 



FRA 



— 232 — 



FRI 



rinei' la gueule, la paillasse, lu 

Î)eau, Tamponner, Tanner le cuir, 
e lard, la peau, le râbe, le râpe. 
Tasser, Toucher, Torcher, Tra- 
vailler le cuir, la peau, Tremper 
une soupe, Trépigner, Tricoter les 
côtes, Verser à boire, 

— ÊTRE FRAPPÉ. Boire, Dan- 
ser la malaisée, Écoper, Être à 
la ringuée, Élrenner, La danser, 
Passer (v. n.) à cnausson, à la 
daube, à la daudée, etc. (V. plus 
haut), Prendre, Prendre pour 
son rhume. Prendre ou ramas- 
ser la pipe, la pipette, la purge, 
la sauvette, Ramasser, Recevoir, 
Trinquer. V. Battre. 

« C mec-Ià, un* neuille, i' s* fera bom^ 
ber ; y y en mettrai un coup dans la 
noix f » 

« Lui qui bûchait su' les marchands. » 

(JlHAM KiCTUS.) 

P», quand on a l'âge d'marcber. 
C'est par noi-m^m* qu'i' faut flancher 

ht fair' du pl&tre. 
L'soir, ceux qui rapport'nt pas assez. 
Quand ed' la croûte i's s' sont passés, 

Pass'nt n l'emplâtre. 

(L. DR BiRCY.) 

J'ai pas l'flub' de lui pus qu'det autes 
J'vas Vgrattef malgré qu'i soj' gas : ' 
Je r souque et j'y tricot' tes côtex.., 

(Id.) 

FRAUDE. V. Tromperie. 

FRAUDER. En parlant du fisc : 
Entôle}-, Pasquiner de la mal- 
touse. V. Tromper. 

FRAUDULEU8EMEXT. Sons la 
table (Sirg. des faiseurs). 

« L'acte de vente portait que la tran- 
saction devait s opérer sur le prix 
de douze unile cinq, mais Donelle 
recevait sous la table un supplé- 
ment de quinze cents francs. » 

FRAYEl R. V. Peur. 

FRELATER. V. Falsifier. 

FRÉQUENTER. Pris en mauvaise 
part. Donner daivi. 

H Cette petite s'acoquine : elle donne 
dans la culotte rouge. » 



— FRÉQUENTER LES FILLES. 

S' encotillonner OU S^enjuponner, 
Gourgandiner, 

C'est nous, pauvres mollusques. 
Qui nous enjuponnons. 

(H. RucccT.) 

— FRÉQUENTER LES COMÉ- 
DIENS. S*encabotiner. 

— FRÉQUENTER LA BOHÈME. 

S^embohémer, 

FRÈRE. Tralin, Frangin, FraterneL 

n Et après, si le lézéluquès te dé- 
manffCftu pourras l'écnre au grand 
Chariot, ton frangin qui sïait vieux 
à Biribi. » 

(TaoBLOT.) 

« — Je comptais que mon fratei*nel 
m'enverrait des pépettes pour les 
manœuvres. » 

« Donne V bonjour à la mt>re et aux 
fralins. » 

— FRÈRE DE LA DOCTRINE 
CHRÉTIENNE. Coin, Corbeau, 
Couac , Frangin , Ignoramus , 
Ignorantin. 

« Et c'est r m^me tabac dans toutes 
les écoles : chez les coins comme 
dans les lycées. Moi qu'ai été en 
classe chez les corbeaux, y t'en 
parle savamment. » 

JTais (i des ignoramus 

Qui n'enseignent qu'uiemus. 

FRIAND. Chat, 

« Je la saveds chatte au possible ; 
aussi avais-je préparé un petit goû- 
ter tout de friandises légères et par- 
fumées. » 

FRIANDISE. Chatterie, GucHlav- 
dise, Nanan. 

« Du nanan dans toutes les cantines, 
des belles Italiennes pour friser la 
moustache aux vainqueurs, et après 
un quart d'heure de repos, le che- 
min de la gloire!. ..Halte!. ..front!...» 

(Ka>tST CAFt^nc; 

Et puisque, pour nos griserie^, 

Le couvert est mis. 

Qu'il me soit permi<( 
D'en goûter jus<|u aux chaiteru's. 

\\t. oa BtacT. 



FRl — 233 

FRICHE (TERRE EX). Peleux, 
FRICOT. Frichti. V. Cuisine. 



FUI 



FRICTIONNER. Astiquer la 
couenne j Briquer le cuir, 

FRIPERIE. Fripe (apoc). 

FRIPIER. Décrochez-moi ca, 

FRIPON. V. Escroc, Voleur. 

FRISER la chevelure. Bosseler le 
tube. 

FRISSON. Tremblottc. 



FRISSONNER. Avoir la 
blatte. V. Fièvre. 



trem- 



J'eoteads les os d'mes jamb's qui plaquent 
Coat' les parois d'mon culbutant... 
J'suis foutu, si j'ai la tremblotte. 

(A. B.) 

FROID. Chanin (arg. lyonnais), 
Frichbi, Frimassardj Frioj Priot, 
Frisbiy Frisco, Frisquet j Grie *, 
Gi^elle % Gns \ 

o — r fait rien frichbi dans ta turne ! 
Fais du rif! » 

Au nom du père et da (Ils. 
Le ciel est blanc comme un Ivs, 

\'\kVfrio! 
l's verront Tanné' urochaioc 
Ceux-là qu'ont rcul dans la laine ; 
Ah ! si j'étais proprio! 
J'pourrais payer d' la flanelle 
A mon pauvre cul qui gèle: 
Mais j<» q' suis pas proprio... 

Vlà r frio! 

(A. H.) 



Mais ça fait rien... si qu'y reviendrait 

ll'i 
m 
(Jbhar Rictds.) 



Uuèau' nuit d' hi ver quand V frisquet semble 
Fend' les pavés et les carreaux. 



FROMAGE. Blême, Durème, From 
(apoc), Promgi ou Promji, Fro- 
meton, RèmCy Henaché. 

« Ah ! a n'était pas diffe à engraisser : 
dix de gringue et dix de fromji ; ça 
fsait le pied. » 

— FROMAGE IIE HOLLANDE. 

Boussole de refroidi. Boussole 
de singe. Tête de mort. 

— FROMAGE GATE. Ambulant, 
Qui marche tout seul. 



— QUARTIER DE FROMAGE 
DB BRIB. Côtelette de menui- 
sier, de merlan, de vache, Entre- 
côte de brodeuse, de lingere, ou 
simpl. Côtelette de Briè. 

« L'apprenti parisien, qui n'a souvent 

3ue trois ou quatre sous pour son 
éjeuner, se contente presque tou- 
, ours d'un bout de saucisse ou de 
)oudin ou encore d*un morceau de 
romage qu'il baptise ironiquement 
côtelette de Brie ou entrecôte de me- 
nuisier. » 

FRONT. Dessus, Inspiré, Marlou, 
Plafond. 

FRl CTl EUX. Juteux. 

« li comptait sur une affaire juteuse 
qui lui permettrait d'établir son 
fils et de marier convenablement 
Madeleine. » 

(Le Fin de siècle.) 

FRUSTRER. V. Duper, Escroquer. 

— FRUSTRER LE FISC en falsi- 
fiant les chiffres d'un acte. Pas- 
ser sous la quarante, sous la 
table. V. Frauduleusement. 

FUIR. Ambier\Baudrouiller, Cal- 
ter, Camper, Carapater, Cavaler, 
Chabier, Cramper, Cromper, Déca- 
niller, Décarrer, Défiler, Défiler la 
parade, Défourailler, Démurger, 
Dériper, Désan^er *, En jouer un 
air, Épouser la fourcandière *, 
Escaner, Faire chichi, chibis, 
cric , criquette , gilles , Faire 
ou se faire iadja, la débinette, 
la fuite, la levure, la paire, Paire 
patatrot. Fendre son équerrc, son 
compas, Filir comme un dard, 
comme un pet, comme un zèbre. 
Filer son câble par le bout, Filer 
son nœud. Foutre ou fichei^ le ou 
son camp, Happer le taillis* , Jouer 
à barres, Jouer du compas, des 
flûtes, des fuseaux, des gambettes, 
des guibolles, des pattes, des 
pinces, des pincettes, Lever le pa- 
turon. Mettre la clé sous la porte 
ou la débouclante sous le paillas- 
son, Mettre les voiles. Prendre la 



FUÎ 



— 234 — 



FUM 



tangente^ S'attacher un bidon , une 
gamelle, Se barrer, Se carapater, 
Se cavaler. Se courir, Se cramper, 
Se criquer, Se débiner. Se tiéfilei', 
Se déguiser en cerf, Se dévisser, 
S'épouffer, S'esbigner, S'évaporei', 
Se fendre Vergot, Se la briser, Se 
lâcher du ballon. Se la casser^ Se 
la fracturer, Se la tirer, Se maca- 
ronner*, Se pousser de l'air , Se 
sylphider. Se tirer, Se tirer des 
pattes, des pieds, des flûtes, des 
fuseaux, etc. Tirer sa crampe, sa 
coupe, Tricoter, Tricoter des gam • 
bettes, des guibolles, etc. V. Jambe, 
S*éyader. 

Ah ! èt'-toi d* là, tiens, prends ta course, 
Débin\ cavale ou tu vas voir. 

(JCHATI RiCTOS.) 

Plus tard, la chance s'ensuivnnt. 
S'il ne se fait chauffer avant 

Ou ne s'esbigne. 
Notre homme, par un coup savant, 
Nous supprime le plus souveut... 

Comble de guigne! 

(BLtDORT.) 

« Lapierre, voyant que ça devenait 
vilain, juge qu'il est temps de jouer 
des fuseaux. » 

(Mabiu et Ladnay.) 

« Ts vont chercher à se faire la débi 
nette pour aller crever de faim en 
Belgique ou chez les Angliches. » 

— L'impératif se traduit, fré- 
quenninent, par une des ex- 
clamations suivantes : 
Aaée! Acres! A Vescancl 
Crès ! Creslo ! Cric ! Far ! Vad- 
ja ! La tlébinette ! La levure ! La 
paire! Vet! Vesse! ou par La 
voiture est à la porte! La voi- 
ture nous attend ! 



Mais i's m'ont jamais ceinturé 
;liss' toujours enlr 
|uand i's pass'nt... 
Y'ià lespestailles!' 



Ej* gliss' toujours entre les mailles 
Et quand i's pass'nt... ej'crie : Aéré! 



(A. B.) 

« J' crie : à Vescane ! et je veux bau- 
drouiiler mais j'avais un caillou et 
j' m'affale. » 

(Fti4x Kiuo.) 



„ — CVe^^o! qu'i' m' fait, v'iâ ton da- 
ron! » 

Moi qu'avais pas esgourdé, j' bou- 
geais pas. Alors i' m' fout une 
poussée. 

— Petl qu'i' me r'fait, cricl 
Alorsse, j' vas pour déinper, mais 

il *tait trop tard et V dab m'allonge 
une sichnouffe... de première, n 

« — Ho ! la paire ! ça sent la r'niffle ! » 

n — La levurel vivement, 6arre-toi ! 
V'ià ta femme qui t' cherche. » 

FUITE. Adfa, Cavale, Campage, 
Campe, Crampe, Crompe, Décar^ 
rade, Décarre, Décarrement, Es- 
cane, Vourcandière* , Levure, Paire, 
Patatrot, 

« Le barbaudier du castu est-il fran- 
ci lion ? Se dit-il de [àfourcandière * ? » 
{Le Jargon de V argot.) 

FUMER. Bombarder, Bouffarder, 
Brûlei', Faire du brouillard, Gril- 
ler, Pétuner. 

... De griller une cigarette 
Dont le serpentin louTOjeor 
S'envole comme une amourette 
Vers le ciel... de lit... (vieui voyeur). 

(Rt»ti«piar.E«.) 

Quant à moi, je pétune 
Et plutôt deux fois qu'une 
Et du mutin au soir 
rjgare et cigarette... 
1^ pipe ne m'arrête, 
Et sans croire déchoir. 

(R. PoNcaoN.) 

« Et quel plaisir, à la pause, de bouffar- 
der un brin, de faire un peu de 
brouillard pour tromper Tennui et 
vous aider à rêvasser ! » 

« Oh! vous brûlerez bien une demi- 
pipe tout en causant sur le mail? » 

« Pourvu qu' j'aie du perlot pour 
bombardei*. » 

— Comme complément, on 
emploie fréquemment un 
ou une (en sous-enlendant 
pipe, cigarette ou cigare). 

On a beaucoup remarqué que 
M. Félix Faure s^était offert le plai- 
sir d'en griller une. » 

{Le Gaulois.) 



« 



FUM 



— 235 — 



FUS 



FUMEUR. Bombardeur, Bouffard^ 
GriUeur. 

— FUMEUR PAR OCCASION. 

Fumailtony Fumeron. 

« — Vous n'êtes qu'un fumaUlon^ 
Pabbé ! PcLrlez-moi de M. le vicaire 
général; en voilà un bouffard. » 

FUMIER. Bourrier. 

FUMOIR. Bouffardière. 

FUXICULAIRE. Ftim (apoc). 

•< Comme je me trouvais en retard, 
j'ai pris le funi pour mes deux 
ronds. » 

FURETER. Fouinasser, Fouiner. 

« A force de fouiner^ il apprit que je 
me permettais de recevoir des jour- 
naux et en déduisit que ce ne pou- 
vait être que moi Tauteur de tout 
ce pétard. » 

{La Sociale.) 

FURETEUR. Fouille-merde, Foui- 
nardy Fouinasson, Pénard, Son- 
deur. 

« Sacré fouilie-nierdel V faut qu'i' 
fourre son sal' tubard partout ! » 

» C'était un petit Méridional du mau- 
vais Midi; chevelu, barbu, velu, 
noir comme une taupe, bruissant 
comme une cigale et fouinard com- 
me un cent de Normands. » 

« C'est un pénardf un sondeur ; il a 
l'air de ne pas y toucher et il met 
toujours le doigt su' V bath. » 

FURIEUX. Funbard. 

« A cette révélation, le chef de bureau 
devint furibard et menaça de sa dé- 
mission immédiate le porte-parole 
du ministre. » 

FUSIL. Bagaffre\ Baillaf\ Bdion 
creuXy Bottoche, Chandelle, Clari- 
nette, Femme, Flingue, Flingot, 
Pitroux, Repoussant, Soufflant, 
Tringle, Tube. V. Bois. En outre^ 



le Fusil se désigne parle nom de 
rinvenleur : Chassepot, GraSy 
Lebel, Remington, etc. 

« Pour la deuxième fois de la jour- 
née, voici Jean-Louis et Lapierre 
placés entre deux rangées de ces 
chandelles de Maubeuge, dont la 
mèche sent la poudre a canon. » 

(Mario et Ladhay.) 

Tirer les rois!... C'est lacamarde 
Uui devrait leur tirer les pieds ; 
D'abord faudrait qu'on les canarde 
Et qu'on t' les crèv tous comm' des pieds. 
Un' deux !... quand on n'est pas des poires» 
Qu'on est Français et Parigot, 
On fait pas tant d' magn' et d'histoires : 
On tir' les rois à coups d'flingot, 
(A. B. Les Souloloques a Honoré Comtant.) 

a On t' reveille, su' les ménuit eune 
heure, et faut s' coller Tas de car- 
reau su' r ràbe et décrocher sa cto* 
rinelte. » 

c Et aïe donc ! pan ! on leur-z-y fout 
des coups d' flingue dans la peau. » 

« Tout le monde dormait au corp» 
de garde, les tringles au râtelier et 
les sacs sur la planche. » 

« Le troupier appelle son însiirepous- 
santy soufflant, flingue ou flingot ; 
mais le mot le plus répandu pour 
désigner ce compagnon de tous les 
instants, c'est : « ma femme. » 

— FUSIL A DEUX COUPS. Re- 
poussant à deux trillages ou 
trayages. V. Coup. 

— FUSIL DE BOUCHER. F/m.90/ 

(analogie). 

FUSILIER DE DISCIPLINE. 

Biribi, Camisard. V. Soldat. 

FUSILIER MARIX. Chie-dans- 

l'eau. V. Marin. 

FUSILLER, V. Daillafei' \ Bailla- 
quer *, Bayafer *, Canarder, Des- 
cendre, Laver la tête avec du plomb. 

« — Mais, criai-je à Préval, ils ne 
sont pas armés... 

— Bah ! 

^ Aucun ne riposte... 

— C'est une tactique. Ils vont ripos- 
ter tout à rheure. Tire donc ! 



Oa «D canarda ainsi une demi-dou- 

— C'«itégtil,di3-]e, voilà re qui l'ap- 
pelle SMaMiner tei gen?. > 

(HkTo. F».»ci,1 
■* Juieph Robert lortit ds la maison 
comme un fou furieux, brandissant 
son arme en criant : 

— Il faut que j'en daeend» un '. • 

(GWo.) 



— 236 — FUY 

— Voies de tait envers i 



FUTÉ. Fouinard. V. FareUnr. 
FUYARD. Baudrouillard. 





G^CHEU. V. Abîmer. 



GAI. Gaimar, Higolbocke, Rigolo. 

GAIETÉ. Higolade, Riok. 

GAIN. Affwe. V. Bénéfice. 

GALANT, a<lj. Pompadour, lié 
gence, Hkkelieu. 



GALK. Charmante ', Frotte, Oratle, 
Gratlouille, Grittiousc-, Mitre *, 
Principauté '. 
La charmante' y Tait gratter bien 



desui 



(Vit, 



- T'ns doDc la fi-olte que tu t' grat- 



GALÈRi:S. Bâchasses', Petite ma- 
rine. V. Bagne, Travanx forcda. 

GALERIE. V. Amphithéâtre. 

GALÉRIEN. V. Forçat. 



GAL 



— 238 — 



GAR 



GALETTE. Platue. 
GALOX. Gd/ac/ie*. 

— GALON DE GRADE. BàtOfi, 
Sardine, 

m 11 espérait les sardines de caporal 
pour le départ de la classe, mais son 
ambition était de décrocher le bâton 
de fourrier. » 

— GALON EN CHEVRON. Ba- 
raque^ Briague, Maison. V. Che- 
vron. 

OALOXXER. Galucher\ V. Cha- 
peaa. 

OALOP. Patatrot. 

OALOPIX. Crapaud, Galapiat, 
Gosse. V. Gamin. 

«AJIIELLE. Galtause, Galtoze, Gai- 
touze. 

« — Qui est-ce qui ne bouffe pas sa 
galtouze'l deuiaiida-t-il affamé en 
reluquant les gamelles de rata. » 

CrAMIX. Béni-mouffetard, Crapaud, 
Fovyou , Galapiat , Gavroche , 
Gosse, Gouillon, Gouspin, Gousse- 
pain, Gromiau, Môme, Mômichard, 
Mômignard, Tili. V. Enfant. 

Ben, moi, c't' existenc'-lù m'assomme ! 
J' voudrais posséder un chapeau, 
l/csl vraiment temps d' dev'nirun homme. 
J'en ai plein i'dos d'i^lre un crapaud. 

(J. KlCHIPI!!.) 

— Cîreni|)ille, la marmaille 
Va venir manger tes seins, 
In tas de mômes malsains 
Qui gruuilleroul dans la paille 
Sur tes bras pour traversins. 
Elle dit: Vaille que \aille! 

Je nourrirai mes poussins 
D'aumônes ou do larcins. 

(iD.) 

CiAMlXE. Gosseline, Mômicharde, 
Mômignarde, V. Fillette. 

GAXT. Chaussette, Glovès, Mitoufle^ 
Mitouflet, Porte-poigne. 

<« Le toui'lourou Raticbon, qui descen- 
dait de garde, fit une toilette flam- 
bante, s'astiqua du haut en bas, et 
reluisant comme la visière immense 



des képis du petit lieutenant Trou- 
madames, sortit du quartier, ayant 
fourré ses mains dans des chaus- 
settes d*une immaculée blancheur. » 

{La Baïonnette.) 

GARAXTIE. Parade. 

« II opérait en toute tranquillité, sans 
craindre que la police ne l'inquiétât 

auant à ses moyens d'existence. 
^n camarade, qui tenait un com- 
merce de vins en gros, lui servait 
de parade, toujours prêt à assurer 
qu^il l'employait comme courtier. » 

GARÇOX. Ftetf , Fiston. 

— JOLI GARÇON. Miroir à gon- 
zesses, à putains, à poufiasses. 

« C'est toujours un homme aimé pour 
lui-même, un joli garçon, un mi- 
roir à... ce que vous savez. Trop 
beau pour rien faire, il est pareil 
au lys de l'Écriture. » 

(FraIVÇQIS COPPtE.) 

— GARÇON DE CAFÉ. Loufiat. 

« D'pis Taugmentation des alcools, on 
raque la bleue deux ronds d' pus, 
mais r loufiat s' gratte pour eul' 
pourboire. » 

— PREMIER GARÇON DE CAFÉ 

Caporal. 

— GARÇON QUI VERSE LES 

CONSOM.MATIONS. Otnnibus, 
Verseur. 

— GARÇON CHARGÉ DE TIRER 
LA BIÈRE. Pompier. 

— GARÇON DE COURSES. Chas- 
seur. 

— GARÇON D'OFFICE. Officier. 

— GARÇON CHARGÉ DE FAIRE 
LE CAFÉ. Fournier. 

— GARÇON DE VAISSELLE. 

Plongeur. 

« Le service des loufials diffère selon 
les maisons où ils sont employés. 
Il en est où le caporal ou premier 
garçon ne s'occupe que des con- 
sommateurs; dans d'autres, il tra- 
vaille comme ses camarades et fait 
le nettoyage avec eux. Les petits 



GAR 



— 230 — 



GAR 



établissements et les brasseries de 
femmes de dernier ordre n'em- 

Î ploient qu'un garçon, qui est à la 
ois officier^ plongeur^ fowmier^ 
pompiei* et, au besoin, chasseur ; 
c'est à-dire qu'il s'occupe de tenir 
propres l'office, la vaisselle et la 
verrerie, fabrique le café, tire la 
bière et fait les courses des clients. 
Dans les cafés bien tenus, les gar- 
çons se contentent de prendre la 
commande, d'apporter au client son 
verre, les carafes, les journaux et 
les allumettes, et de... recevoir l'ar- 
gent; ils ont pour les servir Vom- 
nibus qui verse les boissons froi- 
des : sirops, vins et alcools, le 
pompier qui tire la bière et le ver- 
seur qui verse le café et le lait chaud ; 
les autres boissons chaudes sont 
toutes préparées par Yofficier. » 

-^ GARÇON MARCHAND DE 

VINS. Cnleur, Moucheron. 

— GARÇON D'HOPITAL. Ra- 

fiau, 

— GARÇON D'HOTKL. Cam- 
broux. 

— GARÇON MAÇON. Lifforniau, 
Limousin, Lipette. 

<t ~ Et quels gens habitent ce taudis ? 
— Un peu de toutes sortes. Des 

mendiants, des vagabond?, des /i- 

jetles, des ligorniaux. » 

(L. Bako5.} 

— GARÇON DE RECETTES. Dé- 

graisseur^ Heteveur de pezoches, 

— GARÇON DE RESTAURANT. 

Loufint. V. ci-dessus. 

— GARÇON SUPPLÉMEN- 
TAIRE. Extm. 

« On s'attendait à un fort supplé- 
ment de clientèle et la patronne 
avait demandé deux exlras. » 

{La Nation.) 

—PREMIER GARÇON BOULAN- 
GER. Brigadier. 

c La manutention était moins soi- 
gnée, les clients se plaignaient que 
le pain étdt moins bon ; on résolut 
de changer de brigadier. »> 



GARDE, subst. f. Chive. 

— CRIER A LA GARDE. Ciibler 
à la grive *. V. Crier. 

— SUR SES GARDES. En gaffe. 
V. Guetter. 

« — Nous étions restés en gaffe afin 
de donner l'éveil en cas n'alerte. » 

(VlOOCQ.) 

— SE METTRE EN GARDE. Se 

mettre en quarante. 

flt — Aliçne-toi, lui cria-t-il, si t*es 
pas feignant. Allez ! mets-toi en 
quarante \ un homme en vaut un 
autre, pas vrai? 

— Et tous les deux se mirent en gar- 
de, le couteau au poing. » 

— PRENDRE GARDE. Avec idée 
de défi, de supériorité chez la 
personne qui parle. Numéroter 
ses abattis^ ses os (indistinct.). 

u Je Tai engagé en le quittant de nu- 
méroter ses os, car si la fantaisie 
lui prend de s'évader et qu'il me 
tombe sous la main, je le démoli- 
rai. » 

(BlACf.) 

— SOLDAT DE GARDE. Grivier 
de gâfe. V. Factionnaire. 

— ÊTRE DE GARDE. Être de 
guette. 

GARDE, subst. m. Gâfe, Gaffe, 
Gâfeur, Gdffier. 

« Les gaffes ont la vie dure. Ils tom- 
bent sur leurs pattes comme les 
chats. » 

(Claude.) 

« r voulait lui passer du pognon, 
mais y a pas eu plan, à cause des 
gdffiers. » 

a Pendant qu' Fréder postigeait, la 
Sardine faisait le gâfe. » 

— GARDE-CUIOURME. Artou- 
pan. Cap, Come, Comité, Gâfe, 
Marchand de lacets, Rien, Sous- 
come, Sous-comite. 

a Comme i' poussait du schproume, 
les artoupans l'ont foutu au mitard 
avec la ligotante de riûe. » 



GAR 



— 240 — 



GAT 



« La commission du ba^ne a sous ses 
ordres, pour la surveillance des for- 
çats, un grand nombre d'agents. 
Ces divers agents sont divisés en 
agents de police et de surveillance 
inférieure et en gardes. Les pre- 
miers sont les cornes ou comités^ au 
nombre de trois ou quatre; les 
argousins, trois; les xous-comeSj 
dix-huit; sous-argousins, dix-huit ; 
et les caps^ espèces de piqueurs pour 
diriger les travaux. » 

(MoRBAU Christophe.) 

« Si jamais je manque à Tappel, fais 
croire aux marchands de lacets que 
j*ai piqué une tAte dans la grande 
tasse. » 

(BeRTBL et GlLQCIH.) 

— LES GARDES-CHIOURMES 

en général. La gdferie. 

— TiARDE MUIVICIPAL. Cipal, 

M Les prisonniers en question peu- 
vent échanger entre eux les ren- 
seignements les plus graves sans 
(lue le brave cipal s'émeuve un seul 
instant. » 

(GOROH.) 

— «iARDE A CHEVAL. Gdfe à 
gaii. 

— GARDE DE MJIT. Gdfe de 
sorgue. 

— GARDE DE POLICE. Tripot'. 

GARDE-miBR. V. Besoins, Cabi- 
net, Chier. 

GARDEH. V. Conserver. 

GARDIEX. Arioupan, Boye, Gdfe, 
(irifpew'f Guette, 

— GARDIE.X DE CIMETIÈRE, 
DE L% MORGUE. Gâfe des 
macchabées. 

GARDIENNE DE SAINT-LA- 
ZARE. Sonnette. 

GARE! iiU. Acre! Acrée ! Acres! 
Crès ! Cresto ! Dix-sept ! Hache ! 
Pet! Vesse ! yingt-deux!V, Atten- 
tion, Pair, Patron. 

GARER (SE). Se couver, Se yourer. 



... Ej' m'étais min, 
Pour m'goÈwer d* la lance et d' la puïe, 
Dans l'encognur' d'eun' porl' cochère. 

(Jehan Hictus.) 

GARGOTE. Garyot. 

Elle tenait un gargot 

A Maisons-Lafiite, 
Chez elle le cheminot 

Trouvait table ot gîte. 

(J. CiLttf.) 

GARGOTIER. Boun-e-cuchons (ou 
fait ordinairement précéder cette 
expression deMonsinir, Madame, 
Le père, La mère, suivant le sexe), 
Garyot. 

« On allait pour douze ronds se les 
caler chez le père Bourre-cochons 
avec UD bœuf, dix de gringue et un 
d'ini-stroc. >» 

<t Si le purotin est, par hasard, tombé 
sur un bon frère qui Tenvoie se 
faire pendre ailleurs, il en est 
quitte pour recommencer chez le 
gtirgot d'à-côté. » 

{La Sociale.) 

GARNI. (Logement.) Garno. 

Kouilli'z-moi la ville toute. 
Les hùtels et les garnot. 
Il me faut, coûte que coûte, 
Avant ce :<oir trois complot:». 

(K. PONCHON.) 

GARROTTER. ToWoase)". V.Gorde. 

GASPILLAGE. Cuulaye, Gdchage. 

«Il y a du coulage dans cette mai- 
son. » 

« Pourc|uoi ce gdchaget c'est la ruine 
à bref délai. »» 

GASPILLEUR. Dècheur, Mangeur, 
Massaa^e, V. Dissipateur. 

« On ne peut rien lui confier de déli- 
cat, c'est un bousilleur, un vrai 
massacre. » 

GÂTER. En parlant d'un travail 
manuel : Bousiller, Charcuter. 

« Ma iille, ça ne peut pas continuer; 
vous m'avez bousillé cet ouvrage 
que c'en est désolant. »> 



■ La baronne c»t pour ces enfants 
une ïérilable maman gâteau. ' 
{Le Bndieal.) 

GAUCHE, ftdj. V. Maladroit. 

GAUCHE {A]. A cri, A ta manque. 

« Quand le bonneleur veut faire con- 
naître à un complioc où est la carte 
gainante, il dit Vane ! CVil ou 
Caisse ; Vane pour [n droite, Cri 
pour la gauche et Caisse pour le 

GAZ ASPUVXIAST. P/om 6 (arg. 
des vidangeurs). 

GAZOK. V. Herbe. Prairie. 

GELER. Cliquer de friot. V. Froid. 

GËNAKT. V. Importun. 

GENDARME. Butai, Itrasse-caivée 
[arg. maritime], Cagrw, Chardon- 
neret, Chasse-coquin ou Chasse- 
noble, Cognac, Cognard, Cogne, 
Enfant de chœur de ta guitlotine, 
Fauvette à tête noire, Gdfe, Qdffe, 
Grij^e-Jésus, Gris-bteu, Guignot, 
Hirondelle de griveoa depotence, 
Hussard de l'Abbaye, de ta guillo- 
tine, de la Veuve, Jaune ', Lapin 
ou cabot ferré, Laune, Lévrier de 
bourreau, Liège, Lousse ', Mai 
coiffé. Marchand de lacets, Martin 
roiiant' jPandofe, Passe-tacets, Po- 
lichinelle, Pousse ', Rousse, Ra- 
veau. Serin, Solliceur de lacets. 
Tricorne. 

« Chariot d'un cûtÉ, le sanglier de 
l'autre, et lea marchands de lacets 
derrit're, ce n'est déjà pas si réjouis- 
sant d'aller faire des abreuvoirs à 
mouches. • 

(H.110 et L.D1.Ï.1 

■ Les coquins, dans leur argot, appel- 
lent lesoendaruies.7rippe-jMUj, mot 
profond et qui n'a pas été inventé, 
comme le pri^tend Francisque Mi- 
chel. ■ pour faire accroire i^ue le» 
gendarmes ne mettent la niein que 



sur des inuocenis ■■, mais parcs 
qu'ils arrt-tcnt mémo les innocenls 
et qu'ils n'ont pas même épargna 
Jésus; ce qui est bien différent. • 

I Oui, c'est pour aujourd'hui, les hut- 
sards de la veuve (autre nom, nom 
terrible, de la mécanique) sont 
commandés I 



(Biu 



Sans compter qu'on risqu'ra rien 
d' faire accompagner la machine 
par lea hirondelle) depotence, si on 
veut p5s qu' les anarcbos viennent 

Gendant I' voyage s'oITrir un' nuit 
■s buis du bourreau, histoire de s' 
mett' dans les leurs, de bois. • 
Elle a une condition à Aubervillers, 
sur le bord de la limonade, d'oui 
qu'on voit venir de loin lea laune». •> 

Alloi».... ta l'ioir. aaa lirindiBr, 
Poflei-ïoinben... Akt... mine' d< pell* 
Hfl' qae j' vien* d'yvo boucher an trou T..* 

. mon er»! on pour un «a. 

Surlaul 00 »Tei pu li gnolt 
De itcba riubcrt taul de luil* : 

Ensflrti |>H l«'/u'i"<il^. "" '' 
CbarM te niooclicn »o> blaic. 
Tu calleru au Ctaimp de Ntie' 

Cogne doot l'œil me tanudo. 
Pique dta de ui, i a. Clic, clic ! 
Je soie ie bon guaui qui tidt. 

(l R,QH«.,S.) 

— GENOAR.'HE HARITIIIE. 



r dur. . 

— CEKHARIIEHIB HONTËB. 

Cognade à gait ou à gayel. 
La coanade à oayel servait le trfipe 
pour laisser abouler une roulotte. ■ 



GEN 



— 242 — 



GIF 



GÊNE. Débine, Déche, V. Besoin. 

— « Adieu, Pili... petite chienne... » 

On s'était trouré dans la rae, 

La nuit. Bile était accourue: 

«- « Bmmène-moi, je serai tienne 

(A Tait dit le bon petit chien), 

Tu verras... je t'aimorai bien... 

Veux-tu?... je ne suis à personne. » 

J'avais adopté la mignonne. 

Et, pendant quinze ans, chaque jour, 

Elle fut la petite bêle 

Qui TOUS attend et qui vous Tète, 

Qui TOUS dit bonsoir et bonjour. 

La petite bète qui lèche 

La main... Ah ! les yeux, les bons yeux, 

Toujours contents, toujours joyeux, 

Les jours d'opulence ou de aèehe. 

Hélas ! ces bons yeux que j'aimais, 

Je ne les Terrai plus sourire... 

Je les ai fermés pour jamais... 

Et je pleure... Ça tous fait rire? 

Vous les... 



J'ai perdu mon bon petit chien, 
Aussi ma douleur est extrême. 
Hais, pour qu'il se repose bien, 
Pour qu'il s'endorme doucement, 
Je l'ai couché bien chaudement 
Et je Tais l'^iterrer moi-même. 

— « Adieu, Pili... bon petit chien, m 

7 Dotembre 1897. 

(A. B.) 

GÊXER. V. Importuner. 

GÉNÉRAL. Poireau (arg. de Saint- 
Cyr). 

GÉNÉREUX. Bon fieu ou simpl. 
Fieu. 

« — L* père Bonnard m'a refilé cent 
sous... c'est un fieu. » 

— ÊTRB GÉNÉREUX. Se fendre. 

« — Et quand, par-dessus le marché, 
nous aurons additionné le chemin 
de fer, les étrennes aux domesti- 
ques... 
Si tu t'imagines que je vais me 

fendre l » 

(Michel Provims.) 

GÉXIE MILITAIRE. Barbette 
(arg. de Saint-Cyr). 



GENIÈVRE. Geneviève (à-peu- 
près), Schnick (germanisme). 
V. Eau-de-vie. 

GENOU. Coussinet. 

GENTIL. V. Joli. 

GENTILLESSE. Giroflerie \ 

GÉOGRAPHIE. Géo (apoc, arg. 
des écoles), Gogo (arg. de Saint- 
Cyr). 

GEOLIER. Barbaudier, Comte de 
Canton, de Caruche, de Castu, 
DébrideuTy Déboucleur, Duc de 
Guiche, Guichemard, V. Faite. 

« On suit leurs pas, on cherche à 
savoir où ils ont passé la nuit du 
crime, et, si les présomptions 
prennent de la consistance, on les 
arrête aussitôt et on les conduit, 
comme ils le disent en argot, au- 
près du comte de Caruche. » 

(Arua.\d Dcsartir.) 

Lubre, il bonissait aax palombes : 

« Vous grublez comme un guichemard, » 

(J. HiCBCPLX.) 

GESTE de défi ou de mépris. Ba- 
sanCy Croupière, S'emploient 
comme régime du verbe Tailler, 

Que ce soit Jacques, Paul ou Pierre, 
Qu'il poDse jaune, ronge ou bleu, 
Nous nous en fichons, sacrebleu ! 
Et nous taillons une crounière 
A tous tes pantins déTraîccis 
Qui barbotent dans ce gâchis ! 

(L. DE Berct.) 

« Le môme Tintin tailla une basane 
au sergot et s'enfuit à toutes 
jambes. » 

GIBET. V. Potence. 

GIFLE. AccoladCy Bdfe, Bâffre, 
BoffettCy Cachetf Châtaigne, Cfiin- 
freniau, Chisnouffe, Couleur, Da^ 
riole, Giffe (corrupt.), Gnolle, 
Jaffe, Mandate, Mandole *, Pla- 
mufe , Sischnouffe , Talmouse , 
Tarte. V. Claque, Coup. 

El je m' fous ben de c' que V public 
(Un tas d' gonc's qui vaut pas toîs gi/fes) 
Peut dir' a ma façon de m' peigner. 

(L. DE Bercy.) 



GIF 



— 243 — 



GOR 



GIFLER. Accoler, BâffeVy Bâ/frer, 
Passer à bâfe. Laisser tomber ks 
châtaignes , les mandales , etc . 
V. ci-dessus. 

Tais-toi. n'échauiïe pas Nicole, 
Autrement, tien**, moi, je Vaccole... 
— Toi, m'accolerl Ahl je te crains! 

(Vadé.) 

GIGOT. Cuisse de danseuse, 

— MANGER DU GIGOT. Gigoter, 

GILET. Bette ou care aux ciguës. 
Camisole, Casimir, Croisant, Crois- 
sant, Georget, Gilemont, Gilmont, 
Gileton, Gilton, Lisette *. 

« r ya décroché son bogard de sa 
camisole, que l'aute ya vu qu' trin- 
gue. » 

« r m'avait déglingué mon gilmont 
et ma iiquette. » 

— GILET DE FLAATELLE. Li- 
monade. 

GIROUETTE. Tête et queue, Vol 
au vent, 

GLACE. V. Miroir. 

GLOUTON. Bouffe-la-balle, Cheu- 
lard, Chiqueur, Engoulevent, Gai- 
faire. Gueulard, Mange- tout, 

« Et notre bouffe-la-balle de Parigot 
entama sa troisième gamelle. » 

« Nos cheulards dormaient sous la 
table au milieu d'une hécatombe de 
flacons. » 

« En un coin de la salle, à une table 
séparée, s'emplissait d'un rata for- 
tement alliacé un galfâtre à grosses 
joues. » 

{Les Propos du Commandeur.) 

GLOUTONNERIE. Empiftage ou 
Empifrement, 

GOBELET. Gobette, Piolet, 

GOBER. V. Avaler. 

GOGUENARD.CAarrieur, Chineur, 
y. Moqnear. 

GOINFRE. V. Glouton. 



GONORRHÉE. Chaude-lance, 
Chaude-pisse, Cocotte, Coulante, 
Gogotte, Réchauffante, 

« — Si Ton nous fait mousser comme 
ça, dit-il, j'irai chopper une chaude- 
lance dans un caboulot et je fini- 
rai mes vingt-huit jours à Tinfir- 
merie. » 

(c II n' pouvait pas marcher : il avait 
la gogotte. » 

« — La garce m'a fichu la réchauffante. 
— Ça te tiendra chaud pour l'hiver. » 

— GONORRHÉE CHRONIQUE. 

Goutte militaire. 

Ab ! ces deux vieillards me dégoûtent ! 
Je crois môme qu'ils ont la goutte 

Afin taire 
Bien qu'ils ne Paient jamais été. 

(Albiet Gl4TI0IIY.) 

GORGE . (Poitrine. ) Estomacs . 
V. Sein. 

GORGE. (Gosier.) Angoulême*, 
Avaloir ou Avaloire, Carafe, Coco, 
Corne, Cornet^ Cornemuse, Corri- 
dor, Couloir, Creuse, Dalle, En- 
tonnoir, Fanal, Fusil, Gargamelle, 
Gargarousse, Gargoine, Gar- 
gouanne, Gargouenne, Gargue, 
Gave, Gavion, Gaviot, Goule, Kik, 
Kiki, Lampas, Musette, Noque, 
Pertuis, Plomb, Rue au pain, 
Ruelle, Ruette% Siffle, Sifflet, 
Tromblon, Tube, 

a — Tiens, mon vieux frère, colle- 
toi ça dans V avaloir, ça te donnera 
du cœur au ventre. » 

« — Hé I dis donc 1 Si on se réchauf- 
fait le corridor avec un verre de 
vieille, nous autres, hein ? » 

(J. Maani.) 

« Chaque fois qu'ils vont là-bas, ils 
en reviennent avec chacun leur 
litre d'eau-de-vie dans la garga- 
rousse, »> 

{J. RlCHEPIN.) 

L* malin, ça chaufT la gargamelle^ 
C'est girond la soupe aux poireaux ! 
Avant d' m'attocher un' gamelle, 
Ej' déjeune aux Arts Libéraux. 

(A. B.) 



GOR 



— 244 — 



GOU 



« — Vous comprenez que c'te pré- 
tention de me faire payer ses dettes 
m^a semblé un peu violente. Je Tai 
ctiipée délicatement par le kiki et 
j'y ai demandé : 

— Dis donc, est-ce que par hasard 
tu m'aurais pris pour un pante? » 

(Oscar UtriniER.) 

« A bout de salive, les musiciens 
s'étaient disséminés dans les cafés 
d^alentour et s'y humectaient lar- 

Sement le iampas pour se donner 
es forces nouvelles, tandis que 
des connaissances entrées avec eux 
embouchaient leurs instruments et 
s'efforçaient d'en tirer des notes. » 

(Cauillb Lemoicnikb.) 

a Tout ce qui passe par la gargoine 
emplit le bauge. >* 

(VlOOCQ.) 

J'ai du sable à l'amygdale 
Obé! obi buvons uu coup 
Une, deux, trois, lonçtemps, beaucoup! 
11 faut s'arroser la dalle 
Du cou. 

(J. RicaiPiM.) 

Arrosons-nous 
La noque, 
La noquef 
Arrosons- nous 
La noque du cou. 
{Refrain d'une vieille chanson du Berry.) 

GORGÉE. Lampée, 

« Une lampée de cognac par là- 
dessus? » 

GOSIER. V. Gorge. 

GOUJAT. Bajafy Bécant, Ballot, 
Cheval^ Cosaque^ Croquant^ Louf- 
fiât ou Louflaty Mufy Muffe^ Muffie, 
Mufle, Pignouf. V. Grossier. 

« — Laissez ce bajaf^ il ne mérite pas 
qu'on s'occupe de lui! » 

« Des ballots qui se mettent À quatre 

S OUF saler un gonce, y a-t-il moyen 
e parler à ces gens-là? • 

(J. LORRAIK.) 

« Le dimanche, c'est le jour de sortie 
des mufles. On ouvre les portes 
toutes grandes et on les lâche. » 

(U. Lavbdan.) 

Mais les lapins, mais les bécants^ 
Ceux arec qui qu' ya pas d'affure, 



Lei emmerdeurs et les croquants. 
On les dégringole & la dure. 

(A. B.) 

Ah ! il y en a, il y en a, il y en a 
Que c'est d' la fameu«' canaille ! 
Ah ! il y en a, il y en a, il y en a 
Qu' ça sont des fameux louAais ! 

(POTHIY.) 

GOULt. V. Glouton. 

GOUPILLON. Balai à pot de 
chambre, 

« £t le dimanche, à la botte à messes, 
i' tendait 1 balai à pot cT chamb^ 
aux vieilles rombières. » 

GOURDIN. Matraque, Permission, 
V. Assommoir. 

« Vous dire pourquoi, j'en serais 
bien en peine ; une poule volée à 
un colon influent, un coup de ma- 
Iraque appliqué par un Bédouin 
ruiné sur la tête d'un juif voleur, 
quelques centaines de mille francs 
à faire passer dans la caisse d'un 
fournisseur ami d'un ministre, et 
pif, paf, boum, coups de fusil, obus, 
fusées, coups de canon, coups de 
sabre et finalement le feu aux gour- 
bis, aux jardins et aux moissons. » 

(Hector Feanci.) 

GOURMAND. Bonne, rude ou sé- 
rieuse fourchette t BHfeuVy Briffeur, 
Chiqueur, Gobichonneur , Gueu- 
lard. 

« — Ah ! vous êtes une rude fourchette, 
vous, monsieur le curé ; vous tien- 
driez tête, j'en suis sûr, à monsieur 
le percepteur! » 

(DOBOS.) 

a — Oh ! donc, je vas vous tambou- 
riner le cuir un petit peu, moi, 
Fanfan la Blague, le roi, le triom- 
phateur des chanteurs et des gobi- 
chonneurs, » 

(A. LORBITI.) 

« — Quel briffeur 1 quel chiqueurl ah I 
toi, quand je te fais une ratatouille 
à ton goût, tu fais plats nets ! • 

(HlRBBET.) 

« — Eh ! vous autres, tas de gueulards, 
on fait de l'extra sans les amis? 
Garçon, apporte un couvert en 
plus. » 



GOU — 245 — 

GOURMAXDER. V. Admonester. 
GOURMANDISE. Gueulardise, 



GRA 



a — Encore du macaroni ? ah ! non, 
c'est de la gueulardise. Ta en a» 
déjà eu trois fois. » 

GOURMET. Bec fin, Fin bec, Fine 
gueule. Gueulard, 

« C'est une fine gueule, il aime les 
bons morceaux.' » 

GOUSSET. Botte à ciguës, Flaquet, 
Radin. 

« — J' comptais sur un bon pour- 
boire, r fouille dans sa boite à 
ciguës et m'en sort deux pélots. » 

GOUT. Chic. 

— AVOIR U3Î GOUT PRONONCÉ 
POUR UNE CHOSE. Ne pas 

chier dessus. 

m 

GOUTER, subs. Lunch. 

GOUTER, V. Luncher. 

— Dans le sens d'Apprécier : 
Gober. 

— Dans le sens de Déguster : 
Y mettre un doigt. 

GOUVERNANT. Classe-dirigeant 
ou Classe-dirigeante, Dirigeant 
(arg. politique). 

« Les cravates d'un acteur, le petit 
chien d'une actrice ; les dessous de 
celle-ci, les manies de celui-là : 
voilà ce qui occupe les cervelles 

dirigeantes. » 

(Rbqoix.) 

Ohé ! puissants de mon derrière ! 
Ohé! les classes-dirigeants, 
Quand fermera-t-on la fourrière?... 
Tous les chiens sont de braves gens. 

(A. B.) 

GOUVERNEMENT. Gouvernance. 
V. Dispense. 

GOUVERXEUR. Pharos\ Ripau- 
ti/er*. 

GRABAT. V. Lit. 



GRABUGE. Bruit dans Lander- 
neau, Chahut, Chambard, Gnac, 
Ognon, Oignon, Pet, Pétard, Be- 
naud. Ressaut. 

ft Mais si le gouvernement s'obstine 
à maintenir son projet, il y aura du 
bruit dans Landerneau. » 

{La Nation.) 

<( — Je ne veux pas me mêler de 
cette affaire, il y a du gnac. » 

(H. Framci.) 

« Le comte Jaubert raconte que. 
l'empereur Napoléon I«' rentrant 
un jour aux Tuileries de très mau- 
vaise humeur, le suisse dit tout bas 
à son voisin : « 11 parait qu'il v a 
de V oignon. • L'empereur, qui Pa- 
vait entendu, se dirigea vers lui et 
lui dit : <f Eh bieni oui, il y a de 
Voignon\ » Le malheureux faillit 

tomber à la renverse. » 

(lo.) 

GRACE. Redam. 

— SIGi\fiR UN RECOURS EN 
GRACE. Cfivaler au rebectage, 

GRACIÉ. Éprouvé. 

GRACIER. Se traduit de même 
que Absoudre. 

GRACIEUSETÉ. V. Amabilité. 

GRACIEUX. V. Aimable, Beaa. 

GRADÉ. Eaux grasses, Grosses lé^ 
g urnes. Légumes, Tête mobile. 
V. Autorite. 

— Gradés inférieurs : 

— BRIGADIER. Cabot. 

— BRIGADIER-FOURRIER, fin- 

gue-four, Tambour. 

— CAPORAL. Cab, Cabot, Cabj'i, 
Martyr, Sou /fixant. 

— CAPORAL-FOURRIER. Cabot- 
foutrier. 

— CAPORAL-CLAIROX. Cabot- 
trompion. 

— CAPORAL-TAMBOUR. Crtôo/- 

tn^nn. 



GRA 



— 246 — 



GRA 



— CAPORAL D'INFIRMEEIE. 

Cab à la tisane, Cab au copahu. 

— MARÉCHAL DES LOGIS. 

Margis, 

— MARÉCHAL DES LOGIS- 
FOURRIER. MargiS' fourrier, 

— MARÉCHAL DES LOGIS- 
CHEF. Chef, Double, Marchef. 

— SERGENT. Pied-de-banc, Ser- 
got, Serpied. 

— SERGENT-MAJOR. Chef, 
Double. 

— SOUS-OFFICIER. Bos-off., 
Bazoff, Sous-off, 

— TAMBOUR-MAJOR. Géant. 

« Comme il revenait de permission 
de vingt- quatre heures, le cabot- 
fourrier lui rogna sa boule de son 
en lui disant d^aller se plaindre au 
chef s'il avait quelque chose à 
réclamer. » 

« — Dites donc, chef^ c'est-y à ce 
que vous savez?... 

Mais le double d'un geste impé- 
rieux le fit taire. » 

(G. COOETSUNI.) 

« On jeta le marchef à terre, on 
abtma l'agent, et Ton s'enfuit avec 
armes et bagages, plus ivres que 
jamais, et très fiers. » 

(SiTBRI!fE.) 

H. — Allez me chercher le margis de 
semaine; et revenez à raa botte, au 
galop de charge! m 

a Pour fêter sa nomination au grade 
de serpied^ la cantine avait été 
décorée et la salle des pieds-de-banc 
vit se réunir autour d'un apéritif 
« à la hauteur » tous les sous-off' de 
sa nouvelle compagnie. • 

« Et les méchants tours tant de fois 
joués aux bazofs^ ces bétes noires, 
les omelettes topoçraphiques arro- 
sées de vin blanc dans les auberges 
de Bouviers et de Fontenay-le- 
Fleury, les sorties sans permission, 
le dimanche, où Ton se défilait au 
retour, le cœur battant, devant le 
'< ringard » appuyé sur sa canne. » 

(Ukné MAiztnoY.) 



« Le géant, ce jour- là, ne conduisit 
pas à Técole ses trompions et ses 
tapins. 11 était au lit cloué par la 
fièvre. » 

— Gradé intermédiaire : Ad- 
jectif^ Adiupette, Chien de 
quartier. V. Adjudant. 

— Gradés supérieurs : V. Offi- 
cier. 

GRAIX. Grenu. V. Avoine, Blé. 

— MAUVAIS GRAI^. Droue*. 

GRAIVD. Asperge montée, Bras, Dé- 
fendeur d'andouilles, Échalas, 
Long comme un jour sans pain. 
Toutes ces épithètes comportent 
une idée de maigreur. 

GRAND'MÈRE.Btr6e-da6e, Birbe- 
dabuche, Birbe-daronne, Gramu- 
che^ Grand^dabe, Grande daronne, 
Grande doche, 

« Or, ceux-là lui donnaient, entre 
eux, un surnom encore mieux jus- 
tifié que tous ses autres nom, pré- 
noms ou sobriquet. Ils l'appelaient 
Gramuche, ce qui signifie, en argot 
de routiers, grand^mére. » 

(J. RlCHIPin.) 

GRAND MOXDE. La Haute, Le 
High life (le peuple prononce 
Ige lif). Le monde chic. Le monde 
sélect. V. Aristocrate, Élégant. 

GRANDS-PARENTS. Les vieux, 
Les vices ou vioques. 

GRAND-PÉRE. Birbe-dab, Birbe- 
daron, Grand dab, Grand daron. 

a Son qrand daron était bistrot à 
côté d' chez V père TEmp^reur. » 

GRAND' ROUTE. Grande tire. 
Grande trime. Grand rub. Grand 
trimard, Grand trime, Ruban de 
tire, Rub de tire, Trimard. 

a Les uns, les vétérans du trimard, 
connaissent les bons parages. » 

(C>. Malato.) 



GRA 



— 247 — 



GRI 



Loin du rub de tire, la neuille. 
Sans le taffetas du gris-bleu, 
Aquige en douce et que la cueille 
Eu Ion milliard passe au bleu. 

GRAXGE. Grenasse. 

GRATIFICATION. Confiture, 
Gants, 

« Le patron avait promis de la confi- 
ture pour le jour de l'an. »• 

Méfiei-Tous des intrigants 
Et surtout des femmes galantes 
Qui vous demanderont des gants. 

(A. Glationy.) 

GRATIS. AuchàsseyPour ladigue, 
la peau, la tringle^ etc. V. Rien. 

C'est la grand' Juli' monte au châtie 
Qui fait des queu' à son mecton. 

(A. B.) 

GRATTER. Graisser, Passer à la 
frotte. 

— SE GRATTER. Se chaffourer. 

GRATUIT. V. Gratis. 

GRAVIER. Caillasse, Carie \ 

GRAVURE . Luque * , Luquet * . 

GREDIX. Frappe, Fripe, Galapiat, 
Galvaudeux, Malfrein. V. Ca- 
naille. 

GREFFE, subs. m. Rustu. 

GREFFIER. Rustique. 

GRÊLÉ. Grenier à lentilles. Mor- 
ceau de griiyèi'e, Moule à gaufres, 
à pastilles, à pilules. Poêle à mar- 
rons. 

•— FEMME GRÊLÉE. Couturasse. 

« — As-tu vu ce moule à pilules^ Toi 
qui veux loger dans des petits trous 
pas chers, voilà Toccasion. » 

GRELOT. Bavard. 

GRELOTTER. Avoir la trem- 
blotte. V. Frissonner. 

GRENELLE (QUARTIER DE). 

VÊcole. 

« On était descendu jusqu'à VÉcole 
pour dégoter Blanc-partout qui 
perche rue Croix-Nivert. » 



GREXIER. Autan \ Roulon. 
V. Bois. 

GRENOUILLE. Sauteuse. 

GRÈVE d'ouvriers. Mise-bas (arg. 
des typographes). 

GRIFFER. Graffigner, Grigner. 
V. Égratigner. 

GRILLOX. Cricn. 

a Les cricris chantaient dans les 
prés. » 

GRIMACE. Grigne. 

GRIMACER. Grigner. 

GRIMACIER. Dans le sens de 
Prétentieux. Gesseur. 

GRIME. Camouflage, Maquillage. 

• En réalité, les agents se montrent 
assez réservés au sujet du camou- 
flage, d'abord parce que chacun 
d'eux a ses procédés particuliers 
qu'il ne tient pas à ébruiter, en- 
suite parce qu'ils font leurs trans- 
formations d^instinct et qu'ils au- 
raient toutes les peines du monde 
à joindre la théorie à la pratique. » 

(Guy Tomcl.) 

GRIMER. Camoufler, Maquiller. 

— SE GRIMER. S'amadouer, Se 
maquiller, Se faire la tête ou 
une iéte. 

« 11 entra en scène avec seulement 
un nuage de poudre sur la face ; il 
n'avait pas pris le temps de se faire 
la tête. » 

GRIMPER. Gucher. 

GRINCHEUX. V. Acariâtre. 

GRINGALET. V. Ghétif. 

GRIS. V. Ivre. 

GRISER. V. Enivrer. 

GRISETTE. Gigolette, Guinguette, 
Trottin. 

On rept>nse aux abandonntl'es 
Oui restent seules dans l'oubli. 
Aux gentils trottins sans famille 
Qui s arrêtent dans leurs haillons 



GRI 



^ 248 — 



GRO 



Derant la boatique oui brille. 
Gomme aux lampes les papillons. 

(J. RiOELSPERGIR.) 

GRIVOIS. Corsé, Décolleté. 

« Elle préférait le ^and maigre dont 
la VOIX était moins jolie, mais qui 
avait un répertoire u beaucoup 
plus corsé. » 

tt La muse décolletée^ passe encore ; 
mais, pour Dieu I gardez- vous de la 
retrousser, surtout quand vous 
l'avez laissée se crotter. » 

GROG confectionné en fraude dans 
les hôpitaux. Illico. 

GROGNER. Arnauder, Bocotter, 
Être à renaud ou at^naudf à res- 
saut, à cran, à tube, Être comme 
un crin. Être en rogne, Grincher, 
Groumer, Grutier, Marronner, 
Piffer, Renauder, Rogner, Ron- 
chonner, 

« — Vo faites pas d' mauvais sang, 
patoisa le marchand, no sommes 
ed' braves gens to les deusses, mais 
faudrait pas groumer après. >» 

(G. LixoHRiia.) 

« Il est tout le temps- à marronner. 
Quand vous en aurez un sourire, il 
fera chaud. » 

« Philippe commence à rogner. 

— Petite punaise, souffle-t-il, ei tu ne 
descends pas de là, je vas te des- 
cendre. » 

(Thibta.n Bernard.) 

GROGXOX. Arnaud, Avertineux* , 
Bâton merdeux, Bougonneur, Cha- 
rogneux, Chiynard, Crin y Gei- 
gnard, Geigneur, Gourgousseur 
(arg. des typographes), Renan- 
dew'j Ressauteur, Ribassier, Ron- 
chonneur, Ronchonnot. 

« — Mon Dieu, quel crin que cette 
petite! On ne peut pas faire une 
observation a Mademoiselle sans 
qu'elle ronchonne. » 

{La Gaudriole.) 

« Pleurard, geignard, hypocrite et 
sale, on était certain de* le rencon- 



trer vers les dix heures à la sortie 
d*une église ou à la porte d'une 
communauté. » 

(Baoda.) 

« — Comment c'est encore lui qui 

gueule !... quel ressauteur \ on a 
eau se dévisser le trou de balle 
pour lui faire plaisir, il n'est 
Jamais content. » 

<i Toujours ronchonnoty mais au fond 
pas mauvais diable, le capitaine 
Fil-de-Fer. ». 

GRONDER. V. Admonester. 

GROOM. Chasseur, Tigre.V, Com- 
missionnaire. 

GROS. Brasset, Entripaillé, Fort- 
en-mie, Gageard, Patapouf, Pe- 
lutin, Truffier, 

« — Malgré que tu soyes fort en mie^ 
y t'entrerai d'dans, gros patapouf \ » 

— GROS ETCOVKT.Pot-à-tabac. 

« C'était une petite bonne femme rou- 
geaude et souriante, un tantinet pot- 
à-tabac. » 

{La Cocarde.) 

GROSSESSE. Butte, Bosse, En- 
goulevurCy Maladie de neuf mois. 
V. Bnceinte. 

GROSSIER. Bajaf, Ballot, Cheval, 
Croquant, Emmargouillis *, En- 
gueuleur^ Loufiat, Mastoc, Muf, 
Pignouf. V. Gonjat. 

« — Pour ces engneuleurs déconfits, 
les juges du conseil de guerre ne 
sont pas seulement des scélérats, 
ce sont aussi des lâches. » 

(H. KOCHFFOET.) 

« Quand on ne sait pas s'effacer de- 
vant une dame, monsieur, on n'est 
(\}ï\xn pignouf \ >» 

(Daubry.) 

GROSSIÈRETÉ. Goujaterie, 
Mufferie, Muflerie, Muflisme, Pi- 
gnouferic. 

« — Sais-tu, toi qui parles, inter- 
rompt l'homme aux chausses déla- 
brées, pourquoi on a fermé Saint- 
Eustachn ? 



GRO 



— 249 — 



GUE 



Eh bien ! je vas te le dire. C'est à 
force de leur avoir fait des mufleries. 
D'abord, en rigolade, y en avait 
qui venaient se laver dans les bé- 
nitiers. Le curé ronchonnait, mais 
laissait ouvert. Puis voilà un qui a 
fait ses ordures dans un journal et 
qu'a été le poser sur l'autel. » 

(Guy Tomsl.) 

GROTESQUE. Carnamly Chienlit, 
Malagot, 

« Voilà qui ameute, contre les chien- 
lits du parlementarisme, tout ce 
que U France a de graine de bon 
sens. » 

(SiVI&INE.) 

« — Voyez-moi ce carnaval, si elle 
est fagotée. >» 

Ci n'entrez pas, hypocrites, bigots, 
Vieui matagots, marmiteux, boursouflés. 

(Rabelais.) 

GROUPE. V. Figurant. 

GRUYÈRE. Carrière à châsses. 

GUENILLE. Frapouille, Fripouille, 
Goupine, 

GUENIPE. Guenille (corrupt.). 

GUÉRIR. Blanchir, Rebecter, 

« 11 est resté près d' six marquets au 
Midi et i' n'était pas blanchi à sa 
décarrade. » 

« Eh ben, quoi, t'as bonne mine ! t'as 
une gueule épatante î te v'iâ r^beclé 
tout à fait. » 

GUÉRISOX. Blanchissage, Rebec- 
tage, 

« Le major ne renvoyait les blennor- 
ragiques dans leur compagnie 
qu après complet blanchissage. » 

GUERRE. Foigne*, Grive, 

GUET. Gâfe, Gap", Planque, Saint- 
Jean. 

GUÊTRE. Feuilles de chou (arg. 
militaire), Tirnole *. 

— GUÊTRE Erv DRAP. Trique- 
houze. 



« Les « réservoirs » dont la chaus- 
sure n'était pas en état de résister 
à la marche touchèrent des godil- 
lots et des feuilles de chou en cours 
de service. »> 

GUETTER. Aller à la retape, Faire 
le gâfe, la planque, le Saint- 
Jean, Gdfer, Gdffer, GâffiUer, Gâ- 
filler, Remoucher, Se mettre ou 
être en gdfe, en gaffe. 

— Dans le sens de Guetter, 
Regarder, le a de gaffe et de 
ses dérivés est toujours ou- 
vert. 

« Il fallait faire gaffer un roulant 
pour y planquer les paccins. » 

(ViDOCQ.) 

« Nous étions restés en gaffe pour 
donner l'alarme. » 

(Id.) 

« Du temps qu'i's turbinaient la sur- 
dine de la boutanche du lartonnier, 
r mômignard faisait V gâfe. >» 

Allons, alloDS, prends l' tablier, 
Fous-toi su' r tas, sans sourciller, 
L' patron commence à gàfiller. 

(P. Paillette.) 

GUETTEUR. Gâfe, Gaffe, Gâf- 
fier, Gaffeur. 

GUEULE . Goule . V. Bouche , 
Gorge. 

Du cidre il Taut 
Dans la goule... 

(J. RiCHEPIN.) 

GUEULER. V. Crier. 

GUEUX. V. Mendiant, Misérable, 
Prostituée, Vagabond, Vaurien, 
Voleur. Gueux peut se traduire 
par Mal frein, corrupt. de Mal- 
frat qui est lui-iiu^rae une cor- 
ruption orthographique de mal 
fera; le Gueux étant toujours 
supposé destiné à mal faire. Jean 
lUcnepin, dans la ballade-pro- 
logue de son admirable u Clian- 
son des Gueux », nous fournit 
un bouquet de pittoresques ex- 
pressions : 



GUI 



— 250 — 



GUI 



Venez à moi, claquepatins. 
Loqueteux, Joueurs de musettes, 
Clampins, loupeurs^ voyous, catins^ 
Et marmousets et marmousettes^ 
Tas do t raine-cul' les'housettes. 
Race d'indépendants fou§^ueui l 
Je suis du pays dont vous êtes : 
Le poète est le Roi des Gueux. 

Vous que le chaud soleil a teints, 
Hurlubiers dont les peaux biseltes 
Ressemblent à l'or des gratins, 
Gouges au front plein de frisettes, 
Mômignards nus sans chemisettes. 
Vieux à l'œil cave, au nez rugueux, 
Au menton en casse-noisettes, 
Le poète est le Roi des Gueux. 

(J. RicucpiN.) 

GUICHETIER. Comte de Canton, 
de Carruche, de Castu, Duc de 
Guiche, Guichemar ou Guiche- 
mard, Chat, Oncle. V. Geôlier. 

GUIDER. Pistonner. 

GUILLOTINE. Abbaye, Abbaye 
de cinq-pierres y de Monte-à-re- 
bours, a^ Monte- à-regret, de Saint- 
Pierre, Bascule, Béquilleuse, Bute, 
ButlCy Deux mâts. Faucheuse, La 
femme à Chariot, La Veuve, La 
veuve Rasibus, Le glaive, Loui- 
sette *, Louison *, Marianne *, 
Mère au bleu. Monde renversé, 
Passe, Petite Louison *. 

a Pisqu on veut pas supprimer V Ab- 
baye, qu'on aye 1* courage d' Tins- 
taller la où qil' tout' la tierce pour- 
rait voir. M 

« Rappelez-vous en effet le cri : « Bra- 
vo, Lebiez I » saluant la cràoerie 
avec laquelle ce credin gravissait 
les degrés de VAobaye de Monte-à- 

liegret, » 

(Gaston Jollivet.) 

« Entre les deux prisous, sur la place 
plantée d'arbres, s'exécutent les 
sentences capitales ; cinq dalles de 
forme oblongue sont fixées entre les 
pavés, pour permettre au bourreau 
et à ses aides de dresser en équili- 
bre le couperet de la ^'uillotine. En 
style d'argot, les habitués de? pri- 
sons dénomment ces cinq dalles : 
« V Abbaye de cino-pierres. >> 

(G. Mac*.) 



« — Gomme ça, j'irai à la Butte sans 
avoir eu Pauline. » 

(GoaoN.) 

(c Elle reçut le nom de guillotine, de 
celui de son inventeur — ou plutôt 
importateur — Guillotin. Mais le peu- 
ple la baptisa Marianne* ^ de même 
que le régime politique qui en fit un 
si fréquent usage ; ou encore Loui- 
sette*, Louison , du nom du doc- 
teur Louis, qui en avait soumis le 
projet à la Convention. » 

A la passe si Ton t'accule, 
ATant de cracher dans le son, 
Dis : merde ! devant la bascule^ 
Et calanche en homme, en garçon. 

L' pauv' gas pourra pus à c'tte heure 
R' passer pour autrui 
Car voilà qu* pour lui 
Tout près d' sa dernier' demeure 
Au haut de la montagne de Monte^à-Regret 
La Faucheuse afm' son coup'ret. 

(L. 01 BiBCY.) 

GUILLOTINER. Basculer, Décol- 
ler le bobéchon, la cafetière, le ci- 
tron, le coco, la lampe, le marron, 
la pomme, la poire, le saladier, la 
soupière, la théièi^e, la tirelire, le 
trognon, la tomate, la tronche. Di- 
minuer d'un pied du côté de la tête. 
Faucher , Raccourcir , Rogner , 
Trancher, Couper ou faire bâiller 
le colas, le kik, le kiki, le sifflet, etc. 

— ÊTRE GUILLOTINÉ. Baiser la 
Veuve ou la femme à Chariot, 
Coucher avec la Veuve, avec la 
femme à Chariot, avec Loui- 
sette*t avec Marianne*, Cracher 
ou éternuer dans le sac, dans le 
son y Être ci'avaté de rouge y Être 
interrompu, Jouer à la main 
chaude avec les soubrettes, à 
Chariot, Mettre le nez à la /*e- 
nétre. Voir le monde à l'envers. 

a — Je te saignerai comme un poulet 
et ta chevelure me servira de corde 
pour me pendre, j'aime mieux 
cela que de me foire basculer par 
la Veuve. >* 

(Macé.) 

m J*ai vu raccourcir, si je m'en sou- 
viens bien, un nommé Philippe, 
assassin de filles, et Lemaire... » 

(Gastoîi Jollivet.) 



GUI — a 

■ Od parle qu'on les Cra cracher dans 
V ton h l'intérieur du ballon : pus 
d' voyeurs pour ceux (|ui baiuront 
la femme à Chariot I On les rognera 



'i gigolcll 



.•Tôi™T- 



ii l'on me fait bdilU 
a h> '* «1*1 «oo-, 





'V. 


•un la 


Vcum; 


.... »«.c 


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k: 


on dit' que j'd ta 






i-éttrna 


r'daat V, 






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(A. B.) 


T<Hlll« 


s r^uitr 




DUBil, 


Ou 


M 


rait fu 


fauchât 


ad.«u,. 



GUITARE. Guimbarde, Guimauve, 
Jambon, Jambonneau, Palette. 

• — Quand j' s'rai vioc, qu'i' dit, 
j'irai avec ma guimbarde gratter du 
Jambonneau dans les cours. » 








HABILE. V. Adroit. 

— ARTISTE, OUVRIER HA- 

RILE. CaU, Ferré, Qui a du 

méiier ou de la pattt. 

* Il craignait d'en rencontrer de plus 

eaiéi que lui dans cet atelier qu'il 






{Le A 



^"-) 



■ Vous lavez que c'ett un bonhomme 
très ferré dàn» la pirtie. » 

• It se sert peu de la nature; mais 
Ml ceuvres plaisent nêanmoms eux 
«mateurs, car il a une patle étoii' 
nanle. » _^^_^_ 

HABILLEMENT. Frus^uin. V.Vé- 
Umsnt. 

BABILLER. V. TôUr. 

HABILLEUR. Fringueur, Frusqui- 
newr. 

HABILLEUSE de coulisses. Ca- 
taoupeuse. 



HABIT. V. Vètament. 
HABITANT. Indigène 



HABITATION. Se désigne par 
les équivalents de Logement et 
de Maison. 

HABITER. Percher. V. Demenrer. 

HABITUDE. Habilongue: 

HABITUER A. lUettre à la coutt 

de. 
■ Petit à petit, a s'est mise à la coula 

du truc en vojant faire les co- 



HABLEUR. DépufeUur de femmet. 

enceintes, de nourrices, Èpateur, 

Eibrouffeur. 
HACHIS. Ètron de cfiareuUer. 
HAIE D'ÉPINES. Picouse. 



HAIB. V. Détester. 

HALEINE MAUVAISE (AVOIR 

L'). Avoir aimlé ses pieds, Avoir 
une chaise percée dans restomac, 
Avoir une aent qui prend racine 
dans le trou du cul,Casser, danser, 
schlingoiter,sclitinguer,icklipoler, 
polker, repousser, trouitter, trouit- 
loter du bec, du corridor, du cou- 
loir, du goulot, de la gueule, de 
la dévorante, du saladier, du ti- 
roir. Faire courant d'air avec le» 
chiotles, Tuer ou asphyxier les 
mouches à quinze pas, V. Pner. 



i' TOUS souffler dans I' tubard. • 

■ Et çui'là, c'est pas d' la chique, 
alors; il a bien avalé se) pieds. « 

■ Il cbantait une ineptie où il n'était 
queslios que d'une femme à l'ba- 
leioe Têtide qui tuait les mouches à 
ijuinit pas. n 

• — Boucle-la, mon vieux. Quand tu 
jBspinei OD est obligé de te bou- 
cher le blair; la fais courant d'air 
avec les chiottei. » 

« Sa frangine est gandine ; et ça fe- 
rait tout k fait mon o^^non si a 
n'avait pii un; dent qui y prend 
racine dons le Irou du. » 



BALLE. Talbine '. 

HANGAR. Zingol [arg. de Saint- 

Gyr). 
HANNETON. Cage/on. 
HARANGUE . Palta.'< , Vanne . 

V. Dlacoors. 



'. V. Abatta. 
Frusques. 



11 faut vraiment avoir du chien dont 
le ventre pour enercer un pareil 



EUe avût sur un éventaire une 
douBÙne de hareaKS isurs et annon- 
çait sa marchandise en criant ; 
û Voyez mes beaux poulets de en- 



IIARICOT. Bourre-coquin, Fayot, 
Flûtiau, Musicien, Garde-nationat, 
Pétard, Piano du pauvre, Sois- 
sonné, Vesto. 

J'elils gigïl» i'tgaaai. 
Voi» rlici du jèiui qusUgrtce décore. 
Uii>T0U9«1«biiD plui illendrÎHuU cicon 

Couché, ,ur Se, ^v=r.. 



paut 



•irre-coguin : V piano du 
c'est un truc dont auquel 



que] 

— Un lardé aux pétards I et fade I 
c'est pour un malade. " 

HASAHD (AU ou PAR). Au finn, 
Au flanc, A lurelure. 

— T'aurais l'air de reuquiller là an 
flanc et tu donn'i'ais ton avis en 
douce. ' 



HAT 



— 255 — 



nop 



HATER (SE). Se grouiller, Se ma- 
gner y Se patiner. V. S'éTdrtuer. 

HAUSSER. Taquer \ 

HAUT. Taq\ 

HAUTBOIS. Rossignol. 

HAUT-DE-CHAUSSES. Forêt du 
prois *. 

HAUTEUR. Taquine \ 

HAVRE-SAC. As de carreau, Azoi\ 

m — Moi qui ai porté l'as de carreau, 
disait-il aux officiers sous ses 
ordres, je sais ce qu'est le troupier 
et comment il faut le prendre. » 

« — Vous avez été soldat? 

— Pendaint vingt-cinq ans, fit-il, en 
Afrique, au huitième de Tarme, et 
malgré ma soixantaine, si je n'étais 

Eas perclus de rhumatismes, croyez 
ien que j'aurais repris Azor et le 
flingot pour cogner sur les Prus- 
siens, u 

(Retié Maizeboy.) 

HÉBÉTÉ. V. Ahuri. 

HERBE. Cive. 

HÉRISSEMENT. Hirenalk \ 

HEIUIAPIIRODITE . Bique et 
bouc, 

HÉSITER. Flancher, Lésiner, 

« On ne sait jamais à quoi s^en tenir 
avec elle : elle lésine en tout. » 

s La vieille qui n'y voit pas se pen- 
che. C'était le moment. Je dis à 
Milo : Eh bieni vas-y donc ! 

H me répond : Zut! Je flanche\ 
J'ose pas !... » 

{Le crime de la rue de Malte.) 

HEURE. Crosse, Plombe, 

« — V'ià deux crosses que je poirote. 
J'en ai mon pied : je m' barre. » 

« — Dégote à la piaule turbinante, 
v'ià qu'il se décroche deux plombes 
moins cinq broquilles. d 

(0. Métémer.) 
— DEMI-HEURE. Miîliche. 



HEUREUX. Estasi. V. Chanceux. 

HEURTER. Carambolei', 

« Le mécanicien du tramway cornait 
depuis une demi-heure ; et si le 
sapin a été carambolé, c'est bien de 
la faute du cocher qui n*a pas 
voulu prendre sa droite. » 

HIVER. Blanchetle ou Blanchouil" 
lard, Hivio ou Hiviot, Homicide. 
V. Bœuf. 

« V'ià r blanchouillard. Ça va pas ête 
rigolo d' la ûler. » 

HOMME. Gas, Gonce, Goncier, 
Gonse, Gonsier, Gonze, Mastic, 
Mec, Type. V. Époux, IndiTidu. 

HOMME D AFFAIRES. Cocantin 
ou Coquantin, V. Agent. 

HOMME DE LETTRES. Genofe- 
lettre, 

HOMME SAUVAGE exhibé dans 
les foires. Gonce de satou (arg. 
des forains). V. Exhibition. 

HOXXÉTE. Se traduit par les 
équivalents de Béte, Naïf. 

HONTE. Venue. 

— FAUSSE HONTE. Falconisme 
ou Fauconisme (arg. boulevar- 
dier). V. Cuisse. 

HONTEUX. Couillon ou Coton, 
Tarte, 

« 11 restait là tout couillon d^ètre 
surpris en semblable posture. » 

« — Juste au moment où je me baisse 
pour en donner une séance, un 
taune me met la po^ne sur le rdbe. 
Tu parles que j'étais tarte de me 
faire choper si bêtement. »> 

HOPITAL. Castille, Planque aux 
attigf^s. Le prisonnier, en argot, 
est un « malade » et la déten- 
tion une « maladie »; il devait 
donc arriver que l'hôpital et la 
prison fussent désignés par les 



HOR 



— 256 — 



UOT 



mêmes expressions; exemples : 
Costa, Castue, Hosto, Houslo^ Osto, 
Ousteau, V. Prison. 

« — Y a-t-il un castu dans cette 
vergne? » 

{Le Jargon.) 

a N*empêche que V sors de boulotter 
trois marques ^hosto. La môme a 
été très bath ! A v'nait m' voir tous 
les jeudis et tous les dimanches 
avec des timinches et a m'apportait 
du fric et des p'tites douceurs. » 

— HOPITAL RICORD. (Ancien 
hôpital du Midi.) La Casserole. 

« 11 était sal'ment attigé; alors, i' 
dit comme ça qu'il irait V lend'- 
main à la cass'role. » 

— HOPITAL DE LA MATER- 
NITÉ. La Bourbe. 

<c Enfin, elle alla Trapper à la porte 
de la Maternité qui ne lui fut pas 
ouverte : 11 n'y a plus de place à 
la Bourbe, ma petite, lui dit un 
interne, va voir à la clinique. » 

(Michel Morphy.) 

— HOPITAL SAINT-LOUIS. La 

Frotte. 

HORLOGE. Breloque, Guimbarde, 
Piaule turbinante ; et, par exten- 
sion, certains équivalents de 
Cloche et de Montre, tels que : 
Babillarde % Berzélius , Bogue , 
Brandillante, Tocante ou To- 
quante. V. Henre. 

„ — Quelle heure est-il? 
— Je ne sais pas; la breloque de la 
tôle est louf. » 

« V'ià douze plombes qui se décro- 
chent à la guimbarde de la piaule 
du Meg des megs. » 

« Le bogue de Tantonne bonissait 
nègre. » 

tt II y avait juste un pieu et une dos- 
sière dans la carrée ; nib de cuvette^ 
nib de tocante, et une ventouse qui 
ne bouclait pas. » 

HORLOGER. Boguiste. 
HORREUR. Hdvrc*. 



HOSPICE. V. Hôpital. 

HOSPITALITÉ DE XUIT 
(ASILï: DE L'). La petite lampe 
bleue (allusion à la couleur de 
la lanterne). 

« La petite lampe bleue \ 

Cest ainsi, en effet, qu'elle se 
signale, sitôt la nuit close, quand 
la clientèle arrive, toujours trop 
nombreuse, hélas ! et quand les 
portes de l'admirable auberge gra- 
tuite se ferment forcément, pour 
cause de pléthore. » 

(Chaelcs Canitet.') 

IIOSTIE. Auvergnat, Luron, Pain 
à cachetei\ Polichinelle. 

H Ça avale le luron tous les matins 
et, le soir, ça fait des noces de 
bâtons de chaises. » 

(HCYSMANS.) 

« L'union de deux jeunes gens doit 
être formellement consacrée par 
un homme habillé en femme qui 
lève les mains sur des rondelles de 
pains à cacheter en chantant trois 
fois : Sanctusl Sanctus! Sanctusl • 

(Eo. LlPELLETlGB.) 

UOTEL GARNI. Bustingue\ 
GarnOf Tapis*. 

Et les garno», puur la plupart, 
Se trouvent débarrassés par 
La rallc. 

(BlAdobt.) 

HOTELIER. Marchand de sommeil. 
Taulier ou Tôlier. 

Utt'i' gèl', qu'i' oeig', s'il a pas d' quoi 

Pour casquer son propriétaire, 

Dans la rue i' peut crever d* froid. 

M Que qu' tu veux, c'est pas mon affaire, 

QuT vous dit, j' suis marchand d' sommeil \ 

T'as pas d' pognon ! t'as rien i faire, 

Tu peux t' les gratter au soleil... h 

(P. PAiLLrrrE.) 

Quoi (|u' t'as,Firmin?T'cs làqu' tu groaroe' ?..• 
Tu fais eun' poir' de léxéton ! 
Ton tôlier veut pus t' faire à crou e? 
Tu déclar's que tu fais ballon !... 

(A. B.) 

BOTTE. Bt}, Berry ou Berri, Bine, 
Cabriolet, Cachemir, Kachmir ou 
cachemire d'osier. Carquois, Co- 
quille, Uotteriau ou Hotteriot, 
Landau. 



Un gnlt«-cul ob Tôt lu roH, 
Chadga OB gouln t> létn rute 
intneni m,^ Somiii.) 

HOUPPELANDE. GdUuse. 

-■ 11 devint le pâteux et son manteau, 

!|ui deicecoait juaqu'ù la cbeville, 
ut Appelé gâleute. • 

[Caurriir de Vauffefai.) 

HL'ILE. Ovale, Sang de poisson. 

HUISSIER. Brotlancheur à la cym- 
bale, tttLE maearOTu, à la plaque 
(allusion aux panonceau.i), Ma- 
caron, Heiiuin de terre. Tralne- 
paitlasse. Vert de gris. 

« Macaron, dnas le peuple, veut dire 
huiaiier: duii l'argot des voleurs, 
il veut dire traître. Il eit vrai qu'il 
n'y & pas ^TiuiJe dilli^rence entre 
lei deux. In voleur est traître eu 
déonucnnt ses coiuplices : un buiiv- 
lier esl traître vis-a-vis des mal- 
heureux 



(C». 



•>■) 



HUMEUR (MAUVAISE). Cran, 
Renaud, Reaavt. V. Grognon. 



- liTRE DE MAUVAISE HU- 
MEUR. Avoir ton cran ou Ètri 
à ernn, à renaud, i retiaul, | HYPOCRITE. Fumeron. 



Anoir mangé de Foêtille, Avoir 
ta ehique. Faire ton blair, eon 
noie, Groumer, L'avoir à la 
merde, sur fond de caca, Re- 
nauder, Renautei; Rogner, Ta- 
ber, \. Colère. 



n bout de t'aonâe a l'autre, elle 

rogne. • 

1 — N'y dis rien, il l'a à ta merde 

aujourd'hui. 
— X\il noua l'avonj tur fond de eaea^ 

Alors, je ui' barre. ■ 

— Etre de BON^E humeur. 

L'avoir à la joie, li la rigolade. 
■I — Ne me cours pas, je d' l'ai pas 

il la joie'. ' 



IIURLEHEi\T. V. Cri. 
HURLER. V. Crier. 
HUSSARD. Ventre-blanc. 
HUTTE. Gourbi. 

Le iOir on p«iH 1 ta tamilla, 

Soui l« ffOMrbi... 
Od pleun «car' quDil on roupille, 

A Blrlbl. 

(A. B.) 

HVDROPBOBIE. Game. 





ICI. Icicaillt, Icigo, Igo. V. Bonnet. 

Iciaiittt tH ta théâl» 
Du pstit Dirdint... 

(fif,.l..v.u.) 

El dire qoe ce rnuQe 
Cs fgbritaDt di- l>uniB 
Qu'il enioii) ieioo 
De Chicgo.... 

(H. l-o-c-ol..) 

IDENTIQUE. V, Analogue. 
IDMT.EsIropiidecervelle.V.Bita. 

— Par suite de dérèglements: 
Gaga, Gdietu;. 



Quel&ge peut-il avoir? Il doit être 
vieux, Tieujt, et il a été minUtre, 
ce brave marëcbBl? • 



IDIOTISME. GMisme. 



Itentrê dans moD cabinet, je 
m'elToudrai sur un divan. J'étais la 
proie du gdtiame. • 

(A>.r»0M. A..t..B.) 

IIVORA.VT. Crotîte, CroUton. 



— QUI FAIT L'IG>OaA?(T. Qui 

fait foismu. 

a — Eb ! mon Dieu, ne faiUt donc 
poa Cûiaiaa, vous savez très bien 
de quoi it retourne, h 

lL.r-;Séiig, y. V.Lai. 

1 Comment qu'y va? - 

■ Sfiig m'a donni; rencart pour six 
plombes, a 

ILLL'MIOlVNEIt (S'). Se movUrlê 



IMA 



— 560 — 



IMP 



bobéchon, le bourrichon, le cou, 
le coupf le jobf la noix, le vert en 
fleur. 

« Le mariage? mais personne ne 
veut de nous, ma chatte! Ne faut 
pas nous monter le bournchon I Nous 
n^avons pas le sou, et les hommes 
de notre condition, les hommes 
que nous pourrions épouser, petits 
commerçants ou bureaucrates, n'ont 
que faire de filles sans dot. » 

(Albest ClH.) 

c Instruisez les gens de fabrique et 
d'usine, faites-en des petits avo- 
cats, des raisonneurs, des bla- 
gueurs, qu'est-ce qu'il adviendra? 
C'est qu'à force de «* monter le coup, 
ils se croiront des messieurs, ne 
voudront plus travailler, et, dans 
tous les cas, feront du fichu ou- 
vrage. » 

(Camille LEuon.MCft.) 

IMAGE. Luque*, Luquet*. 

IMAGINER (S*). Se coller, se fiche, 
se foutre ou se mettre dans le 
toupet, dans le trognon» 

tt — Alors, tu te fiches dans le toupet 
que ça peut durer longtemps comme 
ça? » 

IMBÉCILE. Fourneau, Poire, 
V. Bote. 

IMBÉCILLITÉ. Connerie, Cuterie. 
V. Bêtise. 

IMMOBILE. Cristallisé (arg. des 
écoles). 

IMMOBILISER (8'). Se cristal- 
liser (id.). 

IMPATIEIVTER (S'). Se manger, 
se ronger le sang ou les sangs, 

« — Ma chère, voilà une heure que 
je me ronge les sangs à Tattendre. » 

IMPÉRATRICE. Sobric^uet don né 
à rimpératrice Eugénie, née de 
Montijo : Badinguette, V. Napo- 
léon. 

IMPÉRIALE d'omnibus. Étagère, 
Fauteuil de plafond, imper* (apoc). 



« — J'ai trois ronds, j' vas m'offrir 
un fauteuil de pin fond; ça vaut 
mieux que d'aller à pinces'. » 

— VOYAGEUR D'IMPÉRIALE. 

Indigent. 

« — Autrefois, me dit le cocher, avec 
les indigents à trois sous on n'avait 

Êas souvent Toccasion de blaguer, 
lais aujourd'hui que le sexe monte 
sur Vétagère, il y a quelquefois du 
bon. » 

IMPÉRIALISTE. V. Bonapar- 
tiste. 

LMPLORER. Chiarder (arg. des 
polytechniciens). 

IMPOLI. Muf, Pignouf, V. Gros- 
sier. 

IMPORTANT. Conséquent, 

« C'est une maison très conséquente ; 
il y a deux cents employés. » 

IMPORTUN. Barbier, Bassin, Bas- 
sinoire, Boulet, Canule, Collant, 
Crampon, Jambier, iMvement, 
Médecine, Baseur, 

« J'en suis ravi, me voilà débarrassé 
d'un Hre collant et d'un sinistre 
raseur. » 

(Tristan Bkb.nard.) 

« Cet individu est un véritable boulet, 
je l'ai toujours sur les talons. » 

<« Quel barbier \ Il m'a tenu la jambe 
un quart d'heure sous la pluie. » 

« — En voilà un jambier avec sa po- 
litique ! » 

« Mélanie?... C'est pas une femme 
c'est une jnedednel » 

IMPORTUNER. Bassiner, Canuler, 
Cavaler, Courir, Cramponner, Em- 
boucaner, Emmerder, Fmmous- 
cailler. Fendre Varche, Galoper, 
Pistonner, Scier le dos, Taper sur 
le système. Trotter, 

« — Des quémandeurs qui vous 
scient le aos toute la journée. Je 
n'aime pas qu'on me lape sur te 
système. » 



IMP 



261 — 



INC 



« — Tu me cours avec tes recomman- 
datious ! » 

« — Et pis, en v'Ià assez. Tu nous 
trottes avec les boniments. » 

— On dit à une personne qui 
vous importune : La barbe ! 
Iji jambe ! A Chaillot ! Et 
cœtera pantoufle ! Et ta sœur! 

a — Encore vous, ah ! non, à Chail- 
lot, » 

« Une fille s'était empoignée avec son 
amant, à la porte d^un bastringue, 
rappelant sale mufle et cochon ma- 
lade, tandis que l'amant répétait : 
Et ta sœur! sans trouver autre 

chose. » 

(E. Zoi.A.) 

« — Tu vas encore nous chanter 
l'Amant d'Amanda ?... Ah ! la 
jambe! » 

IMPOSER. Colloquer. 

H II m'a colloque son bonhomme et 
j'ai été cramponné toute la jour- 
née. » 

(Demsai.li.) 

IMPOSSIBLE, (('/est impossible.) 
C'est gelé y C'est midi, C'est nib, Il 
est midi sonné, Il ny a pas mèche 
ou // ny a pas plan, 

-< A quelle messe va-t-on? 

— iMidi et demi. 

— Oh ! pas mèche ! »> 

(II. Lavldah.) 

Ts ont tous des gueul' h la tian : 
C'est des crois<^'S qui sont pas d' race. 
Vrai !... c'e>it pas eux qu'est dc«i chiens d' chasse ! 
Mais pour leur nie(t\ y a pas plan. 

(A. B.) 

IMPOSTURE. V. Mensonge. 

IMPRIMER. Cartaudt^r " , 

IMPRIMERIE. Cartaude*. 

IMPRIMEUR. Cartaadicr \ 

IMPROVISTE. Prendre à Tim- 
proviste : Pincer au demi-cercle, 
Prendre sans vert, 

« Lui qui se vantait qu'on ne le pren- 
drait }îi\\\Q\s sans t'er^,il s'est laissé 
pincer au demi-cercle. »> 



IMPUISSANCE, morale ou phy- 
sique. Gâtisme. 

— RÉDUIRE A L'IMPUIS - 
SANCE. Brider, Museler, 

« — Ah ! vous vous imaginez que 
vous en ferez toujours à votre 
guise? — Non, mes gaillards, je 
vous briderai ! » 

« On espère que le ministère musel- 
lera tous ces énergumènes. » 

IMPUISSANT . Bande - à - Caise 
(obscène), Crevé, Fichu, Fini, 
Foutu, Gâteux, Jean qui ne peut, 
Qui ne se sent plus pisser, Qui rate 
Its femmes, Vidé, Zébi-mortos. 

l's sont comm' ça des tas d* ri*<o<^.f, 
Des outils, des ti'ott's, des jacquette», 
Des mai foutus, des «énervés 
Monti^s su' des flùt' en cliquettes. 

(A. B.) 

« Los vidés, les finis, ceusses qui 
marquent six plombes etdemie vont 
s' sentir rajeunir. » 

'< Si ça réussissait avec un des vieux 
que tu supputes, c'est pets toi qui 
aurais l'embêtement de devenir une 
friandise pour le gâteux. » 

(Michel Paori^is.) 

« Marie-Thérèse, jetant sa plume : Ce 
soir je ne peux plus, je suis vidée, » 

(ID.) 

«• — Il laut conduire le ratichon au 
bouic, proposa le Parigot. 

— Jl ne marchera pas, il joue le Jean 
qui ne peut rapport à ses vœux, 
dit le caporal. 

— Hah! objecta l'ancien turco, quand 
il sera entre deux belles moukères, 
il ne restera pas longtemps zébi- 
mortos; moi, je vous le dis! » 

IIVAIVITIOX. V. Faim. 

INCAPABLE. Mazette. V. Im- 
puissant. 

Mais ton nom courait leurs gazettes 
Parmi ceux de quantcs mazeftes 

Dont le nom me Tuit; 
ils le célébraient après boire. 
Et tu prenais pour de la gloire 

Tout ce vilain bniit. 

(Raoul Poî«chom.) 



INC 



— 262 — 



IND 



— INCAPABLE DE VOLER. In- 
grat *. 

INCARCÉRER. Boucler, Enchris- 
ter. Serrer. V. Emprisonner. 

INCENDIAIRE. Pétroleur, Riffau- 
deur, La première de ces ex- 
pressions s est spécialement ap- 
pliquée aux partisans de la 
Commune de i87i. 

INCENDIE. RiffaudaU 

INCENDIER. V. Brûler. 

INCINÉRER. Crémer (du latin 
Cremare). 

On disait jadis « crémation », mais 
crémation n'est plus de mode; bien 
plus, on en blaf^uait; qui donc, à 
moins d'une conviction bien tenace, 
eût consenti à se faire crémer 'i » 

(G. CoLLtT.) 

INCONNU. Inconnoblé ou Inron- 
îiobré, 

INCONSTANT en amour. Cam- 
ocur, Cœur d'artichaut f Paillasson. 
V. Capricieux. 

INCRÉDULE. Qui ne coupe pas, 
Qui ne marche pas . 

« — Pucelle!... alors tu crois qu'elle 
est pucelle?... Ben, mon vieux, moi 
je ne coupe pas. » 

INCROYABLE. V. Inouï. 

INCULPÉ. V. Accusé. 

INDÉCEMMENT. A!essement\ 

INDÉCENT. Cochon, 

a Et comme un des personnages d'une 
fameuse comédie politique de Sar- 
dou, elle ajoutait : J'appelle un co- 
chon, cochon ! et si j'avais un mot 
plus cochon que cochon, je me fe- 
rais honneur de m'en servir. » 

{Le Journal.) 

INDÉCIS (ÊTRE). V. Hésiter. 

INDÉFINIxMENT. Jusqu'à la gar- 
de, Jusqu'à la gauche. \. Bout. 



INDÉLICAT. Muff Mufle, Pignouf. 
V. Grossier. 

INDÉLICATESSE. Coc1u)nnerie, 
Crasse, Pied de cochon, Saleté, 
Saloperie, Vacherie, 

« L^expression faire une crasse, dit 
Francisque Sarcey, est très usitée 
dans la langue familière des Pari- 
siens parisiennants,gens de lettres, 
artistes, boursiers, etc. 

Crasse est un pseudonyme de mau- 
vais procédé. Delvau ne mentionne 
pas le mot dans son Dictionnaire de 
tangue verte, mais Lucien Rigaud, 
dans son Dictionnaire de Vargot 
parisien, ne manque pas de le don- 
ner. >• 

(HiCTOIl Fra?(cb.) 

« Mon directeur, me dit-il, m'a joué 
un pied de cochon. » 

(E. BP-ROtBAT.) 

« Des gens qui ne vous font que des 
cochonneries l » 

'< Faites-leur du bien, ils vous répon- 
dent par une saloperie. *> 

« Si tu ne demandes pas d'argent à 
un homme, tu peux être sûre qu'un 
jour ou l'autre, il te fera quelque 
saleté. M 

INDEMNE. Blanc, 

« Ceux dont le casier judiciaire est 
vierge ou qu'une ordonnance de 
non-lieu a renvoyés blancs ne sont 
pas considérais comme suffisamment 
dessalés. » 

INDEMNITÉ accordée par un 
client à une fille de maison de 
tolérance en plus du prix con- 
venu. Bas, Gants, V. Bénéfice. 

tt — 11 a été très rosse avec moi et 
ne m'a donné que cent sous de 
bas. » 

— INDEMNITÉ EN ARGENT 
PRÉLEVÉE PAR UN SOUTE- 
NEUR sur une maîtresse de 
passage. Bon de viande j Cachet, 
Numéro, 

« — Les béguins, vois-tu, petite, ça 
revient plus cher qu'un petit hom- 
me attitré. Ainsi, Flora a raqué ce 



IND 



— 263 — 



INO 



mois-ci en cachets presque tout ce 
qu'elle a gagné. » 

« Depuis qu'il a lutté avec succès au 
Casino de Paris, il touche chez ces 
dames des numéros d'une livre à 
une livre et demie. » 

— INDEMNITÉ DE RETOUR 

accordée par la ferme des Jeux 
de Monte-Carlo aux joueurs 
ruinés. Extrême-onction^ Viati- 
que. 

« Le malheureux était à fond de cale 
et dut, pour rentrer à Paris, accep- 
ter Vextréme-onction que lui offrit 
le Casino. « 

« — Baste! tente la chance. Et si tu 
te décaves, tu as toujours \e viatique 
qui te permettra de rejoindre tes 
pénates. » 

liVDÉPEIVDAiVT. Qui ne s embête 
pas dans les feux de file, 

« Il ne faut pas venir me raser avec 
toutes vos conditions I Je veux être 
libre d*agir à ma guise. D'ailleurs, 
vous le savez, je ne nCembéte pas 
dans tes feux de file : ma liberté 
avant tout. >' 

INDEX. (Mettre à Tindex.) JBoy- 
cotter 

— Action de mettre à l'index : 
lioycottage. Ces expressions 
viennent du nom ae Tlrlan- 
dais Boycott. 

«i D'autre part, tous les individus 
soupçonnes de ne pas avoir pour 
Milan les plus tendres sentiments 
de reconnaissance et d'admiration 
sont boycottés. Personne, sans dan- 
ger, ne peut leur parler, entrer 
chez eux, leur acheter ou leur ven- 
dre quoi que ce soit. » 

(Saissy.) 

« Il existe, à l'heure actuelle, une 
telle impulsion dans Tafflux des 
adhésions, dans la fièvre des prépa- 
ratifs, que le prétendu boycottage 
dont parlent les journaux prête 
plutôt à rire. » 

(JOIMVILLI.) 



liVDICATEUR de police. Casse- 
role^ Mouton, Mouvette, V. Agent, 
Dénonciateur. 

— INDICATEUR DE VOLS. Cour 
tier, Pilote, 

INDIFFÉRENCE. Foutisme, Je- 
nCen-foutisme ou Je-nCen-fichisime, 
Menfichisme, Menfoutisme. 

« Et le je-nî'en-foutisme de M. Mesu- 
reur est la morale philosophique 
de cette journée. » 

(Ltf Pilori.) 

« Et l'abandon de ce tout consisterait 
dans un je-m'enfichisme absolu qui 
me ferait négliger ce qui ne me 
toucherait ni directement ni per- 
sonnel lemeut. » 

(G. Ohmkt.) 

INDIFFÉRENT. Foutiste, Je-m'en-^ 
foutiste ou Je -m' en- fichiste, Men fi- 
chiste, Menfoutiste, 

Jen' marche jamais.Traoquiircomm' Baptiste; 
J'envisage tout de l'œil le plus froid. 
Droit est-ce une force ? Et Force est-ce ud droit ? 
Qui vivra verra... Je sais/ m'en- foutiste, 

(P. Paillette.) 

INDIGENT. Purée, Piiroan.V. Mi- 
sérable. 

INDISCIPLINÉ. Forte tête, Tête 
brûlée, 

« Dans les régiments, les ouvriers pa- 
risiens passent généralement pour 
de fortes têtes et sont traités comme 
tels. M 

(HtcTOH Fra:«cr.) 

INDIQUER. Donner rencard, Ren- 
carder. V. Renseigner. 

INDISCRET. Chambert, V. Cu- 
rieux. 

INDISCRÉTION. Commettre des 
indiscrétions. Chamberter, 

INDIVIDU. Pour le malfaiteur^ 
l'Individu est un imbécile et, 
conséquemmenl, une dupe pos- 
sible ; on le désigne donc sou- 
vent par une des expressions 
portées aux mots Béte et Dupe. 



IND 



— 264 — 



IND 



Le quidam se déuomme encore 
Bougre, Camarade, Cave, Citoyen, 
Client, Corps, Crabe, Demone*, 
Frère, Frère mironton, Gas, 
Gnasse, Gnère, Gniasse, Gnière, 
Gonce, Goncier, Gonse, Gonsiei\ 
Gonze, Lancier, Lushtcru, Mar- 
paud *, Marpaut *, Marpaux *, Mec, 
Mèche, Meg \Mek, Messière *,Mé- 
zière *, Moineau, Nière, Nom de 
Dieu, Numéro, Oiseau, Pante, 
Pantre^ Paroissien, Pékin, Type, 
Zig, Zigue, 

• Luc aurait voulu l'étouffer dans 
Taccolade quMls se donnèrent. Mais 
le bougre était vigoureux et ce fut 
lui qui faillit perdre la vie dans 
cette étreinte. » 

(Armand Siltestrf.) 

'< — Qui c'est ici, demanda-t-il, qui 
veut trinquer de ses deux jours? 
Y a des clients pour péter su* V 
mastic? Ça va bien, 1' bureau est 
ouvert ! j'écoute les réclamations. » 

(G. COURTELIM.) 

u — Qu*est-cc que c'est que ce ca- 
marade-lkl demanda-t-il en dési- 
gnant Pinçon nu. U y a tous les 
jours ici des citoyens qu^on ne 
connaît ni d'ftve ni (TAdam. Ça n'est 
pas catholique ! » 

'< — Tu r connais, c' mec-là? 

— Non. Et toi? 

— Moi non pus. » 

« — Tu vois r frère mironton qu'est 
là-bas dans 1' coinsto? C*est lui 
qu'était hier avec le gnère qui nous 
a jacté t'I-à l'heure aux Omnibus. » 

« -- Nottj non, jamais j' n'encaiss'rai 
c' noncier du gonfla, 

— Qu'est-c' que vous dites? 

— J' dis qu' noncier du gon ou gon- 
cier c'est la mèm' chose, cspèc* de 
poire ! » 

« — Allume c* corps-li ! il en a une 
fiole. 

— C'est un numéro pas ordinaire. » 

« — Qu'est-ce que c'est encore que 
ce nom de DieuAé. qui demande une 

{)ermission de huit jours? Allez me 
e chercher, cet oiseau^ que je lui 
demande s'il se f... du pape! » 



« ^ Ah ! çà, Rascol, dit la belle fille 
avec une soudaine familiarité, vous 
n'allez pas embêter ce beau garçon 
pour faire plaisir à tous ces pantes ! v 

(GBOHliRS 0H5ET.) 

« Et ce qu'il faut vous souhaiter plus 
encore que de décrocher la timbale 
au théâtre, c'est de ne pas être 
épinglée à un de ces paroissiens-\ài, » 

(H. Maixeboy.) 

« Vers onze heures, je remontais [le 

boulevard Haussmann ; un type 

m'arrête. »> 

(J. Harth.) 

« — Voilà: l'autre jour, j'ai rencontré 
trois zigs — j' connais pas leur 
nom, parole d'honneur! » 

(GORON.) 

Et quand dehon ya du cognage 
Soo orgue est là qui s' bat les flancs ; 
Et tu veux que j* reste en mônnge 
Avec un frèr* qu a les (oi's blanCH ? 

(L. DB Bkrct.) 

J'attrap* les deux oreilTs du gonce 
Et pis Ty cogn' la tAl' au* i' grès. 
Pas su i' pavé d' bois... ça s'enfonce. 

(A. B.) 

Et loin des goncier» charitables, 

Des philanthrop's... des gas Rourois... 

(JlHArt H ICTUS.) 

C'est un tas de sales gniasses 
Qui viennent fouiller chez vous 
Vous prendre vos paperasses, 
Mais qui vous laissent leurs poux.. 



(R. 



POSCHON.) 



Quelques-uns avaient disparu 

Succombant do fatisiue 
Et plus tard, un seul lustucru 

Rcprésent:iit la Ligue. 

(Id.) 

Que au' j'y foutrai dans li trompette 
A c' lancier-lk s'il vient vivant ? 

(J. KlCHKIMrt.) 

Je rembroque au coin du rifle 
Un messière* qui pionçait... 

(ViDOCQ.) 

Quand i' nous arriv' qu'un mèche 

S' met à nous r'Iuquer. 
Qu'on voit qu'avec lui ya mèche 

D' pouvoir se maquêr, 
Faut qu' nou.n Payons corps et âme. 

(Blkdobt.) 

Même béart durant la trique. 
Si ne conobles un marpaut * 
Devant seziguc bonis peau : 
Le gas peut être une bourrique. 



INF 



— 265 — 



INI 



INFANTERIE. Bi/fe, Bigorne [sivg. 
militaire). 

« 11 s'est engagé dans la bi/fe pour 
trois berges. » 

« Dans la bigorne, on n'a que soi à 
panser. » 

INFÉRIEUR comme valeur ou 
qualité. A la manque, A la mie, 
A la noix y De carton. V. Mauvais. 

« — Ça, du bordeaux, allons donc! du 
bordeaux d' Bercy, oui, du pive à 
la manque l » 

INFIDÈLE. C«wp<?Mr, Cœur tVarli- 
chaul, Paillasse, Paillasson. V. Ca- 
pricieux. 

Paillasson^ quoi '. cœur d'artichaut. 
C'est mon genre : nn' TeuiH' pour tout 1' monde : 
Aa jour d'aajord'hui j' gob' la blonde, 
Après d'main c'est la brun' qui m' faut. 

(A. GiLi..) 

INFIDÉLITÉ. Impair, Paille y Pail- 
lon, Queue, Trait. 

A l'instant il vient de me dire 
Qu'il est vierge de tout contact ; 
Qu'il ne saurait, pour au empire. 
Faire un impair. 

(P. Paillf.tte.) 

« Il est forcé d'y foute des tartes : a 
y fait au moins une paille ou deux 
par semaine. » 

Je t'aime bien — dit Musette inQJèle — 
Chaque paillon de mon amour sans frein 
Est un motif de cette Tillanelle 
Dont nous chantons ensemble le refrain. 

(P. Paillette.) 

... Et non pus eun' fille ed' romance 
Qui s'enverrait l'Hcrrul' du Nord 
Ou, pour endormir ses souffrances, 
M' Trait des queues avec un ténor. 

(Jeha.?! Rictus.) . 

J' t'ai pas fait d' traits, môme en pensée. 
Aussi, tu r vois, mon gros trognon, 
L' bon Dieu, i' m'a récompensée : 
J'ai mis à gauch' des tas d' pogoon. 

(L. 01 Bercy.) 

INFIRME. Bcquillard, Malin- 
greiix. Piètre, Stropiai. Ces 
termes s'appliquent également 
aux vrais et aux faux infirmes. 

a On y trouvait aisément de tout : 
des béquillards qui, la nuit venue, 



courent comme des lapins ; des faux 
culs -de -jatte, qui fourrent leurs 
jambes ou ne sait où, et des aveu- 
gles qui n'ont pas perdu la vue. >» 

(Ch. MËRorvBL.) 

INFIRMERIE. Paradis (arg. de 
Saint-Cyr). 

— INFIRMERIE DE BAGNE. 

Fourlourde, 

INFIRMIER. Comte de Castu % 
Dindornier, Vise au trèfle, 

— INFIRMIER MILITAIRE. i4r- 

tilleur ou canonnier de la pièce 
humide. Limonadier de posté* 
rieurs, Put à tisane. 

« — Ce sont les artilleurs de la pièce 
humide, — soulignaient les voisins, 
des frondeurs plus méchants. Et 
sur nos fronts planait, non la 
Gloire aux ailes largement dé- 
ployées, aux gestes superbes, à 
Tallure héroïque, mais la seringue 
du matassin, la seringue de Mo- 
lière... » 

{Le Mot d'Ordre.) 

« Il réussit, pour couper aux manœu- 
vres, à s'embusquer parmi les pois 
à tisane, grâce à ses connaissances 
de potard. » 

INGÉNIER (8'). Tirer des plans 
sur la comète, 

INGÉNIEUX. Marie, Marlou. V. 
Malicieux. 

INITIÉ aux pratiques désnon- 
nétes. Affranchi, Dessalé, Franc. 

— DEMI-INITIÉ. Demi-sel, Ger- 
vais, 

— NON INITIÉ. Plein de sel, 

« Moi, je suis président du club « Les 
Dessalés », un club fin d' globe ; 
rien qu' des costos. » 

(P. PAILtlTTE.) 

Point de gervais en ta socc! 
Fraye avec des affranchis-. 
Le demi-sel comme assoce 
N'engraioe que des chichis. 

T'es pas dessalé', que j' te dis, 
T'as trimardé tout la soirée 
Et te v'ià cor' sans un radis. 
C'est toujours el* di» ed' purée. 

(A. B.) 



INl 



— 266 — 



INS 



INITIER au vice. Affranchir, Dé- 
sargotery Dessaler, (V. ci-dessus). 

INJURES ou Échange dMnjures. 
Engueulade, Engueulage.EngueU' 
lementy Escrache, 

« Ces êtres lubriques sont dépassés 
dans Part de Xengueulade par un 
journal qui fleurit sur les rivages 
de la blonde Albion. » 

(C. BABBftBB.) 

« Parfois il regarde en badaud soit 
des lournauz ouverts à l'éventaire 
des libroires, soit un embarras de 
voitures provoquant un engueule- 
ment de cochers. » 

(P. POUBOT.) 

m — Es^ourde, v'ià Mimile qu'est en 
train d' p&isser sa lésée à Vescrache. » 

IXJURIER. Abominer, Agoniser , 
(corrupt. de Agonir) , Agoniser de 
sottises, Attraper, Baptiser, Ecor- 
ner, Engueuler, Escracher. 

« Elle passe son temps à Vagoniser, » 

« Il lui a fichu son paquet après 
ravoir agonisée de sottises. » 

« Deux goujats s'attrapaient verte- 
ment. » 

« Il te l'a baptisé f je ne vous dis 
que ça! » 

' — Vieux camphrier, avec ta voix 
enrhumée, t'as l'air de nous êcov' 
ner. » 

{Catéchisme jjoistard.) 

«• Et à tous les guichets c'est V mt^me 
flambeau ! Encore heureux quand 
tu t' fais pas escracher, >> 



Oui, sal' guenon, oui, v'Ià c' que j'ai! 
Et j' la trouY* raide cl i" la trouv' dure : 
Faut que j' me mette a l'iodure, 
Paraît que j' suii^ ben arrangé ! 
Tiens, asseois-loi là, sal' pétasse. 
Bonne à tout faire et propre & rien, 
Er'garde-moi don' bien en face, 
Que j* te dis' que fes-fun' peau d' chien.. 

Oue j' te dis' tes quat' mérités. 
Uue j" Vengueulc et que j* t'abomine : 
Canard boiteux, denré', termine ! 
Prends don' pas tes airs épatés. 



Voiri' !... Choléra lans limace, 
Outil d' besoin, chausson, trumeaa, 
Er'garde-moi don' bien en face. 
Que j' te dis' que t'es-t'un chameau. 

Gadou* !... Fumier, poussier, torchon, 
Chiffon d' pied, morceau d'chaussett's russes 
Lanterne à poui, caserne à puces. 
Gésier d' putois, vessi* d' cochon, 
Rouchi', vezou, pncier, paillasse. 
Viande à corbeau !... Viande à fourgon, 
Er'garde-moi dou' bien en face, 
Que j' te dis' que t'es-t'un wagon. 

Salé gJVté !... Rognur* d'éUI, 
Pompe à Richer, boite à pétrole. 
Chair à bubon, chair à cassVole, 
Chair à charcut'ri' d'hôpital. 
Ragoût poivré !... Gibier malade. 
Dépéch'-toi d' plaquer mézigo, 
Et d' prendre 1' panier à sa'ade 
Pour t'en aller à Saint-Lago. 

(A. B.) 

IIVIVOCEXT. Blanc, V. Acquitté. 

IIVOl'I. De chien, des cinq cents 
diables, du diable, d'enfer, du ton- 
nerre de chien, du tonnen^e de Dieu, 
du tonnei*re du diable, Eiffelesque, 
Êpastrouillant , Épatarou/lant , 
Épatouflant, Épaulant, Esblo- 
quant, Esbrouffant, EspatrouH- 
tant, Obéliscal. V. Étonnant. 

«i Mais voici que Thomme arr<?té ffiût 
un vacarme du diable. » 

IGOHON.) 

« Je me suis donné un mal de chien 
pour essaver d'arr(?ter Arton. » 

(iD.) 

« I/nrgot traduit « inouï » par des 
adjectifs tirés du nom de monu- 
ments célèbres par leur hauteur; 
c'est ainsi que nous avons eu a py- 
ramidal » — qui est actuellement 
dans le langage courant. — o6e7f«ca/, 
qui commence à se démoder, et 
eiffelesque que détrônera le qualifi- 
catif inspiré par la prochaine grande 
merveille. » 

INQUIÉTER (S'). Se cauchemar-- 
der, 

« — Hein! est-elle assez canulante! 
Il faut qu'elle se cauchemarde. *» 

(B. Zola.) 

IXSÉPARARLE. On dit d'amis 
inséparables qu'ils sont Amis 



INS 



— 267 — 



INS 



comme cochons, Comme cul et che- 
mise. 

INSIGNE, subs. En France, les 
membres du Parlement appel- 
lent leur insigne Baromètre^ 
Sarce que sa forme se rapproche 
e celle de cet instrument. 

INSIGNIFIANT. V. Valeur. 

INSINUANT. Fouinard, 

« 11 voulait savoir, sans perdre une 
minute, qui était ce Jean Palbiès, 
d'où il venait, quels étaient ses 
antécédents, se rendre compte de 
son train de vie, et voir de près, 
en entrant dans la place par un 
stratagème digne de son habileté à 
la fois audacieuse et foninarde, » 

(Brrtei. et GiLQUiif.) 

INSISTER. Appuyer sur la chan^ 
ter elle. 

« — Vous ne jugez pas suffisante 
votre admonestation? 11 faut que 
vous appuyiez encore sur la chan- 
terelle. » 

INSOLENT. Insolpé. 

INSOUCIANCE. Je-m'en-foutisme. 
V. Indifférence. 

— VIVRE DANS L'IXSOIT- 
CIANCE. Se les chauffer au 
soleil. Se les router ^ Se la couler^ 
Se la couler douce. 

Eh ! merde ! Eh ! va comme j' te pousse • 
Pisqu'oo peat pus en foule un conp 
Bien force d' se la couler douce. 
Pour qui qu'on crev'rait après tout ? 
Pour Populmiche? Il est trop Teule, 
F' veut rien savoir, cl' benêt : 
Quand on V dessale, i' fait sa gueule. 
Moi, j' mi les roule à Courteuay. 

(P. Paillette.) 

— TRAVAILLER AVEC INSOU- 
CIANCE, sans goût. Foutimas- 
ser. Foutre à la diable^ à la six- 
guatre-deux, à la va-te-faire 
fiche. 

INSOUCIANT. Je-m'en-foutiste, 
Pas Mieux ^ Sans secousse. 

« QuT pleuve, ou qu'i' neige, ou 
quT fasse beau, i' s*en fout, lui; i* 
n*est pas biteux. » 



« La politique, j' m*en occupe paa : 
j' suis sans s' causse... et c'est bath! v 

INSPECTEUR de police. Mouche, 
V. Agent. 

— Les inspecteurs chargés, 
aux abattoirs, de visiter les 
porcs s*appeilent Languil- 
leurs ou Languilleux, 

INSPECTION. Épluchaye. 

« Le sous-ofT de planton procéda à 
un minutieux épluchage. » 

— INSPECTION DE LA GARDE. 

Pompon (arg. de Saint-Cyr). 

INSTANT. (C'est Tinstant.) Cest 
le coup. 

« — Vas-y, vieux, c'est le coup I » 

INSTANTANÉMENT. Répondre 
instantanément, sans bargui- 
gner : Du tac au tac. 

INSTITI:teuR . Marchand de 
soupe. 

« N'est pas marchand de soupe qui 
veut. On exige certeûnes garanties 
et des connaissances. Le chef d'ins- 
titution a été nourri sur le giron 
de rUuiversité. Il a fait ses huma- 
nités; il est bachelier au moins, 
officier d'Académie, quelquefois 
chevalier de la Légion d*honneur. 
H a débuté par iHre maître d'é- 
tudes, comme Alphonse Karr, 
Vallès et Daudet, ou même pro- 
fesseur de septième, et s'il a entre- 
pris le commerce des soupes uni- 
versitaires, c'est souvent par 
amour du métier. » 

(Hectob Fbance.) 

INSTITUTION. Bahut. V.GoUège, 
École. 

INSTRUCTION (ALLER A L'). 

Aller aux champs. 

INSTRUIT. Calé. 

« Il est très calé en histoire. » 

INSTRUMENT de chiiiirgie. 
Baume d'acier. 



INS — 268 — 

IXSrCCÈS. Navet, Veste. V. Échec. 
INSULTE. V. Injures. 
IXSULTER. V. Injurier. 



INT 



INSUPPORTABLE. V. En- 
nuyeux, Importun. 

INTELLIGExVCE. (Compréhen- 
sion.) Comprenette, Gingin, 

'« — Vous avez la comprenetle dirfi- 
cile. » 

<> II n'a pas pour deux liards de 
gingin. »» 

INTELLIGENT. Pour le malfai- 
teur, on n'est intelligent qu*au- 
tantqu*on est Malicieux et Rusé. 
W ces mots. 

INTERDICTION. Boucle, Bride. 

« Pas moyen d'y faire, c'est la boucle : 
tous les books seront expulsés du 
turf. » 

« Le bonnet, le quarante-huit, la 
parfaite, la console, tout est scié; 
c'est la bride sur tout. » 

— INTERDICTION DE SÉJOUR. 

Bdion, Cnnne^ Convalescence, 
Surbine, Trique. 

— CONDAMNÉ A L'INTERDIC- 
TION, bâlonnisie, Canne, Tri- 
card ou Triquard, Trique. 

— Qui rompt son ban. Mton 
rompu, Qui casse sa canne. 

'< Tant que le condamné subit sa 

f)eine d'incarcération, il est « raa- 
ade » ; libéré, il est « guéri », à 
moins qu'il n'ait à subir l'interdic- 
tion de séjour, auquel cas il de- 
meure « en convalescence » dans la 
ville que lui désigne l'autorité. 

Les criminels appellent encore 
cela être en canne, en trique ou en 
surbine, — ce qui signiGe surveil- 
lance, — et ceux d'entre eux qui y 
sont astreints deviennent cannes, 
triques ou triquards. L'interdit qui 
quitte sans autorisation le séjour 
qui lui est assigné casse sa canne; 
c'est un bdlon rompu. »> 



« — Mais à propos, quelles gens 
appelez-vous vieilles caimest 

— Les repris de justice. 

— Et les bâtons rompusl 

— Les surveillés de la haute police 
en rupture de ban. » 

(Louis Barow.) 



INTERDIRE. Boucler, Bnder. 

« On dit qu'on va boucler la vente 
des confetti. » 

« Les jeux de hasard sont bridés. » 

INTÉRESSANT. Se traduit ordi- 
nairement par les équivalents 
de Amusant, Beau. 

INTÉRIEUR. V. Logement. 

INTERLOQUÉ. V. Ahuri. 

INTERNE. V. Élève. 

INTERROGATOIRE. Escrache, 
Messe du diable. Saignement de 
nez. 

INTERROGER. Cuisiner, Escra- 
cher. Jabot ter, Poseï' une colle 
(arg. de Saint-Cyr), Sonder ou 
Passer à la sonde. V . Avouer. 

En passant, le portier tous escrache; 
J'étais fargué, niui« l'habit cachait tout. 
Le jardinant, je frisais ma moustache; 
Un peu d' toupet et je passe partout. 

(H ALBERT.) 

M II m^a passé à la sonde, mais je n*ai 
rien voulu savoir. » 

INTERROMPRE. Dans le sens 
de Suspendre : Briser ou Faire 
une brisure (arg. des typogra- 
phes). 

— Dans le sens de (louper la 
parole : Couper la chique, la 
musette. 

« Laisse-uioi jacter; tu me coupes la 
musette à chaque instant. » 

— Pour interrompre un jeu, 
une relation, une collabo- 
ration ou une complicité, 
Targotier dit qu7/ ne joue 



INT 



— 269 



ITA 



plus ou demande Pouce ! ou 
encore qu'on lui Rende ses 
billes. 

IXTERRUPTIOrV. Brisure (arg. 
des typographes), Entr^acte, 

« Ses relations avec le vieux céladon 
commençaient à lui peser; elle 
avait besoin d'un tnlr^acle. » 

INTIMIDER. Esbrou/fci-, Faire à 
rinfluence. 

« Il n'est pas facile à esbrouffer, » 

« — Tas beau He costeau, tu n' me 
/^ras pas à f influence. » 

INTREPIDE. V. Courageux. 

INTRODUCTEUR. Les Francs- 
Maçons appellent Expert le di- 
gnitaire qui introduit les visi- 
teurs et vérifie leur qualité. 

INTRODUIRE. Viler. 



« — Fiie la débouclante dans 
surdine. >* 



la 



— S'INTRODUIRE. Embarber, 
Enquiller ou S'enquiller^ Se 
filer. 

ft C^est des gas qui se filent partout. » 

yenquille dans la cambriole 
Espérant de l'entifler. 

(VlOOCQ.) 

INUTILE. Comme des dattes, des 
nèfles, des pommes. 

« — Tout ce que tu diras et puis 
dalle c'est kif... comme des pommes, vt 

INVALIDE. Invalo. 

« Quand j'étais enfant de troupe au 
Gros-Caillou, vers 1860 à peu près, 
j*ai entendu conter sur les invalos 
quelques curieuses histoires. » 

(J. KicHCPi:*.) 

INVECTIVER. V. Injurier. 

INVENDU. En parlant des publi- 
cations : Bouillon. 

« Les bouillons des suppléments 
illustrés sont laissés à très bas prix 



aux camelots qui les offrent en 
prime avec le numéro du jour. » 

— En parlant de marchandi- 
ses diverses : Rossignol, Rat. 

t< Elle n'arrive à habiller toute sa 
nichée qu'en achetant des soldes et 
des rossigno/s. » 

INVITATION. Invite. 

« H restait sourd à ses invites^ qu'elle 
réitérait presque ostensiblement. >' 

IRASCIBLE. Chevrotin (arg. des 
typographes), Ciin, Croquet. 

<i On ne peut lui causer ; c'est un 
crin. » 

•< En voilà un méchant croquelj il est 
toujours en colère. » 

IRRÉPROCHABLEMENT • Au 

pouce, De première. 

« Je tiens à ce que ce travail soit 
fait au pouce. » 

« Vous faites tout de première pour 
faire plaisir au bon Dieu. » 

(H. Lavedan.) 

IRRIGATEUR. Pipe turque. 

IRRITABLE. V. Irascible. 

IRRITANT. Moustique. 

ISOLER. Laisser mariner, Mettre à 
ou sur l*isoloir. V. Conscience. 

ISRAÉLITE. V. Juif. 

ITALIEN. Italboche, Italyo, Maca- 
roni. 

« Viv' la Russie I Ts vont en faire un 
tubard ceux d' la Triplice : les 
Pruscos, les Italboches et les Autre- 
chiens! j» 

<c Fs s' cognent à coup d' lingue, 
comme les Ilalgos. » 

u Les Macaronis ont pris la piquette 
avec Ménélik. » 

— LA RENTE ITALIENNE. Le 

Macaroni, 



IVR 



270 — 



IVR 



« Le 4 0/0 Brésilien descend à 62.10 
et le Macaroni fléchit à 95.10. » 

{Chronique financière.) 

IVRE de boisson. Blinde^ Blindé, 
Brindezingue, Bu, Chargé, Chi- 
core, Chicoré ou de chicorey Cinglé , 
Complet f Cuit y Dans les brinde- 
zingueSy les brouillards ou les 
broussailles , En chérance *, En 
patrouille, Fade, Gave, Gaviole, 
Imbibe, Loivre, Loivrepême, Mûr, 
Noir (arg. des lithographes), 
Paf, Pafe, Pavois, Pion, Pivois, 
Plein, Plein comme la bour- 
rique à Robespierre, comme un 
œuf, comme un Polonais, comme 
un salaud, romme une vache, 
Pochard, Poche, Poivre, Qui a 
la barbe, la biture, la cinglée, 
la cuite, la muffée, la secouée, le 
nez sale, le nez de chien. Qui a 
Marianne dans Vœil, Qui a sa bi- 
ture, sa casquette, sa chique, sa 
cocarde, sa cuite, sa culotte, sa 
muffée, sa pistache, son affaire, 
son aigrette, son casque, son com- 
plet, son compte, Qui a son coup 
de bouteille, de chasselas, de feu, 
de groseille, de picton, de sirop ou 
de soleil. Qui a pris ou qui a son 
cran, sa dose, son épingle au col, 
son fade, son grain, son jeune 
homme, son panache, son pépin, 
son plumet, son pompon. Qui en a 
ou qui a quelque chose dans le 
blair, le nez, la tasse, le tube, etc., 
dans le toupet. Qui en a ou en 
tient une barbe, une biture, une 
chique, une cinglée, une cuite, une 
muffée, une pistache, une secouée, 
un grain,jusquà la troisième ca- 
pucine. Qui est dedans. Qui voit 
en dedans, Raide, Raide comme la 
Justice, comme tobélisque, comme 
un piquet, Ripolin, Rond, Rond 
comme une balle. Sas, Schlass, 
Schlasse, Schlazig, Schlazik, S«- 
coué. Verni, 

— LÉGÈREMENT lVRE.^//?<mé, 
Blindoche, Casquette, Éméché, 
Ému, Lancé, Parti, Pompette, 



— IVRE MORT. Asphyxié. 

Ha ! nom de Dieu ! me v*là cinglé. 
Oepis tanlM que j' me trimballe 
C'est toi^oon moi qu* Tai régalé, 
Et j'suis rond maii rond comme eun' balle. 

Ça m' dèbarbouillVa 1' cœur et pis 
U'abord ej' suis rond comme un disque, 



J' m'arrondirai pas pus que i' suis. 
Ha ! pisj' m'en fous, moi, qu est-c'que J' 



risque: 



Eun' demi' d' vieux... c'est pas de r'fus. 
Dame, ej' suis raid' comm' l'obélisque. 
Sûr, ej' me raidirai pas pus. 
Hu ! pisj'm'en fuas, moi, qu'est-c'qnej'risqae? 

Hu! nomdcDiou !... j' suis amoureux! 
Mais ce soir, Cécit' fra la rosse : 
Madam* ne Teut pas m' rende heureux 
Quand j' suis p/ein... elle a peur d'un gosse... 

(A. B.) 



Et pis, mon p'tit loup, bois pas trop, 

Tu sais qu' t'es teigne, 
Et qu' quand t'as un p'tit coup d* 

Tu fous la beigne. 

(ID.) 



Sirop 



— Ben, mon vieux, t'en tiens un decuitel... 

Tu t'es arrangé proprement. 

Pis, d'main... t'auras 'cor' ta picuite... 

T'iras 'cor' pas au Parlement?... 

Mais, nom de Dieu ! d'main, ya pas Chambre. 

J' me rapp'lais pus qu' tous ces raseurs, 

Quand vient comm' ca la un d* décembre, 

l's d'mand'ut la trèv des conBseurs. 

(A. B. Les Souloloques d'Honoré Constant.) 

Oui mais, c'tte dinde ! Ah ! mos enfants ! 

Fallait voir el' bouiiet d'évéquo!... 

Dévéqu'? Qu'est-c' quej' dis ? D'archevêque, 

Sur ses deux jpilons triomphants ! 

Ah ! saJigaud: Faut que j t'engueule : 

C'est toi qu'as boulotte l croupion... 

T'es ro>»</... t'es cui7... l'es soûl... t'es/x'on... 

T'es plein d' trufT et tu pu's d' la gueule. 

<Id.) 

— Bonjour, Mossicu. Mon compliment..» 
Tétais encor' dans tes brind'zingues, 
Hier, en r'veuant d' l'enterr'ment... 
T'as soifTé chez tous les mann'zingues. 
Oui, j' me suis soûlé comme un veau... 
J'étais plein... rond comme un' barrique! 

Ah ! soûlaud, j' vois beo c' que tu veux : 
"Tu veux r'commenciT la p'til' fête... 
Malgré qu' tu soy's schlasse et d' chicor\ 
liond, cuitj saoul d' la veille et malade, 
Tu voudrais p't' élrc aller encor 
A l'enterr'ment d'un camarade. 
Ah ! c'est épatant, c' qu'on boit, 
Quand on a la gucul' de bois ! 

(lo.) 



IVR 



— 27i — 



IVR 



tt 



T'en souviens-tu, j'avais une jaquette 
\}m nous servait, en hiver, d'édredon? 
Dans ce temps-là, j'étais souvent casquette, 
Et tu m'app'Iais ton chéri, Ion trognon. 

[Ltoy Rossignol.) 

L'homme qui sait vivre 
Ne s* montre jamais ivre ; 
L' plus sage est un peu poch' seulement. 

Rentrer avec AJarimin dans l'œil, 
Ça n' s'rait pas drôle un Jour de deuil. 

(h. Imbeb.) 

Mais v'Ià-Ui' pas qu'un soir, Euslache, 
Comme avec lui j'avais dansé 
Et au' y avais eun' léger* pistache, 
V s est un peu trop avancé... 

(L. DK BencT.) 

— Tu vois? Eh ben, ça, c'est mon 
dab, un coup de chaise, une fois 
qu'il était poivre. » 

(J. Marmi.) 

— Il est mûr, il est gave à rouler, 
il a son fade', c'est 1' moment, 
vas-y! » 

Vs avaient tous un peu la cinplée\ 
i's pétardaient ! i's fsaient du fom !.. . 
et i's nous ont passés à la bêche. » 

Le plombier, que l'odeur moite des 
seins blancs de Gervaise fait flam- 
ber comme une torche, garde un 
silence têtu, la tête basse et le front 
barré, déjà bu, mais les mains far- 
fouiUeuses singulièrement occu- 
pées. » 

(J. LORBAIM.) 

La jeune mariée était particulière- 
ment paffe^ comme on dit à Mont- 
martre. » 

(Armand Silvkst».) 



m Trois soldats qui se tiennent par le 
bras passent en roulant des bor- 
dées. — Qui qu' c'est donc, vous 
autres !... Vous vous èt's-t-i' fourré 
un plumetL.. V fait crédit, 1' 
bistro? ►» 

(lIciiLLS Lx Ruox.) 

« Hier soir, en rentrant, j'étais un 
peu pavois et je me suis engueulé 
avec ma bergère. » 

IVRESSE de boisson. Souhgra- 
phie, plus les expressions Barbe, 
Biture, Cinglée, etc. V. les régi- 



« 



mes du verbe Avoir au mol 
Ivre. 

IVROGNE. Artilleur, Camphrier, 
Cheulanl, Eponge, François, Ké- 
nep, Lampe à mort, Marquant *, 
Mouillard, Pochard, Poivreau, 
Poivrot, Pompier, Bigolo, Val- 
seur, Soulographe. 

« — Ta mère est à la broche, le 
diable la rôtit; entends-tu, vieux 
camphrier, avec ta voix enrhumée. » 
(Nouveau Catéchisme poissard,) 

« On ne m'y repincera plus avec ce» 
cheulards-làl » 

(POLLOT.) 

« — Vous n'avez pas vu mon éponge 
de mari ? Je suis sûre qu'il va encore 
boire toute sa paie. » 

« — T'as du pognon ? 
— Oui. J'ai fabriqué un kénep qui 
pionçait sur un banc. >. 

M C'est un lampe à mort, un pochard. 
H vendrait le bon Dieu pour un 
litre. » 

« — J'ai choisi la chasse aux valseurs, 
le barbottage des poivrots est facile, 
à la portée des débutants, et mes 
premiers essais réussirent à mer- 
veille. » 

(Macé.) 

« Les soulographes qui se hasardent 
passé minuit dans ces parages sont 
radicalement dévalisés. » 

— QUI ACCOMPAGNE LES 
IVROGNES dans le but de les 
voler. Ange-gardien. 

« Les soirs de samedi de paie, Nénesse 
se faisait ange-gardien et soulageait 
les poches des rigolos qu'il recon- 
duisait à domicile. » 

— QUI DÉVALISE LES IVRO- 
GNES. Grinche ou grinchisseur 
au poivrier. 

t Le grinche au poivrier opère sou- 
vent seul ; dans ce cas, il choisit de 
préférence les ivrognes endormi» 
sur la voie publique. » 



IVROGNERIE. Poeharderie, Po- 
chardise, Soulographie. 

< Ses habitudes de pochardist l'a- 
vaient Tait cbatser de toutes les 



2 — IVR 

ce Le colonel aurait passa sur une 
iuriaction loucbant^es choses du 
service intérieur. Mais il se mon- 
trait inflexible sur le chapitre de la 

aoulographit. » 





JACASSER. V. Bavarder. 
J'AI. Gilre yaurJilre. V. Avoir. 



• Le bourreau preste te dûi 
couteau l'abal sourdement, le laiig 
gicle jusqu'aux pieds des chGVBT- 
dei gendarmes impassibles ... ui 
tète roule dans le son... Justice « 
faite. - 

(La .\olio«.) 

JALOL'X (ËTItE). Renaclei- û la 
gerce. 

JAUAIS. A Pdquei ou à ta Tiinilé. 
Demain, Dimanche, Quand il tom- 
bera lie la merde ou toute autre 
formule indiquant un événe- 
ment irréalisaole. 



Tes cent tous, il te les rendra. . 
demain ou... dimanche. » 

— Aver, idée de niuqueiie ou 
lie suitériorilé : Ckei qui? 
Chez Uohi'che! Chr; Dache ! 
Chfi riuineau! Chez Plume- 
palles! 

.Moi faire du plat à c'ite gonzesse- 
l.il.., Che: Uobèciie, aile est trop 
toquarde. >■ 



■ Quand te ri 



■roi-je'î 

1 ta Trinité, . 



JAMBE. Ambe', Bâton, Bâton 

lie cliai-ie, Brancard, Couriière, 
Crosse, Oambetle, Gamliille. Gigue, 
Guibc, Guibole. Guibotte. Gnibon, 
Guitonne, Merlin ', Patte, Quille, 
Trimoire '. 

18 



JAM 



— 274 — 



JAR 



— LES JAMBES. Compas, Che- 
val à double semelle. Pinces, 
Pincettes, Tréteaux, Le train 
otize. Trotteuses. 

— JAMBE GROSSE. Poteau. 

— JAMBE LONGUE. Échasse, 
Échalas. 

— JAMBE MAIGRE. Cliquette, 
Fil de fer, Flageolet, Flûte, 
Fumeron. V. Impuissant. 

— JAMBES ARQUÉES. Jambes 
ou quilles en manches de veste. 

— JAMBE BLi:SSÉE, ESTRO- 
PIÉE. Bâton de are. Jambe de 
laine, Patte folle. 

— JAMBE DE BOIS. (Juibon de 
satou, Pied de céleri, Pilon. 

« T*as mal aux gambettes, mon vieux ! 
Sis-loi là ! » 

(0. Métk.'vier.) 

w Ce guillotiné qui porte sa tétc et 
la secoue comme un chapeau chi- 
nois, tandis que ses guibolles gani- 
billent et qu'il fait la danse du 
ventre avec des contorsions de 
singe lubrique. » 

(J. RlCHbPIN.) 

« Le premier était un haut Normand, 
à longue barbe blanche, encore 
solide du torse et des bras, mais 
quasi perclus des quilles. » 

(lo.) 

« T*es rien poivre! lu ne liens plus 
sur tes fumerons. » 

(Id.) 

« Que diable ont donc tous ces mus- 
cadins-là? s'écria-l-il d'une voix 
sonore. Nos conscrits ferment le 
compas au lieu de l'ouvrir, je crois ! » 

(Balzac.) 

« Bien que le pas gymnastique de 
l'après-midi lui eût laissé quelque 
fatigue dans les quilles, il se résolut 
à se rendre chez sa mère par le 
train onze. » 

« Une grande et sèche Anglaise, 
montée sur des échalas, étalait dans 
un décolletage répugnant l'ossature 
de sa poitrine. » 

{Le Thé de miss Shrimpt.) 



(t La petite popffiasse était assez 
garnie en croupe, mais il ne fallait 
pas regarder ses flûtes. » 

{Lt'S Propos du Commandeur.) 

« Les poteaux écartés, tout en cau- 
sant au servent de ville, la haren- 
gére satisfaisait debout ce besoin 
que les bonnes femmes appellent 
le petit. » 

M On entendit le pas de Tinvalide 
dont le pilon résonnait sur la dalle 
du corridor. » 

« Malgré qu'il ave un pied de céleri, 
il cavale tout ae même. » 

« Moi, dit Béquillard, je ne marche 
pas dans ces flauches-là : avec ma 
patte folle je n' pourrais pas m^ faire 
la paire en cas de pétard. » 

M es jam b's sont fai t's corn m' des trombones. 
Oui, mais j' sais tirer (^ar* ià-d'ssous !) 
La savate avec mes guibonnes 
Comm' ceU's d'un canard eud' quinx' sous 

(J. RlCHElMN.) 

C'est la yV : faut porter 1* licou 
Tant qu'on tient un peu su' ses pattes 
Ht tant qu'on peut en Toute un coup. 

(A. B.) 

C^uel malhear que madam' Camus 
Ait Icijamb' en manch' de veste ! 
[Scie populaire.) 

JAMBOX. Chaasieiix. 
JAKDLX. Jnfficr\ Verdousier. 

M Les poteaux sont au vcrdousier 
dans la canfouinetle à la manque. » 

(Li:h]ii:<ia (t Lé\£qoe.) 

J A UDIIV 1ER. .A rroscMrt/cvercioi/se, 
Jaffin\ 

JAUGOX. Blesquietr, Ger\ Ger- 
(jo7i*,Gier "fJaVyJarSyJobelin, Lar- 
(jongi. 

Vive r copin Aristide 

Qu' cnlravo V Jars, qui 1* dévide 

ht qui l'a toujours chanto ! 

(Bibi Chopin.) 

Donc on va rouscailler bigorne, 

On va s' payer du largouyi... 

Jy, les garçons... jy... trois fois jy ! 

(A. B.^ 

— Le jargon des bouchers ou 
largonji des loitcherstem^ 
ainsi nommé parce qu^il 



JAR 



— 275 — 



JAR 



est plus spécialement em- 
ployé par le monde de la 
Dourlierie, est d'une cons- 
truction relativement facile ; 
mais faut-il encore, pour 
arriver à le parler et à 
récrire, sans maladresse, en 
connaître le mécanisme : 

Formation kt orthographe. — Dans 
les mots commenc^ant par une 
consonne, cette consonne est 
remplacée par un / et reportée à 
la fin du mot avec une termi- 
naison quelconque mais plus gé- 
néralement en é, cm ou éme, j, 
îc, ocy uc/ie : 

V^ache : /achevé, 
Boucher : /oucherbem. 
Jargon : /argonji, 
Monsieur : /onsieurmtc, 
Fou : /ou foc, 

Patron : /atronpwc/ic. 

Si le mot commence par deux 
consonnes, on les remplace 
toutes deux par le / et on les 
rejette à la lin du mot : 

Blindé : /indébloc, 
Cramper : ./ampercnc, 
Chauner : /aufierchem, 
Prince : /inceprc, 
Truc : lucivèmc. 

Quand la première lettre du 
mot est un h ou une voyelle, la 
transformation s'opère sur la ou 
les consonnes commen(;ant la 
seconde syllabe de ce mot : 

Hardi : liar/idem. 

Argent : ar/entg/c, 

Espoir : es/oirpoc, 

Entrain : en/aintr(?m, 

Entresol : en/esoitroc. 

Dans le cas où les deux pre- 
mières syllabes commencent 
chacune par un /t ou une voyelle, 
on opère sur la troisième syllabe : 

Aéré : aé/érem, 
Ahuri : ahu/iroc. 



Lorsque le mot commence par 
un / ou par le réduplicatif r, re, 
c'est sur la seconde syllabe que 
se fait le changement d'articula- 
tion : 



Livret : 
Lancer : 
lied ire : 
Kevoir : 
Rentrer 



li/etvrem, 

lan/ercéme, 

re/iredé, 

re/oirvoc, 

ren/erlrcm. 



On transforme la troisième 
syllabe lorsque le mot commence 
par une voyelle ou un A, ou en- 
core par le réduplicatif r, re et 
que la seconde syllabe est com- 
mandée par un / : 

Hallebarde : halle/ardebem, 
Éléphant : élé/antphoc, 
Relancer : relan/ercémc. 

Dans la transformation des 
termes d'articulation monosylla- 
bique, le / se change parfois en 
lésel ou mieux lézeL Cette parti- 
cularité peut s'appliquer aussi 
à des polysyllabes, mais le cas 
est rare : 

Pou : /e^d/oupar/iie. 
Sou : lésélousoc^ 
Parti : /éi(*/artipés. 

Le radical demeure donc en 
entier dans les mots jargonnés. 
Pourtant, il est à cette règle 
quelques ^exceptions : 

Quand, par suite de la trans- 
formation, le m nasal du radical 
cesse d'être suivi de m, p, ou 6, 
on le remplace par un n : 

Emmanché : en/anchém ic, 
Emporter : en/orterp^s, 
Embar([ué : en/arquebem. 

Lorsque le changement s'o- 

Eère sur deux consonnes sem- 
lables et de même articulation, 
la première disparaît et la se- 
conde est rejetée à la (In du 
mot : 



JAR 



— 276 — 



JAR 



Affaire fera a/aîrefem et non 

af/airefcm ; 
Opposé fera o/osépem et non op/o- 

sépem ; 
Immense fera i/ensemtc et non 

im/cnsemi>. 

Mais si Tarticulation des deux 
consonnes semblables est diffé- 
rente, la transformation se fera 
sur la seconde : 

Accident : ac/identcem, 
Occire : oc/irecem, 
Ennuyé : en/uyénic. 

Quand la lettre à rejeter est 
un c dur ou un g dur, ou con- 
serve son articulation devant la 
terminaison ; on recourra donc, 
s'il y a lieu, au A- ou au qu pour 
le c : 

Carton : /artonkic. 
Écarté : é/artéqués; 

et à Vu pour garder sa dureté 
au g : 

Garçon : /arçonguem, 
Regarder : re/ardergués. 

Si, au contraire, le c à dépla- 
cer est doux, on y ajoutera au 
besoin la cédille : 

Citoyen : /itoyençoc ; 

et le g doux deviendra ; devant 
a, 0, u : 

Gilet : /iletjao. 
Gentil : /entiljoc. 
Gibier : /ibierjwc/ie. 

Quelquefois, l'orthographe du 
radical est altérée en raison de 
la prononciation : 

Dix : l'wdré ou /idré. 
Prince : /incepr^ — /inspr^, 
Vingt : /ingtvé — /invc. 

Prononciation. — Sauf le change- 
gement de consonnance produit 
par la substitution du /, le radi- 
cal conserve son articulation : 



Micmac : /icmacmucAe, pron. /ic- 

msicmuche; 
Tabac : /abactoc, pron. /abatoc; 
Cuiller : /uillerkés, pron. /uillerkéç; 
Bâiller : lâillerbem, pron. /àillébem ; 
Civil : /ivilcem, pron. /ivilccm; 
Fusil : /usilfoc, pron. /usi foc; 
Albinos : al/inosbucAe, pron. al/i- 

nosbwoAc ; 
Dominos : /ominosdem, pron. /o- 

minodem; 
Paulus : /auluspfc, pron. /aulus- 

pic ; 
Perclus : /ercluspem, pron. /erclu- 

pem, 

A cette règle nous connais- 
sons deux exceptions : 

1°. — L'e de la première syl- 
labe de Femme perd le son de a 
pour prendre celui de e : 

Femme : pron. /emmefuoAeau lieu 
de /amefticAe. 

2^. — Les terminaisons de 
l'impératif du verbe Regarder 
se cnangent toutes les trois en 
in : 

Regarde, regardons, regardez : 
feront re/ardî/igo au lieu de re- 
/ardego, re/ardonsgo, re/ardezgo. 

— Ajoutons que souvent le 
largonji des louchersbem 
tronque les mots déformés 
pour n'en garder que l'apo- 
cope ou l'aphérèse, sur les- 
quelles il greffe parfois de 
nouveaux suffixes. 11 devient 
alors très difficile de rétablir 
l'origine, souvent argotique, 
du radical qu'on a fait ainsi 
disparaître en partie, si ce 
n'est complètement. Dans 
les exemples qui suivent le 
radical perd son initiale : 



Borgne (rad.) 

lorgnehé 

/orgne 



/ 



Anus, as. 



JAR 



— 277 — 



JAR 



Chaumir (rad.) 

/aumirchem 

^auinir 

Jaune (rad.) 

/aunejem 

/aune 



i Perdre. 



Gendarme. 



Gendarmerie. 



Marquise (rad.) 

S?ïïëm«c/.e [Épouse, femme, 
/arque 

Pousse (rad.) 

/oussepé 

/ousse 

Il dispai'ail presque complè- 
tement dans les transformations 
suivantes : 

Copaille (rad.) 

/opaillekem 

/opaille 

/op 

/ope 

Fou (rad.) 

/oufoc 

focard 



Pédéraste. 



Fou. 



Enfin, il n'en reste plus trace 
dans ces deux exemples : 



Fou (rad.) 

/oufoc 

/ouf 

louUingue 

Tingo 

Femme (rad.) 

/emmef«c/ie 

lézélemmeîuche 

lézélemma 

Lézé ou lésée 

Lesbombe 



Fou, 



Femme. 



— Le / n'est pas la seule con- 
sonne qui serve à la défor- 
mation des mots. On em- 
ploie aussi le n, maïs plus 
rarement. Dans ce cas, on 
renorte à la lin du mot la 
syllabe sur lacjuelle on a 
opéré la déformation en la 
faisant précéder de raxticle 



contracté du, ce qui forme 
une locution de trois mots : 

Goncier : noncicr du.^on.V.Individa. 
Plaquer : naquer du fia, V. Chier. 

On peut d'ailleurs opérer de 
la môme façon au moyen de 1» 
lettre / : 

Campagne : /am pagne du cam, 
pron. can. 

Je me camoufle en pélican, 
J'ai du pellard à la tignasse, 
Vive la lampagne du eaml 

(i. RlCHEPR*.) 

A peu près vers cette époque 

Il fut deux ans interné 

Dans des maisons de santé 

Comme éminemment laufoquê» . . . , 

(R. POMCHOU.) 

C'est la mouis', quoi? T'es à la cloche?... 
Ton probloqu' l'a scié d' toii gai'tfks î ^ 
Pourtant, on dit qu' tu frioi* au Vroi^iB 
Et qu' t'us euu' léxHemm' su* l' tas. 

(A. B.) M. 

Moi j' suis gonzesse d' loucherhème^ 
Un soir qu'a m' Pra trop UerckétAe 
J'y fous mon ringt-deuiL dans Ja peau. 

' (M 

8atn' on met eun* m6roe ea quaraoto, 
n bou(r pas tout comme un poireau ; 
On la fringue ! Avec uu tarante 
On y p<iye can* jupe au carreau. 

(lo.) 

— La locution du go se présente 
souvent dans le largonji des 
louchersbem sans autre but 
que de rendre la phrase plus 
obscure à Toreille des indis- 
crets. AS'iu luvé le lonsieur' 
mie du go? signifie : As-tu 
vu le monsieur? 

— Il existe encore d'autres 
jargons : le Javanais^ qui se 
forme en faisant précéder 
chaque syllabe de l'articula- 
tion av ou en l'y intercalant : 

Entrer: atjentnu'er, »'■ î" 
Jeudi : jareudavi, 

Rouiiasse : prtioufaviasénrrf ; • 

le jargon en dedgue qui fait 
suivre chaque syllabe de dg dur, 
en redoublant le son : 



JAR 



— 278 — 



JEU 



Enfîn : endguenrindguiiif 
Chinois : chïdguixioïsdgoiSy 
Punaise : ipudgunhidgaisedgue. 

D'autres, enfin, en pi, en ro,etc. 
surchargent simplement les syl- 
labes d'un son convenu et tou- 
jouï^ le môme : 

Requin : repoquinpi ou reriquinio, 
Léon : Lépionpi — Lévoonvo, 
Pavé : papivépi — pavovéto. 

Mais ces jargons sont trop 
connus et trop enfantins pour 
que nous nous y arrêtions da- 
vantage. 

JARRETIÈRE. Jamaffe, Ligot, 
Tirante. 

JAUiXE. Salin *. 

JE. Bibi, Mézigy Ma 'pomme. Me- 
zigOf Méziguef Mon gnasse. Mon 
gniasse, Mon gniasse pâteux^ Mon 
gniasse poiluy Mon gniêre, Mon 
nière. Mon orgue. Ces expressions 
commandent la troisième per- 
sonne. 

« Et faudra qu'on m^écoute : fjibi est 
enfant du peuple ! » 

« Mon orgue n'a pas Tair d'une 
poire. » 

« Si mon gniere avait pas la cosse. >• 

Luysard eslampillait six plombes 
Méziyo roulait le trimard. 

(J. RiCHBPIN.) 

Mon gniafse est bath : j'ai un chouett' moure, 
La bouch'plusp'tit' que les calots, 
L'esgourd' girond' comme ua' 0«tcnde. 

(Id.) 

Sur'ment qu* ça Trait pas mon afTaire! 
Mon gnatse est bien trop délicat. 

(P. PAILLBTTI.) 

JÉSUITE. mndon\ 

JETER. Balancer^ Balanstiquer^ 
Envoyer à dingue. Envoyer din- 
guer ou simpi. Dinguer. 

« Il avait balancé le morlingue, mais 
il avait conservé Taubert. » 



« — Balanslique ton mégot avant 
d'e m barber. » 

« Ton portrait? y a longtemps que je 
l'ai aingué. » 

— JETER QUELQU'UN A L'EAU. 

Le balancer ou le balansiiquer 
dans le jtis, datis la flotte^ dans 
la vase, Le dessaler. 

« Après l'avoir arrangée tous les 
trois, ils Tout balanstiquée datis V 
jus. » 

— JETER QUELQU'UN PAR 

TERRE. V. Terrasser. 

JETTATORE. Les joueurs su- 
perstitieux nomment Comète la 
pei-sonne qu'ils supposent con- 
trarier leur chance. 

JEU. Flanche, Flaubert, Flouant. 

« Il tenait un flanche à la fête du 
Trône. » 



— Je ne sais pas 
flaubert-\k. •» 



y faire à ce 



— JEU DE BACCARAT. Bac. 

— JEU DE BILLARD. Boulettes, 
Fj'otliîij Prairie. 

« Il passe son temps à jouer aux 
boulettes. » 

« Je lui proposai une partie de frot^ 
tin. » 

— JEU DE BILLES. Bloquette, 
Cent-dix, Irlande. 

« Il faisait l'école buissonnière, pré- 
férant à l'arithmétique raisonnée le 
calcul pratique du cent-dix ou de 
la bloquette. » 

« — Virlande n'est autre que le jeu 
de cent-dix. » 

— JEU DE BOUCHON. Gade, 
Gadiche, Gadin, Galoche, Gue- 
digne. 

« C'est plus fort que de jouer à gade 
avec des pains à cacheter dans la 
neige. » 

« Ils jouaient au yadin avec des 
thunes. » 



JEU 



— 279 



JEU 



'< J'ai paumé dix ronds à la gadiche. » 

« On flanchait à la galoche^ eu atten- 
dant le soir. » 

— JEU I>E BÉZIGUK. Ueguc. 

— JEU DE CARTES. Brémps ou 
Jeu (le Brèmes, Livre des quatre 
rois. Le roi se dénomme Iw/, 
Sa poire, Sézig, Son gnasse ; la 
reine, Elle, Gonzesse^ Poule^ 
Punaise ou tout autre équivalent 
de Femme; le valet, Larbin; 
Tas, Borgne, Concierge, Lorgne, 
Manillon, Nomhril ; le dix, 
Chaîne d'ognons, Manilie; une 
forte carte, Bœuf, Cheval, Elé- 
phant-, une basse carte, Pouil- 
leuse; au baccarat, le dix, le 
roi, la reine et le valet sont 
des Bûches. Le trèfle s'appelle 
la Fouine, V Herbe à la vache ; 
le Carreau, le Templier, les 
Vitriers; le pique, Croque-inort, 
M., Tunnel, Piche ; et le C(i.»ur, 
Battant, Palpitant, Sanguin. 
D'autre part, les grecs désignent 
par une lettre cou venue chanue 
sorte de cartes. La réunion aes 
quatre lettres correspondant 
aux quatre couleurs forme une 
clé (|ui sert de mot de rallie- 
ment. Robert-Houdin cite la 
suivante : I,S,^t,V. ; VI indique 
le cœur ; S, le trèfle ; M, le 

Sique; et V, le carreau. Pour 
emanderou annoncerdu cœur, 
le grec dira un mot ou une 
phrase commençant par / ; cette 

f)hrase commencera par 5 pour 
e trèfle; et ainsi de suite. Ma 
montre retarde voudra dire : 
Jouez pique. Vous ne trouvez 

Îas quil fait froid'l signifiera : 
ouez carreau. Sentez-vous le 
courant d'air 1 indiquera qu'on 
va jouer ou qu'on demande 
trèfle. 

« S'il y avait des brèmes, on pourrait 
flancher. » 

(ViDOCQ.) 

— CARTE DÉCOUVERTE rapi- 
dement pour aider la tricherie. 
Carte à l'œil. 

« Il est quelquefois nécessaire au grec 
de connaître une carte dans le jeu. 
Avec une prestesse extr^-me, il 



ouvre, d'une seule main, à l'aide du 
petit doigt, le jeu à l'endroit où se 
trouve cette carte et, d'un coup 
d'œil rapide, en prend connais- 
sance. Ce mouvement, prompt 
comme l'éclair, ne peut être aperçu 
des joueurs, parce qu'il est fait en 
gesticulant, et que le dos des cartes 
est tourné de leur côté. C'est ce qui 
s'appelle la carte à l'œil. » 

(RonERT lIoDDIPt.) 

— DE RM ÈRE CARTE DU PA- 
QUET. Bergère. 

— MARQUER, RISEAUTER LES 
CARTES. Aiguiller, aquioer, 
arnaquer, marquouser les oré- 
7nes. 

— CARTE MARQUÉE POUR 

TRICHER. Aiguille, Mar- 
quouse. 

« S'il voit (lu'un pigeon se dispose à 
lui tenir banco, il ne manquera pas 
de le faire couper immédiatement 
sous V ai gui lie, » 

(CavaillI.) 

— SUBSTITUER UNE CARTE, 
UN JEU A UN AUTRE. Faire 
le change^ le filage, la minerve, 
Filer. 

— PRÉPARER LA COUPE. Faire 
le pont, 

— REPLACER LES CARTES 

dans l'ordre où elles étaient 
avant la coupe. Faire sauter la 
coupe, Faire le saut de coupe. 

— MAJORER SON JEU pour 
engager l'adversaire à tenir 
un coup au-dessus de ses for- 
ces. Bleuffer, bloffer ou bluffer 
(anglicisme). 

Je suis DU comme un sans chemise 
Oui n'aurait pas de suspensoir, 
Hélas ! et je manque de mise 
Pour bloffer au « pocker ■ , le soir. 
(Laubrnt Tailuade.) 

— JEU DES TROIS CARTES. 

Bonnet, Bonneteau, Bonneterie^ 
Flanche ou truc des trois brè- 
mes, Lingt\ Lingerie, Mercerie. 

« On emploie peu aujourd'hui le mot 
bonneteau qui viendrait, — parait- 
il, — de ce que le jeu qu'il désigne 



JEU 



— 280 — 



JEU 



sert à empiler les « bonnes tôtes ». 
A cette expression trop répandue 
on a d'abord substitué Tabréviatif 
bonnett presque aussitôt changé en 
bonneierie; puis, par analogie, on 
s'est servi de lingerie, ^»w.7^. mer- 
cerie, et l'on prévoit difficilement 
où s'arrêtera la synonymie. N'a- 
vons-nous pas entendu un bonne- 
teur nous dire qu'il flanchait dans 
la nouveauté \ w 

« Le jeu de bonneteau, bien quMnsuf- 
fisamment connu de la majorité 
des Parisiens, mérite une plus lon- 
gue et plus complète explication. 
D'invention récente et très ré- 

SandUf il se joue avec trois cartes : 
eux rouges (carreau et cœur] et 
une noire, par exemple, l'as de pi- 
que; le booneteur, après avoir 
montré les cartes au « client », les» 
retourne, exécute quelques passes 
et s'arrête. 

11 s'agit alors d'indiquer où est la 
noire. Toute l'habileté du boiine- 
teur consiste «i faire croire aux 
spectateurs qu'ils ne l'ont pas per- 
due de vue un seul instnnt. » 

(Authi'r Duimn.) 

« Le jeu des trois brèmes, qui n'est 
autre que le bonneteau, amène cha- 
que jour des plaignants dans les 
commissariats de police spéciaux 
des grandes gares de Paris. 

C'est surtout à la gare Saint- 
Lazare que les victimes de ce genre 
d'escroquerie viennent échouer en 
plus grand nombre. » 

(ID.) 

— JEU DES TROIS COQUILLES 
ou DES TIIOIS QUILLES. Di- 

ribi, Birlibi, Hirlibibi^ Calot, 
Callol, Cocunge, 

« Le bonneteau n'est pas le seul jeu 
tenu par les croui»iers de barrières. 
Ils en ont une série d'autres dont le 
fonctionnement ostensible est aussi 
simple et dont le truc caché est 
aussi dangereux. 

Voici, par exemple, le calot, plus 
terrible encore que le bonneteau. 
11 se compose de trois quilles creu- 
ses, sous l'une desquelles le teneur 
place une petite boule appelée le 
mouton. 



C'est un peu le jeu des gobelets 
et de la muscade; le teneur sMns- 
talle : il met le mouton sur une pe- 
tite table, et le recouvre d'une 
quille : 

- La boulette I dit-il, elle passe, la 
boulette... la boulette... la bou- 
lette... Et, en même temps, il chan- 
ge les quilles de place, les faisant 
passer tour à tour à droite, à gau- 
che, au milieu, en les glissant sur 
la table de telle sorte que la bou- 
lette ne puisse sortir, il s'arrête : 

- Un louis à oui désigne la quille où 
se trouve la noulette! crie-t-il. 

Un des « comtes >« montre un des 
calots : 

- Elle est là, répond-il. 

. .. Le teneur soulève la quille, la 
boulette n'y est pas. 
. Farceur, dit un autre « comte », U 
voici. 

... Et il soulève le calot sous 
lequel est le mouton. 

- C'est bien simple, ajoute-t-il; vous 
n'avez donc pas suivi le mouve- 
ment du joueur ? la boulette est 
toujours sous la même quille ; il y 
a qu'à ne pas perdre la quille de 
vue... 

Bientôt le public s'en mêle; le jeu 
chance. Le teneur pose la boulette 
sur Ta table, la recouvre d'une 
quille, fait passer les deux autres, 
et tout en faisant ce double mou- 
vement, il roule la boulette jusque 
dans ses doigts, où elle reste ca- 
chée, de façon qu'il n'y a plus de 
boulette du tout. » 

(iloi.icn-Gniso.N.) 

— JEU DE TIIOIS DÉS. Juge de 
paix, Masturbf, Zanzi, Zanzi- 
f>ar. 

Passez voir uu peu le juge de paix, 
qu'on fasse un coup de zanzi. » 

— JEU DE DOMIXOS..VaMwrin5. 

— Le double blanc: Albinos, 
Blanchinct, Pdlc, Pâlichon, 
Pierrot. 

— Le double as : Asinet. 

— Le double quatre : Bazaine, 
Caca. 

— Le double cinq : Greffard. 

— Le double six : Falourde^ 
Sùyrc. 



JEU 



— 281 — 



JEU 



— JKU DE LOTO. Les numéros 
du loto prennent chez les 
joueurs facétieux des appella- 
tions comiques, telles que le 
chapeau du commissaire^ 4 ; la 
queue en l'air ou le goupillon, 
6; la potence j la pipe, le crochet 
du biffin, 7 ; la gourde, les lu- 
nettes, 8; la queue en bas, 9; 
mes jambes, \l, ma sœur Thé- 
rèse, 13; l homme fort, 14; le 
terme, 15; c'était neuf {se^i et 
neuf), 16; vin sans eau, 20 ; les 
deux cocottes, Tl ; les deux bos- 
sus ou les deux boscos, 33 ; les 
deux baraques, 44: bouci-boula, 
69 ; la potence et le pendu, 7 1 ; 
les deux gourdes, 88, etc. 

— JEU DU LAMSQUEXET.Lan*- 

que. 

— JEUX DE HASARD. Les jeux 
de hasard sont pour la plupart 
machinés pour assurer le gain 
au banquier; on les dénomme 
alors trucs^ flanches truqués ou 
flanches arnaqués. Ils sont nom- 
breux ; voici les plus connus : 

Le Bonneteau et la Cocange 
ou Calot dont nous parlons 
plus haut et qui sont plutôt 
des jeux d'adresse. 

La Parfaite ou Martin- Glaude 
qui se joue avec un dé portant 
ordinairement . nu lieu des 
points habituels, les figures du 
trèfle, du carreau, du pique et 
du cœur, une ancre et un soleil, 
une t^te de mort ou une tête 
de diable ; ces figures sont re- 
produites sur une table où le 
joueur dépose sa mise, qu'on 
lui quintuple, s'il parvient à 
gagner. 

Le liiscuit, qui se joue avec 
trois dés. 

Le Quarante-huit, sorte de 
tourniquet assez voisin de la 
roulette. 

Le Mal au ventre, autre 
tourniquet que le banquier ar- 
rête au point qu'il veut. 

L'A nglaise qui se joue avec des 
pièces de monnaie à pile ou face. 

La Passe, jeu de dés, où celui 
qui n'a pas de quoi tenir le jeu 
en inartingalant est fatalement 
destiné à perdre. 



Disons, en outre, que les 
gens qui donnent à jouer la par- 
faite et le bonneteau ou bonnet 
opèrent fréquemment dans les 
trains de banlieue et de ceinture 
qui desservent les champs de 
courses et s*ad ressent aux 
joueurs que la chance a favo- 
risés peu ou prou. Dans ce cas 
spécial, leur jeu s'appelle iro- 
niquement consolation, 

» Tu ne t'aperçois donc pas, répondit 
l'Avocat, que si Panpan ne touche 
pas à la table, il s'y appuie? Avec 
sa hanche, il pousse une tringle 
glissée dans l'épaisseur du bois ; il 
pèse sur le pivot, l'arrête à volonté. 

— C'est même pour cela, conclut Pan- 
pan, que la loterie s'appelle, entre 
nous, le mal au ventre. » 

(HUCUKS Lb Rûoz.) 

Camaro de la petit' pègre, 
Tiens le» bons trucs sur la lègre ; 
La Par fa ileel le fjuaran te-huit , 
Le Mal au ventre et le Bitcuit, 

(lIOGIER-GaiSOl*.) 

— JEU A LA BOURSE. Boursi- 
cotiérisme, Tripotage. 

« Le boursicotier isme est l'art de jouer, 
de parier, de spéculer en Bourse, 
quelquefois sans argent, comme 
sans probité; en d'autres termes, le 
boursicotier isme est l'art de sur- 
prendre habituellemeut le bien 
d'autrui par un ensemble de moyens 
non prévus par la loi ou insaisis- 
sables à la justice. » 

(LoiliDAN LAftCllEY.) 

— ARGENT DU JEU. Éclairage, 
Eléments. 

— ARGENT GAGNÉ EN TRI- 
CHANT AU JEU. Bonnet. 

M Le « noble >» jeu de bonneteau, du 
mot bonnet qui, en argot, signifie 
« argent gagné en trichant au jeu »>, 
vient de prendre, en ces derniers 
temps, une extension si grande que 
la police, et particulièrement la po- 
lice des chemins de fer, s'en est 
émue. » 

(AiiTHcn Dupi5.) 

~ ARGENT PERDU AU JEU. 

Casquette. 



JEU 



— 282 — 



JOL 



— QUANTUM PRÉLEVÉ PAR 
LE JEU. Cagnotte, Pot. 

« Oh! la belle et bonne nourrice 
qu'une cagnotte l » 

(E. Lepbllktier.) 

— MONTRER DE LA HAR- 
DIESSE AU JKV. Avoir de Ves- 
tomac. 

<« Vous allez me raconter des histoires 
de somnambule tout à l'heure. Ayez 
donc de l'estomac, sacrebleul 11 
s'agit de tenir le coup, et il en 
vaut la peine. »> 

((îeoii<;esOhnet ) 

— MAISON DE JEU. Uerlnn, Bre- 
lan, Case, Claquedent, Claque- 
dents, Planque à suif. V. Casino. 

« On entend dire tout d'un coup que 
le chef du cabinet du préfet de po- 
lice était le protecteur attitré d'un 
claqiie-den ts ae la dernière catégorie. 
Il était en rapport avec des crou- 
piers de bas étage; on l'avait vu 
s'attabler avec eux et traiter, sans 
la moindre gêne, ses petites atTai- 
res. » 

(Hogirr-Ghison.) 

— MAISON DE JEU CLANDES- 
TINE. Étouffe, Ètouffoir. 

— TENANCIER DE MAISON DE 
JEU. Ti'ipotier. 

JEUX (A). V. Faim, Affamé. 

JEl'XE, subs. m. Danse du bide. 
Danse du ventre, V. Faim. 

JEUXE, adj. V. Enfant. 

JEl XE FILLE. V. Fille. 

JEUXE HOMME. Gigolo. 

Avecquc Ninette, un tondron, 
Uu gigolo, d'apparence fort triste, 
— Jeune et si grave, était-il donc 
L'attaché de quelque iniuistre ? — 

(FnANC- Nouais.) 

JEÛXER. Rou/fer à Vos, Crever 
d'organe, Crouler du zeph. Danser 
devant le buffet. Danser la danse 
du bide, la danse du ventre, Dé- 
clarer, Déclarer ballon, Faireballe, 
balle élastique, ballon, godard, la 
danse du bide, la danse du ventre, 



la tortue. Greffer, Jouer du fifre* ^ 
Lire la gazette *, Pégrennei*, Piler 
d*organe. Rebondir, Sauter à la 
perche. Se brosser. Se brosser le 
ventre. Se caler ou s'envoyer des 
cailloux, des cloques, des briques^ 
des jetons. Se seirer le ventre, 
Serrer sa ceinture d'un a*an, Tor- 
turer du vent, \oir défiler les dra- 
gons*. V. Affamer. 

« VMà deux jours que j' croûte que 
du zeph. » 

'« J'avais fait la balle élastique tout 
mon soûl. » 

(II. ROCHBFORT.) 

« 11 déclarait depuis le matin. » 

« Du temps qu' son orgue s'empâte 
la gueule, sa bourgeoise s'envoye 
des fions. » 

Ton tôlier veut pus t' faire h croume ? 
Tu déclar's que tu fais ballon!... 

(A. B.) 

r dcch' son fric avec des fesses. 
Ht le lend'main, i" fait godard. 

(Bl.AOOBT.) 

» Avec les trois ronds que le singe 
lui donnait pour déjeuner, le pauvre 
apprenti .mutait à la perche les trois 
(|uarts du temps. » 

Que qu' y Y foutrai dans la trompette 
A c' lancier-là, s'il vient vivant? ^ 
A moins qu'il sorte un jour que j* pète 
Et qu'il veuille tortorer du t^ent. 

(J. UlCBEPIN.) 

— ON JEUNE. Cest la boucle. 
C'est la ceinture, La ceinture 
est accordée. Le drapeau noir 
flotte sur la marmite. 

JEUXESSE (LA). On désignait 
autrefois la jeunesse romantique 
du nom de Jcune-Vrance. 

« Les romantiques se divisèrent en 
Bousiogots et en Jeune- Frajice. Les 
Jeune-France conservèrent long - 
temps leurs pourpoints, leurs bar- 
bes fourchues, leurs cheveux buis- 
sonneux. >» 

(Privât D'AneLEMONT.) 

JOLI. Cannant (arg. lyonnais), 
Chenu, Chenue, Chenus (àrg. lyon- 



JON 



— 283 — 



JOU 



nais). Coqjinxeir.) Coquet ^Fignole y 
Ganàiriy ùerfle *, Giroble *, Girofle* ^ 
Girondf Jojo, V. Beau. 

« As-tu vu la nouvelle gonzesse au 
Frisé ? Aile est rien coq ! » 

« — 11 est pourtant qandin, mon pa- 
nier, insiste le gitane avec le plus 
pur accent du faubourg Antoine ; 
étrennez-uioi, Monsieur, ça vaut 
une thune et à deux halles je vous 
le laisse. » 

(Jban LoanAiN.) 

Alors aboula ilu sabri 
Une fignole gosseliiie. 

(J. lilCULPIN.) 

Ma mistonDe ti\ eun* choueU' méoesse, 
Aile est giro'ide et bath au pi<iu. 

(A B.) 

JOXC. Gei\ Geti\ Jet. 

JOUE. Badiqoince^ Drniieoirey Gail- 
larde, GiftU\ Jaflïe\ Pochette. 

• Elle avait une paire de badigoinces 
comme le derrière d'un pauvre 
homme. » 

JOUER. Flancher. 

m A n'importe quelle heure, tu V dé- 
gotes cnez T bistrot en train d' flan- 
cher : au zanzi, aux brèmes ou au 
f rot tin. » 

— Dans le sens d'engager un 
enjeu: Faire. 

ce Qu'est-ce que nous faisons'! Je te 
fais trois bocks à Técarté. » 

— JOUKR LK BONXETEAU. En 

)arlant de celui qui tient le jeu : 
>e baisser. 

« Nib de naves l Je me suis baissé 
trois fois pour atfurer la digue. » 

—JOUER AUX CARTES. Drémer, 
Cartonner, Jardiner sur le tap 
vert *, Maquiller les brèmes. 

«t Ona brémé jusqu'à deux plombes. » 

« — Du pétrole ! commanda le Merlan, 
et des br/^mesl En maquillant les 
brémesy on jaspine mieux ! » 

(0. Mét^.nikr.) 

Tout on cartonnant dans ton claque 
Rabats un douillard à ta marque. 

(HuGicfiGrtiso:*.) 



i: 



— JOUER CONTRE UN JOUEUR 
IIIALCIIAX4:eu\. Jouer le ca- 
davre. 

— JOUER EX SE PLAÇAXT DE 
FAÇOX A VOIR LA 1>0X\E« 

ce qui permet de ne placer son 
enjeu ciu'à coup sûr. Jouer le 
point de vue. 

— JOUER MAL ou PEU. Jouas- 

ser. 

— JOUER A LA BOURSE. Bour- 

sicoter. 

« En moins d'un an, il avait, à bour- 
sicoter, dissipé son petit héritage. »» 

— En mauvaise part : Tri- 
poter. 

— JOUER LA COMÉDIE. Flam- 
bevy Vendre, Vendre sa salade. 

« L'hiviot, i' fait V mac et, Tété, i' 
fait les fêtes : i' flambe chez l)e- 
lille. » 

« Quand il a vendu sa salade, V va 
r'trouver sa gerce à l'Américain. » 

« Qu'est-ce qu'on vend chez Antoine? 
Toujours a Les gaietés de l'Esca- 
dron ? » 

— JOUER DU PIAXO. Chatouil- 
ler ou taquiner l'ivoire. 

— JOUER DE LA CUITARE, de 

la mandoline ou tout autre ins- 
trument analogue. Gratter du 
jambonnfau. 

« Pendant qu' sa bergère pousse la 
goualanle, sézig gratte du jambon- 
neau. » 

— JOUER DU VIOLON. l\acier. 

— JOUER DU VIOLONCELLE, 

de la contrebasse à cordes. 
Scier C armoire. 

— JOUER DE L'ORGUE DE 
BARBARIE. Moudre, Moudre 
du poivre, Tourner le moulin à 
café ou le moulin à poivre. 

JOUEUR. Flamboteur, Flancheur, 
Ponte, Ponteur, Rifleur. 

— ENSEMBLE DES JOUEURS. 

La ponte. 



JOU 



— 284 — 



JOU 



— JOUEUR AUX CARTES, fîré- 

mew\ Cartonnier, Cartonneur, 
Maquilleur de brèmes. 

« De tous les jeux, c'est le baccara 
qui se prête le mieux aux tricheries ; 
elles se comptent par milliers et 
les Russes, — ces maîtres dans 
l'art de corriger la déveine, — en 
inventent tous les jours. Les Mar- 
seillais et les Toulousains, ces re- 
doutables cartonneurs.en apportent 
chaque saison à Paris et les expé- 
rimentent dans les casinos des sta- 
tions balnéaires et theruiales. » 

(ilooiEB GrISOM.) 

— JOUEUR D'ORGUE DE BAR- 
BARIE. Rémouleur de buffet. 

— JOUEURS DE JEUX DE HA- 
SARD. Ceux qui offrent les 
jeux de hasard se nomment, en 
général, flancheurs ; celui qui 
tient le jeu de trois cartes ou 
bonneteau s'appelle bonneteur; 
celui qui présente le jeu de la 
coquille ou des trois quilles est 
le cocangeur. V. Jeu. 

— JOUEUR DUPÉ ou A DUPER. 

Pigeon. 

— JOUEUR QUI A TOUT PER- 
DU. Décavé ^ Plumé y llincé. 
Tordu. 

« Ce pauvre vicomte, le voilà encore 
décavé^ plumé, rincé comme un 
verre à bière. « 

pourvus trop lard de con«eil» de famille, 

Pri^tcntieux chercheurs de mariajrj's rêvos. 
De la Concorde au Bois, ce sont les drcarès. 

(Jkan I.ohhain.) 

— ÉTAT DU JOUEUR RUIXÉ. 

Décavage. 

« Hier, il a ramnssé cent millo francs : 
aujourd'hui, cVsl Va revanche de la 
banque, c'est le décavagr. » 

(llbCTUtt FUANCE.) 

JOl'IR de quelque choife, deqtiel- 
qu'un. S*appuger^ S'e/iroyer, S'or- 
chcstrcry Se payer. 

« Je me suis appuyé la ^'«mzesse. >• 

« Elle voudrait ê'envoyer le gros lut- 
taucheur. »> 



« C^est un marie. Et s'il s'est payé la 
vieille, c'est tout uniment pour 
s'orchestrer de bons gueuletons. » 

JOUR. Cran, Jorne, Luisant, Reluit. 

« Je rouscaille tous les luisants au 
grand havre de l'oraison. » 

(Le Jargon de Vargot.) 

« Depuis le reluit où j^ai gambillé 
avec tézigue... »> 

(ViDOCQ.) 

— JOUR DE PAIE. Banque, 

Sainte-Touche. 

M 11 lui promit de lui donner un 
acompte à la prochaine banque. » 

c C'est aujourd'hui Sainte-Touche dans 
les ministères ; le micheton don- 
nera ce soir. » 

— JOUR DE PUMTION. Nerf 

(arg. militaire). 

JOUKXAL. Babillard, Buhilleux^ 
Canard. 

— Avec une idée de mépris : 
Caneton j Feuille de chou, Tor- 
chon, Torche-cul. 

— L*en-tète d'un journal s'ap- 
[»elle la manchette ; la partie 
réservée à la rédaction pé- 
riodique, le corps', le feuil- 
leton en bas de la pa^e, le 
rez-de-chaussée ; la partie où 
paraissent les citations des 
journaux adverses, le panier 
aux or'tures ; les nouvelles 
diverses, les chiens écrasés; 
la dernière page, ordinaire- 
ment occu|>ée par les an- 
nonces, le mur; l'article de 
Icle, premier -Paris, premier- 
Bordeaux, etc., selon la ville 
où parait le journal ; les 
pa<;es, la une, la deux, la 
trois, elc, et de même pour 
les colonnes dans chaque 
page. Les exemplaires expé- 
diés un à un et sous bande 
s'appellent les égrenés ; les 
exemplaires invendus sont 
des bouillons. V. Épreave. 



JOU 



— 285 — 



JOU 



« A l'approche des élections, on fonde 
des canards de tous les côtés. » 

« Il faut que le journaliste qui prétend 
donner à sa production hÂtive et 
spontanée la pérennité du livre ait 
une forme. C'est le style qui fera 
de sa feuille de chou une lame d'ai- 
rain. » 

(E. Lepelletieb.) 

« La lettre de M. L..., du 23 janvier 
1899, constate que M. P... a rédifçé 
exprès pour lui, en anglais la 

Shrase figurant dans la manchelte 
u « Moniteur. » 

(J. Pivor.) 

tt Pourquoi le rez-de-chaussée serait- 
il moins riche en horreurs que le 
corj^s du journal? pourquoi y au- 
rait-il des victimes et des coupables 
dessus et non dessous ? » 

(E. La Jeuneîjse.) 

« Après s'être bien injuriés dans leurs 
feuilles, s'être traités de gredins, de 
crapules et d'escrocs, les folliculai- 
res vont ensuite boire ensemble des 
bocks, plaisantant de leur respectif 
panier aux ordures. » 

(Hkctor Frascb.) 

« u se donne comme rédacteur à un 
grand journal boulevardier où il 
ne rédige que les chiens écrasés. » 

(Dl'dds.) 

« Certaines feuilles ne paraissent que 

f)Our le mur et ne vivent que par 
ui; il est de vieux journaux qui 
n'existent que grâce aux annonces. » 

« C'est là que vendeurs et vendeuses 
de journaux viennent opérer leurs 
tris, le matin, classer les paquets à 
distribuer dans les kiosques l'après- 
midi, rassembler leurs houillonSy le 
tout en silence et avec calme, à 
l'abri des tracasseries policières, 
sinon des intempéries. » 

(JoINVILI.E.) 

— CRIErn I>E JOURNAUX. Ca- 
melot^ Canardier. 

« Au-dessus de tout le bruit, du rou- 
lement des voitures, des grince- 
ments des essieux, des galopades 
des beaux chevaux rués dans le 
travail comme des ouvriers coura- 
geux, — au-dessus de tout, reten- 



tissaient les cris des camelots du 
crépuscule, l'annonce vociférée des 
crimes de la basse pègre, des vols 
de la haute, l'essor des derniers 
scandales. » 

(Gustave Gsffroy.) 

JOURNALISTE. GHIfonneur de 
babillard, 

— En mauvaise part : Canar- 
dier, Chieur d'encre^ Follicu- 
laire ^ Journaleiix, Solliceur 
de lo/'fitudcs *. 

« Ne croyez point que le journal, qui 
vous parait si expert en matière 
d'escroqueries, soit à l'abri de sa 
fraude I Non, quelque méfiant qu'il 
puisse être, quelque mis en garde 
qu'il soit contre l'adresse des filous, 
le « chef d'échos » ou de « faits di- 
vers », ou d'une rubrique quelcon- 
que, est sans cesse visé par le ca- 
nardier. » 

(Hogicr-Gbiso».) 

(. Le jourmileux dit quelquefois ce 
qu'il pense, mais il pense rarement 
ce qu'il dit. » 

(Dr Grégoire.) 

— JOURNALISTE PROLIXE. 

Pisseur de copie. 

— Lesjonrnalistes se désignent 
d'après leurs fonctions : le 
rédacteur en chef, le rèdac- 
chcf ; celui qui dirige les 
échos, chef échotier ; ses 
sous-ordres sont les écho- 
tiers ; le rédacteur de faits- 
divers est reporter ou fait- 
diversier ; ceux chargés des 
courriers de théâtres se dé- 
nomment courriéiistes ou 
soiri^tes. Le journaliste qui 
visite et interroge les per- 
sonnages d'actualité est un 
interviewer. Enfin celui qui 
est rémunéré à tant la ligne 
s'appelle lignard ou pêcheur 
à la ligne. 

« Indépendamment de la loge de Fau- 
chery, il y a celle de la rédaction, 
de la direction et de l'administration, 
une baignoire pour son soiriste^ une 



JOU 



— 286 — 



JUl 



autre pour son échotiei\ quatre fau- 
teuils pour ses reporters . » 

(Paul Maualim.) 

JOURNÉE. Clarence\ Journaille, 
Udsantf Heluit. \, Jour. 

Ia journaille, j' vas chez V bistrot 
D.10S uu coiu afTulcr mon gnahsc. 

(L. DB Bercy.) 

JOYAUX. Brocants, Broquilles. 
V. Bijoux. 

JOYEUX. V. Gai. 

JUGE. Chat'fowré, Enjuponnéy En- 
toqué , Gerbier, Grif/non *, Justi- 
ciardy Lustre *, Pilois-vain *, Ro6e- 
noire. 

« Ah! je la vois venir, toute la sé- 
quelle des chats- fourrés, s*avançant 
à pas de velours vers les plus no- 
bles, les plus hardis d'entre nous — 
jusqu'à ce que la griffe de fer 
s'abatte sur la liberté pantelante, 
sur la pensée meurtrie. » 

(Sévebi>e.) 

« Qui dit accusé, dit condamné, — 
grâce à la racaille des marchands 
d'Injustice : turellement, ceci ne 
s'adresse qu'aux pauvres bougres, 
car chacun sait que les enjuponnés 
n'ont pas l'habitude de condamner 
les richards. » 

{Le Père Peinard.) 

« Les gerbîers l'ont salé d'un treize au 
second trayage. » 

« L'expression robe-noire est chez les 
argutiers un terme de mépris qui 
désigne indistinctement le prêtre, 
l'i'.vocat ou le juge correctionnel. » 

«» Tiens, vous aussi, monsieur le pro- 
cureur général, vous cherchez des 
médaillés? 

— C'est le goût de presque tous les 
justiciards, » 

(Balzac.) 

— JVGE SIÊGE.WT. Endormi, 
'ige, 

CONSEILLER Jt'GR A LA 
COUll. nobe-rouqe. 

— PRfilSIDE.XT DE TlUBl'XAL, 
D'ASSISES. Anatole^ Gâcheur, 
Léon, Moqueur. 



— Jl'GE l>IXSTïli:CTIOX. Allu- 
mew\ Curieux, Fouinetle^ Go- 
biUeur*^ Palpeur, Roué*. 

« — J' vas y demander une faveur. 

— Laquelle? fit le directeur. 

— Avoir pour rigoler un compagnon 
de cellule et j' mangerai le morceau 



au curieuT. » 



(Mac«.) 



— JUGE DE PAIX. Accordeur, 
Accordeur de flûtes, de vieltes, 
Piquet, Sa7ic/to Pança*. 

— JUGE CORROMPU. Condé 

franc. 

3ViiEMlL\'V.Gerbement,Mariage% 
Sapement, Sucrage. 

« D'ubord toi. Merlan, t'étais son po- 
teau! Tu pnsseras en iapement 
comme lui! » 

(0. MiLT£.tiM.) 

— Synonyme de bon sens : 
Jinjin, Jugeotte, 

« Il n'a pas pour deux liards dej'in- 
jin. » 

« Au lieu de dire, ce qui serait juste : 
« Un Tel est une canaille, quoiuue 
avocat! » la simpliste jugeotte aes 
foules englobe la collectivité dans 
l'abaissement d'un seul. » 

(SftVtBINE.) 

^ PASSER EX JUGEMEXT. 

Aller aux champs. 

JUGER. Gcrhcrt Lustrer, Saper. 

« Dans le monde du crime, où l'éven- 
tualité d'un nc(|uitlemeut ne sau- 
rait être considérée sérieusement, 
le jugement et la condamnation 
vont de pair; aussi le malfaiteur 
emploie-til les mêmes termes pour 
exprimer ««juger »> et « condamner >* : 
Gerber, Saper signifient également 
conduire les débats et prononcer 
une condamnation. » 

JUIF. Baptisé au coupc-cigarc, au 
sécateur, Hout-coupé, Circoncis, 
Frisé, Guinal, Marchand de lor- 
gnettes. Pied plat, Youdi, Youpe, 
Youpi, Youpin, Youte, Youlre,Yte. 

— JUIF ALGËRIEX. Deldinek, 



JUl — 2 

1 Les juifa;... Quiens. quand qu' j'en 
reQCODt' UD, j' l'ogouîs tant que 
}' peux et j'y dis toul'iles pus sal's 
aniad's qui iti' passent dans I' 
coco, J' l'appelle y-judi, uuupin, 
i/oult, boul-coiipé, vilain fnié, sal' 
guirtal, tôt' de boche, boulTeur de 
paille, bout' de juir, barbe k gos, 
pue laincrdc, sue la crasse, marque 
mal. viande à morbaques, mer- 
conti, (Mdiiiek, ei\ cietcra. u 



• J'ai su qu' tuute la haute youpinerle, 
auïsl ben le« bouts-cnuriùs qu' les 
autes icar ya. pas qu' les youdis 
qui sontjuirsi allait déjeuner dans 
ctte tûle-!à. « 



— MAUVAISE Jl'MBXT. 1 

Chivi-e. 
<c II avait demanilû à <''tre moali 
dant les uiatiœuvves et on lui 
collé une vieille chèvre qui av. 
moins douie anni'es de se 
dans rartiltei'ie. » 



JL'RÉ. Hi'sileur opinant on Opineur 
hésitant, Uarguillier de bour- 



JL'STE, adv. Voir juste ; dire, 

agii'juste ; Èlre dans la noie. 



■ En a-l-il fait de* fredaines! en a-t-i) 
Iroojpc; de pauvres filles! Mainte- 
nant le voilà coco... t'«ï/ua(nWnii lu 
[Lei ITopoi d« Cammaateur.) 

KÉPI. Boston, Calot, Fetsi, Phécy. 

« Le capitaine lui enfonça brusque- 
ment son calot jusqu'aux oreilles. 
— Est-ce que je porte mon phéci/ 
comme une tourte 7 gronda-l-il. <> 
— KËPt TRÈS HAUT et à 

grande visière. Saumur. 
KILO, KILOGRAMME. Kit. 

• Si t'aurais vu la gouïesse avec un 
ai de farine su' la gueule; c' qu' a 





LA. Ltibé, Lago. 

• Bas les pognea! Laissez ça labé! ■ 

•'Radine un peu lago que J' te dise 

LA-BAS. Labago. 

« On se r'trouv'ra labago, cheî Itor- 



• Il St partie des bûcheurs, une quin- 
zaine d'exceptions -- de véritables 
phénomÉDes ne manquant pas un 
cours et prenant des notes, les riidi- 

feant ensuite et blêmissant sur les 
ouquins. g i 

|P.blAl»,s.) I 

LACET. TiVatif. 1 

LACHE. Caneur, Coïon, Couillon, i . 
Couyon, Feignant, Peignasse, Foie j 
blanc, bleu ou tricolore, FiHleux, \ 



ni a le fuie ou les foies blancs, 
ui n'a pas de poil ou de cAles 
u cul (obscène) ou mieux Oui 



— On désigne rréquemment 
le lâche par les équivalents 
de Femme, Pédéraste, Froa- 
titnéa. V. ces mots. 

- Tenez, voulei-vous que je vous 
ise, exclama à ta Qn Béchu, vous 
tes tous des colons. Eb bien ! 
irai, moi. — C'est bien, ça, Béchu, 



Mais, aujourd'hui, on ne voit plus 
que des foies blancs, par Hercule I 
et le courage ressemble à la queue 
du reau qui va en s'amincissant. ■ 
(J. R.c».P.».) 

I' s' mettra pas pn face de moi, 
c'est eune femme, eune coquine, 



LAC 



— 290 — 



LAN 



Alorj tu marches pas... fus 1' fliibc!... 
Tiens, j' te vas dir' mon pauv' Ël»i, 
Eh bien ! t'as l' trac de Nib de Tubr, 
T'as peur qa'i* soy' pus costeau qu* toi. 
Bon Dieu! quand on u'est pas un' tante, 
On va d' l'avant... on cogu dans V tas... 
Et tu restes là, comme un pante... 
Tiens... t'es-l'un feignant... t'en as pas! 

lA. B.) 

LÂCHETÉ. V. Peur. 

LAID. BUiichard ou Bléchard, 
BlèchCy Gay*, Mochardy Moche^ 
Mouche^ Mouchique, Qui a de 
beaux cheveux y Rogate^ Koupe, 
Roupie, Toc, Tocard, Toquard, 

— En parlant des personnes 
seulement : Beau à la chan- 
delle. Gueule, poire ou tronche 
à caler les roues de corbillard, 
à chier dessus, à la manque, 
d la noix, à coucher dehors 
avec un billet de logement, à 
ramer des choux. Gueule de 
raie, Gueule en coin de rue. 
Moule à Gambe ou à Gambier, 
Qui a bouffé du sinyc en nour- 
rice, Remède à ou contie 
Vamour, Riz de veau. Tête 
de pipe, Tocusse, Tocasson. 

« Et les ouvriers, en vidant à midi 
une bonne bouteille, la trogne allu- 
mée, les regards souriants, se 
mo'juent des d«'jetL's, des blai- 
chanù. » 

(J. RlCHtPI,>.) 

L' turbin, c'est bon pjur qui qu'est mouche. 
A moi. il fait nib dans mes biots. 
Avec un' frim' oonim' j'en :«i une 
L'n mariol saii trouver d" î;i Ihuno. 

(h..;. 

C'était un' toun' [tas moucfiii^iie, 
(jetait un giroud louiioau, 
|/an'lerli<|ue, l'amlerliqu»^, 
L'anJerliqu' de Laudenieau. 

(A. (mu..) 

Moi, j' m' ai t'uu toujours à l'écart. 
Pis, quoi bt'coter? — Du torani! 
Du roup'? des salop' ou des gouines ? 
Tu \eux-t-y qu' j'embra->e un (lioard ?... 

(L. Ul BkRCY.) 

Pa'c' qu'il est rnoch' tu plaqu's Ion lard? 
Qu' ça peut fout' qu'cun' fess' soy' rugate 
Du moment qu'a rapport' du plate I... 
Euu' girond' peut t laisser meulard... 
L'est bOich'l... s-on uubcrt l'est-i', hlèche'i 

^Id.) 



V'ià r Quatorz' Juillet des asperges. 
Des p'titg 07eaux et des hanu'tons, 
Et les btéchard's, les veuv's, les vierges 
A' z'ont mal au bout deii tétons. 

(JcHAN Rictus.) 

Ben, en peiotar', gna*z-ua troupeau 
Kd' peint's qui gagn'nt la forte somme 
A nous peina' pus toc que nous sommes. 

(ro.) 

Qu;iud on est bien bâti,beau corps et belle gueule 
On est payé, choyé. Le tocard reste meule. 

(P. Pailletts.) 

Le lundi, no vous déplaise 

Dans la glaise 
Denys f*uech de ses doigts bûrs 
Lui fit sa tête de pipe. 

Prototype 
De tons les Loubets futurs. 

(R. POUCHO.N.) 

— FEMME LAIDK qui en accom- 
pagne une jolie. Repoussoir, 

LA1\E. Molanche, 

LAISSER. V. Abandonner. 

LAISSEZ-PASSER. Coupe-file, 

« Grâce à nos coupe- files, nous avons 
pu assister» ce matin, à l'habille- 
ment des figurantes et au départ 
des chars. » 

(JcAx LoanAi.N.) 

LAIT. Coulant, Couliant*, Lolo. 

Ku l'honueur de sa nourrice, 
Poussons un cordial bravo ! 
C'hoisie par l'impéiatrice, 
f*(>ur son lu»u lolo. 

(Alphumsb Allais.) 

LAITUE. Coulia7ile\ 
LAMBIX. Dort^en-chiant. 

LA!IIPE. Luisante, Lampistroque, 

« IMumons-nous, la gosse ; v'Ià la 
lumpialroque qui fait couic. » 

— LAMPE EI>ISO\. Couille à 
conasse (arg. do Saint-Cyr). 

LA.^IPIOX. Escargot, 

LAXCIER. A Humeur de becs de gaz. 

LANGAGE. Jaspin, V. Bavardage. 

LAXGLE. liattant, Bavarde, Chiffe, 
Chiffon rouge, Clapette, Copeau, 
Diligence de Rome*, Fauhert, 



LAN 



-r- 291 — 



LÈV 



Gaffe j Grelot y Lavette, Menteuse y \ 
Platue, Rouscailleitej Sonnette , 
Tapette, 

« Arrête un peu ton battant, on n'en- 
tend que toi ! » 

« Toi, interrompit Porthos, tu vas 
remiser ta ciapette ou je te bâil- 
lonne comme un chien galeux. » 

(Mac6.) 

« Il faut que son chiffon rouge aille 
tout le temps; jamais vous n'avez 
vu pareille jacasse. » 

LAi\TER.\E. Brulotte, Lampis- 
tron, Véronique. 

— LA^'TER^'E SOURDE. Ban- 
que, Lanque^ Lanquesse, Sow- 
doche. 

LAPL\. QuaC Pattes^ Trottin. 

— LAPIN DE UAHEXXE. 60- 

drioly Ouchetraque. 

« Les autres braconniers pratiquent 
la chasse aux lapins do garenne, 
dits ouche traques ou qodriots, • 

(Mac«.) 

LARD. Speck, Roudtre *. 
LARDÉ. lioitàtré \ 

LARMES. Jus de mirettes, Viaupes. 

« — H est bien temps de chialer 
maintenant, fit alors Beaujean, 
haussant toujours les épaules ; 
c'était avant qu'il fallait y aller du 
jus de ?nirettesl » 

(GOROM.) 

LARROIV. Attrimeur\ V. Voleur. 

LAS. V. Fatigué. 

LASSITUDE. V. Fatigue. 

LATRL\ES. V. Cabinet. 

LAVExMENT. Bouitlon pointu, 
Insinuation *. 

Pi ends un bouillon pointu. 
Ça t' rînc'ra les boyfiux d' la tète. 

(P. I'aillkttk.) 

LÉGISLATION MILITAIRE . 

Chien jaune (arg. do Saint-Cyrj. 

LÉGUMES. Barbillons de lieauce*, 
Vestiges, 



« On vous sert une galtose où quai' 
vestiges s* battent eu duel. >* 



— LÉGUMES 

V. Haricot. 



SECS. Vestos, 



LENT. Dort-en-cfiiant^ Longin, 
Lonyis, Saint-Longin. 

« Ah ! le sacré longin, dorl-en-chiant \ 
on peut lui envoyer chercher la 
Mort, on est sûr de vivre encore 
un bon bout de temps. » 

LENTILLES. Petit monde, Pièces, 
Punaises. 

M J'ai au' douze fléchardsl J^ vas tout 
d' même m'envoyer un d'mi-stroc, 
dix de gringue et un lardé aux 
punaises. » 

LÉSINERIE. Usinage. 

LETTRE. Arcot\ Babillard, Ba- 
billarde, Babille, Bavarde, Biffe- 
ton, Lazagne, V. Caen. 

« Il y a à craindre ([ue la petite 8*y 
prenne maladroitement en trouvant 
ta babitlarde... qu'elle n'ait attiré 
l'attention soit des surveillantes, 
soit de ses voisines en déployant le. 
fafiot. » 

(Kd. Lipelletibr.) 

« Le matin où je veux avoir mes 
huit jours, je lui apporte son cour- 
rier dans une pelle a main ; et si ça 
ne suffit pas, j'y dis ; Tiens, v'ià tes 
bavardes, m 

(PONTAILLAC.) 

« Il l'a pigée au moment qu'a carait 
un biff ton que 1' Frisé y avait 
écrit. « 

— LETTHE ÉCRITE lïE PRI- 
SON dans le but d'extorquer de 
l'argent à un naïf. Lettre de 
Jérusalem. 

LÈVRE. Babouine, Bade, Badi- 
goince, Baiseuse, liuban. 

« Essuyé donc ta gargue, t'as d' l'œuf 
plein les babouines, » 

« J' vas vous confectionner un fri- 
chti qu' vous vous en lèch'rez les 
badigoinces, » 



LIA 



— 292 — 



LIT 



LIAISOX ILLÉGITIME. CoI/age, 
MacquagCj Mariage à la colle, à la 
détrempe, de la main gauche, au 
XXI*, Manda. 

« Tu t' cours, parbleu ! à viv' comme 
ça tout seul, ej' comprends I Prends 
une gonzcsse : V macquage y a 
ou' ça d' vrai ! 

— J'aim' mieux rester comme j' suis : 
j'en gratt' pas pour le marida. » 

(« — Me remettre avec une gonzesse ! 
ahl non, tu n* voudrais pas; j'en 
ai soupe du collage. » 

— LIAISON ENTRE DEUX 
HOMMES. Mariage d'Afrique, 
Petit ménage. 

« Ces pédérastes se divisent en petits 
ménages et les horribles couples 
s'entendent, forment des bandes et 
opèrent dans un rayon déterminé. » 

(Mac£.) 

« — Des copins? des copailles! un 
mariage d'Afrique. » 

— LIAISON ENTRE DEUX 
FEMMES. Petit ménage. 

c Et puis un tas de petits ménages, 
Nina Popotte, Gratienne de Civry... » 

(Rmtif di Là Brktonne.) 

LIARD. Bredoche, Brobèche, Broc, 
Broquille, Herpe *, Herplis *, Fai- 
nin, Fifrelin. V. Billon. 

LIBÉUATIOX. Décarrade, Décarre, 
Dccanement. 

Il vient (le revenir el pour sa décarrade 
Il frous5ait de trouver avec un camarade 
('elle qui s'était faite autrefois sou soutien. 

(L. DE bcRcv.) 

LIKÉRÉ. Affranchi. 

« On a beau t'tre un vieux fagot 
affranchi; on sait ce qu'on doit au 
sexe. )• 

(IlEcroR Fhance.) 

— Qui sort de prison. Mignard 
de la fille de l'air. 

— LIBÉRÉ MILITAIRE qui 

quitte le service au cours d'une 
punition. Qui part la paille 
an cul. i 



« Vous verrez, dit l'adjudant, que ce 
nom de dieu-là ne partira d*ici que 
ia paille au cuL » 

LIBERTIX. V. Débauché, PaU- 
lard. 

LIBRAIRE. Bahillandier, Babillar- 
dier. 

LIER. V. AtUcher. 

LIEUTEXAIVT. Franc cagou\ 

LIÈVRE. Capucin, 

« Les uns se livrent à la chasse aux 
perdreaux, dits trinsmarts; les 
autres pratiquent la chasse aux 
lièvres, dits capucins. » 

(MACt.) 

LILLE, nom propre de ville. Li/- 
lange, 

LIME. Criarde, Doucette, Mordante, 
Patte. 

LIMOXADIER. V. Cabaretier. 

LIMOUSIN. Ligomiau, Ligorgnot, 

« J'ai soupe d' ton guinche ! eune 
musette où ya qu' des Auverpins 
et des Ligorgnotsl >* 

LIX. Javard. 

LliVGE BLAXC. Latif, Latiffe. 

— LiMiE DE FEMME. Dessous. 

« Nini-Pattc-en-l'air affirme que ses 
dessous lui coûtent trois cents 
francs. » 

{Le Journal.) 

— LïX<;e volé. Chemise de 

conseiller *. 

LIXGÈRE. Limaciùre. 

LIQUEl'R. Pommade. 

a r soigue sou estome : pas d* dur! 
iV la pommade ! comme à eune 
chatte... >» 



LIRE. Babille 



T. 



LIT. Autel déplume, Bâche, Boite 
à puces. Dodo, Flac, Flacul, Four- 
nil, Halle aux draps. Peau huré*, 



LIT 



— 293 — 



LIT 



Pagetj Pagnes Pagnier, Pagnot, 
Pagnotte, Pnjoty Paniery PiaUj 
Pieu,Plumard,Plume,PortefeuUlef 
PoussieTy Pucier, Sac. 

H Voilà un amour de soubrette qui 
doit joliment se tirer des pattes 
pour courir l'aventure dans les 
bastringues circonvoisins, quand sa 
maîtresse est au dodo. » 

{V. Maualin.) 

M A deux heures et quart, ils rappli- 
quaient au quartier et s'enfour- 
naient dans leur plumard. » 

(StVFMlRE.) 

« C'est feignant comme une cou- 
leuvre; ça resterait au pucier des 
semaines entit-res. » 

Avez- vous pu l'en croire à son scnnenl? 
Ceux que l'oa fait sur un autal de plume 
Sont aussitôt emportée par lo vent. 

( MetUe chanson.) 

Pour que ta ger^' fayo i\ la hounc 
Cherr-là dur à coup" tl' p«imp' il.iiiM V fion I 
Su' r tas, faut êl' \ach' coumi' perf»onne 
Mais, au plum' touj»)uri durillon. 

Ya des fois qu'i's font du potin, 
l's japp', i's piss', i's font des magner... 
Dam' les clebs i's ont pas des pagnes 
Four plumer avec leur putain. 

(A. B.) 

Que quT va dir' mon proprio 
Si j'y pay' pas son term' d'octobre? 
Sûr r va m' vider. Je 1' conobre... 
Et v'ià l'hiver... i' fait frio. 
Viv la Russie!... Ah ! la sal' hi4c, 
r va v'nir, avec sou huissier, 
Pour me fair' saisir mon poussier... 

(Id.) 

« Quel feignant ! c'est tous les matins 
la même chanson : impossible de 
r tirer du pieu. • 

— LIT CONJUGAL. Gigognard. 

— LIT DE SANGLE. Chahutant, 
Tremblant^ 'Irembleur. 

LIT DE FORÇAT. Toliard, 

— PIED DE LIT. Culasse (arg. 
militaire). 

— SE METTRE AU LIT. Mettre 
sa viande dans le torchon^ Se 
mettre sous ta bâche, Se pa^f no- 
ter, Se pajoter, Se piausser. Se 
pieuter, .Se plumarder. Se plu- 
mer. V. Coucher. 



M On s'a plumé dam un bon pajot 
tout en laine. C'était bath! c'était 
chaud!... » 

« 

» r vais pas m^ pieuter dam un tau- 
dion pareil ! » 

« Pis quoi? faire comme les ffonzesses 
de claque : s' pagnoter à deux dans 
r même paget'î Midi ! » 

« Allez mettre votre viande dans V 
torchon et fichez-Dous la paix. i> 

LITHOGRAPHE, LITHOGRA - 
PHIE. Litho. 

LITRE. An, Bilboquety Boisseau, 
Kil, Kile, Kilo, Litrée, Litroriy 

Potée, 

— DEMI-LITRE DE VIN. Chô- 
lette, Chopinette, Chopotte, 

— QUART DE LITRE DE VIN. 

Demi'stroc. 

— LITRE DE VIN ROUGE. Bet- 
terave, Petit père noir. 

n Les trois troubades prirent la veil- 
leuse, la déposèrent sur le lit de 
camp et dînèrent; le litre de ge- 
nièvre circula et fut vidé en un 
instant. 

Un peu après la ronde du cabot 
de garde, un nouveau kilo fut intro- 
duit à la boite, puis un troisième. 
Chacun le sien, nom de Dieu! On 
est troubade ou on ne Test pas ! » 
{Le Père Peinard.) 

'< J^ parie une chôlelte que tu n^ me 
boules pas ! n 

« Allons, encore une chopottel la der- 
nière! » 

« Il est mûr avec un d'mi-stroc. » 

« Une betVrave pour quatre ?... j'en 
têt'rais deux à luoi tout seul ! » 

EuGn.si j* voulais éV patron, 
Mon vieux, j'aurais qu'un signe à faire. 
Mais ça... ça n'est pas ton affaire... 
A ta santé ! j' paye un litron. 

(A. B.) 

L 1 T T É R A T EUR. Gendelettrc 
Pouacre *. 



LIV 



— 294 — 



LOU 



LIVRE, subs. f. Toise, 

LIVRE, subs. m. Babillard, Ba- 
bille, Babillcur,. 

— LIVIIK DE MESSE. Piquei. 

LIVRET. Bavard. 

LOGE. Depuis le « geste » du ba- 
ron de Christiani, la loge prési- 
dentielle, au cbamp de courses 
d'Auteuil, est surnommée la 
Chapellerie, 

« Tout Paris est là, astiqut'', attifé, 
pomponné, parfumé, en tenue de 
parade... Seule, la Chapellerie est 
vide. La Chapellerie, c'est la loge 
présidentielle. Le mot, lancé dans 
un groupe, a fait le tour du pesage. 
Il est d'un Parisien connu, s 

(JoINYULK.) 

LOGEME\T. Canichotte, Cani- 
jatlCj Canijottc yCondice , Condisse, 
Condition^ Logetiau^^icheyPiaide, 
Piôle, Piolle \ Taule, Tôle, Toile*. 
V. Dévaliser. 

— En mauvaise part : Bahut, 
Bocal, Boite, Canfouine. 

u J'en ai ma claque et j'ai sou^é de ta 
fiole pour ce matin, s'était-il ('crié. 
D'abord, il faut que j'astique la 
piaule. Il y a fête au château. » 

(G. LoiSKAt.) 

« J' conoble une tôle épatante à faire ; 
jamais personne dans V log'teau 
jusqu'à dix plombes. » 

« Qui est-ce (|ui m'a fichu une pareille 
canfouine I La salle à manger pas 
balayée, le lit pas fait ! » 

(Bauua. ) 

Quand qu'ail' rnppliqu' à la niche 
Et qu" noussomm's poivrots, 

Gare au bataillon d' la guiclic! 
C'est uous qu'est les dos. 

(J. HlCHEri!1.) 

LOGER. V. Demeurer. 

LOGEUR. Marchand de sommeil, 
Tôlitr ou Taulier. V. Hôtelier. 

LOGIS. V. Logement, Maison. 



LOQUE. Perloque, 

LORG\ER. Tiquer. 

« Dieu, qu'il est beau! s'écriait An- 
drée en tiquant le jeune premier. » 

LORGIVOX. Bicyclette, Carreau, 
Luca)me, Œil de rechange, Œil de 
verre, 

« C qu'il a l'air poireau avec sa Aicy- 
clelle su' l'blair! » 

« Fais donc attention I quoi ! tu m' 
marches su' les arpions... on met 
un carreau, quand on voit pas clair. » 

a Si t'avais vu l' coup d^ châsses qu^i' 
y a envoyé à travers ses lucar- 
nes... » 

« Attendez que je mette mes yeux de 
rechange, dit le marchand en ajus- 
tant son lorgnon. » 

LOT. V. Affaire, Part. 

LOTERIE. Millerie, 

LOUANGER. Passer de la pom- 
made. Pommader, 

LOUCHE. En parlant des per- 
sonnes : Guigne à gauche, Lou» 

chon . 

u On l'appelait guigne à gauche, à 
cause u un oui qui n'était pas sur 
le mt'me alignement que le voisin ; 
mais qu'importait cet œil? Ce n'était 
pas lui, mais ses appas rondelets 
et fermes que le brisquart ne ces- 
sait (le reluquer; il en louchait, m 
(hi Jmjfusftés du Régiment.) 

« Cet autre aux moustaches cirées, 
au masque austère d'honnête hom- 
me, a été préfet et il aime avec un 
emportement de collégien qui en 
serait à sa première passionnette 
une essayeuse de chez Stout, un 
iouchon qui s'appelle Séraphine et 
a un nez retroussé comme par une 
chiquenaude. 11 l'aime bêtement, 
bestialement. » 

(IIrmé Maizeuot.) 

LOUCIIIER. .4ro/r un ail qui dit 

mirde ou zut à Vautre, Avoir un 



LOU 



295 — 



LUT 



œil qui regarde la Bastille et 
Vautre la Madeleine ou tous au- 
tres points opposés. 

« Quelle mignonne créature la petite 
Adélaïde, dodue, ferme, gentille, 
toujours rieuse et gaie avec se-^ 

f>etits nénets d'adolescente pointant 
égèrement son corsage d'indienne, 
ses cheveux ch&tains aux tresses 
épaisses comme des câbles, ses 
pieds de Cendrillon et ses gros 
mollets!.. Mais voilà! elle avait un 
feil qui disait zut à Vautre et Ton 
ne pouvait vraiment l'admirer que 
de aos ou de proHl. » 

{La Propos du Commandeur.) 

LOUER. Adiesser des louanges: 
Passer de lapommade , Pommader . 

LOUP. Prlouet\ 
LOUVE. Pelouettn*. 

LUBIE. Foucade. 

* J'ai eu la sottise de croire qu'elle 
s'amendait, qu'elle me revenait 
guérie de cette foucade avortée, 
qu'elle m'aimait à nouveau passion- 
nément, je me suis laissé prendre à 
■es baisers, à ses cajoleries, à son 
air inquiet et troublé et pour un 
peu, parce qu'elle avait retrouvé le 
chemin de notre ainioir, parce 
qu'elle m'accordait des miettes de 
la vie, parce qu'elle ne m'abandon- 
nait plus, parce qu'elle était venue 
quatre jours de suite, j'eusse em- 
brassé ses genoux avec une contri- 
tion parfaite. » 

(CHAMPALIlCnT.) 

LUBRIQUE (HOMME). Bouc, Co- 
chon. 

Etv'là pourquoi, six mois plus tard, 
La renucle trouva Fluretlo, 
Qui jouait avec uo moutard 
Et de:i vieux, chez la proxénète. 
C'est pas assez des ralichons !... 
Ah! nom de Dieu! je n' suis pas ros^e, 
Mais si c'était moi r pér' du gosse 
i't Terraient ça. les vieux cocnon». 

(A. B.) 

LUGUBRE. Luhre \ 

LUI. Sa poire, Sa pomme, Sézière, 
Sézig,Sézigo, Sezigue, Sézingard, 



Sézingo, Son gnasse, Son gnère, 
Son gniaase, Son gnière. Son nière. 
Son orgue, 

« Milot veut qu* j'aille à la fête avec 
son orgue. » 

« C'est comme l' radis noir qui dit ; 
Abstinence ! Continence I... pour les 
autes... Mais pour sézig, c*esi V bon 
pive et les bath ménesses. » 

c r veut pas qu'on chahute sa poire. >» 

Oh ! c'est qu' chacun a sa chimère 
Et qu' pus il c>t I)a5, 1' purotio, 
Pu» qu'il infus' dans la misère 
El pus qu' «0/1 gniasxee%i incertain. 

(Jf.ha?( U ictus.) 

LU\E. blafarde, Cafarde, Lentille, 
Loucfionnc, Luisarde, Luisante, 
Miche*, Moucharde, Pâlotte, Vaine 
louchante *. 

— LU.\E ROUUE. Cardinale. 

— PLEINE LU.\E. Cymbale. 

« L' bonhomme est épaté d' voir que 
la Cafarde s'est pas décrochée pour 
son gnasse. » 

« Tiens, s'écria-l-il, ma tirelire ! avec 
sa gargoine fendue jusqu'aux cli- 
quettes, mes godets enfoncés et mon 
blair miroitant la moucharde. » 

(tàkct.) 

Jusqu'à c' que la lilafarde a s' couche 
Dans SUD plumard silencieux, 
A mettra ses mains su' ma bouche 
Et pis ses hécots plein mes yeux. 

(Jbha!< Kictor.} 

LUPAXAR. V. BordeL 

LUTTE. Bouire, Luttanche. V. Ba- 
taille. 

LUTTER. (Faire assaut de Lutte.) 
Luttancher, Tirer la boun'c. Cette 
dernière expression s'emploie 
quand la lutte doit être sérieuse; 
il n'en est pas de inôine du mot 
Luttancher qui est plutôt pris en 
mauvaise part. V. Se battre. 

« — Laisse-moi don' tranquille! à la 
foire aux pains d'épice on lutte pas, 
on tuttanche, et c'est sûrement pas 
là qu' j'irais pour voir tirer la 
bourre. » 



LUTTEUR. Lultanckeur, Tombeur, 
Gdle-pdle. 



■ Y a p»a d'erreur! lu peux V mette 
en fctce de loua les lullimcheuri du 
Casino, i' les tooib'rnl » 

LUXE. Trtt la la. 



— 296 — LYC 

Dn tqalpig' à Ira la la. .. 

*^ ^ "^ {A. B.) 

Lt-Xl'RIEUX. V. PaiUard. 



LYCÉE. Bahut, BoiU. V. Ëcol«, 
Ëlàre. 

LYCÉEN. Potache. V. Élére. 



"0 



¥ 




MACIII\E. Di'canr. 

— XACIII>'E A <:OL'l>RE. Cou- 



« Quand qu' j'ni cnquilli' 'lan« ea cnn- 
disse, il eiiiit en Irain li'arno'iuer 
un nanchc pour la Ti'li: Je N'cuilly. n 

■ Et que qu' vom i-umoii/lti cure 
vous autres, là-bas, dnni 1' pelit 



■ Il lui («odit une pine£e de tabac de 

cantine. 
— Tiens, lui dit-il, cnlle-loi cit dans 



MAÇON. Eludimtdela ij 
gorninu. Lipide, Mufle'. 



(A. B ) 

— AI'PRKMTI HA^OSI. ChUit, 

Vottiqeur. 

— MAITUEUAÇOX./.iinoiMinOr. 



MADAME. Farmide', Faraiidine', 

Uame (corrupt.). 
MADEMOISELLE. Faraudee ', 

.Vam':eUe. 
MAGASIN. V. Bonliqae. 
MAGISTRAT. V. Juge, Ministère 

public. 



MAG 



— 298 — 



MAI 



MAGXIFIQUE. Se traduit par 
presque tous les équivalents de 
Beau, précédés de Très. 

MAIGRE. Maifj'ichon, Maiyrioty 
Si'xuty Trdtisparent. 

— VFAlSOySKMMGHK. Affiche, 

Limnn'ie, Nih-de- graisse, Plan- 
che, Planche à boHleillet, Plan- 
che à pain, Sac d'os. Sardine^ 
Sa u vc-la -(fi'CL i^^se . 

— FEMME MAIGRE. Punaise. 

— I\IUVII>i: (;il.\M> ET MAI- 
GUK. Fil de f"r, Volige. 

« El la toute menue, la toute chélive, 
— avec, déjà! dans ses yeux de ga- 
mine, des appels de grande fille, — 
inlerrogefiit à la porte «les cercles 
les vieux messieurs que pouvait 
tenter l'offre de sa maigrichoune pe- 
tite personne. » 

« Y en a des courts, y en a des 
longs, des maigriots et des ronds, 
des jeunes, des vieux, mais y en 
n'a pas un d'é[)atant parmi tous nos 
r'présentants. »» 

« — Ah! pis, t'es trop gras I lu m* dé- 
goûtes, cria la grande Irma. 

— J' vois c' qu'il te faut, répliqua le 
boucher, madauie n'aime que les 
transparents; on lui servira Mer- 
lati. » 

{U Événement Parisien.) 

« .Mi lot prcfrre quand c'est plat : ni 
fesses, ni U''ton>-, comme la poupre 
à Jeann'ton 1 Les grosses, c'est pas 
son blot, il aime mieux plumer avec 
une affiche. >» 

'( (i'était maianl d' les entendre s'au- 
bader. La Maria app'Iait < décile pot- 
à-t'»bnc, nabote, six pouces de 
quilles et le cul tout de suite, ton- 
neau, poteau, paquet. Et l'aute y 
répondait : Va donc eh! Sac d^os; 
si j' s'rais miche, j' voudrais rien 

Sas marcher avec toi; j'aurais pour 
e m' couper, grande sauvette, 
planche à jtain ;... (juand on t' met- 
tra dans r trou, les asticots vont 
rien faire une tir'lire : lUen à crou- 
ler, qu'i' diront, su' c'ile volige-\î\, 
en v'ià d'eune sardine ! d'eune sau- 



ve-la-graisse \ c'est pas eune gerce î 
c'est eune limande \ » 

« Le Parigot avait surnommé le ca- 
pitaine Ftl de fer à cause de sa mai- 
greur extrême, et ce sobriquet avait 
été adopté par tout le batailloD, 
officiers compris. » 

MAIGRIR. Chicr sa graisse, Être 
en char Ire, Perdre son lard, 

a Ah! i' n'est pus costeau comme 
dans r temps ; au régiment, i's y 
ont fait chier sa graisse. » 

MXiy. Abattis, Agrafe, Arguemine\ 
Aiquemine\ Cuiller , Empoigne*, 
Gliiiseme, Grappin, Grattante, 
Louche, Luchc, Palette, Pattoche, 
Pince, Pognc, Poigne, Porteuse, 
Prenante, Veuve poignet (obs- 
cène). 

— MAIN GRANDE ET LARGE. 

Battoir, Épaule de mouton. 

« Ah ! çà, tu crois, vieux frère, que 
nous nous sommes dérangés uni- 
quement pour le plaisir de te ser- 
rer la cuillère et de te dire ensuite : 

A la revoyure ! » 

(E. Lbpiu.itier.) 

« J'ai gagné la belle, ricana l'açent en 
posaut'le grappin au collet au faux 
gentilhomme. » 

(G. IIkhuebt.) 

'« Kt j'ai applaudi, j' te dis qu' ça! Ts 
ont donné, les haltoirs k bibi. >» 

« Le diable m'enlève si je me sauve ! 
Les/)rt/e//e5etles paturons ligotés!» 

(ViDOCQ.) 

« Y en a qui prennent la mouise 
comme ca, sans s'cousse, et qui 
vont tendre la pogne pour pouvoir 

croustiller. »> 

Lo prince «tes journalistes 

N'ouvfUistes 
I)it, ou lui (ctitlanl la nialu : 

— Il('-: je te serre la pince. 
Mon cher princt^ 

(H. POKCHOJS.) 

I.e >iujrt pour c«'nt «le la galette 
AI>oiir-Ie à la coco Ictto : 
Puis, dans la Uni: h» des larbin*, 
S^me do«* sij^s ou de* rolins. 

* (llouiEii-GnisoM. 



MAI 



— 209 — 



MAI 



Y faul que lurg' soit tn patoche, 
Qu' ton palpitant u' soit |<as de roche ; 
Et donner au pont' du nanao 
Ko taillant une banque au flan ! 

(ID.) 

HfAIHE. Condé, Petit condé, Pha- 

ros \ 

— ADJOINT Ai: MAIRK. Demi- 
cond'\ 

MAISOIV. Bahut, Baïtc\ Boite, 
Cambuse, Case, Chézeou, Couès \ 
Coys\ Creux, Piaule, Piolet Piol- 
le\ Taule, Tôle, Toile*. 

« La petite bonne dénoua les cor- 
dons de son tablier en assurant 
qu'elle ne demeurerait pas une 
heure de plus dans un semblable 
bahut. » 

(I*. DoMEHC.) 

« 11 y avait aussi, c.i et là, quelques 
anciens hôtels appartenant à des 
familles seigneuriales et qui de- 
vaient s'écarter, avec morgue, de 
ces tavernes en fête, lesquelles re- 

§ ardaient certainement à leur tour 
u haut de leurs joyeux pignons le 
sanhédrin des bicoques usées, des 
ignobles cnmhuses où gisaient les 
vo'eurs et les loqueteux. » 

(Raitif db la Bretomik.) 

« En me voyant dans sa piaule, elle 
a piaillé. » 

(Mac«.) 

« Y a deux entrées à la lôle, une su' 
r passage et l'autre su' la rue. » 

— PETITE MAISON. Cassin, Vo- 
lière. 

« Il s'était fait construire, près du 
moulin de Sannois, une volière où 
nous allions passer la journée du 
dimanche. » 

(PlANILLI.) 

— MAISON D'ARRÊT, DE COR- 
RECTION, BIAISON CENTRA- 
LE. V. Prison. 

— MAISON DE CAMPAGNE. Ca- 

hanon, Mazet. Ces termes sont 
couramment employés dans le 
Midi. 

» MAISON DE JEU. V. Jeu. 



— MAISON DE RENDEZ-VOUS 
CLANDESTINS. Buen-reliro , 
Tour de Ses le. 

«< Angèle Renard, modiste, rue de Ui- 
chelicu, et proxénète, avait à Au- 
teuil un Inten-reiiro où se rencon- 
traient des femmes et des libertins 
qui s'y livraient à de honteuses sa- 
turnales. » 

(NCMA GlI.I.Y.) 

« A sa sortie de prison, il avait ins- 
tallé, dans le quartier des Ternes, 
une Tour de Nesle où fréquentèrent 
bientôt tous les anciens clients de 
son « bain de vapeur. » 

(Les Tribunaux.) 

— MAISON DE TOLÉRANCE. 

V. Bordel. 

— Il existe des maisons où 
des souteneurs d'une cer- 
taine catégorie possèdent 
des logements ou des ate- 
liers. Ils attirent là, sous un 
prétexte quelconque , de 
jeunes bonnes ou de petites 
ouvrières qu'ils violentent 
et qu'ils forcent à poser 
pour la confection de pho- 
tographies obscènes, ils ap- 
pellent ces maisons, ces lo- 
gements ou ateliers, Chd- 
teau de la GaulCy de la Tron- 
che, de Mondard ou de tout 
autre terme significatif. 

MAITRE. Dab, Baron, Grand dab, 
Hers*, Marpaud\ Marpaut*, Mm- 
vaux\ Marquant, idée, Meg\ 
V. Chef, Patron. 

« V'Ià r dab du guinche qui boucle 
SH lourde. » 

(0. MtTÉKlSH. 

« Et comme i' rouspétait, l' daron d 
la tôle l'a vidé à coups d' pompe. >» 

— .MAITRE D'ÉCOLE. V. Insti- 
tuteur, Professeur. 

— MAITRE ir \nMES. Marchand 
de mort subite. 

— MAITRE MAÇON. Umousi- 
nier. 



MAI 



— 300 — 



MAL 



— MAITRE D'ÉTUDES. Chien, 
Chien de collège, Chien de cour, 
Pion . 

a Le maître d'études!... Qui ne s'est 
accusé d'injustice en se rappelant 
les épithètes j3lus ou moins inju- 
rieuses dont il avait çratiGé cet 
argus impitoyable, depuis Tantique 
dénomination de chien de cour, jus- 
qu'à la moderne expression de 
pion ? »> 

MAITRESSE. Bergère, nionde, 
Connaissanne, Fée, Franche largue, 
Gerce, Gonzesse, Marque, Marque 
franche*, Ménefise, Mlstonne, Objet, 
Particulière. V. Amante. 

— La maîtresse qui vil nnari- 
lalenient avec son amant 
se désigne aussi par les 
équivalents de Épouse. 

-- MAITRESSE D'ÉTIDIAXT. 

Étudiante. 

« Le père du futur docteur le menaçi 
de lui couper les vivres s'il ne roui- 
pait avec son étudiante. » 

— AVOIR PLUSIEURS MAI- 
TRESSES. Attff/er à deux, à 
trois, à (jU'itre, à plusieurs^ 
Avoir attelage double, triple, etc. 

— RENONCER AUX MAITRES- 
SES. Dételer. 

H (»ù «Hait le tt^mps où il nttf/ait à 
qu'drel Qu'étaient devenues les an- 
ciennes tendresses ? » 

; Baiua.) 

« On le rencontrait encore d.ins les 
endroits où Ton j^'anuise, mais il 
avait dételé depuis longtem[>s. » 

— S'ATTRÏRIER FAUSSEMENT 
UNE FEMME COMME .MAI- 
TRESSE. Lifi mettre un écri- 
teau. 

— MAITRESSE QU'ON A ^V\T- 
TÉE. Ancienne. 

« Il y avait près de trois ans qu'il 
n'avait pas revu son ancienne et il 
ne la trouvait pas changée, n 
{L'Evénement Parisien.) 



— MAITRESSE D*HOTBL. Abé- 
gueuse, 

— MAITRESSE DE BORDBL. 

Ahbesse, Maca, Macca, Madame, 
Mère Maca, Maxée ou Macsée, 
Vache, V. Entremetteuse. 

« Pendant que Madame est en noce 
avec le garçon, c'est la sous -mal- 
tresse qui prend ou ne prend pas 
soin de la maison. « 

(MACft.) 

— SOUS- MAITRESSE. Made- 
moiselle, Sous-macsée, Sous-va- 
che. 

MAITIUSER. Avoir. 

« Elle a voulu crâner avec lui comme 
avec le grand Charles, mais il l'a 
eue d'autor, de rifo et sans ho- 
chons. B 

MAL, subs. Bibi (arg. des enfants). 
'I Maman, j'ai (fibi à mes bras. » 

— DIRE DU MAL DE. V. Médire. 

— SE DONNER DV MAL. V. S'é- 

vertuer. 

— MAL VÉ.NÉRIEN. V. Syphilis. 

MAL, adv. A l'estoc, A l'e^torgue, 
A la Pan, A la graisse, A la man- 
chicuise, A la mangue, A la noLc^ 
A la secousse. On doit placer ces 
locutions immédiatement après 
le verbe ou le complément di- 
rect : 

'« Bonir à restorgue. » 

« Turbiner à la flan. » 

« Flancher à la manchico''se. » 

« Faire le truc à /a mangue. »> 

« Tu maquilles les brt^mesà la noix, » 

a Kncore un truc foutu à la secoussel » 

— En parlant des ou aux per- 
sonnes, on emploie des for- 
mules comparai ives, telles 
que Comme une casserole. 

Comme un cheval, Comme un 
cul, un fiacre, un glande, une 
gourde, une guérite, une 



MAL 



— 301 — 



MAL 



moulCf un paquet, Ufi pied, 
une pochetée, un navet, un 
sabot, une savate, une serin- 
gue, etc. ou tout autre équi- 
valent de Béte ou de Mala- 
droit. 

« Tu raisonnes comme une casse- 
role. » 

« Il joue du piano cymme un fiacre. » 

« Il se tient à table comme une gué- 
rite. » 

« Elle peint comme une savate. » 

« Vous chantez comme une seringue. » 

— NI BIEN M MAL. Chouta 
chou'ia. 

« A votre santé, militaire; vous me 
plaisez beaucoup. 

— A la tienne! Toi aussi, tu sais, 
tu es chou'ia chouïa^ comme disait 
Corbineau, et si tu veux m'offrir ce 
soir une hospitalité écossaise... » 

(6'i7 Blas.) 

MALADE. Atigê, Attigé, Four- 
toure\ Landreux*. 

— LÊGÈAEMEXT MALADE. Mal 

fichu, Mal foutu. 

— ÊTRE GAAl'EME.XT MA- 
LADE. Aliser son cylindre^ Être 
cuit^ fichu^ foutUj fricassé, frif, 
fumé, rétamé^ rincé comme un 
verre à bière, N'avoir jt/us d'huile 
dans la lampe, S'affûter, Se dé- 
col'er. Se dédire cher. Se dévis- 
ser. Sentir le snpin. On désigne 
également l'individu dangereu- 
sement malade par les adjectifs 
signifiant mort en les faisant 
précéder de la locution A moi- 
tié, tels que A moitié claqué, 
A moitié crôni, A moitié re- 
froidi, etc. V. Mourir. 

« A filer tout V temps la compte, il a 
chopé quéqu' chose de sale, uue 
pneumonie, — qu'ont dit les cara- 
Dins, — et il est à Thosto salement 
attigé, à 7noilié crôni. >» 

a J* sais pas quoi qu* j'ai, c' matin, 
j' suis tout wfl/ foulu. » 

« Et ta doche? — Ah, mon vieux, ça 
sent l* sapin, a s' dévisse. » 



— FAU.X MALADE. Franc mi- 
tou*, Malingreux, 

MALADIE. On dit d'une personne 
atteinte de maladie grave qu'elle 
a Attrapé, chipé, chopé, paumé 
quelque chose de sale ou quelque 
chose de pas propre. Ces locutions 
n'impliquent pas absolument 
l'idée de maladie vénérienne. 

MALADRESSE. Brioche, Boulette, 
Conerie, Gaffe, Impair. 

« Ça m'aurait étonné qu' tu fasses 
pas encore une conerie l T'avais 
b'soin d' boi)ir ça d'vant ma louis ? » 

« Il arrive souvent que les criminels 
qui ont préparé leur coup avec le 
plus d'habileté commettent des 
impairs. » 

(G0R0î«.) 

A propos, dis doue à ton frère 
l}e ne pas ni- ttre. en m'«*crlvant, 
É''os, le gosse de Cylhèie. 
Avec un h en commençant. 

Alors, pour réparer la gaffe. 
Il en met un dans le mot cœur ! 
Je crois qu'au jeu de l'orthographe 
Il ne sort pas souvent vainqueur. 
(J. RioELsreRCBR.) 

— MALADRESSE DANS L'EXÉ- 
CUTION D'LN TliAVAIL.Loî/jD. 

« Le nombre incalculable de ses loups 
obligea sa patronne à lui retenir 
sur sa semaine le prix des étofifes 
gâchées. » 



— COMMETTRE LNE 
DRESSE. Gaffer. 



MALA- 



« On va r'voir le Protocole gaffer en 
sarrachant les chueux. »> 

(Jehan Rictus.) 

MALADROIT. Agriche \ Cosaque 
(arg. militaire), Dégourdi (iron.), 
Emmanché, Empaillé, Empoté, 
Gaffeur, Garde national (arg. mi- 
litaire), Manche, Mclasson, Sa- 
bourin, plus les équivalents de 
Béte. 

« Allons, espèce d'empotél vous avez 
l'air d'une andouille ! Avancez donc, 
bougre de dégourdil... hurla au 



MAL 



— 302 — 



MAL 



jeune engagé le sous-off, eu guise 
(l'eucoura^ement. » 

[Les Joycusetés du liêyiment.) 

«« Attendez un peu, je vais vous foire 
mousser, tas de gardes nationaux ! 
cria le rapilaiue Fil-de-Fer, rouge 
de coU^rc; ser'-major, mettez-moi 
ces rosaques-\à au pas gymnastique 
pendant vingt minutes... Ça leur 
uppreodra a manœuvrer! » 

Du malailroit ou du croquant 
(juvrorh«> dit eu »e moquant : 
« l^>uel manche ! « 

(Bt.ÉOORT.) 

MALADROITEMENT. V. Mal, 
adv. 

MALCIIAIVCE. Déreinc, Guitjne, 
(inifjnon, 

— POUTKR MALCIIA.XCE. En- 

t/uignonner, 

«1 il se lit qu'une génisse tomba ma- 
lade à Saint-<'ric(|, pendant le séjour 
du mendiant. Le fermier estima 
(|ue (^uudebraque avait erif/uignonné 
sa bête. » 

{Le Livre l'upulaire.) 

MALClIAXCErX. Dcicinnvd, En- 
ijnifjnonnè^ Guijfund. 

— PKRSONXK MALCIIAX- 
CKUSK. his-de-veine. 

<< Jamais je n'ai été aussi drrcinard 
que ce soir, j'y laisse deux cent< 
louis, dit-il rn quittant la salle des 
» petits chevaux. » 

« Vraiment, vous «"les (:nf/ui(/nij7uié<\ 
ma pauvre Claire; le baron ne 
\iendra pas encore c»? snir. » 

i;, b'-MKnc.) 

i« (^osl un fnis-d'-reine : sa ^'«mzesse 
y r.ùt des cpieues, son piobl<Mjue 
la j'té et on vient de 1' ceinturer 
pour vagabinidai.'e. » 

MALE. Dans un sens indique : 

M'itou, 

MALE AISAIXT. V. Méchant. 

MAIJ AITEIH. V. Assassin, Ban- 
dit, Escroc, Voleur. 

MALHEUR. V. Adversité, Misère. 



MALHEUREUX, adj. Foulant, 
Gui g notant, Guignonnant, 

Nom de Dieu ! c'est foutant tout d' même 
De n' jamais bouffer k tm faim ! 

(L. DE BkKCY.) 

MALHEUREUX, subs. V. Misé- 
rable. 

MALICE. Atmaquc, Estoc, Estio \ 
Planche, Maarice, Marlouserie, 
lioublardise. 

« PrimOf et d'une, s'agit pas seule- 
ment d'être r&blé, dans c'tte affaire- 
là; faut être malin aussi, compre- 
nez-vous? faut avoir de Varnague 
et du ni, un tas de choses, quoi! » 

(J. RicHBrix.) 

« As pas peur! malj^ré toute sa mar- 
louserie V n' me 1 mettra pas ! » 

« Et je r proclame d*autant pus que 
moi, Chopin (Bibi, pour les daaies\ 
j'ai été mouisard et coupé, fauché 
comm' les blés, et que j' sais toutes 
les ro iblardiies qu' faut empoyer 
pour arriver à trouver uu peu 
d'abri quand i' lanc/quine, un peu 
d' chaleur quand i^ fait frisquet... •* 

Faiseur, v.i-t'eii à la marmite 
D' t mp« en tomps faire une visite ; 
liitiouue tes lions camaroB. 
CVsl un truc Jfs plu* rigolos. 
" C'est uu /i^, ilir» U police. 
Très h.itli et rempli de madnce... «• 

(IImgiku-Giiisox.) 

MALICIEUX, MALL\. A Vabri 
(s. -eut. De la bêtise i, .4 la coule, 
A la hauteur, A la redresse, A ta 
roue, A la roulette, A la sonde, 
Arcasirn*, Chariot, Chaud, D'af- 
fût, Dt^la'vuillard, Ficelle, Maraud, 
Madrin, Mftriol, Mariole, Slar toile, 
Marie, Marlou, Marlou^ijer, Mer- 
lousitr, yartjuois*, Pênard, Qui a 
du fusain, Qtti a le truc. Qui la 
comprend. Qui la connaît. Qui la 
vannait dans les cidns. Qui la con- 
noble, Qui la conobrc, Qui sait y 
faire. Roublard, Saupicquet *, 
Sondtur, Togue*, Truqueur. 

« Tous les rouciiins sont à la coule, 
uimeut les femuies et forment la 



MAL 



— 303 — 



MAN 



pépinière des voleurs et des assas- 
sins. » 

(Macé.) 

« Lui qui passait pour un mec â la 
r'dresse^ i* s'est fait empiler dans les 
grands prix. >* 

« r n* faut avec nous qu' des gas à la 
roulette. » 

« J'étais tout jeune soldat. Je n'étais 
pas bien à ta knuLeur^ expiique-t-il 
dans son langage militaire. » 

(Gannerojc.; 

« On a voulu lui monter un bateau, 
mais lui, chaud^ n'a pas coupé dans 
la pommade. » 

« Nous avions sous la main un petit 
Corse très intelligent et trùs dé- 
brouUlard. » 

((i. ThI^-UAUD.) 

« Malin comme un singe. Ficellel et 
drôle I II aurait fait rire des carafes. » 

(J. Marm.) 

« Le sergent s'approcha et, d«>posant 
son falot à terre, il f^rogna : Hein, 
mon vieux... tune fais plus le ma- 
riolle à c't'heurc? Va, ton pain est 
cuit. » 

(MlCHE(. MuRFHY.) 

(( Si ta gosse était plus marlousey a 
mettrait du gruau â gauche. » 

M Et pis, mon vieux, tu me fais l'effet 
de la connaître dans les coins. » 

(fJ. CotRTlLIN».) 

« Ah! ben, mon salaud, t'es pas 
marie d' te laisser enturer par un 
panas, s 

« J' suis sondeur et j' suis pénard. 
y suis tout c' qu'i y a d' pénard : 
j* suis d'une coopérative, quand 
q' t'en fais partie on t' vend tout au 
prix coûtant, -— pain, vin, du lard, 
des haricots, tout l' truc! » 

(P. l'AiLi.KrrE.) 

MALINGRE. V. Avorton, Chôtif. 

MALLE. Mademoiselle Manette, 
Malouse, Position^ Savoyarde, 

c Quand la bonniche s'est fait la 
paire dans son pat'lin, aile avait au 
moins deux sacs dans sa malousc. » 



MALPROPRE. V. Abject. 

MALTRAITER. V. Battre, Inju- 
rier. 

MAMAIV. Moman (corrupt.). 

Quand j'étais p'iit ej' me rappelle 
Quo r'était coiiim' ça clicr nioman... 
Aujord'liui, forcé d' fair' flanelle... 
V'ià porquoi que j' cherche un log'inenU 

(A. B.) 

MAMELLE. V. Sein. 

MA^^DAT D'AMEXER. Faffe, 
fa fia t ou faflard d'emballafjej Faffc 
à piper. 

MA\DOLlNE. Jambon y Jambon- 
neaii. 

« Quand sa poire est faucharés, i' 
prend son jambonneau et i' va en 
douner une séance chez les bistrots 
à l'heure de la croûte. » 

MAXGER. Affûter ses crochets, ses 
crocSy ses meules, ses tabourets, 
Babouiner , Becter^ Béquiller , 
Bouffer^ Boulotter, Boustif ailler , 
Briffer, Cacher, Casser, Chiquer, 
Chowjner (arg. lyonnais), Cla- 
bottcr, Claquer, Clcber, CUhotter, 
Croustiller, Crouler, Débrider, 
Débrider la mar(joulette. Effacer, 
Paire le boudin, Friturer, Gammer, 
Gousser*, Jouer des badigoinces, 
des crochets, des crocs, des domi- 
nos, des tabourets, Lipper", Mac- 
quHler*y Mettre à la Caisi^e d'é- 
paryne, Morfier, Morfigner, Mor- 
ftlcr, Slorfiller, Ne pas laisser 
enrouiller ses dents. Se bourrer le 
fanal, le /lingot, le fusil, Se caler. 
Se caler les amygdales, les ba- 
bouines, les badigoinces, les joues. 
Se calfater le bec. Se caresser 
Vanyoult'ine \ Se charger le (lingot, 
le fusil, Se les caler, Se recaler. 
Se taper la téta, la tronche, etc., 
Tortiller, Tortiller du bec, Torto- 
rer; plus, avec un complément: 
Casser la gueule à, Dire deux mots 
à. Estropier, Flanquer ou foutre 
une claque, une gifle à, S'enfiler, 



MAN 



— 304 — 



MAN 



S'envoyer, Se coller, se flanquer 
ou se foutre sur la conscience, Se 
passer par le coco, par la gargue, 
par la rue au pain, Torcher. 

— MANGER GOULUMENT. Bouf- 
fer à s'en faire crever^ à s'en 
/aire éclater ou peter ie cylindre^ 
la sous-ventrière. Régaler son 
cochon, S'enlripaillcrj S'en fou- 
tre jusque-là. 

— MANGER DU GIGOT, DU 
JAMBON, DU LAPIN. Gigoter, 
Jambonner, Lapiner. 

-— MANGER LES RELIEFS d'un 
précédent repas. Battre te gra- 
vois. 

— ALLER MANGER. Aller chez 
Dri/ftnann, Passera briffe, Pas- 
ser ou aller à gauche (arg. des 
coniiuis de nouveautés). 

— SE PRIVER DE MANGER. 

V. Jeûner. 

Il On l'a accompagné ju.««qu'à Pantin 
et, après, on a été s'affûter les 
crocs au « Uendez-vous du cime- 
tière. »> 

«« Quand on s'est am'né, il était près 
d' trois plombes et y avait pus rien 
à becter dans la piaule. •» 

«• On m'a fichu au hloc. je bouffais 
encore plu? mal. « 

((ioUON.) 

« On arrête les gens et on ne leur 
fout même pas à bri/fer. » 

(lu.) 

C'«!«l «li'goAlanl... J'ai Irop inang<>... 
J' |i<!ux yxi* sixinii^r... j'«>n suis malade I 
d'e^t-i' l:i «iiii(k' ou la «alade ? 
Sûr j'ai l'estiiuiaf dér.in>;<^. 
Boujire «liî veau ! Faut que j' t'enguoule : 
Veux-tu que j' le dise. Honoré, 
Tas bnnlvtf*' comme uu gop'^t... 
Tes plein d' IrulT el lu |n's d' la (gueule. 
(A. b. Les SoulolotfUf't d' Honoré (^onstanl.) 

« Des gens qui ne songent cpi'.'i bous- 

tifaillfr dans les restaurants à la 

mode! » 

{La Henaissance.) 

« Y avait juste dchiauer un gendarme 
et cunc cofiette ae Brie. » 

« Que qu'on rlahotle, c' soir ? Encore 
du pot-au-feu I j'en ai soupe! » 



ft Trois heures après la distribution, 
il ne restait plus rien de son pain 
de munition. 11 avait tout claqué. » 

c Pus un rotin, pus rien à cléber et 
nib de perlot ! ah I j'étais bath ! » 

« La mère nous avait invités à crou- 
ler. Mince qu'on s'est envoya quéqu* 
chose I A cinq, on a effacé un orni- 
chon d' six lives, eune oraMette de 
douze œufs et eune platée d* patates, 
que j' te dis qu' ça I » 

ff Ah! ça non, par exemple! Si le 
monde apportait leur manger et 
leur boire, alors, moi, avec quoi 
que Je me les caleraisi Avec des 
briques? »» 

(Al.PIIO.X8l AU.AW.) 

« Les capitaines s'invitent à diner 
par signaux appropriés à ce lan- 
gage; on hisse a la corne de bri- 
gantine un jambon, une dame- 
jeanne, ce qui veut dire : — Je puis 
vous recevoir: — sinon, le pavillon 
en berne signifie : — J'ai du biscuit 
et de la viande salée à votre ser- 
vice; invitez-moi, j^absorberais vo- 
lontiers quelque repas meilleur. — 
On mas({ue donc le grand hunier; 
puis on gamme, selon l'expression 
consacrée, c'est-à-dire que les uns 
vont visiter les autres. » 

(Te (iuUMI NiHO-ToïKA.) 

(( Quand le pain fut coupé, le boulan- 
ger eucaissa le sou et Gavroche dit 
aux deux enfants : 

— M or filez. >' 

(V. Hcco.) 

Mai"* ça peul pa.s durer toujours, 
Apr^H la {«aison des amour« : 
(]'e>t la mi^l<lu^e el, l>en souvenl, 
Faut a' IfS mit r a*fr du \eut... 
Filer la comète et la cloche, 
A la Hastochc. 

(A. B.) 

« Il fallait les voir jouer des bndi- 
go'nices\ On sentait qu'il y avait 
loiigtemps qu'ils faisaient ballon. 
C'était plai.sir de les voir tortiller. »» 

(« Ctille-toi ra dans le fusil, dit le gar- 
dien en lui tendant un bol de soupe ; 
quand tu te seras foutu ce cata- 
plasme-là sur la conscience, ça ira 
mieux. » 



MAN 



— 303 



MAN 



« — Eh! bien, mes enfants, je crois 
qu'on lui a fichu une claque un peu 
sérieuse, à mon gigot! Vous lui 
avez dit deux moisi » 

(G. Hrhbimt.) 

« Le curé troque sa bénédiction et ses 
chants baroques pour des poulardes, 
des œufs, des primeurs et de quoi 
s'empitfrer des mois durant à s'en 
faire peter la sous-ventrière. » 
{Le Pèi't' l'einard.) 

Voa« éleschez tous, m'>s eofaol*. 
N'e^t-ce poinl là do lYloquenc« ? 
On oe saurait s'exprimer mieux. 
Ht se mirenl. eu conséquence, 
A béquiller, parelN aui liieuK 
Saas phrase, saus parole «ntuc. 

(K. Pu>CllO>J.) 

Viens, mon vieux, c'est ma féti.* 
J'ai un' Taim à tout dévor<>r 
Vieas avec moi /' tapifr la tète : 

J' te pare ù t-jrtorer ! 

(BLiooar.) 

Mais ou déjeun'. brave ou\erior; 
Allons, viv'meut .' va croustiller. 

(P. iNlLl.BriE.) 

MANGEUR, hèquillew. Bouffe w\ 
^ Boulotteur, Bou^itifailleuVy Croù- 
teur^ Tort illeur, 

« On r mettrait d'vant un bœuf, i' te 
r torcherait tout entier ; c'est un 
béquilleur de première. " 

« Jamais j'ai vu un boustifailleur 
comme çui-là, i' passerait sa vie à 
tabe. » 

« Il en a eune balle, ton bouffeur de 
choucroute! » 

« V'ià r friot, c'est pas richon pour 
les fileurs, les pauvcs purées croû- 
teurs d'arlequins. » 

« Et tu sais, Clorinde, tu pourras 
mettre les petits plats dans les 
grands ; car le curé est un fameux 
tortHleur. Je ne connais pas à 
dix lieues à la ronde une pareille 
fourchette. « 

(£<i (rawiriole.) 

MANIAQUE. Marqué à la fesse. 

MANIE. Toquade. 

c r va core nous goualer la Carma- 
gnole; c'est sa toquade quaiTkd il est 
8*coué. » 



MANIÈRES. V. Embarras. 

M \NOEUVHEU.Bari/er, Membrer, 
Mousser, Pivoter. Ces expressions 
appartiennent à Targol mili- 
taire et comportent une idée de 
fatigue, d'excès. 

a Vous allez barder ce matin, mes 
gaillards ! Ah ! vous vous plaignez 
que le capitaine vous fait mousserl... 
Je vais vous faire autrement pivo- 
ter, moi ! Je vais vous faire mem- 
brer jusqu'à la gauche, tas de 
cosaques ! » 

MANQUE. V. Absence. 

MANQUÉ. Fichu, Flambé, Foutu, 
Grille. 

« Comme Bébert n'était pas admis à 
ces parties, et qu'il recevait une 
bourrade dùA (pi'il voulait tàter de 
Lydie, il restait gêné, travaillé de 
colère et de malaise, quand les deux 
autres s'amusaient, ce dont ils ne 
se gênaient nullement en sa pré- 
sence. Aussi n'avait-il qu'une idée, 
les effrayer, les déranger, en leur 
criant qu'on les voyait. — C'est 
foutu, V là un homme qui regarde ! » 

(h. Zola.) 

« Et ta fameuse combinaison finan- 
cière? Ilein ! flambée, qrilléel je 
t'avais averti : rien à faire sans les 
juifs, w 

MANQUER de quelque chose. 
L'axoir à la manque. 

« Limard, il est comme nous : il a du 
pèze à la manque... il est meule. » 

— MANQUER A UN ENGAGE- 
MENT, à une promesse. Poser 
un lapin. » 

« Le grand plaisir de ces spécialistes 
consiste à promettre monts et mer- 
veilles aux femmes galantes et à 
se retirer sans laisser aucune es- 
pèce de rémunération. Cette façon 
de se procurer du plaisir s'appelle : 
po'ier un lapin. » 

(MACi.) 

— MANQUER UN VOL, une 

affaire. Marronner u7i grinchis- 
sage, une aff. 

20 



MAN 



— 306 — 



MAQ 



— MANQUER LWK CLASSK. IM 
COURS. Sécher {arg. desécoles]. 

MA\S (LE). La Mine, 

MANTEAU. Rabat \ Tabar\ 
Temple*, Volant". 

MAQl^EKEAU. Tenaiicier do 
maison do lolorance. Monsieur, 
Papùy SdcrUitain^ Tôlier. 

« La permission de tenir une maison 
de tolérance n'est accordée qu'«i 1 \ 
femme... Le mari, néanmoins, re- 
présente dans rétablissement le^ 
principes d'ordre et d'autorité... Les 

f pensionnaires l'appellent Monsieur \ 
es habitués, l'apa: et les amants 
de ces dames, le Tôlier. » 

— Ainaul d'uno proslituôo. Al- 
plionsejiaiiiiu'-d'ins-lv-bcwre, 
Barbt'. li((r(.eatt, liarbise. Bar- 
bize, licnoit, Bouffciir de 
bt(uv\ Broche, Brochemann, 
Brochet, Casquette à pont, 
C h an (le lier, C heve n n v , 
Chucnne, Costel, Dariolet *, 
Dauphin, Ih^senmujeur, Dos, 
Dos d'azur, Dos vert, EcailUK 
Fiche, Fish, Goujon, Juenw, 
Larromnrhe ou La^uercau- 

mucfic (V. Jargon;, Mac, 
Mawir.ur de blanc, Ma(juet, 
Maquiiinon, Marie, Marlou, 
Marlnapin, Marquant*, Mec, 
Meublant, Servi (ai'fj^. niar- 
soillais;, Pipi :id.\ Poisson, 
Qui a du beurre dans le dns^ 
Qui vit dans le beurre et bs 
fines herbes. Sentinelle. 

— Quand il est joune ou 
inoxporirnentô : Barbillon, 
harbiset, Barbizet,Brorhelon, 
Mac à la jnie, à la mie de 
pain, Macrolin, Maquereau- 
lin, Marloupatte, Marlvupiat, 
Mecton , Mcquillon, Sous - 

barbe. Sous-broche, Sous- 
mac. 

u Je vous ferai remarquer que, depuis 
une dizaine d'années, les jolies pé- 
cheresses théâtroles n'ont pas de 



«( 



chance avec ceux qu'elles se don- 
nent pour seigneurs et maîtres. Ces 
escrocs, ces souteneurs plus ou 
moins titrés, les exploitent, les 
volent... Le dernier protecteur d'ac- 
trices qui a fait parler de lui est en 
fuite : il peut passer pour le prince 
des Alphonses. » 

(Mac£.) 

On est rangé maint'nant, on fraye 
pus avec les barbes. » 

D'nillcurs, au Point-du-Jour, plus 
rien à faire, depuis que les barbeaux 
de Montmartre et de Batignolles y 
descendent le lundi y faire leur 

poussière. » 

(Jean Loarain.) 

Six heures du matin, et c'est déjà 
au bord du quai la promenade 
indolente et flâneuse des neujis. » 

Hd.) 

Coxtcl est le nom que se donnent 
entre eux les souteneurs dans leur 
argot. »> 

(GoROîH.) 

J'arrêtai un individu qui répondait 
au sobriquet de Leblanc et qui en 

mangeait. » 

(Id.) 

C'est toul, repartit la femelle ter- 
rible. Il y aura autre chose quand 
tu donneras de l'argent. Je n'ai pas 
envie de pourrir à vingt-huit ans 
sur un fumier : et tu lie voudrais 
pas que je te relile celui aue 
d'autres peuvent me donner. Si y 
me prenais un barbizel, ça serait 
pas toi, mon p'tit! » 

Entre miehé ou mnquet pas d'hési- 
tation*. (Test du sang de marlou qui 
coule dans nies veines et, j' te V 
jure! dans la famille : lils, époux et 
père; dans la soriété : conseiller, 
député cl, qui .-ail? ministre... je 
resterai marie jusqu'à la mort!... » 

(P. Paiuettï.) 

r. 'était la réunion d' tous les ôz-o- 
chets d' Pantruche : y avait les 
ch'vennes de Bell'ville," les lacro- 
muches de la Viltouze, les gros fish 
de l'École, jusi^u'aux sous-barbes 
du Latin. >• 



MAQ 



— 307 — 



MAR 



Vous savez, la p'tît' oot», 

L' couplet d'à cMc, 
C'est iV la colle «'t d' la cliierie. 

La vrai' vérito 
C'est qu' les lifwnts toujoam liclient 

Et » eraiisul le» b.iluts. 
Vive eul bataillon d' la guichc ! 

C'e^tnous qu'ont les dus. 

(J. Uk.MKI'I?!.., 

Quand on paie en inonuai' d' xiiige 

Nous aut' mnrloupint. 
Les sal's mioirions qu'a pas d' linge, 

On les pas;»' chez paing:i. 

(lu.) 

Il aimait les femmes qu'on rince. 
^avet mangeait pins qu'il n'atait. 
Ce marlonpatte pâle et mince 
Se nommait simplement Navet. 

iId.) 

Mon vieux frangin, je n' tois pus rien a t' dire. 
Dis ben des clios's à t(»ui \v* ùarbillons. 
Dis au durun qui' n'onbli' pas d' m'tVriie. 
Dis à Fernand' qu'a u' me fa^s' pasd' [laillon^. 

(A. H) 

Mais j' t'en rous. f.iut c|u' Matlam' babille, 
(/est des canoans, c'est d»*s polins : 
C'est la femme à Jul's «{u'est euu' vrille, 
Les sœurs à l'ierr' (|u'e^t cii!s putain:*, 
C'e«t la grand' Jn!i' monte au cliassc 
^)ui fait des (lueu's u son wccfun,.. 

(Id.) 

— Oui... mais ça m' luit r'n<iquer du Ha 
D'avoir l'air d'un mac à la mie... 
Uuand on s' paye eunc analomic 
Lt euu' gucul' comm' la ccU' que v'Ià. 

(Id.) 

J' suis foutu si j'ai la tremblotte, 

J' sui^ pus daulier, j' »uis pus dauphin. 

J' pea\ pas m' ^oigue^... «b ! c'({uej' grelotte ! 

C'est- i' U lièvre ou bon la faim ? 

(Id.) 

On leur fait l'articlie et les poches 
Kt quand i's ruuspèl'nt en parlant, 
^uand i's font du pet... gare aui broches! 

(Id.) 

Vive le ilac! 
C'est su' terr' la seul' marchandise 
Pour quoi que T orur d'un vrai barbize 

bat son tic-tac. 

(L. DE BcHCV.) 

C'est tout d' mi>m' chouett' puur un' pierreuse 
D'avoir un mec connu' cidui-Ià ! 

(A. (iiLL.) 

— .M.A^rKREAU SOl'TKXAXT 
i:.N rËliÊUASTK. llouspanl, 
Houspont. 

MAQUEKKLLE. Ahhcs^, Maca, 
Macca, Macsée, Madame^ Maman, 



Mère, MêreMaca, Vache. V. Entre- 
metteuse, Maîtresse. 

MAQrERKLI.ACiE. Commerce de 

hidoche. 

M\iii:iii\0\, Maquilleur de gails. 

M AU A14>EK. Chaparder. V. Voler. 

M AUAl DKl'K . Chapardeur.y.Yo- 
leur. 

MAUCIIAM). Chaud (aphér.) , 
Marcaudier\ Mercanti, SoUiceur. 

Muse ! redis-moi les derniers revenus 
De res jimne» hi'Tos, du haut des monts chenus, 
(Jui.s.ins regret, laissant leur lyre au vestiaire 
Viiiit croquer le m.irmotchez M. Blondetière, 
(ihez If chitnd de cnyons nommé Bureau Mangio 
Chez Chose.un « ieu\ eu nichez le savant Macbin. 

R. l'oNCHO».) 

— MARCIIAM) AMBULANT . 

Chineur, ÊiouUtnl, Solliceur à la 
J ogne. 

« I' s'est aub.nlé avec un chineur qui 
fourguait de^ tnpis (rAfrique et i' 
y a foutu sacauiclotteen pagaille. » 

M Un roulant est un chineur qui va 
ollrir à doiutcile des étoffes à bas 
prix. » 

(Ma<:é.) 

— .HARCIIAM) COLPORTEUR 

(le c.-inip<'i^'ne. Margoulin, Ma- 
rot lier. 

« Tout le pul)Iir des tourlourous, des 
garde-convois, (juelques niarf/ouliîis 
venus là après diner, entonnait en 
chœur l'immonde gaudriole, cla- 
quant la mesure avec les paumes, 
tambourinant sur les tables à coups 
de poing, bourrant le sol de retom- 
bées de talons. » 

(Camilli Llmon:iiir.) 

— MAUCIIAM» nK ME^'US OB- 
JETS sur la voie publique. /!»'rti- 
f/uée de trottoir, baveux. Came- 
lot, Poslicheur, Postigcur, Posti- 
Jateur, 

•« Le camelot qui s'appelle un postija- 
leur travaille sur une estrade en 
boutique ou sur la voie publique... 
Un autre camelot, c'est le haveux 
qui arrive et déplie une table sur 
laquelle il installe une boite pleine 



MAR 



— 308 — 



MAR 



de petits paquets ; c'est lui qui ; Chez le bistro, parmi les banca empoaacrés, 
vend le savon à détacher... Le îa- \ '-* billard somuolcot et les garçons vaulrés. 



veux au racolage est celui qui opère 
le long des quais, il ne débite pas 
de boniment. » 

(<l. AllKKB.) 

— MARCHAND I>E MARCHAN- 
DISES EN SOLDE. Cumelotier, 

« C'est dans les marchés hors bar- 
rière, siirnonïuirs marchés pouil- 
leux ou marchés niix puces, que le 
caitirioticr écoule sa mnrchandise 
défraîchie. Qu'il monte d'un éche- 
lon et s'installe eu boutique au 
mois ou mAme à la semaine, il de- 
vient soldeur. » 

— MARCHAND FORAIN. Fores- 
quey Légrier. V. Forain. 

— MARCHAND DE BRIC-A- 
BRAC. Fourgatj Fourgue, Gui- 
nal, Siolleur*. 

<i 11 avait un alpngue qu'il avuit carme 
trois points chez un fourgue. » 

— MARCHAND DE CONTRE- 
MARQUES de théâtre. Peau de 
lapin. Marchand de bi /félons. 

« Il a gagné beaucoup d'oseille comme 
marchand de hi fêtons à l'Ambigu ; 
et maint' nant il a une case à lui à 
la cambrousc. » 

— MARCHAND DE GIBIER AVA- 
RIÉ. Ilouillier. 

— MARCHAND DE LÉGUMES. 

Cribleur ou Solliceur de ver- 
do use. 

— MARCHAND DE MARRONS. 

Hirondelle d'hiver. 

— MARCHAND DE NOUGAT. 

Boum-boum. Cette expression 
s'applique également aux mar- 
chands de pistaches, de caca- 
huett«,'s ou d'autres produits al- 
gériens. 

— 'MARCHAND DE PEAUX DE 
LAPIN. Trôleur. 

— MARCHAND DE VIN. Bintro, 

Chand de vin. V. Gabaretier. 



Trône la puceleUe aux gants de ÛIomîIIc. 

(Lacremt Tailhadi.) 

« D'ordinaire, dans les expéditions de 
ce genre, les agents ont la ressource 
classique du chand de vin, » 

(GORON.) 

MARCHANDER. Cameloter, Rdler. 

M ARCII AADEUR. Râleur, Râleux. 

« En v'ià d'eiine râleuse qui marchande 
pour deux sous ! » 

MARClIAXniSE. Camelote, Ca- 
melotte. 

Par votre inrùmc camelote 
A bun marché, voyez la cote, 
Vou!» estropiez notre goût. 

(K. F*oî«cHOîi.) 

— MARCHANDISE ACHETÉE 
OU VENDUE A VIL PRIX. Coup 
de fusil. Coup de pistolet, 

— MARCHANDISE DÉFRAÎ- 
CHIE. Rossignol. 

— MAUVAISE MARCHANDISE. 

Bifferie. 

— MARCHANDISE I M A G I - 
NAIRE. Zif. 

MARCHE. Arlion de marcher.) 

Antiife\ 

MARCHÉ. Boule, Fourmilion. V. 
Foire . 

« Des parrains ahoulés dans le burlin 
du quart d'œil ont boni qu'ils re- 
conobraîeut ma frime pour l'avoir 
allumée sur la placarae du four- 
millon au moment du grinchissage. • 

( VlIMJCQ.) 

MARCHER. hicr\ Broucr, Jouer 
du Compas. V. Aller. 

— MARCHER VITE. Allonger 
sea compas, Carapaler, Cavalei\ 
Fendre son éguerre, Fourmiller*, 
Fusiller le jdancher, Tricoter, 
Tricoter des guiboles, des pincet- 
tes, d*s (quilles, etc. 

— MARCHER SUR LA ROUTE, 

sur le chemin, dans la rue. 
Battre Tantif, Trimarder, 



MAR 



— 309 — 



MâR 



Moi, j' travaiir pus, j'aim' pas 1' turbin. 
J'ai vingt-huit ans, j' m'appelle llsèbe 
El j' trimarJe.., et c'e*t rien chouetto, 
Surtout l'été, quand la vi' coûte 
F*resque rien... minr' qu'on est roslcau! 
Ya du dos<erl tout i" long d' la route. 

(A. H.) 

— MARCHKR PIKDS KiTS. Aller 
ou marcher sur te chrétien, sur 
la chrétien lé. 

M A R C II E i; R. Fourmitlonneiir \ 
V. Nomade. 

M A R K G 11 A I. - DES - LOGIS. 

V. Gradé. 

MARÉCIIAL-FERRAXT. Bruss - 
Ion*, Coquard*, l)anbeu)\ Sou- 
flard. 

MARI. V. Époux. 

MARIAGE. Amndoua{jc\ Anii- 
pauc", Antifli'mcnt\ Daulnage\ 
Enti/laffe", Enti/lemcnt*y Mavida^ 
Marida sérieud', 

— Mais, Mos«ieu, disait la mariée 
Qui paraissait très •*ontrariô(>. 
Quand i' n'c>t pas dans c't' ntal-là. 
r dit qu'i' H fout du marida, 
Qu'i' veut rester concuhinairc, 

Qu'i' veut pus s' meit' la curde au cou, 
Bref, vous comprenez. Morisieu I' maire, 
r veut h' maiicr qu' quand il est soû. 

(A. B.) 

— MAIlIAGl!: OlI ClIACl'X VIT 

DE SOX COTE. Mariage à l'an- 
glaise. 

— maria<;k formé sous de 

FACIIKIX Al'SPlCKS. Ma- 
riage de mai. 

MARIÉ, adj. Amadoiu:*, Daulné *, 
Marida. 

MARIER. Amadouer * y Anguer*, 
Antiper\ Anlonner*, Entifler\ 
Marida . 

— SE MARIER. Entrer dans la 
confrérie, dans la confrérie de 
Suint'Jospph, Se mettre la corde 
au cou. 

« On n'a pas d' besoin du ratirhf>n 

f)Our se marida ! (.)n entrehxQïi sans 
ui dans la confrérie I »» 



Huit jours aprèâ la noc' rapplique. 
Le marie, soûl comme uu' bourrique, 
Chantait toujours : « Gai... niariuos-nous! 
Gai... mettons-ntmi la corde au cou... » 

(A. B.) 

MARI\. Cachalot, Chie-dans-VeaUj 
Col bleu. Col rondi Cul gou- 
dronnèy Mathurin. 

« 11 nfa fallu aussi plonger tout à 
coup pour échapper aux requins, 
qui venaient tlairer en moi un dé- 
jeuner. . . Tu comprends que pour un 
vieu.x cachalot comme moi, me jeter 
dans ce canal, un simple ruisseau, 
c'était une plaisanterie. »> 

(E. LF.PELi.»rTiin.) 

« J'ai passé une heure de ravisse- 
ment au milieu des matelots qui 
étaient chargés de cirer le plan- 
cher, car ils avaient une amusemte 
façon d'.iccomplir leur corvée : ils 
couchaient les moins lestes dans 
des couvertures et les traînaient 
sur le parquet sous prétexte d'acti- 
ver la besogne. Je dois dire que 
leur (luartier-maftre trouvait ingé- 
nieux le procédé, et il avait raison I 
Parlez - moi des mathwins pour 
agrémenter les corvées ! » 

(Au<;u8TE Mahi.n.) 

Quaud on crie : En avant la flotte! 
Et qu'i' faut emporter 1' morceau... 
l's n' flastqucMit pas dans leur culotte 
Les Chi' dans teau I 

(A. B.) 

— M.\UI.N AGl^ERRI. Loup de 
mer. 

« Si les loups de mer sont superbes 
sur leur navire, sur le dos d'un 
cheval ils n'ont pas le môme pres- 
tige. Leur assiette est médiocre. On 
les voit exécuter sur la selle de 
leur monture les m^^'mes mouve- 
ments que le roulis et le tangage 
les obligent à faire sur le pont au 



vaisseau. » 



(A. d'E.nnkry.) 
DE CARRIÈRE. 



— MARIN 

Fayot. 

« Le mathurin de l'État qui attend 
sa retraite est baptisé fayot par ses 
camarades, en allusion aux haricots 
secs qui sont ordinairement <• durs 
à cuire. » 

(Pal'i. Labobie.) 



MAR 



— 310 — 



MAR 



— MARIN Çl I NAVIGl E PEU 

OU ne navigue plus. Castor. 

<( 11 faut une lon^^ie série de mau- 
vaises fortunes et de vexations inté- 
rieures pour que l'ofûcierde ujarine 
()rcnne tout à fait iu navi^Mtion en 
lorreur et mette son habileté à se 
ranger dans la classe des castors. 
L'on qualifie ainsi plaisamment celui 
qui, une fois parvenu a saisir un 
poste sédentaire, s'y cramponne d»? '. 
toutes ses forces <*t i énonce pour' 
jamais à TOcf^an. » 

(G. DP LA Lt?(Dri.l.K.) 

— MAUVAIS MARir^. (wuin. 

— PARLER LE i.AN(;A(;E DES 
MARI.NS. l'arler mathnrin. 

Je ue »ui» pas »fi» l'ps \\v\\\ frrre» premier hriii 
Oui liovant qu'ôlii' n •"»//i;*/«/t?/j/ jà mnlftiinn, 
Au vontre «l«* k'iir ni^ro a[i|>roii:iiit rc langage, 
Koulaul à <oii i'i)ij|is, |,iii:;ii.iiit :'i s«)ii taiigag<>. 

MAlU\IICH.C^//v/;)<i^^ .l///r//j de in 
Viertjc. 

« Ce sont des c/ir-tpat'is ou tnaiins ih 
la Vierge Marie, ainsi nommés parce 
qu'ils ne ct>urcnt jamais aucun dan- 
ger, race amphibie qui ne vit que 
sur les canaux, m 

(PllIVAT I>'A?Ï<.I.I WOM.^ 

MAUITAI.EMKXT. V. Liaison. 



MAUMITK. Marmousr 
set \ Ttimhouillc. 



Mannoii- 



MAK.\IITO\. lilauc-partont, rulte 
sauce, Patrojitut, Vol-oii-r' nt. 

On causa. intrij;iié. jp lui demandai 
quelle était sa profession : " Cuisi- 
nier », me rt'pondit-il. Mon admi- 
ration baissa d'un cran. Je me 
sentis même humili'' de mon peu 
/le pénétration, ayant pris un f/âtc- 
sauce pour un arti?te. « 

iSi:itki.-IjVi ih>x.) 

MARMOT. \'. Enfant. 

MAItMOTTKU. Uumoner. 

« l's n' pensent pas une broque des 
prières (ju'i's ramonent. »> 

MAItQI'K. Marcmise, MartjwnisCy 
Taroque*. 



n r fait des marcouses aux brèmes et 
il enture V pantc à chaque coup. » 

— MARQUE FAITE AVEC UKB 
AIGUILLE aux cartes dans un 
but tie tricherie. Airjui liage. 
V. Jeu. 

— MARQUE FAITE AVEC LES 
DENTS. Morfillage. 

— MARQUE FAITE E.\ COR- 

\.\XTlecoin d'une carte. Cor- 
nanche. 

" Le bonneteur, pour • engrainer le 
pante », corne légèrement la carte 
gagnante, qui reste cornée tout le 
temj)s du boniuu.'nt ;mais avec une 
habileté extraordinaire, il fait passer 
la corne ou comanche à une carie 
perdante, au moment précis on il 
pose le jeu. L'opération se fait 
inversement au coup suivant et le 
joueur naïf perd presque infailli- 
blement. » 

— SUPPLICE DE LA MARQUE. 

tape . 

.MARQUÉ. Supplicié. I RiUi\ 

.M.VitQl'KK. Marrouser^ Marquou- 
scr, Taroqucr*. 

» Quand il est r'venu de s' donner ca 
avec Kusèbe, lirmin avait la gueule 
t«)ute inn'roit.sde. »» 

— MARQUER AVEC UNE Al- 
CUILLK. MfjuiHer. 

« Le banquier doit s'appliquer à ne 
jamais faire [tasser sur les tableaux 
les cartes ipi'il a uiffuillérs. ». 

— MARQUER AVEC LES DENTS. 

MorfiUer^ Murganer. V. Mordre. 

— MARQUER DU.\E CORNE. 

Cornaucfier. 

— MARQUER D'UN COUP DE 
T.\LO.\ le visage d'un adver- 
saire terrassé. Estampiller, Met- 
tie le cachot. 

« J'y ai fait loucber les endiisses et 
après j'y ai pt'St> V cichet su' la 
gueule. Il était gandin avec sa couet- 
che estawpilléel •> 



I 



MAR 



— 311 — 



MAU 



— MARQUKR LE COMPTK DXN 
CLIK\'T en le majorant. Mar- 
quera la fovrchtdtc. Mettre des 
queues aux zéros. 

« Son ardoise uinrquait douze balles 
mais on avait dû mettre des queues 
aux zéi'o<\ du reste i' tôlier avait 
l'habitude d'///«r^//er à /a /b///77tt»^/e, 
comme on dit. » 

MARKOX. (Cliàtaigiio.) Truffe de 
savetier, 

MARSEILLAIS Habitant de 
Marseille.) liouill ibniSy Martigo. 

« Parisiens ou HouUltihais (ce sobri- 
quet qui a lo don d'exaspérer les 
habitants de Marseille), le même 
spectacle nous relient tous, char- 
més, attentifs et émus. » 

(J. LuiiRAIN.) 

« En dehors des heures de travail, 
les forçats se groupent pnr « pays »> ; 
Pantinbis, Ciajjras, Mnrtif/oSy Ni- 
gousses, etc., forment d*»s clans 
distincts. » 

(LiAhD-Cotnrois.) 

MARSEILLE. Martiijiic. 

MARTEAr. Balnnrf'ii, Chican\ 
FoUy Frère Frappart. 

MASQl'E. Cache-nez, Cache-laid. 

MASTl'RBATKLX. Aisi>nncmcnt, 
Bataille des Jésuita^y Casse-pui- 
tiine, Ciiï'i contre un, Veuir. Poi- 
gnet [oh^cvnv.) , 

« Qui manustupro dedili sunt, casse- 
poitrine appellantur. » 

(|)r A. Tarihfi;.) 

MASTURBER. .4.s7/7<aT(obsrène), 
Branler (id.:, Faire à la main ou 
à la pogne. 

— s E .11 A s T r U B K n. Épouser 
la Veuve Vo'ijucl ^ S\istiquer 

obcène , Se fréifuenter, S'amu- 
sfr tout scuf. Se coller une 
douce, une portion, un rassis, 
une sacousxe. 

— Cliez rhomnie : S'amnsr.r 
comme Chariot, Se balancer le 
tionhomme (obscène) , Se faire 
in'iUiiser le créateur > id.), Se I 



faires'iutcrla cctrellCy Sepolir 
la colonne (obscène), Jouer à 
Chariot s'amuse, Jouer comme 
lesjeitncs chats. 

— Chez la femme : S'arsonner^ 
Se faire un doigt de cour. 

MATELAS. Filasse, Galette, Mou- 
ton, Serpentin. 

MATER, V. V. Impuissance. 

MATELOT. Chie-d ans-Veau, Ma- 
thurin. \. Marin. 

MATERMTÊ iLA). La Bourbe. 
V. Hôpital. 

MATllÉALVTIQUES. Math. 

MATLX. Matrris\ Matois\ 

a Le condé de Nanterre et un quart 
d'<iîil, suivis d'un Irèpe de cuisiniers, 
sontaboulés ce matais* à ta taule. »♦ 
{Mêmoims dt' Vidocq.) 

MAUBERT. (La place Maubcrtou 
le quartier de la place Maubert.) 
La Maub, La Mautert, La Moc-aux- 
beaux, La Mocoho. 

« On fait une sale gueule à la Maub 
depis qu'on a descendu l* château ! >» 

■i Totor de la Mocoho était rappliqué 
avec toute sa tierce. » 

MAUSSADE. V. Grognon. 

MAUVAIS. A la graisse, A la 
graisse d'oie, A la graisse de san- 
sonnet, A la manchiroisc, A la 
maîique, A la mie, A la noix, A la 
radadame, A la rafradine, A la 
rododome, A la secousse, Bléchard, 
Blùche, l)roue\ Lof\ Lofât % 
Loffc *, Lof fiât \ Mochard, Moche, 
Mouche, Mouchviue, Moustique à 
Vestorgue \ Uogate, Boupe, Bou- 
pie, Schnock, Tarte, Tartelette, 
Tartre, Toc, Tocard, Tocasse, To- 
quard, Toquasse. 

u Notre gouvernement joue de bon- 
heur. 11 se trouve que le régicide — 
à la manque — nommé Saison 
refuse de répondre aux questions 

qu'on lui pose. » 

(IIf.>ri HociitFonT. 



MAU 



— 3i2 — 



MÉG 



« Vous m' bonirez tout c' que vous 
voudrez, je i\ coupe pas dans vos 
salades à la muncnicoisel et bibi a 
les pieds attachés pour marcher 
dans vos trucs à la noix ! » 

u En voyant qu'on s' avait r'bocté la 
Ciletlc et nu'zifçup, la Sauvette en- 
voyait des vanes à la rododomc. » 

« Que (\\i r'est que c' pive que lu 
nous as foutu là ' il est rien moche î » 

« r nous a fait faire un dîner à la 
s*cou!t.se : tout c' (ju'y a d' roiipe.On 
croûte mieux (ju' ça chez V Père La- 
frite I »> 

« J'ai jamais rien boutTc d'aussi 6/é- 
nhard. n 

« Éloi proutait après ses 1*2,50, ses 
ribouis ([u'étaient si pallas ; parait 
((u' c'est pu:î toc et pus rof/at^ qu' 
les tartines à vin^t bourrues d' 
chez 1' père Lenip'renr. » 

« Le Parigot se plai^'nait de l'ordi- 
naire : le cahouah était moucfiel la 
mouise était torardc'. quant au 
f;rin^'ue,(jn n'avait pas dû en briffer 
d'aussi mochard pendant le siège. »» 

Dans la plu* blàcft' des conditions 
Toi l' laiil les plil's .s.ili«facUoii!i. 

(P. rAlUKTTK.) 

— DE MAUVAISK COMIITIO.X. 

De carton. 

«• Quand on s' maqueavec une^'onzesse 
d' rnrton, connne a fait qu' des mi- 
ches d' carton, a r'vient carton; tu 
la r' trousses mal... et tu n* fais 
jamais qu'un briK'hc à la manque. » 

— ciiosi-: in: MAiv.iisK qiw- 

LirÊ. lioupir, lioupie de sanso)i- 
Uf't, Houpi''d'' sinffp, iioi/.sselette, 
H n s t a ;/» p e , houstamponne, 
Houstissure. 

«» J' veux pus m' frus(pûner au car- 
reau : on s' fait empiler par les 
guinals qui n' vous r'Iilent (jued' la 
rouss'lctte. >■ 

«« Tu crois faire eune b ith alTaire et 
tu n'as ((uc d' la louslumpe. » 

Ihmi' ! Ic'« maries d' la gou^oni.iurc 
DoDn'ut ton? Ie<< rondins au <aiiit lieu. 
lU pouv'nt fiai fair' d«> rouspf'taiico ; 
Pai d'Autorit*^ smih I' bon bicu : 



La Patrie et 1' Patron et 1' Père, 

Ça s'rait pus qu* roupV d' soMonneL 

Mais j'mod'mand' que q' ça peut bienm'faira 

Moi j me les roule à Courtenay. 

• P. Paiusttc.) 

Moi, j'avais des rouMiiuurei, 
Des rarcasses de poulet, 
1)69 lavasses, des rinçures». 

(K. Pouchoii.) 

— MAUVAIS OUTIL, MAUVAIS 
OUVRIER. Clou. 

« 1/ patron y poussait une cérémone : 
Vous m'avez foutu ça comme un 
clou, qu'ï y disait. » 

n CVst pas des outils qu* j'ai là, c*e8t 
des clous \ » 

— Le molClou s'emploie aussi 
adjectivement pour qualifier 
un ouvrage : 

K On m'a dit qu' la pièce de TAmbigu 
était tout d même moins clou qu* 
celle qu'on avait vue Paul* soir. » 

— MAUVAISE NOTE. Manquesse, 

MAZ.VS, prison aujourd'hui dis- 
parue. La Maz, Maz, Pré au dab 

court -toujours, Taz, Tazas. 

'< Mais v'Iià qu' ça s'est su un matin 
par un gonce â la r'dre^se qu' avait 
été plusieurs fois pensionnaire À 
Taz, >) 

M A une heure, on était tous en face 
d' la «.'are de Lyon. La grande 
lourde d' la Maz était débouclée. » 

« Il a trouvé r truc pour démurger 
d' Taza^ dans 1' temps; i' s* Pra 
bien la l'aire de la Santochc. » 

MÉCAMClEXde chemin de fer. 
Postithm d'eau chaude. 

AIKCII-VAIAIKXT. Eti vache, Sale- 

muif. 

'« Moi, j'affi'^ jamais en vache avec 
quiconque oi j' veux pas qu'on s* 
conduise snCmcnt avec moi. » 

AlKCilAXCKTÉ. Saloperie, Va- 

chtrie. 

'C C'est un salaud, i' n" vous fait qu' 
dcà vach'rie:f. " 



MÉC 



— 313 — 



MÉL 



MÉCHANT. Carne, Crème, Teigne, 
Vache. 

m Ton poteau, j' m'en goure; c'est 
tout c* qu'y a iV crème. Il a fait des 
salop'ries à tout 1' njonde. *> 

Et pis, mon p'tit loup, hois pa^ trop, 
Tu sais qu' t'es teifpie... 

(A. n.) 

— liais c'est que j' suis vnrh' <|uaiite j' cogne ! 
Reprit-il. Ah ! vinfrt nom de Dieu ! 

C que j' suis rentn' d' dans : la charogue ! 
Etc' soir, qu>st-c' qu'ail* vii iirciidre au pieu ! 

{V. I'aii.i.uth.) 

MÈCHE. V. Cheveu, Coiffure. 

MÈCHE. (Outil à forer.) .\rant- 
courier. 

MÉCONTENT, r/icn-otin (arj? . 
des typographes . 

— ÊTRE MfeCONTKXT. Faire 
dix de gueule, L'aron- à Iti 
ynerde. V. Humeur. 

MÉDAILLE. Viii^tiUc. V. Décora- 
tion. 

MÉDECLX. Ipixa (arg. niilitairei, 
Marchand de mort aubite. Mire, 
Sonde, 

M Si on vous faisait faire en rabiot 
les jours de tleunne comme les 
jours de malle, vous iriez un peu 
moins souvent voir l'ipt'a/, mes- 
sieurs les réservoirs î » 

«< Puis, d'un ton d'inoui»''tude rrelle 
qui, à la vOrité, cadrait assez mai 
avec les mots prononces : 

— Y a pas de marchand de mort 
subite, par ici ? 

— Vous dites'? 

— Hé ! je réclame un uïédecin !... Faut 
donc être de TAcadémie pour se 
faire comprendre!... *> 

(Lkhmina ol LbvAi^uk.) 

MÉDIOCRE. Se traduit par les 
équivalents de Mauvais. 

MÉDIUE. Ca^i^vr du ancre, Dcyrai- 
ner, Dè(jréncr, Mècauis'r; plus 
les équivalents de Calomnier. 

« En attendant l'heure de l'apéritif, 
ces demoiselles s'amusent à casser 



du sucre sur le compte des bonnes 
petites camarades absentes. » 

(P. DOMERC.) 

« C'est un bon copin quand i' n'est 
pas s'coué : mais quand il est mûr, 
faut qu'i' dèyraine, c'est pus fort 
que lui. » 

« — En voilà assez'. Je l'ai dit que 
le ne voulais pas ({ue tu mécanises 
les camarades. » 

MÉDISANCE. Débimuje. V. Ca- 
lomnie. 

« Le Journal d^a Oouconrt est une 
i\c6 lectures les plus passionnantes 
de ce temps. Il m'a tour à tour 
charmé et énerv»'', séduit et irrité; 
il a l'attrait d'un écrit satirique 
contre les meilleurs de nos contem- 
porains, ce qui tiatte la méchanceté 
endormit' en nous ; bourré d'anec- 
dotes, de bruits, de conversations, 
il manque de valeur documentaire, 
parce (|ue leur vision est étroite, 
petite, menue, morcelée, troublée, 
un fond de malveillance et de débi- 
nage. >» 

HIkmii Baoer.) 

MÉDIS.VNT. V. Calomniateur. 

MÉFAIT qui e.^t demeuré caché. 
Cad'ivrc. 

MÉFLINCE. (imrancc. 

« J'ai toujours eu d* la govrance au 
sujet de c' mec-là. » 

MÉFIEK iSE.. Scyourer. 

'( Moi, je r connais, V Julot; c'est un 
gonce ((ui pense qu'à vous foire des 
vach'ries ; tu devrais t'en gourer. » 

— .HÉFIK-TOI. Mêphiato. 

MÉGÈRE. Carcan, Carne, Drogue. 

MEILLI'A'R. Ue derrière les fagots, 
V. Excellent. 

MÉLANGE. .Mèlimcto, Panaché. 

Miiiiiteiinut, c o.nt t<iit(e une biMuic 
yui — faiit:i!«i|UO melx-mi'lo — 
Tiaiisfuruic soul.ilu le tableau 
Où se iluiiso la sarabande 
De tout le l'opulu. 

(L. i)E Herc^.) 



MÉL 



— 314 — 



M EN 



« Les fêles de Montéliinar ont vécu 
ce que vivent les biuipions et môme 
les roses. Elles ont été, paralt-il, 
charmantes. Un panaché de proto- 
cotisme et d'intimité. De Purtillerie 
et de l'attendrissement. >' 

(ALE\AM>iti: iltri'.) 

MÉUIDUAMR. Mélo. 

« Les pièces dos théâtres à côté l^iu- 
téressaient moins que les vieux 
mélos de l'ancien boulevard du 
Crime. » 

(J. La:>oiie.) 

MEI.OIV. Boulet à côtes, Boulet à 
queue, Brodi^, Côtelard, 

« Tout le long du chemin Thérèse 
faisait des haltes dans le bois, elle 
avait maujL?»* trop de brodé^ ça y 
avait foutu la trouille. » 

]I1R]I1U1U:S (LES). Abatis. 
V. Bras, Extrémités, Jambe. 

MEMintK VIHIL. V. Sexe. 

MEME. (La mriiîo chose.) Kif\ 
Kif-kif, Kifliif, Hem au aesaon. 
Le mâne rnup. Le jufhne ItambraUy 
Le nuhne fhnirhe, Le iiunne tabac, 
Le même tableau, Le mrme truc. 
V. Analogue. 

Ileuui inûlos! jurez : (^aramb.i ! 
Pous>o/. «los ah, m:ii-! dt^s ah, bah I 
(y<î.sl toujours A' tiirine tabac. 

(P. PAMMiTTrO 

MÉ\AC;e. V. Liaison. 

>'t' inar(/uf'r ou a'c maf^uer. 

CMacuu '-un goût et srtii (l,t4].i, 
J»iitr.»\' i»a- iiuii \ni< 1" muri«l;i. 
Los ffinrn' ont hoau inappliT : « Chi'îri v, 
A m'auroiil jamais pour mari. 
Pourtaul. >'r (:«ll;iit «lUi» |* im' ynm/ue, 
r*ar rapport à ma ilyiia>ilic', 
Kj' priinirais un" hcr^j^r" «lo olaiiuc, 
Pas un' pun:ii!»' «le sacristie. 
(A. B. Les Soi(tolotfiu'i iVHimorô Constant.) 

ME\1>IA\T. raiman\ Lartin\ 
Meudiffnl, Mendi[ioteui\ Millard", 
Pilon, Trucheux, Tuneui\ 

« Avor l'ifrclle, au contraire, oa pre- 
nait un air de pourboire à un 



domestique, parfois d*aumône À un 
mendigol, » 

(J. RiCHRPIN.) 

Les uns sont des caducs à barbe inculte et janoe. 
Vieux pilon* de retour surpris, par les chemins, 
Obsédant, de la rude ordure de leurs maint, 
Le passant invoqué qui détournait TaumAne. 
(pATiaKE BaaRicHOif.} 

— MRXDIANT A DOMICILE OU 

par lettre. Arcasse *, Arcassien *, 
Pied-de-biche. 

— MKNDIAXT SOI-DISAKT 

MORDU par un chieu enragé 
et qui demande de quoi faire 
tin pèlerinage à Saint-Hubert. 
Iluôin*, lluppin*. 

— MENDIANT Ql'I CHANTE, 
JOUE ou fait des tours devant 
ou dans les établissements de 
consommation et fait ensuite la 
quête. Manchiste. 

'< Mais vous avez un joli talent, dis-ie 
au musicien en mettnnt mon obole 
dans la coquille qu'il me tendait. 
Pourquoi ne jouez-vous pas au 
théâtre ? 

— Monsieur, me répondit-il, je dois 
vous avouer que je gagne plus 
conmie manchiste qu'à racler dans 
un orchestre; et puis... j'ai ma 
liberté! » 

— MENDIANT QUI SIMULE 
UNE LXFlIt.MITÉ, une mala- 
die. iV«/î/?yrew.r, Stropiatà C es- 
toc ou h iesturque. 

AIEM)lCrrÉ. Mendtgotene, Pilon- 
îiaifc. 

« .Mui, j' coupe pas dans la mendigo- 
lerie et j'aime mieu-x donner une 
thune à un poteau qu'est mouisnrd 
(jue d' foute scunncnl deux flèches 
à un pilon qui ni'arran«:e. »• 

ME\I>IEU. Mler à la r/ms-s? avec 
un fusil de toile (se dit des 
mendiants à besace), Balander*, 
liattnulcr\ Mendiijoter, Pilonner, 
Tuner*. 

ft Une vioque (jui vient d' calancher 
avec soixante millets dans sa pail- 
lasse, soixante sacs qu'aile avait 
alTiirés en meudigolant à la lourde 
des boites à messes. » 



MÉN 



— 315i — 



MEN 



Ej' pilonne, cj' doinand' des sous 
A ceux qu'en n : \e* ceux q>i'est saouls 
D' boire old' manger. los ceux qui rolrnt 
Dans r nez des vieux comm' moi qui s' frottent 
El' vente nu lieur ed' boulotlcr, 
Merd'!... V'ià un sor},'ot.... Faut m' trotter.... 
Pourtant J' (:iU du tort à pcrsonue : 
EJ' pilonne. 

(A. B.) 

MÉXILMOXTAXT. Mt'nilmuchc, 
Mênilinonpn /i^n's . 

« En rov'nnnt d' la .Ma7, on a\i 
arrêté .lu ïrc'me pour l'apéro; pis, 
on a r'nionté en soce à Ménilmon- 
panais où qu'on a sucé un dergnier 
glassc su' la chaussée. » 

J'ni flasiqué du poivre à la rousse. 
Elle ira de turuc eu garno, 
De Mfnilmnnhe à Monrparnu, 
Sans pouvciir remoucher mou ^niasse. 

(J. ItiClIKIMN.) 

MEXOTTES. Allimice!^, Bouclaoc 
Bracelet, Briffe, Cabriolet, Cha- 
pelet de Saitit -François, Ficelle, 
Lac^t, UdOttante, Liijoite, Ma- 
nille, Serrantey Serre-pogne. 

u C qui V faisait I' plus prouter, 
c'était d' penser que 1' laune allait 
y passer les ul/iances pour traver- 
ser i' patlin. » 

« Et paisiblement, comme s'il cher- 
chait son njoui'hoir, l'homuje de 
police fouilla dans les basques de 
sa redingote et en tira trois de ces 
instruments (pi'on appelle, en argot, 
des cabriolets. 

— Des menottes î s'écriôrent-ils indi- 
gnés. Vous voulez nous mettre les 
menottes?. . >» 

(IhcTua Fhancb.) 

« ht chapelet de Snint- François est la 
chaîne dont se servent les gen- 
darmes déj>artementaux pour atta- 
cher les prisonniers (^l'ils condui- 
sent d'un lieu à un autre; c'est 
aussi les menottes du policier pari- 
sien baptisées bracelet^ lacet, ficelle 
ou liffotte par les malfaiteurs. » 

« Pour aller de ma pir^tole au cabinet 
du juge, le garde de Paris, qui 
devait voir on moi un malfaiteur 
dangereux, m'avait passé au bras 
le serre-pogne de fer qui me meur- 
trissait la chair. » 



ME\80\GE. Bateau, Battage, Bi- 
chet, Bigornion, Blague, Canard, 
Chique, Chiquet, Couleur, Cou- 
leuvi'e, Dêvidage à restée ou à 
rcstorgae, Doublage, Doublé, Em- 
blème \ Vorgerie^ Franc* (iron.), 
Joncherie*, Montage de bateau, 
de cou ou de coup, Piau (arg. des 
topographes), Picasse^ Picosse, 
Vanne. 

« Voua ne voyez donc pas que je vous 
contenu bateau... .Monsieur Le Har- 
deur n'a jamais rté [>ourmoi que le 
j>lus excellent des parr.nnn. » 

(U. Maizbruv.) 

« Niin! tout ça, c'o-t du battage. Le 
l>rince Victor ne marchera pas. 

Nous non plus. " 

(JOIKVILI.K.) 

« Que vout-elles devenir, mes quatre 
poules, dans les journaux améri- 
cain^? En quels fantastiques c^/iarrfs 
se seront-cMles changées? » 

(j. HiCHEPIN.) 

Si le soleil mange les couleurs, ma 
chère Nini, mon rédacteur en chef 
les avale difficilement. » 

(L. UoSSIUNOI..) 

« Quelles couleuvres ne m*a-t-elle pas 
servie? pour arriver à découcher 
une ou deux fois par moisi «• 

(lUlDA.) 

». Plu«^ieurs de me» correspondants 
n'ont vu dans mon récit qu'une 
zwanze, comme on dit en Belgique, 
c'est-à-dire une plaisanterie, un 
montage de coup. »> 

(Ai.piio.NSB Allais.) 

Il fait la charité? Chigiu' ! 

La maison est au coin du quai : 

Ou u'y rend pas l'argent. 

(P. Pau.lbttb.) 

MEXSTUL'ES. Affaires, Anglais, 
Bande sur Vaf fiche. Cardinal, Car- 
dinales, Chemise, Choses, Confi- 
ture, Coquelicots, Débarquement, 
Débarquement dts Anglais, Dra- 
]X!au de la Commune, Drapeau 
rouge. Époques, Groseille, Fleurs 
rouges, Histoires, Influences de la 
Lune, Iniquités, Insulaires, Mate 
semaine. Marque, M arque t. Mur- 



— AVOin SES SIK\L 

Casser In fii/ure ou la gueule 
son charbonnier, à son porl'i:.. 
d'eau. Écraser îles lomafei. Être 
à cheval. Faire reldclie. Faire 
sasoci-ife, ilai-quer. Pleurer des 
larmes de sana, Trarerser It 
mer Ruugc, Votr écloi-e la ros 
iviiije. Voir Sophie. 

' La grosse Angélique rûsUln di 
toutes se* forcea aux [i-iuérnires 
entrepriscsde Tordent 
Elle le gifla, IV^ralif^na, lui tordit 
son \oa-^ nez, lui nrraclm une poi- 
gnée des poils d'' sa barl»iclie, el ue 
parvint d lui faire lArlier prise 
<[u'en le mtnnçHnt d'appeler son 
iiiaii. Il se relira lioiilcuxel confus, 
mail |)ersu;ii)r- de la vertu de In 
liifile. ({ui u'aviiil tout siiiipleniejil 



■ Trois Jours elle uic Ijuuda, pui; 
Dnaleuienl me lit risette. 

— Kii bifn. i|uui'.' lui deJuandai-je... 
C'est donc passe, cetto lubie de 
l'autre soir 7 

— Gros serin, riposta-[-cllc. Ce n'est 
pas la lubie qui est pasat^e. Voua 
n'avez doue pus romiiris que j'^i-rn- 
suis des tomates'! •• 

■M) 



Un rêpnndit : - " Moi!,.. Moi 1... 
M..i:.., .. Clara reprit : — u J'irais 
bien, moi. f^ndeniciil, je n^' danse- 
rai pas beaufinLp. Couimc cVst le 
n Juillet, j'ai mis le drapeau muge. 
— Tiens: m.>I ausni. lit nue bloii- 
dîne de vin);! ani [nVIc de ehlorose. » 



- i..'i |H>lile lui 



L'fusa 



J'éprouvais prf's d» 1 

ui'nltpnd.iis pu". Klle 
griffa, inc mordit. iCul 
iasje. je la lâchai, ero 
vertu ruroucbu. Xous 


belle Julie 


'nous sOpa- 



rAmes furieux.. . Je aua depoîi 
qu'elle avait ses ordinaii-es. ■ 

[Lu l-Topoi du Commandear.) 

de l'argot léuiinio lieDinant qu'uiw 
femme est i la période raenstruEile': 
..._!_ .. cardinal, set moi$, sa 



chemi 



'taie 



iniquités, ses choses, *t$ affaireM,sei 
anglais. Quelques actricei disent 
encore Avoir une baw/t sur 

l-affiehe. • 



{O'I 



,«.) 



SIENTElIt. Batteur, Blagueur, 
Chiqtieur , Comte, Craquelin', 



K r d' dit jamais la vérité; i^'eat ud 
batteur, un chiqueur: si tu l'es- 
gourdes, i' t'en pouss'ra jusaa'à 
d'moin. des boniments de c'tte 
soi-le-là. . 

MKXTIR. Am-oeher un paletot. 
Battre, Ilaltre eomtoit. Battre 
contre, Btaijuer, Chiquer, Chiquer 

balle. Ctùi/uer contre, DoubUr, 
Eiiibif'mer ' , Embtémir', Caster 
(fo cmblimn'. Plaquer', Monter 
l'! 'oup ou le cou, un bateau, un 



ME.\TO.\. Bun-inclle, liie/ionnet. 



- (:<)\THE-MAlTnB HKNUI- 
SIER. 'lorrtl. 

.UÉi'RIS. V. Geste. 



MÉP 



— 317 — 



MÉPRISABLE. Se traduit par 
les équivalents de Abject. Laid, 
Mauvais, selon les choses ou les 
êtres qu'il qualifie. 

MÉPRISER. V. Dédaigner. 

MER. Fleuche, Grand r.owt-bouH- 
/oii, Grande jatte ^ Grand prc^ 
Grand ruisseau. Grand salé. 
Grande tasse, Lance à foison, 
Marsouinc, Ogresse. 

« Vous, mon garçon, «lit le nouvel 
adjudant en s'adressant nu Parigot, 
TOUS, vous avez une tirelire à îuler 
casser des cailloux à Biribil... Et je 
vous conseille de filer votre nœud 
sans rouspéter, si vous ne voulez 
pas un jour passer le grand ruis- 
seau autrement que sur un bateau 
de plaisance. » 

Thalassës, r'c*l la (fr^ind'' iaxs»'. 
La mer, quoi! Puluphlc^hoio, 
Je le traduis avec au«brc 
Par : qui vous polit les boyaux. 

^K. PONCUON.) 

MERCERIE. Coi'smclutric\ 

MERCIER. Cotsme \ Coesmclotier\ 
Coesmelotier hurè *, Mcrcelot \ 

MERCURE. Sirop de laromNre ou 
de thermomètre. 

MERCURIALE. V. Admonesta- 
tion. 

MERDE! int. Cambronne, Mordre, 
Miel. 

» — Moignasse, se soulevant sur une 
fesse : Miell je suis encore assis 
sur un lapin! » 

<Micni:L Thivars.' 

J'ai bâti des niaisous étap^e par étage; 
J'ai TÎeiUi; j'ai souirort de la raim et du froid; 
De meudier mou pain u'ayaut pus le courage, 
\vee mon chat, jo crève <'n luou grenier ôtroit. 
Je lègae ma charogne aux gcnsd(> la clinique, 
Amoaporticrmapipi^i^t mon >ieux<lalzar bleu : 
Et je OIS à Paris : Cambrunne pour ta clique ! 

;bABILLOT.) 

Faut-il que vous soyi z 
A ce point, pauvre»' pieds, 

Des gourdes, 

Des gourdes. 



MES 

Troj) de llcur*, trop de Heurs! 
Quelles qu'en soient les couleurs, 

Ah ! nwrilre! 

Ah ! merdre! 

;U. PoxcHO!!.) 

— Subs. V. Excrément. 



MKRE. lkibt\ Dahcsse, Dabuche, 
baronne y boche, Maternelle, Vro- 
nièrc *. 

— JKl'\E SIÈRK. Dabichonne, 
iJabucheftfi, Vnhuchonne. 

a Raquedallc, c'était une vache; il 
fsait cocii mon pt'ie, mais comme 
pôze, i' foutait rfu' nib à hxdabnche. » 

« Pendant qu»^ j' jactais avec la môme, 
v'ià sa dabesse qui ranplique et qui 
la r'condiiit à la lùle à coups d* 
ribouis dans V lion. >• 

« Sa maternelle venait le voir tous 
les jeudis et lui laissait des frian- 
dises qu'il i>arta«,'cait avec Hené. » 

(J. Laïidkk.) 

Allons, ma fili*. r«'>t temps d' briffer. 
Au trur:... Quoi? Tu veu\ reiitiffer? 
Gy ? l'a^ la p«in' d'iM' si gironde! 
Alors, ta doc.h', tu la gi>b' pas ? 
Faut qu'ail' turtor'. N'ib dans V cabas. 
Qui qu'a mas>( pou' t' fout' au munde ? 

(J. HiCMFPIN.) 

Ma dab" m'a pondu*; y a icize uns 
Dans la ru', par uu' nuit «T décembre. 

(L. DK Hescy.) 

MÉRIIIIOXAL. En parlant des 
personnes : Muco. 

« Bretons trapus et roux, mocos 
souples et bruns à l'air avantageux 
sont là, tripotant à pleines mains 
les quartiers de bœuf... » 

(J. LonRAi.f.) 

MERVEILLEi:X. Chocnosof, Choc- 
nosogiie. V. Beau. 

MESSAGER. Matignon. 

MESSE. Ancicle * tm Encycle \ 

MESURER (SE). Causer, Y faire. 

« Ceux enfin avec qui il pouvadt cau- 
ser, cï'taient bien les lutteurs, les 
hercules et les gymnastes. » 

(J. RtCHEPIN.) 



\w ll<>i»r« 


-<(«eï«.«qmm-r^p.<..l™il,.. 
D puormiil pai JF /iiirt. 
.. p., .1 .ItrgBl... 
i.n,(,"ll. ïnlm'.ii«rri.rj: 
.1 .cul.. t»oojidniau.ler. 

L) « in binlar:... 
oul«ltHiun allonari Cm'lanl.] 


iiKTiti-:. 


Anrri-e, 


Jetée. 


MKTTitK. C-Uu 
FUif/i'ei; Fvutr 


Fkhe, Fklier, 


. L^i prt-ti 
Uiins la 


•s^:si 


i'eiit.'Uils yueuler 
je la colle à l'a- 



Lut dcx 



" C'est-y qii' V 



« Je lui ilrsignc entii 

ficurs el, 31] bosoiii, je les /langue à 
lu iiorle «'ils se iiioiitrciil i>iir trup 

.. \<>Li> ck' Dieu! li'iii[><*'lii Iv rlief, 
iguï ust-ce <iiii lu'ii eucurc /'ou'm le 
cuiller d'uiilre» diai* eu tiruirî « 

- Ah ! il n'y a plus <lii pUiee à l'in»- 
tUul, rùiiuudit le |iatr<m. v\i Lieti, 
/uiiiui-lo aux K<>);iie* et iIuudcz-uiiu 
k riluui'iiE'flc des •> ?eM* juycux. " 

MLl'ItLES. fî"is, 

— mtri.Mit siis .itKViii.Ks . 

Ilémèiiayer iiar ht i-l<cmiiiéf. 

— LMrOltrKRrL.l.MtlCMTt.Vt:- 
IIK.XT SliS MKIllLKS. Ilemr- 
«••',<■•• •'! U'-loclieih: Lois. \. Dé- 
méDager. 



.\i(-:i:itTI(l':. Uuiii'ic lliih-.IiiiWun; ■■ 
liiilk, liefruidkiiiiMit. V. Assas- 
sinat. 

MKl'ItTItlKlt. tUikur, liulleur, 
t:sciiri\c. y. Assassin. 

.MKl'ItTItlIt. Jamlioiim-r. :lfi'iw. 
V. Blesser. , 



8 — HIX 

MIJAL'RÉE. Cho-kolte, Julie, So- 
phie, Tiila. 

— FAini! VX MIJ.IURËB. Fairt 
ion aubépine, >a chochotle, ion 
étroite. >a gueiiU, ta merde. 
V. Bégueule. 



'".j::;:;"^^ 



Si In curie Ki^nantc nccupe le mi- 
lieu du jeu, le liunneleur provient 
lu comte pnr le mot ■ mtise • 
ou glisse dans son boniiueat 
une phrase cutniiienc.iiit par : 

()«-fi(-Cf... - 

MII.ITAini'I.V. Soldat. 

.UII.I.K. Un millet. S'oinitlojo pour 
dûsl^iier le iiiimbre Mille, comme 
[iiiur la somme do Mille l'i-ancs; 
dtLiis ce diniiei'scnsoii dilaussî 



.tlIVAl'IlKlt. So h-ailiiit or 
ivinciit iiur les lurutinns 
lianl l'aite sa Bégueule, f 
jaurée. 

.\li\i:i-:. V. Maigre. 

.ill.M-:. V. Allure. 

IIIMS'I'KIIK. 






il guJr», 



(ji«'r.s,rqri 



— I>il dit . 
.luvl.iui-s 



Xombrit'A 



L-tc-i'ielle qu'il est .Umij- 



MIN 



— 319 — 



MIS 



Ceii presque tous des geus tros bieu, 
Oa les appeir : Aes Alinistrnbles. 

INous aui , on est des gens de rieo, 
>os socialos, des misérahleii.) 
Va font des megaes, des chichis, 
Et, pour avoir un porlercuillr', 
Ils nous foutraient bien dans 1' gacliis. 
(A. B. Les Souloloques d'Honoré Constant.) 

MIMSTÈRK PUBLIC. Avocat 
bêcheur. Grosseur j Écorneurj Ecor- 
ncuXj Faryueur, 

« Le substitut se leva pour requérir. 
Musqué, car c'est son véritable nom, 
lui cria : « Toi, Vavocat-bêcheni\ tu 
peux piailler à ton aise, je prépare 
mon instrument. » 

(Mack.) 

« r s'en tir'ra avec cinq piges, si Y 
Grosseur ne s' montre pas trop 
vûche dans sou boniment. » 

MIXUIT. yéyre. V. Horloge. 

MI^XTE. hi'oquc, Uroriuille. 

« Si c'était à moi qu'on fruit ça, j' 
hésit'raiâ pas une hroque : j'irais 
mette les pattes en l'air au bon- 
homme ! » 

« Il a été au moins cinq broquilles 
avant d' pouvoir prende la parole. » 

MIROIR. Miradou, Mirant, Mi- 
rante, Miroitant, llcmbroquant. 

Et, à c' moinont-là, le iuur vint 
Et j' m'aperçus que rilomm' Divin 
C'était moi que j' m'ôtais coWà 
b'vantr miroitant ti'un niaichaudd' vin. 

(Jkiian Hicius.) 

MISE pauvre. Goupine \ 

MISÉRABLE. (Malheureux, Pau- 
vre.) hourlin(jueur , Cascarct", 
Claquepatin, béchard, Varidon, 
Faridunneau, Ferlampi* r, Ferlan- 
dier, Grclotteux, Malingreux, Mi- 
séreux, Mistouficr, Mistoii/lard, 
Miteux, Moui<ur(l, Pané, Plon- 
geurj Pomniadin, Purée, Purotin, 
Qui est à la comédie, à Vétanche, 
à la faridon, à la faux. Qui est 
dans le bœuf, dans la bouillasse, 
la bouillie, la bourlingue, la con- 
fiture, la débine, la dùche, la dé- 
tosse*, les eaux-basses, la limo- 



nade, la marmelade, la mélasse, la 
merde, la mistouffe, la mistouf/le, 
la mouscaille, lo mouise, la mousse, 
la moutarde, la panade, la pane, 
la panne, la pommade, la purée, 
la scfitourbc, le troisième ou le 
sixième dessous. 

— MISÉIIADLK SANS DOMl- 
CILK. Clochard, Fileur, Fileur 
de t:oin'eli\ Qui est à la cloche. 
Qui file ta cloche, la comHe, Qui 
la refile^ Qui sorf/ttc à la paire, 
liefileur de co)Ht)te. 

— Le nombre de noms com- 
posés ([ui désignent les mi- 
sérables est considérable et 
la littérature se joint aux 
argoliers pour en forger 
rha(iue jour de nouveaux. 
En voici (luelques-uus: Bat- 
la-dèche , Bat-le-pavé-sans- 
bouffer. Bouffe -la -guigne. 
Crève-la- faim, Fout-la-dèche, 
Fout-la - faim , Gratte-pavé, 
Satis - canijatte , Sans-gite , 
SanS'lc-rond , Sans-maison, 
Sans-pain,Sans-pognon,Sans- 
sorlots , Traîue-cul- les-hou- 
sett es, Tra i n e-g uenille, 
Traine-misrre, Ventre-creux, 
Ventre-plat, etc. V-. Gueux. 

« Tu peux donc pas dégoter un 
flanche qui t' rapporte au moins la 
croûte, qu'on t' voit toujours dans 
la viouisel » 

u Les fileurs, les fnridonnenux^ les 
mouisards pourront bâchera rilôtel 
du Tapis Vert. » 

« Kn attendant, j' suis à la faridon, 
r taulier m'a fermé la porte. » 

« U a loué un local à Levîdlois- 
Perret, acheté (juelques lits qui 
seront atlectés aux [)Uis di^chards. » 

(Cil. Maiato.) 

tt Des sergents de ville se mettent à 
quatre, à huit, à seize pour traîner 
au poste un pauvre grclotteux. » 

(A. GoULi.é.) 

« Y a-t-il un quantum de cadavres à 
atteindre pour que l'on songe aux 



MIS 



— 320 — 



MOD 



miséreux qui déambulent la nuit, le 
long des rues, échouent dans les 

f)ostes de police, la faim au ventre, 
a rage au cœur, ou s'abattent sur 
les bancs des promenades publiques 
en exhalant leur dernier râle? »» 

(Mkntoh.) 

« QuH's économisent? Mais quoi donc 
qui's mettraient à gauche, les 
pauv' purées, i's n'ont rien! » 

« Quand nous arrivâmes à la posada, 
on ne voulut pas nous recevoir; 
Taubergiste nous trouvait, comme 
disait La Martinière, mon compa- 
gnon de route, trop 7nileitx. » 

(IIbctor Fkancr.) 

« 11 est venu beaucoup de gens à 
Tatelier, des paiiés^ des bohèmes, 
des bat-le-pavé-sanS'bou/jfer. » 

(G. Oii.Nrr.) 

H Autour du billard et à travers la 
fumée de cent fourneaux de pipes, 
on distinguait, grouillant, braillant 
et gesticulant, un tas de fainéants, 
de crève-la-/aim, et aussi de petits 
bourgeois venant régulièrement là 
chaque soir pour y tenter la chance. » 

(Louis Dahyl.) 

La grande table 
Aux »ur(i///i9 servait de pieu, 
Très confortablo 
Lit lie milieu. 

\V. Pau.i.bttk.) 

Voici le Imui troupeau d«*s filtturs de comète ; 
Hétéroclite tas de Iremblauts déclassés, 
Cordouuiei'if saus travail, calicots déplacés... 

(PatEHNE HKltRlCllON.) 

MISÈRE. BouUUisse , Bouillie , 
Bonrlinfjue, Con/iture^ DchincJ)è- 
the, Détossc\ FaridoUyUmona'le, 
Marmelade^ Mëlnsse, MerdCy Mis- 
touffe , Mistouf/Ie , Mouscaille , 
Mouise^ Mousse, Moutarde, Vannde, \ 
Fane, Vanne, Pétrin, Pommade, 
Pure, Purée, liafale, Schtourbc. 

• Le paletot râpé abrite autant de j 
souffrances que la blouse, mais il : 
les montre moins apitoyantes. La 
débine de remployé est sans issue, i 
sans espoir. La redingote, cuirasse j 
de détresse, supporte des assauts j 
et cache des blessures secrètes et • 
profo:jdes que ne connurent jamais 
veste et bourijeron. » 

(EuMONO LEPELLCTIhn.) 



« La maladie était venue et avec elle 
les jours noirs, les jours de dé- 
chéance corporelle et de déche mo- 
rale. Ils souffraient. Ils ne se plai- 
gnaient pas. » 

(J. CLAnETK.) 

« Je me suis mise dans la panade 
pour Taider. >» 

(GuMOtl.) 

a Quand il n'y a plus de son, les &nes 
se battent, n'est-ce pas? Lantier 
flairait la, panne; ca Texaspérait de 
sentir la maison déjà mangée. » 

(E. Zola.) 

tt Mon cher ami, je suis bien f&ché, 
mais ce n'est pas parce que tu m*as 
prêté quelques louis autrefois, 
quand j étais dans la purée, que je 
suis forcé de faire jouer toutes tes 
maîtresses dans toutes mes comé- 
dies. » 

(J. Mammi.) 

« 11 faut que je fasse revenir une gui- 
tare d'Espagne pour remplacer celle 
que loiscnlourbe m'a fait lourguer. » 

(A. LABoau.) 

« Ici, c'est la mouise : les rupins te 
font la paire ; on va bientôt s'en- 
voyer des jetons. » 

(iD.) 

MOBILIER. Bois. 

MODE. Manière d'être, de se con- 
duire, de sevôtir, de parler selon 
la mode: Snobisme. 

— Personne qui afîecte celte 
manière : Snob, Snobinette. 

— deux qui sacrifient à la 
mode nouvelle sont : Dans 
le train. Du dernier bateau, 
Modem styh, Nouveau jeu; 
les réfractai res sont : De C au- 
tre bateau, Vieux jeu. 

— La dernière mode est Le 
dernier ou Lr suprême chic^ 
Le dernier cri, La dei'nière 
sirène. Le dernier vlan, Le 
nouveau jeu. V. tilégant. 

u Edouard Pailleron, ayant à parler 
des prix de vertu, me Slisait : « Tant 
pis ! Je vais faire crouler la voûte 1 >• 



MOD 



— 321 — 



MOM 



La Yoùte n'est pas même lézardée. 
Elle t'habitue a tout. Elle entend 
Bans stupéfaction et saus tressail- 
lement tout ce qu'on lui fait ente ci- 
dre. Elle est modem style aussi, 
malgré ses grisailles, et le nouveau 
jeu ne déplaît pas aux statues 
austères qui décorent Tancienne 
chapelle du collège des Quatre-Na- 
tions. » 

(J. Clabetii.) 

« On retrouverait tous ces traits di- 
vers dans ses livres. Après une 
scène de snobisme ou un modèle 
dUnconscience, un dialogue où icilo 
conversation entre un frère et une 
sœur parlant argot ferait douter de 
la famille, on tourne une page, et 
rironiste ausi^itôt amène û nos 
yeux une larme en nous montrant 
un père qui grisonne et un fils <|ui 
grandit regardant passer un dra- 
peau troué. » 

(Id.) 

« Dans la comédie de M. Maurice 
Donnay, la petite snobinette peut se 
moquer spirituelloment des raseurs 

aui parlent et reparlent sans cesse 
e la dépopulation de la France. H 
n'en est pas moind vrai malheu- 
reusement que c'est un fait comme 
l'abaissement par ralcoolisme. » 

(Id.) 

« Je suis de Vautre bateau ! Je ne suis 
pas un navet, uuc i)oire et je ne 
veux pas être arrangé, même par 
les grandes idées. » 

(F*. Paillette.) 

« J'assiste à ces cérémonies impecca- 
blement ordonnées, du dernier cri, 
du suprême genre. » 

(\lexa>drk Hci>p.) 

MODESTE. Pas féroce. 

A'a ■' contentaient r jour lie leur noce 
D'un' petit' tuiiett' pas fortune 
Et d'un' jeannette «n stimilor, 
A la Goutt'-d'Ur. 

(A. B.) 

MOI. Bibiy Mézicrc, Mcziq, Mézigo, 
MéziguCj Mon gnasse, Mon gnère. 
Mon gnUisse^ Mon gnicrey Ma 
gueule. Mon orgiiCy Ma poire^ et la 
plupart des équivalents de Tète, 
précédés du possessif Mon ou Ma. 



f< Faut pas chahuter avec Bibi ! » 

<i On la fait pas avec mézig ! » 

tt Que qu' vous Jactez core sur mon 
gnèrel » 

c'est pas qu' j'ay' peur cd' d' la grand' sorgue 
J' m'en fou^i comme d' Coliu-Tampon; 
— La fin du monde après mon orgue. 

(A. B.) 

J* fais la pi^e à Mossieu Léonce, 
Et d' la et>rre à tir'>lurigot... 
C'tte vi'-hi, Toid-tu, c'est un rôfe!... 
Lus rvmm's \eurnl toutes d' méxigo.,» 
y la r'K>\e. 

(Id.) 

— On se désigne encore per- 
sonnellement dans le mon- 
de argot ier par L'homme , La 
femme, suivant le sexe. 

«< Allez, ho I tout d' suite, venez 
d'mander pardon à l'homme. » 

« Vous Hes content quand vous faites 
r'ssauter la femmes mais j*en ai 
mare et, un jour, j^ vous plaquerai. » 

MOINE. Barbichon, Burlut % Cha- 
pan, Penaillon *, Trompeur *. 

MOIS. MarqnOy Marqui\ MarqucU 

« Y a plus d' six marques qu* j'ai pas 
vu ma dube. » 

(I Le morlingue du vieux, le bob en 
jonc que tu as fourgué, l'autre mar- 
quéy tout ça se retrouvera ! » 

(0. Mfti«:<iBa.) 

MOITIÉ. Mèche. V. Partage. 

MOLLET. Jacquot. 

a A s' camoufle en cyclissc pour que 
tout r trcpe y voye \gs jacquots, » 

MOME\T. C'est le moment: Cest 
le coup. 

— A ce moment- là: Sur ce 
C'up de temps-là. 

a Quiens, vMà justement U^'ène, ccsl 
l coup d'y bonir c' qu'on t'a cassé 
su* son orgue. *> 

« Su' c' coup d' tempS'lùy v'ià les lau- 
nes qui s'amènent. » 

21 



MON 



— 322 — 



MOiN 



MOXDE. Maraille, Tigne, Tine, 
Trèpe, Trèple, V. Foule. 

« La maraille rappliquait de tous les 
coins du patelin pour voir raccour- 
cir le gonce. » 

(11. Francs.) 

a Ces bergères-là, on devrait leur-z-y 
foute la fessée d'vant tout' la Une. » 

«I Si t'aurais vu, dis donc, V irèpe ra- 
dinait d' tous los cAtés; on n' tait 
au moins deux m. lie. » 

— DEVANT LE MONDE. A la 

lêtCf A la tête du camp. » 

« C* qui Ta surtout fait r'ssauter, V 
Rouquin, c'est qu' sa largue y ait 
envoyé ça à la tête du camp. » 

— LE GRAND MONDE. La Haute, 
Le High'Life. 

« Et révénement d'une affaire, entre 
les savates du Trône et les poings 
de la Maub', demeurera toujours 
incertain, car il est légitime que les 
jolis sports, les mœurs athlétiques 
et les jeux choisis appartiennent 
aux messieurs de ta haute, » 

(II. Bauu.) 

« Il n'est pas rare de rencontrer des 
Gis de famille, flétris par les vices, 
qui traînent le nom de leurs ancê- 
tres, en protégeant des prostituées 
• ■ ' h-Ufe. 



du high-hfe. » 



(Macé.) 



~ FEMME DU GRAND MONDE. 

Belle madame. 

w Les lutteurs sentent leur fruit, c'est 
vrai, mais ça n'empêche pas les 
belles madames d'en faire leurs 
choux gras. » 

^ LE MONDE DE LA GALAN- 
TERIE. Bichcrief Verni-monde^ 
Quarl-de-monde. 

On voit défiler, avec un frou-frou 
de soie, la haute et la basse bicherie 
en quête d'une proie, c quœrens 
quem devoret. » 

(Fréuaolt.) 

« Dans ce qu'on appelle le demi- 
monde^ il y a nombre de filles en 
carte, véritables chevaliers d'indus- 
trie de la jeunesse et de Tamour, 



qui, bien en règle avec la préfecture, 
mènent joyeuse vie pendant quinze 
ans et éludent constamment la po- 
lice correctionnelle. » 

(Léo Taxil.) 

MOIVrVi^VIË. Achetoirs , Aubert, 
Braise, Carme, Croix*, Douille, 
Flac, Galette, Qateau, Gruau, Me- 
nouille, Monaille, Monouille, Mor- 
nifle. Pèse, Pèze, Pojnon, Zozotte, 
V. Argent. 

^ FAUSSE MONNAIE. Carme à 
l'estoc ou à Vestorgue, Motmifte 
taille. 

— FAUX-MONNAYEUR. V. Faox. 

MOXOGLE. Carreau, 

« r fait r Jacques avec son carreau 
dans l'œil. • 

MONSIEUR. Paraud\ V. Indi- 
vidu. 

MOXSTRE. Monstrico, 

MONT-DE-PIÉTÉ. Bloc, Conser- 
vatoire*, Clou, Gi^and guinal, 
Horloger, Mont, Pi^gal, Pégale, 
Plan, Planque, Ma tante. 

« Il assura ù sa grand'mère que sa 
montre était che? V horloger. Mais 
la bonne vieille, qui comprenait ce 
que ça voulait dire : Allons, grand 
polisson, donne-m^en la reconnais- 
sance; et tu auras ton oignon di- 
manche, si tu viens en permission. » 

« Tes boniments, tu peux les porter 
au Pégale l Tu verras si on te prô- 
t'ra d'ssus ! » 

« Y en avait du trèpe aujourd'hui, au 
Plan ; on voyait qu' c'était la veille 
du terme. •» 

« Quand j' mets quéqu^ chose au 
Planque^ j' fourgue tout d' suite la 
r'connaissauce pour avoir pus à 
m'en occuper. » 

— COMMISSIONNAIRE AU 
MONT-DE-PIÊTÊ. Petit mont. 

MONTER. Hautocher. 

— JE MONTE. Scalaiê, 



MON 



— 323 — 



MOQ 



MONTPARNASSE. Mont par, 
Montparno, Montper, Montper- 
nasse, Montperno. 

« Y avait la bande à Clochard-du- 
Trône, dit Patle-rollc, celle à Bras- 
d' Acier, ï tombe ur du Montpar... » 

« r perchait là-bas, rue d' la Joie« à 
Montper, avec ses vieux. » 

Depuis que j' l'ai pusj' me fais vieux, 
Et pendant qn'a m'atteml aux cieux. 
J'rends quêqu's servir' à Caniii^ca^sc, 
A Montpemasse. 

(A. B.) 

MONTRE. Arrondie, Babillarde \ 
Berzélius (arg. des écoliers), Bob, 
Bobe, Bobino, Bog^ Boyard, Boyuc, 
Cadichon*, Cadran» Couesu *, To- 
cante, Toquante, Trotteuse. 

— «ROSSE MONTRE. Bassinoire, 
Oignon, 

« A lui fauche son bobino avec la 
gourmette et tout son gruau. » 

« J'tire mon boguard : huit plombes I » 

« Vb mettent toute leur ambition à 
pouvoir, un jour, s'offrir une to- 
cante et une bride en plate, pour 
frimer au borgeois ; comme si suf- 
fisait d'un bogue pour faire 1' 
bonheur. » 

« Puis, ayant regardé sa montre, un 
oignon de Pautre siècle, [)areil à 

auelque bonbouni<''redepn';8idente : 
ouB avons encore trois minutes et 
deiuie. » 

(H. Maizeroy.) 

— POSSESSEUR D'UNE MON- 
TRE. Bogue. 

MOQUER (SE). Acheter, Baucher, 
Bêcher, Blaguer, Chariboter, Char- 
rier, Chiner, G aussi lier*. Jardiner, 
Mécaniser, Mener en bateau, Pas- 
ser à la bêche, à la chine, au 
charriage, Planchrr, Se fiche. Se 
foutre, Se foutre du pape, du 
peuple, de la république, S'en 
battre lajn^unelle, la pupille, t or- 
bite, S'en tamponner le coquillard. 
Se payer la fiole, la guculCy la 
poire, la tête de, Somer. 



m N*ayez pas Tair de m'acheter ! s'écria 
l'hercule; je n' suis pas disposé à 
me laisser bêcher et je tape dans la 
musette du premier qui m emra... ! » 

« Les copins nous ont passés à la bê- 
che à cause qu'on est rangé des 
voitures. » 

« Et puis, Manganèse peut blaguer, 
lui qui apprit l'ocarina sur un mor- 
ceau dTmmonthal... par économie. » 

(Narcimi Liblau.) 

« Vous étiez content qu'il fasse chou 
blanc, vous vous foutiez de sa 
poire. » 

((îonoN.) 

a Le protecteur d'une fille publique 
en maison de tolérance peut carré- 
ment se paytr la tête des agents 
de police. » 

(iD.) 

u Dans trois semaines je serai à Paris. 
Il répondit insolemment : Je m'en 
fousl »> 

(IloucEs Li Rooi.) 

tt II n'y a pas, sous la calotte des 
cieux, quelqu'un qui se bat la pu^ 
pille comme moi de l'nmour. » 

(J. Mahni.) 

H J'aime pas les gens qui charibotent 
tout r temps ! » 

— QUI SE MOQUE DE TOUT. 

Je-m'eu-fouiisle. V. Insouciant. 

— Ou dit de quelqu'un qui se 
moque de vous qu' // vous la 
fait à l'oseille ou qu'i/ vous la 
fout belle, 

— Pour se moquer de quel- 
c{u'un qui lui fait une offre 
inacceptable ou lui tient 
des propos inopportuns, Tar- 
gotier se servira d'une des 
locutions suivantes : Ah! 
quel temps! Allons, bon, voi^ 
là r orage ! Il pleut ! Il va pleu- 
voir ! Quelle averse ! Quel 
temps I Voilà que j'ai oublié 
mon pépin ! 

MOQUERIE. Bêchage, Bêche, Bla- 
gue, Charibotage, Charriage, Chi' 
nage, Chine, Jardinage. 



MOQ 



— 324 — 



MOR 



« Nous vivons par la blaoue, par 
rignorance, par routrccuidance... » 

(G. FLAODEaT.) 

Il ne supportait pas aisément le 
chinage. Son grand plaisir était ce- 
pendant de passer ses camarades 
au charriage ; à propos de tout et 
de rien sa moquerie s'exerçait, 
acerbe. » 

a La chine sur mon compte, disait le 
Parigot, ça ra'est-z-égal ! Mais je ne 
veux pas çiu'on fasse du jardinage 
sur mes vieux ! » 

MOQUEUR. Bêcheur, Blagueur, 
Charrieur, Chineur^ Jardineur, 
Jardinier. 

MORALISER. Bérengériser (du 
nom du sénateur Bérenger). 

« Le Père La Pudeur, qui fonctionne 
au bal de TÉIysée-Montmartre, bé- 
rengérise les danseuses qui lèvent 
la jnmbe à hauteur de l'œil sans 
pantalon. » 

(VlBluiTRB.) 

MORALISTE. Bérenger, Bérenge- 
riste, Père-la-Pudeur, 

MORCEAU (PETIT). Lichette, 

« C'est tout ce que vous nie donnez? 
une lichette comme pour un oi- 
seau! » 

(Bauda.) 

MORDRE. Habiner\ Happiner\ 
Morfiller, Morganer. 

« r fallait r voir morfiller dans son 
bout d' gringue! » 

n Le négro avait été teigne avec lui. 
Quand il avait vu quT n'était pas 
r pus costo, il a morgané V biair 
du Nantais et i' y en a enl'vé un 
loubé. > 

MORFONDRE (SE). V. Attendre. 

MORGUE. V. Affectation. 

— LA MORGUE. Roite aux dége- 
lés^ aux refroidis. Musée de la 
Camarde, Musée des crojiis, des 
refroidis. V. Cadavre. 



— APPAREIL FRIGORIFIQUE 
DE LA MORGUE. Séchoir, Tt- 
roir à macchabées, 

MORIBOND. V. Malade. 

MORPION. Morbac, 

MORT, subs. m. V. Cadavre. 

— Adj. V. Mourir. 

— Subs. f . Cane, Crevaison^ 
Crève, Dégel, 

« J' fais encore partie d'une aut'e so- 
ciété', eb bien ! un coup qu' t'es vio- 
aue, qu' t'as soixante ans, on t* 
onne vingt sous par jour jusqu'à 
ta crevaison, » 

(P. Paillbttb.) 

« Y a pas d'erreur, ma vieille, si tu 
continues ce p'tit truc-là encore 
seurment six marques, c'est la crève : 
on t' conduit à Saint- Ouen 1 c'est V 
dégel I 



» 



— LA MORT. La Blafarde^ La 
Camarde, La Camuse, La Cane, 
La Carline, La Cane *, La Coste, 
La Guedouze*, La Guidouxe*, 
La Macabre, La Sèche, Sophie- 
Tourne-l'œil, 

« La Blafarde peut venir, le diable 
me flambe comme ces papiers si je 
regrette la vie. » 

(G. D'EsPAaifes.) 

« J'étais salement attigé et i' s'en a 
fallu qu' d'une broque que j' déripe 
chez la Camuse. » 

MORUE. Mouillante \ 

MORVE. Morviat, Morviau, Mor-- 
viot, V. Mucosité. 

^ MORVE QUI PEND au nei 

d'un enfant. Chandelle, Poids. 

« En voilà un petit cochon 1 toujours 
à reuiOer ! Tu ne peux pas moucher 
ta chandelle au heu d être tout le 
temps à remonter tes poids! » 

(J. Laudrb.) 

Mais, qiioi ! Ces reutrus sur leurs pieds 
N' peuv'nt plus supporter leur gatiot, 



MOT 

Dans les Telnes d* ces estropiés 
Au lieu d* sang il coul' du morviot. 

(J. lllCHiriN.) 

MOT. Ne pas dire mot : Ne bonir 
que dalle, quenib, que niente^ que 
peau, qnepouic, etc. (V. Rien), Ne 
pas mouffeterj Ne pas piper, 

« Il a écouté la remontrance sans 
mouffeter. p 

(H. Mautim.) 

Aussitôt que la ténèbre 
Vient dèdorer nos roteiux, 
Ce gouvernement funèbre 
S'occupe de nos complots. 
Certes personne ne pipe 
Non plus que s'il était mort 
Uu que s'il fumait sa pipe... 

(K. PONCHOW.) 

MOU, adj. V. Faible, Fainéant. 

MOUCHARD. V. Agent, Dénon- 
ciateur, Espion. 

MOUCHARDER. V. Espionner. 

MOUCHETTES. Fauche-ardents % 
Tranche-ardmts *. 

MOUCHOIR. Aniterge *y Aspirant 
denarineSy Blavardy Blave, Blavin, 
Chiffon *, Fassolette , Pompier, 
Quatre-coins, Tire-moelle, Tire- 
jus, 

« Mais r jour des Morts, faut tirer son 
btave de sa fouille et faire V chiqué 
d' s*éponger les châsses. » 

« Et, comme le sous-oCT lui deman- 
dait ce qu'il avait fait de son mou- 
choir d'installage, le Parigot lui 
expliqua que, sur deux aspirants de 
narines que lui octroyait le gouver- 
nement, s'il en distrayait un, il se 
verrait obligé, guand l'autre serait 
sale, de recourir au tire-moelle du 
père Adam, chose qui lui semblait 
peu digne d'un soldat français. » 

MOUE (FAIRE LA). Faire la 
gueule, le nez, 

<i Ton père a fait la gueule, hein ? — 
Oui, il a marronne. » 

(J. Mabiu.) 

MOUILLÉ. Uousé, 



— 325 — 



MOU 



MOULIN. Torniquct. 

MOURIR. Calancher, Caler, Caner, 
Clamser, Claquer, Counir, Cràb- 
ser^ Crampser, Cramseï', Crapser, 
Crever, Cronir, Crounir, Déména- 
ger, Déralinguer, Déteindre, Dé^ 
visser, Glisser ; plus d'innombra- 
bles métaphores dont voici les 
plusemployées : Au«/er legoujon, 
Avaler sa cartouche, sa chique, sa 
cuiller, sa fourchette, sa gaffe, sa 
langue, Baiser la Camarde, la 
Camuse, Boire le bouillon ou un 
bouillon d'onze heures. Casser sa 
canne, sa pipe, sa queue de billard, 
Cracher son embouchure. Crever 
son pneu, Déchirer son tablier, 
Défiler la parade, Dégonfler sa 
vessie, Déposer son bilan. Déposer 
ou rendre son mandat. Descendre 
la garde. Dévisser son billard. 
Épouser la Camarde, Éteindre son 
gaz. Être dégommé, exproprié, 
reguisé, Faire le grand voyage. 
Faire sa crève, sa crevaison, sa 
malle, son paquet, sa valise, Fer- 
mer son livre, son pirapluie. Filer 
son câble par le bout, Foutre le 
camp, Frapper au monument, 
d^aisser ses bottes, Lâcher la per- 
che, la rampe. Lâcher pied, La 
gober. Passer Varme à gauche. 
Perdre le goût du pain. Perdre 
pied. Poser sa chique. Prendre la 
secousse, Prendre mesure d'un pa^ 
letot de sapin. Recevoir son compte, 
Remercier son boulanger. Remiser 
son fiacre, son sapin, Renverser 
son absinthe, son café, son maza- 
gran, Sauter le pas, S'évanouir, 
S'habiller de sapin. Se laisser 
glisser, Sortir ou s'en aller les 
pieds devant. Souffler sa calbombe, 
sa camoufle, sa lampe. Tourner 
de Vœil ; et enfm la plupart des 
équivalents de S'en aller, Fnir. 

« L'âme qui s'échappe du corps, le 
paradis et les garnisons de là-haut, 
après qu'on a claqué. » 

(II. Lavbdak.) 



MOU 



— 326 — 



MOU 



« J' vas faire semblant d* d'ampser^ 
qu'a s* disait, Liane de Pougy, au 
moins on parlYa d* moi I » 

Et tu parles d* fraternité !... 
Goinfre! cochoa! mangeur de truffes! 
T'es on jouisseur... oui, t'es des mufles 
Toi et puis tout' ta société... 
Etj' les engueule... Et puisj' m'engueule... 
Tieu9... j' voudrais mourir, à la (in... 
Pendant que 1' peupe i' a'êo' de faim... 
Moi J' suis plein a trulTet j' pu' d* la gueule. 
(A. B. Les Souloloques (t f/onoré Constant.) 

« Je r croyais fini, n, i, ni, crôniy 
Bibi I » 

M Que veux-tu, mon bonhomme, 
q^uand on cane de pégrenne, on ne 
ngole pas ! » 

(Mabio it Ladnat.) 

« —Comment I le colonel esidégommél 
C'est pour ça qu'on est si joyeux I 
C'était pourtant un brave homme. » 

(IIectob Fbancb.) 

« Tout c' trèpe-Ià crève de faim, à 
preuve que y en a des tas qui devis- 
sent, » 

« Pauvre vieille, elle a dévissé son bil- 
lard, comme vous savez, en reve- 
nant des foires. » 

{Les Propos du Commandeur.) 

Mais, hélas ! c'est le destin, 
^u'on soit riche ou purotin 
Quand il faut tâcher la rampe. 

On décampe, 
Qu'on soit marquise ou pierreuse, 
Qu'on soit noble, mac... ou mec... 
On se r'trouve à la Chartreuse, 

A Mériadcck. 

(A. B.) 

« Eh bien, reprit Hulot, qui possédait 
éminemment l'art de parler la lan- 
gue pittoresque du soldat, il ne faut 
pas que de bons lapins comme 
nous se laissent embêter par des 
chouans... Vous allez, à vous qua- 
tre, battre les deux côtés de cette 
route. . . Tâchez de ne pas descendre 
la garde J et éclairez -moi cela vive- 
ment. » 

(Balzac,) 

« Le plus blackboulé, le plus inconnu 

Eendant sa vie devient un grand 
omme aussitôt qu'il a lâché la 
perche, » 

{Le Corsaire.) 



Et pis, p't-ét* qu'à force d' chercher, 
J' mettrai 1' doigt sur un' gross' légume 
Qui ne m' laiss'ra pas calancher 
Sur le bitume. 

(L. DB Bebgy.) 

Aurait fallu crapser en chœur 
Tous les quatre, en frér's, en amis. - 
[Mémoires de M, Goron,) 

Il s'écria : « Je rais casser ma pipe! Était-ce 
La peine d'amasser tant d'amère tristesse, 
Et de déchaîner tant d'huissiers! » 

(A. GLATicKr.) 

Encore un que la mort fauche 
Saus se lasser de faucher, 
Un qui passt tarme à gauche. 
Sans pourtant être gaucher. 

(R. Po5CH0îl.) 

— ÊTRE MORT. 

« Voici un aperçu des diCTérentes 
phrases que Ton peut employer 
pour annoncer le décès de quel- 
qu'un : Il est mort, il a rendu l'âme, 
il est nettoyé^ il est rasibtts, il est 
fuméy il est cuit, il est /rz/, il est 
f'ricassé, il est ratiboisé^ il est occis, 
il est crafiséj il a passé l'arme à 
gauche, son compte est réglé, il a 
avalé sa chique, il a passé le Slyx, 
il est rincé, on l'a mis dans la botte 
à dominos, il a débouclé sa valisey il 
est cane, il a lâché la rampe, il a 
cassé sa pipe, ii a fermé son vasistas, 
il a démonté son chouberski, il a dé- 
vissé son billard, il est claqué, il a 
renversé sa chaufferette, il a dé- 
boulonné sa colonne, il s'est laisse 
glisser, il a tourné de l'œil, il a 
fait la culbute, il est (^ans le 
royaume des taupes, on vient de 
lui offrir un paletot sans man- 
ches, etc., etc. » 

{Le Journal des Refroidis.) 

C pauv' Perdreau, le y'ik fricassél 
Vn si beau garçon, c'est uommage 
Lui qu'avait tant d' fois caressé 
La Poilue et la M6m' Fromage; 
Car c'était un cœur d'artichaut... 
Dir' qu'à présent il est en teri*e ! 
Hirn qu' d'y penser, moi, j'en ai chaud... 
Ces fourbis-lù... ça vous allère... 
Ah ! c'est épatant, c' qu'on boit, 
Quand on a la gueul' de bois ! 
(A. B. Les Soulologues d'Honoré Constant.) 

— MOURAIT. Qui a son compte 
réglé, son linge lavé, ses carottes 
cuites. Qui est au bout du rou- 



MOU 



— 327 — 



MYS 



Ifau^ Qui file un mauvais coton ^ 
Qui n'^a plus d'huile dans la 
lampe. V. Agonie, V. Vieux. 

« En entrant dans l'âge mûr, il était 
usù déjà comme un vieillard. Ht 
quMl fildt un mauvais coton et /ût 
au bout de son roule^tu,c*esice que 
lui avait dit en propres ternies sans 
mâcher ses mots, 1 excellente et sé- 
vère Mélanie, lorsqu'elle s'était ins- 
tallée au chevet du peintre comme 
garde-mnlade. Pour sa dernière ma- 
ladie, bien sûr, pvnsait-elle, le pau- 
vre diable (encore une des expres- 
sions imagées chères à Mélanie!) 
n'ayant plus beaucoup d'huile dans 
sa lampp. » 

(J. Kiciiipin.) 

MOUSSE. Quand un verre de 

bière est servi avec trop de 

mousse, on dit qu'il a trop de 
Faux col. 

IMOUSTACIIK. Bacchantes, Hiron- 
delles, Ombreuses. V. Barbe. 

MOUTARDE. Ciment (arg. des 
Francs-maçons), Navuce^ Rele- 
vante. 

MOUTARDIER. Dijonnitr. 

MOUTOX. Laine, Morn^, Mortios. 

MOYEN. (Procédé.) Ficelle, Truc. 
Ces expressions comportent une 
légère idée de malice ou de linas- 
serie. 

« On lui fait dire ce qu'on veut, au 
législateur! Et puis, il y a des 
trucs... des ficelles; je me prêterai 
à ce qu'il faudra. »> 

(MlCH».L PitOVIKS.; 

— IL Y A MOYEN. !l y a Jeu, Il 
y a mèche. Il y a plan. V. Im- 
possible. 

« Oh ! pour ce soir, mon vieux lapin, 
il n'y a pa.v;)/ai, j'attends le baron. »• 
{L'Événement Parisien.) 

MUCOSITÉ nasale. Crapaud, 
Loup, Loulou, Tableau. 



« On disait que, lorsque le vieux cri- 
tique se désintéressait de Paction» 
son occupation principale était de 
se tirer du nez les crapauds qui y 
avaient séché. » 

MULATRE. Fumeron, Zan. 

MULET. Se désigne par les équi- 
valents (le Ane ou de GhevaL 

MUR. Duraille. 

MURE. (Fruit.) .Meure. 

J'irons huire à la brnnch' de houx 
Uo pichet d' viu qui sont la meure. 

(J. KlCUIPIH.) 

MURMURER. V. Grogner. 
MUSCLÉ. Costeau, Costo, Homme. 

MYSTIFICATEUR. Fumiste, Le- 
mv:e-Tcirieux, Monteur de ba- 
teaux, Plancheur*. 

« Sapeck était le roi des fumistes; 
c'e^t Alphonse Allais qui lui a suc- 
cédé. >' 

« 11 y a beaucoup de Lemice-Terrieux 
dont le meilleur passe-temps est de 
faire marcher la police. » 

(GOBON.) 

H Ces infatigables monleu. s de hateaux 
passaient une bonne partie de leurs 
soirées à combiner les farces qu'ils 
pourraient bien faire à leurs créan- 
ciers, à leurs amis, à leurs parents. » 

(J. Landbi.) 

MYSTIFICATION. Bateau, Fu- 
misterie, Scie, Sorte (arg. des 
typographes). 

a dette imagination burlesque, née 
de la siuiililude des noms dans la 
cervelle de Cartonet, fut le point de 
départ d'un de ces bateaux dont 
s'enor.:ueillissait notre joyeux ca- 
marade. » 

(Michel Cohday.) 

« Un pétard faisait explosion, hier 
matin, sous les roues d un tramway, 
boulevard Magenta, en face de la 
rue de Chabrol. Agents secrets et 



g&rdiens de la paii le prfcipilent... 
et consl&Ceat une foi* depms qu'il 
•'uit d'une simple fumUttrie. ■ 

MYSTIFIER. CAarri«r,Faire aller, 
Mener ou promener en Coteau, 



Monter des bateaux, Monter une 
scie. V. Se moqner. 





NABOT. BaS'du-ciil. Foulriquet, 
Luin-du-ciel, Luubal, Trois uu 
iix pouces U' j'iinljes et le cul tout 
de suite. V. Petit. 



Eb dooce, on upprtiia n nuaar. 
Ou fiollt, OD [iraud ûm doucli's 



r luti IrciDp^... 1 



NAGEUR. Flotteur. 

NAÏF. Calino, Goilot, Gogo, Gogo- 
bénit , Jean-jcan , Niyauiiinos. 
V. Candide, Dupe. 



Huiitinur G»vD. llDuiifUr Béait. 



KAIN. V. Nabot. 

NAITRE. Décarrer du crac (obs- 
cène), Eh jeter un mr l'existence. 
Mettre le blair à la fenêtre. 



NAÏ 



— 330 — 



NET 



naïvement. Bonifacement. 
NAÏVETÉ. Calinotade. 

NAPOLÉON. L'Ancien, L Autre, 
Le Corse, Le Petit Caporal, Le 
Tondu. 

— N4POLÉON II. L'Aiglon. 

— NAPOLÉON III. Badingue, 
Badinguei. 

NAPPE. Voile. 

NARINE. V. FouiUer. 

NATUREL, adj . (Sans aflfectation, 
sans apprêt.) Nature. V. Nu. 

« J' ffobe c' mec-là I i' fail pas d' chi- 
chis pour vous bonir c' qu'il a su' 
r cœur; i' voua sort ça d' rif, et 
aïe donc III est nature I » 

J*ai chaud ; j'étoufTe en mon corsage... 
DégralTc-le-moi si tu peux... 
Allons, dépôche-toi... sois sage... 
Non., mon corset... attends un peu... 
Tiens c'est fait ! Me voici nature. 
Cher poète, suis-je à (on goût ? 

(P. Paillette.) 

NATURELLEMENT. Nature, Na- 
turliche. V. Simplement. 

NAVET. Barbillon de Xarenne*, 
Naviot, Navarin, Olive de save- 
tier. 

NE, NE PA8, x\E PLUS. Pour 
signifier Tabsence, le manque : 
Nib de, Juste nib. 

« Tu voulais pas qu' Taille avec les 
aminches à la rigolade ; j'avais Juste 
nib d'aubert ; et tu ui' conobles, 
j'aime raquer mon fade. » 

NÉANT. Nib. V. Rien. 

NÉCESSITEUX. V. Misérable. 

NÉGLIGER. Dans le sens de Faire 
sans soin une chose : Saloper, 
Savaler. 

— Voyez-moi un peu ça, s'excla- 
mait la première, vous croyez que 
la cliente acceptera cette jupe-là? 
Est-ce assez mal fichu, est-ce assez 
savate l » 



o Mais ses yeux se fatiguaient à la 
lumière insuffisante de la petite 
lampe fumeuse et, malgré elle, la 
pauvre femme salopait ses derniè- 
res douzaines de cravates, qu'il fal- 
lait à tout prix le lendemain ma- 
tin. >' 

(G. Amyot.) 

NÈGRE. Bamboula, Bâton de ré- 
glisse, Bdton de zan, Beau blond. 
Blond d'Egypte, Boule-à-pof-au- 
feu. Boule de neige, Cirage^ Ciri*, 
Double-six, MaUbUmchi, Minuit, 
Moricaud, Peau-de-boudin, Satou, 
Zan. 

a Ce brave homme avait mis son cou- 
teau dans les côtes de trop de chré- 
tiens sans parler des mat-blanc his, 
pour se faire une idée de nos scru- 
pules. » 

(HucL'BS Le Roux.) 

« Comment qu' c'est qu'on célèbre la 
Noël, au Pays de la Réglisse ? « 

(ID.) 

<« Avance ici. Bamboula^ fit le sergent 
en s'adressant au nègre qui vendait 
ses cacahuettes, offre ta marchan- 
dise à ces dames I » 

NÉGRESSE. Nymphe de Guinée. 

<( Sa peau reluisait au soleil comme 
un bronze ilorentiu. Elle était s^ge, 
disait-on, n'ayant encore eu, mal- 
gré ses dix-huit ans passés, qu'une 
demi-douzaine d'amants à qui elle 
restait fidèle jusqu'au lâchage fatal. 
Un soir, je devins possesseur de 
ses charmes. Mais je me lassai après 
une semaine à cause de l'odeur pé- 
nétrante de cette ni/mpftede Guinée. •» 
{Les Propos du Commandeur.) 

NEIGE. Mouches ou papillons d'hi- 
ver. 

NÉOPHYTE. Noyau. 

NERF DE BOEUF. Canard sans 
plume. 

NET. (Propre.) Net comme torchet te. 
S'emploie également pour signi- 
fier Catégoriquement, Sèche- 
ment. 



NET 



— 331 — 



NIE 



a C'est elle qui le faisait vivre, qui le 
soignait tendrement, qui rétablis- 
sait, chaque matin, dans son fau- 
teuil, avec du linge blanc, yie^ comme 
torc/ielte, et qui entretenait chez 
lui rillusion d'être un bourgeois, 
un homme établi. » 

(François CoppAe.) 

NETTOYAGE. Astiquage, Astique, 
Fourbi, Mastic (arg. des garçons 
limonadiers). 

« Tâchez moyen de me faire un asti - 
quage à la hauteur, que le capiston 
en rote, mille vingt Dieux ! » 

« Ça n'était pas celui-là qui s'abruti- 
rait sur le fourbi, pour sûr î il lais- 
sait bien tout aller de bric et de 
broc ; et s'il n'y avait que son po- 
gnon pour engraisser les marchands 
d'encaustique et de tripoli, oh ben ! 
alors, ils pouvaiient crever. » 

M 11 est trois heures quand on va se 
coucher; et faut être là à huit, 
pour faire le mastic, » 

NEUF, adj. Batif, Batifon. 

NEZ. Blair, Blaire, Blaireau, Bou- 
teille, Cep, Chandelier, Décognoir 
(arg. des typographes) , Nase, 
Naze, Nazareth, Nazicot, Nazon- 
nant, Os à moelle, Pif, Pinceau, 
Piton, Pivase, Pivose, Poignard, 
Renâclant, Reniflant, Tasse, Tas- 
seau, Tournigue, Truffe, Tubard, 
Tube. 

y couch* quéauTois dans les fortifes ; 
Mais on s'enrhum* du cerveau. 
L' lead'main, on fait 1' cbat qui r'nifTe 
Et P blair' coul' comme un ooz d' veau. 

(J. RlCHEPl!<.) 

Y a pas, faut attend* que ça r'biche. 
Et, poure r'bicher, ça r'bicbVa : 

Au jor d'auiord'hai, ie peup* s'en fiche ; 
Mais c'est pVète d'mainqu'i'marcb'ra... 
Est-c' qu'on sait c* qui nous pend au nase? 

V sayait-i' Félisque? i' tannait! 

Moi j* m'en fous : J* pèche au ter de vase, 
En attendant, à Courteuay. 

(P. Paillbtti.) 

« Elle a un pif affreux et une peau à 
plaques vertes, ta passion; une 
peou à faire des porte-cartes avec. 
Tu vois que je sais qui c^est. » 

(J. Marri.) 



Mais, bon Dieu ! t'es don* pus un homme? 
Un garçon d'attaque.., un barbeau? 
Fais don' du foin. . . fal s don' du schpromme, 
Va don' crever Nib de Tasseau ! 

(A. B.) 

D'abord, c' goncier-li, c'est un ronfTe, 
Un salaud, eun' vache, un sagouin! 
Et, si je r poiss* dan' un p'tit coin, 
J'y foutrai mon poine su' la truffe! 

(L. Di Bkbcy.) 

— NEZ ÉPATÉ. Patate, Pied de 
marmite. 

— GRAND NEZ. Éteignoir, Quart 
de brie, Trompe, 

— NEZ LONG ET ROUGE. Au- 

bergine, Vitelotte. 

a Ah! pi t'aurais allumé c^ tubardl il 
aurait fait la pige à la trompe du 
Tonkinois. Aussi fallait entende les 
loupiots, quand i* passait : 

— Ahl c' quart de brie! 

— Pige donc Vos à moelle du frère I 
dix à' éteignoir! 

— Hé, Gugusse, pas d' besoin d'ar- 
moire à ^lace avec un piton comme 
ça ! i' doit y carer ses limes. 

«Dites donc, m'sieu, effacez donc 
un peu vot' vit'lotte, que j' voye 
l'heure à l'église. » 

— NEZ RETROUSSÉ. Blair en 
trompette, où il pleut dedans. 

— NEZ ROUGE. Betterave, Nez 
culotté. Qui a coûté cher à 
mettre en couleur. 

— PERSONNE QUI A LE NEZ 
ROUGE. Qui a un blair à ne 
pas sucer de la glace, comme la 
lanterne du quart ou du bureau 
de tabac. 

NIAIS. V. Béte. 

NIAISERIE. Loffitude. V. Bêtise. 

NID. Chaudet. 

NIER. Aller à Niort, Battre un 
ban *, Battre Niort. 

Va, lorsque t'es ballon, à Niort : 
Si tu jaspinais t'aurais tort. 

(HooicB-GaisoN.) 

Si ta n'es pinglé sur le tas, 
Bien qu'on te jacte d'indulgence, 
Si les gerbiers n'ont conoblance. 
Bats toujoars Niort, ne l'oarre pas. 



NOB 

NOBLE. V. Aristocrate. 

NOBLESSE (LA). V. Aristocratie. 

NOCE. Bombe, Riolle. V. Bom- 
bance, Fête. 

NOGER. y. Bambocher. 

NOCEUR. Fêtard. 

« Et de tout cela, que pense Aliette, 
la délaissée? Elle est de fort mé- 
chante humeur, vient au château 
des Besants avec un cortège fan- 
tasque de têtards etdefélaraes, fait 
du scandale, ruine toutes les 
chances d'Hubert à la députation. » 

(Catdlle Mkmdss.} 

NOCTAMBULE. (Viveur.) Va- 
drouillard, VadrouiUeur. 

— Sans domicile : Clochard, 
Pileur, Fileur ou refileur de 
comète, de cloche. 

Et la pauvrette restera sous la 
neige, aurant toute cette nuit de 
liesse et de chienlit, pour offrir aux 
vadvouilleurs et aux grues ses vio- 
lettes frisées par le gel. » 

(H. SOMBHB.) 

Faut qu'alie aye euu' santé, ta largue ! 
Tu n'y l'aiss's môni* pas un fléchard : 
Tout ton pogiiou l* pass' par la gargue, 

T'es clochard. 



— 332 — 



NOM 



« 



Aussi t'es d' la r'vu' 



(A. B.) 



Miteux, gougnafiers ou poètes, 
IMloQS, raeudi^ot:», purotaiu5, 
Fileurs de cloches... de comètes.,'] 
Fils de ribauds, fîls de putains, 
Manchots, aveugles, culs-dc-jatte, 
Fripes, fripouilles et fripons, 
Nou5 sommes les sans>canijatte... 
C'est nous qui couchons sous les ponts. 

(Id.) 

NOCTAMBULER. Par plaisir : 
Vadrouiller, 

— Par nécessité : Filer ou re- 
filer la cloche, la comète, La 
refiler, Sorguer à la paire. 
V. Coucher. 

« — Huit jours de permission?... 
Pour aller voir votre connais- 
sance?... 

— Non, mon capitaine. 



— Qu'est-ce que vous foutrez de vos 
nuits, alors?... Vous vadrouillerez^ • 

NOGTAMBULISME. Vadrouille. 
S'emploie aussi pour désigner 
les gens qui pratiquent le noc- 
tambulisine. 

<i Depuis si longtemps que les règle- 
ments Tobligeaient à se coucher de 
bonne heure, il avait perdu le goût 
de la vadrouille, i» 

Allons, la Vadrouille^ 
Marchons tous au pas. 

{Ronde de la Vadrouille.) 

NOIR. Some. 

— IL FAIT NOIR. // fait nègre, 

NOISETTE, NOIX. Cassante, Pâté 
d'ermite. 

NOM. Bague*, Bagou*, Bagout", 
Blase, Blaze, Brac*^ Centre. 



Le nase 
C'est 1' blaze 
Du tirailleur algérien 



Qui marche oien. 



01 



(A. B.) 



« Pis, quand qu* t'auras g&ÛUé ma 

Patarafe et r noble mon centre, tu 
ras : « Tiens, c'est c' cochon d* 
Bibi ! » 

— FAUX NOM. Faux blase. Faux 
centre et, par jeu de mots,Fau- 
blas, Faussanie. 

« Je prends la tôle sous faux blaze, 
tu feras le turbin et on s'arrangera 
pour le carme. » 

(0. MiTimu.) 

« On Tapp'lait Bidel, par'c' qu'il avait 
cHé garçon de piste dans eune mé- 
nag rie. Mais c'était un faux centre, » 

— Personne dont on ne con- 
naît pas le véritable nom. 
M, Faublas. 

« D'où venait-il? qui était-il? Per- 
sonne ne savait rien de sa vie 
passée ; il était fermé à tous, même 
a SCS complices, qui le surnom- 
maient entre eux : M. Faublas, n 

NOMADE. Chemineau, ChemineuXy 
Cheminot, Trimardeur. 



NOM 



— 333 — 



NOU 



« La mère Berland était une goule 
qui avait usé deux maris et un 
nombre inûui d'amants ramassés 
parmi les mendiants et les chemi- 
neaux. » 

(GOROÎJ.) 

J'allais à la ville voisine. 
Car, par un cheminot, j'appris 
Que ma fille uuique, eu gé»ine, 
S'y meurt et m'appelle à grands cris. 

(FaAMçoie CorpÉE.) 

« Trimardew\ chemineau^ mais jamais 
pilon — mettons presque jamais. » 

(Ch. Malato.) 

XOMBRIL. Boudiné. 

NON. mb, Nisco, Nix. V. Refus. 

« — Dis donc, Maréchal... ta con- 
naissance! 

Maréchal, dit Touraille, se re- 
tourna : 

— Ma pauvre petite Kreira! — fit-il. 
— Ouij c'est vrail Si prés et si loin 
d'elle a la foisi 

— Tu corresponds toujours? — lui 
demanda l'autre. 

— Hum I... c'est difficile. D'autant 
plus que Merlier me surveille. 

— Je te crois. Il en pince joliment 
pour la mouquère. 

— Oh! pour lui, c'est comme des 
dattes, niscol Rien de fait! » 

(MiCUKL MoapHY.) 

« — Et alors, vous n'êtes pas des 
nôtres, ce soir? demanda le no- 
taire. 

— Nix, fit Tautre, Ma tante arrive de 
Paris par 7.45; et le respect dû à la 
famille m'interdit, pendant le séjour 
de cette brave femme, la moindre 
équipée. » 

NOXCIIALAXT. V. Apathique, 
Fainéant. 

NON-LIEU. Bénéficier d'une or- 
donnance de non-lieu : Décarrer 
de belle. 

NORMAND. JargoUier\ Jergol- 

lier \ 

NORMANDIE . Jargolle * , Jcr- 
golle *. 



NOTAIRE. Brodancheur à la cym- 
bale^ au macaron^ à la plaque, En- 
ti/lcur à la plaque, Plaque doran- 
chée (allusions aux panonceaux) ; 
Inutile, Serard^. 

NOTE (MAUVAISE). Manquesse. 

— AVOIR UNE MAUVAISE NO- 
TE. Piquer une Sèche (arg. de 
Saint-Cyr). 

NOTE A PAYER. Douloureuse. 

a On arrive au bal de l'Opéra, tout 
frais, tout mignon, tout pimpant, 
bien brossé, plein d'illusions, et 
l'on s'en retourne couvert de pous- 
sière, harassé, avec sa blanchis- 
seuse ou la fille de sa concierge au 
bras, supercherie dont on ne s'aper- 
çoit qu'au moment de la doulou- 
reuse, et l'on rentre chez soi avec 
cinq louis de moins dans son porte- 
monnaie, quelc[uefois avec un œil 
au beurre noir, un mal de tête 
atroce, et, malgré cela, avec l'envie 
de recommencer le samedi sui- 
vant. M 

(LtoN HoseioNOi..) 

NOTE DE MUSIQUE. Fausse 

note : Canard, Couac. 

«I Le caporal clairon s'indignait qu'un 
garçon qui lui paraissait dégourdi 
ne pût pas sonner l'appel sans 
fedre de couacs. » 

NOURRICE. Abéqueuse*, Dabu- 
che, Nounou, 

M Soudain il avisa sur un banc une 
petite nounou... Oh! mes enfants! 
ce qu'elle était chouette! mille 
baïonnettes! avec son petit tablier 
blanc bien plissé, son grand bonnet 
et sa robe noire qui moulait d'une 
façon avantageuse les rondeurs de 
la poitrine... et des rondeurs, oh 1 
là là!... » 

[La Baïonnette.) 

NOURRIR. Abèquer\ On emploie 
le verbe Foutre suivi d*un com- 
plément signifiant Aliments , 
Nourriture. 



NOU 



— 334 — 



NUI 



« Quand il avait pas d' quoi crouter 
c'est moi qui y foutait la pâtée... 
aujourd'hui il n' s'en rappelle pus. » 

— SB NOURRIR. V. Manger. 

NOURRITURE. Becquetance, Bec- 
tance, Bomtifaitle, Briffe, Crous- 
tille, Croûte, Frigousse, Morfe*, 
Plue*. V. Cuisine. 

« l's s' demandent comment qu'i's s* 
démerd'rout pour trouver la roufle 
et la bectance, » 

« Tous les sans-fortune ne sont-iU 

Ïtas obligés de se louer pour iacroi^- 
illef » 

(P. Paillkttb.) 

a De quoi te plains-tu? demanda le 
Parigot. Le gouvernement te fiche 
des harnais épatants et un pardeusse 
comme n'en aura jamais le maire 
de ton patelin ; tu as le plumard et 
la croûte assurés ; sans compter que 
tu peux te ballader avec uu flingot 
sur l'épaule, sons port d^arme et 
même en temps prohibé I » 

^ MAUVAISE NOURRITURE. 

Ragougnasse. 

— BONNE NOURRITURE. Ché- 
rance. 

— NOURRITURE DES PRI- 
SONS. Halion de ta liamée *. 

— NE GAGNER QUE SA NOUR- 
RITURE. Faire juste la croûte. 
Ne faire que le biscuit^ que le 
bœuf. 

« Dans cette nouvelle place, il était 
employé au pair et n'avait même 
plus les petits pourboires quUl ré- 
coltait chez son ancien patron. 

— Sale boite, disait -il, on ne fait que 
le biscuit! n 



— PRIVÉ DE 

V. Faim. 



NOURRITURE. 



« Je ne turbine pas souvent, mon 
vieux La Gaule... c^est pas de m« 
faute... les singes sont trop rosses... 
Eh bien! quoi qu'il faut faire? 

— T'affrancbir comme nouziergues. • 

(E. LiPSLLCTin.) 

« — Nous allons voir el' feu d'arti- 
fice, viens-tu avec nouzaillest » 

XOUVEAU-NÉ. V. Enfant. 

NOUVELLE, subs. Fausse nou- 
velle : Canard, 



« 



3 



NOUS. Nousailles, Nouzière, Nou- 
ziergue, Nouzig, Nouzigo, Nou- 
zigues. 



On sait en quoi consiste le canard 

et quelle est sa fabrication. Il en est 
ui se sont vendus à des milliers 
'exemplaires, tels « Le Serpent de 

la rue Lacepède » et « L'Assassinat 

de Rochefort. » 

(G. ACKI^R.) 

NOUVELLE-CALÉDONIE. Là- 
bas, La Nouvelle. V. Bagne. 

« Les uns voudraient que la « Nouvelle » 
rendue à la colonisation libre, les 
forçats fussent enrégimentés en 
brigades volantes. » 

(E. BncnAT.) 

NOUVELLISTE. V. Journaliste. 

NOVICE. Noyau. V. Apprenti. 

NOYÉ. Bouffi, Dessalé, Flotteur 
(iron.). 

NOYEK, subs. Cassant. 

NOYER, V. Dessaler, Faire flotter. 
Oïl dit également Balancer ou 
balanstiquer dans le bouillon, 
dans la flotte, dans le jus, etc. 
V. Eau. 

— SE NOYER. Boire à la grande 
tasse^ Se dessaler^ Se faire 
flotter. 

NU. A poils. Nature. V. Naturel. 

Où se cachent les effigies 
Oui, sur des écus variés, 
Constatent les pathologies 
Des potentats avariés ? 
Où les Républiques augustes 
Mais à poils, inscrivant des lois 
Sur l'or des louis d'or, très justes 
Quand arrivent les Ans de mois ? 
(Laubcitt Tailiadb.) 



NUIT. Ili-unetle, Seuiite, Notlle, 
Sortie, SoT'jue. 

> Ce tait, à la neuilU, on s' trauv'ra 
derrière I' Père Lachaise et od «'ex- 
pliquera, k 



Qui pagaolt nt t k torgui 

El pour loua IM frir'i miraotoDi 

Omiertir-nlklm marque. 



^ 




OBÉIR. \Marcker. 

« — Tn marchtraiê, loi, *i on U 
commaiid&it de canarder lei vrâ- 
Tlites ? 

— Hui... Je ne aali pai, . . Je tirerai* 
peut-être... en l'air. ■ 

OBÈSE. Bidonnant, BirdoutUard. 

OBÉSITÉ. V. Abdomen. 

OBSCÈNE. Cochon. 

• Comme elle le piquait de littérature, 
elle Teuilletalt les auteurs à la mode, 
afin d'en pouvoir cauier le cas 
échéant, mais ne lisait complète- 
ment un Duvraga qu'après s'être 
nisuri'e, auprès des camarades, qu'il 
contenait des passage» ■ corAonj. 



«sage» ■ cm 
1j. i«« 



OBSCÉNITÉ. CocAonnm*. 

• A la musique, le dimanche, sur le 



mail, ils se promenaient, bru des- 
sus bras liesious, en frères, «t Ils 
mettaient tout leur esprit i inven- 
ter des eochonneriei, qu'ils se débi- 
taient à haute «olx en passant près 
des groupe» déjeunes filles. ■ 



<c Ce ne sont pas seulement les vieux 

noceurs, — que la fSte, trop long- 
temps men^e, a obligés A dételer 
et que IniBient Impmssents tous 
les éliiirs connus, — qui se pas- 
sionnent pour les spectacles eroti- 
ques et assistent dans des lupanara 
ou des • bains >> spéciaux i des 
saturnales saphico-socratiques; la 
elienlète de voyeuri se compose 
aussi de Jeunes gens et de Jeunes 
femmes du demi-monde et même 
du rral monde. ■ 

OBSÉDER. V. Agacer. 

OBSERVATEUR. Sondeur. 



OBS 



— 338 — 



ŒIL 



« C'était un sondeur qui connaissait 
son Paris sur le boul du doigt. » 

OBSERVATION (SE PLACER 

EN). Paire la planque. Se mettre 
en planque. V. Espionnage. 

OBSERVER. Allumer, Remouchei% 
Sonder, V. Guetter, Regarder. 

OBSTACLE. V. Embarras. 

OCCASION. Chopin, Flaubert, Oc- 
case, Tuile (iron.). V. Aubaine. 

— ATTENDRE PATIEMMENT 
L'OCCASION. Laisser pisser le 
mouton ou le mérinos. 

« Quand le lion, avant de sauter sur 
sa proie, s'aplatit et rase le sol, 
celui qui ne le verrait qu'ainsi con- 
clurait que cet animal est un taifeur, 
qu'il se feiit petit pour s'eiTâcer et 
se cacher... 

11 n'en est rien, pourtant! 

Donc, que les écœurements de 
l'heure présente ne nous découra- 
gent pas : faisons notre turbin de 
propagande, éparpillons les idées 
aux quatre vents et laissons pisser 
le mouton. » 

{Père Peinard.) 

OCTROI (COMMIS D). Gabelou, 
Landier *. 

c Pendant le siège de Paris les f/abe- 
tous étaient armés et montaient la 

Sarde concurremment avec les sol- 
ats. M 

(Sctter-Laumax**.) 

OCTROYER. V. Donner. 

ODEUR. Goût. 

« — Ça sent un drôle de .70?^/ quand 
on entre ici, fit la petite blanchis- 
seuse ; c'est une odeur comme à 
l'église. 

— Cest un peu de cascarilie que j'ai 
fait brûler; le parfum ne vous en 
déplaît pas? >» 

(Bauoa.) 

— MAUVAISE ODEUR. Cornagc, 
Embuement, Danse, 

— ODEUR QUI S'EXUALE DES 
CHAUSSURES, des bas ou 



chaussettes des gens malpro 
près. Essence 'de facteur, de 
chaussettes, Protoxyde de gen- 
darmium. 

«Au retour des marches, le règle- 
ment exige qu'on tienne les fenêtres 
et les portes fermées pendant que 
les hommes changent de linge. On 
leur évite ainsi rhumes et bronchi- 
tes ; mais on les astreint à respirer 
pendant une heure les miasmes 
que dégage le protoxyde de gendar- 
mium. » 

— RESPIRER UNE MAUVAISE 
ODEUR. En prendre plus avec 
son nez qu'avec une pelle. En 
prendre une prise. 

OEIL. Ardent, Châsse, Châssis, Clair, 
Clignât, Clignotant, Coquillard, 
Godet, Lampion, Lanterne, Lou~ 
chant, Luan*, Lucarne, Mire, Mi- 
rette, Quinquet, Reluit, Vitre, 

Avoo'-le, va... t'es impuissant, 
Tu clos tes chdsMCMf t'es sans scrunales, 
Kt tu protèg's du mém' sanfr-froia 
L' sommeil des Bons et des Crapules. 

(Jkha:* Rictus.) 



Tes clignotants soot fatiguas ! 



(b.) 



a — Eh ben ! quand vous serez là, à 
écarquiller vos coquillards 1 » 

{Gil Blas.) 

Si j* te Tois fair' l'œil en lir'lire 
A ton perruquier du bon Ion, 
Irma, i' suis l&clié de te 1' dire, 
Foi d'homme, j' te crèvo un lampion t 
(Chanson populaire.) 

V'ià feu ma doch' qui radin' subito. 
Môm' qu'elle ai ait encor peint ses mirettes, 
f>oudré sou blair et rougi son museau. 

(WiLLY.) 

T'es là des heur's que tu l'admires I 
A t* coller du roug' su' la peau 
i.t du bleu tout autour des miret^ 
T'as quasiment l'air d'uu drapeau. 

(L. DE Beect.) 

Or, comm* j'avais d' jolis guinouets^ 
Aux bonshommes que la uoc' déplume 
On m'oiiviiva tend' des bouquet:» 
Sur le bitume. 

(Id.) 

a C'est comme Polyte, il a beau s' les 

laver avec de l'eau de rose, il a tou- 

I jours les godets bordés d^ jambon. » 



ŒIL 



— 339 — 



OFF 



— OEIL MITEUX. Cireux, Se dit 
également de la personne at- 
teinte de mite. 

— OEIL NOIR. Pruneau. 

— OEIL ROND. Boule de loto, Ca- 
lot, 

A Panlin, mince de potin ! 
Oq t connait ma gargarou'^se, 
Ma noie, mon pir qui relrousse, 
Mes calots de mec au eraliu. 

(J. KiCHEriM.) 

— OEIL POCHÉ. Cocambo, Coq, 
Coquard ou Cocard, Œil au 
beurre noir, à la coque, Tape-à- 
Vœil. 

« Il aperçut Bibi-Ia-6rillade qui lisait 
ég^alement Tarfiche. Bibi avait un 
œil au beuiTe noir, quelques coups 
de poing attrapés la veille. » 

(Emile Zola.) 

^ DESSILLER LES YEUX. Net- 
toyer les lucarnes. 

« La petite soubrette fit tant qu'elle 
nettoya les lucarnes du baron et lui 
fit voir clair comme le jour qu'il 
était archi-cocu. » 

{Let Propoi du Commandeur.) 

— OEIL EXERCÉ, attentif. Œil 
américain. 

« Le vieux commandant s'apercevait 
bien que son sacripant de neveu tour- 
nait autour des jupes de Mariette et 
semblait humer les parfums « sui 
generis » autant que champêtres 
qui s'en exhaloieut comme on hume 
ceux d^une rose, il voyait approcher 
le moment de la décisive culbute, 
aussi se promettait-il d^avoir Vœil 
américain, c'est-à-dire d'ouvrir l'œil 
et le bon. » 

{Les Propos du Commcmdeur,) 

— OEIL LARMOYANT. Œil ma- 
récageux, 

— OEIL LANGOUREUX. Œil sur 

le plat, en tirelire. 

— OEIL LOUCHE. V. Louche. 

— OEIL DONT LES PAUPIÈRES 
SONT ROUGES. Œil bordé 
d'anchois, de jambon, de rosbif. 

ŒIL MALSAIN, constamment 
uidlade. Œilgogotte, 



— OEIL PETIT. Châsse en trou 
de p..., en trou de pipe, 

— Qui qu'a les mirett*8 gogottes ? 

— (Test Chaplolte. 

— Qui les a bordé's d'anchois ? 

— C'est François. 

— Qui qu'a les chàss's en trous <f pipe ? 

-;- C'est Philippe. 

— Qui qu'a toujours un eoqucwd ? 

— C'est Bernard. 

{TieiUeseie.) 

— OUVRIR L'OEIL. Allumer ses 
clairs, ses lampions, Éca» quitter 
ses châsses. 

— OUVREZ L'OEIL ? Deux sur 

dixl (arg. des employés de 
bazar). 

« Les employés de bazar se prévien- 
nent entre eux en annonçant : 
« Deux sur dix ! » ce qui signifie : 
« Ouvrez vos deux yeux sur les dix 
doigts du client. » 

OEILLADE. Appel, Coup de châsse^ 
Coup de mire^ Gingine*. 

— LANCER DES OEILLADES. 

Faire des appels, Envoyer des 
coups de châsse, Ginginer*, 

« Tu parles que, si Cécile avait frimé- 
la sœur en train de m' faire des 
appels, j'y aurais pas coupé d'une 
cérémone et qu' 1 aute aurait pris 
quéqu' chose pour ses coups d' 
châsse, M 

OEUF. Avergot, Coco (arg. des 
enfants). 

OFFICIAiXT. Prêtre officiant : 
Babillard, Jaseur. 

OFFICIER. Off, Officetnar. 

« Tous les o/fs étaient réunis autour 
du colon qui s'échauffait et leur 

Sarlait certainement du scandale 
e la veille. » 

— OFFICIER D'ÉTAT-MAJOR, 

Topo, 

— OFFICIER DE PLACE. As de 

carreau *, Vert de gris. 

« Le revers rouge que portaient 
autrefois les officiers de place 



OFF 



— 340 — 



OR 



quand ils étaient de visite de poste 
les avait fait surnommer as de car- 
reau*. » 

— OFFICIER SUPÉRIEUR OU 
GÉNÉRAL. Grosse légume ou 
simpl. Légume, Poireau. V. Au- 
torité. 

— OFFICIER COMMANDANT 
L'ÉCOLE DE SAINT - CYR. 

Tout cuit. 

— OFFICIER D'ADMINISTRA- 
TION. Chien vert. 

— OFFICIER QUI NA PAS VU 
LE FEU. Capiston de mar- 
mites. 

— OFFICIER EN BOURGEOIS. 

Marchand de marrons. 

^ VIEIL OFFICIER. Culotte de 
peau, Ramolloty Ronchonneau. 

^ OFFICIER DE GENDARME- 
RIE. Rouant*y Rouen*, 

— OFFICIER DE MARINE. 

V. Marin. 

— OFFICIER DE PAIX. Rricul, 
Cabestan, Cierge* , Gr.ind Meu- 
don*. 

— OFFICIER DE JUSTICE. Sa- 
cre. 

OFFRIR. Se fendre de. V. Donner. 

« Elle s'était enfuie comme uue nym- 
phe farouche surprise derrière les 
saules, criant en un tumulte de por- 
tes refermées : « Dites à monsei- 
gneur de m'attendre, Je ne suis 
pas encore habillée. » Et elle avait 
reparu aussitôt, radieuse, les che- 
veux relevés en poigntl^e au-dessus 
de la nuque, souriant, avec, autour 
de ses cuisses fuselées, blanches 
autant que des Truits savoureux où 
l'on voudrait mordre et étnncher sa 
soif, des jarretières de valenciennes. 
Et TAltesse avait été si sensible à 
cette marque de déféren*^e qu'elle 
se fendit , le lendemain, d'uu triple 
collier de merveilleuses perles dans 
les cent cinquante mille. » 

(R. Maizehot.) 

— OFFRIR A BOIRE. V. Boire. 



OIE. Angauche,Angluce,Anglus$e^ 
Becfigue de cordonnier, 

OIGNON. Olivet, Pleurant. 

OISEAU. Bécant, Beccant^ Insecte^ 
Porte-plumCf Volant. 

Et dans l^s branch's et sa' les toita 
Ces vach's de h^canti batirolent 
£t gueul'nt pus Tort aue des putois. 

(Jeiah Rictos.) 

Et mézig, parmi le greaa 
Ayant rivanché la fràiiue, 
Dit : « Volants, vous eoualez chenu. * 

(J. RicHBpnf.) 

OLIVE. Nisette*. 

OMNIBUS. Aie-Aie, Balte à sar- 
dines, Bonbonnière à filous *, Bus, 
Face à face, Four banal *, Omni- 
croche. Roulotte à trépe. V. Impé- 
riale. 

« On a pris V bus pour nos trois flè- 
ches. » 

ONANISME. V. Masturbation, 
Masturber. 

ONCLE. Frangin-dab, Tonton (arg. 
des enfants). 

ONGLE. Avoir les ongles sales : 
Avoir les ongles en deuil ou Por^ 
ter le deuil. 

OPPOSITION mise sur des va- 
leurs de bourse. Cognage. 

— VALEURS FRAPPÉES D'OP- 
POSITION. Faffes ou fafs 
cognés. 

« Moi, j' sVais cambri, j' tarderais 

aue r plate et V jonc ; et dans V taf 
u cognage, y balancerais toutes les 
imagés dans V rif. » 

Pour qu'on pnume nib sous ton toit 
Des fafs cognés défargue-toi : 
A moins qu'à Londres tu les fourgues, 
Tu n'eu tirerais pas deui bourgues. 

OR, subs. Jognardy Jonc, Orient*, 
On dit encore Bath par opposition 
à Toc. V. Beau, Faux. 

Avant un marque, i' s'rai fringue : 
Frusqué d' premier , bridé, bogue, 



OR 



— 341 — 



ORB 



Avec dnjognard plein mes fouillei : 

aiirrai, panouif 
(L. DB Berct.) 



Et j' vous emmoascaiirrai, panouilles ! 

Bi 



«c Après avoir refroidi la vieille, ils 
n ont trouvé dans l'armoire qu'un 
peu de blanquette avec un bon en 
fonc qui valait pas deux ciguës. » 

— PIÈCE D'OR. Bonnet jaune*, 
Douton^ Jaunei. 

M — Je demande le change de mon 
billet. L'employé le prend, fait cla- 
quer le papier, le passe à la lumière 
en le regardant par transparence — 
et m'allonge mes dix souverains 
en or. 

— Superbe! 

— A ce point, je feiillis pousser un 
cri de joie, lleureusement, je pus 
me retenir. Je ramassai les jaunets 
sans me presser... et puis je m'en 
allai le plus tranquillement du 
monde. » 

(I.EnMiNA et LftvfguK.) 

— Pour désigner la valeur des 
monnaies d*or, on se sert 
des expressions suivantes : 

— 1000 FRANCS. Fifhj (angli- 
cisme, arg. des bookmakers); 

— 800 FRANCS. Un poney (id.); 

— 100 FRANCS. Une livre, un 
mètre j une pile ; 

— i$0 FRANCS. U?ie deini-livre, 
une demi-pile; 

Lorsque le chiffre 50 s'ajoute 
à une quantité indiquée par 
mètres, on l'énonce comme 
en français ; exemple : 
450 francs, quatre mètres 
cinquante ; 

— 40 FRANCS. Deux ciguës, deux 
cigardsy deux sigards, deux 
si gués ; 

— 30 FRANCS. Un ciguë et 
demi ; 

— 20 FRANCS. Un cigue, un 
cigardt un sigard, un sigue; on 
disait autrefois si galle * ; 

— 10 FRANCS. Une bouge, une 

pistole ; 

— » FRANCS. Un dollar. 



Quelques fantaisistes appel- 
lent CEuf sur le plut la somme de 
15 ou de 25 francs présentée sous 
la forme d'une pièce de 5 francs 
en argent recouverte de la pièce 
d'or. 

'( Bref, le Courtemiche en Question 
avec des magnéres tout à lait à la 
mode, aborde 1* mec à la renconte 
su' r rade, et i* y présente dix 
ciguës conte deux laffes d'une 
pile. M 

Nôu.4 on ^crit l'argot des ligues, 
Des Ribi, des Kloi Constant 
Qui la r'ièv' û Ménilraontant 
Et qui ;i'ea vont poissAut des cigutê. 

(A. B.) 

« On tourne autour de toutes les 
combinaisons, on se fait tous les 
prix, on se donne tous les nomsl 
On fmit par en arriver, dans la 
façon de se rabattre une pistole ou 
de se proposer cent sous, à une 
sorte de pathétique, et le coup 
d'œil, à ce moment-là, est vrai- 
ment grandiose et grouillaut. » 

(Haorici Talmbyb.) 

L' principal est de s' laisser vivre, 
Sans emAbse, ot de s' fair' do lard 
Kt, qu'un la r'truu^s' d'oun' demi-livre. 
D'un ciyard ou mono' d'un dfAlew, 
Du moment qu'on a la bectance 
Et des gonzcss's qui s' mett' à g'noux. 
On crie : <« A bas la préfectance ! 
El viv'nt nus berger' ! Et viv' nous ! » 

(L. DB Bercy.) 

ORDOXxXAIVCE de médecin. Con- 
tremarque pour le Père-Lachaisê 
ou tout autre cimetière. 

ORDURE. Cochonnerie. V. Obscé- 
nité. 

ORDRES. V. Décoration. 

OREILLE. Anse\ Cliquette, Es- 
couille*, Escoute, Écoutille, ES" 
gourde, Esgourne*, Esgouveme*^ 
Loche, Oche *, Scouane. 

« — Y es-tu, ma petite pouliotte, y 
es-tu? As-tu bien ouvert tes écow' 
tilles ? M 

(J. RiCHBPUf.) 



ORE 



— 342 — 



OUY 



Dans Tot* loche entrez les conseils 
D'un vieux roumard, un d' vos pareils. 

(HoGiBa-GusoN.) 

I<es pèlerins 

Ont pris le train, 

Le train de P&ques : 
De l'eau de Lourdes plein leurs gourdes, 
Des bons conseils plein les esgourdes^ 
Et du pain bis dans leur bissac. 

(FaAMC'NouAi!!.) 

— <;rande oreille. Feuille 
de chou, Plat à barbe, 

OREILLER. Polochon, Cette 
expression signifie aussi et plus 
spécialement Traversin. 

ORFÈVRE. Joncher, Orphelin. 

ORGUE. Comiflant. 

ORGUEIL. Piaf, Pose, V. Embar- 
ras. 

ORGUEILLEUX. Poseur, V. Em- 
barras. 

ORIGINAL. Se traduit par les 
équivalents d'Amasant. 

ORTEIL. Hancot, V. Pied. 

OS vendu au prix de la viande. 
Réjouissance, 

OSÉ. (Hardi.) Qui a du culot, Qui 
n'a pas de puces. Qui n'a pas la 
trouille. Qui n'a pas chié la honte, 

« — Eh ben I mon cochon, Vas pas 
de puces de venir dire que c'est moi 
qui t'ai chauffé ton c{uartl Plus 
souvent que je voudrais boire à la 
même auge que toi I » 

OSTENTATIOX. V. Affectation. 

OU? Interrogation dans un sens 
de moquerie, d'ironie ou de re- 
fus. Chez Bobèche? Chez hache? 
Chez Plumeau? Chez qui? \, Com- 
ment. 

OUBLIER. Manger la consigne, le 
mot d'ordre, 

m — Alors, c'est entendu, nous vous 
attendons lundi, pour tirer les 



rois. Allons, adieu; et surtout ne 
mangez pas la consigne! » 

(J. LàNDai.) 

OUI. Gi, Gigot, Go, Gy, Jaspin", Ji, 
Jy. 

Gy, mon chéri, oui, gjr, mon homme. 
Tout mon fricot c'est pour ti pomme... 

Gj, t'en aiires 

Tant qu'ren voudras 
Du beau pognon qu'est dans mon bas. 

— L'affirmation, rapprobation 
se traduisent souvent par des 
périphrases comme : Je te 
crois ! Je f écoute! Tu parles! 
Tu causes ! Un peu, mon ne- 
veu, etc. 

« — Mon ami, lui dit le jeune homme, 
puisque tu me gobes tant ({ue ça, 
veux-tu me rendre un service? 

— Mince alors!.,. Vous par lez l.., »> 

(Lbamiha et LtvtQuBi) 

OUTIL. Ensemble des outils d*un 
ouvrier : Bibelot, Biblot, Clous, 

— Ensemble des outils d'un 
malfaiteur : Agobilles, Alê- 
nes ou Halènes, Bataclan, 
Cadets, 

« Deibler, maintenant, veut avoir ses 
clous auprès de sa piaule. >> 

« Ne pouvant supposer que je saisis- 
sais leur langage, il parlaient argot 
à côté de moi : 

— Moi, disait le plus petit, je ne 
monte pas en Pair sans cadets; 
trouve aes halènes et je marche. » 



— OUTILS DE 

Baume d'acier. 



CHIRURGIEN. 



OUVERT. Débouclé, Débridé. 
V. Ouvrir. 

OUVERTEMEXT. A la tête, A la 
tête du camp. V. Effrontément. 

OUVRAGE. V. Travail. 

OUVREUR DE PORTIÈRES. 

Déboucleur de roulantes. 

OUVRIER. Bouleau, Boulot, Prolo, 
Turbin, 



— Par ironie, on altère l'or- 
thographe d'Ouvrier dont 
on fait Ouvarrier, Ouierre- 
rier, Oveirier, etc. 



343 — OUV 

MAUVAIS OtIVHIBR. Caltur 



— BON OirVRIER. Boulonneur, 
Cotletineui; Coltineur, Masseur, 
Turbiieur, 



— Un joftof ! repéta le contre-coop, 
un sabot qui commence sa lemaine 
le mardi et qui ne ficbe rien de 
bon!... li ne lera paa long feuJ > 



Les petUa maina gagnent leur vie 
en cousaut les uni aux autrei dei 
lés de blanc, de rouge, de bien. • 



ifiirodie argotique.) 



m 




PAILLARD. Baiseur, Bandeur, 
Chaud de la pince. Chauffeur, Co- 
ckon. De l'abbaye de Longchamps', 
De l'abbaye des Dames ', Fouail- 
leur ', Fourrageur, Fourreur, Fott- 
tailleur'. Fauteur, Godeur, Got- 
teur ', Gou-jnot, Homme à femmes, 
àpassions.Juponnier, larcotlier', 
Largottier *, Marcheur, Planteur, 
Porté sur l'article, liiiard ', R 
cailleur, Bosse larcot des Flan- 
dres), Soudrillard', Tendeur. 
V. DégniBer. Ces expressions 
sont obscènes, à l'exception ' ~ 
quelques-unes qui sunl couran- 
tes en littératui-e cl en journa- 
lisme. 

- Mais ainsi ne vonlaieiil-ils pas agir, 
eui, les casac-cŒurs, restés int:- 
bronlablement paillngsonBetrAatJtJj 
rie la pince, certes, aussi, et restés 
en mSme temps, chneun ù 9ara<;on, 
le bel bomine dont la philosophie 



voué à l'enlretiea de l'hoii 



11', i'.ium..) 
Jac(|ues Était ce qu'on appelle a 
Pari» un homme à femmes, itiaii 
saus la sottise de Leil&Ire qui s'at- 
tache gi^Déraleiuent à cette Aèrù- 
miDatiou. » 

(Félicii, CK.ir..U..) 

C'était le plus grand juponnier que 
j'aie jamais connu. Sans cesse en 
chasse, dans le rhamp des Tauvettes, 
ayant l'art de plaire el celui de s'y 

§ rendre, il rerentdl rarement bre- 
ouille. ■> 

{Le» Prùpot du Commandeur,) 

Le petit vicomte, nouvellement ma- 



PAI 



— 346 — 



PAN 



rié, a présenté sa jeune femme au 
vievx marcheur^ son oncle. 

— Eh bien! vous plait-elle? demande- 
t-il. 

— Si elle me plaît? répond le vieux 
marcheur y tous mes compliments 1 
Je Ten souhaite beaucoup comme 
ça... » 

(£0 Journal.) 

« Et la gamine demeurait pensive 
devant le dessin de Forain, se de- 
mandant de quoi avait bien pu rire 
sa tante et ce qu'il pouvait y avoir 
de drôle dans ce dessin d'une vieille 
servante, apportant le petit déjeu- 
ner à un couple couché, et cette 
légende : « Le chocolat du Plan- 
teur, » 

(P. DOMBRC.) 

PAILLASSE. Bardannière (arg. 
lyonnais), Plumard. V. Lit. 

PAILLE. FertangCy Fertillante, 
FertillCy Frétille, Pelouse, Plume 
de Bcauce, Plume de trois pieds. 

PAIX. Artie\ .\rtif\ Arton\ 
Bricheton, Briffe, Briqnolety Car- 
me" y GiHngale, Gringuey Lartie^ 
Lartif, Lartille, Larton^ Pierre à 
affûter. 

« J*ai faim ! qu'on me donne au moins 
du bricheton. » 

(Gonoii.) 

« — Un coup do jus, mon vieux 
birbe, et une croûte de brignolet. » 

(HUYSMANB.) 

« Ben moi j' trouv' que c'est schbeb! 
Et quoique j' gob' pas beaucoup les 
robins et tout c' qu'i's appell'nt la 
Justice, f dis que l' Ma(?naucl (tu sais, 
r président du tribunal ed' Château- 
Thierry qu'avait renvoyé blanch' 
la bonn* femm' qu'avait grinchi un 
gringu^ pour son m6me« tout der- 
gnièr'ment ?) j* dis que 1' Magnaud 
est un homme. » 

Tout d' môm', dis pas niort au persil. 
Sans lui, bonsoir la bagu'naud' ronde! 
Moi. j* suis birbass', j'ai b'soin d' larton. 
T'as Jonc un palpitant d' carton? 
Qui qu'a massé pou' t' font' nu monde? 

(J. RicHEPi:*.} 

« — Hé! p'tit Louis, passe-moi la 
piei*re à affûter, dit, en tirant son 



couteau, le loucherbème. J*ai une 
dent ce matin à croûter un sergot. » 

— PAIN BLANC. Artie de Meur 
tan*, Chotet, larton savonné^ 
Mousseline. 

Je lui jaspine ea bigorne 
Qu'as-tu donc à roorfiller? 
J'ai du ch'nu pivois saus lance 
Lonra, malura dondaine, 
Et du larton savonné 
Lonfa, malura dondé. 

{Chanson argotique.) 

— PAIN BIS. Bissard, Brutal. 

— PETIT PAIN. Meurt-de-faim. 

— PAIN DE QUATRE LIVRES. 

Maçon. 

— PAIN DE TROUPE. Boule, 

Boule-de-son. 

« ~ Qui c*e8t qui s'a core endormi 
su' ma boule*î fit-il en se rétablis- 
sant sur la planche à pain. Si jamais 
je le choppe, j'j montrerai la dix- 
septième, à çui-là! vingt Dieux! » 

— RATION DE PAIN DU PRI- 
SONNIER. Demi-boule. 

PAIN DE SUCRE. Enfant de 
chœur *. 

PALAIS. Dalle. V. Boire. 

PALAIS DE JUSTICE, à Paris. 

La Cigogne. 

Je monte à la Cigogne, 
On me gerbe à la grotte 
Au tap et pour dii ans. 

{Vieille chanson argotique.) 

PALETOT. Alpague, Alzingue. 

« Des salauds, avec des falzards tout 
neufs et un alpague du bon tail- 
leur. «» 

(TaUBLOT.) 

— PERSONNE VÊTUE D*UN 
PALETOT. Fracassé. 

PALIER. Paron. 

PANIER. Pagne. 

PANONCEAU. Cymbale, Macaron. 

PANSE. V. Abdomen. 



PAN 



— 347 — 



PAP 



PANTALON. Bénard, Culbuiant, 
Culbute^ Dalzar, Êtuiy Falzar, 
Palzard, Fendard, Fouitenardy 
Fourreau, Foutanard, Grimpant, 
Montant y Pantalzar, Phalzar, 
Porte-trèfle * , Seiroucl, Tuyaux, 

« Avec une def à dix-neuf ronds, un 
bénard à pattes d'un thunard et un 
bourgeron d'un tarante, le v*Ià 
harnaché. » 

Avec le cul sur an coussin 
On n'a pas 1' plaisir épatant 
D' détacher auprès d'un roussin 
Un' pastiir dans son cnlhutniU. 

(J. RiCHBPIA.) 

Elle roucoule, elle flûte 
Devant les gens stupéfaits. 
Et tout ça dans sa cxilbutf^. 
Et ça ne sent pas mauvais. 

(Raoul Poncbo!<.) 

Cbercir*la, poivrot!... Tu déblatères 
Pour de quui ? Que qu' lu vcui prouver ?... 
Tu gueul's coot' les parlementaires, 
C'est-i' ça qui t'Ia Tra r'trouver 
Ta bon Dieu d' clé !... In clé d' ta lourde... 
Fouiir ton gilet... fouill' ton falzarl 
Espèc' de veau !... bougre de gourde!... 
... C que l'aurais perdu', par hasard? 
(A. B. Let Soulohquei d'Honoré Constant.) 

Ave€ mon chat, je crève en un grenier étroit. 
Je lègue ma charogne aux gens d*' la clinique, 
A mon portier ma pipe et mon vieux dalxar bleu ; 
El je dis à Paris : Cambronne pour ta clique! 

(BARBn.l.OT.) 

Heschaussett's? C'est pus qu' des mitaines, 
Ma reguingote a fait d' la peine 
Et mon phalzar, y m' fait du tort. 

(Jehan Rictus.) 

J'en connais des las... des peinards, 
Oui s' font casquer par leur lesbombe 
Des trottinett' et des fouU'nards^ 
Au lieur que moi faut que j' me bombe, 
Et que j' m'en aill', clopi, dopant, 
Avec mes ribouis en panlouPe. 
Pendant que 1' vent du Nord i' souPe 
Par les trous du cul d' mon grimpant. 

(A. B.) 

« Par analogie le pantalon s'appelle 
encore grimpant, montant^ tuyaux^ 
étuij fendard ou fourreau. >» 



— PANTALON 

Jupon. 



DE ZOUAVE. 



— PANTALON LAROE DES 
OFFICIERS D'AFRIQUE. Flot- 
tard. 

c Le lieutenant portait le pantalon 



collant, mais le capiston avait con- 
servé d'Algérie Inabitude du flot- 
tard, M 

— PANTALON D'OUVRIER • 

Colle. 

« ... Les complets de drap ont rem- 
placé la cotte de velours sur les 
reins du dernier nervi. » 

(JCAK LoRBAni.) 

— CEINTURE DE PANTALON. 

Grand col. 

— Les prudes, qui ont aussi 
leur argot, appellent le pan- 
talon Inexpessible, 

PAPE. Franc Razis*, Patron ou le 
Daby le Daron de la Ratiche, 

PAPERASSE. V. Papier. 

PAPERASSER. Fafioter. 

PAPERASSIER. Fafioteur. 

PAPETIER. Fafioteur^ Papelar- 
dier. 

PAPIER. Fafe, Faffe, Fafiot, Faf- 
fioty Mince, Papelard, 

(( Mais Boule-de-Neige mâchait tou- 
jours le papier pour faciliter son 
passage dans Tcstomac. Alors 
Oiseau-Mouche lui pince le nez de 
maniùre à couper la respiration et 
lui dit : 

— Maintenant, beau matamore, il 
faut cracher le fafioty c'est indi- 
gesl^B. 

Et le papier, repoussé, se pro- 
jeta sur le sol. » 

(G. Uacé.) 

« Le papelard, c^est le papier sous 
toutes ses formes : journaux, com- 
plaintes, indicateurs des rues de 
Paris, canards, etc. » 

(G. ACKER.) 

— PAPIERS D'IDENTITÉ. 

V. Acte. 

— FAUX PAPIERS. Faffes à l'es- 
toc, à l'eslorgue, sous faublas, 
Luques *, Luquels *. 

— PAPIER TIMBRÉ. Chiffarde, 
Papier à douleur. 



PAQ 



— 348 — 



PAR 



— PAPIER A CIGARETTES. 

Fafe à griller, à rouloter. Se 
dit aussi simpl. Fafe, 

PAQUET. Baluchon, Paquemont, 
Pacsin*, Pacson. 

<( — Mais eafia, mon petit homme, 
suppliait-elle, qu*as-tu à me repro- 
cher? 

— Tu le sais bien... Et puis,... en 
voilà assez! j'en ai soupe!... Fais 
ton pacson et fous-moi le camp ! » 

(A. Labosie.) 

M — Oui, oui. nous la connaissons, 
celle-là! Venu à Paris sans le sou, 
en sabots, et avec deux chemises 
dans un baluchon ! C'est la légende 
de tous les goujats millionnaires. » 

— PAQUET D'OBJETS VOLÉS. 

Cadets, 

« Quand on Ta cerclé, 1' Frisé était 
core fargué d' tous ses cadets ». 

PARADE de foire. Postiche, Pas- 
tige. V. Annonce. 

— FAIRE LA PARADE. Flam- 
ber, Postichet\ Postiger. 

« Pauvre Tabarin, tandis qu'il flambe, 
Isabelle le cocafie. » 

« Le public est nombreux pendant 
qu'on postiche; mais quand il faut 
y aller de son pognon, il se barre. » 

PARADER. V. Embarras. 

PARADIS. Paradouze . Cette 
expression sert fréquemment à 
désigner un lieu de plaisir. 

PARAPLUIE. Landau à baleines, 
Paralance, Pépin, Riflard, Ro- 
binson. 

Muni d'un immense p^pin. 
Le bas et cauteleux Kodin, 

Parfait jésuite. 
Frac buutoQué jusqu'au menton, 
Allonge un énorme piton 

En pomme cuite. 
{Chanson du Père Lunette.) 

— PARAPLUIE DE COTOX 

dont se servent certains fo- 
rains ou marchands ambulants 
pour abriter leur marchandise. 
Mauve, 



« Le mauve est toujours en coton 
rouge ou vert. » 

{Phytiologie du Parapluie.) 

PARASITE. (Pique-assiette.) Oui 
chasse au plat. Qui cherche la 
gueulée, 

PARBLEU ! Tu parles! 

« — Tu leur donnes du pourboire, à 
ces braves gens, sous forme de 
kilomètres en moins. 

— Ils eùment mieux cela. 

— Et toi, aussi? 

— Tu pat les ! » 

(Alphonse Allais.) 

PARDESSUS. Pardeusse, 

— PARDESSUS TRÈS LONG. 

Gâteuse, 

M Et, dans V fond, je m' gonflais d* 
pouvoir plaquer ma bâche, ma def 
a la noix; d* chanstiquer mon fal- 
zard à la Bénard conte un fendant 
à la mode ; de m' coller su* 1* lard, 
au lieur d'un rideau, un alpague un 
peu gandin et un pardeusse a Tan- 
glaise. » 

PAREIL. V. Analogue, ÉquiTa- 
lent. 

PAREXTS. Les vieux. 

• A quinze berges, a plaquait ses 
vieux pour faire la bombe. » 

PARESSE. V. Fainéantise. 

PARESSER. Vachotter, plus les 
équivalents de Fainéanter. 

Comment que ça se fait que tu 
t'amènes à des heures pareilles, toi 
qui vachettes, le matin, dans ton 
pieu, jusqu'à des midi passé?... » 

(Michel raoTL<«t.) 



u 



PARESSEUX. V. Fainéant. 

PARFAIT. V. Excellent. 

PARFAITEMENT. Au pouce. 
Aux pommes, Aux petits oignons. 
Aux petites oignes, Chiquement, 
Chouettemcnt, Dans les grandsprix. 
De première, Salement (iron.). 



PAR 



— 349 — 



PAR 



a Je lui ai servi ca aux pommes! Ça 
valait l'os I 1* n^a pas d^maDdé son 
reste! » 



« — Vous savez, elle est cocasse votre 
chausonet vous l'avez détaillée aur 
petits oignonsl » 

(Edgar Monteil.) 

a — Un maigre aux choux et chouel- 
lemeni fade! » 

a — Tu aurais pu t'en payer de le 
rouler dans les grands prix. » 

(J. MAnni.) 

— Sous forme affirmative. 
V. Oui. 

PARIA. Esponion \ 

PARIEUR. Backer (anglicisme), 
Bettingmann {\d.)f Donneury Piel- 
der (anglicisme). 

PARIS. Pamplnche\ Pantin, Pan- 
truchCf Parouart *. 

Et rar la bascule à Chariot, 
H a payé, sans dire uu mot : 
A la Roquette, an beau matin. 
Il a fait voir, à ceux d' Pantin, 
Comment saTait mourir un broche 
De la Bastoche ! 

(A. R.) 

Et Toilà!... Mince d' chopin!... 
Faut vraiment être guenucho 
Pour venir chercher son pain 
A Pantruehe. 

PARISIEN . Pantinois, Pantru- 
chardf Paniruchieny Pangot. 

« C^est pas un cambrousien comme 
toi, un panas, qui viendra faire le 
poil à un Pantruchard couimc 
sézig. » 

Lm fortifs... mais c'est In ballade 
Des Pantinois, où chaau' lundi 
Les laborieux, en rigolade. 
Vont respirer l'air cd' Bondy 
En admirant la l>€ir natur*'... 
Et s'allonger sur le gazon. 
Sous la Tumé' des Irnins d' ceinture 
Uui leur obscurcit l'horizon. 

(A. R.) 

« — Ça vous ferait rien que je me 
faufile sur le siège? 
- Si mon cocher veut. 
— Lui, un Parigot,.. Pas de danger 



qu'il refuse!... Pas vrai, Ten- 
flammé? » 

(LEauTNA et LÉviQci.) 

PARLEMENT. Aquarium. V. Dé- 
puté. 

PARLER. Dévider. V. Causer, 
Jargon. 

— PARLER UAE LANGUE 
ÉTRANGÈRE. Hacher de la 
paille. Otle expression s'ap- 

f)Iique plus sp(^cialement à la 
angue allemande. 

PARLOIR de prison. Boîte aux 
singesy Vrle*. 

PAROISSE. Paroufle*. 

PAROLE. V. Éloquence. 

— SUR PAROLE, isur le verbe. 

PART. Fade. V. Écot. 

PARTAGE. Décarpillementy Fa- 
dayCy Palmuchage. 

— GARDER LA PLUS GROSSE 
PART du partage. Faire grifton 
ou soldai. 

— CONSERVER POUR SOI ce 

qui était destiné au partage. 
Faire l'esgavdy l'esque. 

— PARTAGE PAR MOITIÉ. 

EstuCy Estuque. 

PARTAGER. Aller chez Paldès, 
Décarpillery Estuquer^ Fader, Fat- 
mucher, Stuquer. 

Ouand un gas te frime à flancher 
Va chez Faldèt avec sézigue : 
"Tu l'empaumes avec un ciguo 
Et tu l'empèrhes de cracher. 

« On a fade le barbotin au cabaret 
du père Lerouge. » 

« A preuve que les frèr's- j' t'agriche 
ont pris toute la tierce avant qu'ils 
ay'nt eu V temps d' falmucher. » 

— PARTAGER UXE CONSOM- 
MATION. Faire un bras. 

« Quand on n'avait pas l'argent suf- 
fisant pour renouveler entière- 
ment la tournée d'absinthe, la 
moitié seulement des camarades 



PAR 



— 350 — 



demandait une seconde consom- 
mation, — carabinée, cette fois, — 
et faisait un bras avec Taiitre 
moitié. Tout le monde ainsi rebu- 
vait et les frais étaient moindres. » 

(G. Amyot.) 

— On dit, et ces expressions 
sont aujourd'liui couranles, 
Faire le bon ou le mauvais 
fourner pour Partager, en 
se réservant la meilleure 
part ou la moindre. 

PARTIE jouée par deux filous et 
une dupe. Galiote, Gaye, 

PARTIES GÉNITALES. V. Sexe. 

PARTIR. DécambuteVj Dcmorpio- 
ner. V. S'en aller. 

PARTISAN. On désigne, dans les 
différents argots artistique, po- 
litique et littéraire, les partisans 
d'un homme, d'une école, d'un 
système, en ajoutant au nom de 
ce système, de cette école, de 
cet iïomme une terminaison en 
ardy dlrCy ien, iste, etc. 

u Une reprise presque sacrée que 
celle de ce soir et qui a le caractère 
d'une manifestation : manifestation 
aussi curieuse dans son genre que 
la première au Nouveau-Théâtre de 
« Tristan et Iscult >»; après les Wag né- 
riens quand même, les 0/jfenbachistes 
irréductibles, la «< Belle Hélène », 
MeilhacetHalévv,î^chneideretSilly, 
la distribution àe la première. Gre- 
nier dans Calchas, Ménélas Kopp et 
Couderc Agamemnon, et dans Par- 
thénis et Lœéna, les deux courti- 
sanes de Nauplies, Amélie Latour 
et je ne sais quelle autre grande 
impure d'alors ! » 

(Jia:< Lorrain.) 

« Quand je débutai dans le journa- 
lisme, j'avais un ami très remar- 
quable, alors avocat, depuis jour- 
naliste, et stendhalien en diable, à 
l'heure où j'étais un hugolâlre for- 
cené. » 

(Jui.ES CLAnin°iK.) 

Kofin, TOUS qui votez, 
Uni voulez des d<!^putés 



PAS 

Quand même, 

Quand môme; 
Qui lisez ces placards 
Opportunaux, radieards, 

Fumisles, 

Fumistes... 

(R. PoxcHOjr.) 

« Des bourgeois, jusqu'ici modérés, 
se découvrent une àme de tortion- 
naires ; d'anciens révolutionnaires 
sont devenus assieliaubeuristes ; les 
anarchistes soutiennent un gouver- 
nement; les sceptiques se pas- 
sionnent pour une idée, les enthou- 
siastes se fichent de tout; des ^ens 
sont poursuivis pour des opinions 
qu'ils n'ont pas et d'autres les pour- 
suivent au nom d'idées qu'ils n'ont 
plus; la France est divisée en deux 
camps : les traqués et les détra- 
qués... Mais les derniers sont les 
plus nombreux. » 

(Jeàr Goudeui.) 

PARVEXIR. Dans le sens d'Arri- 
ver à une situation : Grimper, 

h Bien que sorti des rangs, le capi- 
taine b'iUde-fer avait grimpé rapine- 
ment, gi-&ce à ses campagnes colo- 
niales. » 

— QUI CHERCHE A PARVENIR 

par tous les moyens. Arriviste, 

« Et Vat*rivisie qui n'arrive pas devient 
rapidement le surmené dont un fait 
divers nous a dit, l'autre matin, la 
tragique histoire... Béroalde de 
Verviile ajouterait facilement, au- 
jourd'hui, un chapitre narquois à 
son « Moyen de parvenir. » 

(Jules Clahetic.) 

— QUI XE PARVIENT PAS OU 

n'est pas parvenu. Raté. V. Dé- 
classé. 

PAS, négation. Lâpuche (V. Jar- 
gon), Mb. 

a — As-tu du perlot? 
— J'en ai 7iib. » 

PASSAXT, subs. Pacant\ Pac- 
cani*. 

PASSE - PARTOUT. Bouton , 
Froufrou. V. Clé. 



PAS 



— 351 — 



PAY 



PASSEPORT. Escrache, Faflard, 
Luque * , Lxiquet * , Passecrick , 
Passecrique. 

— MONTRER SON PASSEPORT. 

Escracher. 

PASSER. Pastiquev, 

« r s'est fait poisser à pasliquer de la 
morniQe tarte. » 

PASSER (SE). Dans lesensd Être 
privé : Se bomber. Se brosser. Se 
gauler. Se gratter. Se taper. V. Se 
Priver. 

PASSION. Pépin sérieux. V. Ca- 
price. 

PASSIONNER (SE). V. Aimer. 

PÂTÉ. Parfond. V. Église. 

PATISSIER. Dariùleur. Cette ex- 
pression se prend en mauvaise 
part; on sait que la dariole est 
une sorte de ilan très ordinaire. 

— OUVRIER PATISSIER. Four- 

7iali>l^. 

PATIENCE (PRENDRE). Laisser 
pisser le mouton, le mérinos. 
V. Occasion. 

PATRIMOINE . Sain t-frusquin . 

PATRON. Bauce\ Bausse\ Bonn*, 
Dab, Duron, Galeux, Uers *, Man- 
che, Marpau *, Mec, Meq *, Pâte, 
Pilier, Singe. V. Chef, Maitre. 

« Comme i' f'sait du rebecca et qu i* 
disait qu'on dVrait déclarer la grevé, 
l' galeux y a foutu son sac. » 

— VXTKOySE.Baucercsse *, Daus- 
seresse*, Bosseresse*, Dabesse, Da- 
buche, baronne, Grélesse, Guenon, 
Singesse, Tronne. 

« J'ai profilé que la singesse est allée 
au cimetière pour venir voir com- 
ment va mon amoureux, dit-elle au 
sous-officier, et puis aussi pour vous 
demander de lui faire passer ce 
petit paquet-là. » 

«i Mais les éclats de rire s'éteignirent 
subitement. L'apprentie, qu'on avait 



placée en observation, venait de 
s'écrier : « Paix, paix ! Y'Ià la tronne 
qui s'amène ! » 

(A. Larorie.) 

— FILS DE PATRONS. Dabe- 
muchCy Dabicule. 

« Un affreux marmot, le dabicule, 
tyran de la maison, qu'on eût aimé 
écraser comme une punaise» pous- 
j^it des cris de paon. » 

[Les Propos du Commandeur.) 

— VOILA LE PATRON !Dtx-tftfiD^' 

Vingt-deux! 

« De tous côtés on entendait crier : 
n Dix-sept ! » pendant que le gros 
Frisé faisait le tour de ses rota- 
tives. » 

« — Vingt-deux ! cria l'arpette. 
Et tout rentra dans le silence. » 

PATROUILLE. Patraque*, Sime. 

PATURAGE. Civard. 

PAUPIÈRE. Store. 

« V'ià la mère qui baisse ses stores, V 
marchand d' sable est passé. Faut 
aller s' plumer ! » 

— PAUPIÈRES ENFLAMMÉES, 
ROUGES. Anchois, Jambon, Ros- 
bif. V. ŒU. 

— PAUPIÈRE INFÉRIEURE 
FRIPPÉE. Porte-monnaie, Va- 
lise. 

« 11 avait à peine la quarantaine \ 
mais la patte d'oie et les valises qui 
lui marquaient les yeux, naguère 
très beaux, lui donnaient l'aspect 
d'un homme de cinquante ans. » 

PAUVRE. V. Misérable. 
PAUVRETÉ. V. Misère. 
PAVÉ. Diamant, Diurne. 

PAYE. Banque, Sainte-Touche. 

PAYEMENT. Arrosage, Billan- 
chage. Petit cadeau (arg. des 
filles). V. Acompte. 

« Je veux bien être aimable avec toi ; 
mais, tu sais, il faut me faire mon 
petit cadeau, n 



PAY 



— 352 — 



PAY 



PAYER. Aller au refil^ Allumer, 
Banquer, Billancer, BHlancher, BU- 
1er, Braiser, Carmery Casquer, Cra- 
cher, Cracher au bassinet, Danser, 
Dérondiner *, DouiUer, Écluirei*, 
Illuminer, Raquer, Se dé f arguer, 
Se fendre, Y aUe\* de; plus les 
veroes Aligner, Allonger, Décher, 
Défiler, Fiisi/ter avec, comme ré- 
gime direct, un des équivalents 
d*Ârgent monnayé. 

« On Tengraine dix ronds par dix 
ronds et, quand 1* mec fait la l'vure. 
il a banque ses deux pièces, i» 

c Trubl* allonger du carme à une 
dame, mince, alors ! » 

(Trddlot.) 

Tu fais pas crédit aux Tahriques : 
Faut l* carmer au>sitAt 1' turbin. 

(P. Paili.bttb.) 

« Et ce n'est pas fini. Je guigne la fa- 
mille Beaunarnais pour la reprise, 
fmis la famille Talleyrand, ensuite 
es .Murât, d'autres encore. Il n'y a 
Sue les d'Orléans sur qui mon in- 
ustrie se brise. Ils ne casquenl pas 
pour le th(''âtre. u 

(E. BiaoERÀT.) 

« C'était peu ; mais heureusement que 
le gouvernement, sur les fonds 
secrets, m'en a aligné, avec reçu, 
cent mille autres pour tomber Na- 
poléon, dont rOmbre était aussi du 
complot. » 

(Id.) 

« Les associés tolèrent cet » amant 
de cœur » en se disant qu'un jour 
viendra où ils seront peut-être 
obligés de remplir Temploi, emploi 
utile, reconnu par eux, el cjui con- 
siste à organiser les parties de dé- 
bauche, à faire la chasse aux loges 
de théâtre, à racoler des jeunes 
gens naïfs et riches pour les attirer, 
les conduire, les faire danser chez 
la maîtresse commune et, à l'occa- 
sion, les ruiner par le jeu. » 

(0. Mict.) 

« Les attractions de l'Exposition 
c'est des trucs pour faire défiler 



r pognon des gourdes. » 



« Au moral pour vous conseiller, vous 



diriger, enrayer un béguin et sur- 
tout faire douHler l'ennemi. » 

(J. MAam.) 

a — Ah! mademoiselle! La mère de 
Monsieur vient de couper le gaz A 
Monsieur... 

— Couper le gaz? 

— Eh bien! oui; elle a fermé le 
compteur ; elle n'éclaire plus, quoi ! » 

(H. Latbdar.) 

Uq s' disait : C'est des marloupins 
Qui s'amus' à trouer leur linge. 
Ou ben des poseurs de lapins 
Qui veul'nt raqtier en monnai' d* singe. 
A moins que ça soy' des rieax salauds... 
Des vieiH's vadrouilles d' noctambules... 
Des Tieui cochoos... des saligauds ! 
Eb ben ! non... c'était Mossieu Jules. 

(A. B.) 

— PAYER LES POTS CASSÉS. 

Gober la sauce. 

H C'est toujours Jacques Bonhomme 
qui gobe la sauce. » 

— NE PAS PAYER, pat faveur 
spéciale, une chose oue paie le 
commun des mortels. Passer 
devant la glace. 

« Ce n'était pas que le scrupule 
rétouffàt ; mais il savait que le colon 
ne plaisantait pas sur ce chapitre- 
là et arrachait nn pitoyablement les 
sardines des gradés suspects d'al- 
phonsisme. Il se contentait donc de 
passer devant la glace au grand 6 
et ne percevait, comme rémunéra- 
tion de ses caresses, qu'un paquet 
de tabac fin tous les aeux jours. » 

— .\'ÊTRE PAS PAYÉ. Passer à 
Vas, à gauche. Cette métaphore 
s'emploie également pour dire 
Ne pas payer. 

Ra meneur, donne de ton claque 
Au pigeon une contremarque, 
Fais-Ic nettoyer chiquement 
Four afluror'ton cinq pour cent. 
Si, par ha«ar<i, le grec qui 1' fauche 
Voulait lo fair' passer à gauche. 
Dis : « Si tu m Tai» passer à l'as, 
y te bidonn', tu poi!«s ras Maxas. » 

(l!oGiEa-Gaiso?c.) 

— PARTIR SANS PAYER, Faire 
le faut, Faire pouf ou un pouf^ 
Fuser, 



PAY 



— 353 — 



PÉD 



— On dit en parlant d'un 
créancier qu'on ne veut pas 
payer : Il peut y mettre deux 
P. ou P, P. 

PAYEUR. Carmeur, Casqueur. 

Écout'-raoi bien, m.i p'tit' Julie, 

J' sais pas jaloux d' lou Tieux easqueur. 

Je sais qa* tu m' gob's à la folie 

A preav que J' suis ton amant d' cœur... 

(EuG. LsMBaaia.) 

PAYS. Paclin , Pacquelin , Pate- 
lin, Terrant*. 

« Après avoir passé deux mois chez 
ma grand'mère, dans un petit pate- 
lin des Hautes-Alpes, je suis arrivé 
ici. » 

(GoaoN.) 

PAYSAGE. Peinture de paysage : 
Plat d'épinards, 

PAYSAN . Betterave , Bicanat . 
y. Campagnard. 

PEAU. Basane, Couenne, Cuir, Étui, 
Pelette. 

« Il était sur sa machine, au milieu 
des flammes qui lui rôtissaient I' 
cuir, » 

« C'est bon!... Tu sais que je t'ai 
dans Vétui, et tu voulais te payer 
ma fiole! Mais ouvre l'œil et le 
bon! 1» 

(E. LCPBLLETISR.) 

Et maintenant n'allex pas croire 
Qae doit nous rester la victoire : 
Car, à moins que ces gaillards-là 
Ne soient pinces à la douaue 
Ils se feront avec nos couennes 
De riches babils de gala. 

(R. POMCHON.) 

— Les ouvriers gantiers ap- 
pellent Jubile la peau qu'ils 
économisent sur leur coupe 
et qu'ils s approprient. V. Bé- 
néfice. 

PÊCHER à la ligne. Ferrer, Ta- 
quiner le goujon, Vablette, le gar- 
don, etc. 

PÉDANT, PÉDANTE. Poseur, Po- 
seuse. V. Embarras. 



a Oh ! ce qu'elle est poseuse^ cette Jo- 
siane! » 

(J. Mahiii.) 

« C^est tout simplement un poseur, et 
rien de plus. » 

(J. RiCHBPlil.) 

PÉDÉRASTE. Bichon, Bique et 
bouc, Boye, Brodeuse, Casse-poi- 
trine, Chevalier de la rosette. 
Chatte, Chienne, Chochotte, Col- 
leur de timbres-poste, Copaille, 
Coquine, Cordonnier de campagne, 
Coi'veltey Cousine, Emile, Em- 
manché, Emposeur, Emproseur, 
Encloué, En fifre, Fellateur, Viotte, 
Frégate , Germiny , Gosselin , 
Homme modiste, Honteux, Jésus, 
Lapin, Lope, Magneuse,Magnusse, 
Mam'zelleDibi, Mignon, Mignonne, 
Peaufin, Peaufine, Pédé, Pédéro, 
Pénélope, Popographe, Qui che- 
vauche à r antique, Qui donne de 
Vognon, du rond, du petit, Qui 
en donne. Qui en est, Qui donne 
des coups de tête dans les mar- 
ronniei'S, Qui ramasse des marrons 
ou des épingles, Qui sait se baisser, 
se retourner. Qui s'en fait jetei\ 
Sernette, Sonnette, Tante, Tapette, 
Tata, Tuileur, Vivette, Zouavette, 
et la plupart des équivalents de 
Prostituée. . 

Ce monde de marions, de pantres, 
Où pas un être n'e&t heureux; 
Où tant de cœurs, où tant de Tenires, 
Où tant de cerveaux sonnent creux ; 
Ce monde de pédés, de chattes. 

(P. Paillkttb.) 

11 l'a rois dans ses bois. Un savant professeur 
l<ui donne des leçons. Comme anli -féministe 
Far sa tante amoureuse il est déjà quelqu'un : 
L*obscur manouirrier devient membre-oculiste. 
11 mangeait, l'an dernier,les miettes d'un raquin , 
L'ancien mec à la mie a des jaunets eu pile, 
Bien rringué.bien meublé : Le beau lit de milieu. 
Ses désirs sont des lois pour le ricil imbécile. 
Imbécile, f ai tort, cette lope est bon fieu; 
C'est la riche copaille éclairant bien les danses. 

(ID.) 

« Cyclistes, crevant de santé dans des 
maillots chiffrés, des maillots de 
soie comme des copailles, les mol- 
lets nus... I* 

(Jean Lobrain.) 

23 



PÉD 



— 354 — 



PBI 



« A raquait d'un cAlé, comme coquine ; 
ça y rev'nait d' Taute, comme bar- 
beau. » 

« Son petit Jéstu^ reconnu malade, 
est à Viufirmcrie de la Santé. Tous 
deux ont tiré profit de l'imprudence 
commise par un père de famille qui 
a lié conversation avec ledit Jésus 
dans les latrines des Halles. • 

(G. llAci.) 

« Et tous sont instruits. L*un d^eux 
est licencié en droit et surnommé 
par les pédérastes de profession : 
« Cordonnier de campagne », parce 
qu'il travaille pour hommes et pour 
femmes. » 

(ID.) 

« À côté de ces vulgaires sodomites, 
et en dehors de ceux qu'ils exploi- 
tent, existent des associations de 
dépravés... Connus sous la désigna- 
tion d'hommes- modistes f ils se re- 
crutent dans le haut commerce 
« spécial » à tout ce qui a rapport 
à la coquetterie fémiuinc. » 

(Id.) 

« Mme Le Corbeiller, allumée par ses 
désirs monstrueux, fouillait Paris, 
depuis les magasins, les boudoirs 
et les riches salons jusqu'aux bou- 
ges, depuis les appartements dis- 
crets des proxémHesjus(iu'aux mai- 
sons de tolérance et aux antres des 
tatas et des lesbiennes. » 

(Dl-hl't de LAroRrsT.) 

Jacquet, ignornot la prntique 
O'Ilippocrate v\ du Galien, 
Chevauchait, un jour, à l'antique 
Margot quo chacua coauait bieu. 

« 11 avait des manières étroites et 
précieuses, il se parfumait comme 
une femme et «Hait toujours cosmé- 
ticjué ainsi qu'un jeune marié. 
D'anciens troupiers d'Afrique, qui 
lui supposaient des habiluacs con- 
tre nature, l'appelaient zouavette ; et 
cela le faisait inotlablement sou- 
rire. » 

A Biribi, c'est là qu'on rûlo 

On râle en rut, 
La nuit on entend hurler 1' mâle 

Cju'aurail pas cru 
Qu'un jour i' s'rait forcé d' connaître 

Mamzvir Hibi, 
Car tût ou tard i* Taul en élr^f 

A biribi. 

■ A. B.) 



J'en ai eu deui : deux saligands, 
DeuK tant'i^ deax Ûlouf, deux fagolf. 
Deux Tach's, deux cocboos, deux tapetttt. 

(lo.) 

J'am'rais ben moi aussi, mon Guleu, 
Avec les gas qui sout an sac 
(Sans pour ça m* fair' mignoruM oo mac) 
Vivre en donxelle et en Jojeax. 

(JbHAN KiCTCft.) 

« — Ah ça, et Caillé, il en est aussi? 
— Mais oui, il est chevalier de la ro- 
sette, comme on dit. >• 

(AC«L-STB VlTO.) 

— LIEU DE RÉUNION DE PÉ- 
DÉRASTES. Canapé. 

— LE MONDE DES PÉDÉ- 
RASTES. L'oignon^ Le rond, 
La rosette. 

—AVOIR DES RAPPORTS AVEC 
UN PÉDÉRASTE. L'empétar- 
dery Lencaldossery Lenfifrtr, 
Ventaler, etc. Toutes ces expres- 
sions sont de la plus basse obs- 
cénité. 

PEIG\E. Râteau, Ratichon \ 

« Les fi leurs invétérés ont toujours 
sur eux un morceau de savon et un 
râteau, parfois même un bout de 
miroir. » 

PEIGXER. Mtisseï' le gazon, la 
hure. 

PEIXDRE. Faire de mauvaise 
peinture : CruiHonner. 

— Peindre avec trop de fini : 
Blaireau ter. 

PEIXE. \'. Chagrin, Difficnlté. 

— ÇA VAUT LA PEINE. Ça vaut 
le coup, le jus, l'oignon, Vos, te 
pognon. 

« Sans char, mon vieux, j' m'en aurais 
voulu d' pas avoir été voir ça! 
Vrai î ja valait V coup ! » 

PEIXER. V. Trayailler. 
PEIXTRE. Barbouilleur. 

— PEINTRE EN BATIMENT. i?a- 

layeur, 

— APPRENTI PEINTRE. Mar- 
cussin. 



PEI 



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PBR 



PELXTLRE. V. Peindre. 
PÊLE-MÊLE. V. Désordre. 

PÈLERIN. Coquillard. 

« Deux tables plus loin, un coquitlard^ 
avec son costume complet de pèle- 
rin, épclait la complainte de Samte- 
Reine. » 

(V. Hir.0.) 

PELOTON DE PLMTIOX. Bal, 
Danse, Peloton de chasse. 

« Allez I en place pour le bal ! cria 
l'adjudant, et allez me chercher le 
sergent de semaine de la 3« du 2. 
iroas lui direz qu'il vienne com- 
mander le peloton de chasse. » 

PENDRE. Agrafer, Angner\ Bé- 
quiller*, Grupper*, Mettre au 
haie* y au rung*, Vendcnger*, 

PENDU. Duc*, Évéqite de cam- 
pagne*, des champs*, Fourdu*, 
Grup ', Qui bénit avec ses pieds. 
Qui garde les moutons à la lune. 
Par jeu de mots, on dit encore 
Gambilleur de tortouse et Qui 
meurt du haut mal. 

« Un des susdits sera ceste année 
faict esvèquc des champs, donnant 
la bénédiction avec les pieds aux 
passans. » 

^Kaielais.) 

PENDULE. Berloque, Breloque. 
V. Horloge. 

PÉNÉTRER. Embarber,Enquiller. 
V. Entrer. 

PÉNIBLE (C'EST). Dureté! ou 
Cest dureté. 

« Entendre des trucs comme ça et 
n' pouvoir rien boniri Dureté! » 

PENSER. Sorbonner. 

PExXSION, PENSIONNAT. 

Bahut, Boîte, Maldine*. V. Col- 
lège, École. 

— PEXSIO^r BOURGEOISE. 

V. Restaurant. 

— Revenu annuel ou mensuel. 
Flotte (arg. des étudiants). 



PERCEPTEUR. Dégraisseur. 

PERCER. Bouliner. V. Trouer. 

PERCHE. Bavault *. 

PERCHOIR. Juc *, Guche. 

PERDRE . Chaumir * , Laumir * 
(V. Jargon), Paumaquer, Paumer. 

« Alorsse, tu t'impatientes et tu va* 
à un aute guichet où qu'y a un 
gonce qui n'en fout pa* eun' broque 
et qu'est en train d^ lire su' V Jor^ 
nal des Courses V canasson su' qui 
qu'i' va mette un' thune (quT pau- 
in'ra, comme de jusse). » 

— PERDRE AU JEU OU dans 
une spéculation. Boire, Boire la 
goutte, La danser. Passer au 
gabant, Prendre une culotte. Se 
faire enfiler. 

« Celui-là était un brave homme de 
cultivateur qui avait hérité quel- 
ques biens de son père et qu'a- 
vaient promptement mis à sec de 
maladroites spéculations. Il avait 
bu la goutte avec le Panama et 
s'était vu dans l'obligation de tra- 
vailler pour autrui... » 

« Après ravoir dansé d'une vingtaine 
de louiSf le vicomte ouitta le cercle 
et gagna à pied la demeure de la 
chanteuse. » 

(P. DOMBIC.) 

« J'ai eu beau y faire l' ser, il a tout 
d' même voulu essayer du bonnet 
et i' s'est fait enfiler d' deux pièces. » 

PERDREAU. Trinsmart. 

« Les braconniers n'ont pas tous la 
même aptitude ; beaucoup sont spé- 
cialistes. Les uns se livrent à la 
chasse aux perdreaux, dits irins- 
marts; aux perdrix, dites gallines, 
et aux faisans, dits cocos. >i 

(G. MAci.) 

PERDRIX. GalUne. V. Perdreau. 

PERDU. (Ruiné.) De l'f, Enflaqué, 
Esgourd, Fumé, Lessivé, Nettoyé, 
Rincé. 

PÈRE. Dab, Daron, Paternel, Pro- 
met*. 

• V canait tout 1' temps la classe et 



PÉR 



— 356 — 



PET 



son dah y filait des pâtées à chaque 
coup. » 

« C'était sa dabe qui marnait pour 
toute la taulée, 1' daron s' piquait 
r tube et n'en foutait pas une 
datte. » 

PÉRIODE de punition, de service 
militaire. Temps. 

— ACCOMPLIR UNE PÉRIODE 

de punition, de service. Faire 
son temps, Tirer. 

« Sa maîtresse, une petite carton- 
niëre, qu'il avait eue sage, lui avait 

f promis de l'attendre et il devait 
'épouser lorsqu'il aurait fini son 
temps. » 

« Elle vient de tirer six marqués 
pour dégringolage. » 

(0. M<iTÉ5iEa.) 

« Ayant trois jours de prison à faire, 
ils se font écrouer avant cinq 
heures du soir, apros avoir copieu- 
sement déjouné. C'est un premier 
jour de tiré. » 

(G. MACt.) 

PERMIS, Franc. 

« — Je veux bien aller croustiller 
chez ta frangine, mais si le pet est 
fr€inc. M 

PERMISSIOX. Cùndéy Franc 
condé. V. Autorisation. 

PERMETTRE. V. Autoriser. 

PERPÉTUITÉ (A). A perpète, A 
perte de vue, A lioquc, Pour Vaf, 
V. Forçat. 

PERRUQUE. Boubane\ Eri- 
geante*, Gazon, Panoufle*, Bé- 
chauffante. 

« La patronne de la tôle était une 
vieille maca d'au moins soixante 
piges qu'avait d^ faux crochets, d' 
faux rondins et un' réchauffante en 
poil de carotte. »] 

PERRUQUIER. Perruquemar. 
V. Coiffeur. 

PERSONNAGE , PERSONNE . 

V. Individu. 



PERTE. V. Perdre. 

— PERTE SÉMINALE. PauSie 

couche (obscène). 

PERVERSION. Affranchissement, 
Dessalage, Dessalement. 

PERVERTIR. Affranchir, Dessa- 
ler. V. Initier. 

PESER. (Avoir du poids.) Barder. 

« Et avec ça, su' les endosses, un as 
de carreau qui bardait dans les 
seize kilos. » 

PET. Cloque, Haricot, Navet, Pas- 
tille, Perle, Prout. V. PanUlon. 
Vesse. 

" Un jeune amoureux va rendre visite 
à sa timide fiancée. Il entend sur 
le palier au-dessus de sa tête, la 
porte de l'appartement qu'elle habite 
s'ouvrir, puis une flatuosité sonore, 
puis la voix harmonieuse de la 
chérie qui dit : « Premier navet l » 
Seconde flatuosité: « Scconénavetl » 
dit la voix. Troisième flatuosité : 
<i Troisième navet! » Et ainsi de 
suite jusqu'à la demi-douzaine. Dé- 
fi[oùté de cette harpe éolienne, il 
fait un mouvement pour fuir. La 
demoiselle se penche et l'aperçoit : 
« Quoi! Monsieur, c'est vous? Vous 
étiez donc là? demande<t-elle. rouge 
comme une pivoine. 

— Oui, Mademoiselle, depuis votre 
premier navet. » 

(Hectur France.) 

PETER. Avoir la peau trop courte, 
Cloquei\ Fuser, Lâcher le gaz, une 
perte, une tubéreuse, Laisseï* tom- 
ber quelque chose. Ouvrir sa casso- 
lette, sa tabatière, Roter duns sa 
chemise, Se lâcher. Semer des pois. 

— PETER LONGUEMENT. Dé- 
chirer de la toile. 

n Cette petite était vive et gentille, 
dodue et faite au tour, et je l'eusse 
volontiers gardée comme amie. 
Mais, quoique bonne à orner un lit, 
comme disait Unbclais, elle le par- 
fumait trop. Elle ne faisait ^ue 
lâcher en dormant une succession 
de tubéreuses et un chapelet de 



PÉT 



— 357 — 



PU 



pastilles n'avant rien de commun 
avec celles du sérail. » 

(Let Joyexuetés du régiment.) 

M — Et tu crois que c'est pas emmiel- 
lant de coucher avec un type comme 
ça! Le bougre de salaud ne fait 
toute la nuit que déchirer sa toile. 
Tu penses si ça danse dans la 
piaule. » 

{Les Propos du Commandeur.) 

PÉTEUR. Cloqueur, Gazier. 

PETIT. En parlant des gens : Bas 
du culy Bout de cut^ Fond de bain^ 
Loin du ciel, Six pouces de jambes 
et le cul tout de stiit€f et les équi- 
valents d'ÂTorton, de Ghétif. 

PÉTITION écrite. Babillard, Ba- 
biUarde, Babille, V. Placet. 

PEU. Pas bezef, Pas chei\ Pas 
rhérot, Pas gras, Pas lourd. 
V. Beaucoup. 

— CHOSE DE PEU DE VALEUR, 

de peu d'importance. Machi- 
nette. V. Valenr. 

PEUPLE. Populmiche, Populo. 
V. Refuser. 

« C'étaient des camarades de misère, 
des poteaux, du populo comme lui. » 

(J. RlCUKPIX.) 

PEUU. Flemme, Flubard, Flubc, 
Fluxion, Frousse, Pétasse, Taf, 
Taffetas*, Trac, Venette, Vcsse. 

— A VOIR PEUR. Avoir la cf liasse, 
la flemme, le flubard, le flube, 
les foi^s, les foies blancs, bleus 
ou tricolores, la frousse, la pé- 
tasse, le taf, le taffetas*, la 
trouille, la vesse, Caner, Ca- 
poner, Chier dans sa chemise, 
•dnnt sa culotte, dans son grim- 
pant, Fluber, Foirer, Frousscr, 
Serrer les fesses, les miches, 
Taffer, Traquer, Vcsser. 

« Vidocq prit la parole : En voilà des 
fainéants I s'écria-t-il ; si vous avez 
tous la flemme, je vais y aller, moi, 
chez votre négociante. Je ne vous 
demande qu'une chose, c'est de me 
donoer son adresse. « 

(M. Mauo et L. Lao^ay.) 



Alors, tu marches pas... t'as V flube, 

(A. B.) 

Toi que j* croyais un chouette, un m&le 
Mais, nom de Dieu !... fas donc V foi' blanc f 

(lo.) 

J'ai Tait chibis. Vataxs la froitête. 

(J. K1CHBP1.X.) 

'< r se r'présente pas aux élections 
parce qu'il a la pétasse de n^ pas 
et' renommé. » 

(DcCHt5l.) 

«< Comment, tu veux que Je te recon- 
duise I Vas donc la trouillet » 

« rai pas V taf, mais j'ose pas. » 

La pauvrette, prise de frousse. 
Arpente en long le boulevard 
Telle une autruche dans la brousse 
Fuyant devant le léopard. 

(J. KCOELBPIBGIR.) 

PEUREUX. Froussard, Taffeur. 
V. Capon. 

PHARMACIEN. Pharmacot, Po- 
tard. 

Claudicator ayant découvert qu'il existe 
Des comtesses ailleurs qu'aux romans de Baliic, 
A chaussé des gants paille et revêtu le frac : 
Ou le prendrait,tant il est beau, pour un dentiste. 
Jadis potard, expert à triturer des bols, 
Il rêvait, dédaignant le nom d'apothicaire, 
A des in-folios connus d'Upsat au Caire... 

(Laurbkt Tailhaob.) 

PHOTOGRAPHE, PHOTOGRA- 
PHIE. Photo. 

— PHOTOGRAPHIE OBSCÈNE. 

Polka. 

PIIYSIOXOMIE. V. Visage. 
PIAXO. Armoire, Buffet, Commode. 

— MAUV.\1S PIANO. Bahut, 
Chaudron. 

« Tu ne te figures pas que je voudrais, 
pour un cachet de dix francs, m'at- 
tabler devant la commode toute une 
après-midi et toute une soirée. » 

(A. MA^toci.) 

« Au-dessus de chez moi, un atelier 
de couturières où cinq « silen- 
cieuses i font un vacarme du diable 
du matin au soir; au-dessous, un 
professeur de piano qui ne cesse de 
taper sur son chaudron; en face, 



PIC 



— 358 — 



PIN 



une usine à vapeur. Comme vous 
voyez, le calme parfait. » 

— JOUER DU PIANO. Caresser 
ou taquiner Civoire, 

PIC. Picon \ 

PIE. GnacCf Margot. 

Chouetr, mon pMît gam, v'Ià qu'i' lanc'qiiinc, 

Si ça fait rentrer le;* inargots 

Au bois, c'est pas moi qu' ça taquine : 

Ça fait sortir les escargots. 

(A. B.) 

PIÈCE DE MOXXAIE. V. Ar- 
gent, Billon, Or. 

PIÈCE DE THÉÂTRE. Ours. 



— PIÈCE QUI N'A PAS 
SUCCÈS. Four. 



DE 



« — C'est une pièce charmante faite 
pour votre théâtre. 

— C'est bien ce que je pensais : Pre- 
nez mon oursl » 

(J. Dlflot.) 

«c Comme cet auteur dramatique qui, 
au lendemain d^un échec, déclinait 
l'honneur d'être Tinventcur des 
fours au théâtre, et s'en proclamait 
simplement le propagateur, ils se 
rappelleront qu'avant eux, des 
artistes qui eurent un certain talent 
et qui par la suite finirent par 
acquérir quelque notoriété, furent 
aussi des recalés. »» 

(I'ali. BoXIIOMMB.) 

PIED. Arpion^ Courricrf Gadin, 
Haricot, Harpion, Inconstant ^ 
AlaHlochon, Main courante, Vattr^ 
Paturon, Portant, Soubassement, 
Tr'tlin, Trot tiy noie. Ces deux 
derniers mois s'appliquent éga- 
lement à la chaussure. 

Prt^s dos thoâtres, clans le» p^arcs, 

Entre les or pions «les sergols 

C'est moi que j' cueill' les bouts d' cigares. 

(J. KiCHKIMN.) 

Princes, gens d' la haut*, tas d' mich'tons. 
Vous nous croyez des carmagnoles. 
C'f'Sil pas vrai, houx comm' de» moutons, 
Du cabochard aux trottitjaoles. 

(In.) 

« Rigoler? Quand j'ai l'estome dans 
les gadins'. » 



« On m'a trop serré les haricots^ c*est 
embêtant de marcher ainsi. » 

(G0W)5.) 

u Ah ! tu es venu passer quarante- 
huit heures à Trouville et ta veux 
rentrer chez toi? Eh bien! mon 
garçon, tu vas nous payer deux 
louis pour te ramener. Tu refuses ? 
Eh bien, rentre à pattes si le cœur 
t'en dit. » 

(Alphokbb Alla».) 

J' Tas pas pus loin, mon tts chancelle. 
fAes paturons, y sont trop Us, 
Cependant tout vit, éclat', roisselie. 
Ça sent It vierge cl les lilas. 

(JiHAN Rictus.) 

PIÈGE. Aman-e, Pont. 

— TENDRE UX PIÈGE. Monter 
le vert en fleur. Poser un gluau, 

— TOMBER DANS UN PIÈGE. 

Farcher ou faucher dans le 
pont, Vaner, et les équivalents 
de Croire. 

« C'est un naïf, un simple, un bon 
qui se refuse à croire au mal et 
tombe sottement dans tous les ponts 
qu'on lui tend. » 

(Dl'Bcs.) 

PIEHRE. Duraillc, Dure, Miche de 
Saint-Etienne. 

PIERRERIE. Duraille. 

PIÉTÉ. Pondieuscric. 

o D'abord, pou r moi, leur 6o7ic/ieM«V/>, 
c'est du chi«iué. «• 

PILORI. Tap *. V. Palais de Jus- 
tice. 

PIMBKGIIK. V. Bégueule. 

PI\CE. Les malfaiteurs ont une 
quantité de termes pour dési- 
gner la pince avec laquelle ils 
pratiquent refTraction. Voici les 
plus employés : Bihi, Biribi, C«- 
det, Charlotte, Dauffe, Dauphin, 
Domheur, Frère Jacques, Jacques, 
Jacobin, L'enfant, Monseigneur, 
Monsieur un f(7, Pied de biche, 
Plunif, Sur de pomme. Rigolo. 
V. Déyaliser. 



PIN 



— 359 — 



PLA 



« Il est à remarquer que les cambrio- 
leurs baptisent fréquemment des 
mêmes noms Toutil nécessaire à la 
reproduction et celui qui sert à 
fracturer les portes. C'est ainsi qu'ils 
disent pour désigner ces deux 
choses : mon jacaues, frère Jacques^ 
monsieur un tet^ Venfant^ cadet^ 
bibi, mon suoe de pomme, char- 
lotte, etc. >• 

« Arrive la nuit. Avec les boânes 
dispositions de la population ac- 
tuelle, avec cette armée, sans cesse 
croissante, de rôdeurs de nuit, sou- 
teneurs, caroublcurs, casseurs de 
portes, vagabonds, ivrognes, poi- 
vriers et escarpes, qui se répand 
dans Paris, cherchant fortune à la 
force du monseigneur ou à la pointe 
du surin, il n'est pas prudent de 
laisser sortir seul un gardien en 
uniforme. On est donc obligé de les 
faire circuler par deux. >» 

(I1UGIIH-(J|IIS0II.) 

PIiXGRE. Dur à la détente. 
V. Âyare. 

« Porter leurs missives, leur procu- 
rer des amants, leur trouver des 
fonds lorsqu'elles en manquent, et, 
au besoin, jouer le rôle d'amant 
platonique quand le vieux devient 
aur à ia détente : voilà leur mis- 
sion officielle;... leur escroquer de 
l'argent, voilà leur but caché. » 

ll!ui.iEa-GRi8o7(.) 

PIXTE. Goupline\ 

PIOCHE. Prussienne, Tôtuc. 

PIPE, limiffarde, Brûlot, Chiffhrde, 
Gode! le. I/hommo du peuple 
baj)lise souvent sa pipe duii 
prénom féminin : le plus usité 
est Joséphine. 

« Assey<*z-vous et bourrez vos bouf- 
fardes l » 

(K. BEBr.EitAr.) 

PIQUE. 'Cartes.) Croquemort, M., 
Tunnel, Fiche. V. Jeu. 

PIQUE-ASSIETTE. V. Parasite. 

PIQUETTE. liriolet% Ginglard, 
Ginyict, Picolo, Pisse en l'air, Be- 
ginylard. 



« r nous a fichu une bouteille d'un 
p'tiot ginglard qu'était pas piqué 
des astibloques. » 

« C'était un petit picolo pas fort en 
degré mais bigrement nerveux, un 
de ces petits vins de piase-en-l'air 
qui vous rendent aimables auprès 
du beau sexe. » 

(A. Labobie.) 

PISSER. V. Uriner. 

PISTE. V. Suivre. 

PISTOLET. Iiagafc\ Burette^Cru- 
cifix. Crucifix à ressort, Manda- 
let*, Pétouse*, Pied de cochon, 
Pitroux, Soufflant. 

PITUITE. Flume. V. Crachat. 

PLACE Pl'BLIQUE, Placarde. 
V. Marché. 

— PLACE DE LA BASTILLE, 

à Paris. La Bastoche. 

Il était né près du canal, 
Par là... dans l' quartier d* rArsenal, 
Sa maman, qu'avait pas d' mari, 
l/appclait son petit Ilenri... 
Mais on rappelait la Filoclie, 
A la Ii<ut(tchc. 

— PLACE MAUBERT. La Maube. 
V. Quartier. 

— PLACE OIT SE FONT LES 
EXÉCUTIONS CAPITALES. 

La Plaine Bouge. 

— ciiangeh ï}EVLACE. Cambuter, 
Décamfiuter. 

PLACIER. V. Caser, Mettre. 
PLACET. Babillard. 

Ma larji^ae part pour Versailles ; 
Aux pieds de Sa Majesté, 
Kir lui ronce uu babillard 
l'our me fair' défouruiller. 

(V. Hugo.) 

PLAFOXD. Plaquet. 

Travaillant d'ordinaire 

[a sorgue dans l'aotin, 

Dans mainte et mainte affaire 

Faisant très boa chopin. 

Ma gente camUriotle 

Redoublé* de cara'Iotte 

De la dalle au flaquet. 

( Vieille ehamon d'argot. 



PLA 

PLAGIAIRE. Démarquew\ 

PLAGIER. Démarquer^ Démarquer 
du linge d'autruL 

PLAIDER. Blanchir, Lessiver, 
V. ÀTOCàt. 

PLAIDOYER. Blanchissage, Les- 
sive, Médecine, Purgation. 

<t CoIIez-moi cinquante bal les et je vous 
coque une médecine flambante. » 

(VlDOCQ.) 

PLAIE. Abreuvoir à mouches, Cor- 
huche *. 

PLAIGNANT. Péttur. 

PLAINDRE (SE). Se traduit, se- 
lon le'cas, par quelques équiva- 
lents de Grogner ou de Pleurer 
(V. ces mots). Les typographes 
disent Gourgousser et appellent 
Qourgousseur celui qui se plaint 
constamment. 

« De mémoire de compositeur, per- 
sonne n*a vu le gourgousseur satis- 
fait. Son caractère morose et gron- 
deur fait le vide autour de lui 
mieux que ne le ferait une machine 
pneumatique. » 

(E. bOUTMY.) 

PLAIRE. Botter, Chanter, Chaus- 
ser, Ganter, Taper dans Fa'iL 

Que Touloz-vous, ù ce moment, 

Il me bottait, cet homme, 
Et ]e le bottai mZ-moment. 

C'était bien juste, eu somme. 

(R. PoNCHON.) 

« Elles vous chantent à vous, ces 
grandes nefs gothiques transfor- 
mées en écoles pour petits protes- 
tants, des bancs a la place de l'autel, 
plus de vitraux dans les ogives et 
partant le vide et le froid d'une 
église sans culte? » 

(Jkan Lorrain.) 

« Elle avait d'emblée lapé dans Vœil 
du baron qui lui avait aussitôt offert 
son cœur agrémenté du petit hôtel, 
du coupé et de la paire de steppers 
traditionnels. » 

(DOVEPC.) 

— On dit d'une chose ou 



— 360 — 



PLA 

d'une personne qui plail : 
Cest mon numéro, Cest ma 
pointure. Je rencaisse. 

M Cette petite femme-là avec ses 
grandes mirettes et son bec rose 
est tout à fait ma pointw^, » 

« Ce gonce-là, avec son châsse à la 
manque, j*ai jamais ^uVencaisser. * 

PLAISANT. Coq, Coquet, Gandin, 
Pallas. V. Beau. 

PLAISANTER. Blaguer, Chiquer, 
Chiquer balle. Chiquer contre, 
Couillonner, Couyomier, Piocher, 
Piocher, Plancher, Rigoler. 

« On n' sait jamais quand i' parle 
sérieusement, faut toujours qu*r 
chique, i\u''ï dise des blagues. > 

ce — Permission de huit jours! répé- 
tait le capitaine ! Permission de 
huit jours!... Ah ça! mais... Est-ce 
que vous coui7/onnêz, mon lascar? » 

Est-ce qae tu riqolct, 
mon cousin Nicole, 
Va, retourne à l'école. 

(R. POMCBO.I.) 

— EX PLAISANTANT, POUR 
PLAISANTER, TU PLAISAN- 
TES ! Pourl Pour bêcher. Pour 
chiquer. Pour la chique. 

<t Coupe pas ! (^est pour bêcher que 
j' t'ai dit ça. » 

« C'est pas pour chiquer, mais Tes 
rien veinard! » 

a Si c|u* ça s'rait seurment pour de 
vrai, niais c'est pour la chique. » 

a Que qu' tu dis? I' la r'trousse du 
ciguë avec une rouchie pareille? 
Pour! » 

PLAISANTERIE. Chiqué, Chi- 
quel, Couillonnadc, Couyonnade, 
Floche, Fumisterie, Sorte (arg. 
des typographes). V. Mystifica- 
tion.* 

Le Mariage : CouiUonnadê! 
l'eut-on trouver rien de plus fade ? 
(Mouron qui ne plait qu'aux »erins.) 
L'amour libre est loi de ISnture, 
Tout autre est mensonge, imposture. 

(I'. Faillbtte.) 



PLA 



— 361 — 



PLU 



— CELA N'EST PAS U.\E PLAI- 
SANTERIE. Cesi pas de la 
bêche. Sans char, 

« Ah! tu sais, vieux, sans chat\ 
c'était tout d' même une chique 
ballade, j' te V jure. » 

On rigol' comm' des oaistitis ; 
L* peupe il en t d' la réjouissance : 
L' bœuf gras est rétabli eu France, 
Toat i' monde ea roang' des coofetti ! 
Les déguisés i' sont nombreux ; 
Y en a des chsrs et d' la musique : 
V'Iè V Triomph' de la République! 
C'eiC pas d' la bêche ^ on s' sent heureux. 

(P. Pailletth.) 

PLAISIR. Rigolade. V. Amuse- 
ment. 

PLAXCHE. Garant*. 

— PLA.\CHE A ASTIQUER. 

Sarah (arg. de Saint-Cyr). 

PLAT, subs. Butre, Crolle \ Crosle \ 

PLAT, adj. En parlant des per- 
sonnes : Affiche, Limande, Pu- 
naise. V. Maigre. 

PLEUR. Viaupe. 

PLEURER. Baver des clignots. 
Chanter, Chasser des reluits *, 
Chier des châsses, Chialcr, Chigner, 
Chouigner, Couiner, Plaquer des 
calots. Gicler des mirettes. Lâcher 
les écluses, Pisseï' de l'œil, de la 
mirette, des châsses, Beniquer, 
Viauper, Y aller de sa larme, 
lerver*\ et quelques équivalents 
de PleuToir. On ajoute parfois 
à ces expressions le comparatif 
Comme une Wallacc. 

« Pleur<Î8 donc bien et chiés bien 
(les yeux, vous en pisserés moins. » 

(BÉnOALOB DB VeHVILI E.) 

— Ahî ah! dit 1* Frisé, te v'ià morte! 
Rt r grand niqu'douV s' mit à pleurer. 
Oh! oh! qu'il ehialait, faut qu' j'emporte 
Vt\ I)out d' souTenir pour Tadorer. 
Kt prenant la cotte et les bas. 
Il est parti Ift-bas, là-bas. 

(J. RiCHEPin.) 

« Hé! les gars, venez jlonc voir Néné 
Archeoeaud, il est saoul, il en 
couine l » 



« — Alors, la v*là qui se met à 
chigner : 

— Je vas te dire la vt^rité... Cesi que 
j'ai pas mangé depuis avant-hier. 

Du coup, je Tai l&chée, et j'ai 
sorti ma pièce de vingt ronds... Je 
voyais bien qu'elle ' ne mentait 
pas... Elle pissait de Vœil avec trop 
de conviction... 

— Si c'est ça, que je lui dis, v'ià 
de quoi aller bouffer... » 

(0 MétAmer.) 

— 07i PLEURE, ON VA PLEU- 
RER. Y a de Voignon, 

« Chaque fois que le p^re rentre 
saoul, y a de C oignon à la piaule. » 

PLEi:R>flCIIEUR. Chialeur, Gei- 
gnard, Geigneur. 

PLEUVOIR. Lancequiner , Lan- 
guincr, Lansquiner, Vaser, Vasi- 
ner. 

Quand c'est donc que je pourrai m* dire : 

— Ma vieiir. ça y est, tu vas t' plumer! 
Si c'est THiver... p lét' qu'v Tra chaud. 

Si c'est l'Klé... p'téf qu'y Tra tendre, 
Mais qu'y lansquine ou qu'y fass' beau. 
Mon guieu, comme y fra bon d* s'étendre ! 

(Jbhar RicTra.) 

Sans but,... san^ savoir, faut aller 
Môm' auand i* vasin' tout' la ueuille. 
Si tu t arrêtes d' ravaler. 
Comm' fllcur, la r'uillelt' te rucilie. 

(L. DB Bbhcy.) 

PLOMB. Doucine*, Doussin*, Gras- 
double, Limousine, Mastar, ^oir. 

« Le gras-double, c'est le plomb qu'on 
arrache aux chéneaux et aux gout- 
tières, les tuyaux qu'on brise, les 
bouton» de porte qu'on scie, les 
ferrures qu'on détache,... tout le 
métal de construction qu'on vole 
s'appelle du gras-double, n 

(E. LEPCI.I.BTIRa.) 

— TUYAU DE VLOMB. Saucisson. 



PLOMBER. Doussiner \ 

PLOXGEOX. Faire un plongeon 
malgré soi : Faire une passade. 

PLUIE. Bouillon de chien. Lance, 
Lancequine, Lansquine. V. £aa. 



PLU 



— 362 — 



POI 



« Depuis ce temps, j'ai plus de goiU 
à rien ; j'ai fait que poiroter sous leâ 
lansquines en battant mon quart. » 

(LoflSF. MiCHFL.) 

PLl'ME. Barbue^ Rame, Volante, 
Vol-an-vcnt, 

— PLUME A ÉCRIRE. Bon-bec, 
Brodeuse, Courante, Griffante^ 
Griffonnante. 

« Son biirton commençait comme ça : 
J' mets \h. g ri /far de à'ia pcgne pour 
vous broder qu' mon gnière est 
guéri d'puis deux plombes. » 

M Comme le juge d'instruction lui 
montrait la traite qui avait motivé 
sou arrostnlion : 

— Quoi? lui dit-il, c*est-il moi qui ai pu 
fabriquer ce llanche-là; j'ai jamais 
su tenir une brodeuse de ma vie. » 

(J. UVY.) 

PNEl MATIQUE. Pneu, 

POCHE. liaa-eiLsc, Hlnquenaudc, 
Balade, Balladt\ Uouchon, Fabe, 
Pelouse *, Filonsc \ Fouille, Fouil- 
louse. Four chaud', Glochette*, 
Grande, Gueularde, Larron *, Pro- 
fonde, Prophète, Vaone, Wayue- 
naude, Vtdade, Valladc, 

Tout il' mt^m', di^ pa^ niort au persil; 
Saus lui, luMisoir la haifunaud' ronde. 

(J. HiCIIElM.N.) 

« Alors on a monté au Rochouart et 
on est entré dans un* UM que la 
porte est comme une é<?lise. Ça 
s'appelle?... J' me rappel!' pus!... 
Atteu(l.s, faut que j' j:âlille su' 1' 
jirospcrtus cq' j'ai là dans ma va- 
que... » 

« Plus d'nubert ncstoit en fnuiUouse. » 

(lUl'hLVIS.) 

« r prend sa rallon^re qu'il avait 
toute ouverte dans 3ix fouille et m'en 
passe un coup, w 

« Un peu de monnaie, quoi I trois, 
quat francs! histoire de ne pas 
bal Ire les chemins sans seulement 
un lauvre pélaud dans suprofouih. » 

— POCHE SKCUKTE. Finetle, 

a Le grec a dans son habit, au dos 
de son pantalon, une ou plusieurs 
petites poches dites fmettfs, daus 



lesquelles sont placés les Jeux quUl 
doit substituer à ceux de la maison. • 

(RODERT-HoUDCf.) 

— LMndividu sans le sou, pour 
indiquer que ses poches sont 
vides, dit que Les doublures 
se touchent, 

POÊLE, subs. m. Goulu, Gueulard, 

« Allons, quoi ! mets du lusquin dans 
r ffueulard ! » 

POÊLE, subs. f. Mcruchè, 

POÊLOX. Méruchon, 

POÈTE. Poigre*, Poite. 

POIGXARD. Bon-dieu, Flambart, 
Flambcrt et les équivalents de 
Couteau. 

P0H;\ARDER. Figuer\ Fiquer % 
Linyuer, Suriner. 

POIL. lirigeant*, Brigant\ Fil. 
V. Barbe, Cheveu. 

« — A moi, mon vieux, on me V met 
pas : j'ai trop d' fil dans la trousse. » 

— POIL AU PUBIS. Paquet de 
maryland, de cinquante, de 
quatre-vingts, de tabac. Sapeur. 

« — Aile a d'jà des moustaches à 
seize berges. A doit avoir quéqu' 
chose comme sapeur', mince de 
paquet d' ciuquanleX * 

— POIL SIR LA POITRINE. 

Dessus r/tf malle. 

— POIL SOUS LES BRAS. 

Lapin. 

« Le réfîisseur se mit en colère : 
— Au lieu de chercher à épater le? 
copines avec vos boucnons de 
carafe et vos toilettes de cinquante 
louis, vous feriez mi^ux de peigner 
vos lapins et de vous brosser les 
crocs. M 

POIHE. Prnte. 

— POIRE criTE. Crotte d*ennHe, 

POIIŒ D'AXGOISSE. Pircnallc. 

POLS. Roulant, 

POISOX. liaume de porte en terre, 
Boucon^ Mauvais caf*}. Poivre, 



POI 



— 363 — 



POM 



« A voulait pas aller à Pliospice pa'c* 
qu^a s* figurait qu' les carabins, 
quand i's pouvaient pas vous gué- 
rir, vous donnaient le baume de 
porte en terre^ pour vous expédier 
plus vite. M 

POISSOX. Caillé, Cayer, Flottant, 
Kageoiry ?ioujony Pitmeur. 

POITRINE. Ciiirnssc, Devant de 
gilet, Plastron. V. Sein. 

POIVRE. Avoine de curé, Fortin, 
Fretin, Relevant, Sable jaune. 

« D'attaque et d'aplomb, il était, mal- 
gré la cinquantaine voisine, vigou- 
reux et vert-galant, toujours prêt 
à faire bonne chère aux dames, 
sans avoir besoin à' avoine de curé. » 

(lIsuTon KnAMce.) 

« — Un peu de relevant^mon cousin? 
demanda la bouchère en lui ten- 
dant le poivre. 

— Oh I pas encore, cousine î on est 
encore solide au poste ! » 

(Herbert.) 

POIVRIÈRE. Fortiniére. 

POLICE. Arguche *, Arnac, Ar- 
nache, Arnade, Arnaque (ces qua- 
tre dernières expressions sont la 
contraction de La Renâcle), Ar- 
nif (contraction de La Renifle), 
Bigorne, Casserole, Ces mess. Ces 
messieurs, Louche, Lousse * (V. Jar- 
gon), Marmite, Mouche, Pousse \ 
Raclette, Raille, Rapporteuse, Re- 
nâcle, Renaclette, Renaque, Re- 
nifle, Reniflctte, Rousse, Volante. 
V. Malice. 

— Qi:i APPARTIENT A LA PO- 
LICE. Qui en est, Qui est de la 
boUe, de la boutique, du coin du 
quai (pour Pans seulement), 
de la grande maison, de la mai- 
son, de la rue de Jérusalem (pour 
Paris), de la tôle. V. Agent. 

« Acres, vMà VArnaque, fit l'Oncle 
tout à coup. » 

(0. MfTiMER.) 

Je Tai aim^e autant qu' j'ai pu, 
Biais j'ai pus pu lor^^ue j'ai su 



Qu'a m' trompait, avec Anatole... 

Ça dWait arriTer, t6t ou tard, 
<'>ar Analol' c'est un mouchard... 
La marmite ai m' ben la eass'roUe, 
A B.itignolles. 

(A. B.) 

C'est les rous$in«, quoi !... ces mesiieun 
Qui voi'nt tout, d' Pile à la barrière, 
Comm' celui-là qu'avait deux yeux 
L'un par devant, l'autr' par derrière. 

(lo.) 

« Il jeta un coup d'œil circulaire dans 
le bouge et, voyant dans un coin 
deux physionomies qui ne lui 
étaient pas familières, il fit demi- 
tour en disant : « Ça sent la mou- 
che, icigo. » 

M Tâche de pas te faire poisser, y a 
deux jours que la renaclette te 
r'file. » 

Car, dans ce coin de Bordeiux, 
On rencontre des badauds 
Qui \ont manger leur galette. 

En cachette ; 
Kt, pendant qu'on les détrousse, 
Plus d'un m.'trlou... plus d'un grec. 
Se fait chaufTcr par fa rousse 

A Ueriadeck. 

(A. B.) 

— BRIGADIER DE POLICE. 

Doubfe. 

— SOUS - BRIGADIER. Sous- 
verge. 

— OFFICIER DE PAIX. V. Offi- 
cier. 

— COMMISSAIRE DE POLICE. 

Quart, Quart d'œil. 

— VOILA LA POLICE! Lorsque, 
dans un établissement public, 
des uialfaiteurs veulent s'aver- 
tir à haute voix de l'arrivée de 
gens dt; police, ils disent : Le 
train va partir, La voilure est 
à la porte. Notre voiture nous 
attend, Passez-moi le Larousse, 
Voyez cela dans le dictionnaire 
ou toute autre phrase du môme 
sens. 

POLICIER. V. Agent. 

POLTHOX. V. Capon, Lâche. 

POMME DE TEHRE. Cartofk, 
Cartouche, Crompire, Krompire, 
I Patate, Truffe. 



PO M 



— 364 — 



POS 



n — Et VOUS Ift. numéro deux, vous 
n'avez rien à réclamer? demanda 
l'officier. 

— Je ne réclame rien, mon capitaine; 
seulement je vous dirai que fa soupe 
est un peu maigre. On nous fait 
tous les soirs éplucher deux sacs de 
patates^ et le lendemain, on trouve 
juste dans sa gamelle deux krom- 
pires qui se battent en duel. » 

« — Encore des cartoflca I fit Jean en 
voyant qu'on servait encore du 
ragoût. J'en ai soupe ! » 

(II. Si>xnnE.) 

« Avec la croustille du ballon, y a pas 
d' quoi faire la noce : Des 'vestos 
ou des truffes tous les jours, sauf 
er dimanche et 1' jeudi où qu'on 
vous fout un boutd' barbaiiue qu'un 
clebs en voudrait pas. » 

POMPIER. Grenadier du rifle. Vi- 
dangeur, 

POHi:. Rossignol à ylamls, V. Co- 
chon. 

POHTK. Discrùte, Encarde, Fen- 
dante, Guimltardr \ Lourde^ Ys *. 

'< On avait combiné 1' truc dans c'tte 
tôle-là à cause (ju'i' y a deux encar- 
des et qu'on peut démurger sans 
que r lourdier vous r'mourhe. »> 

(O. lliT£.Min.) 

— MGTTRK \ L\ PORTE. Ba- 
lancer^ Vider. V. Chasser. 

Tu vas balancer V parU^ment... 
r r.iut <-i<«-(aiiiir la buuiiqup... 
Piii*, (aut vifler V p>uvernomcQt, 
l'iiur itottoycr la Hépulilique... 
Tu n' tra\uiirrj» piN puur la poau, 
Km l.ii>anl un p'tit (i«>u\ «ii^iiMulire... 
C:<r. t.utt (|u' yaura d' la iiuTtl' dans I' pot, 
Blou vieuv.tM puora tlau- la chambre. 
(A. b. Lt'/t Suiilfilotjut'S d'Honoré Constant.' 

VOliTEF MX, Awjr dr urèip \ Col- 
tin, Ctdtinrur, i.'olletin. Ctdhti- 
neur, Mignon de port \ V. Fort. 

POHTEI i:riLLE. Ployant, Vorie- 
la'iue *, Purlcinincr. 

— POKTEFEl'ILLE T.AIVM. .Urt- 
'i Pour olTrir deux francs à un misé- 
reux (jui vuus rapporte avec sim- 



plicité un pareil mateias, il faut 
pratiquer, a une dose véritable- 
ment surprenante, cette opinion 
féodale du riche que tout lui est dû. >• 

(Alcxahdre Hcpr.) 

PORTE-MOXXAIE. Artichaut , 
Artiche, Morlingue, Porte-me- 
nouille, Vorte-monaille, Porte- 
morni/le, V. Anglais. 

J'ai pus qu' la peau danH mon morlingue : 
Pas mt^me d' quoi pour deux ronds d' grtngac ! 
Ceux qui m' «oieut avec ma bell' fringae 
Doiv'nl pas s' douter que T fais liallon. 

(L. DB Biacr.) 

PORTEUR D'EAU. Cribleur de 

lance *. 

PORTIER. V. Concierge. 

PORTRAIT. Photo (apoc. de Pho- 
tographie), Mouchard. 

— PORTRAIT-CHARGE. i?me//^. 

POSER. V. Mettre. 

POSITIOX. Avoir une position 
éh^véc, lucrative : Être dans les 
eaux grasses, dans les légumes. 
V. Autorité. 

POSSÉDER. ltrer\ LUrer\ 

— POSSÉDER ClIARI^ELLB- 

MEXT. S'appuf/er, ^ S'envoyer, 
S'orchestrer. V. Jouir. 

« VIA une gonzesse que je m'nppuie- 
rais bien... mais faudrait trop de 
po^^non pour me Venvoyer. » 

POSSIRILITÉ . Mi'che , Plan . 
V. Impossible. 

'« — Je veux hion te payer à déjeuner, 
au besoin t'avancer le louis pour 
taider «à te sortir de la pouillerie, 
passaj^iTo, je rcspêre; je t'offre 
mrme l'hospitalité, pour ces huit 
jours (|uo mon amie doit rester ab- 
sente ; mais parler pt»ur toi au pa- 
tron, pour ça, vois-tu, mon vieux, 
pas plan î » * 

(J. Likxoat.) 

POSTE DE POLICE. Clou, Lam- 
pion rowjc. Planque à flics, à ser- 
gols; et la plus grande partie 



POS 



— 365 — 



POU 



des termes signifiant Prison. 
V. ce mot. 

« Mais une fois dans la planque à 
sergotSf ï s'a mis à faire une mu- 
sique des cinq cent^ dinbes, si 
bien qu'i' s'a fait poncer dans les 
grands prix. » 

POSTE AUX CHEVAUX. Vcloze. 

POSTICHE . Paquet postiche 
dans les magasins. Anglais, 

POSTILLOX. Vélo, 

POT. Mainnouset *, Turin, 

— POT-AU-FEU. Marmouset*, 
Ri/fauir. 

— POT A BOISSON. Crupaull % 
Goupin , Goupine, Gouplin* , 
Goupline*j Gour^ Gruppelin. 

— POT A BRAISE qu'emploient 
les commères eu guise de 
chaufTerette. Gueux. 

« Accroupie près d'un gueux sur les 
cendres duquel une cafetière ron- 
ronne. » 

(P. Mahalin.) 

— POT DE CHAMBRE. JuU$, 
Thomas, Thomas grosses lèvres. 

POTEXCE. Abbaye de Monte-à-Re- 
gret *, Béquille *, Credo *, Pour- 
dolle*, Giffle\ Hallegrup *, Jam- 
be-en-Vair *, La Montjoye *, La 
Veuve* j Montagne de Géant*, 
Sans-feuille, Turterie*, 

— CORDON DE POTENCE (en 
cuir). Baudrouse*, 

POTIRON. Boule jaune, 

POU. Coquillon, Espagnol, Gau, Go, 
Got, Grenadier, Habitant, Loca- 
taire, Loupac, Loupaque, Loti- 
pale (V. Jargon), Mie de pain à 
roulettes, Pègos^e, Picanti, 

— Au pluriel : Garni'^on. 

« La petite bohémienne était gentille 
à croquer et pas du tout farouche, 
seulement je m^aperçus qu^elle avait 
la tête pleine de coguillons, » 

{Les Propos du Commandeur.) 



« Dans les villages et les faubourgs 
arriérés des grandes villes, il ne 
manque pas de femmes, igiiorantes 
autant que malpropres, qui préten- 
dent que des grenadiers sur la tête 
d'un enfant entretiennent la santé ! » 

(UECTon Frahcb.) 

Quand il a «(ouci de soq teint, 
i'ar un merlan le purotin 
Se fait gratter pour un rotin 

Le long dt^s berges ; 
Et, par les matins de bcaa temps, 
S'iU deviennent inquiétants, 
Il peut noyer ses habilants 

Le Ung dci> berges. 

(L. DE blBCT.). 

C'est un métier d' purotin, 
Faut Irimarder dans Pantin 

En savates, 
Faut chiner pour attraper 
Des loupa^u' ou pour chopper 

Des miir pattes : 
Dame, on nng pas dans V benjoin, 

A Saint-Oucn. 

(A. B.) 

« — Nom de Dieu! fit-il en retournant 
les draps du malheureux bleu; 
mais vous avez des locataires, mon 
garçon! Voulez faire concurrence 
au commandant d'armes?... Vous 
avez une garnison \.„ Ser'-major, 
vous me commanderez quatre hom- 
mes de corvée qui iront, avec leur 
brosse de chiendent, me décrasser 
ce lascar-là à Tabrcuvoir et me le 
débarrasser de sespégosses...FÀ vous 
le ferez coucher quatre jours à la 
malle, qu'on ait le temps de chan- 
ger sa fourniture. » 

« J'aim'rais mieux filer la cloche que 
d' plumer dans une tôle pareille; 
j'aurais 1' flube d*y poisser des 
morbaques et des gos. » 

POUCETTES. Alliance, Pouce- 
rcau, V. Menottes. 

— METTRE LES POUCETTES. 

Empoucer. 

POUDRE DE RIZ. Farine, Plâtre. 
V. Fard. 

« Ces gonces-là, leur faut des gonzes- 
ses avec des diames, des dentelles 
et tout le tralala; et la pus belle 
des bergères leur-z-y dit qu' nib, si 
a n'a pas un kil de farine su* V tro- 
gnon. » 



POU 



POUDRER de poudre de riz. Su- 
crer la tarte. 

« Vous vous arrangerez chez une som- 
nambule... On se trotte à Neuilly... 
La Uave surenchérit. 

— Que lui disiez-vous, espèce de dé- 
bauchoir?... La môme est plus cra- 
moisie que le blair à Victoria... Dé- 
pt^che-toi d'aller suci^r ta tarte^ 
petite... » 

(K. Maizmoy.) 

POUILLEI'X. Loxipel, Véijossier. 

H On dit tous les biffms pégossiers ; 
c'est là une calomnie. J*ai vu des 
intérieurs de chilTonniers Tort bien 
tenus, où le plancher était lavé, les 
meubles époussetés, les ustensiles 
brillants. » 

POIXAIX. G(tltron. 

POULAILLER. Ornière. 

POULE. Jiccante, lieoiuatUe, Es ta- 
ble j Kstafe, Esta [le y Estaphk\ Or- 
nie y Sive *. 

it Ou a britTé une oniie qu'il avait 
poissée à Bagnolet, chez un cul- 
terreux, n 

POULET. Bécanty Becquanty Orni' 
chon, Oi'nion, 

POUMOiXS (LES). La ilouhlarç, 
Le mou . 

POUPÉE, répde (arg. des enfants). 

POUR. (Afin iW.) ïliatoire 'le. 

M Histoire de rij:olcr, ou y avait mis 
d' l'uvointî de curé dans sa vi- 
nasse. M 

POURBOIRE. Camionnauey Drin- 
ijuellCy Puurlichcj Pour soif. 

« — Et il n'y a rien peur le camion- 
nngej dit Maxime eu rendant la 
monnaie. » 

POURPOLXT. Georyet \ 

POURSUIVI par la police. Qui a 
tes pieds dans le dos, dans les tn- 
dossesy dans le râbcV. Recherché. 



— 366 — PBÉ 

POURSUIVRE. Foutre la chasse. 



a Pour détourner l'attention du pu- 
blic d'un tas de tripotages finan- 
ciers et de compromissions politi- 
ques, on fout ta châtie aux liber- 
taires. » 

(La Renaiuanee.) 

POURVOI. V. Cassation. 

POURVOIR (SE). Id. 

POUSSER. Boulery Drossir^ Esba- 
lancei'^t 

PRAIRIE, PRÉ. Fenouscy FUause, 
Mouchoir à bœufs y Paladier*, Pe- 
lardy Pelardier. 

— PRÊ FAUCHÉ. Pelé. 

PRÉCAUTIO\. Ganle à carreau. 

— PREXDBK DES PAÊCAU- 
TlOXS. Épargner le poitou*^ 
Se garder à carreau. 

« Armand Marast était de ceux qui 
ont Part de se faire des amis d^un 
jour, quoiqu'il gardât toujours une 
pointe dMmpertinence. 11 appelait 
ça se garder à can^au. » 

(Alufc?(E iiuOMAYE.) 

PRÊCHER. Égruger. 

PRÊCHEUR, Babillard, Jaseur. 

PRÉCIEUX. (Objet de prix.) 
Bath. 

u C'est une goyo à la mode, a porte 
que du buth\ » 

PRÉDICATEUR. Zéruart\ 

PRÉFECTURE. Préfectancc 

u Tiens, v'iû qu'on le fourre dans une 
voiture... Ça ne va pas traîner : 
En route pour la Préfectance. » 

(LlliUlNA CtLBVÊQrC.) 

— LA PBËFKCTL'RB DE PO- 
LICE. La Hotte, La Boutique, 
Lf! Bord de Veau, La Cuisine, La 
Curieuse, La tlrande Maison, La 
Judt'e, La Tô/e, Le Coin du Quai. 
V. Conciergerie, Police. 

PRÉFET DE IMUJCE. Dab des 

renifleurSy Baron de la Raille y 



PRÉ 



— 367 — 



PRÉ 



Grand condé. Mec do. la Rousse^ 
Fatrorif iVre la Renifletie, V. Po- 
lice. 

« Vous voulez me cuisiner, dit-il, c'est 
comme des dattes, vous ne saurez 
que nib ; el si ic jacte, ça ne sera 
que devant le Vairon. Si'je casse le 
morceau, je veux que ça me rap- 
porte des douceurs; et c'est pas 
vous, simple quart dVcil, qui pouvez 
me les faire avoir. » 

PRÉMÉDITATIOiX. A VArnac, à 
V Arnaque. 

PREMIER. Prcti. 

« Quand on jouait à courir, j'étais 
toujours le preu. » 

— OUI AllRIl'E PREMIER. 

A lui ie pom/jont Qui décroche 
le saucinson, le Jambon^ la tim- 
bale^ Qui lient la corde. 

Lorsque se pr«'>scQlc un jupoo, 
Même si quoiqu'un d'autre ferre. 
Lui seul Tient à bout lio l'aiTaire : 
C'est toujours à lui le pompon. 

(DLioOMT.) 

« T'as beau te dihiiancher 1' fl^'dé, 
t'as pas beau jeu; 1' Kouqum est 
plus mariolle que toi. C'est lui qui 
décrocKra C jambon, •♦ 

— LE PREMIER CLIENT. £/ren- 
/le, Qui élrenne. 

£n rô-iant autour des tables 
A la porte des cafés, 
Elle dit des mots aimables 
Aux messicur.H bien attifes. 

— La cuquiou e^t drjj belle ! 

— Ça ue peut que mal tourner! 

— Bons mos^iieurs, roarrourc-t-ello. 
Vous devriez m'tUr^nner. 

(Clovis IICGUES.) 

PRENDRE. Chauffer, Cherrer. 
V. Attraper, Saisir, Voler. 

PRÉOCCl PATIOX obsédante . 
Cauchemar. V. Ennui. 

PRÉOCCUPER (SE) outre me- 
sure. Se cauchemar derj Se faire 
du sang, 

« Ne vous cauchemardtfz donc pas 

Jour si peu, allez, ma pauvre dame, 
e ne comprends pas qu'on se fasse 
du sang pour un hoiume. » 



PRÉPAIL\TIO]V. Cuisine. V. Pré- 
parer. 

PRÉPARER. Amarrer, Arnaquer, 
Maquiller^ Mijoter. V. Arranger. 

PRÉPARER UNE AFF.\IRE. 

Être dessHSf Marcher dessus. 

— PRÉPARER UX JOURNAL 

au point de vue de la rédaction 
et de la mise en pages. Faire 
la cuisine ou Cuisiner. 

« Enseigne-t-on le journalisme comme 
on enseigne la cuisine? Le mot est 
courant dans le métier : la cuisine 
du journal. Mais c'est la confection 
même du nuiuéro dont il 8*agit ici. 
Je ne méprise pas ce point parti- 
culier : la cuisine du journal, c'est 
sa vie môme. Il est des Vatel et des 
Carême, des gens de génie dans 
l'art de cuisiner une gazette. Ceux- 
là ne sont pas toujours les plus 
glorifiés, ils sont souvent les plus 
utiles. » 

(Jules Clakitie.) 

—Ces expressions s*appliquent 
également au théâtre, aux 
institutions et aux pratiques 
qu*emploient les gens de 
police j)our préparer les 
aveux d un inculpé. 

a Auguste Germain qui nous montra 
d'aoord avec une verve si causti- 
que le guignol des planches, qui 
nous initia aux recettes de la cui- 
sine théâtrale, qui blagua dans une 
suite de dialogues à l'emporte-pièce, 
savoureux, poivrés, exquis comme 
du Donnay ou du Capus du meilleur 
cru, les filles vouées au maillot et 
aux couplets sur Toseillc... » 

(Re?ik Maixeiioy.) 

On Tole, on riole, on assassine ; 
C'est tr^s rigolu la cuinine 
De l'onlre sociul pervers. 

([*. l'AILI.BTTE.) 

« Pendant les sept premiers jours de 
ma détention, j'étais amené tous 
les jours à la Sûreté. Là, on me cui* 
sinait. » 

(RODOT.) 

— PRÉPARER UN OUVRAGE, 

un travail. Labourer*. 



PRÉ 



— 368 — 



PRâ 



— PRÉPARER UN MAUVAIS 
TOl'R à quelqu'un. Lui faire 
frire des œufs. 

— PRÉPARER UN VOL, un cri- 
me. Agricher le grelot, Arra- 
cher dû chie?identt emmailloter^ 
engraisser ou nournr un mar- 
mot, un môme, un poupard. 

PRÉPUCE. Cabochon de rubis. Ca- 
lotte, Casquette, Chapeau, 

Mon p'tit frère est très convenable : 

Quand il entre, il At* son chapeau. 

(Vieille chanson.) 

PRÈS DE. (Auprès.) Jouste*, 
Juxte *. 

PRÉSERVATIF, subs. Armure 
d'ÉroSj Capote, Capote anglaise. Ci- 
garette, Chapeau, Noisette, Ruban. 

« Un général retraité a conservé toute 
une série d^équipements militaires. 

Un jour, il montrait à d'aimables 
visiteuses ses vêtements de grande 
et petite tenue qu'il porte encore 
avec orç^ueil, en non-activité, après 
les avoir promenés sur tous les 
champs de natoille de son temps. 

Les jolies curieuses s'extasiaient : 

— Ohî s écria l'une, que d'uniformes I 
que de shakos ! que de capotes ! 

— Vous en avez pour votre vie, 
ajouta la belle curieuse. 

Le général la regarda un peu sur- 
pris : 

— Ma foi, madame, je n'osais pas 
vous le dire. » 

(Hector France.) 

« Daiuc Coignet avoua au président 
des assises qu'en femu)e prudente 
elle avait dans son chiffonnier une 
provision de ces confections de 
mode anglaise que débitent à Paris 
des frères de nom italien, confec- 
tions que le xviiie siècle fragonar- 
desquc appelait Armures uEros, 
carquois légers où il conserve ses 
flèches et que notre siècle, plus 
terre à terre, appelle les waler- 
proofs de l'amour. L'infortuné Cour- 
tial était encore revêtu de cette 
cuirasse imperméable quand il reçut 
le coup fatal. Seule avec son ca- 
davre, sa complice s'empressa de I 



lui retirer cette pièce 4 conviction, 
qui ne figura pas aux débats. » 

{Gil Bios.) 

PRÉSIDENT. Francpilois*, Grand 
mec, Grand meg \ V. Colonel. 

— . PRÉSIDENT D'ASSISES. 

Anatole, Léon. 

— PRÉSIDENT DE LA RÉPU- 
BLIQUE. Guignol. 

PRESSER [SE). Se décarcasser. Se 
démancher. Se démancher le trou 
du cul, Se grouiller, Se grouiller 
ou se magner le cul, le fidcre, le 
figne, le fion, le tal, le train, etc. 
ou simpl. Se magner, Se patiner. 
V. S'empresser. 

H Aussi vous voyant tout turlupiné 
pour les histoires qu^on raconte 
sur votre père, je me suis décar^ 
cassé, j'ai cherché, j'ai trouvé. » 

(Lbbmixa et Lévéqui.) 

Allons, paiine-toi, mon viens ; 
Fi fine et Sarah toutes belles 
Nous attendent sur le ponton. 
Quai du Louvre. Lies hirondelles 
Nous conduiront au Bas-MeudoQ. 

(P. Pauxettb.) 

Allez, ho! dar'dar'! magn''toi l* figne 
Si tu veux t'en v'nir avec nou9. 
Ou sans quoi, tu sais, on s'esbigne... 

(Blédort.) 

PRÊT, adj. V. Précaution. 

PRÊTE-\OM. Mannequin (exten- 
sion du mot français}. 

PRÉTEXTIELX. V. Embarras. 

PRÊTRE. Calotin, Coin, Coincoin, 
Corbeau, Emblémeur*, Enseigne de 
cimetière, Fusain, Goussé-razis*, 
Marcassin, Moule à antiennes, 
Oremus, Radis-noir, Ratichon, 
Rase (apoc. de Rasé), Razis, Ro- 
chet, Sac à charbon. Sanglier, 
Taupe, Vobiscum. V. Confesseur, 
Officiant. 

T'as fini!.... d' la viande à cor6«aiix! 
C'est vrai qu'i'ssunt gnn, qu'i's sont beaui, 
Qu'i's ont d' l'atout, qu'i's parlent bien, 
Qu'i's ont des gonzess's ponre rien. 



PRE 



— 369 — 



PRI 



Eh ben! chacun son goût, moi, j' raque. 
Un', deux,... par ici la sortie... 
Et j'aim' mieux les bergër's de claque 
Que les punaisas de sacristie. 
(A. B. Les Soulologue* d^ Honoré Constant.) 

« — Moi j'aim' pas rencontrer un 
marcassin : les radis-noirs et les 
oremus ça porte malheur, aussi 
quand j*en trouve un su' mon che- 
min j'touche du fer pour quT m*ar- 
rive rien d'sale daosla journaille. » 

i[ Nous autres paysans, ouvriers et 
citadins, nous avons voté tout de 
même pour Thomme qui avait mis 
les princes à la porte et les vobis- 
cum au régiment. » 

(Georges Thiébadd.) 

« Le sanglier a voulu lui faire em- 
brasser la croix avant de calancber, 
mais il n'a pas marché. » 

Il est en colère, 1' bon Dieu! 



Pourtant i' n' fait pas d' politique... 
Hais, d'après ces bons ratichonSy 
V croit qu* nous somm's tous des cochons 
Depis qu'on est en république. 

(A. B.) 

« Un radis noir ! Ça porte malheur 1 
— Quand on voit un sac à charbon^ 
. faut toucher du bois et du fer. » 

PREUVE qu'on tient d'une faute, 
d'un délit ou d'un crime commis 
par autrui et qui est demeuré 
secret. Cadavi^e. 

PRÉVEIVTIOX. Plan de couillé, 
Prévence. V. Flagrant délit. 

PRIER. Bigoter, Jaser. 

— PRIER AU PIED DE SON 
LIT. Bouffer sa paillasse, 

PRIÈRE. Jasante. 

P1U\CE. Franc-ripois*y Linspré 
(V. Jargon). 

PRIXTEMPS. Honnête. 

PRIS. V. Arrêter, Découvert. 

PRIkSE de tabac. Chouine, Pin- 
cée de ciment, de grézillon. 

PRISER. Fanfouiner. 



PRISEUR. Panfouineur. 

PRISON. Abbaye des sots bordels \ 
Balf Balançoire^ Ballon, Bignouf, 
Bloc, Blouse, Botte, Boite aux 
cailloux, aux fayots, Bonde, Bou- 
cle, Cage, Campagne, Canton, Ca- 
ruche, Carruche, Cartuche *, Case, 
Castu, Castuc, Castue^ Château de 
r Ombre, Collège, Complouse, Ga- 
ruche. Gerbe, Hôpital, Hosteau, 
Hosto, Housteau, Housto, Jetard, 
Loir, Lycée, Pension, Plan, Plan- 
que, Schtard, Séminaire, Tas de 
pierres. Tirelire, Trou, Tune*, 
Tuneçon *. 

— En argot militaire : Botte, 
Came, urosse, Gi'osse lourde, 
Grosse tôle, Lourde, Malle, 
Mazaro, Ours, Tôle. V. Em- 
prisonner, Hôpital. 

« Au coin du boulevard, il rencontra 
deux gardiens qui emmenaient une 
fille. 

— Tiens, la Momignarde! Toujours 
les mêmes, alors 1 Y a nas quatre 
jours qu^elle sort du ballon. » 

(Oscar MtTÉ.*<iiB.) 

v< Et pis tous ces gonciers-là, qui 
gueulent dans les métingues qu'i* 
faut casser la gueule à ceusses qui 
pensent pas comme eusses, qui^s 
soient de n^importe quelle opignon, 
j' te les foutrais tous au bignouf. » 

« Et tout de suite la danse commen- 
çait, la manne céleste des nuits de 
boite et des basses corvées. » 

(G. COUBTBLIHB.) 

« — Vous savez, me dit le commis- 
saire de police, c^est la cinquième 
contravention que Ton vous dresse ; 
à la sixième, c'est la boucle. » 

« Pauvre Chariot!... en v'ià un qu'a 
d* la guignai... c' qu'il en a bouffé, 
d' la case ! » 

Disciple de la bande noire, 
Pour bien te caler l'aTaloire, 
Dans la complouse do Poissy, 
T'en tressais... J'en tressais aussi. 

{Chamon recueillie par 
HooiEB-GaifON.) 

24 



PRI 



— 370 — 



PRI 



« Mes romplices alors sont dans le 
bal^ tant mieux, nous irons tous 
nous laver les pieds à la Nouvelle. » 

(G. Macé.) 

«f — Le juge a rintentlon d'en termi- 
ner avec vous cette semaine. 

— Ce n'est pas moi qui lui faciliterai 
sa tÂche, il a beau me laisser en 
marinade dans ma cage^ personne 
ne connaîtra mon passé. Mes po- 
teaux mêmes Tignorent. » 

« — Est-elle aussi en fuite? 

— Non, elle m'écrit de sa campagne ; 
c^est ainsi qu'elle et ses pareilles 
désignent la maison d^arrêt et de 
correction de Saint-Lazare. » 

(Id.) 

A présent qa* me v'ià dans les planguet. 

(A. B.) 

... J'en étais louf!.... Alors ej' pique 
Ma course au boul'Tard Sébasto 
Où que j' lomb' dans les bras d'un fliquc 
Oui voulatl m* conduire h Vhostol... 

(Id.) 

J' fais quoi que j' peux. J' vous dirais ben 
Pourquoi c'est que j' suis pns d* la haute. 
J' l'avais môm* dit à m'sieu Rich'pin. 
Mais faut croir' que ^ doit pas s dire, 
Puisque pour s'èt' fait mon écho, 
On l'a fourré dans la tir' lire 
Avec les pègres d' Pélago. 

(J. RiCHBfl.'t.) 

— ÊTRE EN PRISON. Pincer ou 
jouer de la harpe. 

— MAISON CENTRALE. Les 

bondes, Centrouse^ Dure^ Motte, 

— LA CONCIERGERIE. La Ci- 
gogne, La Tour, La Tour poin- 
tue; on disait jadis La Lorcefé 
pour : La Force (V. Jargon). 

~ MAZAS. La Maz, Maz, Taz, 
Tazas. 

— LA SANTÉ. La Santoche. 

— SAINTE-PÉLAGIE. Pélague, 
Pela go, 

— LA ROQUETTE. La Grande, 
La Rotonde. 

— LA PETITE ROQUETTE. 

La Petite. 

— NAXTERRE. Asile des rosières 
ou des pucelles. 



— LE CHBRCHE-MIOI. Le 

Grand Mataro. 

— POiSSr. La Poisse. 

^ SAINT-LAZARE. La Résur- 
rectioUf La Lorcefé des poni/fes^ 
Lazare^ Saint-Lag, Saint-Lago^ 
Saint-Lague. 

— PRISON MILITAIRE OU 
MARITIME DE PORT DE 
MER. Pontaniou (arg. des ma- 
rins; du nom de Pontaniou, 
lieu voisin de Brest,oÙ8e trouve 
une prison maritime). 

PRISONNIER. Ballonné, Bloqué, 
Bouclé, Cantonnier, Cojfré, Col- 
lardé*, Collégien, Enflaqué, En- 
christc, Enchtibé, EnfouraiUé, 
Malade, Remisé, Serré. \. Empri- 
sonner. 

— PRISONNIER LIRÊRÊ. Guéri. 

V. Libéré, Pluma. 

PRIVER (SE). (Manquer.) Se 
bomber. Se brosser, Se brosser le 
ventre. Se cloquer. Se fouiller. Se 
gauler^ Se gratter, Se taper. 
V. Bottine. 

Quant i vous, c'est classé 
Vous vous èles tous brosté 
Le ventre. 

(R. PoTICHOM.) 

— ÊTRE PRIVÉ DE NOURRI- 
TURE. Mêmes termes que ci- 
dessus, plus : Danser devant le 
buffet, Se caler des briques (on 
ajoute parfois : à la sauce 
caillou). S* envoyer des cloques, 
des jetons. Se taper sur le bide^ 
sur le bidon, sur la lan*eme. 
Tirer la langucV, Faim, Jeûner. 

— ÊTRE PRIVÉ DE DOMICILE. 

Être à la cloche, à la comète. 
Filer la cloche, la comète, La. 

S ter, La refiler, V. Domicile, 
[isérable. 

— ÊTRE PRIVÉ DE TOUT. J^/rr 

à la faridon. Être faridonneau. 

PRIX. Vendre à vil prix des mar- 
chandises achetées à crédit et 
qu*on n*a pas payées : Faire un 
coup de fusil, un coup de pistolet y 
Fusiller, V. Commerce. 



PRO 



— 37i — 



PRO 



PROCÉDURE. Promoncerie. 
PROCÈS. PromonL 

PROCUREUR GÉNÉRAL. Dab 

de la Cigogne, Z&uinois ", V. Mi- 
nistère piii)lic. 

PRODIGUE. V. Dépensier. 

PROFESSEUR. Pendu, grand ou 
petit pendu (arg. de Saint-Cyr), 
Syntax, 

— PROFESSEUR D'ADMINIS- 
TRATION MILITAIRE. Chien 
vert (arg. de Saint-Cyr). 

— PROFESSEUR DE LÉGIS- 
LATION MILITAIRE. Chien 
jaune (id.). 

— PROFESSEUR DE GÉOGRA- 
PHIE. Gogo (id.). 

— PROFESSEUR DE TOPO- 
GRAPHIE. Tapir (id.). 

PROFESSION. Se traduit par les 
é(^uivaients de Travail et d'Af- 
faire. 

— En parlant d'une personne 
qui exerce la même profes- 
sion que soi-même : H est 
du bâtiment. 

PROFIT. V. Bénéfice. 

— QUI NE SAIT PAS TIRER 
PROFIT D'UNE AUBAINE, 
D'UNE SITUATION. A la mie. 

« Ce gonce-là, c'est un broche à la 
mie. » 

— TIRER PROFIT D'UNE 
CHOSE. La faire belle. 

PROJET. Martin*. 

PROJECTILE . Dragée, Prune, 
Pruneau. V. Balle. 

PROLÉTAIRE. Prolo. 

L'Auto-Moblot 
C'est assurément V blot 
Du joyeux rigoio 

Qui fait d' l'épate, 

Hais c'est pas 1' blot 
Du malheureux prolo 
Ni du bon populo 

Qui marche à patte. 

(A. B.) 



PROMENADE. Balade, Ballade. 

Va, mon vieux, pouss'-toi d' la ballade 
En attendant 1' jour d'aujord'hui ; 
Va donc, ya qu* quand on est malade 
Qu'on a besoin d' pioncer la nuit. 

(A. B.) 

— PROMENADE DANS LES 
PRISONS. Balade, Dévidage. 

PROMENER. Balader, Ballader. 

De son métier, i' faisait rien, 
Dans r jour i' balladait son chien, 
La nuit i' rinçait la cavelte, 
A la Villelte. 

(b.) 

— SE PROMENER en donnant 
le bras à deux autres personnes. 
Faire le panier à deux anses. 
Faire sandwich. 

~- ENVOYER PROMENER. Bar- 
rei\ Dinguer, Envoyer à la 
balançoire, à Chaillot^ à Dache^ 
à la comédie, à la oouUle, à 
l'ours, au bain, au Banc, aux 
chiottes, aux gogues, aux pelotes. 
Envoyer baigner, bouler, chier 
(on ajoute parfois : oit tu mets 
ton pain), dinguer, se faire 
daupher, se faire enfiler par les 
Grecs, faire fiche, faire foutre, 
faire lanlaire, pisser, rebondir, 
Rp fouler à Bondy, Scier. 

a Un docteur très distingué est appelé 
par Baudelot, sérieusement indis- 
posé : 

— Je crois, docteur, que j^ai la mala* 
die à la mode. 

— Parbleu I la dengue ; c'est ridicule, 
tous mes malades ont la dengue, 
maintenant. 

— Et... le remède... a la dengue? 

Le docteur, impatienté : 

— Venvoyer dinguer... voilà tout! » 

{Rouge et Noir.) 

r parait qu' yaTait du turbin 
C'iui d'aTant pouvait pas y faire 
r s' s'rait fait envoyer au bain. 

(A. B.) 

Aussi, vois-tu, ma pauv' Alice, 
Malgré qui' soy' joli garçon. 
Puisque ton homme est d* la police 
r faut r quitter comme un chausson... 
Qu'i' foute l'camp... qu'il aille d Daehe... 
Qu'il aiir plaoquer ou quT voudra... 

(Id.; 

« Elle me rend la vie impossible, j'ai 



PRO 



— 372 — 



PRO 



bonne envie de tout envoyer faire 
fiche, » 

(J. Haini.> 

« Et M. Le Bargy n*est pas content, 
et il brandit sa démission comme 
une menace ! Laissez partir Tircis : 
qu'il aille se faire lanlaire et goûter 
sur d'autres tréteaux l'ombre et le 
frais. " 

(Henry Baccb.) 

PROMEXEUR. Baladeur, Balla- 
(leur. 

PROMU. En argot militaire, on 
dit de Toflicier promu à l'an- 
cienneté qu'il Passe Vannuaire 
sous le bras. 

PROiXOXCER MAL. Bafouiller, 
Hacher de la paille. V. Bredouil- 
ler, Parler. 

PROPOS en )*air. Foutaise. 

— A PROPOS. A pic. 

PROPRE-A-RIEX. V. Fainéant. 

PROPRIÉTAIRE. M. Vautour, 
Piauleur, Probloque, Propvio, Tô- 
lier. V. Hôtelier. 

Et ATsieu Vautour, mon probloque 
Qui s'imagin' — le louToque! — 
Boulotter lout mon poguon! 

(L. DK BsacY.) 

« Le père Paslor, c'est mon proprio. 
Ils ont tous, comme cela, dans le 
pays, des noms bucoliques. » 

(Sévebini.) 

« — Oui, me v* là «i la cloche : parce 
que j'y dois deux semaines Vtôlier 
m*a refusé la clé de ma carrée. » 

PROSPÉRER. Boulotter, Paire 
son beurre. 

m — Ben, ça va bien, à c' que j' vois? 
— Dame, oui, ça boulotte. » 

« C*est des gens pas délicats, mais 
comme ils ont fait leur beurre dans 
le commerce, on les salue quand 
ils passent. » 

PROSPÉRITÉ. Veine. 

PROSTITUÉE. Les expressions 
dont se sert l'argotier pour dé- 
signer les marchandes d'amour 



sont très nombreuses; nous 
avons cherché à les classer par 
groupe, mais ce classement n*a 
rien d'absolument définitif. 

En parlant de la fille qu'il 
exploite, le maquereau dit : Ma 
bergère, Ma fesse. Ma gerce, Ma 
gironde, Ma gonzesse, Ma laisée. 
Ma lampe, Mon lard, Ma largue 
(on disait autrefois Larguepé*, 
Larguepré", Largue*), Ma lesbombe, 
Ma lésée, Ma lézée, Mon linge. Ma 
louis, Ma louis XV, Ma maifnile. 
Ma marmotte, Ma marque. Ma 
marquise. Ma ménesse, Ma môme. 
Ma ponante. Ma pone, Ma poneUe, 
Ma ponif, Ma poniffe. Ma ponisse. 
Ma poule. Ma pouliche ; ou toute 
autre expression équivalant à 
Amante, Épouse ou Femme. 

• — Avec une idée de mépris, 
il appelle les autres prosti- 
tuées Asticot, Boite à vérole. 
Boudin, Bourdon, Brancard, 
Cagne, Catau, Catkau, Cato, 
Chameau, Chamelle, Chaus- 
son. Choléra, Coco, Colibri, 
Colis, Cricri, Cricri ravageur. 
Gadoue, Gibe, Giberne, Gibier, 
Gothon, Goton,Gouge, Gouine, 
Grenouille, Guenippe, Gue- 
non, Guenuche, Lièvre, Mar- 
got. Morceau, Morceau de 
cochon ou de salé. Morue, 
Paillasse à hommes soûls, 
Paillasson, Peau de chien. 
Peau de cochon, Pétasse, Poi- 
son, Poivrière, Pompe funèbre. 
Pou, Porliony Poujîasse, Pou- 
pée^ Punaise, Ragoût, Baquin, 
Rat dégoût, Rat mort, Rou- 
bion, Roue hie. Roulure, Sang- 
suCn Sansonnet, Saucisse^ 
Taupe, Têtard, Torchon, Tor- 
tue, Toupie, Tréteau, Vache, 
Veau, Veau mort-né, Vessie, 
Vezon, Voirie, Volaille, Vo- 
leuse de santé. 

La jeune fille qui commence à 
se prostituer est la Gigolette, la 



Mectine, la Puce (apoc. ironique 
de Pucelle), ia Rivette ; elles filles 
soumises l'appellent méprisam- 
inent Conasse, jusqu'au jour où 
elle a son inscription à la police. 
En possession de sa carte, elle 
devient Assermentée, Biémée, En- 
cartée, En Mme, Numérotée. 

La racoleuse est baptisée Ara- 
bulante. Araignée de pissotifre, de 
trottoir, Asphalletae, Batteuse 
(t'antif, Bilumeme, Boulevardiére, 
Demoiselle de bitume, de trottoir 
ou du bitume, du trottoir, Fleur 
de macadam, de rade, Gon^esse 
qui bat t'antif, ton quart, qui fait 
le boulevard, la place, te rade, la 
retape, te tas, le trimnrd, te trbt- 
toir, le truc, te vague, qui fait son 
persil, qui la ou persil, qui va en 
chercher, qui descend, qui sort, i 
Marclteusc, Marneuse, Persitleuse, I 
Pierreuse, Radeuse, Rameneme, 
Retapeuse, Tasseuse, Trimardeuse, 
Trotteuse. 

Quand elle ne quitte pas le 
seuil de sa maison pour guetter 
le client, elle Pail la lourde ou 
la porte; si elle l'appelle de sa 
fenêtre, elle est Fenétriére ou 
Fait la fenêtre, la quitourne ; au 
bal, c'est la Leveuse, t'Altumewe. 

La Tille qui prend sa clientèle 
parmi les troupiers se nomme 
Brique, Femme à soldats, Femme 
sauvage. Giberne, Marie-Mange- 
mon-Prét, Paillasse à soldats. Pail- 
lasse de corps de garde, Rempar- 

l.a prostituée qui rocole le 
long des berges est une Ponton- 
niéie; celle qui « fait » le bois de 
Boulogne s'appelle Boulonnaise ; 
celle qui cherche pratique en 
chemin de fer ou en omnibus 
Fait te pigeon voya'jeta; 

Celle qui dévalise ses clientii, 
est Barboteuse , Dêgrtngoleuse , 
Fourclielte, Terriniére. 



Les gens qui font la traite des 
prostituées les nomment Colis, 
Gibier. 

La fillede maison de tolérance 
est Femme de mation, en maison, 
Gonzesse en tôle ou de tâle, de ou 
en claque, en clac. Dans le « tra- 
vail » par couple l'une est la 
Doubleuse de l'autre. 

II est des prostituées qui se li- 
vrent dans leurs pratiques à cer- 
taines spécialités, selon lesquel- 
les elles se dénomment Age- 
nouillée, Ulanchisieuse de tuyatix 
de pipe, Daussiére,Dauphiére,Do- 
fiére, Dosse, Dossiire, Magneuse, 
Mailresse de piano. Puce travail- 
leuse, etc. 

En prenant de l'élégance, la 
fille devient Apéritive, Belle mi- 
nette. Belle de nuit. Belle petite. 
Biche, Brcdaslreet, CascadeuM, 
Chiffonnée, Cocodetle, Cocotte, Cre- 
vette, Dégrafée, Pille de marbre, 
Frûteme , Horiiontale , impure , 
Instantanée, Lionne, Loto,Lorette, 
Madeleine. Manon, Momentanée, 
Nymphe, Odtitisque, Petite dame. 
Prétresse Je Venus , Soupeuse, 
Tendresse. Au summum, cesl la 
Caoutchoutée, la llemi-mondaine. 

La prostituée occasionnelle, 
bourgeoise ou femme du monde, 
se nomme Demi'Caitor. 

Lorsqu 'apparaisse ht les rides 
et les cheveux blancs, la prosti- 
tuée s'entend appeler Vieille 
garde. Vieille lanterne. Vieille 
paillasse. Vieux posse-lacel. Vieille 
pieuvre ; c'est alors qu'elle ensei- 
gne son art aux débutantes et 
devient Lanceuse el Professeur. 
V. Entremetteuse. 

Le monde bourgeois dit d'une 
fille que c'est une Créature, une 
farceuse, une Garçonnière, une 
Gueuse, une ilouquelte, une Rou- 
leuse, une Roulure, une Traînée. 



PRO 



374 — 



PRO 



Enfin, on dit encore ou on a 
dil d'une manière générale pour 
désigner les marchandes d'a- 
mour : Abbaye de s*offreà tous % 
Almanach des 2o006 adresses*, 
André *, Arthurine *, Atloucheusef 
Autel de besoin, Bagasse *, Ba- 
leine *, Biche d'Alger, Boucanière, 
Bourre de soie, Cabrioleuse, Calège, 
Cambrouse *, Camelotte, Campe- 
roux*, Carpe, Casserole*, Chau- 
dière à boudins blancs. Cité 
d'amour, Couillère*, Curé de cam- 
pagne *, Descente de lit *, Dessalée ^ 
Digue, Dromadaire, Fille à partie. 
Fille à passe, Flibocheuse*, Fuu- 
tinette, ualupe, Galvaudeuse, Gau- 
pe, Génisse^ Goualeusc*, Goule, 
Grue, Herbiére*, Jacqueline*, Li- 
mace *, Lipéte *, Lipette *, Lou- 
dière. Louve, Madame ou Made- 
moiselle de Montrelout, Marie- 
Calèche (arg. algérien), Marguine- 
ton *, Mectonne^ Méquesse, Morue 
dessalée. Omnibus, Outil de be- 
soin. Panthère*, Pantume *, Panu- 
che*, Passade, Poutronne*, Qui 
fait la petite chapelle. Qui soulage 
l'humanité souffrante, Rouscail- 
leuse, Hutière*, Tapeuse de tal. 
Trouille % Truqueuse, Tinbineuse, 
Vadrouille, Veilleuse. 

« Je l'ai traitée comme elle le méri- 
tait. Je l'ai appelée feignante, cité 
d'amour, chenille, machine à plai- 
sir. «• 

(G. M*cÉ.) 

D'où quo {'deviens?... D'où don'quej'sors? 
J'étais d'iJans el me v'Iù dehors !... 
Ej' suis encor' plein comme un œuf. 
Parbleu ! j* deviens du grand Dix-neuf : 
Chacun son goût... M' les faut d'attaque* 
Et m' faut aussi la garantie... 
Moi j'ai m* mieux les bfrrgèr's de claqne 
Que les punais't de sacristie. 
(A. B. Les Soulohques d'Honoré Constant.) 

Comme i's sont presque tous au sac, 
Ya de* bergers qui les y r'joignent : 
Des bath gonsest t qu'ont l'estomac 
De s' les payer pendant qu'i's s' soignent! 
I's sont vides comm' des lapins, 
Ya pus ou' nib et c'est d' la foutaise, 
Mais i's lont encor' des chopins 
Avec leur pèze. 

(A. B.) 



Aussi, faut profiter d' l'occase 
Pour crever la gueule à ton lard 
Et bouffer 1' blair à Nib-de-Naie. 

(lo.) 



Vous me r'direx : — Mon vieux cochon. 
Quand on veut qn'eun' marmott' turbine, 
Faut pat qu'aile ay* l'air d'un torchon 
Ni qu a soy' trop dans la débine. 

Et pis après je m* fais là paire 

Et j' prends eun' gonxesse en maison. 

(ID.) 

Et pour fair' chanter la pratique. 
Elle fut vite au diapason. 
Puis elle entra dans un' maison 
Où de suite elle eut son diplôme, 
Ma môme. 

(Id.) 

Four six rond^. au Château-Houge, 
On sorpuail avec sa gouge, 
^ * A la plac' Maubert. 

(Id.) 

On choisit tout le long du bois 
Car ya que d' la grenouilV de choix ! 
Et ya mèm' des gonzess's de rois ! ! 
Au bois d' Boulogne. 

Et tout ça vient fuir' son persil, 
Au bois d' Boulogne. 

(lo.) 

J' viens encore d' chopper la môme 
Qui marche à côté d' moi... Sacré 
Chameau ! ... p'tit reau ... chaqu' fois j' la paume 
A fair' des clients pour lentré I 
Sal' chaudron, sal calorifi^rc!... 
Sal' fourneau, paillasse à homm's saouls '. 

[lu.) 

Grande, élancé', came, d'attaque, 

Le poing dur et bien attaché, 

Ferme et rûblo', sous la casaque, 

Eir faisait la chasse au michet 

A coups d' marlenu ou d' 9iirre d' pomme, 

Et, souvent, la batteus' d'antifs. 

Comme un mâle, abattait son homme : 

C'était la Terreur des Fortifs. 

(Id.) 

Madame Scapiglione 
Bonapartiste lionne 
Qui se coiffait de bouquets 
Kt qui fournit aux caquets 
Est, dit-on, encor vivante. 

(KonERT DK MOTESQCIOU.) 

Les quarts de mondaine el les qrues 
En automobile iront faire leur persil. 

(EvG. Lbuchc.ier.) 

Ce sont les raquins 
Les petits boudins 
Qui font la catin, n' »ucbanl pas faire autr' chose. 



PRO 



— 37»j — 



PRO 



Moi, j'ai besoin qu* ma Louis tarbine. 

Sans ça j' tire encore un con|té 

A la Max ! Gare à la surbine ! 

J' deviens grinch' quand j'ai pas mangé. 

(J. RlCHEPITt.) 

Si j'ai pas I' rond, mon surin bouge. 
Or, quand la pouffiace a truqué, 
Chez moi son l>eurre eit pomaqué ; 
Mieux vaut bouiïer du blanc qu' du rouge. 
. ..• •••••••••• 

Si j'ai pas 1' rond, mon ^urin bouge. 
C'est pourauoi qu' la gouine a truqué, 
Pour qu' Bibi soit pas pomaqué. 
Mieux Taut boufTer du blanc qu' du rouge. 

(Id.) 

Car, c* soir, vraiment, j' peux pus m' conl'n'r 
J'éclate! Ya trop d' joie, trop d' morues 
Ya trop d' rigolos dans les rues. 

Des bandes d' rouchi's et d' poivrots 
Des candidats au copahu. 

(JciUM Rictus.) 

« Trois jeunes gens en habit noir 
s'empressent et galanlisent autour 
de ce spectre ou de cette volaille. 
Les soupeuses de Paris, ah ! le beau 
livre à faire ; mais on y perdrait 
sa santé, toute son énergie, et il 
faudrait tabler sur vingt-cinq louis 
par soir. » 

(Jba.^ LOBBAIX.) 

« La mère Berland était une goule qui 
avait usé deux maris. >» 

(GOBO.X.) 

« Ainsi, si c'est V tour du G. 

— Alorsse? 

— Alorsse. Quand i' fait du foin, i' 
l'appelle gonzesse^ gei'ce, garce, go- 
thon, gafvaudeuse, gueuse, gre- 
nouille^ grue^ galupe^ gaupe^ gouine^ 
gouge y guenon^ guenippey gale, ga- 
doue, eq cœtera. 

C'tte s*maine-ci, c'est V P qui 
marche. Et dis donc, j' le V jure, i' 
marchait cher. Si t'aurai* entendu 
c'tte sérénade ! 

r l'app'lnit peau, péteuse^ putain, 
punaise, poufiasse, portion^ pam- 
pine, passe-lacet, pierreuse d'occase, 
paillasse à grivetons, paillasson, 
plume au chAsse, poupée d' quat* 
reisch, ponette à la noix, passe à tra- 
vers, propre à rien, poni/fe de car- 
ton, pou, pied, paquet, poire, poi- 
reau, peau de chien, pantrouillarde, 
pétrousquine, pochetée, pointue, 
prouteuse, pousseuse de zeph, pé- 
• tardière, pieuvre^ poisseuse, poison. 



pignouffesse, panade, purée, poi- 
vrote, pet d* lapin. • 

« Eh beni aprén? faudrait-y pas que 
j' casse les jambes à ma nête pour 
deux sales roulures, n 

(J. MAam.) 

<c Elle crie partout que j'ai enlevé 
l'institutrice de sa fille, que je suis 
un misérable, une crapule, que je 
vais la ruiner certainement avec 
toi, que tu as des instincts de co' 
cotte.,, » 

(îo.) 

Chauds, les marrons, chauds! La vieille ra</eu«« 
Dont l'appel sonne comme un glas 

Et qui bat son quart, tristement hideuse, 
Par la gelée et le verglas... 

(L. DE BCRCT.) 

« Les ca7'pes de ces messieurs, turbi- 
neuses d'amour, rôdeuses de bitume, 
splendeurs fleuries d'Opéra, noc- 
tambules des cabinets particuliers, 
demi' castors, marquises complai- 
santes, toutes sont égales au pied 
de l'autel du grand samt Alphonse. 
Celle qui donne cent louis et celle 
qui donne cent sous les ont ga- 
gnés du môme travail. » 

(Fin de Siècle.) 

« Filles aimables, prétresses de Vénus, 
vierges folies , horizontales de 
grande marque, apéritives et belles 
minettes, écoutez l'histoire suivante : 

La doyenne des femmes galantes 
de Paris, celle qui s'était appelée la 
Du Harlay. l'amie de la Guimard, 
la maîtresse de Barras, du beau Bar- 
ras, vient de mourir à l'hôpital de 
Pontarlier. 

Elle était née en 1780. Le vice et 
la misère en avaient fait un être 
repoussant. » 

{Gil Bios.) 

m Néanmoins, il s'exhalait de toute sa 
personne ce léger parfum de la 
lemme galante, ce je ne sais quoi 
provocant qui fait qu'un Parisien 
expérimenté reconnaît aussitôt, ce 
que nos pères appelaient une co- 
cotte, et ce aue l'argot du jour ap- 
pelle une belle petite. » 

(Edouard Docan.) 

Dire que j'aime cette gueuse \... 
Elle a seiie ans, la malheureuse. 
Et des yeux noirs comme l'enfer. 



PRO 



— 376 — 



PRO 



Deux yeux de froide charmeresse, 
Où iaroais pitié ni tendresse 
N'aflameroDt le moindre éclair. 

(AnDEÉ GlLL.) 

« Fille de petits brocanteurs juifs, 
elle avait rambition et la ténacité 
des femmes de sa race ; jetée à seize 
ans sur les planches aux figurations 
et aux féeries, elle avait vite eu 
honte de ce métier de grue, » 

(HbNMT BiOER.) 

« Elle le laissa partir, sûre qu^il re- 
viendrait. Mais il la bouda pendant 
trois jours. Alors elle craignit 
d*avoir été trop loin, redouta la ri- 
valité des tapées de guenuches qui 
n'auraient pas demandé mieux que 
de lui manger son homme dans la 
main, et elle lui rendit un peu de 
sa personne, pour le tenir en ha- 
leine. » 

(Camilli LiMOKKISn.) 

« Je regardais Tautre jour, au Con- 
cours hippique, la petite barrière 
qui nous sépare — nous autres fem- 
mes du monde — de cet être bizarre, 
exécrable, étonnant et... nécessaire 
que Ton a, suivant les époques, 
appelé lionne^ cocotte, hétaïre, bette 
petite, tendresse^ horizontale, mo- 
mentanée, mouquelte ou chiffonnée, 
afin de n'omettre aucune catégorie 
de cette vaste corporation. » 

(COLOMDI.^E.) 

« Un soir, elle descendit poussée par 
la faim... Quinze jours plus tard, 
elle était une habituée de Mabille, 
et faisait rager d'envie les persH- 
teuses célèbres qu'elle éblouissait 
par un luxe princier. Elle devint, 

glus tard, une grande dame, et renia 
lara et Pomaré, qui furent, avec 
elle, les étoiles du chahut ! » 

(Ch. Viruaitri.) 

c Au Casino, les dames ne viennent 
point toutes pour s'amuser. 11 y a, 
parmi elles, une catégorie de fem- 
mes qu'on a flagellées de l'épithète 
de teveuses. Pour celles-ci, le Ibal est 
un prolongement du trottoir. 

La leveuse a l'instinct du chien de 
chasse; elle en possède le flair, 
pour suivre la piste de l'homme 
chic, provincial ou étranger, et le 
lever suivant son expression cyné- 
gétique. » 

{Cfs Dames du Casino, 1862.) 



— RECEVOIR DE L'ARGENT 
D'LTîE PROSTITUÉE. Atler 
aux épinards, En bouffer. En 
manger, Lqretever, La retrousser, 

PROSTITUTION. Dans Target 
des filles, ce genre de commerce 
s*appelle Travail ; elles le dési- 
gnent donc par tout synonyme 
argotique de ce mot. On dit 
encore : Bizne&s (corru()i. du mot 
anglais Business), Persil^ Truc, 

PROTECTEUR. Piston, Piston- 
neur, 

PROTECTION. Piston, Pistonnage 
ou Coup de Piston. 

n Cependant, malgré qu'il fût bien 
noté, Toupinel craignait qu'unpasse- 
droit, un coup de piston en laveur 
d'un autre ne lui fit longtemps 
encore marquer le pas. m 

(AUGUSTK ARDY.) 

PROTÉGER. Pistonner. 

PROTÊT. Papier à douleur. Celle 
expression s'emploie pour toute 
espèce de papier timbré, de fac- 
ture, de note à payer. 

PROVENCE. Les artistes et les 
écrivains qui exaltent la Pro- 
vence, sa langue et ses coutumes 
se nomment Félibres (dont le fé- 
minin est Félibi^esse) ; leur asso- 
ciation forme le Félibrige ; leur 
fête est la Félibrejade; les néo- 
phytes et les enfants s*appellent 
Félibrions. 

Strophes, montez a^ec les sèves ! 
Effayez-Tous, nids et berceaux ! 
C est toujours dans le tenaps des rêves 
Que les Félibres vont à Sceaux. 

(Clovis Hoglbs.) 

Hais, n't^tant rien que félihresse... 
(LtOlITINC GoiaA>D.) 

« La félibrejade ne commença que le 
lundi. » 

(Hector Fhamck.) 

« Je pus entendre quelques conver- 
sations, qui me convainquirent que 
s'il y a des réactionnaires dans le 



PRO 



— 377 



PUE 



félibrige, comme dans toute société, 
il s'y trouve aussi des républicains, 
et de toutes nuances. » 

PROVIDENCE. La Haute \ 

« La Haute* faquige en chenastre 
santé. » 

{Le Jargon.) 

PROVINCE (LA). La Vironne, 

PROVOQUER. Chercher du rogne 
ou des rogneSy Jeter le caleçon^ le 
gant. 

«c J*y disais rien. Pourquoi qu'il est 
v'nu m' chercher du rogne ?... 11 est 
attigé, c'est pain béniti » 

PROXÉNÈTE. V. Entremetteur, 
Entremetteuse. 

PRUDE. V. Bégueule. 

PRUDEMMENT. En douce. En 
pénard, En sondeur, V. Discrè- 
tement. 

PRUDENCE. Penardise. 
PRUDENT. Pénard, 

T'asp'l-tH' tort de quitter 1' boulot 
n'insinuait c' pénard de Trublot. 

(I*. PAiLtrm.) 

PRUD HOMMES (APPELER 
AUX). Envoyer un bouquet ou un 
bouquet de fleurs (allusion au 
marché aux fleurs situé près du 
Tribunal de commerce, a Paris. 

PRUNE. Davone. 

PRUSSIEN. Pruscot et les équi- 
valents d'Allemand. 

Pl^VNTEUR. Cornage, Cafignon, 
Danse. 

« Le cafignon est Todeur nauséabonde 
qui se dégage des pieds ou des 
chaussures malpropres. On appelait 
autrefois cafignon une sorte d^es- 
carpin que portaient les gens du 
peuple. 9 

PUBÈRE. En parlant des filles : 
Catherine. V. Menstrnes. 



« Pleure pas, Maria, on Ven acljëtera, 
un drapeau, comme à nous autres. 
Seulement, faut attendre encore un 
on ou deux, vois-tu... Tu seras Ca- 
therine à ton tour, va !... >» 

(HaRCIL pRtVOtT.) 

PUBLIC, subs. Pingouin\ Poitou \ 
Trèpe. V. Foule. 

PI BLICATION. Papelard. V. Pa- 
pier. 

PUCE. Espagnole, Négresse y Pi- 
quante , PiquantinCt SanguinCy 
Sauterelle, Sauteuse, 

PUCELAGE. V. Virginité. 

PUCELLE. V. Vierge. 

PUER. Boucaner, Chasser, Chelin- 
guer, Chelingoter, Chelipoter, Co- 
cotier, Corner^ Danser, Embouca- 
neryFoisonneryFoissonner,Flouser, 
Fouetter, Fouillotter, Gaiouillei', 
Gogotter, Moiter, Plomber, Polker, 
Himuer, Renifler, Repousser, Sau- 
tt r, Schlinguer, Schlingoter, Schli- 
poter, Taper, Trouiller, Trouillo- 
ter, Vezouiller, V. Haleine. 

Depuif quelque temps, par la Tille, 
On voit passer à chaque instaut, 
Sa Majesté l'automobile 
Grinçant, trëpidant, sur&autant; 
Ça souffle, ça ronfle, ça fume, 
Ça fouette au nex des Pantinois, 
Car ça pue autant que 1* bitume 
Quand on répare V pavé d* boi?. 

(A. B. 

Moi, pour les expulser sans bruit. 
Je les larome entre mes lèvres. 
Mais, sachant qu'ils sentent leur fruit, 
Afin que nul ne me soufiçonne. 
Je dis, avant : Dieu ! ouelle odeur ! 
Fuis j'agis ; lors, quand ça foistonne. 
Je plane, étant le délateur. 

(P. Paillkttb.) 

Et d* Montmertre à l'av'nu* du Maine... 
Ça trouillot\ du côté d* Pantin ! 

(JiHAN Rictus.) 

J* conch' quéqu'fois sous des voilures 
Mais ou attrap'du cambouis. 
J' veux pas ch'linguer la peiutnre 
Quand j suc' la pomme à ma Louis. 

(J. RiCHBPIN.) 

Comme un ord champirnoo tu plombes. 

(ID.) 



PUI 



~ 37{ 



■ Ell« (Jeaoïie d'Arc) devait avoir. 
DOD le roseau que les »cu1plures 
nous uioQtrent, mais une épée pe- 
sante, de trente livres, Euspendue 
à snn poing paysan. Aucune étoffe 
de aoie : la bure den moines, llien 
des parFum: oui amollissent; em- 
portée à grands galops fous, l'sis- 
selle ruisselante soui ses rouges 
bras tournoyants, elle devait cmbou- 
caner, puer l'action, rouler autour 
d'elle l'épaisse odeur eaivrnnle 
d'un sexe vierge et des luililalres 
fatigues. 



(Gbi 



t..) 



chic... l'embétanl est qu'il puait 
des goussets et des arpions ; bret il 

{La Jaytuiilpi du Béi)mi»l.) 
> — Oh! la lai ça gazouillr, dit Clé- 
mence en se bouchant le nez. • 

(E. ZotA.) 
(1 — Bon sang! ça schlipote ici, fit le 

double : Caporal de chambrée, 

faites ouvrir les fenêtres. 
— Chef, crut devoir Taire observer le 

Parigot, c'est le Breton qui nioif; 

Eonme ça. 11 n'est pas comme la 

chansoD qui dit ; i J'ai un pied qui 

remue •. il remHe des deux, lui, et 

sérieueementl ■ 



vezouille trop ! " 

PUITS. Goulu. 

PL'NAISE. Bardime (arg. lyon- 
nais). Bouton de pieu, Lentille. 

PL'NIR. Coller (arg. des écoliei-s 
et des militaires). 



PUT 

- Il avait été collé pour quatre Jours 
et eela tombait juste au marnent 
où son jjalfmet venait le chercher 
pour ré mariage de la cousine 
Annette. » 

PUNITION. Colle {arg. des écoles). 
Les prisonniers appellent ftanc- 
eaiTeau la punition qui les oblige 
à coucher au cachot sans cou- 
chetle. 

— Le troupier ^ui se fait infli- 
ger une punition dit au il Se 
fait mntriculer ou qu on lui 
Pi'end son matricule. 

PUnGER une contlam nation. 
Payer, Raquer; plus Tirer avec 
un complément direct. V. Pé- 
lioda. 

■< Mais r Frisé est affranchi, il est 
tout c' qu' y a d' dessalé : il a dijà 

Sané trois fuis pour batt'rie et une 
)is pour dégriogolage. » 



{V. E(toniBC\ Régaiir tel a: 



r Tous les l'^re-la-Pudeur, tous les 
Bértnr)er du Sénat n'empêcheront 
pas la pou9s<<e des sèves. • 



PUTAIN. V. Prostituée. 





QUAND. Interrogatir et dans un 

sens ironique : Chei Bobèche, 

Chei Dache, Clies Plumeau, Chez 

qui. V. Comment. 

QUANTITÉ (GRANDE). Chiée, 

Flambée, Flaupée, Ftoppée. Foui- 

titude, Frictie, Polie. Piaulée, 

Tapée. V. Abondance. 

— La grande quantité s'in- 

dique encore par Cinq de. 

Dix df, Quinîe de, locutions 

auî s'emploient également 
ans le sens ironique, 
V. Rire. 
> Tuliais c' qu'a tait auiord'huiî A 
faitjr truc. Et y en a des flambées 
qui. «ont comme elle. > 
• Et la remellc portait daus ses bras 



et traînait à aes jupes des feicties 



de n 



aille. • 



(J. B«:. 



- Et c'est poui 
jours-oi, H pli 
Uou Marché, 
jeta, parmi 



r dérobé, ces 
I comptoirs du 
mllilude d'ob- 

'flacon d'odeur, qu'elle viendra 
l'asseoir, jeudi proclaiu, aur les 
bancs des prËveous de la buitièma 
chambre correctionnelle. » 

(JOIKVIU...) 

" ' (A.'b.) 

•• Ciii; de conerie et quime de Qube. 
t^ niec-là sera jamais mon raac. » 

QUART D'IIKURE. Méchitlon. 

QUARTIER. En argot Tarlicle 
précède souvent le nom du quar- 
lier. On dit ; Le Ouiilon, L'Ecole, 
Le Sainl-Geoiges, Le Rockouarl 



(contraction de Rochechouarl), 
Le Montpar (apoc. de Montpar- 
nasse), Le Javel, etc. 

— Le quartier des Arts-el- 
Méliers se dénomme Le 
Sébasto; le quartier Saint- 
Victor, La Maub, la Uaube, 
La Maubert, La ifoe-aux- 
beaux, La Mocobo ; le quar- 
tier du Gros-Caillou, La 
Caillasse ou La Caille; le 
quartier du faubourg Mont- 
martre. Le Faubourrj; le 

Îuartier de l'Hôpital aaint- 
ouls, L< Canal: le quartier 
de la Hoquette, La Rotonde; 
celui de aainte-Harguerite, 
Sainte-Margot ou Le Fau- 
bourg Antoine; la Bastille, 
La [tastoche; la Salpi^trière, 
L'Hôpital; le quartier de ta 
Santé, La Sanloche; celui de 
Saint-Lamberl.Id Yaugire; 
Gi'enelle, L'École ; Mont- 
martre, àlonlmerte, Sont- 
nterlre, ou La Butte ; la 
Villetle, La Villouze; le 
quartier d'Amérique, Les 
Cairiérei; celui du Pont-<ie- 
Flandre, Les Abattoirs; Bel- 
leville, La Courtanche, La 
Cowloche ou La Courlille ; 
et MénJImontant, Mênilmu- 
ehe ou Menilinonpannais. On 
appelle le quartier des Éco- 
le» Le Latin; les étudiants 
dirent Le Quartier et le reste 
de Paris dit Le Quartier 
Latin. Enfin, certains quar- 
tiers se subdivisent en ilôts 
qui prennent le nom d'une 
voie ou d'un monument 
leur appartenant ; c'est ainsi 
qu'on dit Les Princes. La 
Maubuée, Le Brcda, le Lion 
pour désigner la parlio du 
quartier où se trouvent le 

fassage des Princes, la rue 
laubuée, la me Bréda, le 
Lion de Bcirorl. i 



— OUA 

• Les pour étaient d' la soce^ excepté, 
bien enlendu, cell's qui sont à 
Saint-Lago, à, t'hoito, ou qui tur- 
bin' en tûle. Tn parl'a d'euue 
équipe l Ou niait au moins deux 
ceots. Et rien qu' ta crème! 

ï avait la bande à Clocbard-t/u- 
rrdn«. dit Patt' Folie; 
Celle à Toto-la-Qoche, d' Vau- 

CelJe'â Chariot l' Frisa des Ternet, 
dit la Béll' Tripière; 

Celle à Bras d'Acier, 1' tombeur 
du Montpar; 

Cell' dei Deft Btancbes d' Dillan- 
court conduit' par Gususie l' mari- 
nier, surnommé le Boi du coup 
d' tronche; 

Celle a Clémence-la-Vache, d' la 
Bastoche, rien qu' des gerc'i qui 
font les cas tu' I' rad' pour ta des- 
cente eniouille; 

Ceir des Étrangleurs ed' la Gare 
avec Milot, dit Caout'cliouc ; 

Ceir du Mnrqui«, dit 1' Rouquin 
d' l'École, rien qu' des Cambris; 

Celle H Nei-Cossë d' CEntrepût, 
dit Cyrano ; 

Celle ADardilloa, dit Ferreur, dit 
t'Emporteur, dit La Canne, dit 
Verre de Lampe, de Ménitmuche ; 

Celle à Flnuiboleau, dit La Moui- 
che, un' copniir qui tait les viocs 
pour le coup du chantage, d' la 
Vittouzt; 

Celle au Mat'iot du Latin, dit Bri- 
scter, dit 1' Costa d' ta liauphine; 

Celle à Cartouche du Stbofto; 

Ceir des Monte-en -l'air ed' Mont- 
marlp avec l'ancienne équipe d' 
la Galette; 

Celle à Nil)-d'Esgourd', la Terreur 
des UravUlien ; 

Les Pégriots, du Tempe; 

Les Chauffeurs, ed' Saint-Ouen; 

Les Fourches, d' Neuillj; 

La Liiifî'rie, d' Clichy; 

La Brfni', du Point-du-Jour; et 
des las d'aut't que j' me rappelt' 

Itref, tout' la Tierce. • 
i< Ils sont couimc ça toute une bande, 
opËrant ilu Juveiaux Moulineaux et 
dont la spécialité est de • faire les 

verdouiiers. « 

i;L~ATIlE de jeu de cartes, ar- 
moire d glace. 



QUOTE-PART. Fade. V. ParUge. 



QUÉMANDEUR. Cogneur, PUon- 
iMwr, Sonneur, Tapeur. V. Em- 
pnmtenr, llendiant. 

QUENELLE. P..e d'enfant mort 
(arg, de Sainl-Cyr). 

QUERELLE. V. Dispute. 

QUÊTE. Uancke. 

QUÊTER. Faire la manche. 



QUÊTEUR. Wanchiste. 
QUEUE. FestiUante, Frélillanle. 

— QUEUE A LONGS POILS. 



QUINTE. Au piquet, la quinte, le 
quatorze et le ^int s'appellent, 
pour certains joueurs, la CAar- 
fiif complu te. 

QUITTANCE. Défargue. V. Ac- 
quit. 

QUITTER. V. Abandonner. 



# 




RABACHEUR. Glas. 
RABATTEUR. ( 

Gnare, Guertard. 

RABOT. Criminel. 

RACCOMMODAGE. Rebouisage. 

RACCOMMODER. Rebouiser. 

RACCROCHER. En parlant des 
niles : Bitllrc te trimar, wn quart. 
Bitumer, Faire le bizness, la 
place, le raccroc, la retape, le tri- 
mar, le trotloir, le true, Faire son 
persil, Persitler, Tasser, Truquer; 
TraEailier et ses synonymes 
argotiques : Boulotater, Marner, 
Masser, Turôiner, 



La metlre en quarante, ''^mr le 

raile. sur le lai, tf tremplin, 

le trimar. V. PrOStituéa. 

Mnia cette canaille lui a Tait croire 

que je la trompais avec une autre 

aui truque sur le boulevard dei 
atigaollei. 



(Co.. 



— Et tu ne lùra p\ut1 
- Tu ne voudrais pas, ma chère, 
dit-elle presque froissée. Le baron 
m'entretient assez chiquement pour 

que je n'aie plus besoin de Taire du 
inichél... Et toi, ma pauvre Flora, 
a]outa-t-elle en se radoucissant, tu 
tors toujourB7... pour engraisier 
ton Charlesî,. 



(Doii 



Ils supputent mentalement les gros 
gains que réaliseraient Poil-aux- 
Pattes et l'Anguille en dressant cet 
petits anges et les mellanl sur le 



RAG 



— 384 — 



RM 



o Et le jour, la nuit, le long des 
bitumeSf des deux côtés de la Seine, 
elle travaillait^ battant son quart, 
le quart sinistre, le quart des 
pauvres femelles, ce quart des 
damnées en vie qui manque à l'En- 
fer du Dante. >» 

(DUBUT DB LaFORKST.) 

Quao' on met eun' môme en quarante. 
On boufT pas tout comme un poireau ; 
On la fringae !... Avec un laraute 
On y paye eun' jupe au Carreau. 

(A. B.) 

Aile avait pus ses dix-huit ans. 
Air 'tait pus jeune d'puis longtemps. 
Mais a faisait encor' la place 
A Montpcrnaise. 

(ID.) 

Embrass' pour moi ma p'tit'femm' la Fernande 
Qui fait la retape au coin d' Tav'nu' d' Clichy ; 
Dis-y que j' Taime et dis-y qu'a m'attende 
Encor' quèqu' temps et j' vas et* affranchi. 

(ÏD.) 

C'est naturel au'y soit feignant, 

Pauvr' chat, 1 turbin c'est pas sa sphère, 

Moi, j' m'en rattrape en persillant ; 

J' me ballad', quand y pleut j' me mouille, 

Y m'attend tranquili'ment au lit 

Et quand j'y rapporte la douille, 

Ah ! faut voir comme il est poli. 

(A. GlLL.) 

Tous les soirs, j' detcends au boul'vard 
Ma marmit' pour qu'aile y turbine; 
Et du temps qu' la mAm fait son quart, 
Je m' ûl' du schnick par la trombine. 

(L. DK Bbrcy.) 

« Ils étaient en train de dresser la 

?:onzesse avant de l'envoyer battre 
e trimary lorsque les roussins, les 
vaches survinrent et coupèrent 
court à l'idylle. » 

(Aldirt Cim.) 

« — Depuis combien de temps mènes- 
tu cette vie-là? 

— Y a bientôt deux ans que / fais 
le truc. 

— Tu n'as donc plus ni père ni mère? 

— J'ai jjas connu ma mère, parait 
qu* c était une chouette roulure ; 
quant à mon p'pa, il aimait trop 
les bons coups, ça fuit qu'il est à 
l'hôpital des lous! » 

(HBNav Baubb.) 

« Près de la Porte Maillot, on ramasse 
une vieille femme de soixante-trois 
ans; elle n^a jamais couché dans un 
lit depuis vingt ans; le Bois est à 



elle et, à son Age, elle y fait le 
trottoir; pire encore, elle a des 



clients. » 



{Gil BloM.) 



Yen a des tas, yen a d' partout : 
De la Bourgogne et du Poitou, 
De Nanterre et de Montretout, 

El d' la Gascogne ; 
De Pantin, de Montmorency, 
De là, d'où, d'ailleurs et d'ici. 
Et tont ça vient fair' son persil 

Au î>oi8 d' Boulogne. 

(A. B.) 

RACCROCnEUSE. V. Prosti- 
tuée. 

RACHETER. Défourauer, Déplan- 
quer. S'emploie plus spéciale- 
ment pour un nantissement. 

« J'ai déplanqué les reconnaissances 
à la dabe. » 

RACHITIQUE. V. Avorton. 
RACLÉE. V. Coup. 
RACOLAGE. V. Prostitution. 
RACOLER. V. Raccrocher. 
RACOLEUSE. V. Prostituée. 

RACOXTER. Se traduit de même 
que Dire. 

RADIS. mffauU\ Riffort. 

RADOTER. Déconnei\ 

RADOTEUR. Se traduit par les 
équivalents de Béte, précédés 
du qualificatif Vieux. 

RAFFOLER. V. Aimer. 

RAGE. (Hydrophobie.) Game, 

RAGER. V. Colère. 

RAI DE de caractère. Pétesec, 
V. Sévère. 

RAIDEUR. V. Affectation. 

RAILLER. V. Se moquer. 

RAILLERIE. V. Moquerie. 

RAILLEUR. V. Moqueur. 

RAISIX. Calvin \ Clavin \ 



RAI 



— 385 — 



REC 



RAISONNEMENT. Pour: Écoute « Je ne peux pas sortir comme ça 

\. Je 



mon raisonnement, on dit cou- 
ramment dans le peuple : J* te 
vas dire une bonne chose, V. Ar- 
gumant. 

RAMASSER. Ramastiquei\ 

« Une gonzesse qu^il a ramattiquée 
dans Ta rue, qu'il a harnachée, et à 
qui il a foutu la tôle et la croustille, 
et qui y fait des vachVies I V d*vrait 
l'empl&trer! » 

RAME. Bois, Pelky Plume (arg. 
des canotiers). 

RAMER. Appuyer sur le bout de 
bois. 

— Les canotiers disent Endu- 
rer pour s^Arréter de ramer. 
V. âanoter. 

RAMONEUR. Ramona^ Hirondelle 
d'hiver. 

« Ça sent la brume et les frimas : les 

hirondeiles (Vhiver font entendre 

par les rues leur cri sinistrement 

monotone. » 

(Badda.) 

RANGER (SE). Fig. Acheter une 
conduite, Dételer, Remiser, Se 
ranger des voitures. V. S'Assagir. 

RAPACE (Pris substantivement). 
Corbeau, Vautour. 

RAPIDEMENT . Quoniam bon 
train. 

RAPIÈRE. V. Épée. 

RAPINE. V. Vol. 

RAPINER. V. Voler. 

RAPPELER une chose. Recorder^ 
Rencarder. Signifient également 
Renseigner. V. ce mot. 

RASER. Gratter, Racler, Ratisser. 

H — Tiens, v'ià dix ronds, va te faire 
gratter la couenne et mets-toi sur 
ton trente et un, tu nous retrouve- 
ras chez la mère Lapoire à Charen- 
ton. « 



avec une barbe de trois jours, 
vous demande un quart d'heure, 
juste le temps de me faire ratisser', 
et je suis à vous. » 

(c Ce pauvre bougre avait toujours du 
linge douteux, des vêtements tachés 
et ne devait se racler que tous les 
huit jours. » 

(A. Ladobii.) 

RASOIR. Grattoir, Gratou, Racloir. 

« J'étais rupin dans ma p'iure neuve 
et j' m'étais fait donner un sérieux 
coup d' racloir : j'avais l'air d'eune 
rosière l » 

RASSEMBLEMENT. V. Foole. 

RAT. Croquant, Gaspard, Treton, 
Trottant, Trotteur. V. Bois. 

RATTRAPER. Baiser, Rebaiser, 
Rechoper, Repaumer, Repiger. 
V. Arrêter. 

« Mon cochon, si j' te r'paume, tu m' 
paieras çal » 

« — Puisque vous m'avez repigé, je 
sais que je vais chopper huit et 
sept; mais bouclez bien la malle, si 
vous voulez m'y retrouver demain. » 

RAVAUDER. Rapiotcr. 

RAVISSANT. V. Beau. 

REBIFFER. V. Regimber. 

REBUT. V. Invendu. 

RECEL. Lieu de recel : Fouraillis, 
Moulin. V. Boutique. 

Quand tu tiens le barbotin. 
Ne sois jamais trop galfàtre : 
De ce qui n'est jonc ou pifttre 
Te défargues au moulin. 

RECELEUR. Careur, Carreur, Gros- 
seur, Fourgat, Fourgue, Franc de 
maison*. Meunier, Ogre. V. Ca- 
baretier. 

— RECELEUSE. Careuse, Car- 
reuse. Crasseuse, Fourchue, Four^ 
gâte, Meunière, Ogresse. 

25 



REC 



— 386 — 



RÉC 



« La fourgate est à deux pas. Sitôt 
servi, sitôt bloqui 1 Et je te garantis 
qu'il y a gras. » —:-z:r:fi 

(Uabio et Lauxay.) 

RECETTE (GARÇOX DE). Dé- 

grameur, Releveur de pezoehes, 

RECEVOIR. V. Coup. 

RÉCHAUFFER. Défigei\ 

RECUERCUÉ par la police. Quia 
les pieds dans le dos, dans le rdbe, 
dans les reins. 

« — Je te le ferai rendre, moi, ton 
morUngue! 

— Je suis volé! je suis volé I répétait 
le vieux inconscient. 

— Va donc ! puisque je te le ferai 
rendre ! je jaspinerai au quart. Ils 
auront tous les pieds dans le dos, 
demain ; as pas peur. » 

(0. MitrÉNiia.) 

RÉCIDIVE. Chevron, Ravignole, 
Revenez-y, 

RÉCIDIVISTE. Bois dur. Cheval 
de retour, Chevronné, Étamé. 

— La femme récidiviste est 
Jument de retour. 

« La Préfecture de police compte 
aujourd'hui une collection de plus 
de quatre-vingt mille tètes de cri- 
minels, et, à chaque instant, cette 
collection sert aussi bien en pro- 
vince qu'à Paris à reconstituer 
rideutité de dangereux chevaux de 
retour^ ({ui, sans elle, protesteraient 
de ri m maculée blancheur de leur 
casier judiciaire. » 

(Hooini-GRieox.) 

« La réforme consisterait surtout à 
séparer, dans cet asile, les vieilles 
juments de retour d'avec les pouli- 
ches de départ, car elles y étaient 
mêlées jusqu'au saphisme. » 

(E. Bbrcbrat.) 

RÉCLAME. Battage , Boniment , 
Pallas. Ces expressions sont em- 
ployées en mauvaise part. 

— On a appelé Hommes-sand- 
wich les malheureux qui se 
promenaient naguère avec 



un placard-réclame sur le 
ventre et un sur le dos à la 
queue leu-leu par les rues et 
les boulevards. 

RÉCLUSION. Les bondes. V. Pri- 
son. 

RÉCLUSIONXAIRE. Coaeref, Co- 

tret. Palourde, Fagot, Pagne. 
V. Récidiviste, Forçat. 

« Les repris de justice se subdivisent 
en margotins, cotreis, falourdes et 
fagots, s'il faut en croire le « Roi des 
grecs», mélodrame deBelotjouéen 
mars 1883. Le point de départ de 
toutes ces subdivisions ne doit pas 
être cherché ailleurs que dans fa- 
got, M 

(LORtDAX LaROHBT.) 

RECOMMANDER. Pistonner. 

RECOMMENCER. Rebiffer, Repi- 
quer, Repiquer au truc, au t€LS. 

« J^en ai mare de tes salades! Boucle- 
la! Et si tu r'biff'ea, j' te cass' la 
gueule! » 

J'ai beau y coller des chàtainee 
A r' pique au tas toas les sam'dis. 

(A. GlLL.) 

~ ÇA RECOMMENCE \ Y a de la 

rebiffe ! 

« Quoi? c'est pas fini, vos chichis? 
Y a de la r*biff'e1 * 

RÉCONCILIATION. Rebectage, 
Rebonnctage. 

« Aile a voulu m' faire au r*beciage, 
mais j^ les ai nick'lés : j' marche 

Eas. C'est barré, et bien barré!... 
e r'bonn'tage, nibé ! » 

RÉCONCILIER. Rapapilloter, Ra- 
miter, Rebccter, Reoonneter. 

« — Bah ! c'est une querelle qui ne 
durera pas ; ils se ropapilloterant sur 
Toreiller. >» 

(J. Lakdbi.) 

« On a voulu les r^becter, mais l' Rou- 

2uin voulait rien savoir. U a même 
it à Firmin qu^un jour ou Tante, 
il aurait sa peau. » 

« C'est tocard de s' bouffer Y blair 



RÉG 



— 387 



REF 



entrç poteaux!... fVbonnUez-yoïxa, 
quoi, en aminches! » 

RÉCONFORTER. Rehecler, Re- 
quinquer. V. Guérir. 

— SE RÉCONFORTER AU 
MOYEN D'ALIMENTS. Se 

souder. 

RECONNAITRE. neconohle)\ Re- 
conobrery Hembroquer, Renobler. 
V. Abaisser. 

« Alors quoi? tu me r nobles pas? — 
Bibi^Bibi d' la Courtiilel » 

« Ah! j' vous r'conobrel toujours les 
mêmes, vaches et cochons! >» 

RECOURS. V. Grâce. 

RECRUE. V. Conscrit. 

RECULER. Mêmes termes que 
pour Hésiter. 

REDINGOTE. RedinguCy Regottey 
Reguingottey Requimpetle. 

Pour nfTurer la boDQ* gal'touze 
A dégringolait 1' poivrio. 
Faisant la redingue et la blouse, 
Le bourgeois, comme l'oumo. 

(A. B.) 

T'as pus d' grimpant... l'as pus d' liqaelte, 
Tes lapp'-la-bou baill'nt de douleur, 



Et pour c' qui est d' ta requimpette 
Aile est taillé' dans du maihear ! 

(Jbhan Rigtos.) 



REDRESSER (SE). V. Embarras. 

REFAIRE une chose. RemaquUler. 

REFAIT. (Berné.) Chocolat, De la 
revue, V. Dupé. 

Parbleu I ^ Trait son mare an Car... 
Tandis qu nous... nous terions <t Ut r'oue. 
Lui... i' raisonne à son point d' rae 
Et dans l'intérêt d' ion baiar. 
(A. B. Les Souloloques d'Honoré Conêtant,) 

RÉFLEXION. V. Conscience. 

RÉFORME. Dans Targot militaire 
et adminislratif, être mis en 
réforme se traduit par : Avoir 
l'oreille fendue, 

<i Sa balle de 1870 le faisait souffrir 
et il craignait qu'on ne lui fendit 
C oreille pour les fréquentes absences 
que nécessitaient ses douleurs. » 



REFUS. Les formules de refus 
sont nombreuses en argot ; voici 
les plus employées : A Chaillot ! 
A Dache! A Vours ! Ah ! mince ! 
Barca! Bas ta! C'est comme des 
dattes! C'est comme des nèfles! 
C'est comme des pommes ! C'est que 
f chie! C'est que j' crache! C'est 
que f me mouche ! C'est que f pè- 
te ! C'est que f tousse ! Chez Bobè- 
che ! Chez Dache ! Chez Plumeau ! 
Chez qui ! De la merde ! De l'anis, 
Des allumettes! Des mouchettes! 
Des navets ! Des nèfles ! Des panais ! 
Des panais, Rosalie! Des petites 
nèfles ! Des petits radis ! Des plis ! 
Des pliSj Fanny ! Des radûi ! Des 
tomates! Du flan! Gniente! Il est 
midi, midi sonné ! Il pleut ! hfaca- 
che! Mes blosses ! Mes burnes! Mes 
c.Ues! Mes deux! Midi! Mince! 
Mon nœud ! Mon œil ! Mon paf! 
Mon zeub ! Nada ! ISib ! Nibé ! Ni- 
bergue! Niberle! Niente ! Peau! 
Peau de balle ! Peau de balle et balai 
de crin ! Peau de nœud ! Peau de 
zébi ! Plus souvent ! Quel temps ! 
Tu t'en ferais crever! Tu fen fe- 
rais éclater le cylindre, peter la 
sous-ventrière ! Tu peux te bomber, 
te cloquer, te fouiller, te gauler, 
te gratter ! 7,ut !' 

REFUSER. Ne pas marchei\ Ne 
vouloir rien savoir; et presque 
tous les équivalents de Envoyer 
promener. Y. Promener. 

c II eut un mouvement de révolte et 

asséna un coup de poing sur la 

table. 
— Ah! et puis quoi, après tout! Je 

ne suis pas un Yoleur, je marche 

pas\ » 

(0. MâTtmn.) 

Poar qui qu'on a' crev'rait après toat ? 
Pour Popnlmiehe ! Il est trop Tealt. 
1' vêut rien fonotr, el bénét : 

Suand on V dessale, i' fait aa gaeale. 
oi J* me les roule à Coorteaay. 

(P. PaiLLrm.) 

— REFUSER A UN CONCOURS, 

à un examen, à une élection. 



REG — 388 — 



REG 



Blackbouler^ Bouler^ Coller^ Re- 
culei\ Requilier, Retoquer, 

a 11 pourrait bien se faire que Maxence 
de Tournecourt fût blackboulé au 
Cercle des Truffes. » 

(Pompon.) 

<i — Il a du talent, c'est incontes- 
table, n'est-ce pas ? Eb bien I tu ver- 
ras qu'il sera encore boulé au pro- 
cbaiu Salon. » 

(P. DvrftUMB.) 

M Les bons Montmartrois croyaient à 
une épidémie d'immigrants, expul- 
sés car leurs propriétaires, et qui 
venaient cbercner asile et protec- 
tion sous un ciel plus clément. 

Or, tous ces « déménagés *> 
n'étaient autres que les recaiés des 
salons de peinture, qui, la mort 
dans l'àme, faisaient reprendre à 
leurs toiles le chemin de l'atelier. » 

(Padl Bo.'«homuk.) 

« Ils l'ont requillé avec perte et fra- 
cas. M 

« Mais l'année où je fus retoqué au 
baccalauréat, mes vacances furent 
particulièrement pénibles. » 

(Maouci Donnât.) 

REGAGNER. Raffurer {affurei' de 
nouveau). 

« J'avais paumé une thune mais j'ai 
ra/furé deux escales. » 

RÉGALER. (Offrir à boire.) Rin- 
cci\ V. Boire. 

— SE RÉGALER. Se pourlécher^ 
Se pourlécher les babines, les 
baboumes, 

(( Je vais vous faire un frichti que 
vous vous en pourlécherez les ba- 
bouines, » 

REGARDER. Aboryncr % Allumer^ 
Allumer son gaz, ses clairs y ses 
mires, Bailloqucrj Balancer ses 
châsses, Dorgner, En jeter un 
coup, une représentation, une 
séance ou simpl. En jeter un ou 
une, Escracher*, Pioler, Frimer, 
Gdfer, Gâffiller, Lner *, Miroiter, 
Mordre, Mouchailler, Piger, Re- 
bouiner, Rebouiser^ Reluquer, 
Rcmbroquer, Remoucher, Zieuter. 



a Allume \ V'ià les sergots qui radi- 
nent, va y avoir du gauche. » 

« — Mais t'as don' jamais flambé dans 
la pantomime?... voyons, esgourd* 
un peu et tâche d'entraver, c'est pas 
difficile : 

T'es-t'en seigneur. Tu déboucles 
la lourde... t'en jett* un dans la 
piaule... tu vois qu' nib, tu ren- 

3uilles. La môme radine : t'y fais 
es p'tits pains ; son dab rapplique, 
i' t'en laisse tomber un su' la tron- 
che... toi, tu tomb's su' ï foiron, tu 
ramasses ta viande et tu trottes l » 

« J'en risque un par le trou d' la sur- 
dine et j'en jette une séance dans la 
condition, pour zieuter c' qu'i's fa- 
briquent tous les deux. » 

« Qu'est-ce que vous avez à me fioler 
comme ça ? On dirait que vous ne 
me connaissez pas . » 

(J. Mabni.) 

«« A m' répond : Si tu veux, mon 
homme, mais un peu pus loin... c^u' 
si i' passe des pedzoqilles, au'i's 
puiss'nt pas nous frimer d^ la 
route. » 

n Quand a pass' su' 1' rade, les aut's 
ffonzesses disent : « Mords donc, la 
femme à Bibi, c'est pus Cécile 
Constant, c'est Marne Crosson !... 
Ça fait chapeau, maint'nant ! ça sort 
pus en tiffes! » 

c Pi^e donc le mec ! c' qu'i' fait eune 
poire I » 

Four metlre un paale en charida, 
Rebouine bien 1' caillou qu'il a. 

(HOGIBB-GillSON.) 

• Et! ie t'y prends à reluquer le co- 

auillage, monsieur le Parisien ; et 
ire que vous eu écrirez encore du 
mal, et de la moule et de l'oursin, 
une fois de retour dans votre Pa- 
riss. » 

(Jea.x LoaAAiN.) 

R*mouchez-moï un peu c larbin 
Sous sa fourrure ed coiaque. 
Comme i' pu bon l'eau d' Lubin ! 

(J. RiCHEPUf.) 

REGIMBER. Ressauter, Se rehec- 
quer. Se rebéquer; et presque 
tous les équivalenisde Se mettre 
en colère. V. Colore. 



RÉG 



389 — 



REL 



RÉGISSEUR. Amandier fleuri, 
Amendier. 

REGRËTTARLE. Foutant,Renau- 
dant, 

« C'est r^nnudanl tout d' même de 
s'éte foutu tant d* bouleau pour nib 
de nib. » 

RÉGULIÈREMEXT. Au pouce. 

« N'ayant encore, après deux ans de 
présence un corps, encouru aucune 
punition ni essuyé la moindre ré- 
primande, faisant son service ou 
pouce, il est noté comme un trou- 

. pier modèle. » 

RÉHABILITATION. Blanchis - 
sage, Rebectage, Rebéquage, 

RÉHABILITER. Blanchir, Rebé- 
quer, 

« 11 est des faisants qui, après binelle, 
font les plus grands sacrifices pour 
obtenir leur concordat et qui, une 
fois rebéqués^ arrivent à se servir 
de leurs anciens créanciers comme 
références, dans le but de monter 
de nouvelles et considérables escro- 
queries. » 

REIXE. Dabesse, Dabuche, Fran- 
che ripe*, Mékesse, Mi^quesse. 

u 11 ne s'attendait pas à trouver la 
fille du Rougon à Paris, amoureuse 
maîtresse d'un chef d'escarues dont 
il avait été le compagnon ae capti- 
vité à rtle Royale. Cette mystérieuse 
D'chimba était là, devant lui; et 
une bande de scélérats l'appelait : 
la i>\eC'Mékesse des grinches. » 

(BbBTEL et GiLQChX.) 

RELXS. Râbe, ftd;«e. V. Dos. 

RÉITÉRER. V. Recommencer. 

REJET d'un projet de loi, d'une 
proposition. Entendement (arg. 
politique). 

REJETER. V. Jeter. 

— REJETER UN PROJET, une 

proposition, une poursuite. En' 
terrer. 



« Les précédentes commissions 
avalent enterré le projet de loi 
sur les accidents du travail. » 

{La Lanterne.) 

RÉJOUI. Arve\ V. Gai. 

RÉJOUISSANCE. Arvant\ 

RELATION amoui'euse. Couche- 
rie, Passade, Passe. V. Accouple- 
ment, Coït. 

« On la dit intelligente. Moi, elle 
m'assomme : elle ne m'a jamais 
entretenue que de ses coucheries. » 

(J. LlXDHE.) 

« Pour désigner cette courte flambée 
des sens, plus sérieuse que les 
vulgaires coucheries j moins inté- 
ressante que les folies de tète, les 
professionnels ont trouvé ce nom, 
jovial comme un nom libertin, 
sinistre comme un coup de lance : 
une passade. » 

(WiLLY.) 

Non, Trai... cei chos's-là ça m' dépasse ' 
Faut-i' au'eao' gonxess' soy' paquet 
D' prendre an franc cinquant pour eun' passe 
Quand a peut d'mander larant'quet... 

(A. B.) 

RELÉGATION. Bain de pieds, 
Grotte, Relègue, Relingue. V. Ba- 
gne. 

Si, pour cnturer les bons pieds. 
Tu brasses faiïe^ à Testorgue 
Sois pénard ; ou c'est pour ton orgue 
La centrouse ou le bain de pieds. 

« — Tu comprends, disait William, 
je ne marcne plus dans ces expé- 
ditions-là ; si j étais poissé mainte- 
nant, ça serait la relègue. Je me 
range : je suis commissionnaire en 
marchandises. » 

RELÉGUÉ. Relingue. V. Argot. 

RELIGIEUSE, subs. Caneuse du 
Meg des megs *, Femme à Jésus. 

— RELIGIEUSE DE SAINT- 
VINCENT - DE - PAIX. Gri- 
saille. 

RELIGIEUX, subs. Chapon, 
Rase. V. Prôtre. 

RELIGIEUX (OBJETS). Bon- 
dieuseries. 



RËM 



— 390 — 



HEN 



REMANIER. Dans Targ. des typo- 
paraphes : Aller en Germanie (je 
remanie). 

REMETTRE. V. Donner. 

— SE uemetthe. V. Récon- 
forter. 

REMORDS. Regoiit. 

Je vivais sans disgrâce, 
Sans regout ni morace, 
Sans tar et sans regret. 

( Vieille chanson argotique.) 

REMORQUEUR. L'enrhumé. 

« r pleuvra demain, on entend 
Venrhumé d'ici. » 

REMOUDRE. Radicrer. 

REMOULEUR. Radicreur, 

REMPLAÇANT. Mannequin. On 
appelait le remplaçant militaire 
Cochon vendu*. 

RENCONTRER quelgu un. Tom- 
ber en frime avec. V. Regarder. 

RENDEZ-VOUS. Rencard, Ren- 
dèvcy Rendez. V. Renseigner, 
Vaurien. 

a La gonzesse lui a donné rencard 
pour jeudi. » 

« 11 eat arrivé en retard au rendève. » 

« On avait rendez pour une plombe 
devant la gare de Lyon. » 

RENDRE. Refiquer (arg. des fo- 
rains). V. Restituer. 

« Comme le client faisait du cham- 
bard à la porte de l'cntre-sorl, la 
Torpille lui refiqua son pognon. » 

— RENDRE LA PAREILLE. 

Faire au même. 

« C'est core eune vacherie du Rou- 
quin, mais je V frai au même : i' 
n'y perdra rien ! » 

RENFORCER. V. Fortifier. 

RENGAGÉ (SOLDAT). Rempilé. 

RENGAGER (SE). Rebiffer, Rem- 
piler y Repiquer, Vendre son ce- 
chon. 



« 11 avait repiqué pour cinq ans dans 
Tespoir d'entrer à Saumur et d'y 
décrocher Tépaulette. » 

RENGAINE. Guitare. 

« — Résumons, fit le président, vous 
parlez trop, et nullement à votre 
avantage. Les promesses que vous 
avez faites à l'accusée étaient donc 
mensongères? 

— Oh ! mensonges forcés ! Ça se pro- 
met toujours.le mariage. S'il fallait 
épouser toutes les femmes aux- 
quelles on chante cette guitare, on 
serait pins polygame qu'un Turc! » 

(Gazette des Tribunaux.) 

RENGORGER (SE). V. Embar- 
ras. 

RENIFLER. Remonter ses poids, 

RENOM, RENOMMÉE. Préparer 
la renommée d'une personne ou 
d'une chose, c'est la Lancer; 
Topération se nomme Lance- 
ment, Langage; et celui qui s'y 
évertue est un Lanceur. 

— La Lanceuse est ordinaire- 
ment une vieille prostituée 
qui met son expénence au 
service des commençantes. 

M Elle se remémorait souvent, aux 
mornes réveils, l'époque joyeuse 
où on l'avait lancée. » 

(J. KiCHKPIK.) 

a Les petites bonnes femmes le sa- 
vaient sans le sou, aussi ne lui 
réclamaient-elles jamais la rému- 
nération de leurs faveurs. C'est 
qu'il avait la réputation de con- 
naître des diplomates et d'être un 
lanceur de premier ordre. » 

{La Gaudriole.) 

<i II voulait qu'elle s'occupât du lan- 
gage de son nouveau volume. Elle 
connaissait assez de monde, que 
diable I et si elle l'aimait tant soit 

f)eu, ça ne lui était pas difficile de 
e faire mousser î >• 

(U. SOMBRB.) 

— Personnage dont la renom- 
mée dépasse celle de tous 
les autres : Le lion du jour. 



REiN 



— 391 — 



REP 



RENONCER. V. Abandonner. 

— REXOXCBR A L'AMOUR. 

Dëtcltr^ Remiser^ Se ranger des 
voilures. V. S'assagir. 

— On dit en parlant des fem- 
mes : Retourner son éventail. 

RENSEIGNEMENT. Record, Ren- 
cardy Tube, Tuyau, 

« Si tu vois La Volige, donne-lui le 
record pour qu'i' ne s' goure pas. » 

« Ça valait juste dalle, V rencard que 
tu nras donné. L^ mec a démurgé 
d* puis deux longes. » 

H Un matin Cartonet, qui épluchait 
les faits-divers en mangeant des 
radis, releva triomphalement la 
tôte : 

— Tuyau^ messieurs ! J'apprends par 
le journal que notre camarade 
Giraud, ici présent, a tué hier, à 
Paris, une vieille dame très riche. » 

(Michel Corday.) 

RENSEIGNER. Recorder, Rencar- 
der (cette dernière expression 
signifie également Donner ren- 
dez-vous), Tuyauter, 

M Si tu nous avais mieux r'cordés, on 
s' s'rait pas fait poisser comme des 
glaudes! >« 

tt Tu la connais, toi, c'tte sœur-là? 
Rencarde-vioi sur son orgue. » 

RENTE. Rabiage. 

RENTIER. Chanoine, Rembale. 

RENTRER. Rembarber, Renquiller, 
Rentiffer, V. Entrer. 

» — H est trois plombes, t^embarbons^ 
on verra ça dinain. » 

H — Allez, ho ! renquille à la piaule, 
hurlait le marlou hors de lui. » 

(H. SOMBBK.) 

« J' peux pas renliffer chez les vieux, 
gu a disait, mon dab me pass'rait 
à ponce. » 

— RENTRER CHEZ SOI. Se 

tôler. 

9 Moi, j* vous plaque; je m* M/«, j'ai 
envie d' pioncer. » 



RENVERSER. V. Abattre. 

RENVOI. Balançage, Balancement, 
Balayage, Blackboulage, Bour- 
lingue, Dégommade, Dégommage, 
Dévoiement, Sacage, Sacquage, 
Sciarje. 

— RENVOI EN MASSE. Lessive. 
V. Changement. 

RENVOYER. Balanstiquer, 
V. Chasser, Promener. 

Nom do Dieu! Si j' m'appMais Félisque, 
J' te leur eo fouirais du gâteau !... 
Car, enOu, bon Dieu ! qu'est-c' qu'i' risque? 
lin' traraill'rait pas pour la peau 
S^i' les balaustiquait d' l'assiette... 
Car, tant qu' yaura du beurr' dans 1' pot, 
Co% goncVlà mang'ront d' la galette. 
(A. B. Les Soutoloques d'Honoré Constant.) 

RÉPARER. Rebouisei\ 

RÉPARTIE. V. Saillie. 

REPAS. Boulotlage, Coup de figure, 
Gobelottage, Gueulée, Lampie *, 
Morfe *, Récarelure, Refaite *, Ta- 
page de tête, de tronche, Tortore. 
Dans l'argot des employés de 
nouveautés, on dit Gauche, 
V. Nourriture. 

M On s'a envoyé un boulotlage sérieux 
à u Mon château » avec du cacheté 
de première. » 

« Après un bon tapage de tête chez 
Michoud, on est monté à la Galette. >* 

— REPAS COPIEUX. Lucullus. 

REPASSEUR. Radicreur. 

REPASSEUSE. Branleuse de gen- 
darme, V. Blanchisaenae. 

RÉPÉTER (SE). Pincei* toujours 
la même guitare, V. Rengaine. 

RÉPONSE. Se traduit par les 
équivalents de Discours : Boni- 
ment, Salade, Vanne, 

REPOS. Le troupier appelle le re- 
pos Marche par le flanc, 

REPOSER (SE) Battre ou tirer sa 
flemme. V. Fainéanter. 



REP 



— 392 — 



RES 



REPRÉSENTER. Frimer, La don- 
ner, La jeter, La souffler, Mar- 
quer, 

« Il avait voulu frimer au rupin : il 
avait un tuyau d' poêle et des ver- 
nis, un gilet blanc et un alpague 
mastic. Mais si Saurais vu c quV 
la soufflait mal là-d'ssous I >« 

c — S'agit pas que dVa donner, faut 
avoir de l'os, et c'est souvent 
ceuss's qui font l'pus d'chichis qui 
foutent r moins d pourboire. » 

« C* que tu ia jettes mal avec tes 
guiches ! » 

(GOEOR.) 

« Ils avaient vu rentrer madame X... 
avec quatre individus qui avaient 
de mauvaises figures et qui mar- 
quaient mal. :• 

(iD.) 

RÉPRIMANDE. V. ÂdmonesU- 
tion. 

RÉPRIMANDER. V. Admones- 
ter. 

— JE VAIS LE RÉPRIMANDER. 

Je vais lui conter quelque chose, 
lui dire deux mots. 

REPROCHE. V. Admonestation. 

REPU. Gave, Gavé. 

RÉPUBLIQUE (LA). La Marianne, 
ou simpl. Marianne, La Princesse. 

— Les partisans de la monar- 
chie disent La gueuse. 

Sûr qu'il a eu raison ï Sarricn, 
D' nous envoyer tous en vacances... 
Qu'est c' qu'on foulait U Paris?... Rien, 
On bâillait à tout's les séances, 
On s'emmerdait à valider, 
On perdait son temps, sa jeunesse!... 
r vaut-y pas mieux s' ballader, 
Aux frais d' la princesse ? 
(A. B. Les Souloloques d'Honoré Constant.) 

« Elle est plus maligne que notre 
pauvre Marianne, cette forte Eglise 
apostolique et romaine qui implante 
l'un de ses représentants partout où 
il y a un certain nombre drames 
réunies. Elle ne laisse pas le moin- 



dre troupeau d'ouailles sans bercer. 
Aussi, vous voyez comme elle tient 
le monde! » 

(E. BtBGEIIAT.) 

« Brusquement, une génération s^est 
levée, qui n& s^enivre que de bocks 
idéaux, ne connaît d'autre maîtresse 
que la Marianne; et en elle revivent 
les sentiments généreux, les soucis 
odtiers, les nobles abnégations des 
jeunesses de 1830 et 1869, dont le 
souvenir est si justement légen- 
daire. » 

(JotiBPU Cabagcbl.) 

« La gueuse a la vie dure, et M. de 
Cassagnac lui-même confesse qu^elle 
a trompé jusqu'à présent les espé- 
rances de ses ennemis. » 

{Le Voltaire.) 

RÉPUGNANCE. V. Dégoût. 

RÉPUGNANT. V. Abject. 

RÉPUTATION. V. Renom. 

REQUÉRIR. En parlant du mi- 
nistère public : Crosser, Farguer. 

« L'avocat-bêcheur l'a crosse cher. V 
r farguait tant qu'i' pouvait; et 
r pauv' vieux a poissé la passe. » 

REQUÊTE. Étourdissement. V. Sol- 
liciter. 

RÉQUISITOIRE. Crachoir, Crosse, 

Fièvre . 

— RÉQUISITOIRE IMPITOYA- 
BLE. Redoublement de fièvre. 

RÉSERVISTE. Réservoir. 

„ _ Ahl messieurs les réservoirs, dit 
l'adjudant, on va vous faire mousser 
un peu pour vous débarrasser de 
vos bedons qui ne sont jamais à 
l'alignement I » 

RESPIRER fortement. Racler 
(contraction de Renâcler). 

RESSEMBLANT. Tout chié. 

« C'est r portrait d' son parrain, tout 
chiél » 

RESSORT de montre taillé en 
scie dont se servent les prison- 



RES 



niers pour scier leurs barreaux. 
Pivert, 



RESTAURANT. Gargot, Maldine% 
Mangeoire y Planque à tortorer. 
Ces expressions se prennent or- 
dinairement en mauvaise part. 

« J^y ai fait avoir à croume à mon 
g argot. » 

<• J' commence à avoir sérieusement 
la dent. Conobres-tu une planque à 
tortorer dans c' coinsto-la? » 

RESTAURATEUR. Empoison- 
neur, Empoisonneur patenté. Fri- 
pier. 

« Faut ben manger chez Vempoison- 
neur quand ou ne peut pas faire 
sa frigousse à la maison. » 

RESTES. (Déchets.) On nomme 
Quiqui les déchets d'os et de 
viande des restaurants dont on 
se sert pour faire du bouillon 
gras. V. Rogatons. 

RESTITUER. Aller au refit, Heco- 
quer, Refiler. 

« r faudra qu'il aille au r'fil de mon 
bogard !... Je Y donnerai putôt chez 
r quart I... Kt pourtant j suis pas 
bourrique! »» 

«• Allons, va, rfile-Xm son palet et 
qu'i' n' nous coure pus ! » 

« r n' veut pas me r'coquer mes har- 
nais tant que j*y aurai cas carmé 
les sept balles que j' dois pour la 
carrée. >» 

RESTITUTION. Refit, Ristorne. 

RETARDATAIRE . Qui arrive 
comme le marquis de C.Ueverte 
(obscène). 

RETORS. V. Malicieux. 

RETOURNER. Dans le sens de 
Revenir. Aller à Tours. 

a J'ai manq^ué de me faire chauffer 
aux courtmes ; je ne peux pas aller 
à Tours avant trois marques . u 

RETRAITER. Fendre Voreille. 
V. Réforme. 



— 393 — REV 

RETROUVER. Repérir. 
RÉUNION. V. Assemblée. 
RÉUSSI. Envoyé, Tapé. V. Bien. 
RÉUSSIR. La faire belle. Mettre 



ou tapei' diins le mille, Y avoir 
la main, l'oignon, Vos, 

a Quand tu as fait ta théorie sur les 
femmes qui entretiennent des 
gigolos, tu as mis dans le mille. Oh ! 
lu étais inspirée ce soir ! On t'au- 
rait fait un scénario, tu n^aurais 
pas mieux conduit ton dialogue. » 

(GtoanES Gumit.) 

« Toi, mon vieux, pour les tours de 
lézélon, on peut dire que tu y as 
l'ognon î ^> 

REVANCIIER (SE). Faire ou re- 
faire au même. V. Rendre. 

RÉVEILLON, houdinage. Fête du 
Boudin, Se dit spécialement pour 
le réveillon de Noël. 

RÉVÉLER. V. Dénoncer. 

REVENIR . Rabouter , Radinei', 
Rappliquer. V. Arriver. 

RÉVERBÈRE. Glacier j)eïuh«*, 
Gladère pendue *, Glacis pendu *, 
Incommode, Mouchard à bec, 
Pendu glacé. 

REVÊTIR. Enflaquer. 

REVOIR (AU). A la revoyure, 
V. Main. 

RÉVOLTE, RÉVOLUTION. iMê- 
mes termes que pour Boulever- 
sement. 

REVOLVER. Azorj Basset, Bec de 
cane, Crucifix à Tesbrouffe, Re- 
poussant, Rigolo, Soufflant. On 
dit aussi pour le revolver de po- 
che : Blavin, Mouchoir, Permis- 
sion de minuit, Pipe, 

tt II l'a m'nacé d' son rigolo, comme 
si, entre garçons, c'était avec Azor 
sous r blair qu*on doive s'espli- 
quer. » 



RHU 



— 39^ — 



RIE 



♦< — Vous De craignez pas de rentrer 

au milieu de la nuit par des voies 

aussi désertes? 
— Oh! répondit-il en montrant son 

revolver, nwn bec de cane est là 

pour un coup. >» 

(A. Laborik.) 

« Ne touche pas à ma mère ou je te 
brûle la gueule avec mon rigolo, » 

(OOROH.) 

RIIUM. Verre de rhum. Pape, 
RIBOTE. V. lYresse. 

— RIBOTE BRUYANTE. Saint- 
GUnglin. 

« En v'ià un pétard! Ts sont tous 
blindés dans la tôle : c'est la Saint- 
Glinglin I » 

RICHE. Braisé, Braiseux, Calé, 
Douillard, Galetteux, Huré *, Mil- 
lour, Milordf Moussu, Plein, Plein 
d'aubert. Plein de pognon, Quia le 
matelas, le sac. Qui est à l*as, au 
fric, au fricot, au pèze, au po- 
gnon, au sac. Ri/fard, Rupin, Sa- 
qué. On peut encore désigner le 
riche par un synonyme dlndi- 
vida suivi d'un mol signifiant 
Argent : Gonce au pognon. Mec à 
sonnettes, etc. 

— PERSONNE TRÈS RICHE. 

Gonce à coffiot, à matelas. 

Ceux-là, y gazn'nt cinq c<gs par mois 
Et veurnt la faire aux g:is tiraiiés. 

(Jeha!« Rictus.) 

(Juand on n'est pas braiseux d' naissance, 
Four viv' laut ben truquer un peu... 

(A. B.) 

« Toutes, tant que vous êtes, les 
douillavdes comme les purées, vous 
devez avoir vos peines. » 

(Trdblot.) 

'( — Si je me colle jamais, disait 
Flora, je me fiche que le bonhomme 
soit beau; pourvu qu'il soit galet- 
teiix et solide au poste, je me 
moque du reste. >» 

(P. DoMcac.) 

« 11 a mis r doigt sur une bergère 
épatante qu'a un baron et qu'est 
pleine d\iubert. » 



« J* suis plein; ma marquise m*a r'filé 
une livre, j' vas en profiter pour 
m'offrir un complet. » 

« Ce peintre était un homme effrayant, 
un homme comme il y en a çeu ; il 
n'avait pas le respect des million- 
naires et les traitait comme des 
laquais... 11 travaillait de chic, mais 
d'un chic si renseigné ! N'importe, 
l'homme au sac était vexé de cette 
soi-disant négligence; il trouvait 
que Tartiste allait trop vite. » 

(SdAURICB M0!*t60UT.) 

Le plus stupide de ralTaire, 
C'est que nul n'a le cœur content : 
Gras rupin, maigre prolétaire, 
Sur leur sort gémissent autant. 

(P. PXILLBTTI.) 

RICHESSE. V. Aisance. 

RIDE. Marche du palais. Se dit 
seulement des rides frontales. 

RIDÉ. Marqué, Dans Targot bou- 
levardier, on dit Fanoche, Fano- 
ché en parlant d'une personne 
que commencent à envahir les 
rides. 

« — Ben, elle n'a pas embelli, tou- 
jours 1 

— Ohl elle est iolie! 

— Ça dépend des goûts!... elle est 
déjà vieillotte, fanochée... »» 

(Gyp.) 

RIDEAU. Coqneret, Discret, Gueu- 
sard, Vilquet, 

RIEN. Dalle, Digue, Flotière*, 
Flou*, Floutière*, Gniente, Gninte^ 
La digue. Lape, La peau, La poix, 
La tringle, La tringue, Sada, Nib, 
Nibergue, Niberte, fiente. Peau, 
Peau de balle, Peau de balle et 
balai de crin. Peau de nœud. Peau 
de paf, Peau de zeb, de zébi, de 
zeub, Pouic, Poitou, Poix, Quel- 
poique, Tringle, Tringlette, Trin- 
(jue, Zif*. On fait souvent précé- 
der ces mois de Juste ou de Que. 

Moi, j'embrasse rien ni personne I 
J'embrass* gninle et pouic, dalle et peau l 
Ht J'ai beau m' fouiller la sorbonne, 
J'ai pas r souv'nir que su'd' la peau 
J'ay' Jamais collé m^9 babouines. 

(L. DB BlRCT.) 



RIE 



— 39o — 



RIR 



A'(6 daus r bidon et nib su' 1' râpe, 
Et dans ma valad\ juste lape ! 

(ID.) 

Mais D«au de balle et balai de crin ! 
Qui donc pourrait leur serrer le frein, 
Aux deux marions prenant du terrain 
Pour leur escrime a coups de surin? 

(J. RiC8EPI.>.) 

C'est tout d' roôm ' chouette d' s'embarquer 
Dans les roulottes d' premier' classe, 
Quand on a peau d' balle k raquer... 
Dame, à présent, j' voyage au cbAsse : 
J'ai ma carte d' circulation, 
Je m' fais traîner en grand' vitesse 
Jusqu'à n'import' quelle station, 
Aux frais d' la princesse. 
(A. B. Les Souloloqwi» d^llonoré Constant.) 

a C'est bath, c* que t'envoyes su' ton 
affiche. Mais, vois-tu. mon vieux, 
tu y es i)as ; tu conobics qu' digue 
à la politique ; et les mecs que c'est 
je métier d'en faire, d' la politique, 
i' doiv'nt pas avoir el' flube de ton 
gnasse. » 

« — Moi je v^se... je cherche quelque 
chose de mieux. Je cherche, mon 
cher, une balle... une petite balle 
qui ne laisserait de ceux qu'elle 
atteint rien... rien... rien!... 

— Et vous pourriez appeler cette 
balle la balle Nib-Nih I » 

(0. MiaoKAD.) 

Allons, y a trop longtemps qu'où t' gourre ! 
Vieux populo, soupe cett' fois. 
Dis au politicard qu'i' t' courre 
Sur l'haricot avec ses lois ! 
Dis-lui : J'ai mare d' la pestaille, 
Frocards, Jugeurs el autr' fourbis 
Du mém' tonneau, qui font ripaille, 
Quand moi que j' tnm' j'ai peau d* sébil 
{Le Père Peinard.) 

« C'est un crosseur l Si tu Técoutes, i' 
t' dira qu'il a des trucs épatants pour 
affurer du péze ; et il affure juste 
Iringlelte. » 

'< Si a raque pas, a peut s' gauler : j* 
marche pas pour la tringue, » 

Ne flanche pas si t'es pavois 
Tu n'alTurerais que la poix. 

(UooiKn>GEi8oii.) 

— ÇA NE SERT A aiE.\. Cesl 
comme des dattes, comme des 
pommes, Cest midi, Jl est midi 
sonné, V. Inutile. 

- ÇA XE VAUT RIE.\. Cest de 
la gnognotte, de la roupie, de 
la roussetette, V. Valeur. 



— A A1E.\. A cherche (arg. des 
joueurs). 

« — Où en sommes-nous de la partie ? 
— Cinquante- trois à cherche. » 

— XE RIEN FAIRE. N'en pas 
fiche, n'en pas foutre une broque, 
une hroquille, un coup, une *e- 
cousse. V. Fainéanter. 

— XE RIEN Bome. Boire de Ven- 
cre. V. Boire. 

— NE RIEN MANGER. V. Faim. 

— NE RIEN AVOIR. V. Se 

Priver. 
RIPOSTEU. Redouiller. 

— RIPOSTER COUP POUR 
COUP. Riposter du lac au tac. 

RIRE, subs. Hiyofade. V. Amuse- 
ment. 

I RIRE, V. Esganacer *, Richonner, 
Rigoler J Se bidonner. Se boler. Se 
boyauter, Se boyoter, Se cintret*, 
Se crever, Se déguiser en tirebou- 
chon, S^en payer ou en prendre 
un bol, une bosse, un plat, une 
tranche, Se fêler. Se gondoler. Se 
gonfler, Se gonfler le mou, Se ma^ 
rer, Se piler, Se poiler. Se rouler. 
Se tirebouchonner. Se tordre. Se 
tordre comme une baleine. V. S'a- 
muser. 

c Peut-être ai-je le rire facile, mais 
je suis forcé d'avouer que quand 
on m*a conté celle-là, avec les 
expressions exactes, je me suis 
absolument gondolé, cintré, tire- 
bouchonné. » 

(P. Pailmrts.) 

« Dites-leur qu'ils ont volé l'État : 
ils se tordront. L'État, c'est eux, 
d*abord, et les douaniers sont faits 
pour exciter les honnêtes gens à la 
contrebande. » 

(E. BiaanAT.) 

« Ah I la sœur, qu*est-c' qu'a prenait : 
cinq d'engueulade et dix de gnonn I 
Et i' y en disait ! et i' y en con- 
tait I... Ah I mon vieux ! tu t' s'rais 
gonflé \ n 



RIS 



— 396 — 



ROU 



« JMa connais ta romance des plom- 
bés. On la chantait à l'hosto, pen- 
dant la promenade. On s^poilaitl.,, » 

« Ohl oui, j* sais bien, J* peux cre- 
ver 1 Tu t'en fous, toi, tu t* mares, 
Ven prends un bot: ça t' touche pas. » 

RISIBLE. V. Amusant. 

RIXE. V. Bataille. 

ROBE. Impossible , Sei'pillière , 
Traineuse, 

— BELLE AOBE. Mordante. 

— ROBE DE CHAMBRE. Douil- 

Iffttey Gâteuse. 

ROGHEGIIOUART. Rochouart . 

V. Quartier. 

ROGATONS. Arlequin, Bijoux. 

Sans penser ù tremper nut' soupe, 
N'importe où nous nous ompûtons 
D'arlequins^ d* briffe et d' rogatons. 

(J. UlCHEPI.'*.) 

Mais i' n*est pas embarrassé^ pour 
SCS deuxbourgues.i' s'envoye eune 
platée d' bijoux ou qu'y a des fois 
un r'pas complet : rôti, poisson et 
légumes. » 

— marciia:md de rogatons. 

Bijoutier. 

ROI. Dab, MeCf Meg*^ Franc Ri- 
pault*, Grand dab^ Grand mec. 
V. Jeu. 

RÔLE INSIGNIFIANT. Panne 
(arg. théâtral). 

« Une panne? Je n'ai jamais très bien 
compris le sens de ce mot-là. J'ai 
toujours cru — suis-je assez sot ! — 
qu'au théâtre il y avait de petits 
artistes et non pas de petits rôles. 
Je me souviens d'un acteur, dont 
le nom m'échappe en ce moment, 

2ui n'avait que quelques lignes à 
ire dans la Mort du aucd'Enghien^ 
de M. Hennique. Il eut, en dépit 
de cette panne^ un triomphe le soir 
de la première représentation. » 

(l'iBRRB WOLFF.) 

— (^ette expression s'applique 
également aux acteurs à qui 



on distribue ces rôles, à 
cause de leur manque de 
talent. 

Dans les coulisset, d'un pas lent, 
EU's se promèn'nt en somnolant. 

Les panneM. 
Ou bien eil's dorm'nt ou bien encor 
EU's regard'nt poser le décor, 

Les pannes, 
EU's attend'nt, en croqnant l marmot. 
L'occasion de placer leur mot. 

Les pannes... 

(Geobgks Bcna.) 

ROMPRE. V. Abandonner, Ban. 

RONFLEMENT. Comage. 

RONFLER. Corner^ Jouer de Par- 
gue. 

a Y a pas moyen de roupiller ici, 
grognait le Pari^ot. Ils sont deux 
pétrousquins qui jouent de l'orgue 
toute la nuit. Demain, Je mets leurs 
pieux en bascule. » 

ROQUET. V. Chien. 

ROQUETTE (LA GRANDE). 

La GrandCy La Rotonde. 

— LA PETITE ROQUETTE. La 

Petite. 

ROSSE subs. V. Cheval. 

ROT. Soupir de Bacchus. 

ROTER. Avoir une fuite de gaz 
dans Vestomac. 

ROTONDITÉS CHARNUES. Pe- 

lotage. V. Sein. 

« Moi, j'edme les femmes où qu*i' y a 
du pilotage... de quoi s'occuper I »» 

ROUE. (Supplice aboli.) Garuche *, 
Lune à douze quartiers*. 

ROUÉ. Potence, Roumard* . 

« — Vous ne lui en remontrerez pas, 
c'est une vraie potence. » 

ROUEN. Amélie. 

ROUENNERIE. Arnellerie. 

ROUGE, subs. Maquif Maquis. 
V. Fard. 



ROU 

ROUGE, adj. Vei^noisé. 

ROUGIR. Avoir un coup de fard. 
Faire cuire son homard, Farguer, 
Piquer son fard, Piquer un soML 

« Il s'amusait à la regarder dans les 
yeux, pour lui ftdre piquer son fard. » 

(Bauda.) 

« Cette péronnelle piquait des soleils 
à la moindre allusion ; et elle fai- 
sait, en catimini, la fête avec un 
abbé et deux officiers. » 

(J. Lahdkb.) 

ROULADE. Cocotte, Fignolade, 
Gargarisme. V. Chanter. 

ROULER. Bouler. V. Tomber. 

ROULIER. Roulotin. 

ROUSSE. Rouquine. V. Roux. 

ROUSSEUR. Taches de rous- 
seur : Son. 

— VISAGE TACHÉ DE ROUS- 
SEUR. Boule de son, Plat de 
lentilles. 

«( — La gosseline est assez gironde, 
dommage qu'elle ait un plat de len- 
tilles. 

— Bah ! ca lui passera quand elle aura 
vu le foup! » 

{Le» Joyeusetés du régiment.) 

ROUTE. Antif, Antiffe, Pileuse, 
Poivrière, Poudrée, Bub, Ruban, 
Tirou, THmar, Trimard, Trime, 

— LA GRAND' ROUTE. Le grand 
trimar. 

Au nom de% chemioeui. d' la rille, 
Coureurs de ru*M, batteurs à'antif»^ 
Qui sont (les centaia's et des mille... 
Faut pas démolir les fortifs ! 

{k. B.) 

« Les uns, les vétérans du trimard, 
connaissent les bons parages. » 

(Cu. Halato.) 

« La route, la route longuei intermi- 
nable, c'est le rub, le ruban. Le 
fleuve est le rub de lance; la voie 
ferrée des chemins de fer, le rub 
de riffle. » 

ROUX. Rouquin. S'emploie adjec- 
tivement et substantivement. 



— 397 — 



RUS 



r n* faisait pas sa sociétô 
Ou génr de la liberté, 
r n'était pas républicain, 
11 était Tami du Bouquin 
Et le p'tit bomme à la Héloche, 
A la Bastoche. 

(A. B.) 

« On dit qu* les rouquines sont ou 
toutes bonnes ou toutes mauvaises ; 
ben, moi j'en conoble une qu'est 
entrelardée. » 

— CHEVEUX ROUX. Poil de 
brique. Poil de carotte. V. Barbe. 

RUBAX. V. Décoration. 

RUE. Se traduit de même façon 
que Route ; mais on emploie de 

Ç référence les équivalents de 
tottoir. 

— L'argot boulevardier em- 
prunte le mot anglais Street : 
Auber Street, Bréda street. 

RUIXÉ. Blanc, Chocolat, Coupé, 
Fauché, Fleur. 

RUINER. Faire chocolat. Faire 
fleur. Faucher à blanc, Mettre 
dans la mélasse, dam la merde, 
la mouise, etc., Rincer. 

— SE RUINER. Aller à Rouen ou 
à Roanne, Faire le plongeon. 
Piquer une télé. Tomber dànsli 
dèche, la mélasse, la merde, etc. 
(V. Misôre). 

RUISSEAU. Barant, Doué. 

n ... Les battoirs des lavandières, 
agenouillées au bord du doué, se 
mêlent au bruit berceur de la mer 
qui monte ou redescend. » 

(AiiDBt Thidiiit.) 

RUPTURE. V. Abandon. 

RUSE. Dric, Estoc, Finoterie, Ma- 
nicle, Roublardise. V. Malice. 

« Pour le truc, le dric, le fil, le r'fil, 
le flair, le blaire, à lui la pose. » 

(J. KiGaipiN.) 

RUSÉ. Capon*, Fouinard, Fouine^ 
Fouineur, Gerôme*, Mariol, Ma- 
riolle, Marie, Marlou, Pointu*, 
Serpent, Truqueur. V. Malicieux. 



RUSER. Caponner', Roublarder, 

Truquer. V. Tromper. 
■ — Il n'y a pas à roublardtr ftvec 

nous, vous savez bien, lui dil 

rauds que vous. •• 
• Mais dt'iâ les couleurs pâlissent ; 



oD çorle de l'humanité, d'une seule 
famille... Mé&ancel Eo l'bonneur 
de cette famille-lé, on l'apprête à 





SABBAT. V. Samedi. 

SABOT, i Escarpin de Limoutin, 
Eidop, Etclot, Soulier en cuir de 
brouette. 

■ r m'a m'aé dans un guinche de 
Ligornlaux où qu'7 en avait la moi' 
tié qui ts(>tuent dea ricloa avec 
leurs ribouu en cuir de broutltê, <■ 

SABOTIER. Esclopi, Esctolier. 

SABBE. Flambant, Flambarii, Fou- 
ckon, Gandilte ', Jaequelint, 
Planche '. V. BoU, Ëpée. 



n On fouirait dons la flotte touB les 
flingoli, tous les brutals, tous les 
coupe-choux, les latlea, les bancatt, 
\et rigolos, tout's les arme«, et les 
obus, et les boulets, les cartouches 
et la poudre. On s" servirait des ca- 
sernes pour loger tes purolins et 
les nieurs de comète a qui qu'on 
distribuerait Im liti et les coUTer- 
turei des gribiers. 1 

■ — Et le premier qui rDuspèle, fit le 
coquillard au comble delà colère. 
Je lui r&is faire counaissance avec 
Jacqueline ! 

Et dans un geste de dé& it porta 
la main i la garde de son sabre. 

— Babre...maialgauai lia te Parisien. s 



_ SABRE D'ARTILLBHIB. Ban- 
cal. 

— SABBE DIX FANTERIB (arme 

réformée depuli 1868). Bon 
Dieu, Briquemonl. Briqu4t, Côte 
de bœaf. Coupe-chou. 



- SAC UE FANTAS8IS. Armoire 
à poil, Al de earitau, A:or, 
V. Banvuc. 



SAG 



— 400 — 



SAL 



— METTAE EN SAG. Enflacquer, 
Enflaquer. 

SAGE. V. S'assagir. 

SAGE-FEMME. Débdcleuse, Dé- 
balleuse de petits salés j Madame 
Guette-au-troUf Madame Manicon 
obscène), Madame Tire-le -monde, 
Mômeusey Mômière, Tate-minette, 
Tire-mômes, Tire-monde, Tire- 
pousse. 

M Ugénie s*est fait une bosse au ven- 
tre, tant pis pour ellel Dans neuf 
mois, ça regardera Madame Guette- 
au-trouy mais pas moi. » 

(0. MiTtHIBR.) 

SAILLIE. (Répartie.) Coupure, 
Pépin, Salade. 

« Bien envoyée, la coupure t Tu y as 
bouclé I* bec. >» 

« Qu'est-c' que c*est que V pépin qu' 
tu nous sors là? » 

SAINT-CYR. V. École. 

SAIIVT-CYRIEX. V. Élôve. 

SAINT-DENIS. Saint-Denailles. 

SAINT-ÉTIENNE (HABITANT 

DE). Gaga, Gagace^ Gagat. 

— Parler le patois stéphanois : 
Par Ici' gaga. 

SAINT-LAZARE. V. Prison. 

SAINTE - MARGUERITE 
(QUARTIER DE), à Paris. 

Sainte-Margot. 

SAINTE-PÉLAGIE. V. Prison. 

SAINT-SACREMENT. Porc-cpic. 

SAISIR. Agripper, Cheirer, En- 
christcr. V. Attraper. 

« Il est costeau, pour Tavoir faudra 
y foute un coup d' tronche dans 1' 
bide et V cherrer aux gambettes. » 

SALE. V. Abject. 

— PERSONNE QUI A DU LINGE 
SALE. Qui porte le deuil de sa 
blanchisseuse. 



« Elle n*est pas mal et ça ferait ma 
foi une cnarmante compagne si 
elle n'avait rhorrible tort de porter 
trop souvent le deuil de sa blanc/tis- 
seuse. • 

SALIÈRE. Muronière \ 

SALIVE. V. Crachat. 

SALLE DE POLICE. Austo,Bloc, 
Boite, Caisse, Clou, Hosto, Hostio, 
Jetar, Lourde, Malle, Matatane, 
Mazaro, Osto, Ostio, Ours, Ouste, 
Ousto. V. Prison. 

» COUCHER A LA SALLE DE 
POLICE. Monter le cheval de 
l'adjudant. 

« — C'est bien, prenez votre couver- 
ture et descendez à la lourde I 

— .Mais, chef, je vous jure que ce 
n'est pas moi. 

— Bien, pas d'observations I Vous ré- 
clamerez demain au rapport. Capo- 
ral BéJ[u, conduisez-moi ce lascar- là 
à la boite I » 

« — En voilà assez, faut en finir, tout 
le peloton couchera à la malle ce 
soir. » 

(U. CoUKTELl.'fe.) 

Quand il punit, môme guitare ; 
On connaît bien son numéro : 
C'est un gaillard qu'est pas avare 
Des jours de clou, de mazaro. 
Avec lui la dose est meilleure. 
Et quand les autres, sans discours, 
Aligneraient quarante-huit heures.. 
Le doubl* vous colle quatre jours. 

(GaiOLKT.) 

« L'adjudant m^a fait monter son che- 
val durant une huitaine pour avoir 
oublié pendant vingt-quatre heures 
le cheuiio de la caserne; et il a le 
trot sec ! je vous en réponds... Je 
ne sais avec quel sapin ils font 
aujourd'hui les lits cle camp des 
salles de police, mais j'aimerais 
autant coucher sur un lit de plume 
rembourré de noyaux de pècnes. » 

(Ch. Dubois de Ge5?cc9.) 

SALLE DE SPECTACLE. Le 

Flouant \ 

SALSIFIS. Doigts de mort. 
SALTIMBANQUE. V. Forain. 



SAM 



— 401 — 



SCA 



— MATÉRIEL DE SALTIMBABÎ- 
QITE. Drague^ Drague de Sa- 
touy Satou. 

SAMEDI. (Le jour du Sabbat.) 
Schaveusse, V. Synagogue. 

SANDWICH. Enterrement. 

« Leur spécialité consistait à vendre 
pour <^ux sous UD morceau de 
pain dons lequel elles mettaient un 
morceau de gras -double rôti dans 
la poêle ; les plus riches allaient 
jusqu'à trois sous; alors, pour ce 

grix, ils avaient une saucisse plate, 
'ans le langage du boulevard, cela 
s*appelait un enterrement de pre- 
mière classe. » 

(Ch. Virmaitbs.) 

SANG. Raisinéy Bouge, Rouquin, 
Vermois *. 

« D'un bon renfoncement j*y ai aplati 
le pif. Le raisiné a coulé, et le 
môme est allé se bassiner dans la 
Seine. » 

(Trublot.) 

Et r lend'main V sergot trouv' du rouge 
A MoDt rouge. 

(A. B.) 

SANGLOTER. Se traduit de 
même que Pleurer. 

SANGSUE. Goujon d'hôpital. 

SANS-FAÇON. A la flan. 

SANTÉ. Santoche, Santu. 

— PRISON DE LA SANTÉ. La 

Sufitoche. 

— A TA SANTÉ. Cric croc! 
SAOUL. V. Ivre. 
SAPHISME. V. Tribadisme. 

SATIN. Douce. V. Soie. 

SATIRE. V. Critique. 

SATYRE. V. Lubrique. 

SAUCISSE. Bifteck de pané. 

SAUT. V. Cabriole. 

SAUTER. Paire des galipettes, Gam- 
biller, Gigoter. V. Danser. 



SAUTE -RUISSEAU. V. Ap- 
prenti. 

SAUVER (SE). V. S'Enfuir, Fuir. 

SAVANT. Calé, Ferré, Ferré sur 
toutes les coutures. V. Instruit. 

SAVATE. Cambrure, Galette, Traî- 
narde, 

SAVETIER. Bijoutier sur le genou, 
Bouify Chirurgien en vieux. Chou- 
flic, Chouflique, Gniaf, Graveur en 
cuir ou sur le (jenou, Mastiqueur, 
Ribouis, Riboul, Sabrenas, Sa6re- 
not, Schouflick. V. Cordonnier. 

« Ces dessins, ces abominables — et 
superbes ! — dessins du a Père 
Pemard », ébauchés au gros trait, 
à la manière d'affiches, et d^iine 
tonalité si puissante, en dépit du 
manque de couleur, savez-vous de 

3ui ils sont? De galvaudeux, sans 
oute, de bohèmes, de ratés, de 
vieux gredins ayant noyé dans Tab- 
sinthe leur talent de jadis — ou de 
gniafs en mal d'esthétique? 

Ouitchel mes maîtres, vous 
croyez ça? 

lu sont l'œuvre d'ibels, de Félix 
Pizano, de Luce, de toute cette 
jeune et vaillante phalange d'ar- 
tistes classés, acclamés déjà, qui 
s'en viennent derrière l'illustrateur 
de Paris, le maître Chéret I » 

(StrEni?iB.) 

SAVOIR . Conobler , Conobrer. 
V. Connaître. 

— SAVOIR UNE LANGUE. Dévi- 
der, Entraver. V. Causer, Com- 
prendra, Jargon. 

SAVON. Glissant. 

SAVOYARD. Jean de la suie, Mar- 
mottier, Raclette, Rapiat. Ces 
épithètes s'appliquaientplus spé- 
cialement aux ramoneurs ambu- 
lants et n*ont plus guère cours 
aujourd'hui. 

SCANDALE. BaroiiA Boucan, Cha- 
banais. Pétard, Raffut. V. Bruit. 

(• Moins d'ailleurs elles useront d^u- 

26 



SCÈ 



— 402 — 



SÉD 



trance et de boucan, plus sûrement 
elles frapperont. » 

(Alixandab Hipp.) 

« G^est un procès qui fera du pétard 
dans Landerneau. » 

SCÈNE de théâtre. LapeUe, Le 
plateau f Les planches, 

« Nom d'un chien, hurla le régisseur, 
je ne veux personne sur le plateau 
pendant que l'on plante le décor, 
personne que les machinistes. » 

(G. Amyot.) 

Son ambition était de monter sur 
les planches ; c'était pour elle le seul 
mo^en de trouver un « monsieur » 
séneuY. » 

(F. DOMBBC.) 

SCIE. Bastringue f Cr tarde ^ Mor^ 
dante, 

SCIER ses fers ou des barreaux 
de prison. Jouer du violon. 

SCULPTEUR. Sculptier. 

SÉBASTOPOL (BOULEVARD). 

Le Sébasto. V. Quartier. 

G'étail r garçon 1* pus cotteao 
D' la Bastocbe au Sébasto. 

(A. B.) 

SEC. Neuillon. V. Maigre. 

« Neuillon est le sobriquet donné aux 
personnes maigres qui n'ont que la 
peau sur les os et sont en Quelque 
sorte le neuillon ou noyau de Têtre 
humain. » 

(CouTi jAUBEar.) 

SECOND. Seu, Seg (arg. des en- 
fants). 

SECOUER. Bluster *, Chahuter. 

SECOURS. V. Aumône. 

— APPELER AU SECOURS. 

Gueuler à la chienlit, au charron, 
au vinaigre, Y. Appeler, Crier. 

« Une femme de mœurs légères cau- 
sait du scandale, Tautre nuit, vers 
une heure du matin, rue Lebouis, 
lorsque deux agents surgirent et 
l'arrêtèrent. 

— Au « charron !» Au « charron ! » 
se mit à crier la ûlle. 



Aussitôt, uue demi-douzaine de 
souteneurs accoururent de toutes 

S arts et se ruèrent sur les gardiens 
e la paix, qu'ils frappèrent à coups 
de couteau. » 

{Le Journal.) 

SECRET, mhs.Cadavre. V. Méfait. 

— ÊTRE AU SECRET. Être 
quasi-mort. 

— ÉCRITURE SECRÈTE. V.Écri- 

ture. 

SECRÉTAIRE.Secrétaire decom- 
missariat de police : Cabot, cador 
ou chien de commissaire^ de gt/ort, 
de quart d'œil. On donne égale- 
ment ces noms au garçon du 
commissariat. 

a Le chien du commissaire a de mul- 
tiples besognes. 11 en avait une ja- 
dis, que les arroseurs municipaux 
lui épargnent maintenant. En été, 
il parcourait les rues de son quar- 
tier en agitant une petite sonnette, 
pour avertir les concierges et les 
boutiquiers que le moment était 
venu d'arroser devant leur maison. » 

(GOKOIV.) 

ce C'est pas pa^ c* que j'ai b&ché avec 
el' caaor du quart que j' suis une 
bourrique. D^abord, il a raqué, tout 
comme un au te. m 

— SECRÉTAIRE DE RÉDAC- 
TION d'un journal. Cuisinier. 
V. Préparer. 

SÉDUCTEUR. Cass€<œury Déni- 
cheur de fauvettes, Emporteur, 
Enleveur, Ferreur, Flamangel *. 

« Qu'est au iuste Max de Simiers? Dn 
coBur tendre ou un casse-cœur f Un 
vieux polisson sentimental ou un 
brave homme ? » 

(L&ON>BRIHAno 0BaO85l.) 

« Grand dénicheur de fauvettes, il 
allait gaiement à travers la vie, 
vidant les bouteilles et emplissant 
les filles. » 

(HccTOB Frakci.) 

cf C'est un emportetir de première ; 
toutes les gonzesses qui* veut, i* 
les a I » 

« 1' pourra jamais conserver une 



SÉD 



— 403 — 



SEl 



gonzesse ; il est trop [erreur et trop 
paillasson. » 

— SÉIIUCTEUA DE LA FEMME 
D'AUTftUI. Grilleur, Grillot. 

« C'est des gonces qui sont jamais 
marida, à cause qui s' contentent 
des bergiTes des aules : c'est des 
griilots, » 

SÉDUCTIOX. Entiflagc. 

— ESSAI DE SËDLGTION. Ap- 
pel. V. Courtiser. 

SÉDUIRE. Emporter, Faire, Faire 
un emportage. Ferrer, Lever, 
Y. Conquête, Courtiser. 

« On s'est donné ça avec Eusébe 
pour la Méloche, rapport que j'a- 
vais guinché avec elle à la Galette 
et que j' Pavais emportée. » 

tt Dans un théâtre, le comique fait 
plus de femmes que le jeune pre- 
mier. » 

(ADBBLIBIf SCBOLL.) 

« Un homme qui lève dans un bal une 
demoiselle affamée ayant la langue 
bien pendue, c^est une chose qui 
se voit communément et qui ne 
mérite pas d'être racontée. >» 

(TniODOBB DE Bamvilli.) 

SÉDUISANT. S^exprime de la 
même fa(;on que Beau. 

— PERSONNE SÉDUISANTE. 

Dans un sens erotique : Go- 
bant, Qui porte à la peau, 

tt II est des femmes qui quoique jolies 
ne portent pas à la peau, tandis 
que des laides font commettre des 
folies. » 

(HicTOR Frahci.) 

« La petite bourgeoise était gobante 
en diable, mais, voil& le hic, sur- 
veillée comme jamais ne le fut le 
jardin des Hespérides. » 

{Le» Propoi du Commandeur.) 

SEIX. Boite à lait ou au lait^ Cale- 
basse, Lola, Moussu, Mouzu, iVéné, 
Nichon, Nini, Pelote, Reposoir, 
Rondelet, Rondin, Tété, 

— LESSEl?iS, Avant-cœur, Avant- 
scène, Avant-poste, Avant-main, 
Bossoirs, Bossoirs iC avant. Esto- 



macs, Étal, Étalage, Gardes^ 
côtes, Oranges. 

— SEINS MENUS. Lentilles, Man- 

darines, Œufs sur le plat. 

— SEINS MENUS ET FERMES. 

Minets, Titis, 

— SElNSOPULENTS.Bo/jr/c^ar- 
gole. De ça. Des oranges sur 
C étagère, Du monde au balcon, 
Du pelotage, Quelqu^un, 

— SEINS FLASQUES. Baquet de 
gélatine ou Baquet de colle. 
Blagues à tabac. Cuirs à rasoir. 
Gélatine, Gibasse, Pendants, Té- 
tarasses, Tétasses, Tripaille, Tri- 
pes. Ces expressions s'em- 
ploient également pour Poi- 
trine. 

« Le directeur d^un théâtre des bou- 
levards reçoit l'autre jour, de 
Mme Ilortense B..., connue pour 
l'opulence de ses charmes, le billet 
suivant : 

« Cher ami, 
• « Pouvez-vous mettre ce soir à ma 
disposition vos deux avant-scènes ? » 

Le directeur répondit tout de 
suite : 

« Oui, à charge de revanche. » 

(HeCTOB FBAnCE.) 

« Alors, comme on n'était qu' nous 
deux^ Cécile, histoir' de donner d' 
Tair a ses lolos, a dégrafé son cor- 
set. »» 

Certaias nichons, faits en forme de poire, 
Ont un boulon de roue pour tétin ; 
D'autres sont ronds arec des tons d'iroire, 
On des reflets de soie ou de salin : 
D'autres encore, aussi doux que la plnme, 
Sont les coussins des ébats folichons. 
Enfla, Messieurs, il faudrait un rolume 
Pour détailler les grâces des nicAonf . 

(Bcs. LutaciER.) 

« Il la prit sur ses genoux et passant 
doucement la main sur ses seins, 
il lui dit : — Oh I les bonnes peti- 
tes pelotes \ n 

{Les Propos du Commandeur.) 

c J* te r répèf, c'est tout c' qu'y a d' 
rupin, ta pUit* salade en vers; mais 
faut aut' chos' que d* parler des 

f)auv*s mijgnards, des loupiots sans 
iquette, (&s pauv's lardés qu'ont à 
téter qu* leur pouce à caus* que 
leur daronne a nib de lait dans les 



SEL 



rondins et pas d' pognon pour en 
aj'ler. » 



« C'est la belle-sœur de notre hôte, 
j'espère qu'elle en a des bossoirs ; 
c^est gras comme une pelote, rond 
comme une bouée... aussi est-ce 
un plaisir. >» 

(àf ABIO ET LaU.'IAT.) 

m — Pensez que ses estomacs dégou- 
linent !... que ça eu est dégoûtant! » 

(J. MAK.M.) 

Mignarde, amoureuse, replète, 
Le néné ferme et rondelet, 
Tout eu sa personne me plait 
— Hormis son goût pour la toilette. 

(AeMAMD SlLVEflTRB.) 

« Les sœurs Souris, dont l'aînée avait 
été surnommée la Heine des Amazo- 
nes, eu égard à certaine opération 
chirurgicale qui lui avait enlevé 
une des oranges de soji étagère, » 

(Paul Mahaun.) 

« — N^allez pas me dire qu^une femme 
qui n'a que deux œu/'s sur le plat 
posés sur la place d'armes peut 
avoir une fluxion vraisemblable à 
une personne avantagée comme la 
commandante. » 

(Cb. Lbkot.) 

« — Moi, je n'ai pas peur de me met- 
tre à poil dans la loge, disait la 
commère. Je n'ai pas les lentilles 
de la petite Serly ni les blagues à 
tabac de mam'zelle Rolande; mes 
bols de garqotte, à moi, ça se tient 
et c'est du bath ! » 

SEL. Maron*, Morgane*, Muron *, 
Sable blanc ou simpl. Sable. 

8EJIIAIIVE. Quart de marque, de 
marquet, V. Mois. 

semblable;. V. Analogue. 

SEMELLE USÉE. Feuilleté, 
Galette feuilletée, 

« Ça fait d' l'épate, ça crosse et ça n'a 
qu' du feuiltté en fait d' pompes. » 

SÉXAT. Cambuse aux déplumes. 

SEXTEXCE. Flambeau, Vanne et 
presque tous les équivalents du 
mot Discoors. 



— 404 — SER 

SEXTIXELLE. V. Factionnaire. 
SÉPARATIOX. V. Divorce. 
SÉPARER (SE). V. Divorcer. 



SEPT. Le Crochet du chiffonnier*, La 
Potence (arg. des joueurs). 

SEPTIÈME. Seyme. 

SERGEXT. Pied-de-banc, Serpied, 
V. Gradé. 

SERGEXT-MAJOR. Double. 
V. Gradé. 

SERGEXT DE VILLE. Cierge, 
Flique, Sergot, V. Agent. 

SERGEXT DU GUET. Affurard \ 

SERIXGUE. Insinuante. 

SERMEXT. Salbin. 

— PRÊTER SERMENT. Sulbiner. 

SERRURE. Bouclette, Serrante, 
Surdine. V. Ouvrir. 

tt Pas plan d* rembarder, la bouclette 
est bridée. *» 

« La Méloche avait gardé la débou- 
clante, mais aile a été d' la r'vue. 
J'ai fait chanstiquer la serrante. «• 

SERRURERIE. Brugei'ie. 

SERRURIER . Bruge, Gaffeur, 
Gouffeur, Tape-dur. 

SERVAXTE. (Femme de cham- 
bre.) Cambreline, Cambrouse*, 
Cambrousse *. 

SERVI une seconde fois. Ressucée. 

SERVICE MILITAIRE. Temps. 

— FAIRE SON SERVICE. Faire 

ou tirer son temps. 

SERVIR. (Être domestique.) Cam- 
brouser*. 

-- Fournir, vendre des mar- 
chandises : Arranger (arg. 
des marchands). 

« — Achetez-moi quelque chose au- 
jourd'hui, je vous arrangerai bien. • 



SERVITEUR. ComôroïKT", Larbin, 
Lapin de corridor, de couloir. 
V. Valet. 

• Jéricho serrait les points. s'îdJu- 
riant de la helle faf.on, stupéfait dt' 
ae trouver si btle de ne noavoir 
lui, Parigot dfi la bonne êcole.faire 
la pige i un sntc Inpinde corrido 



Ktl« 






(J. H» 

SEl'L. Suisse. Ne s'enipluie que 
dans la locution Faire suisse. 
Agir isoKment. 
a Tant ee paurliVhcnt à achever lea 
victimes ijuc l'on peut bien me 
pardonner de fitire auUie dans le 
sens de la clémence et mfjue de la 
candeur. 



(Sh»i 



SÉVÈRE. A chccai (sur les règle- 
menls, sur les principes, etc.), 
P^(c-sfe, llifîe, Rofse. 

■ — L» sou s -lieutenant I 11 sort à 
peine de Salnt-Cyr. Quand il est 
arrivé au corps, l'autre mois, 11 
frappait pour entrer chez le double 
et lui disait : " Monsieur > ; main- 
tenant, c'est un pële-tec qui ne 
S unit jamais lea bomuies, maja 
ani|ue les gradua dedans, à propos 
de bottes. ■ 

— SE MO.NTREn SËVARE en- 

veia quelqu'un. Lui serrer la vii. 

SEXE. Bataclan, Bazar, Boutique, 
Cas, Histoire. 

— SEXB I>E L'HOMME. — La 

verge : Andouitle, Asperçe, Asli- 
eot. Aveugle. Hiblol,ltiblotco, Bi- 
billt,llisioquelle,Billf.lHcouarl, 
Bragueiiiari , Bogue, Bout, Bro- 
gue,Bro<j'irlle, tihibie, Cholelte, 
CItouai-t', Colonne, Courtaud, 
C'-urle.CréiiUur,Cyclope,Dard, 
Dardiilon, Doiql tans ongle, Fé- 
lix, Ferdinand, Gaule, iioupil- 



SEX 

lt>n,Guiguille,Jacqves,LaU!/e' , 
L'enfant, Lipos, Lii'Otpeme. 
Nœud, Os à moelle. Foulard. 
Faf. Fanais, Perche, Vêtit frire, 
l'Iiilidor, Fine, Pipoi, Foireau. 
Quiqtielle. Bingaid, Touloire', 
Tringle, Triguebille, Troisième 
Jambe. Vil, Zeb, Zéhi, Zébrt, 
Zeub. — Les testicules: Antil- 
les, AllilUs. Baladeuses. Bal- 
loches, lialoehes, Baiota,BastoU. 
Bislouilte. B/osses, Burnes, Bre- 
loques, Couilles, Couillons, La 
Îmgeproys', Olives, Pendantes. 
'endelogues. Felils ognons. Bou- 
bignoles, Roupetles, Bouleaux, 
Boustons, Témoins.— L'ensem- 
ble : Le paquet. V. Prépuce. 



— Poorquai Uire 



u,j- fi 



|l>. Piiumi.) 
])èa l'dge de cinq ans, la petite 
Sophie s'amusait à montrer son 
histoire aux polissons de son 
quartier. • 

(Let Profoi du Commùndeur.) 
■j «ob* IB'c'llllO )'».lil 



Un làblosea 



entre avec sa femme 
dans un snlou. Les invités présents 
se mettent ;i rire, en s'aiœrrevant 
que son pantalon est entre-bflillÉ et 
laisse passer un bout de chemise. 
Sa femme s'en aperçoit aussi, et, 
pour le lui faire remarquera demi- 



eiprits sublils la clef de 
t'aulre nom porto par In Mère aux 
pouiltarUs sur les registres de l'ins- 
cription m arîtime,lcs susdits esprits 
eubtils sont dUmcnt avertis que le 
vocable In bisloaitle signifie, en 
vieux patois normand, le complé- 
ment naturel de la biatogueite... - 
(j. Ru.;,,,,.) 



SEX 



— 406 — 



SIL 



servantin de Mirebeau, lui promit 
un habit, en condition qu'il le pas- 
sast oultre Peau à la cabre morte sus 
sesespaules. Car c'estaitunpuissaut 
ribault. Le pacte fust accordé. 
Frère Couscoil se trousse jusques 
aux couUles^ et charge à son doz, 
comme un beau petit sainct Chris- 
tophle, le dict suppliant Dodin. » 

(Rabbla».) 

— SEXK DE LA FEMME. Abri- 
cot^ Abricot fendu, Harbarol, 
Harbii, Bénitier^ Bijou, BHou, 
Bis, Boite à grime, Boite à ou- 
vrage, Bonbonnière, Bonnet à 
poil. Brèche, Bréviaire (Vamow^ 
Breiinfjot, Buisson ardent, Cage^ 
Calendrier, Catibistrij , Calibre, 
Cailibstri, Casemate, Cha- 
pelle, Chapelle ardente^ Chaf, 
Chaudron t Cheminée, Chi fou- 
Une, Chripsimen, Citadelle, Co- 
pier, Cloître, Coiffe, Coin, Con, 
Conassr, Concau, Connin, Co- 
(fuillf', Coupde satire. Crac, Crac- 
dale. Craquette. Crevasse, Creu- 
set, Dc.Écuelle, Enfer, Enclume, 
Évier, Fendu, Fente^ Feuille de 
saw/e, Figue, Fournaise, Four- 
neau, (irippart, Grippette, Huî- 
tre, Landie*, Lapin, Moniche^ 
Motte, Mouniche, Panan, Para- 
dis, Borne, Sapeur, Schjwk, Ta- 
bernacle, Tirelire, V. Clitoris. 

'< — Alors, marquis, lui disait la 
Salvia, vous donnez dans les petits 
I[)ieds sales? On m'a parlé de cela 
a l'Opéra. Il parait nu'ellc est très 
jolie de corps et qu'elle a une jambe 
parfaite... Soyez franc, dans com- 
bien de temps allez-vous me lâcher 
tout à fait et jusqu'à quel âge laissez- 
vous mûrir ce petit abricofi » 

(EdGAB M05TIIL.) 

« Pour faire petite chapelle, elles 
troussent leurs jupons, présentant 
à la flamme leurs jambes, colonnes 
du tabernacle qui est au fond. » 

(11. Fbamcb.) 

Prix de beauté de Spa, brune, bon caraclôre ! 
Ao harem aurait fnit le bonheur d'un pachn ; 
Aime le$ animaux félins, tigre ou panthère. 
Et po<isêde. dit-on, un fort beau petit rhati 
{Le Diable Boiteux.) 

Je crois bien que notre grand vicaire 
Aura mis le doigt au bénitier. 

BftBAXGER.^ 



Depuis longtemps de la oonzelle 
Il avait pris ville et faubourgs, 
Mais elle défendait toujours 
Avec vigueur la citadelle. 

^PlBOli.) 

Voyez ce muguet troosse-cotte 
Oui voudrait nous manier la mot tel 
Oui, c'est pour lui qu'on cuit cheu moi I 
Quien, l'abbé, v'ià toujours pour toi... 

EU i(VADt.) 

SHAKO. Blockhaus % [Boisseau *, 
Capsule *. 

SIFFLER, pour appeler. Hisser. 

— En argot de théâtre. Égayer, 
Emboiter, Sif/îer azor. 

— ÊTEE SIFFLÉ. Boire ta 
goutte. 

— ON VA SIFFLER. li y a des 

bossus dans la salle, 

SIGNAL. Accenty Arce, Arçon, 
Duce, Dusse, Duse, Duze, Grippe, 
Ser, Serre, Sert, 

« Les argotiers se préviennent qu'il 
y a danger en crachant d'une cer* 
taine façon ; c'est ce qu'ils appellent 
Vaccent, » 

« Si c'étaient des amis de Pantin, je 
pourrais me faire reconnaître, mais 
des pantes nouvellement affranchis, 
des paysans qui font leurs pre- 
mières armes, j'aurais beau faire 
l'arfon. • 

(VtDOCQ.) 

Sans ser ni duu'. il faut savoir 
Chenuement faire le miroir. 

(IIocikr-Grisox) 

Voyez-vous le Fèr* de l'Eglise 
Dire au moribond : T'es au bout? 
' Monte au Ciel! D' là-haut tu m' Trns V serre-, 
Va fnir' le Jacque au Faradis! 
Mui j'aim' mieux rester ^ur la Terre, 

(P. pAiLLtm.) 

SIGNALEMENT. Camoufle. 
SIGNATURE. Babille, Firme. 
SIGNE. V. Signal. 

— FAIRE SIGNE. Arçonner, 
SIGNER. Taroquer\ 
SILENCE ! excl. V. Se Taire. 



SIM 
SIMPLE. V. Naif. 

SIMPLEMENT. A la bonne flan- 
quette (corrupt. de Franquette), 
A la flan, Au flan, V. Naturelle- 
ment. 



SIMULATION. Frimage, Frime. 

SIMULER. Chiquer balle ou contre, 
Frimer, La faire à ou au,\. Riche. 

« On voit des arpettes, des bouts 
d' culs, — à qui qu'on presserait 
r tube qu'il en sortirait core du 
lait, — qui s' mettent des guiches et 
veulent frimer au barbe. » 

'< Quand on a enterré sa vioque, i' 
chiquait contre. V n*a pas voulu 
chialler. » 

SIXGE. Bouzou. 

SIPHILIS. V. Syphilis. 

SIX de jeu de cartes. Hue de 
Rivoli. 

SOBRIQUET. Centre à Vestoc ou 
à Vestorgue, Sobre. V. Nom. 

•• D'puis qu'il est décarré d' la Poisse, 
Firuiin a chanstiqué d' sobre. On 
rappelle La Canne, d 

SOCIÉTÉ. Soce. 

Bonsoir la soc...^ mon Tieux Alphonse, 
r vaut p't-ét' mieux qu' ça soy' la fin ; 
Ici -bas, quoiqu' j'étais ? un gonce... 
Lu-baut j' s'rai p'I-él' un séraphin. 

(A. B.) 

SODOMITE. V. Pédéraste. 
SOEUR. Frdline, Frangine. 

■ Quand qa' j'étais gossUine 
J'enTiais ma frdline 
Qui l'sait sa maline. 

(L. DB BBRcy.) 

« C'est la première fois qu' ça arrive 
d'puis qu'Eloi est avec ma frangine. » 

— Religieuse. Bibine^Frangine^ 
Grisaille , Grise , Pampine, 
Surfine. 

a Et à la fin, on sait pus si ça vaut 
mieux qu'y ay* des frangines ou des 
laïques dans les hospices. » 



— 407 — SOL 

SOI. Se traduit de même que Loi. 

SOIE. Douce, Lyonnaise. 

SOIF (AVOIR). Avoir la pépie, le 
foie sec, une éponge dans le gosier, 
Cracher blanc, Cracher du coton, 
de la ouate, des jnèces de dix sous. 



a Dis donc, vieux, tu bananes d'un 
kil? J'ai U7ie de ces pépies i... » 

M r fait une chaleur à cracher des 
pièces de dix soiis. » 

SOIG\É. V. Excellent. 

— SOIGNÉ DANS SA TENUE. 

Bahut é (arg. de Saint-Cyr), 
Fichu ou foutu au pouce. 
V. Élégant. 

SOIR (LE). A la neuille. 

SOL. V. Terre. 

SOLDAT. Déguisé, Pifeilin, Fifre- 
lin, Poignard, Gi'ébier, Grévier, 
Gribier, Griffe ton, Gnfton, Gri- 
veton , Grtviet* , Marionnette , 
Poupée, Rouf fier*. Supin*, Trou- 
bade, Troubadour, Troufion, Truf- 
fard, Truffier, 

— LES SOLDATS. La culotte 

rouge. V. Armée. 

— Les soldats ont, selon 
Tarme et le corps auxquels 
ils appartiennent, des dési- 
gnations argotiques spé- 
ciales; en voici le détail, 
quant à Targot militaire : 

— INFANTERIE en général : 
Court à patte, Marche à tetre. 
Méfiant, Romain*; 

— INFANTERIE DE LIGNE : 

Biffin, Bigorneau, Carapata. 
Carapatin, Couvre-bidon, Cul 
rouge, Dumanet, Êcrevisse de 
rempart, Fantaboche, Fanta^ 
bosse, Fiflot, Lignard, Mille^ 
pattes, Piou, Pioupiou, Pousse 
caillou. Saute sur place. Tour- 
lourou; 

— INFANTERIE DE MARINE : 

Basané, Gardien de bananes 
Marsouin; 



SOL 



— 408 — 



SOL 



- INFANTERIE LÉGÈRE DA- 
FRIQUE : Bat. (fAf., Joyeux, 
Zéphir; 

- CHASSEURS A PIED : Bouf- 
feur de kilomètres. Casse-car- 
reaux, Chasse-pattes, Vitrier; 

- ZOUAVES : Chacal, Chacail, 
Zouzou; 

- TIRAILLEURS ALGÉRIENS : 

Bicot, Moricaud, Nase, Naze, 
Turco; 

- POMPIERS : Grenadier du 
rifle. Vidangeur; 

' COMPAGNIES DE DISCI- 
PLINE : Biribi, Camisard: 

- DISCIPLINAIRES COLO- 
NIAUX ; Coco; 

- TRAVAUX PUBLICS : Tête de 
veau; 

- CAVALERIE en général : 
Cavalo, Crottin, Fourche à fa- 
ner. Talon; 

- CUIRASSIERS : Gros frère, 
Gros loto. Gros père. Chaudron- 
nier, Coquillard; 

- DRAGONS ; Citrouillard, Ci- 
trouille; 

- LANCIERS : Allumeur de becs 
de gaz; 

- CHASSEURS A CHEVAL : 

Chassemar: 

- CHASSEURS D'AFRIQUE : 

Chass. d'Af, Chasse-marée; 

- HUSSARDS : Ventre blanc; 

- SPAHIS: Margouillat, Homard; 

- AUriïjhEtilE: Arti flot, Bronze ; 

- ARTILLEUR A CHEVAL : 

Flambant, Mulet de polygone ; 

-ARTILLERIE DE MARINE : 

Bigor; 

- TRAIN DES ÉQUIPAGES : 

Cambouis, Hussard à quatre 
roues, Mulet, Boyal Cambouis, 
Tringlot; 

- GÉNIE : Barbette, Terrassier; 

-GARDE MUNICIPALE : Cipal; 

-ADMINISTRATION: C/jie>i vert, 
Biz-pain-selj Mitron: 

- LÉGISLATION : Chien jaune; 



— INFIRMIERS : Artilleur ou 
canonnier de la pièce humide. 
Pot à tisane, Tireur à genoux. 
V. Infirmier; 

— GENDARMERIE : Urasse-car- 
rée. Guignol, Laune, Polichi- 
nelle, Tournevis.\, Gendarme; 

— SOLDAT DE 2» CLASSE : Bibi 
de 2^ classe, de 5« bourrée, 
simple bibi, Officier de guérite ; 

— SOLDAT DE l^e CLASSE : 

Bibi de y* bourrée, de /•"• classe. 
Ficelle rouge; 

— SOLDAT EMPLOYÉ, qui 

évite la manœuvre et les cor- 
vées : Embusqué, Fricoteur, 
Tireur au cul, au flan, au afre- 
nadier; ces expressions oési- 
gnent aussi le troupier qui 
cherche, par quelque moyen 
que ce soit, à faire moins de 
service que ses camarades; 

— SOLDAT MAL TENU : Soldat 
du Maroc, toujours prêt, jamais 
propre. Soldat du Pape; 

— SOLDAT INDISCIPLINÉ : 

Forte tête; 

— SOLDAT DÉSERTEUR: 

Franc- filew\ Narquois* ; 

— VIEUX SOLDAT: Vieux pom- 
pon, Vieille shabraque; 

— SOLDAT MALADROIT : Co- 

saque, Garde national, Paquet 
de couenne, Pompier. 

« — Il fallait ouïr le vieux débagou- 
1er. Ah! nom de Dieu! c'est Jean- 
neton oui en a entendu de belles! 
Sa vieille peau^'aune comme le nu^- 
nage du capitame a pris la couleur 
d'une culotte de fiflol. » 

(Hbctob Fraîscb.) 

Le bigor, sur terre et sur l'onde, 
ST...icir pas mal des quat'z'olémeots ; 
Il s'cmbarqu' pour le nouveau monde. 
Idais il n'eu revient pas souvent. 
Sans souci d'Ia couleur des Glles, 
Il aime aux Ind's, tout comme aux Antilles; 
Et voilà, oui, voilà, voilà ! 
Oui, voilà le bigor frauçais! 

{Chanson de l'École polytechnique.) 

a Le conducteur, qui comprend Uni- 
portance de sa position et apprécie 



SOL 



— 409 — 



SOL 



ses vingt sous de paye à leur juste 
valeur, fait résonner fièrement ses 
éperons devant le servant, qu'il 
traite avec dédain de grivier, de 
marche à terre et de carapala. Le 
servant, mortifié dans sa dignité 
d'homme, répond au conJucteur en 
rappelant crottin. Et Thonneur sauf, 
chacun demeure dans ses limites 
respectives. » 

(A. JOODERT.) 

V — Moi, j'ai jamais servi aux tiffins; 
je suis pas un 113* couvre-bidon; je 
suis zouave. » 

(G. D'EdPAKDi».) 

lignard! bleu soldat de Franco 
A l'œil ferme, nu cipur \irandier, 
Troubade, fils du greuadicr, 
Pousse- caillou de l 'espérance, 

Coq des blés vermeils et des sei^çles, 
Soane l'appel des bataillons, 
Arme (on erg:ot d'aiguillons, 
Vole vers le Rhin! sus aux aigles! 

Hardi, biffin ! boucle ta hotte, 
Grctchen prépare ton fricot, 
Mets une aile à ton godillot, 
Loge une unie sous ta capote. 

(lo.) 

« 11 avait deux métrés, une i^oignée 
d'épis sous le nez, l'air terrible, et 
il avait gardé du métier sa calotte 
de chass d'Ar ; une tuile, un fez 
piqué tout uroit sur ses cheveux 
comme une ^Taude rose. » 

(lo.) 

Il arrive parfois 
Que la buurse est bien plate. 
On n'est pas des bourgeois 
Quand on est mille-patte. 

(X.) 

Pour notre drapeau 

Hxposant sa peau. 
Le marsouin est notre espérance. 

Car c'est au marsouin 

Qu'incombe le soin 

De porter au loin 
Les trois couleurs de notre France. 

(Blédurt.) 

« — Voyez-vous, affirma le gros capi- 
taine Chavoye, — ce colosse dont la 
cuirasse ressemble à une guérite 
dans laquelle on pourrait donner 
des rendez-vous secrets, — vous 
direz tout ce que vous voudrez, 
mais il n'y a encore que les coguit- 
lards,.. » 

(Pompon.) 



J' t'écris deux mots et j' profite d' l'occase 
Pour t'eQToyer le refrain des Bat. tVAf. 

(A. B.j 

Le nase. 
C'est r blaze 
Du tirailleur algérien. 
Qui marche bien ! 

(iD.) 

M Et le fricoteur — espèce précieuse, 
en cam pagne — prit au café en grains 
dans le sac que portait le gros S..., 
mon compagnon, Técrasa avec la 
crosse de son fusil, pendant que 
d'autres enlevaient les cercles d'une 
barrique pour faire du feu. » 

(Sottbr-Lal'majjn.) 

u 11 est incorporé aux compagnies de 
discipline comme forte tête, indis- 
cipliné, brebi:^ galeuse, individu 
intraitable, donnant le mauvais 
exemple. Aucun tribunal civil ou 
militaire ne l'a flétri, les folios de 
punitions de son livret matricule 
sont noirs, mais son casier judi- 
ciaire est blanc. Pas un malfaiteur, 
un irrégulier. » 

(Gborgks Daribn.) 

Los petits vitriers — c'est ainsi qu'on les nomme 
Ont mis leur baïonnette au bout de leur Tusil. 

(Paul DiaouLtOR.) 

« J'ai VU de bons bougres de soldats 
traînant la semelle sur les trottoirs, 
sac au dos et le ventre vide, à la 
recherche des riz- pain-sel qui 
avaient le toupet de leur refuser 
des vivres. « 

(A« Père Duchêne.) 

« Ça représente le tsar qui passe en 
chignole avec Alexandra et Félisque, 
traînés par des arti flots. » 

« Et il fallait entendre les quolibets, 
à l'arrivée au point de concentra- 
tion! 

— Ohé ! les bigorneaux, les saute-sur- 
place ! Les casse-carreaux vous ont 
fait le poil! 

— Pige donc les bouffeurs de kilo- 
mètres! Ils font les mariole.«; mais 
ce qu'on va les faire mousser ! Et 
faudra les ramener dans les ba- 
gnoles des tringlots! 

— Tiens, voilà lés cavalos... fié les 
gros frères! les citrouiliards, les 
chassemars! la botte à coco avant 
d' penser à la galtose ! *> 



SOL 



— 410 — 



SOU 



SOLDE. V. Vente. 

SOLDER. V. Vendre. 

SOLEIL. Beau blond, Bourguignon, 
Huré couchant*, Jean Bourgui- 
gnon, Le Glorieux, Le Grand Lu- 
mignon, Luis *, Luisant, Luisard, 
Luysard. 

J*ai toujours aimé V bourguignon, 
V m sourit cbaqu' fois qu'i' s'allume ; 
J' voudrais pas avoir le guignon 
D' m'en aller par un jour de brume. 
Uuand on s^est connu V teint vermeil, 
JKiant, chantant, vidant son verre, 
On aim' ben un rayon d* soleil... 
I^e jour oùiqu'ou vous porte en terre. 

(A. B.) 

Tous les matins, au point du jour, 
C'est Jean Bourguignon qui m' réveille ; 
1' m* fait des blagu', i'm' dit bonjour, 
1' m' piqu' le nez, i' m' chaufT l'oreille, 
r m' brûl' la eueule, c' cochon-là, 
r s' promèn' dans ma barbe d' fauve, 
r m' Tout plein les yeux de c' qu'il a, 
r m'éblouit dans mon alcôve. 

(ID.) 

Avec ça r Glorieux m' roussit 1' crâne 
Ht éclaire, comm' par calcul, 
Mes nipp's couleur de pissat d'âne 
Les trous d' mes coud's et ceux d' mon cul ! 

(Jbham Rictus.) 

Luysard estampillait six plombes. 
Mézigo roulait le trimard. 

(J. RiCHEPIM.) 

SOLIDE. V. Fort. 

SOLLICITER. Cogner, Étourdir. 
V. Requête. 

SOLLICITEUR. Cogneur, Étour- 
disaeur, Pied- de biche, V. Qué- 
mandeur. 

SOMMEIL, nonjle, V. Dormir. 

En naissant, eux ont eu leur route 
Toute tracée : ils sont certains 
l)'n%oir ot la ronfle et la croûte 
A leur guise... Aous, purolins 
Il nous faut Hier la comète. .. 

(L. DB BlRCY.) 

SOMME, subs. f. Une pièce de,,. 
V. Argent, Billet, Billon, Or. 

« il gagne ainsi une pièce de cinq a 
six ou même de six à sept, mais on 
peut y trouver de quoi vivre. » 

Maubice Talmeyr.) 



SOXXER. Crocher, Crosser, Dan- 
diller, Nochei*, Plomber, Se dé- 
crocher, Se détacher. Taquiner ou 
tirer le dandillon. 

V'ià déjà ménuit qni plombe 
Et j' suis pas encoB rentré. 

(BiJooaT.) 



et Dégote à la piaule turbinante, v'ià 
«..ni «^ ^j^^^^t.^ ''eux plomber • 

(0. UtTÉMlSK.) 



quil se décroche deux plombes. » 

I.Méi 



c A c' moment-là, cinq plombes cros^ 
saient et V père La R'toume débri- 
dait sa lourde. » 

Entends-tu, Valentin? 
Ça s détache 
A Saint-Eastaclie... 
Entends-tu, Valentin? 
Il est deux heur'f du matin. 

(A. B.) 

SOXNETTE. Brandillante, Brin- 
queballe. Criarde, Dandillante, 
Dandillon, V. Cloche. 

SONNEUR. Crosseur. 

SOPHA. Flâneuse, Foutoir (obs- 
cène). 

SORCIER. Gueunard, Gueunaud^ 
Renifleur. 

SORTIE. Dêcambutage, Décarrade, 
Décairage, Décarre, Décarrement. 

a Le soir de sa décarrade de Saint- 
Lazare, son homme l'attendait à 
la porte. » 

SORTIR. Décambuter, Décarrer. 
V. S en aller. 

SOT. V. Bête. 

SOTTISE. V. Bêtise. 

SOU. V. Billon. 

— SANS LE sou. V. Misérable* 

SOUCI (SANS). V. Insouciant. 

SOUDEUR. Plommeur \ 

SOUFFLER. Haloter. 

SOUFFLET. V. Claque, Gifle. 



sou 



— 411 — 



SOU 



— Ustensile, outil. Bisard, 
Halot, Halotin. 

SOl'FFRE-DOULEUR. Dabot, 
Egayé, Plastron, 

SOUFFRETEUX. V. Faible, Mi- 
sérable. 

SOUFFRIR. Malingrer, 

SOUHAITER. Le peuple prononce 
Souhater, 

«( On vous la souhate bonne et heu- 
reuse. » 

SOUL. V. Ivre. 

SOULARD. V. Ivrogne. 

SOULIER. CocOy Crocji, Croque- 
noty Escafignoriy Flacon, Frappe à 
terre, Gadin, Gladiateur, Godille, 
Godillot, Grêlon, Grole, Grolon, 
Main courante, Paf, Paff, Paffe, 
Panard, Passant *, Passe, Passif, 
Philosophe, Pompe, Ribouis, lii- 
dot, Higadin, Rigodon, Ripaton, 
Sorlot, Tartine, Trottin, Trottinet. 

— SOULIER VERNI. Luisant, 
Vprno. 

— SOULIER nOCCASlON. Deux 
fois neuf, Dix-huit, Empereur, 
Fafiot. 

— GRAND SOULIER. Auverpin- 
che, Bateau, Boite à violon. 
Écrase-merde, Mamois, Péniche, 
Sac de voyage. 

— BIAUVAIS SOULIER. Bot/eati, 

Feuilleté, Galette, Philosophe, 
Reniflant, Riflard. 

~ SOULIER A RURAN. Bichon. 

a Mais, mille pétards! allez donc 
faire avaler à un jeune bougre, pas 
tout à fait idiot, qu'il doit cirer la 
semelle de ses croguenots^i » 

{Le Père Peinard.) 

« — Ça cocotte rien dans la carrée, 
fit Robinet qui rentrait de permis- 
sion de théâtre. C'est encore ce co- 
chon de Breton I je vas lui mettre 
ses flacons dans les gogues. » 



c 11 couchait à la rédaction, sous pré- 
texte de donner un cou{) de main 
au « départ » ; il mangeait avec les 
quelques sous que lui valaient les 

Ï petites courses que nous lui faisions 
aire ; quant à son entretien, les 
rédacteurs y pourvoyaient en lui 
abandonnant leurs vieilles groles, 
leurs galurins et leurs vêtements 
esquintés dans les réunions. » 

(J. PUNELLI.) 

« Hélas ! Tétat de choses a bien peu 
changé. 

Quant au ministre, il se soucie 
de tout ça comme de sa première 
paire de godillots. » 

(Camillb Dreyfus.) 

Créa vingt bons dieux!... J'ai la gueul'^èque! 
Si J* pouvais hoir' comme mes panards !... 
Euas' i's barboU'nt comm' des canards... 
Sdais, moi, l'eau... J' peux pas faire avecque... 

(L. DB Bue Y.) 

Et mes passifs, déjà Teufit de semelle, 
M'ont aujourd'hui planté là tout à Tait. 
{Chanson du routeur.) 

u Ahl les frères! Si que j* serais V 
Governcment, j^ te les recevrais à 
coups d^ pompe dans V train ! » 

« — Toi! T'aurais mieux fait de ne 
pas ouvrir la gargoine ! T'as rien à 
toi sur le dos..., pas même tes j^i» 
bouisl » 

(0. Mété.mir.) 

« A m'a payé des bath riclots : des 
vernos a 12,50. J' la soufQe avec ça l •> 

L'Amour, y gonfle tous les cœurs, 
D'après 1' chichi des chroniqueurs. 
Quand c'est qu'y m* gonflera la panse? 
Quand c'est qu'y m' foutra eun' pelure, 
Euo' liquette, un tub*. dos sorlotsl 

(jEBAiv Rictus.) 

u — Quand partons-nous? 

— Demain, après-midi. 

— Pourquoi pas le matin ? 

— Parce que j'ai pas de souliers. 

— Diable ! 

— MJ.O ne te tourmente pas. J'ai mon 
affaire. 

— Loin d'ici? 

~ Avenue du Bois. Le cocher d*un 
comte qui me donne ses vieux 6a- 
teaux. » 

(HuGCBi Le Roox.) 

Mon meilleur copain, c'est Bouroîte, 
C'est lai qui m'explique un peu tout. 



sou 



Y m'apprend i fair' d'mi tour... oite! 
Et la pos' da soldat sans 1' soa. 
Pourtant, des Tois, y m' Tait des niches 

Y vers* l'eau dans mon culbutant, 
Ou ben d' la soup' dans mes péniches... 
C'est malheureux d' trinquer tout l' temps. 

(Ta. AiLLADD.) 

Viv* la gaité ! J'ai pas d' chaussettes; 
Mes rigadins Tout des risettes... 

(J. RlCHEPL'V.) 

Mous somm's dans c' goût-là toute eun* troupe 
Des lapius droits comm' des bâtons, 
Avec un rideau sur la croupe, 
Un grimpant et des ripatons... 

(ID.) 



SOUMETTRE (SE). Démorganer, 
Rengracier. 

« Les détenus se levèrent. 

Le voleur de profession s'em- 
pressa de dire à Furet : « Je te 
présente le terrible et le Chef de la 
Sûreté, renr/racie ou gaussille. « 

(0. MAct.) 

SOI PÇOX. Huile. V. Doute. 

— ËVEILLEU LES SOUPÇONS. 

Faire du ragoût, V. Dénoncer. 

SOUPE. Bouillante, Jaffe\ Laffe\ 
Ménestre *, Mouillante, Mouise, 

— SOUPE ÉPAISSE. Cataplasme. 

— SOUPE MAIGRE. Aveuglp, La- 
vasse. 

— L'argotier qui a mangé une 

bonne soupe dit qu'il a L'es- 
tomac ou le gilet doublé de 
flanelle. 

« J'y ai connu la mislouffe : quand 
j'étais à la cloche, — oh ! autrefois ! 
— que j' savais pa* où plumer et 
que j' déclarais avec pouic dans 1' 
bide, j' descendais aux Halles; j'y 
trouvais d'autes mouisards comme 
mon gnasse sous les pavillons et, 
quand la r'naque v'nait pas nous 
ratisser, on risquait eun' corvée 
pour tois ou «juaf ronds et après 
on allait s'enfiler un ou deux bols 
de bouillante. Et on r'biffait si on 
était pas trop moisi k faire une 
aute corvée. Et la neuille s' passait 
comme ça. » 

« — Tiens, voilà Pourvoir qui rap- 
plique vers la section, dit le ser- 



— 412 — SPO 

genl. r vient goûter la mo«i«e, je 
parie. * 

SOUPER, subs. Re faite de Sorgue\ 

SOUPIÈRE. Marmouse*, Marmou- 
set*. 

SOURCIL. Cerclé, 

SOURD. Dingo. 

« T'esgourdes pas? T'es donc dingol » 

SOURIS. Croquante, Trottante, 
Trotteuse. 

SOURNOIS. Lime sourde. 



SOUS-MAITRESSE de lupanar. 
Mademoiselle, Sous-macsée, Sous- 
vache, 

SOUS-OFFICIER. Basof, Bazof, 
SouS'Off, V. Gradé. 

SOUS-ORDRE. Sous-verge, 

SOUSTRAIRE. V. Voler. 

SOUTANE. Serpillière à ratichon. 

SOUTENEUR. V. Prostituée, Ma- 
quereau. 

SOUVENIR (SE) de quelqu'un. 
Retenir son matricule, son numéro. 
S'emploie avec une idée de me- 
nace, de représailie. 

« Vous, mon bonhomme, je retiendrai 
votre numéro. » 

SPAHI. V. Soldat. 

SPÉCULATEUR. V. Bourse. 

SPÉCULUM. Dab d'argent, 

SPERME. Foutre (obscène). 

— Certaines prostituées spé- 
cialistes disent Fumée. 

SPOLIATEUR. Spélican \ V. Vo- 
leur. 

SPORT. La langue sportive em- 
prunte à l'anglais la plus grande 
partie de ses expressions ; c'est 
un argot spécial qu'il faudrait 
traiter à part, ce qui n'est pas 
notre but. Nous citerons néan- 



SPO 



— 413 — 



SPO 



moins quelques exemples qui 
donneront une idée de l'impor- 
tance prise en France par 1 an- 
glomanie dans le langage. 

Les personnes que passionnent 
les sports sont des sportsmen 
ou des sportswomen, suivant le 
sexe. Le concours sportif est un 
match ; qui le gagne tient un re- 
cord. Celui qui donne à parier 
est un bookmaker et, par abré- 
viation un booL Une voiture est 
un caby un coach, un mait^ etc., 
selon sa forme et son usage. 
Une course de chevaux s'appelle 
Steepkj Handicap, etc. 

Nos anciens jeux de paume, de 
mail et de baretle s'anglicisent 
en laïun-tennis, crockel, foot-balL 
Une association devient un club, 
ses membres des clubmen ; on 
est du Rowing-cluby du Touring- 
cltibf du Yachting-club y du Racing- 
club, etc., etc. 

Le sport vélocipédique, Tauto- 
mobilisme et Tathlétisme for- 
ment des associations qui se bap- 
tisent de noms, composés ae 
termes anglais ou français, et 

Î)arfois tellement longs qu'on ne 
es énonce que par leurs initia- 
les : T. CF., (7. V. F., U.S. F. 
S. A y signiiient Touring-club de 
France, Union vélocipédique fran- 
çaise. Union de^ sociétés françaises 
de sports athlétiques. On va môme 
jusqu'à appeler les membres de 
ces sociétés par les initiales 
d'icelles; on dit les Uvéfistes, les 
Técéfistes. Lisez : les membres 
de 117. V.F., du T. C. P. 

L'espagnol a aussi acquis droit 
de cite avec les courses de tau- 
reaux, dont les amateurs sont 
des aficionados. Le lieu de la 
course est une plaza; la course 
elle-même, une corrida ; ceux qui 
s'y livrent sont laspada, les pica- 
dores, les toreros, etc. 

M Six heures du soir, la dernière réu- 
nion d'Auteuil ; à la sortie des 



courses... un grouillement de pa- 
rieurs, de bookmakers et de sports^ 
men bon marché foisonne devant 
la gare et dans la rue d'Âuteuil. » 

(Jkas Lomain.) 

« Dimanche 20 mai. — Grand Steeple 
d'Auteuil. Y eut-il jamais modes 
plus délicieuses et mettant plus en 
valeur la beauté de la femme?... » 

(lo.) 

« Nous avions déjà la Vénus Noire, 
voici l'Apollon nègre, et en vérité 
c'est à désespérer de nous-mêmes, 
quand on songe que malgré les 
entraînements variés, les football, 
les polo, les records en tout genre, 
nous ne semblons plus à la hau- 
teur. » 

(Albxaxdm Hepp.) 

C Le jouvenceau qui s'attache au bac- 
cara aime croire par ce fait à sa 
ressemblance morale avec les club- 
men enviés. » 

(Pacl Aoam.^ 

« On ne s'est qu^assez peu diverti au 
match entre le cheval et Tautomo- 
bile. » 

(Catulle Mendèi.) 

M II serait plus juste d'appeler la jour- 
née d'hier : Journée des coachs ou 
des guides, puisque la curiosité du 
public va vers ces derniers refuges 
de l'élégance qui, dans vingt ans, 
seront, comme la berline, des sou- 
venirs de famille à Tusage des re- 
mises de châteaux. » 

(J08Z.) 

« Nous empruntons à notre confrère 
« Tous les Sports », organe ofiiciel 
de VU. S. F. S. A., l'information 
suivante : Au premier jour va naî- 
tre un nouveau cercle ultra-select à 
qui nous sommes heureux de sou- 
haiter la bienvenue... » 

(Recordmaïi.) 

« La commission est avisée en outre 

a n'en vue de faciliter la solution 
es questions relatives à la Fédéra- 
tion américaine, la réunion du con- 
seil de VI. C. A., qui devait avoir 
lieu le 20 janvier prochain, à Paris, 
est remise au samedi 17 février. 

Le délégué de la N. W. U. auprès 
de r/. C ^. sera désormais M. S. Le- 



STA 



— 414 — 



SUE 



gers de Veeckens, d'Amsterdam, 
au lieu de M. Massis. » 

(b.) 

« Dans les comptes rendus que don- 
nent les journaux de vélocipédie, il 
est souvent question des técéfistes. 
Les técéfistes ont fait ceci, ont dé- 
cidé cela... » 

(POHTAILLAC) 

« Incessamment, une des salles d'au- 
dience du tribunal de police cor- 
rectionnelle va servir ae plaza à 
nos aficionados et anti-<z/?cio7tae/o9 
parisiens. » 

(JOIXTILLB.) 

STALLE. Box. 

^ La caissière assiste de son box à 
toutes ces scènes risquées, lubri- 
ques, sans paraître s'émouvoir. " 

(La Nation,) 

STATUE. Navet. 

c Malaval était en train de donner le 
dernier coup de ûon à son navet 
qu'il devait envoyer au Salon le 
lendemain. » 

(G. Amyot.) 

STÉPHAXOIS. Gaga. V. Mar- 
seillais. 

STIMULER. Remonter la pendule. 
V. Encourager. 

STRASS. Caillou^ Diame à C estoc 
ou à Vestorgue. V. Bijouterie^ 
Diamant. 

STRATAGÈME. V. Ruse. 

STUPÉFACTIOX. Babification, 
Épatement. V. Êtonnement. 

« Quoi que vous puissiez penser de 
ceci et quel que soit votre degré de 
babi fi cation à cette surprenante 
nouvelle, — je vous dirai que c'est 
en savourant parallèlement une 
chope d'excellente bière double et 
la joie d'avoir recouvré mon pépin 
que j'ai recueilli la non moins sur- 
prenante histoire. » 

(Geobgb Acbiol.) 

STUPÉFAIT. V. Étonné. 
STUPÉFIER. V. Étonner. 



STUPIDE. V. Bête. 
STUPIDITÉ. V. Bêtise. 

STYLE . Écriture. 

« Le sujet, dis-je, aurait eu, comme 
invention, à peine de quoi suffire 
à l'un des cinq cents contes que 
publient, chac|ue année, les écri- 
vains coutumiers des journaux lit- 
téraires ; et,quantàlVcrt7ure, comme 
on dit, elle est si dénuée de tout 
éclat, de toute gr&ce, de toute trou- 
vaille, et, en même temps, de toute 
correction — cette ressource, pour- 
tant, des médiocres — que Ton 
s'étonne enûn qu'il ait été possible, 
nième à l'auteur de la « Mort de 
Hoche », d'écrire aussi extraordi- 
nairement mal. » 

(CaTULLB UBMDfcs.) 

SURIR. En parlant d'une condam- 
nation. V. Pnrger. 

— En parlant de mauvais trai- 
tements. V. Battre, Coup. 

SURSISTAI^GE. V. Nourriture. 

SUCCÈS. En parlant d'une pièce 
de théâtre, on dit Faire le maxi- 
mum. Cette expression s*appli<{ue 
également à 1 acteur, à Tauleur, 
à toute chose ou à toute personne 

2ui attire une grande afQuence 
e public. 

a La salle des assises était comble. 
Un de nos conTrèrcs a pu dire dans 
la langue spéciale aux gens de 
théÀtre : 

u — Rouvray fait plus que le maxi- 
mum. » 

(Lkbmina bt Lbtèqvb.) 

SUER abondamment. Cuire dans 
son jus. 

SUFFISANCE , SUFFISANT . 

V. Embarras. 

~ C'EST SUFFISANT. Ceslcloste 
ou simp. Classe. 

SUEURdes pieds. Essence de chaus^ 
settes. Essence de gendarme^ Gen* 
darmiure de botassium^ Protoxyde 
de gendarmium. V. Odeur. 



SUI 



— 415 — 



SUS 



SUICIDER (SE). Se traduit par 
ceux des équivalents d'Assas- 
siner qui peuvent prendre la 
forme réfléchie : S'apaiser, S'ar- 
ranger, Se faire passer le goût du 
pain, etc. 

SUISSE d'église. Chasse -coquins. 

SUIVRE Quelqu'un. Filer, Mettre 
ou prenare en filature. Refiler, 
Regonser. V. Espionner. 

(( Aucune épouse n'est plus respec- 
tueuse de la correspondance de son 
mari; jamais l'idée ne me viendrait 
de filer Paul, ou de questionner un 
domestique. » 

(Marciu PRirOST.) 

« Nous l'avons mis en filature, comme 
on dit en argot de police, depuis sa 
sortie de la caserne de la Cité jus- 
qu'à l'heure de sa rentrée au domi- 
cile conjugal. » 

{Le Cri du Peuple.) 

SUPERBE, adj. V. Beau. 
SUPÉRIEUR. V. Gradé. 

— DE QUALITÉ SUPÉRIEURE. 

De detTîère les fagots. De pre- 
mière, Qui n'est pas dans' une 
musette, dans un sac, Qui n*est 

Î)as au coin du quai» V. Ezcel- 
ent. 

« On nous a foutu un gueul'ton qui 
n*étaitpas dans une musette avec du 
pivois de première et du cahouah 
de derrière les fagots. » 

SUPÉRIEUREMENT. V. Parfai- 
tement. 

SUPPLÉMENT. Rabiot. V. Béné- 
fice. 

« Il passait au conseil pour se faire 
ajouter quelques années de rabiot 
régulièrement, comme chez le bar- 
bier, pour se faire raccourcir le 
poil. On eût dit des économies 
qu'il aurait eu plaisir à glisser dans 
une tirelire. » 

(Hooun Lt Roux.) 

SUPPLIQUE. V. Placet, Requête. 

SUPPRESSION. Nettoyage. 
V. Abolir. 



SUPPRIMER. Faire rasibus. Net- 
toyer. V. Abolir. 

SUR. Dans le sens d'Éprouvé : 
Affranchi, Dessalé, Franc. V. Ini- 
tié. 

SURANNÉ. V. Arriéré. 

SURCROÎT. Comblance \ 

SÛRETÉ. (La police de Sûre- 
té.) La Sdretaille ou Sur taille. 
V. Agent. 

« Les gonces de la Surtaille sont 
v'nus pour le pingler. Mais il avait 
démurgé pendant la neuille. » 

SURNOM. V. Nom, Sobriquet. 

SURPRENDRE. V. Étonner. 

— ÊTRE SURPRIS. Être comme 
deux ronds d' flan. 

Ci Quand ou y a dit que sa fille était 
maquée avec La Filoche, aile en 
était comm' deux ronds d" flan. » 

SURPRISE. Tableau! V. Étonne- 
ment. 

Zinguer tout seul, c'e»! pas moa blot ! 
De quoi? Joseph el' niachiiil.<se, 
Un homme d' théàte, on artissCf 
Boir' tout seul?... Oh la la! tableaul 

(A. GiLL.) 

SURPASSER. Dégoter. 

«Il est pus malin qu'toi, c* gonce-là... 
hein? i' t* dégote, » 

SURVEILLANCE. V. Espion- 
nage^ Interdiction. 

SURVEILLANT. V. Garde, Gar- 
dien. 

— SURVEILLANT AUX EXA- 
MENS ÉCRITS DU BACCA- 
LAURÉAT. Tangente. 

SURVEILLÉ. V. InterdicUon. 

SURVEILLER. Y. Espionner, 
Guetter. 

SUSPECT d'allure. Marque-mal. 

m Du moment qu'on marche, on a ré- 
ponse à tout, tt Où allez-vous? — 
A Vemecourt. — D'où venez- vous? 



sus 



— 416 — 



SYP 



— De la Garcnne-sous-Bois. » On 
vient toujours de quelque part pour 
aller quelque part. La police n'en 
demande pas davantage, et même 
si on marque mal^ elle pense en 
elle-mAme : « C'est bon. Qu'ils 
aillent se faire pendre dans le dé- 
partement d'à coté. » 

(II. Lavcoa:v.) 

SUSPEXDRE. Faire une brisure 
(arg. des typographes). V. Ar- 
rêter. 

— SUSPENDRE SESPAIE- 
ME\TS. Sauter. V. Faillite. 

SUSPEX80IR. SerrecoM///6S (obs- 
cène). 

SYXAGOGUE. Choule (de Talle- 
mand Schull). 

« Comme i's sont youtes, i's bouclent 
leur boutanche l* samedi. C'est sclia- 
veusse, i's vont à la choule, » 

SYNCOPE. Diguedigue. 

— TOMBEIl EN SYNCOPE. Bat- 
tre la diguedigue^ Faire la carpe^ 
Tomber en diguedigue. 

X J^ peux pus la m'ner au théâte, a 
tombe en diguedigue à chaque coup 
que r traité fait un sale machin. » 

a — Dis donc, Mélie? Lui qu'eiimait 
tant à t^t' dehors, combien qui doit 
et' privé, pauvr' chéri... En beni 
quoi que tas à présent... v'ià qu' 
tu fais ta carpe, tu restes en route... 
voyons, arrive! 

— J' sais pas, mais j' sens mon cœur 
qui s'en va ; j'ai pas tant seulement 
la force d' mett' un pied devant 
l'aut'. » 

(IIlCNnY MuNMER.) 

— .MENDIANT QUI SIMULE LA 
SYNCOPE pour apitoyer les 
passants. Batteur de diguedigue, 

SYNDIQUÉ {\0^). Sarrasin (arg. 
des typographes). 

SYNONY'ME, adj. Synagogue 
(S'emploie également pour La 
même chose). 

SYPHILIS. Aristoffe\ Daude, 
Bonde, Cocotte, Coup de pi^id de 



Vénus, Gros lot, Ifle*, Lazzi, 
Lazziloffe*, iSazi, Plomb, Poivre, 
Puceron, Quinte et quatorze (on 
ajoute parfois : et le point), 
Schtouille, On emploie aussi Cas- 
tapiane, qui désigne un mal vé- 
nérien quelconque. 

« — Paye-moi, ou je gueule! 

— Si tu gueules, j'envoie chercher un 
agent, et Saint-Lazare est au bout 
de ta promenade. 

— Je SUIS contente tout de môme. 

— De Quoi? 

— De t avoir f... la ca5/apiane,muûe! » 

(Ddout dk Lafobkst.) 

« — Au surplus, tu sais, moi je ni*en 
fiche I S'il y a des femmes assez 
déshéritées de la nature pour être 
ragoùtées de ton cuir, grand bien 
leur fasse ! ça les regarde I quant à 
toi, mon vieux, à ton aise : libre à 
toi de te faire fader, quinte^ qua- 
torze, la capote et le point ; ce n'est 
pas moi qui te soignerai, bien sûr 1 » 

(U. COURTIUMB.) 

« — Ça m' s'rait égal qu'i' m* fas^e 
des queues, qu'a disait. Ça que j* 
crains seul'ment, c'est qu'il m' 
radine un beau jour avec la 
schlouil/e : toutes les gonzesses de 
par ici ont 1' nazi. » 

— COMMUNIQUER LA SYPHI- 
LIS. Atranger^ Atliger^ Plom^ 
bcr, Poivrer. V. Injurier. 

— ÊTRE ATTEINT DE SYPHI- 
LIS. Mômes verbes que ci- 
dessus à la forme passive. 

« Déjà, malgré ses apparences de 
bonheur et de sauté, la jeune Répu- 
blique était plombée, comme on dit 
au régiment d'un camarade que 
Vénus a blessé, et la feuille de réac- 
tion ù opposer au journal officiel 
du gouvernement aurait pu pro- 

P rement s'appeler le Mercure de 
rance. » 

(Maubicb Do.f.fAY.) . 

— TRAITEMENT DE LA SYPHI- 
LIS. Casserole. 

— Être traité. Passer à la casse^ 
raie. 

SYPHILITIQUE. Atligé, Plombé, 
Poivré. V. Injurier. 




TABAC à fumer. Caporal, Foin, 
Perte, Perlot, Sainl-dab , Saint- 
Dome, Saint-Père, Trè{U, Tréfoin, 
Tuffre. 

> C (|u'i' y a d' pus durillon, dons 1' 
trou, c'est d'été sans foin. Qunnd 
ej' grille pas, j' suis malade. » 

J'uni d' U Hup' du rif, eun' lihic 
Ëtdiir<rfo( ' - 



IJuu R 



Poil, tn 



I triagai.... 



atrifti 



■ Ça ; coûte pas cbérot i booib&rder. 
i' tape tout <' temps sur l' mint-dab 
des copains. « 

— TABAC A PKISEU. Cimtnt, 
Poussier, Poussier de molle», 
Schno/f, Sinade, Terreau. 

En i' fournnl du ponMifc d' molU 



— CUIQUB DE TABAC. Pruneau. 

■ Il retira le pruneau qu'il avait dans 
la bouche^ le plaça soiRiieusemeat 
dans le pli de son béret et pénâtr& 
dans l'église. >• 

[HUBUT.) 

TABATIÈBE . Conasse , Fanfe, 
Panfière, Panfouine, Punue, Faufe, 
Fauffe, Fausse, Fauve, Fon/'e, 
Fondre, Tréfotmnière, Tréfouim. 

TABLE. Garante, Quarante, 

— Les francs-maçons appel- 
lent Autel la table où se 
place le vénérable. 

■> Reste pas avec la calbombe à ta 
main. Mets-la tus la carante. » 



TAB 



— 418 — 



TAI 



— SB METTRE A TABLE. Se 

mettre les pieds, les arpions 
sous la quarante, Se taper la 
tête. Cette dernière expression 
comporte une idée de boire ou 
de manger. 

a Mets-toi les arpions sous la qua- 
rante et écris ça que j' vas t' dire. » 

— TABLE DE NUIT. Tabernacle, 

a — r commence à m' courir, c* 
môme-là, à chiaiier comme ça. Si 
V continue, j* vas V fout* dans V 
tabeimacle, » 

TABLEAU. Mauvais tableau, 
Commerce de mauvais tableaux : 
GraffagnadCy Grafignade. 

TABLIER. Bannette. 

•TABOURET. Sans dos, 

TAFIA. Taco. 

TAILLEUR. Bœuf, Emmailloteur, 
FringueuTy Frusquineur, Gobe- 
pruneSy Pique-pou, Pique-prunes. 

— MAITRE TAILLEUR. Grêle. 

— APPRENTI. Tartare. 

— TAILLEUR AMBULANT. Hi- 
rondelle. 

« J*ai été chez 1' fringueur pour me 
faire faire un fourreau. » 

CI Ils ne nous exploiteront plus, ces 
grêles. » 

((i. MAci.) 

TAIRE (SE). Affaler son grelot, 
Boucler sa malle, Fermei* sa boite, 
sa malle, son plomb, La boucler, 
La fermer. Mettre les volets, Ne 
plus bonir que lape, que niente, 
que peau, quepouic, etc. (V. Rien), 
Ne plus rouvrir. Poser sa chique 
et faire le mort, Rengracier, Taire 
sa gueule, sa jappe, son bec, Y 
mettre un bouchon. 

a — Allons, en v'ià assez, boucle ta 
malle ou j'te mûre. » 

Quand il est trop exubérant. 
Sur sa femme il bat la mesure, 
Mais celle-ci de sa chaussure 
Lui riposte dans !e cadran, 



En lui disant, toujours benoîte : 
u L'heure a sonné, ferme ta boite. » 
(Alfred Mabquisbt.) 

A Biribi, c'est en Afrique 

Où que r pus fort 
Est oblige d' poser sa chigue 

Et d* fair' le mort. 

(A. B.) 

— FAIRE TAIRE, Clouer ou 
river le bec, Muselei\ 

— Avec idée d'Étonner. Couper 
la chique, En boucher un coin 
ou simpl. La couper. En 
boucher un. 

« D^une réplique aussi simple que 
brève il lui cloua le bec... à la façon 
de Cambronne commandant le aer- 
nier carré. » 

(Anoai Matot.) 

M Hein ! cette verve, ça te la coupe ! 
Mais il faut avoir vécu ces années- 
là pour en comprendre toute la 
beauté amère et symbolique. » 

(0. MiBBBAV.) 

— TAIS-TOI, TAISEZ-VOUS î 

Boucle! Boucle-la! Bouclez! 
Ferme ça (on peut ajouter : ou 
je saute dedans!) Il pleut. Il va 
pleuvoir, La clôture! Les volets! 
Quelle averse! Quel temps! 
Rideau! Ta bouche! Ta bouche. 
Bébé! Ta bouche, Bébé, Cauras 
une frite ou une tripe! Ta 
gueule! Ta malle! Ton plomb! 
Un bouchon! Voilà qu'il pleut! 
Voilà qu'il va pleuvoir! V. Chut ! 

o — Il faut se mettre & leur place, 
aussi, c'est bien difflcile. Le moyen 
de dire à sa belle -mère, à sa 
maman : « En voilà assez ! Ne chan- 
tez plusl Fermez ça! Rideau! Clô- 
ture! M Soyez juste, ils ne peuvent 
pas, » 

(J. Makmi.) 

« — Remarques-tu comme tout y 
gagne : la vue, Thygiène et la mora- 
lité?... carie m'occupe aussi de la 
moralité... llemarques-tu?... 

Baruch qui n'était pas patient 
éclata : 

— Je remarque que tu me rases... U 
est de bien bonne heure pour être 
saoul; et tu n as rien bu... ta bouche, 



TAL 



— 419 — 



TEl 



donc! Fet*me ça ou je saute de- 
dans! B 

(M. MONTÊGDT.) 

« — Et quand est-ce que nous cou- 
chons ensemble? demanda le bleu 
résolument. 

— Allons bon, voilà ou'il pleul^ ré- 
pondit Maria en contemplant le ciel 
uniformément bleu. 

— Mais non, il ne pleut pas. 

— Je te dis qu'i7 pleut^ tu ne com- 

£ rends donc pas? Boucle-la. quoi! 
ïets les volets plutôt que ae dire 
des sonneries. » 

INCIDENT D'AUDIENCE 

Un jour, en correclionnelle, 
Mossieu le Président du Font 
Demande commenl on l'appelle 
A l'accusé qui ne répond. 
Alors, le Prt^sident, oonhomme. 
Reprend : — Voyons, Bibi la Peau, 
Dites-nous comment l'on vous nomme* 

l'accosé : 

— Ta gueule^ eh reau ! 

Le Président eut un sourire... 
C'était un réjoui bontenips, 
Très amateur du mot pour rire. 
Très gai, malgré ses soixante ans : 

— Ah ! vraiment ! — dit-il, — elle est forte î 
Mais qu'avez-vous donc dans la peau 
Pour TOUS exprimer de la sorte? 

l'accuse : 

— Ta gueulCj eh veau ! 

Du bout du banc de la défense, 

L'avocat, maître Gagneriea 

Criait, réclamait l'indulgence, 

Hurlait : — Messieurs, comprenez bien : 

Mon client a perdu la tête. 

C'est an pauvre bougre... un fourneau... 

Il est insolent, mais boonète ! 

l'accusé : 

— Ta gueule, eh veau ! 

Lors, se lovant, le ministère 
Public dit à Bibi la Peau : 

— Je vous conseille de vous taire, 
Car, c'est vous qui faites le veau... 
Et, malgré vos airs de bravache. 
On va \otia mettre A la raison : 

{Au tribunal.) 
Je requiers deux ans de prison... 

L*ACCUSt : 

Ta gueule, eh vache ! 

(A. B.) 

TALENT. Avoir du talent: Sa- 
voir y faire, V. Adroit. 



TALOCHE. V. Qaque. 

TALON. Pomme de terre. 

TAMBOUR. (Instrument.) 
Bruyant, 

— Instrumentiste. Tape à mort, 
Tapin, 

TAMIS. Abour, 

TANTE. Frangine-dabuche. 

TANT PIS. Campi. 

TAPAGE. V. Bruit. 

TAPAGEUR. V. Bruyant. 

TAPE. V. Coup. 

TAPER. V. Frapper. 

TAPIS. Étouffant, Taplard. 

TAQUINER. V. Agacer. 

TARD. C'est trop lard : Cest midi ! 
C'est midi cinq, midi sonné, midi 
passé ! 

a Amène desbirbes ou desaminches. 
On fera des poids ce soir. Pour 
l'heure nib de turbin. C'est midi cinq. 
Et vivent les mufles I » 

(GioacBS LoifKAc.) 

« _ Oui, oui, ça va bien, ça va bien ! 
Seulement, pour me m'uer en ba- 
teau, c*est macache et midi sonné. 
Tu t'es levé trop tard, mon colon. » 

(G. COUHTBUKE.) 

TATOUAGE. Fleur rfe bagne ou 
de veuve. 

« Il a été reconobré à cause des fleurs 
de bagne qu'il avait su' ses pla- 
quantes. » 

TATOUER. Brodancher la couenne, 
le cuir. 

TAUDIS. V. Logement. 

TAVERNE. V. Cabaret. 

TAVERNIER. V. Cabaretier. 

TEIGNE. Calabre, Calotte. 

TEIGNEUX. Calot, Callot. 



TËM 



— 420 — 



TÊT 



Les callots sont teigneux, véritables 
ou contrefaits. » 

{Le Jargon de Fargot.) 

TÉMOIGNAGE. Parrainage. 

— Le témoignage à charge 
s'appelle Fargue; celui à 
décharge, Dé fargue. Le faux 
témoignage est une Bouca- 

nade. 

TÉMOIN. Parrain, Roubleur. 
V. Marché. 

— TÉMOIN FEMME. Alatraine. 

~ TÉMOIN A DÉCHARGE. Bon- 
nisseur de la bat h, de la batU, 
Défargueur, Parrain dalihque*. 

— TÉMOIN A CHARGE. Far- 
gueur. 

« En gerberie, défrimousse les far- 
gueurs. » 

(Hogibr-Gbiso.i.) 

— FAUX TÉMOIN. Mal rasé, Mal 
sucré. 

— CORROMPRE UN TÉMOIN. 

Coquer la boucanade. 

TEMPS. Boitard, Esquine. 

TENACE. V. Importun. 

TENDRE un piège. Poser un gluau. 

TENUE. V. Allure. 

TERRAIN en friche. Peleux. 

TERRASSER. Balancer, Balans- 
tiquer, Bouler, Dinyucr, Envoyer 
à dam, à dame, à dingue, à t/o- 
mino, à Vas, à plat, à valdingue. 
Mettre les pattes en Vair, Tomber, 
V. ALattre. 

— TERRASSER EN SAISIS- 
SANT PAR LES JAMBES. 

Cherrcr aux badines, Fabriquer 
aux baguettes. Faire aux pattes. 

— TERRASSER D'UNE POUS- 
SÉE DANS LA POITRINE en 

m(}me temps qu'on écrase d'un 
coup de talon les orteils de 
Tadversaire ou de la victime. 
Faire les cors. 



— TERRASSER D'UN COUP 
DE TÊTE DANS L'ESTOMAC. 

Faire le coup du bélier. 

« Alors, i' m' cherre aux badines en 
m' filant sa tronche dans 1' bide et 
m*envoye à domino. » 

« J* l'ai juré! c' gonce-là, j'y mettrai 
les paie en l'air. V n'y coup'rapas I » 

«< — A preuve que moi, l'Asticot, 
j* connais quéqu'un qui vous tom- 
bera quand vous voudrez. » 

(J. RiCHBPm.) 

TERRE (LA). La Base, La Basse, 
La Dure, La Produisante, Le 
plancher des vaches. Le royaume 
des taupes, Le sapin des cornants. 
Maman. 

« Le matin, il s'éveillait brisé d'avoir 
dormi sur la dure... mais la galté 
persistait, le service était moins 
pénible, et la ville plus proche. » 

(Paul UoHXiTAtN.) 

TERRINE. Geigneux. 

« — Je me fabrique un peigne avec 
les branches du balai, je taille mon 
crayon avec les dents, je brosse 
mes effets avec la main, l'eau da 
geigneux me sert de miroir et, à 
défaut de mouchoir, mes... 

— C'est compris... » 

(G. Macé.) 



TERRITORIALE (SOLDAT DE 
L'ARMÉE). Pantouflard. 

TESTICULE. V. Sexe. 

TETE. Les équivalents argotiques 
de ce mot peuvent s'appliquer 
les uns au cerveau» les autres au 
visage, et quelaues-uns aux 
deux. La tête et le cerveau se 
désignent également par Boîte 
au sel, Boulon (arg. des plom- 
biers), Bourriche, Boutrichon, 
Boussole, Cabèce, Cabèche, Cabo- 
chard, Caboche, Cabochon, Cais- 
son, Ciboulard, Ciboule, Citrouil- 
lard, Citrouille. Cocarde, Coco, 
Coloquinte, Godiveau, Sorbonne, 
Urne. Le visage et la tète se dé- 
nomment indifféremment Balle, 
Betterave, Binette, Bobe, Bobé^ 



TET 



— 421 — 



TET 



choriy BobinassCy Bobinot^ Bouil- 
lottCf Boule, Burette, Caillou, Ca- 
patrat, Carafe, Carafon, Cible, 
Couache, Couèche , Couetche, Fiole, 
Fiolle, Lampe, Marron, Musette, 
Poêlon, Poire, Pomme, Potiron, 
Queiche, Saladier, Siphon, Sou- 
pière, Tasse, Terrine, Tesson, Té- 
terre, Théière, Tirelire, Tomate, 
Tournante, Trombine, Trompette, 
Enfin on indiquera le visage, la 
cervelle ou la tête indistincte- 
ment par Bobine, Cafetière, Cale^ 
basse, Cib, Ciboulo, Ciboulot, Ci- 
tron, Schnasse, Toupie, Tourte, 
Trognon et Tronche. 

— On a dit autrefois Bai- 
gneuse *, Baptrme *, Béguin *, 
Combktte*, MichaudW. Vi- 
sage, Chauve. 

« 11 a un moustique dans la boîte au 
sel, une écrevisse dans le godiveau,n 
[Les Locutions vicicuies,) 

« On se paiera la bobine de ces 
vaches de la Sûreté. » 

(GOKOSI.) 

Tirer IcB rois!... En république, 
Ce^ trucs-lù d'vraient et' défendus, 
Pour moi les rots c'est tout d' la clique, 
I^s royalist's c'est des vendus; 
Ces fourbis-Ià ça m' rend malade 
Ça m'entre pas daus 1' ciboulo 
Ou' les rois boiv' à la régainde 
Pendant qu'on h' tap' chez 1' populo. 
(A. B. Les Souloloques d'Honoré Constant.) 

Ou cabochard aux trotlignoles. 

(J. UlCBEPIlf.) 

» Fumier sanglant à la première 
image, laquelle représente la ffuil- 
lotine d'où saute une tronche dans 
un jet de pourpre. » 

(lo.) 

Vous pouvez être un grand savant, 
Aussi grand qu'on se l'imagine. 
Avoir noirci fort et souvent 
Votre papier de plombagine, 
Mettre votre esprit en gésine 
Pour TOUS bourrer le cabochon. 
Vous ne serez qu'une aubergine 
Si vous n'avez pas ru Poncnon. 

(b.) 

« Après des démarches sans fin, 
M. Prudhomme découvre enfin, 
pour son fils, Phéritière rêvée. 



— M bis je n'en veux i)as, fait celui-ci, 
Elle a une trop vilaine /loire... 

— Ce sera une poire pour la soif, 
répond le père gravement. » 

fJoiNVILLC.) 

» Nib avait dit à voix basse à ses 
acolytes, parodiant, sans le con- 
naître, le mot do César recomman- 
dant à ses soldats de frapper au 
visage : 

— Escarpez à la capalrat, vieux 
fiasses !... (Tapez à la tête, vieux 
frères.) 

Ses compagnons, suivant ce con- 
seil, s'etTorçaient d'atteindre le 
comte à la tète avec leurs bouteilles 
et leurs verres lancés à toute vo- 
lée. » 

(EoMOiXo Lepelletier.) 

« Et puis là, entre nous, nous n^en 
sommes plus à nous monter le 
bounichon, je suppose. » 

(RiYUonD Ze<«t.j 

tt On dit, en effet, des insanes et 
loufoQues qu'ils ont » un haoneton 
dons la cafetière. » Mais c'est une 
simple métaphore, il me semble... >• 

(GRoar.B Al'Biol.) 

<« — J'ai touché le mille puisque 
voilà un chef auquel je puis parler. 

— Vous suffit-il? 

— Pas encore, je préfère la sorbonne 
du Président de la République. » 

(ID.) 

'( Un vieux, empaqueté comme un 
oignon en hiver, fait boire une 
fille à l'air ingénu, malgré tout. 

— La Mionette, encore un verre! 

Elle, de sa bouche sur laquelle 
Par^ot est triste, répond : 

— Oui, encore, toujours 1 p'tôt'e que 
je te trouverai moins enrenardant, 
quand lavinette m'aura enchevêtré 
la bobinasse. » 

(LoDiBB Michel.) 

« Partout germent les riches idées ; 
partout poussent les bons bougres I 
Oui. partout, même en Vendée — 
ce département oui, avec trois ou 
quatre autres de la Bretagne, avait 
la réputation d'être tant et plus 
sous la coupe des curés. Il n'en est 
rien, foutre I — les Vendéens et les 
chouans sont de vieux souvenirs — 
et la calotte et le roy peuvent se 



TÊT 



— 422 — 



TIN 



« 



fouiller : pas plus qu*à ceux d'ail- 
leurs, ils ne monteront le bohéchon, » 
{Le Père Peinard.) 

Crois- le bieu, ton aflaire est claire, 
II en sera queassi-quemi; 
Ta fiole est d'un patibulaire... 
conspirateur, mon ami !... 

(R. PONCBOM.) 

— Je ne sais pas comment on lui 
a moché la coloquinte^ mais il est 
maboul. » 

(M. Mabio et L. Laumay.) 

Eh ben!... sT s' fout pas d' ma /iV/ire, 
r faut qu'i' soy* pas dégoûté 
Celui-là qui m'a fait élire : 
El Président il' mon comité!... 
Un' deux!... Tu peux 1' rayer d' ta liste; 
Il est cor' pus vacti* que tu crois : 
Toi député, toi socialiste, 
r t'invite à tirer les rois !... 
(A. B. Lei Souloloques d'Honoré Constant.) 

<t — On m'appelle Jéricho — à cause 

que j'ai une drôle de trompette et 

que mon galoubet s'entend de 

loin. » 

(Lkrmina et LtTfiQOE.) 

Rappliuue un peu sous V bec de gaz 
Allonftno! quoi, fais voir ta nomm«. 

(A. GiLL.) 

T'as tell'ment r'Olé la comète 
Qu'on la croirait cor su' ton front; 
T'as du blanc d' billard su* la tète 
IT'as comme eune Etoil' su' 1' citron! 

(JlHAN RiCTOS.) 

V'ià qu' ça rao r'prend, gn'a pas d'oiïcnse 
J' voudrais comm' dans ma p tite enfance 
Coller mon cih su' deux nénés. 

(Id.) 

« Prenant le temps comme il vien- 
dra, ils éviteront les grands arbres 
quand il y aura de l'orage à la clé, 
ils se tasseront sous les buissons 
lorsqu'il pleuvra, et se foutront le 
ventre à l'ombre quand le soleil 
tapera trop dur sur les cocardes. » 
{Âlmana^h du Père Peinard.) 

« Tu parles, l' frère, quand il a em- 
barbé avec la schnasse arnaquée, 
qu*est-c' qu'il a pris pour son 
rhume. On n'te Ta pas agoni, non, 
menteur! 

— Ahl c'tte terrine!... Ben, mon 
vieux, t'en as une téterreî... T'en 
fais, une carafe!... Allume donc, 
c'tte lampe!... Mords-moi c' sala- 
dier!... Ah! le Costeau, que couet- 
che !...0ù donc qu'on t'a salé com nie 



ça la théière ?... Qu'est-c' qu*on t'a 
mis su' la tomate?... Non, ois donc, 
sans char, avec une betVrave comme 
ça, t'es sûr d'avoir ed' Tembau au 
Musée des crônisl... Ahl tout d* 
même! que citrouillard! 

Et r fait est qu'il avait une sou- 
pière pas ordinaire. » 

« Ces gonces-là s* mettent dans V 
coco qu'eune fois qu'i's auront tout 
paumé, i's n'auront pus qu'à s' faire 
sauter 1' caisson. » 

— TÊTE BÊCHE. Bout-ci bout-là^ 
Soixante-neuf (obscène). 

TÉTER. Donner à téter : Donner 
la goutte, la gamelle. 

TETOX. V. Sein. 

THÉÂTRE. Mireloque, Miseloque. 
Se dit également des gens de 
théâtre. 

Croire que l'on a du génie, 

Et même en avoir, et pourtant 

Rester de la race honnie 

Que, Jusqu'en nos jours, va fouettant 

L'envie ou le rire insultant 

Du bourgeois faisant l'Archiloque 

Contre ceux qui l'amusent tant, 

Voilà, c'est ça la miseloque, 

(J. RicHcrm. 

TIIÉATRICULE. Bodinière. 

« Certaines de ces petites bonnes fem- 
mes, amies de cabots ou de gende- 
lettres, qui les ont fait occasionnel- 
lement se produire dans les bodi- 
nières ou dans les bottes à musique 
de Montmartre, finissent par se 
ûgurer qu'elles ont du talent et en 
veulent à l'Administrateur des 
Français de ne les avoir point 
encore découvertes et engagées. » 

THÉORIE. (Éludes et instruc- 
tions théoriques.) Pompe (arg. 
de SaintCyr). 

Vous qui, dans l'espoir de Saint-Cyr, 
r&Iissex sur vos noirs bou(|uins, 
Puissicz-vous ne pas réussir : 
C'est le vœu de vos grands anciens. 
Si vous connaissiez les liorreurs 
De la • pompe » et du • bataillon », 
Vous préréreriez les douceurs 
De la vi' que les fumist's ont. 

TIXETTE. V. Cabinet. 



TIR 



— 423 — 



TOU 



TIR. Champ de tir : Stand (angli- 
cisme). 

TIREUR. (Escrimeur.) Lame. 

» Joseph Renaud est considéré comme 
une des premières lames de Paris. » 

(La IVation.) 

TIROIR. Floquet, Floquot *, Rade, 
Radeau y Radvi. 

TISSERAND. Batousier, 

TISSEUR. Canut (arg. lyonnais). 

TITUBER. Avoir du vent dans les 
voiles, une brique dans son chapeau. 
On dit en voyant un homme ivre 
qui titube : A moi les murs et les 
piliers. 

« Les fumées de l'alcool lui montaient 
à la tiHe et sa démarche devenait 
incertaine. 

— Fichtre ! dit-iï, j'ai du vent dans les 
voiles et les lumières commencent 
à tourner. Je ne rentrerai pas sans 
avoir fait encore quelque sottise. » 

(Bavoa.) 

TOI. Ta poire y Ta pomme y Tézière, 
TéziQy TézigOy Tézigue, TéziSy Ton 
gnassey Ton gnère. Ton gnière. 
Ton gniassey Ton orgue. 

« Je ne veux plus sortir avec téziçy ça 
fait toujours du tocard. » 

« Tu peux ferrer, que j' me disais ; 
c'est du fricot qui cuit pas pour ton 
gnasse. » 

TOILE. Balouse. 

TOILETTE. Avoir de la toilette : 
Avoir du lingCy Être bien dans son 
linge. 

TOISON. Flogie\ 

TOLÉRANCE. V. Autorisation. 

— M.ilSON DE TOLÉRANCE. 

V. Bordel. 

TOMBER. Aller à damy à dame, à 
dinguCy à dominOy à Vas, à plat. 
Avoir des motSy une affaire, une 
discussion avec V asphalte y le bi- 
tume y le macadamy le pavé ou le 
trottoir y Camboler*, Caramboler, 



Défourailler*, Dégoûter y Dégouli- 
ner y Étaler sa barbaque, sa bidoche, 
sa marchandise, sa viandCy Quim- 
per^y Ramasser un bouchon, une 
gadCy une gadichCy un gadiny une 
pellCy S'aff'alery S'allonger, S'as- 
seoir, S'étalery Se fiche ou se 
foutre la gueule en bas, par terre, 
sur le culy Se peler. Se plaquer. Se 
répandre. V. S'abattre. 

u Nez à part, Fernande a raison. Il 

est trop long, son blair. 11 lui dé- 

gotdine dans la bouche. » 

(J. Hakni.) 

— TOMBER DAKS UN PIÈGE. 

Vaner. 

« Le mec a vnné et nous l'avons fait 
d'un ciguë. » 

TOiXKIXOIS. Pain d'épice. Ce 
qualificatif s'étend à tous les 
nommes de race jaune. 

TONNEAU. Cerclé. 

— TONNEAU DE VIDANGE. An- 

derliquey Botte d'échantillons^ 
Bonbonnière. 

TONNELET de marchand de coco. 
Câlin. 

TONNELIER. Tourne-autour. 

TONNERRE. Bruant. 

TOPOGRAPHIE. Tapir (arg. de 
Saint-Cyr), Topo. 

TOQUÉ. V. Fou. 

TORCHON. Cachemire. 

TORTURE. (Supplice aboli.) Four 
chaud*. 

TOUCHER à une chose. Y mettre 
un doigt. 

En pocbe juste deux francs. Soit! 
Ponr toucher la terre promise 
C'est une bien modeste mise 
(A peine pour y mettre un doigt). 

(P. PAILLim.) 

— TOUCHER DE L^ARGENT 

V. Argent, Prostituée. 
TOULON. Lontou, Louton. 



— 424 — 



TOU 

TOUPIE. Touparde. 

TOUR. Mauvais tour, vilain tour. 
V. Mystification. 

— A TON TOUR, à mon tour. 
A toiy à moi la pose. 

TOURAINE. Turquie. 

TOURANGEAU. Turc, 

TOURMEIVT. V. Ennui. I 

TOURMENTER. V. Agacer, En- 
nuyer. 

TOURNURE. V. Allure. 

TOURS. Turcan, 

TOUT. Toutime \ 

TRACAS. V. Ennui. 

TKACASSER. V. Ennuyer. 

TRAHIR. Bidonner, Judasserj£S- 
siver, Macaroner, Renarder, V. Dé- 
noncer, Malice. 

TRAHISON. Coup de chien, Ju- 
dassenCf Macaronage. 

TRAIN. (Chemin de fer.) Dur, Rou- 
lant vif, 

— PRENDRE LE TRAIN SANS 

BILLET ou en ne payant qu'une 
infime partie du prix du par- 
cours. Brûler le dur, 

« Caserio brûla le dur de Saint- 
Ëtienne à Lyon. » 

TRAINER. V. Fainéanter. 

TRAITRE. Proisseur *, Froisseux*, 
Proliant \ Prollaux *, Macaron, 
Soûlasse; et généralement tous 
les termes qui servent à dési- 
gner l'agent de police. V. Dénon- 
ciateur. 

Dans le nez toujours tu auras 
Macarons et cabestans. 

{Commandements des voleurs.) 

« Cet homme qui criait si fort contre 
ceux que les gens de sa sorte nom- 
ment des macarons s'est, un des 
premiers, mis à table. » 

{Mémoires de Vidocq,) 



TRA 



I TRAMER. V. Préparer 
TRAMWAY. Tram. 



TRANQUILLE. Bc, Béard, S*em- 

Eloie presque toujours avec 
aisser. 

« Touchez pas, laissez ça bé. » 

« Vous n' voyez donc pas qu* vous V 
cavalez ? Laissez-le un peu béard. » 

~ ÊTRE TRANQUILLE, sans 
ennui. Être à Vabri^ paré, Etre 
péna ni, Ne pas se faire de mousse. 

« 11 est pinard dans son p'tit truc, T 
s' fait pas d* mousse. » 

— TIENS-TOI TRANQUILLE. 

Ne Voccupe pas de la dèche! 
Chie dans les draps, Voccupe 
pas du pot de chambre l 

« Va pas fourrer ton blair dsins c' 
truc-là l Chie dans les draps, Voc- 
cupe pas du pot d' chambre ; laisse- 
les s' démerder tous les deux. >» 

TRANQUILLEMENT. V. Douce- 
ment. 

TRANSPORTER. Brouer*, Trans- 
bahuter. 

Les réservistes furent transbahutés 
en chemin de fer jusqu'à Mon- 
targis. » 

TRAVAIL. Dans le sens d'Occupa- 
tion, Besogne : Beq (arg. des gra- 
veurs), Bizness, Bouleau, Boulon \ 
Boulot, Business, Flaubert, Truc, 
Turbin, 

— Action de travailler : Bas- 
timage*, Boulonnage, Grat- 
tage, Starnagc, Massage, 
Masse, Tas. Dans le monde 
du crime el de la prostitu- 
tion , ces termes s'appliquent 
au « travail » spécial des 
malfaiteurs et des filles et 
deviennent parfois les équi- 
valents du mot commerce. 

u Elle était girondc et Tadorait; il 
en proûta pour In mettre sur le 
bizness. C'est ainsi qu'on désigne 
dans Targot de ces messieurs le 



TRA 



— 425 — 



TRA 



travail dont le sexe dit faible les 
engraisse. » 

(H. SOUDBE.) 

Jett' ton mégot, brave ouTorier ; 
Allons, c'est assez vadrouiller. 
Viv'ment ! on rentre a l'atéicr. 
Patin' ! renOlo 1' tablier ; 
Au tas! turbia' sans sourciller, 
L' patron r'commeDce à gâliller. 

(P. Paillette.) 

Des biffins d'mandèr'nt à m'érver 
Et me baptisèr'ot « Bitumette ». 
Au turbin y voulais pas m' crever; 
Mais faut bien qu'un iour on s'y mette. 

(L. DE Bebct.) 

« Voilà comment Pauline faisait son 
(rue... » 

(GOBOM.) 

« Faire les bagots en pisteur ou 
s'envoyer des corvées aux halles, 
c'est un boulonnage trop costeau 
pour sézig. » 

« Le mamage toute la vie jusqu'à 
c[u*on n'en puisse pus ! Tant pis si 
t y crèves. » 

— TRAVAIL PÉNIBLE. CoUin, 
Coltinage, Côtelard^ Coton. Ce 
dernier mot s'emploie égale- 
ment au figuré. 

« L' coUinage^ c'est pas son blot : il 
est v*nu au monde un lundi d^ 
paye! » 

« C'est un colon tout d^ même que 
d' faire manœuvrer c'tte soce-là. » 

— TRAVAIL PRESSÉ. Foulage. 

— TRAVAIL FAIT POUR SOI 

sur le temps payé par le patron 
ou avec la matière dérobée à 
l'atelier. Perruque. 

— EXÉCUTER UN TRAVAIL 

dans les conditions sus-énon- 
cées. Faire perruque. 

— PETITS TRAVAUX DIVERS. 

BihelotagCy Biblotage, Bricolage^ 
Bncole. 

« On sait pas c' qu'i* fabrique. V s'oc- 
cupe à (les bibeiotages de bric et d' 
broc. >» 

« Grâce à son travail — lequel con- 
sistait le plus souvent en bricoles ^^ 



il eut presque constamment de 
quoi se nourrir et se vôtir. » 

(Plob O'Squabb.) 

TRAVAILLER. An'acher son co- 
peau, Bossery Boulonner, Biicher, 
Buriner, En donner ou en foutre 
un coup, une séance, une secousse , 
Goupiner, Gratter, Maillocher, 
Marner, Masser, Porter les armes, 
Se mettre ou se foutre sur le tas, 
Souquei' (arg. des marins), S'y 
coller, Tauper *, Turbiner. 

Quand on a bossé tout* sa s'roaine, 
S'il fait beau, 1' dimanche, on emmène 
A la campap:n' tout' sa smala 
Et l'on s'envoyc un p'tit gala. 

(HaiOLLET.) 

a — La largue est fine, et quegoupine- 
t-ellc ? 

— Elle est établie, elle gère une 
maison. » 

(Balzac.) 

« Même quand ej' gratte toute la jour- 
nal lie, faut corè V soir que ça soye 
mézig qui 5'y colle : si j veux 
croùter, faut que j' fasse la fripe. » 

M' faut du l)Oulot, m'en faut encor. 
J'tcux 6ou/on;}er jusqu'à la mort. 

(P. Paillette.) 

Viv'ment! ça sonn', brave ouverier, 
A la cloeh' de ton atéier. 
Allons, allons, prends 1' tablier! 
Fous-toi tu* V tas, sans sourciller. 

(ID.) 

Eb! merde! Ek! va comme j' te pousse ! 
Puisqu'on peut pus en foute un coup 
Bien forcé d' se la couler douce. 

(lo.) 

Masse, méprise 
Le vil métal ! 
Le capital, 
S'il te maîtrise. 
Te laisse toujours Thôpital. 

(L. DE BcncT.) 

Car c'est le temps où l'on combine 
Les grandes manœuvres d'hiver, 
Le temps où Cupidon turbine 
Et s'escrime le nez en l'air. 

(J. Redblspbboeb.) 

J'veux pus marner. J' veux viv' ma vie... 
Et tout d* suite... et pas dans dix ans ! 

(Jbham Rictus.) 

— En argot militaire, on dit : 
Membrer, Mousser, Pomper. 
V. Manœuvrer. 



TRA 



— 426 — 



TRA 



— TRAVAILLER A FORCE. 

Chiader (&Tg. de» écoles;, Chier 
dur, Colletiner, Coltiner, En 
abattre, Être dam son dur, 
Gâcher serré, Se démancher. 
Se démancher le trou du cul. Se 
fouler la rate. Se la fouler, 
V. S'évertuer. 

« — Est-ce que tu vas me proposer 
de colletiner sur le port oe la Vil- 
lette ? 

— Non. 

— Sur le port de Bercy ? 

— Non. 

Colo essaya de deviner. 

— Ne cherche pas, reprit Vidocq, 
ie t'offre de faire partie de la po- 
lice. » 

(Mario et Lau-xav.) 

u Le compositeur est aux pièces, il 
n'est rétribué qu'en proportion de 
sa t&che, et son gam dépend de 
son assiduité. Ordinairement, lors- 
qu'il a des dettes, il travaille quel- 
3ue temps avec ardeur et sans se 
«ranger ; c'est ce qu'il appelle être 
dans son dur, » 

(J. Ladimir.) 

— TRAVAILLER SANS SOIN. 
Bousiller, Foutimasser, Travail- 
ler à la six-qualre-deux, à la 
va te faire fiche ou foutre, 

«< Regardez-moi cet ouvrage, comme 
c'est bousillé. Voilà deux mètres de 
soie de perdus. »» 

« — Êtes- vous satisfait de votre 
nouvel ouvrier? 

— Oui et non. Il travaille à la 
six-quatre-deux. C'est un foutimas- 
sier. » 

— TRAVAILLER A DE MENUES 
CHOSES. Bibelolcr, Bibloter, 
Bricoler. 

'» — Et de quoi vit-il? 

— On ne sait pas exactement. Il 

f)arait qu'il trouve à bibeloter chez 
'un, chez l'autre. » 

{La Nation.) 

« Léon l'avait pris chez lui, en copain 
et, aûn qu'il ne fût pas froissé de 
cette hospitalité, on s'arrangeait à 
lui donner à bricoler. >♦ 

(Ain>»t Mayot.) 



— TRAVAILLER AU-DESSOUS 
DU TARIF. Turbiner à l'index, 

— TRAVAILLER LE MOINS 
POSSIBLE. Tirer au cul^ au 
flanc, au grenadier, V. Enter. 

— TRAVAILLER CÉRÉBRALE- 
MENT. Potasser. 

TRAVAILLEUR. Bouleau, Bou- 
lonneur. Boulot, Bûcheur, Goupi- 
ncur, Masseur, turbin, Turhineur. 

Femme, aa cœur exploité, 
Sant droits, taos liberté, 

Roule ta bosse ! 
Quand lasse tu seras, 
Pour unir, ta prendras 
Bon poireau d'homme. 
Et sa pomme, 
— Un boulot, — 
Fera ton blot. 

(P. Paillkttb.) 

« Pour tout dire, les risques d'assas- 
sinat font partie du métier de roi, 
comme les risques de mer du mé- 
tier de marin . Quand nous voyons 
tomber un ouvrier d'un échafaudage, 
nous constatons que les accidents 
de ce genre constituent le plus clair 
des rentes des travailleurs. Les 
coups de feu ou de couteau com- 
posent également les rentes des 
têtes couronnées, avec cette diffé- 
rence essentielle que celles-ci ont, 
comme compensation, des listes 
civiles de dix, quinze ou vingt mil- 
lions, tandis que les bons turoineurs 
à la semaine ou à la journée n*ont 
»as toujours deux sous de graine 
le lin a appliquer sur leurs bles- 
sures. » 

(IlENai RoCHBFOaT.) 



s: 



« A présent qu'on n*est pus barbeau, 
qu'on est un turbin sérieux, un 
masseur de première et qu'on s* 
fout d' Taubert des gonzesses, les 
gros d' là-haut vous méprisent. >» 

TRAVAUX FORCÉS. Entraverse, 
Le Dur, Les Durs, Le Grand Pré, 
La Grotte, Le Pré, Les Travcs. 
V. Bagne, Palais de justice. 

« — Cn gars, le daron!... Il tire huit 
longes de dur. » 

(Hcr.cF.s Li Roi'x.) 



TRA 



— 427 — 



TRI 



'< L* Morquis, lui, a ramassé dix ans 
d' traves; mais, i' trouv'ra core V 
moyen d' faire patatrot. » 

— TRAVAUX FORCÉS ATEMPS. 

Chambre des députés, 

— A VIE. Chambre des pairs. 

TRAVAUX PUBLICS. (Péniten- 
cier militaire.) Les Têtes de veau, 
Traves, 

•« On Ta envo3'é pour cinq berges aux 
têtes de veau et, quand i* décarr'ra, 
il aura encore deux longes à tirer 
aux Bat-d'Af. » 

TRAVERS (DE). De traviole. 

Et si quelqu'un a l'air 
De nous r'gardcr d*traoioie 
Nous mettons sabre au clair 
Four pas qu'on s' pajr' not' Gole. 

(Bl^oort.) 

TltWERSIX. Polochon, Le mili- 
taire qui sert dans la cavalerie 
dit Fantassin et les troupiers, 
en général, appellent leur tra- 
versin Ma femme. 

TRÈFLE. (Cartes.) Herbe à la 
vache, V. Jeu. 

TREIZE. Point de Judas, Thérèse 
(arg. des joueurs). 

TREMBLER. Avoir la tremblotte, 
V. Frissonner. 

TRENTE. Lentré (V. Jargon). 

TRÈS. Rien, Salement, 

« T'as vu sa gerce? Aile est nenbath ! » 

i II est salement muffe, ton social. » 

TRÉSOR GACUÉ ou enfoui. Ro- 
magnor, Romagnon *. 

TRIAGE. Trique (arg. des chiffon- 
niers). 

TRIBADE. Ange, Chipetle^ Éplu- 
cheuse de lentilles, Gamahuche, 
Gougnotte, Gousse, Lesbienne, Ma- 
gnuce, Manieuse, Minettière, Puce 
travailleuse. Vrille, 

« — Vous aviez un ange ? 

— Un amour qui s'appelait Suze 
Flavigny. 



— Et on s'écrivait dans les diction- 
naires, on se piquait le doigt pour 
signer avec son sang, on se béco- 
tait derrière les arbres du jardin, 
on se retrouvait au dortoir, dès que 
la surveillante était endormie. » 

(R. MAutnoY.) 

« — En voilà une éplucheuse de len- 
tilles ! Adresse-toi à Grosses-Lèvres 
ou ù la Poubelle ou à d'autres grues 
qui mangent de ce pain-là... Moi, 
c'est pas mon genre ! » 

(DunuT D% Latorkst.) 

a Surtout, fais-la casquer d'autorl... 
elle doit avoir le sac, la magnuce, » 

(ÏD.) 

Vers nous l'homme a beau tendre 
Ses bras noirs et musclés, 
Nous préférons le tendre 
Et la couleur des blés. 

Sainte mère des vrilles^ 
Ayez pitié de nous : 
Accordez à vos filles 
Les plaisirs les plus doux. 

(A. B.) 

« Les personnes qui ont vu les cho- 
ses de près sont unanimes à décla- 
rer que, dans les lupanars de la 
f)Ius naute classe, Tespéce des mar- 
ous jouant le rôle d'amants des 
pensionnaires est totalement incon- 
nue, et que toutes les tilles, sans 
exception, sont des tribades; c'est 
le nom qu'on donne aux femmes 
qui se signalent par cette passion 
contre nature ; on dit aussi gou- 
gnottesj mais en style familier. » 

(Lio Taxil.) 

— LE MONDE DES TRIBADES. 

Vail, La gousserie, Lesbos, 

« Il Tavait dégotée à 1* « Oasis », une 
tôle où y a que de la gousserie. On 
voit là-dedaas des gonzesses qui 
sont macs, d'autres qui sont miche- 
tons; mais toutes pour Vail, • 

— PRATIQUES DES TRI BADES. 

Mimij Minette, 

— Se livrer à ces pratiques. 
Descendre, Descendre au café 
des deux colonnes, à la cave, 
à la crémerie, Paire mimi ou 
minette. Manger ou bouffer de 



TRI 



— 428 — 



TRI 



Vail. Ces expressions sont 
obscènes. 

TRIBADISME. Ai7, Gougnottagey 
Gousserie, Lesbianisme. 

TRIBUNAL. Comptoir. 

« Et r gerbier, derrière son comptoir, 
voulait le faire à l'iiillueiice ; mais 
l'aute s'a pas émotionné. » 

— DEVANT LE TRIBUNAL. De- 

vaut la glace, 

« Et devant la glace, elle l'a chargé. » 

(0. MÉTi.M».) 

TRICHER. Carer, Frimoucher \ 
Frimousser *, Joncher *, Lésiner 
ou Léziner ; plus Amacher, Ar- 
naquer. Arranger et quelques 
équivalents de Jouer: Cartonner , 
Flancher, Maquiller les brèmes. 
V. Jeu, Jouer. 

— Les enfants disent Chicaner 
et à certains jeux : Manger 
du lard. 

« Ceux-là sont plus mariolles; au 
lieu d' risquer de s' faire poisser 
comme cauibris ou coDime fourches, 
i's vont cavcr dans les cercles. Ça 
risque moins et ça rapporte plus. » 

« Tu chicanes l Je ne joue plus! » 

— TRICnER EN FAISANT 
VOIR LES CARTES à un com- 
père. Faire le miroir. V. Signal. 

— TRICHER PAR SUBSTITU- 
TION DE CARTES, par saut 
«le coupe ou toute autre super- 
cherie exigeant une grande ha- 
bileté digitale. Jouer de la harpe. 

— TRICHER PÉNIBLEMENT. 

rairc suer la Madeleine. 

— TRICHER AU CABARET avec 

des joueurs de rencontre. Fa/re 
/e paysan. 

— TRICHER AU BILLARD. Ba- 

chotler. 

— GAGNER BEAUCOUP EN TRI- 
CHANT. Faire de la graisse, du 
suif. 

TRICHERIE. Biscuit, Lésine, Lé- 
zine, Madrouillage, Maquillage, 
Suiff Sui/fage. Quelques genres 



de tricherie ont une dénomina- 
tion spéciale comme Aiguillage, 
Change, Coup du chandelier, 
Êtouffage, Filage, Marcouse ou 
Marquouse, Neuf de campagne, 
Pont, Poucetle, Séquence du co^ 
lonel, etc. V. Jeu. 

« Méfiez-vous d'un hanquier qui, 
après avoir pris une poignée de 
cartes pour servir les tableaux, se 
démène, fouille dans ses poches, 
prend son porte -billets, son mou- 
choir, son étui à cigares, assujettit 
sa chaise, se penche vers ses voi- 
sins, parle au croupier en se pen- 
chant sur la table, fait une récla- 
mation bruyante, se querelle avec 
un ponte, froisse les cartes, se 
plaignant de leur mauvaise qualité, 
demande du feu en se tournant un 
peu de côté, etc., etc. Tout ce ma- 
nège est pour dérouter Tattention 
et opérer le change de la poignée 
de cartes qu'il tient dans la main, 
afin de les remplacer par d'autres 
cartes qu'il a sur lui et qui sont 

« séquencées. » 

(Hociin-GniK)5.) 

Après douze neufs de campagne 
Prudemment fais doue charleraagne. 

(Id.) 

n Désirait-on aussi faire sortir d*un 
cercle soit un croupier, qui exagé- 
rait Vélou/f âge, soit un commissaire 
des jeux qui se refusait à desservir 
son patron, le « X1X« Siècle « était 
là pour raconter l'histoire de la vie 
puiliqueetprivée de ces individus.»» 

{Le Journal.) 

« — Moi, je connais tous les jeux! ré- 
pondit Mon Oncle. ..j'enseigne même 
a ceux qui aiment a cartonner tous 
les movens de défense possible 
contre les trucs, sui/Tages et bis- 
cuits des philosophes les plus émé- 
rites... A votre disposition, mon- 
sieur!... » 

(Ed. Lbpelleticr.) 

« — Croyez-vous qu'on n'y puisse pas 
tricher ? 

— On triche partout. 11 y a tant de 
manières de tricher. Depuis l'enfan- 
tine poucetle et le naïf coup du 
chandelier jusqu'au filage du neuf 
de campagne. » 

(G«OB<.r«* OH:<rr.) 



TRI 



— 429 — 



TRO 



« Moi, je ne vous perdais pas de 
rœil, et je vous ai vu sortir vos 
cartes, qui étaient dans la poche 
droite de votre pantalon. Et vous 
aviez préparé la séquence du colo- 
nel... Je lai reconnue à Tintermil- 
tence des coups... » 

(ID.) 

TRICHEUR. i4/j)tou, Cave, Cousiriy 
Franguetliei% Fnmousseur *, Grais- 
seuvy Grec, Maquilleur, Officier 
de tango ou de topo, Philo, Phi- 
losophe, 

— Dans Targot des enfants : 
Chicaneur, 

n Les joueurs à qui Ton signale un 
grec vous regardent avec incrédu- 
lité et semblent vous dire : « Vous 
croyez ?... » Si vous insistez, ils 
vous demandent des preuves tou- 
jours difficiles à fournir... On vous 
parle de diffamation, alors vous 
vous taisez... Souvent même on 
vous prie de vous taire sur uu 
ton qui n'admet pas de réplique... 
c'est que l'on craint que vous n^em- 
péchiez la partie... que vous ne 
troubliez le jeu... à moins d'une 
très grande uialadresse des grecs 
et philosophes qui se contentent de 
n^opérer qu'à des intervalles rai- 
sonnables et seulement lorsqu*il y 
a un coup... » 

(EDMOND LlPILLSTlIB.) 

— TRICHEUR QUI MARQUE 
LES CARTES OU 86 sert de 
cartes marquées. Aiguilleur, 
Marcouseur^ Marcousier. 

— TRICHEUR AU BILLARD. Ba- 

choUeur, Béte, Emporteur. 

« Le bachotleur est chargé du rôle de 
compère dans une partie de billard 
à quatre. 11 régie la partie, tient 
les enjeux ou naches, et paraît 
couvrir la dupe de sa protection. 
Les deux autres ^recs sont IVm- 
porteur, chargé de lier conversation, 
et la bêle, qui fait exprés de perdre 
au début pour Tallécner. » 

(VlOOCQ.) 

— LE MONDE DESTRICHEURS. 

La Graisse, La Grèce. 

TRICHEUSE. Amazone. 






TRIER. Triquer (arg. des chiffon- 
niers). 

TRIXQUER. Marquer le coup. 

TRIPOT. Casse-gueule, Claque, 
Claque-dents, Claquedent, Étouffe^ 

« Et, par là-dessus, des difficultés à 
son cercle, un convenable claque- 
dents, fréquenté par des rasta- 
quouùres et des grecs, mais bien 
tenu, et dont, la veille, le commis- 
saire des jeux lui avait fait inter- 
dire l'entrée jusqu'à nouvel ordre, 
sous prétexte qu'il ne jouait pas 
assez gros. Plus de tripot et pas de 
position sociale : que devenir? » 

(Paui. Alexis.) 

TRIQUE. V. Assommoir, Bâton. 

TRISTE. V. Ennuyer. 

TRISTESSE. V. Ennui. 

TROMPER. Affûter, Afluer \ 
Ajober, Amarrer, Aquiger, Ania- 
cher, Arnaquer, Arranger, Baiser ^ 
Bluffer, Canarder, Cuver, Char- 
rier, Emblémer *, Empaler, Em- 
paumer. Empiler, Encoffier, En- 
filer, Enfoncei\ Engailler, En- 
gayer, Entôler, Enturer, Estam- 
pei*. Paire, Faire aller, Faire 6o;i- 
nard. Fiche, ficher, foun'er, foutre 
dedans, Frouer *, Gourei', Jobar- 
dei*. Joncher *, La faire, La faire 
à l'oseille, Le mettre^ Mené)' en 
bateau. Monter le bobéchon, le 
bourrichony le cou, le coup, Monter 
un bateau, un chiqué. Passer en 
lunette, Raguiser, Roustir; plus 
les équivalents de Mentir : Bat- 
tre. Battre comtois, Battre contre, 
Battre job, Chiquer, Chiquer balle 
ou contre. 

— TROMPER EN NE TENANT 
PAS SA PROMESSE. Poser un 
lapin. 

— TROMPER UN CLIENT. Faire 
un caillou. Les maquignons di- 
sent Masquer pour tromper 
l'acheteur sur la qualité de la 
béte mise en vente et dont ils 
ont soigneusement masqué les 
tares. 



TRO 



— 430 — 



TRO 



- TROMPER AVEC HABILETÉ. 

Monter un gandin. Les juifs 
disent : Râler le goye, 

« Tout ça c'est des histoires pour 
affûter V prolétaire. On Vamarre 
avec des promesses ; et quand ces 
messieurs tiennent la queue d' la 
poMe, nous autes, on s tape, w 

Aimé pAr le Jupon, acclamé par la Blouse 
i)es bords de BcUeville au lac de la Viltouse ; 
Faisant carmer le Zist eu enturant le Zest ; 
Quoique sans cheval noir, c'était le bel Ernest. 

(P. ('aillitti.) 

AUoDS, viv'mont, va crousililler : 
T'as une heur' pour discutailler, 
Lir' tOQ journal et t' Tair' payer, 
Au zanzib', le coup d' l'élricr 
Chez r bistro q' tu veui engaïUer. 

(lo.) 

tt Ce n'est pas à moi que tu monteras 
le coup sur tes capacités I » 

(Adolpui Mkykk.) 

« Ah, si le populo se doutait combien 
on lui monte le job ! » 

{Le Père Peinard.) 

tt S'il quitte fréquemment son ou- 
vrage, c'est pour régaler un ami; 
sll passe aes journées entières 
entre les cartes et la bouteille, c'est 
pour ne pas se séparer de ses amis ; 
s'il met toute son attention à diri- 
ger une queue de billard, c'est 
pour enfoncer un ami. » 

(JOLKS LkOIMia.) 

— Vas-tu t' taire, vas-tu t' taire, 
Cell'-là faudrait pas m' la fairCt 
As-tu fini tes façons? 

CoU'-là, nous la connaissons. 

( Vieille chanson.) 

Si rien nV»t prôt, cVsl votre faute, 
bel amiral qui parlez tant! 
Vous avez compté sans %otrc hôte, 
C'est un détail très important ; 
Votre couliunce eut falult<\ 
Un peu plus d'actes! muins do mots ! 
Vous iHibsez toml)er notre flotte, 
Mais vous nous montez des bateatix. 

((iniNGoiac.) 

c Mon garçon, je ne sais pas encore 
le coup que tu as voulu me monter^ 
mais certainement tu m'as tendu 
un piège. » 

(GORON.) 

tt Le baron avait été fichu dedans j si 
j'ose m'cxprimer ainsi, par son chi- 
miste, un nommé D... » 

(Alpho!<8b Allais. 



« Vous avez sauvé la France qu'ils 
ont perdue, relevé aux yeux de 
l'Europe entière la République qu^ils 
voulaient encore une fois foutre 
dedans. » 

{Le Père Duehêne.) 

Que, stigmatisant la canaille, 
Pour Populo — fait et refait — 
Qui de l'affre sent la tenaille 
A danter devant le buffet, 
L'Idée atUque le Méfait... 

(L. Di Bebcy. 

« Certes, elle se souvenait bien d'avoir 
souvent entendu la mère Gardette 
tonner contre la société et déclarer 
que, par le temps qui court, il ne 
falhdt, pour arriver à quelque 
chose, se laisser arrêter par aucun 

S réjugé, le monde étant composé 
'exploiteurs qui ne perdaient ja- 
mais une occasion de fourrer de- 
dans leurs contemporains. » 

(Oscar MiTtxiKa.) 

— SB TROMPER. Donner à gau- 
che^ Embarder (arg. maritime). 
Être sous le lit^ Se fiche, se 
ficher, se foutre dedans j Se 
gourer, V. Bal. 

« Mais m'avais foutu dedans au lieu 
d' prendre 1' bus de Vincennes, 
j'avais pris çui d' Passy. • 

— TROMPER UK MARI, UNE 

ÉPOUSE. V. Infidélité. 

TROMPERIE. Arcavot \ Amache, 
Arrangeage, Arrangement, Ba- 
teau, Char, Charriage, Charida, 
Chiqué, Chiquet, Droguerie, Em- 
pile, Enfilade, Enfilage, Enturage, 
Enture, Estampage, Estampe, Jon- 
cherie *, Madrouillage, Roustis- 
sure. V. Artifice, Mensonge. 



« 



Il a voulu m' monter 1' cou, mais 
j'ai senti Varrangeage et j'ai pas 
marché. » 

Très évidemment, dans la masse, 
On peut tomber sur du chiqué : 
Vous me direx qu'à pile ou face 
L'enjeu forcément est risqué. 

(J. RcDBLSI'iacXll.) 

C'est pas malin... Tu vas an gonce. 
Tu y dis: « T'as eun' gueul' qui m' plaît, 
Viens-tu chez moi, mon p'iit Alphonse? >* 
— r dit : « Non. » — Mais c'est dn chiquet. 

(A. B.) 



TRO 



— 431 — 



TYP 



« L* pognon, i^ continuera à aller dans 
la caisse de la Juiverie et dans les 
vagues d' ceusses d' la Grande Es- 
tampe. M 

TROMPEUR, subs. Arrangeur, 
beffeur, Chnrrieur, Chiqxieury 
Drogueurj Empileur^ Enfileur, 
Enfonceury Estampeur^ Faiseur, 
Gourgouran*,Goureur,Joncheur*, 
Maquilleur, Mareux, Monteur de 
bateaux, de coups, Pipon, Planteur, 
Truqueur. Toutes ces expressions 
sont synonymes de Dupenr. 

tt Et r salaud d^ borgeois, Vestampeur, 
Talfameur s' barre comme un foi- 
reux, comme eune lope. » 

« J'avais, ne voulant pas être reconnu, 
assisté de loin à la scène rapide de 
l'enlèvement non prévu par cet 
audacieux faiseur. » 

(G. MAci.) 

C'est un simple monteur de coups 
Sous un aspect fort grave. 

(K. Poncho:*.) 

Cré tas d' mufTtons, va, tas d* Iruquettri... 
A' m' ruin*. vol' tentative hardie 
C'est du chiqué, d* la comédie. 

(Jkhar Rictus.) 

TROMPEUR, adj. D aspect trom- 
peur : Mauvais teint. 

TROXC d'église. Berlu. 

TROP. Se traduit de même qu'As- 
sez. On dit quand on a trop d'une 
chose : Classe, Cest classe, TTen 
jetez plus ! on peut ajouter : La 
cour est pleine. 

TROQUER. Biguer. 

TROTTOIR. Rade, Tas, Tremplin, 
Truc (arg. des filles). 

c J'ai poireauté deux plombes su' l* 
rade à attendre madame, et tu vou- 
drais que j* soye À la rigolade ? » 

« Du temps que sa gerce est su* 
V tremplin, i flanche aux brames 
chez V bistrot. »» 

« — La Maria?... aile est malade, 
v'ià près de huit jours qu*on ne Ta 
pas vue sur le truc. » 

TROU. Bigard, Boue, Mvet. 



— TROU DU SOUFFLEUR. Ca- 
pot. 

TROUBLE. V. Bruit. 

TROUBLER. Chamberter. 

TROUER. Bigarder, Caler des bou- 
lins, Filer un nivel. 

TROUPE. Grive. V. Armée. 

TROUPIER. V. Soldat. 

TROUVAILLE. Dégottage. 

TROUVER. Bégotter. V. Décou- 
vrir. 

X V'ià nuinze jours que j' trime pour 
chercher du bouleau et j' peux 
rien dégotter. » 

TUER. Déqommei*, Descendre, Re- 
bâtir*. V. Assassiner, Village. 

Napoléon, c' vieux grognard, 
D' ces jeux où l'oa se aéffomme^ 
Enqueuqn's mots résumait l'art. 
{Vieille chanson.) 

TUILE. Faïence. 

TUMULTE. V. Bruit. 

TUYAU. Bar de tire. Lance. Les 
détenus nomment Parloir le 
tuyau de la tinette de leur cellule, 
parce qu'ils s'en servent pour 
communiquer avec les autres 
prisonniers. 

« A peine les positions étaient-elles 
prises, que la grosse voix de Por- 
thos résonna et nous entendîmes 
très distinctement cette phrase : 
«c Le système de communication 
que j'emploie est connu des voleurs, 
qui en usent : ou le nomme dans 
1 argot spécial de Mazas : Le par- 
loir, n 

(G. UkCÈ.) 

TYPOGRAPHE. Typo. 

m Je me sens tout guilleret : le prin- 
temps, sans doute... ou bien la 
lecture de l'article d'Anatole France, 
dont la prose académique, gr&ce aux 
afTolantes coquilles des typos, est 
devenue complètement idiote... » 

(WiLLt.) 



TYP - ♦; 

— TVPUGRAPUB QUI TRA- 
VAILLE A LA LIliNB, à U 

compnsitioD couraote. Bout' 
leur, Lignard, 

— TYPOGRAPHE QUI FAIT 
DE LA COUPOSITIOX ET 
DE LA CORRECTION'. Am- 
phibie. 

— TYPOGRAPHE REMPLA- 
ÇANT, Homme de boia. C'est 



seconde le metteur ei 






a pages 

— TYPOGRAPHE SON 8YS- 
UIQUË. Sarrasin. 

— TYPOGRAPHE SAKS OU- 
VRAGE, pareaseuï. Cateur. 

— TYPOGR.\PHB ASSIDU. 
Ogre. 



1 — TYP 

différentes ; immobile! comme des 
termes devant leurs caises, il* 
éloignent Jusqu'à l'ombre de la 
dissipation : ili vivent de peu; et 
leur ardeur pour la besogne leur a 
fait donner le nom d'o^ret par leurs 
confrères, qui les méprisent. ■ 



TYPOGRAPHIE. Typo. 

m 11 avait lâché la typo pour le r 
portage. » 



— Faire une faute : Aller à 
Saint-Jacques. 

— Compter les lignes compo- 
sées pour faire la mise en 
pages : Foire la pige. 



^ 




ULCEItE. Corbuche'. V. Plaia. 

— ULCÈRK FACTICE. Corbuche 

lof. 
ULCÉREUX. Croùlelevé, Croùtele- 

• Uui, certes, je lui en veux, à ce 
mi»érable eroûUUvé, roi de» croû- 
teteveitx, à cet énerveur de mes 
espoirs les plus nerveux, à ce sale 
vieillard luoiveui, à cet isaoble 
'eillnrd baveux, certes, certes, je 



lui e 



IJ. Rkui 



UNION. V. Concubinage, Hsriage. 
UNIR (S'). V. Harior. 
URINE. Chasiure', Lance'. 
URI>ER. Arroier Us pissenlilt. 
Changer son poisson ou ses olives 



d'eau, Ecluser.Fairedupetit, Faire 
pleurer son aveuijle, Gâter ou gâ- 
cher de l'eau. Lâcher les écluses. 
Lâcher un fil, un filet, une goutte. 
Lancer, Lancequiner, Lansquiner, 
Lascailler ', Pencher de l'eau, Pleu- 
rer, Qaimper ta lance', Tenir le 
cochon de son pire par la queue 
(obscène). 
— En parlant dea chiens : Sc- 
ringuer. 
B Tandis que la petite était en train 
de lâcher Ui écluseï, jupes trous- 
Hées, bien à. l'aiae, se croyant seule, 
te vieux la guignait par la lucarne. • 
[Lei Propoê Uu Commanifur.) 

USÉ. Se Iraduit, au propre, par 
les équivalents de Laid, Man- 



USURIER. Carcagaot, Chancre, 
Crocodile, Gobseck, Ogre, Oncle. 



usu 

oAintiàlt mille bicitc 



u Oncle lymbolife l'usure comme, 
dans le langage populaire, ma 
■ UntG signifie le piH sur g«ge. ■ 





VACARME. Boucan, Bouzin. 

. llatTitone, Musique, Pétard, 

Schpromme, Sdiptoum. V. Brait. 

VACHE. Coi-nante, Comaude, Ua- 
man (arg. des bouviers). 



VAGABOND. Batteur d'antif, 
Blècke ; Escargot, Givemeur ", 
Gouapeur, Gouépeur, Hurlubier, 
Routeur, Trépeligour, TrôUur. 
On dit encore Cambrousier, Cke- 
mineau, Ckemineux, Cheminot, 
mais ces termes s'appliquent 

Elus spécialement aux vaga- 
onds qui séjournent peu dans 
les villes et leur préfèrent la 
çrand'route. Au nombre de ces 
derniers sont les Uerligaudien 
et les Meriiflches qui sont un peu 
saltimbanques. Le vagabond de 



nuit est le Fileur ou le refleur 
de cloche, de comète, le Clochard; 
s'il a l'habitude de coucher sous 
les ponts, c'est l'Hirondelle de 
pont. Enfin, ceux qui vivent de 
la nourriture que distribue 
rCEuvre des Fourneaux écono- 
miques sont baptisés, à cause 
de cela, Fourneaux. V. Misé- 
rable. 

Au Don in cAemintux d' U tIIIc. 



fiche. Mon père était merliganditr. ■ 

(I. R,CK.nN.) 

I Petits chemintaux d'Espagne pous- 
sés k la Troolitre, péle-méle, avec 
les vieux et les jeune*, par la faim, 
la misère et la peur : 



VAG 



— 436 — 



VAL 



Bébés de cinq à six ans, roulant 
de beaux yeux sauvages, ayant 
déjà un bAton, une besace comme 
les grandes personnes (je cite Loti) 
et cneminant tout seuls et sachant 
dire : « Ave Maria Purissima! » 
avec une révérence. »» 

(JKA5 LOBRAlIf.) 

Tout ce qu'on boit et tout ce que ron mange. 
Et la réculte et la boaue vendange, 
Pour qui donc pousse tout cela? 
Pour le cheminot qui passe par là? 
Diiit Dominus, au premier cheminot : 
Allez, mangez, 
Prenez, buvez !... 
Dizit Dominus, Domino 
Meo! 

(A. B.) 

'< 11 mit d'abord de nombreux agents 
dans les localités de Charenton et 
de Saint-Maurice, les uns camou- 
flés en ouvriers travailleurs, les 
autres en paisibles pécheurs à la 
ligne, d'autres encore en flâneurs, 
enfin d'autres en gouèpeurs finis, 
quant au costume, m 

M Car ils sont doux, les errants, 

les fifeurs de comète^ les pauvres 
gas sans ouvrage ou que hante la 
mauie de dormir, libres, sous les 
cieux profonds. •» 

(Jacquillm.) 

VAGABOXDER. Bribauder % Don- 
lier du vague, Giverner *, Gouaper, 
V. Flâner, Fainéanter. 

Toujours gouaper, 
Jamais ma«<>er. 
Sur le bouCvard à la rTiler... 

{Chanson des gouapeurs.) 

— VAGABONDER DE NUIT. 

Filer la cloche ^ la comète^ La 
filer ^ La refiler, V. Noctam- 
buler. 

VAGOX ou WAGOX. Les malfai- 
teurs appellent Coffre-fort le 
vagon cellulaire des chemins de 
fer. 

VAGUE, subs. f. Baleine, 

VAILLAXT. V. Brave. 

VAIX. (Chose vaine.) Chichi, 



Tous ces chichis et tout* o'tte joie 
Ça fait penser à ces bourgeois 
Qui r'çoiv'nt un rasta à la manque. 

(JUAM RlCTDB.) 

VAINCRE. DcgoUer, Tomber. 
V. Terrasser. 

VAIXCU. Chocolat. Cette ex{ires- 
sion signifie aussi Ruiné, vaincu 
au jeu. 

Avec un douillard chocolat 
Pais-le broder s'il n'en a pas. 

(El06IKR-GRia05.) 

'c Je r cherre aux pinces, en y filant 
ma tronche dans 1* bide; et il est 
chocolat, » 

VAISSELLE. Perlingante. 

VALET. Lapin de couloir , de cor- 
ridor y Larbin, Torchepot, Va- 
doux, Va-trop, Vide-pot-de-cham- 
bre (Pot de chambre peut se 
remplacer par un de ses équiva- 
lents). V. Serviteur. 

Ah ! ah ! personn' ne sait c' qu'il fiche 
Depuis qu'il roui' par les grands ch'mias. 
Oh : oh ! p't'-étr' qu'il est merlifiche. 
Va-trop d' chartier, ou tend>la-main. 

(J. RlCHIPlM.) 

— VALET DE FERME. Cam- 
broux*y Goujat, 

— VALET D'AUBERGE. ^i7- 
loget, 

— VALET D'ÉCURIE. Lad 

(anglicisme). 

« Le lad est la bonne à tout faire 
d'une écurie de courses. C'est géné- 
ralement un apprenti jockey, mais 
son tipprentissage est terrible. » 

(P. Lafpon.) 

— Au jeu de cartes. Dômes-' 
tique, Galuchet, Larbin sa- 
vonné. Massepain, MUloget. 

VALETAILLE. Larbinerie. 

« — La larbinerie de la villa, conti- 
nua-t-il, se compose de quatre : la 
soubrette,qui est amoureuse comme 
une chatte, qui a deux ou trois 
galants dans le pays, et qui ne 
manque jamais d'aller sous d*autres 



VAL 



— 437 — 



VAU 



toits, aussitôt que ses maîtres sont 
absents ; la vieille cuisinière, sourde 
à ne pas entendre tirer le canon, 
couchée dés huit heures et demie, 

f»as gênante, au pis-aller, vite bàil- 
onnée ; le cocher-jardinier, un soû- 
laud, que mon homme, le valet de 
chambre, emmènera au cabaret et 
empoivrera à rouler sous la ban- 
quette, sans dirOculté... » 

(Bertil et GiLQCix.) 

VALEUR. De peu de valeur : De 
carton, De fer-blanc, De mon cul, 
De mon derrière. De mes fesses, 

— On dit de choses sans va- 
leur que c'est de la Came- 
lotte, de la Chiasse, de la Fi- 
chaise, de la Foutaise, de la 
Gnognotte, de la Merde, de 
la Merde en bâton, de la Pe- 
tite bière, de la Rinçure de 
cuvette, de la Roupie, de la 
Roupie de sansonnet ou de 
singe, de la Rousselette, 
de la Roustampe ou Rous- 
tampomme, de la Roustissure, 
de la Saint Jean. On em- 
ploie également quelques 
équivalents de Rien. V. Mau- 
vais. 

« Alice. — Crois-tu qu'il ait des mo- 
nacos? 
Maria. — Oui, il a l'air cossu. 
Alicb. — 11 n est pas de carton, 
enfui. M 

{Ces dames du Casino.) 

L'idéal qu'aotan Ton réra, 
Réalisé devient infime ; 
Un autre écI6t qui le supprime; 
Puis, l'espoir d un plus légitime. 
Foutaise est tout ce qui a'eo va ! 

(L. DB BtacY.) 

Maisj'i'aim'comm' ça... c'est mes ognons! 
Et tout r reste il est d' la gnognotte. 

(Jehah Rictus.) 

• 

Entre nous, vois-tu, mon bonhomme. 
Tous tes serments, loui's tes prières. 
Tous tes pleurs, c'est d' la roustampomme. 

(BLtDOaT.) 

— C'est-y q* t'es bétc ou q' tu t'affaisses, 
Sacré journaliste ef mes fesses *! 
Combien qu'on t' les pai' les chicliis 
Q* tu fais aux lecteurs avachis ? 

(P. Paillette.) 



Un', deux, ça yost... me v'ià nommé, 
Vrai, j' peux diV' que j'en ai d' la veine : 
Uon adversaire est dégommé 
Et moi j' suis député d' la Seine. 
Aussi, mon vieux, à ta santé, 
Tu peux t' foute d' la cantinière, 
Aujourd'hui, c'est pas d' la p'tit' bière* 
Entrez donc, Hossieu 1' dépoté. 

Car, enfin, t'es représentant; 
T'es un législateur, un membre, 
Tes Mossieu 1' député Constant, 
T'as ta plac* marquée à la Chambre. 
Tu vas t' trouver en société 
Avec Jaurès, à la buvette, 
C'est pas d' la rinçur de cuvptte... 
Entres donc, Mossieu 1' député. 

Tiras aux diners k Félix, 

Tiras aux bals des ministères, 

Chez Mossieu Z et Mossieu X, 

Et chez tous les parlementaires. 

Partout tu vas et' invité, 

Va falloir te payer du linge, 

Mou vieux, c'est pas d' la roupi' d' singe... 

Entrez donc, Mossieu 1' député. 

Mais, pour ce soir, en attendant 
Ou' j'aiir fair' du plat dans la. haut* soce 
Et boulotte r chez 1 président, 
J' vas m'envof er un' petit' nooe 
Chez la maman Félicité 
Qui va dire à la gross' Charlotte : 
— Honoré!... Cest pas d* la cam'lotte... 
Entrez donc, Mossieu 1' député. 
(A. 6. Les Souioloques d^Honoré Constant.) 

— VALEUR DE BANQUE OU de 

commerce. Les voleurs appel- 
lent Faffes cognés les valeurs 
frappées d'opposition. 

VALISE. Valtrouse. 

VANTARD, VANTARDISE. 

y. Fanfaron, Embarras. 

VANTER. V. Flatter. 

— SE VANTER. Se donner des 
coups de pied (iron.). 

VAUGIRARD. La Vaugire ou L«- 
vaugire. 

« A rÉcole, au Javel et à La Vaugire, 
c'était la reine; les gonzesses et 
même les gas pouvaient pas y faire 
avec elle. » 

VAURIEN. Prape, Fripouille, Ga- 

lapiat , Galvaudeux , Gouêpe , 
Gouépeur. V. Canaille. 



VEA 



— 438 — 



YEN 



« Je Tai mise en apprentissage chez 
ma belle -sœur. Ça été encore pire. 
Un beau jour elle a disparu avec 
uu galvaudeux. » 

(0. M£TÉ!<I».) 

I!o soir UQ gouépeur en ribote 
Tombe en frime atec un vuleur. 

(ViDOCQ.) 

VEAU. Cornichon^ Meulardy Meu- 
g lard, 

VÉGÉTER. Battre la dèche, Ca- 
lamlriner. V. Gène. 

VEILLER. V. Guetter. 

VEINE. (Les veines.) Vermichels, 
Vermicelles, 

V ÉLOC I PÈDE. A llonge-gambetteSy 
Bécane j Vélo, 

— VÉLOCIPÈDE A DEUX 

PLACES. Tandem. 

— A TA OIS. Tri pie t te. 

— \ QUATRE. Quadruplelle. 

— A CIXQ. Quintupletle, etc. 

Quand nous roulons, dans la campagne, 

Montés sur le cheval de fer, 

En tandem, avec ma compagne. 

Nous fendons Tair... 
L'air de France que nous aimons. 
El l'on se crève... el l'on se vauno... 
Et l'on en prend à pleins poumons 

Sur la bécane. 

(A. B.) 

— VÉLOCIPÈDE A PÉTROLE. 

Pétrolelle. 

•« Au lieu des besicles énormes dont 
ils s'all'ublent, que ne choisissent- 
ils donc des loups vénitiens, les 
chaulleurs, sur \eurspétrolettes !... » 

(JULKS ClAULTIB.) 

VÉLOCIPÉDIE. Cyclisme. 

VÉLOCIPÉDISTE . Bicycliste, 
Cyclemarij Cycleaoman (femme). 
Cycliste, Pèdard, Pcdalard, Velo- 
tcmariy Velocewoman (femme). 
V. Sport. 

Le liicyctislP est le roi de la route, 
Sur sa b^tcaue il fuit comme r<^clHir, 
Comme l'oiseau qui, tous l'immense \ot\tp, 
S'éluncc au large et disparaît dans l'air. 

(A. B.) 



» Nous descendions la jolie vallée de 
risle, lorsqu'un cycliste ven&nt en 
sens inverse et avec une vitesse 
in.^olente, ne put éviter une vache 
qui traversait la route, et il cul- 
buta. » 

(llAOaiCB DoiVHAY.) 

« Tout ce monde de gais et robustes 
pédards s'amuse hygiéniqueoient, 
boit et mange de même. » 

(TiBtxmcc.) 

VE^'DR£. Bazardei\ Déboulonnet\ 
Fourguer, Laver^ Lessiver, Solir *. 

« Bazarder le don de FEmpereur I Je 
Tai déposé à la porte. » 

(G. D'EsrARBts.) 

tt L'agent Girodot devait jouer le 
rôle d'un voleur parisien chargé 

§ar ses camarades de laver le pro- 
uit de plusieurs vols. » 

(G0R05.) 

« Deux jours après le départ du pa- 
ternel, le complet neuf était lessivé 
à la « Trompette de Jéricho. >* 

(DOBOt.) 

M — Dans le square nous avons trouvé 
un type que je ne connais pas qui 
a dit à Martin : « Tu sais, mon 
vieux, c'est pour ce soir » et qui 
lui a remis un couteau à virole en 
disant : » S'il y a des litres, tu 
me les donneras, je les ferai four- 
guer à Londres. » 

[Le crime de la rue Pierre- Lf roux.) 

— VENDRE A VIL PRIX. Bra^ 

der, Fusiller, 

— VENDRE SUR LA VOIE 
PUBLIQUE. Cameloter. 

— VENDRE. (Trahir.) Bidonner, 
Donner, Lessiver, Macaroner. 
V. Dénoncer, Malice. 

VEXGEAXCE. Faide. 

VENIR. V. Arriver. 

VÉXÉRIEIV. V. Gonorhéa, Sy- 
philis. 

VEXT. Bisac\ Bisan% Bisart*, 
Bizart*, Bizouart *, Brisant^ 
Grie\ Grielle\ Gris, Zeph, lif. 



YEN 



— 439 



VER 



'< C soir-là, il f'sait justement un 
zepfi à décorner tous les cocus de 
France et de Navarre. » 

— VENT D'ORAGE. Ruffle, 

— VENT D'EST. Ostac. 

— VENT DU SUD. Cornemu- 
seux. 

— VENT DU NORD-OUEST. 

Mistrilto^ Misiro. 

VENTE. Four gage, Lavage , Lessi- 
vage, Lessive. 

« Oh ! le lavage n'avait pas été long : 
un brocanteur avait acheté le tout 
pour quinze francs. » 

VEJVTRE. Bauge *, Berdouille, 
Bide, Bidon y Globe, Lanterne, 
Tambour, V. Abdomen. 

VÉREUX. Fig. Enfoncier, Se dit 
d'un office,d une banque : Crédit 
en/bncie)*, jeu de mots sur crédit 
foncier. 

VÉRITÉ. Dire la vérité : Aller à 
crosse, V. Avouer. 

VÉNUS. La Baronne du Bardant, 

VERGE. V. Sexe. 

VERMICELLE. Asticots. 

VERMINE. Habitants, V. Pou. 

VÉROLE. V. Syphilis. 

VERRE à boire. Glace, Glacis, 
Glasse, Gobe, Gobeson, Gobette, 
Guindal, Tasse. 

— VERRE A PIED. Entonnoir à 
patte, 

— VERRE EN FORME DE 

GLOBE. Ballon. 

Emplissez mon glass' qu'est TÎde 
Pour que j' me TenUr dans 1' bide 
A sa sauté! 

a Mais Alcide en s'espliquant avec 
Faut' avait pris la pipe : il avait la 
gueule en sang. Çui qu^avait fait les 
arm^ avec lui, qu'est un bon fieu 
dans r fond, 1' conduit chez T phar- 
macien, après i' y paye eun' tasse ; 



guis i's sont rentrés, bras dessus 
ras dessous, à Charonne. » 

— VERRE DE VIN. Absinthe de 
vidangeur^ Bavaroise de cocher, 
Coup de blanc ou de bleu (selon 
que le vin est blanc ou rouge). 

— VERRE DE VIN APRÈS LA 
SOUPE. Coup du médecin. 

— VERRE DE LA CONTE- 
NANCE D'UN QUART DE LI- 
TRE. Doinbe, Demw^roc.V.De- 
mi-setier. 

Quand j' siffle un canon, 
Nom de nom ! 
C'est pas pour Taire V pantre : 
C'est qu* j'ai plus d' cœur au ventre 
Nom de Dieu ! 
Après un coup cT bleu. 

(J. R1CHBP15.) 

— VERRE DE BIÈRE d'un demi- 
litre : Demi^ Distingué; — d'un 
tiers de litre : Ambulant; — 
d'un quart de litre : Bock ; — 
plus petit : Galopin, 

c — Maxime, foutez-moi un çalopin a 
la table de ce poivreau-Ia, que je 
trinque avec sa bergère. ■ 

-— VERRE D^EAU-DE-VIE. Bour- 
geron, Chifferlinde, Coup de 
Janle, Veilleuse, 

« — Allons! assez causé... mère la 
Nippe, il faut filer... il va y avoir 
du tabac ici... emmène la môme 
dare dare, tu sais ce qui a été 
convenu... 

— Oui, mon fils, dit la vieille, docile 
et respectueuse, mais laisse-moi 
lamper encore un coup déjante,., 

— Une autre fois ! répondit Nib d'un 
ton qui ne permettait pas de ré- 

f>lique... allons! ouste! décerni- 
ons!... M 

(BoMOKD Lepellstieb.) 

VERROU. Boudin. 
VERSAILLES. Versigot. 

— Pendant la Commune, les 
Parisiens appelaient Ver- 
sailleux le gouvernement et 
les soldais cantonnés à Ver- 
sailles. 



VEa 



— 440 — 



VÊT 



Quand arrivèrent les Venailleux, 
C'est eir-mém' qui commanda 1* feu... 
Elle est tombé', la gueule ouverte, 
A Montroerte ! 

VERSER. En parlant d'une voi- 
ture : Prendre la route de Ver- 
sailles ou le boulevard de la Cul- 
bute, 

« Arrivé au pont d*Austerlitz, v^à V 
bourdon qu'i* s'emballe et la chi- 
gnole cjui chahute si teU'ment qu' 
Je m' dis à part moi : « mon vieux 
libi, si ça continue, ou va prendt^ 
la route de Versailles ! » 

VERSEUSE. (Ustensile.) Verse 
(arg. des garçons limonadiers). 

« — Chargez la verse pour deux 
mazas à l'as ! >> 

VESSE. Cloque, Louffe, Perle, 
Rôdeuse, V. Pet. 

* J'aime mieux enfller des perles que 
de les sentir tomber. » 

VESSER, Cloquer, Laminei\ bouf- 
fer. 

« r louffe chez lui sans s'égnauler et 
quand ça tcouiilotte, i' dit qu' c'est 
son clebs qu'a cloqué, • 

... — Moi, dit Madeleine, 
Chez mes parents j* lei ^^ais r'monter; 
Mais ça m donuait mauvaise haleine 
Maint'nant j' les sors sans m'épater. 
Avec ou sans bruit faut les prendre : 
Quelquefois c'est un souTile, un rien ; 
Mais Edouard n'aim' pas les entendre. 
Je les lamine quand il vient. 

(P. Faillitte.) 

VESSIE. Enflée. 

« La vessie ou Venflée d'eau d'af fut 
pressée jusqu'à la dernière goutte. »> 

(ViDOCQ.) 

VESTE. Li>/re*. 

— VESTE DE GAliÇON DE 
CAFÉ. Hase-pet, liondin. Cette 
dernière expression s'applique 
également a la veste turque, 
comme la portent les zouaves. 

« Le loufiat, souvent élégant, nu-téte 
à l'heure du service, devient hor- 
rible dès qu'il abandonne le rondin 
et le tablier pour reprendre le pa- 
letot et le chapeau bourgeois:. » 



VÊTEMENT. Étui. Figues. 
Fringue, Froque^" , Frusques, Har- 
nais, Pelure, Saint-Frusquin. Par 
extension, ce dernier terme s'ap- 
plique à Tensemble de ce qu'on 
possède. 

« T'aurais vu si j'étais gandin avec 
mon nouvel étui ; on aurait dit d'un 
gentleman ridél » 

« La petite çonzesse a de fignoles 
figues I Pas besoin de dire avec quel 
instrument elle les a gagnées. » 

En mil huit cent quatre-vingt-dix 
Comme an temps des décors étrusques. 
La femme éprise d'Amadis 
Aime à porter de belles frusques. 
(Th^odoee de Banville.) 

« En un tour de main, elles vous auront 
forcé d'essayer un habillement com- 
plet, du galurin aux ripatons, en 
passant par le culbutant, qui est le 
pantalon, et par la limace qui est la 
chemise. Puis après que vous leur 
aurez payé quinze fraocs une pe- 
lure ou paletot qu'elles vous fai- 
saient cent cinquante... » 

(Pacl Mahalix.) 

Et comm' leur fallait, cependant. 

Pour s' mett' ouèqu' chos' suus la dent, 

Qu'i* s' procurnt de la galette. 

r bultèr'ot un pétrousquin 

Et lui ûr'nt son saint- frusguin. 

(BltOOET.) 

— VÊTEMENT D'OCCASION. 

Décrochez-moi ça. 

— VÊTEMENT BIZARBE, OU râ- 
pé, Goupine*, 

VÉTÉRAX. Briscard, Brisquard, 
Vieille barbe, Vieille brisque. 
V. Chevronné. 

VÉTÉRIIVAIRE. Artiste. 

VÉTILLE. V. BagatoUe. 

VÊTIR. Enflaquer *, Frinyuer, 
Frusquei-, Frusquiner, Harnacher, 

Et faudrait que j'me r'paye un mec 
Que je r fringu', que j' yempâte 1' bec 
Quand ej fais pas pour ma croustille? 

(A. B.) 

<c Quelquefois des snobs passent, jo- 
lis, précieux... et si bien frusques \ *> 

(StvBmtnK.) 



VIA 



— 441 — 



VIE 



« C'est pas pa*c' qu'on n'a, pour 
s'harnacher^ qu'un rideau et un 
bénard en vMours qu'on sVait pas 
un brave homme comme quiconque ; 
pas vrai? » 

— VÊTU. Orti. 

« — En voilà une de gironde et de 
bien ortie. » 

(DOBUT DR LaFOBE^T.) 

— VÊTU DE NEUF. Recoqué, Re- 
coquinché, Refringué^ Refrus- 
que. 

c Un jeune freluqueux, assis entre 
deux gonzesses recoquinchée8,y bo- 
nissait le neu filin. » 

(Louise Michel.) 

— MAL VÊTU. Fichu comme qua- 
tre sous^ Goupiné *. 

— VÊTU CHAUDEMENT. Merri- 
flauté*. 

VIANDE . Barbaque, Barbèque^ 
Barbi *, Ridoche, Carnet Crie *, 
Crigne *, Criynole *, Criole *, 
CrioUe *, Harnois *, Niorie. 

« Farouche, il appelait la viande ava- 
riée « de la barbaque ». Quand les 
vivres ne lui plaisaient pas, il les 
refusait véhémentement. » 

(G. d'ëspabbès.) 

« Et quand il avait la bidoche dans la 
gargue, i' sortait son brich'ton et 
mordait à même. » 

« 11 a vagabondé par les rues : à re- 
luquer les pains dorés des boulan- 
gers, la belle came des bouchers, 
toutes les machines qui se bouffent 
aux étals des restaurants, il lui ve- 
nait des envies de Toutre le grappin 
dessus... » 

{Père Peinard.) 



— BOULETTES 
Attignofes. 



DE VIANDE. 



De rOdéon pensif aux tristes Batignolles 
Nous iroDB. Telle va la comète oui luit ! 
Chez le maslroquet gras qui venu des atiignoles 
Nous boirons le vinduux qui fait pisser la nuit. 

(J. RlCHEPIN.) 

— MAUVAISE VIANDE. Bifteck 
à Macqunrtj Pampine^ Sous-pied. 

VIATIQUE. V. Extrême-onction. 



VIDAXGEUR. Bernateur, Berna- 
lier, Confiturier^ Fifi. 

Vidangeant dans un* famille 
Qui comptait des mass's d'aïeux. 
Il aperçut la jeun' fille 
Qu'allait justement aux lieux. 
A l'instant, il s'éprit d'elle; 
Il revint, il lui parin... 
Le fifi plut à la belle : 
Un même feu les brûla! 

(AitDRÉ GiLL.) 

VIDER. En parlant d'un plat, 
d'une assiette, etc.: Nettoyer, 
Toixhei\ 

— En parlant d'une bouteille, 
d'une tasse, d'un verre : 
Rincer. 

— Ces expressions peuvent 
s'appliquer également à la 
bourse, à la poche, à une 
caisse. 

VIE. Aff, Lignante*, Vioqtie. 

VIEILLARD. Birbe, Birbon, Boni- 
card, Bonique, Rombier, Vioc. 

— VIEILLE FEMME. Birbnsse, 
Vioque. 

— VIEILLARD GATEUX. Gaga. 

M<ii, j' suis birbass', j'ai bsoin d' lartou 

T'as donc un palpitant d' carton? 

Qui qu'a massé pou' t' fout' au monde ? 

(J. RiCHEPIN.) 

1' 8* fit ballader lot rognons, 
Du bois d' Boulogne au Panthéon, 
Dans r corbillard des misérables, 
Enguirlandé d' B^ni-BoufT-Tout 
Et d' birbet à barb's vénérables. 

(JauÀR Rictus.) 

tt Vois-tu, ûston, quand on est vioque 
et qu'on n'a pus V rond, vaudrait 
mieux cronir. » 

VIEILLERIE. Birbasserie. 

VIEILLIR. Aller en rabattant, 
Avoir de la barbe, des chevrons, 
Être à r horizon, Se décartonner. 
Se décatir. Se décaver. Se faisan- 
der. V. Changer. 

VIERGE. (Jeune fille.) Pleur de 
mai. Fleur de mari, Mascotte. 
V. Virginité. 



VIE 



— 442 — 



VIN 



- Jeune homme. Coquehin, 
Mascot; on dit également 
Mascotte. 

« Si les mascottes portent bonheur, 
les mascots portent malheur ; et la 

Prédominance du désastre dans 
humanité provient sans doute de 
cette circonstance que, contraire- 
ment à Topinioii généralement ad- 
mise, ceux-ci sont plus nombreux 
que celles-h. » 

(('atl'ii.k Menons.) 

« — Et dire que je mourrai sans avoir 
le pucelage de quçl(|u*un I Ça serait 
mon r^ve de trouver un débutant ! 
Je le payerais môme, si je savais 
en rencontrer un ! 

— VMà ton allaire, dit un volontaire, 
le brigadier... c'est une mascottel 

— C'est vrai? lit Blondinette en me 
saisissant par le cou. 

— Il est fou! répondis-je en haussant 
les épaules, mais je me scutais 
roupir jus(|u'aux j'eux. 

— Ecoute, mascotte ou non, ça ne 
fait rien, montons! » 

(0<CAH MtTtNIIR.) 

VIERGK (LA^. Ddvonne du Mec 
des Mtcs, Daronne du Grand 
U(hre\ V. Village. 

VIEIW, VIEILLE. Vioc, Vioqur, 
V. Mort, Vieillard. 

— On (lit d'une personne très 
vieille ou qui va mourir 
(jumelle a Chic plus de la 
moitié de sa merde. 

VIGXE. Bois tordu, Calvi{/ne\Cal- 
line*, Clavin\ Clavine*, Tortil- 
lante, 

VIGXEROiV. Calain % Calvin \ 
Claviyi*, Clavineur*, Jean Uaisin. 

VIGOUHEUX. D'attaque, V. Fort. 

M Couponu marchait de l'air esbrouffeur 
d'un citoyen qui est d'attaque. • 

(K. ZuLA.) 

VILAIX. V. Laid. 
VILEME. V. Indélicatesse. 
VILLAGE. Villois, 



« Si tu consens à nous laisser rebâ- 
tir le ratichon et sa larbiue, nous 
irons pioncer dans le sabri du ru- 
pin de ton villois^ à cinquante patu- 
rons de la chique de la daronne du 
mec des mecs. » 

(ViDOCQ.) 

VILLE. Vergne, 

Sur la placarde de vergne 
Lonfa malara dondaine. 
Il nous faudrait gambillcr, 
Lonfa malura dondé ! 

VILLETTE (LA). La Viltouse. 
V. Quartier. 

VIX. Bluchet ', Fil en double \ Jus, 
Pichenet, Picton^ Pihonnis ', Piot *, 
Pive, Pivots y Pivre, Sirop, Torttt, 
Vinasse. 

« — Allons, gas, ne soyons donc pas 
si grand enfant. Il n'est point de 
chagrin qui n'ait sa fin... Tiens, 
viens prendre un coup de pichenet ! . . . 
Ça te remettra. » 

(H. SOXDRE.) 

•' Un coup de picton par-ci par-là, ça 
ne fait pas do mal ! >* 

«( — Un verre de j)ivois ? 
Il versait le vin. 

Les coudes sur la table, il par- 
lait alors d'abondance... s 

(G. D'EspABBÈfl.) 

(c Et j' m'explique comme on dit dans 
les réufirnons : D'abord, quoi qu'il 
aime, l peupc ? El' pive. — Quoi 
qu'i' boit ? Du raide. — Porquoi ? 
Pa'c' que quand qu'i* veut s'enGler 
un d'mi-stier, faut tout d^ suite 
qu'i' y aille d' ses quat' ronds, 
tandis que pour deux bourgues, 
dans les bars, il a un verr' d'eau 
d'af, et pour trois pélots on y sert 
eun' bleue. »» 

Au«9i. bon Dieu ! c' qu'on en a pfis ! 
Chacun a payé sa tournée 
Airant d' nous rentrera Paris... 
Et, pour terminer la journée, 
Ou est all^ d' zinc eo bistro, 
Pompier d' la vinasse et d' la bi^re, 
A la santé de c' pauv' Perdreau 
Ouest resté U-bns... au cim'lière... 

Ali ! c'est épatant, c' qu'on boit, 

Quand on a la |;ueur de bois .' 
(A. B. Lf.s Souloloques d'Honoré Constant.) 

— VIX ROUGK. Bleu, Pivoût de 
IxOUffmont. 



VIN 



— 443 — 



VIS 



— VIN ROUGE LÉGER. Petit 
bleu^ Picolo, 

Du picolo l 
V'ià mon lolo ; 
J'en boi:) quand j'ai mal à la této..« 

(A. B.) 

— VIN BLANC. Pivois savonné. 

— VIN BLANC NOUVEAU, iî/a/l- 
quette, Macadam. 

(1 Chez nous, c'est sous le noir et bas 
plafond d'un bouge que les voyous 
blafards, couleur tôte de veau, font 
la vendange. Ils ont pour vin doux 
et nouveau le liquide appelé maca- 
dam^ une boue jaunâtre fade. » 

(Jkan Richkpi.'v.) 

« Et moi qui ne bois guère que de Teau, 
à peine un peu de blanquette^ j'ad- 
luire le côté patriarcal et esthétique 
de la scène; je pense que nos pères, 
ainsi, se réjouissaient autour de la 
bonne bouteille... » 

(SavaRm.) 

— VIN AIGRELET. Briotel\ Gin- 
g lard, Jinglard^ Regingiard, He- 
(jinglot. 

» 11 nous servit un petit reginglard 
ben gentil à rœil, ben mignon au 
goût, mais qui se faisait sentir 
quand on n'y prenait garde. » 

L' vieux m'a dit : « Pour la circonstance, 
u Buvons c' jinglard à ta santé. .. « 

(JcLEs CélAs.) 

— VIN ORDINAIRE. Omnibus, 
Vin du broc^ Pive au Kil. 

— VIN EN BOUTEILLES. Ca- 
cheté. 

— BOUTEILLE DE VIN VIEUN. 

Houillarde. Y. Bouteille. 

— SALADIER DE VIN ROUGE. 

Sang de bœuf. Vin à la fran^ 
çaise. 

— SALADIER DE VIN BLANC. 

Marquise. 

— VIN DE CHAMPAGN . Cham- 
pe. Coco épiieptique. 

VINAIGRE. Pivots citron. 

VINGT. Lingtvéf Linvé, Linve. 
V. Jargon. 



VINGT-DEUX. Les deux cocottes. 

VIOLEMUIENT. D'achar, D'auto, 
D'autor, D'esbrouffe, De vif. De 
riffe, De rifle. V. Autorité. 

VIOLENTER, VIOLER. Cambrio- 
ler^ Embardcr, Embauder *, Pes- 
ciller à la dure*yRipei* ou Tigner 
ou Tiquer d'esbrouffe, d'auto, d'à- 
char, de rif, de rifle. V. Abuser. 

VIOLON. Frémillon, Prémion. 

VIOLONCELLE. Armoire. 

VIRGINITÉ. Capital, Coquillage, 
Coquille, Fleur, Primeur. 

Tu possèdes, mignonne, un gentil capital; 
Ne prends pas un caisbierpour gérer ta fortune. 

—AVOIR SA VIRGINITÉ. Vavoir 
encore. 

— PERDRE SA VIRGINITÉ. 

Casser sa cruche, son sabot, Voir 
le loup. Voir le loup }>eter sur 
la pierre de bois, Y avoir passé. 

Le coin d'un bois, Therbe nouvelle, 
l'n mouvement, le moindre mot, 
l'o rien fait broncher une belle, 
Un rien lui ccuse son sabot. 

(PiGAULT-LtDBCN.) 

« H ne faut pas, quand on est si liées 
ensemble, que Tune possède ce que 
l'autre a perdu, que celle-ci ait vu 
le loup, des bandes de loups, tandis 
que celle-là en est encore à se de- 
mander quel est cet animal et com- 
ment il a la queue faite. » 

(Albert Cm.) 

VIS. Manivelle. 

VISAGE. Balle, Betterave, Binette, 
Bobe, Bobèchon, Bobinasse, Bobine, 
Bobinot, Bouillotte, Burette, Cafe- 
tière, Caillou, Caire*, Capatrat, 
Carafe, Carafon, Cible, Ciboulard, 
Ciboulot, Citron,Couache, Couèche, 
Fiole, Frime, Giffle*, Glutouse*, 
Gueule, Hure, Lampe, Michaud *, 
Moure (provençal), Musette, Poê- 
lon, Poire, Pomme, Potiron, Quet- 
che. Saladier, Terrine, Tesson, 
Téteire, Théière, Tirelire, Trogne, 
Trognon, Trombine, Trompette, 
Tronche. V. Tête. 



VIS 



— 444 — 



VIV 



Et j' soutiens qa* les gens vraiment taies 
C'est ceuss que pour laver leurs ballet 
Il leurs en faut cinque d' Bully. 

(J. RiCHKPIX.) 

Mongniaaseestbath : j'ai un chouelt' motire 
La bouch' plus p'tit' que les calots, 
L'esgourd' çiron T comme une Ostende. 
Aussi j' m'ai dit : Vivons d' not' Tiande ! 
J'aim* mieux et' dos. 

(ïo.) 

« Oh! mon vieux, allume la bouillotte 
du frère. Ah! c' po^/on!... Tu vois 
la bergère qui s' réveille avec ça 
su' son polochon, c' qu'a doit en 
faire eune burette \ » 

La cible trouéf*, à coups d' lingue, 
Par les caress's de ses mectons. 
En leur barbotant leur morlingue 
A' s' vengeait sur les beaux raicli'tons. 

(A. B) 

D-'s tir au flgnon 
J* suis toute' qu'y a d' nature : 
J' me coir pas d' peinture 
Ni d' plût' su* r trognon... 

(L. DB BncY.) 

— VISAGE ANTIPATHIQUE. 

Gueule en coin de rue^ Gueule 
à chier dessus. 

— VISAGE COUPEROSÉ, tumé- 
fié. Abcès. 

— VISAGE GRÊLÉ. Écumoire, 
l^oéle à mnrrons. 

— VISAGE GROTESQUE. Marron 
sculpté. 

— VISAGE RENFROGNÉ. 

(irinte*. 

— VISAGE TACHÉ DE ROUS- 
SEUR. Boule de son, 

— VISAGE BÉTE. Se traduit par 
Gueule de suivi d'un des équi- 
valents de Bote, Naïf. 

— VISAGE PLAT. Gueule de 
raie. 

— VISAGE AGRÉABLE. Balle 

(l'amour. 

— Don que tu sors ? Y a plus 
• î'un an qu'on a reluqué ta balle 
d'amour] » 

(DUBUT DB LirOBEST.) 

VISER. Frimer, Mordre, Niner*. 

VISIERE. Abat-jour, Abat-reluit, 
Biscope, Viscope. On se sert aussi 



<i 



de ces mots pour désigner les 
coiffuresàgrande visière, comme 
lacasquette ou leképi.V.ZoaaTe. 

VISITE. Visite sanitaire des pros- 
tituées: Montretout, 

— Subir cette visite : Cramper 
avec le dab d*argerU (allusion 
au spéculum). 

— VISITE POLICIÈRE. Descente. 

« L' gros Julot 8*a fait cercler un 
Jour que y avait une descente dans 
son garno. » 

— VISITE DES PRISONNIERS, 

au greffe. Barbote^ Fouille, Fou- 
robe *, Buine. Ces expressions 
s'appliquent également aux vi- 
sites faites par les portiers des 
hôpitaux et de certaines manu- 
factures. 

« — A l'entrée, le lourdier vous 
passe à la barbote, y a moyen de 
rien passer ; excepté des oranges 
et des biscuits. » 

« Les malfaiteurs appellent la ruine 
cette fouille qu'on opère sur eux à 
leur arrivée en prison et qui les dé- 
munit de leur argent. » 

— VISITE DE SANTÉ des mili- 
taires. Bévue des pafs, des 
pipos, etc. (obscène). . 

VITE ! Acres, Crès, Dare dare. Far, 
Farre, 

Acrêsl Acres \ V'ià l'arnaque! 
Dépéchoos-uoos d'cavaler, 
Julot va nous emballer!... 
Pourtant mon homme est d'attaqae« 
Mais quand ya par trop d*flic&rds 
Vaut mieui filer en peinards. 

VITRE, VITRINE. Bocal, Boucard, 
Bouterne, 

a J'aimerais mieux faire suer le chêne 
sur le grand trimor que d'écorner 
les boucards. » 

(VlDOCO.) 

VITRIOL. Bouillon gras. Allusion 
au bol dont se servent ordinai- 
rement les vitrioleuses. 

VIVEMENT. V. Vite. 



VIV 



— 445 — 



VOI 



VIVEUR. V. Noceur. 

VIVRE TRANQUILLEMENT . 

Se la couler douce, Se les rouler. 

VIVRES. V. Aliments. 
VOILA ! int. Boum ! 

Partout, les rarçons de cafés, 
Serriette au nras et bien coifTi's, 
Lorsque les clients assoiffés, 
Frappant sur le marbre des tables, 
Commandent un bock sans faux* col 
Ou quelque absinthe ou quelque alcool 
Répondent tous, eu u/, en 5o/, 
* Avec des voix épouvantables : 
Boum ! 

( BLioORT. ) 

VOILETTE. Rideau, 

« Quand on a des mirettes comm' ca 
on n' se met pas un rideau su^ la 
gueule. » 

VOIR. V. Apercevoir, Regarder. 

— QUI VOIT TOUT. Qui a l'œil 
américain. V. Œil. 

VOITURE . Bagnole , Chignole , 
Guimbarde, Roulante, Roulotte, 
Voite, 

Mais un broch'ton qu'avait vu V truc 
S'accrocha dcrriêr' la chignole 
Et quand j'en sortis — bonjour Luc ! — 
Fallut y r filer ma pislole. 

(L. DB Bcacv.) 

« — C*est que j'en ai assez des dis- 
iractioos du château! des prome- 
nades dans la guimbarde au père La 
Vrille. » 

(Michel Provitis.) 

« — Non, mais je pense à Cocotte, 
qu*a pas volé son picotin... 

~ Tu lui colleras double tournée 
quand on rappliquera... Mais tu 
comprends que si je te demande ta 
roulante^ c^est qu'il s'agit de notre 
jeune bourgeois. » 

(LrRUIXA et LBTtQUB.) 

« Tu parles qu'on n'avait pas l' sanç 
de r'^rimper du Lion d' Béfort a 
Beirville, à pinces à trois plombes 
du matin. Alors, Cécile s'est fendue 
à* uhq* roulotte, » 

^ VOITURE PUBLIQUE, omni- 
bus, boîte à canaille, à sardines, 
Bus, Dalège, Omnicroche. 



— IMPÉRIALE D'OMMBUS. 

Étagère, Fauteuil de plafond, 

n Le bon peuple qui travaille, qui 
peine, qui bûche; les ouvrières de 
tous corps d'état, « petites mains » 
très lasses, petits pieds chaussés 
dur; les employées, les institutrices 

fantées de filosellc noire; Tinfime 
ourgeoisie, si voisine de l'artisan 
que l'on ne saurait distinguer, tels 
sont les assidus de la boîte à ca- 
naille, » 

(SiVBBINE.) 

Quand je sors ma ménagère 
Et qu' j'ai pas beaucoup d' quibus. 
Pour i>iK ronds uous prenons 1' but 
Et grimpons sur V étagère. 

(BaiOLLKT.) 

— VOITURE LÉGÈRE. Gig. 

— VOITURE CELLULAIRE. Ca- 
lèche du préfet, Panier^ Panier 
à salade. Omnibus de la préfec- 
tance, de la préfecture, Omni- 
bus à pègre. 

Et faisant maint et maint détour 
Le panier conduit à la tour, 
La rafle. 

(L. DE Bebcy.) 

— VOITURE DE PLACE. Sapin, 

V. Fiacre. 

A c'tte époqu*-là, c'était 1' bon temps 
La Mélocho avait dix-huit ans, 
Et la Filoche était rupin ; 
Il allait, des fois, en sapin. 
Il avait du jonc dans sa poche, 
A la Bastocbe. 

(A. B.) 

— VOITURE PRISE A L'HEURE 

et qui atteud le client à la 
porte. Ver rongeur, V. Fiacre. 

~ VOITURE DE FORAIN, de 

saltimbanque. Caravane, Marin- 
gotte, Roulotte, 

« Son rêve était de faire le tour de 
France en caravane, s'arrêtant où 
il lui plairait. » 

(A:<DBft IIayot.) 

« Sur la place du bourç, les trois 
roulottes des acteurs forains s*étaient 
rangées le long des marronniers. » 

(A. Thbubibt.) 

« Déjà les maringottes étaient signa- 
lées sur les routes; Tune après 
Tautre, au pas d^une maigre carne 



VOl 



~ 446 — 



tirant sur Tattelle, elles escaladaient 
la dure montée qui menait à la 
place, avec leurs petits hublots ten- 
dus de rideaux rouges. » 

(Càmillb LcMûiiMKa.) 

— VOITURE DE MARCHAND 
AMBULANT. Baladeuse, 

a Dès trois heures du matin, il des- 
cendait aux Halles avec sa bala- 
deuse pour procéder à Tachât des 
légumes ou des Heurs, w 

\Ol\,Gaîoubet, Gueule. W.Chmter. 

tt C'est un des bons comiques du 
concert ; avec ça, il a de la gueule 
comme un baryton. » 

— ÉRAILLEMENT DE LA VOIX. 

Crapulite , Crapulile aiguë, 
V. Enrouement. 

VOL. Barbot, Barbotlage, Coup de 
ni6, Dégringolage, Doublage^ Dou- 
blé, Entrôliement. *, Étouffage, Fu- 
sillage^Goupinagey Grillage, Grin- 
chissage , Grinche , Grinchage , 
Joncherie^y Macainsme, Hatissage, 
Secouage. 

« Fs étaient partis à trois pour Taire 
un coup d' nib au Point du Jour 
chez un troquet qu^était à la noce 
de son n'veu. J'ai pas voulu mar- 
cher dans la binaise : j'ai jamais 
été pour le dégringolage. » 

« Ou le mit à la cour des adultes. 
Un bandit à figure sinistre l'iu- 
tcrpella : 

— Pourquoiqu't'esfait, toi? Pour 
chiquerie ou pour grinche ? 

Et comme il ne répondait pas : 

— T'as pas une bouillotte à din- 
guer un flic ; t'as dû faire Vélouffage 
d'un raorlingue, hein?... d'un bb- 
gard?... Tu n'entraves pas?... Mon- 
sieur est étranger, sans doute. » 

tt 11 y avait à peine deux jours qu'il 
était sorti de prison qu'on le repin- 

Sait pour ratissage d'une pehsse 
ans un café. » 

— Le vol étant un Travail ou 
une Affaire pour le malfai- 
teur, celui-ci emploie ces 
deux mots et leurs syno- 



VOL 

nymes argotiques (Kiur le 
désigner; d'ailleurs il est à 
remarquer que le voleur de 

f profession emploie très peu 
e mot Vol ; il remplace 
ordinairement cette expres- 
sion par le mot Coup. 

— VOL PAR UN BIJOUTIER. 

Broquillage, Vol au forage, à 
la graisse. 

» Le broquillage est un vol commis 
par certains bijoutiers, qui rem- 
placent par du strass ou des pierres 
rausses les diamants ou pierres 
fines qui leur ont été confiés. » 

(Hgctob Fmakcs.) 

a Le vol au forage ou à la graisse 
consiste à creuser les bijoux pour 
en enlever Tor et le remplacer par 
du plomb, en laissant les marques 
du poinçon. » 

(RiGACD.) 

^ VOL A LA BONNE AVEN- 
TURE. Vol à la bonne fortan- 
che\ il est pratiqué par les sor- 
ciers, les bohémiens et les 
somnambules. 

— VOL AU CHANGE DE MON- 
NAIE. Philippe, Bendé, Ren- 
dem, Rendémi, Rendez-moi. 

« Les dupes du rendent sont nom- 
breuses à Paris et plus encore en 

province. » 

(G. HACi.) 

~ VOL COMMERCIAL. Brisure, 
Faisanderie. V. Gommercef 
Escroc. 

— VOL PAR COMMIS OU comp- 
table. Affure, Fourbi, Fricot- 
tage. Rabiot, Tripotage, V. Bé- 
néfice. 

— VOL PAR CORRESPON- 
DANCE. Araire d'Espagne, Ar* 
cal *, Vol a l'enterrement, au 
trésor caché, Lettre de Jéi^usa- 
le m, 

« Je vois ce que c'est, vous venez 
pour une affaire dCEspagne, le vol 
a Venterremenl ». (C'est ainsi que 
les voleurs appellent, daus leur 



VOL 



— 447 — 



VOL 



argot, l'escroquerie du trésor en- 
terré en Espagne.) 
« Pour vous éviter la peine de lire 
votre lettre, disais-je ensuite à mon 
visiteur, je vais vous dire textuel- 
lement ce qu'il y a dedans. 

Puis je sonnais et je demandais : 
« Le dossier enterrement espa- 
gnol. M On ne pouvait mi^me me 
Papiîorter tout entier; il eût fallu 
plusieurs hommes pour cela, tant 
il était volumineux. 

La plupart du temps, le visiteur 
me laissait sa lettre en me remer- 
ciant de l'avoir ainsi éclairé sur 
l'escroquerie dont il aurait pu ôtre 
victime ; mais l'espoir du gain a de 
telles séductions sur une foule 
d'âmes qu'il y avait des gens qui 
remportaient leurs lettres tout en 
me remerciant; ceux-là, invaria- 
blement, devenaient les victimes 
du vol au trésor caché. 

Ce qu'il y a de plus curieux dans 
ce genre d'escroquerie, c'est que 
les voleurs qui l'organisent ne se 
contentent pas, quand ils trouvent 
une bonne tête, des 4 ou 500 francs 
demandés dans la lettre. 

Ils répondent après ce premier 
envoi, aes pourparlers s'enf^agent, 
une correspondance suivie est 
échangée, on fait comprendre à la 
victime qu'il faut encore un peu 
d'argent. 

Enfin, on annonce au bon gogo 
que le grand jour est arrivé; il 
part pour l'Espagne, où il doit re- 
cevoir le plan détaillé du terrain, 
et le décamètre qui servira à le 
mesurer, afin de retrouver exacte- 
ment la place où il faut faire les 
fouilles pour retrouver le trésor. 

Un complice vient mystérieuse- 
meut au-devant du voyageur et le 
conduit jusqu'à la porte de la pri- 
son où le naïf attend le cœur plein 
d'espoir. 

Une heure se passe, le complice 
sort en tenant à la main une liasse 
de papiers. 

llest tout simplement entré dans 
la prison pour la visiter, pour par- 
ler au directeur ou à un gardien, 
et, naturellement, il avait dans sa 
poche, en venant, les fameux plans 
qu'il tient à la main en sortant. 

Ces plans, bien entendu, le com- 



plice ne les livre que contre le 
versement d'une somme impor- 
tante qui va quelquefois jusqu'à 
10 000 francs. 

Notre homme revient en France, 
gagne l'endroit indiqué^ et la nuit 
venue se met au travail, fouillant 
avec courage la plaine ou le ravin 
marqué sur le plau. 

Inutile de dire qu'il ne trouve 
rien ; et quand il veut faire recher- 
cher par la police espagnole le 
comphce (fui l a mené à la prison, 
celui-ci a pris la poudre d'escam- 
pette. » 

(GOROM.) 

« Monter un arcat *, c'est écrire de 
prisoQ et demander une avance sur 
un trésor enfoui dont on promet de 
révéler la place. La lettre qui sert 
à monter 1 arcat * s'appelle lettre de 
Jérusalem parce qu'on l'écrit sous 
les verrous de la Préfecture. Vidocq 
assure qu'eu l'an VI, il arriva de 
cette façon plus de 15000 francs à 
la prison de Bicêtre. » 

(L. Lakchey.) 

— VOL PAR LA DEVANTURE 

des boutiques. Vol au boulon^ 
Vol à l'écornage. 

tt Le vol au boulon se pratique à 
l'aide d'un crochet que l'on intro- 
duit dans les trous de boulon d'une 
devanture pour attirer des étoffes 

Srécieuses et spécialement des 
entelles. 

Si l'opération se fait par le coin 
d^une glace qu'on a préalablement 
« écornée avec un diamant de 
vitrier, elle prend le nom d'écor- 
nage. » 

— VOL SUR LES DORMEURS, 
LES IVROGNES. ChatouUlage, 
Vol au kénepy au poivriet\ 

« — Et toi, Petit-Louis, avec ta pe- 
lure que t'as faite à la Maube! Et 
toi, la terreur, avec ton grimpant 
que t'as grinché au poivriei\ » 

(0. MiTtniBB.) 

— VOL A L'ÉCHANGE. Char, 
Charida, Charriage, Vol à Vamé- 
ricaine, Vol au pot, 

« Il exï^e deux compères : celui qui 
fait I Américain, un faux étranger 



VOL — 4 

qui »e dil Américain, Brésltien et, 
depuis i|uelqiie temps, Mexicain; 
î» celui <iui lui sert de leveur ou de 
jardinier. Le leveur lie conversa- 
tion avec tous les naifs qui parus- 
sent porter iiueique argent. Puis 
on rencontre l'Américain, qui leur 
propose d'Édianser une forte 
somme en or contre une moindre 
aoiiime d'argent. La dupe accepte 
et voit bientôt les charrituri l'éfoi- 
gner en lui laissant, contre la 
tomme (]u'il débourse, des 



— VOL PAS EFFRACTION. 

Carouhlage, Ciuaaiie, Catiage 
de parle. Cassement, Eaqainte, 
Fricfrac, Monte-en-Vair. 



jacter d'vant des bourriques et 
d' vous Taire poisser. » 



■ Les romanichels Français sont plu- 
sieurs milliers... Ils pratiquent le 
vol à Vesbrou/fe, le vol à la lire, 
dit aussi à la fourckelle ; ils tirent 
aucAa'', pratiquent lV/)in.7lr(fe,cIc.> 
{L-BcUir.) 



— VOL DAXS LES HABITA- 
TIONS. Cambriolage, Vol au 
bonjour. Vol à la corbeille de 



1 — VOL 

I II serait donc trie juste que lei 
propriétaires, faiseur! d'éconamief, 
paient pour les cambriolage* com- 
mii dans leur maisons de groa 
dommages-intérêts, i 



[«.g 



,..) 



Le chevalier d'industrie dont te 
vol au bonjour est la spécialïti 
monte de bonne heure dans un 
hûtel garni, où on laisse voloatîers 
les clés sur les portes, trappe an 
hasard à l'une de celles-ci, entre 
s'il n'entend pas de réponse, et, 

firoQtant du sommeil du locataire, 
ait main basse sur tout ce iiui est 
à sa portée, quitte à lui dire, s'il 
se réveille : • Bonjour, monsieur; 
est-ce ici que demeure M. "* î » 



(DrLi 



D.) 



: Ce fut ce Jeanolle de Veineuse qui 
inaugura le uol à la corbeille de 

mariage, c'est-à-dire la soustrac- 
tion de bijoux dans les expositioni 
qu'il est maintenant d'usage ds 
faire les jours de signature da 
contrat. ■ 

(Co™.) 

— VOL DANS LES MAGASINS. 

Enguillage, Voi à la dilournt, 
à la mitaine, au kangourou, à 



une v»]'icté de vol à la détourne 
pratiquée dans les grands maga- 
sins par des rcmuies pour enlever 
des dentelles ou des objet? faciles 
à diisiraulcr, VËtue d une robe 
longue, chaussée de souliers large* 
et de bas coupés laissant les doigta 
de pied libres, la voleuse, en exa- 
minant des dentelles, en fait tom- 
ber à terre qu'elle ramasse avec un 
pied déchaussé et glisae dans le 
soulier. Ce voi demande une cer- 
taine dextérité. 



(H.C 



--■) 



Le vol au kangouro consiste & 
engtouljr les dentelles ou les cou- 
pons volés aux étalages dans une 
vasle poche diisimulée bous la 
robe. " 

— VOL SOUS HEXACE DE 
SCAXDALE. Chant, Chantage, 
Chanson. 



— VOL SUK LES PASSANTS, 

ea les fouillant. Coup île four- 
che ou dr f'turchetlt. Vol à la 
tire. 
r On l'oppelnil le Vicomte pt il l'Olnit 
authcnlii|iieiiienl. JolO hors des 
cerHes nii il a'iitnit fnit iiré?enter.,. 



I Les BKcnti i|ul composent relie 

brignde vont à In finr, dnni les 

rues de Paris, llairniit U^ voleur '• 

la lire Ou le ïoleiir h IVIiilaiic. » 

{<■ "■) 

— Kn les boiisnilanl. Vol à 
rcibrou/fr- 

" L'Allemand est un excellent lircut 
à ienbroiiffe. genre de vol trfs nu- 
cicn, consistant a bousculer vio- 
Icmuient une peri>onnc, et a proli- 
ter de son lihuriasement pour lui 
enlever son porte- monnaie. " 

(G. H.ct.) 

— Kn IcB ûlranglanl il moîlii- 
el (luelquefois tnul à fait. 

Charriage à tu màcaniqiie., 
Coup {lu père Frnnrois, <lii- 
roUa'je. 

• Le charriage à la mécaniqut <iiig<' 
dfux complices. Le premier jellc 
son uioucnoir au cou it'un passant, 
et, tenant les detx\ bouts, se re- 
loiiroe vivementdefaçonàappnyc]* 
la victime sur son dos : tandis qu'i I 
la tient soulevi^e cti moitié *lran- 
vlée, le second la fouille et la ài\n- 
lise. On ['appelle aussi le rou/> du 
Père François. Il était, il y a i|uel' 

3ues anni^es, fort commun à iLon- 
res, et les banditfi qui le prati- 
quaient étnienl désignés sous l« 
nom (l'êlTangleurn. MnU. à la suit<.' 
do nombreux forfaits île ce genri-, 
les magistrats, imlrpendammenl 
des travaux forces, cundaumi>rent 
les étrangleurs à recevoir un cer- 
tain nouibre de coups d'un fouet 
appelé « chat i neuf queues ■, 

feme si terrible et si redoutée que 
industrie des étrangleurs ceiiBri 



isi tVj 1 1 et prcm iëres appi i - 



— VOL »K PEL' D'IMPOa- 
TAXCE. Chipe -, Vol à la 

— RlïlTMn LE PRODUIT D'tIN 
VUI. COMMIS EN COMMUN, 

en vue du partnge. Aller au 
ilécar/iillemenC , Décarpiller , 
Faire le décarpilicmenl. 



VOLAILLE. Dcu.i; -paltt», Insecte, 
Orniclion. Ornie, Pique- en- leD'e, 
Volant. \. Ponle. 

VOLER. AfliicAcr, A'jrinehtr ' , 
Agripper. A lier chez lîrinche- 
tnann, Aquigrr, Atlrimer' , Barbo- 
ter, Barliotler, Chauffer, Crochet; 
Dégringoler, linliourer' , DeibouT' 
ser ', Doubler, Effaroucher. Em- 
pluchcr. Eteindre. Etouffer, £fa- 
porerjFabriiiuer.fairejFairefiter, 
Paire un nib, Faucher, Piler, Fri- 
ser, Fusiller, Oou^ncr, GrefJLr ', 
Griffer. Griller, Grincher, Grin- 
chir. Joncher \ Lever, Malriculer 
(arg. mililoit-e), iVeffo.ver, Pégrer, 
t'esniguer, l'incei; Piper, Poisser, 
Pollir', Raboter, Ratiboiser, Ra- 
(is,w, Rifler, Rincer, Roustir, Se 
casser le poignet sur..., Secouer, 
S'enduitnir sur.... Se trouver mal 
sur.... Soulever, Vendanger', 
Vendengrr ' ; plus quel ques équi- 
valents de TraTsiller: Boulonner, 



VOL 



— 450 — 



VOL 



Marner, Masser, Turbiner , de Tri- 
cher et d'Escamoter. V. ces mois. 

« L*un de ces visiteurs occultes, 
Tabbé X..., avait m<*iiie profité de 
la circonstance pour barboter deux 
livres obscènes, illustrés de galantes 
images inspirées par le péché peu 
mortel dont il aime tant a absoudre 
ses clientes de prédilection. » 

(Maxime Bouchero?i.) 

\]a soir qu'il avait i>as man^é, 
Qa'i' lAdait comme un curage ; 
Il a, pour barboWr V quihu.i, 
D'un couducteur den Umnibus, 
Crev^ I» panse et la »acociiO| 
A la Uasloclic. 

(A. W.) 

« Nos pères ne connaissaient pas le 
récidiviste, plaie de nos grandes 
villes. De leur temps, la première 
fois qu'on prenait un particulier à 
dégringoler un pante, on lui cassait 
les bras et les jnmbes et on le lais- 
sait expirer, les membres entre- 
lacés, clans les jantes d'une roue 
de cabriolet, supplice d'une inutile 
atrocité, mais (|ui ne permettait 
pas la récidive. » 

(Aliifbt Ror.AT.) 

« Sa spécialité était ù'éle.indre Tar- 

f^enterie dans les restaurants et 
es hôtels du littoral. • 

" 1/ soir, ils ont fait la bombe avec 
l'aubert de deux moriingues (ju'i's 
avaient effarouchés au champ d' 
courses. » 

« H lançait de vastes affaires sur le 
mnrcliè, comme la Caisse d'Algérie, 
et il ne dédaignait pas de vulgaires 
lilouterits. Ses opérations se trou- 
vaient ainsi embrasser tous les 
cercles de la vie de Paris. 11 ne 
dédaignait aucun coup à tenter. Il 
faisait le million aux riches gogos 
et le porte>moiinaic aux passants. » 

(l'li)Mo>n Lkpki.i.etiku.^ 

« Dès lors arrivent les politesses 
d'usage ; c'est un verre de plus qu'il 
faut. 

Jean-Louis déplore la dureté des 
temps. 

Il se plaint de ne pouvoir goupi- 
ner; on se plaint mutuellement. » 
{M. Mahiu et I.. LArNAT.) 



(iloire à l'auteur du t Juir errant », 
Son livre est vrai, :{on œuvre al grand : 

Tant que 8ur terre 
On ffritichim^ de par J^us, 
Vou4 ne serei jamais Irup las, 

Sui» et Voltaire. 
{Chanson du l'ère Lunette.) 

H — OÙ (|U* c'est (ju' t'as core p'^gre 
c' bobiuo-là? 

— J' l'ai fabriqué à la fête sur un 
navet qui s'est l&issé faucher comme 
un glaude. C'est V quatiième que 
j' poisse depis dimanche. » 

« — Dis donc toi, l'enflé, c'est encore 
toi qui t'es trouvé mal sur ma boule 
de son? » 

« Il irait se plaindre au chef qu'on 
lui avait mntriculé sa brosse à 
patience. » 

« Après s'ét' fait ratisser aux brèmes 
par les aminches, i' s'est fuit secouer 
sa bride et son bob par une 
gonzcsse. » 

— Avant d'énumérer les di- 
verses façons de voler, nous 
ferons observer que le mal- 
faiteur ne dit pas ou i»resque 
pas Voler, mais Faire à, 
(irinchir à, Faire le coup de 
ou un coup de. Fabriquer à, 
mots dont il se sert pour 
former des locutions argo- 
tiques C(»mme : Faire au 
rende, Grinvhir à la courar^ 
Faire le coup de VcpinglettCy 
Faire un coup de fric- frac. 
Fabriquer à fendor mat/ e,elc, 

— VOLER DANS LKS APPAR- 
TKME.\TS A LOUER. Grin- 
chir à la location. 

« \a) vol à la location est pratiqué 
par des individus toujours correc- 
tement vêtus. Ils opèreut à deux. 
Tandis (|ue l'un distrait le concierge 
qui fait visiter l'appartement à 
louer, l'autre empoche les objets 
de valeur à sa portée. »♦ 

— VOLER DES BIJOUX. Bijou- 
ter ', HroqutUer, Grinchir à la 
carte. 

« Le grinchissage à la carte se pra- 
ti(|ue chcx les marchands de pierres 



VOL 



— 451 — 



VOL 



fines. Le filou pose négligemment 
une carte au préalable enduite de 

Soix sur un nrillant et la remet 
ans sa poche. » 

(flcCTOB FraMCK.) 

— VOLER LES BLAXCllIS- 
SEURS. Papillonner. Quand 
on voie le linge (|ui sèche sur 
les haies, on dit Déflorer In 
picouse. 

— VOLER AU CHANGE DE 
MONNAIE. Buquer\ Faire le 
coup du rendem. Faire philippe. 

— VOLER EN CONVERSANT. 

Faire à la converse. 

— VOLER PAR CORRESPON- 
DANCE. Monter un arcal *, Ar- 
casiner *. 

— VOLER AUX DEVANTURES 

en prati/fuant un trou dans la 
vitre. Écorner le houcard^ la 
bouterne. 

« J*aimcrais mieux faire suer le chêne 
sur le grand trima r, «lue à! écorner 
les ôoucards, » 

(VlDÛCQ.) 

— VOLER LES DORMEURS, 

sur les baucs. Chatouiller^ 
Faire au kénep^ au poivrier. 

— VOLER A L'ÉCHANGE. Char- 
rier^ Charrier à V américaine^ 
Jardiner^ Mettre en charida. 

— VOLKR PAR EFFRACTION. 

Faire un coup de fric-frac. Cas- 
ser, Casser les lourdes, les 
portes. Esquinter, Mettre les 
portes en dedans. 

m Du temps nu* sa f?en'c était à la 
campa^me i mettait les porV en 
dedans pour avoir de quoi l'as- 
sister. » 

— VOLER EN EMPORTANT 
LES FONDS dont on est comp- 
table. Bander la caisse. Filer 
sur Belgique, Manger la gre- 
nouille. 

— VOLER EN ENDORMANT 

f)rôalablement la victime à 
'aide d'un narcotifjue. Fabri- 
quer à la fiole, Grhichir à Ven- 
dormage. 



— VOLER A L'ÉTALAGE. Ache- 
ter à la course, à la foire d'A m- 
poiyneow d'Empoigne y à la sau- 
vette. Décrocher, Étaler, Four- 
liner *. 

« — T'as rien un bath foulard ! 

— J' l'ai achHé à la foire d'empogne : 

i' m'a coûté une peur et une envie 

de. courir. » 

— VOLER EN EXPLORANT LES 
POCHES d'autrui. Grinchir à 
la fourche, à la fourchette, en 
fourche. Tirer, 

— VOLER DANS LES HABI- 
TATIONS. Cambi'iolei\ 

'( Qui me dit que vous n'êtes pas 
venu céans pour cambrioler et 
déshonorer I&chement une pauvre 
petite pensionnaire? » 

(GioncEs AuRioL.) 

— En s'introduisant par les 
fentHres, les vasistas. Lan- 
teiner, Vanter un'. 

— VOLER DANS LES HOTELS 
MEUBLÉS, en se faisant ser- 
vir à dtner dans une chambre 
et en emportant ensuite l'ar- 
genterie, le linge, etc. Grinchir 
a la limonade, 

— VOIER LES IVROGNES. 

Faire kénep, 

— Assommer un ivrogne ou 
l'étrangler à moitié pour 
lo voler. Faire un kènep à la 
dtire, 

— VOLER DANS LES MAGA- 
SINS. Caribener*, Fnquiller^ 
Grinchir à la care,àla détowne, 
à la mitaine. 

— VOLER EN MARAUDANT. 

Chaparder, Frigousser, Greni- 
piller, Guernipiiler, 

« Puis voici cette étrange fille, Thé- 
rèse Figueur, dite Sans-Géne, dont 
la vie est toute une épopée coupée 
d'éclats de rire. Engagée à aix- 
neuf ans dans la lé^on allobroge, 
elle est dragon au siège de Toulon. 
Elle vit familièrement avec l'état- 
major, parta^^eant avec le sergent 
Masséna et le soldat Junot un gigot 



VOL 



— 452 — 



VOL 



de mouton chapardé durant une 
reconnaissance en fourrageurs. » 

(Mahzac.) 

— VOLER SOUS MENACE DE 
SCANDALE. Faire à la chan- 
son^auchanlage. Faire chanter. 

— VOLER DES MOUCHOIRS. 

Itiaviner, Chiffonner^ Grinchir 
à la tarc^ à la tire. 

— VOLER DAXS LES RESTAU- 
RANTS. Grinchir à la vatrine. 

— VOLER EX SÉDUISANT LES 

BONNES. Grinchir à tamonr. 

Grinchir à l'amour, c'est séduire 
une servante, femme de chambre, 
cuisinière ou bonne d'enfant au 
Civuv tendre, lui lixer un rendez- 
vous à une heure où l'on sait que 
les maîtres sont absents ; on a dé- 
r(>bé au préalable la clef de l'appar- 
tcuient et tandis qu'on amuse la 
demoiselle aux bagatelles de la 
porte, un compère muni de celte 
clef fouille les tiroirs et fait main 
basse sur l'argent et les objets de 
valeur. » 

(Hector Khance.) 

— TOLER PAR STRANCiULA- 
TION. Charrier à la mécani' 
quCf Faire au père François. 

Jamais vous ne verrez opérer le 
coup du père François dans les 
rues de Constantinople. Le lutteur 
pour la vie, que vous y pouvez 
rencontrer, vous demande poliment 
de renoncer à votre bourse «i son 
profit. Si vous lui prouvez que 
vuus n'en avez point, il n'insiste 
pas, et il ne vous tue que si vous 
tentez de lui résister, ce qui est 
bien le moins, n'cst-il pas vrai ? » 

(Simon Hovii»'.r.) 

— VOLER EN TOURNANT BRUS- 
QUEMENT le dos à sa victime. 
Faire à la chicane. 

--En la bousculant. Eslrouffcr, 
Paire à la bou>iciiladey à Ces- 
brou ffe. 

— VOLER EN REVENDANT A 
VIL PRIX des marchandises 
achetées à crédit et impayées. 



^^ Briser , Faisander , Fusiller . 
V. Commerce, Escroquer. 

— VOLER SUR LES MARC1IA!V- 
DISES, LES FONDS qu'on 
vous conûc. Faire de Caffui-e^ 
du fourbi, de la gratte^ du ra- 
biot. Gratter, liabioter. Tripoter. 
V. Bénéfice. 

K I^es fourriers qui, en faisant la dis- 
tribution de vin ou d'eau-dc-vic, 
mettent leur pouce dans le quart 
distributeur, commetteut un petit 
fourbi. » 

(IlEcroR Fmaxcr.) 

« H faisait du rabiot sur tout : sur le 
pain, le biscuit, le sucre, le café, 
rhuile d'armes, le cirage, les bons 
de tabac, et réalisait ainsi un béné- 
fice illicite qui doublait, triplait et 
quelquefois décuplait son prêt. » 

— VOLER DE MENUS OBJETS. 

Chaparder, Choper, Chopper. 

A La loi n'est pas faite pour les chiens : 
à preuve qu'on ne les fourre jamais 
au violon ; ils peuvent choper de 
la bidoche à Tétai des bouchers, 
sans craindre la prison... tout ce 
qu'ils risquent, c'est un coup de tri- 
que ou un coup de soulier... » 

{Almanach du Père Peinard.) 

— VOLER AU HASARD, selon 
l'occasion. Grinchir, pégrer à 
la flan, Faire un coup de vague. 

— SAVOIR VOLER. Savoir lire. 

VOLEIK. Agricheur^ Agrinchrw\ 
A'/nigeur, Argoticr*, Atrimeur', 
Atrimoia", Barboteur, liarbotteur, 
Ikrtrand, Cagou *, Capon, Cara- 
hin de la comète, Chahuteur, Com- 
pagnon de la pince et du croc, 
Dèf ardeur, Dctoumcur, Doublelte, 
Doubleur, Dragueur, Droguisic, 
E/farourheur, Enfant delà mattc *, 
Enfant de minuit. Faucheur, Fil, 
Fil poiaac. Fil poisseux, PU de 
mie, Flouchipc, Frère ou frérot de 
la cuqur, de la manicle, Gotipi- 
neur , Grapeignant * , Grilleur , 
Grinche^ Grinchemann, Grinchcur, 
Grinchisseur, Joncheur*, Leveur^ 



VOL 



— 453 — 



VOL 



Macaire, Main, Mesaière franc*, 
Mion de boule *, Monsieur (rrin- 
chemann, Pèf/re, Philibeit, Pin- 
gre', Pviueur, Pliuneur, Poisse, 
Poisseur, Poix, PolUceur *, Tire- 
taiyne'. Tireur^ Vautour, Ven- 
dangeur*, Vendengeur* ', plus les 
équivalents (1p Travailleur: bou- 
lot. Turbin. V. Compère. 

Sans cunipter (jue t/rinchii', bien vite 
A risquer plus ça vous iuvito. 
C'osl (Je voh-r qu'où a dessein : 
Mais un beau juur le mAô bouge ; 
Il veut se défeudro. on voit rouge ; 
Kt de (jrinche ou est assassin. 

(J. UlCUU>l!<.) 

« Incapables de crimes aussi bien (|uc 
de vertus, ils ont laissé de leurs 
poils aux buisâons de la police 
correctionnelle, et c'est tout : leur 
basse histoire n'a pas uu^me eu 
toujours les hunueurs du « Bulletin 
des Tribunaux » ; ils se croyaient des 
Macairesel n'ont été que des filous. » 

(l.ucuicr.) 

« Les grands centres de réunion sont 
inspectés par la sûreté, car il n'y 
manque j^ais de fils de soie ou de 
joueurs de passe-passe. » 

(Stauir.) 

« A propos d' grève, y en a une q 
s' produira jamais ; c'est celle a 
faucheurs et des barbes. » 

A Paris }a des quartiers 
Où qu' les p'tiuts qu'ont pus d' métiers 
l s s' foQt pcyre. 

(A. b.) 

— VOLEUR I>K BILLES DE BIL- 
LARD. Uillardier. 

— VOLEUR I>E BOIS. Sabrieux. 

— VOLEUR DE BOUTIQUES. 

Boucardier^ Boucarmier, Careur 
de boutanche. 

— VOLEUR DE CAMPAGNE. 

Cambrousier, Chapardeur. 

— VOLEUR DE CAVE. Rat de 

cave, 

« La cour d'assises de la Seine, pré- 
sidée par M. le conseiller Mercier, 
a commencé, hier, l'examen du pro- 
cès d'une bande fameuse, connue I 



ui 
es 



dans le monde de la pègre sous le 
sobriquet de la bande des rats de 
cuve. La bande avait une spécialité 
à laquelle, d'ailleurs, elle doit son 
sobriquet : clic ne dévalisait que 
les marchands de vin. » 

(Le Journal.) 

— VOLEUR DE CHIENS. Lézard. 

— VOLEUR DANS LES CIME- 
TIÈRES. Corbeau. 

— VOLEUR A LA CORRESPON- 
DANCE.. 4rca4te7i*,.4rc£Wineiir*. 

— VOLEUR A L'ÉCHANGE. 

Américain, Anglais, Brésilien, 
Charrieur, Chàrrieur à Vamé- 
riruine, au pot. Charron, Jar- 
dinier, Leveur, Hirondelle, Mexi- 
cain, Mouton. 

a La bande était au complet, il y 
avait le mouton, celui qui lie la con- 
versation avec la victime, le « riche 
étranger », qui échange son porte- 
feuille contre le porte-monnaie du 
volé, et enfin les hirondelles qui 
voltigent autour du groupe et se 
chargent de prévenir à coups de 
sifUet de l'arrivée des agents. » 

{La Nation.) 

« Les vols au charriage ou plutôt à la 
mystification, presque tous commis 
au préjudice des émigrants en pas- 
sage à Paris, nécessitent le con- 
cours de trois compères. Le premier 
remplit le rôle de leveur, de jardi- 
nier, c'est le chàrrieur. Sa mission 
consiste à trouver le « pifçeon » 
pourvu d'argent et qu'il croit bon 
à dévaliser. Il le lève et le jardine. » 

(G. Uàct.) 

— VOLEUR PAR EFFRACTION. 

Canonnier, Caroubleur, Casseur, 
Casseur de portes, Fric-fTac, 
Esquinteur. 

— VOLEUR DANS LES ÉGLISES. 

Antonneur. 

— VOLEUR OUI ENDORT SA 

VICTIME. Cnloroformiste, En- 
dormeur, Petjre à la fiole. 

— VOLEUR AUX ÉTALAGES. 

Acheteur à la course, à la foire 
iC Ami^oitjne, d'Empoune, Ache- 
teur à la sauvette. Chevalier de 



VOL 



— 454 — 



VOL 



la f/rippe, Èlaleui\ Fowline*, 
Fourhneur*^ Leveur, Heni fleur 
de camelote, Tireur. 

— VOLEUR AVEC FAUSSES 
CLËS. Caroubleur. 

— VOLEUR OUI FOUILLE dans 
1rs «orhes. Fourche, FourchetlCj 
VicKpoket, Pioche, Tireur. 

— VOLEUR DE GRAND CIIE- 
Mi.V. Ermite. 

— VOLEUR D'IVROGNES. Poi- 
vrier. 

— VOLEUR QUI RECONDUIT 
LES IVROGNES pour les dé- 
pouiller . A nge </ardien . 

— VOLEUR QUI INDIQUE ou 

J>répare les coups. Courtier, Pi- 
ote, 

— VOLEUR AU JEU. V. Tri- 
cheur. 

— VOLEUR DE LIN<iE. Papil- 
lonneur. 

— Sur les haies, hcfloreur de 
picouse. 

n En attendant, communiriuczmoi le 
dossier de ces filous dits papillon- 
neiirsy jetant leur dévolu sur les 
voitures de blanchisseurs. » 

((i. Mxcf.) 

— VOLEUR DANS LES MAGA- 
SINS. Aumônier, A vale-tout-cru. 
Détourneur, (irinclui à la carc, 
à la détourne. 

— J^a femme ei>t En'iuilleitsc, 
Dètintrnen:>c à In mitaine, au 
mimwjnard. 

« Parmi les détourneuni, on dislin- 
gue : 1° les qrinrhisseuses à ta mi- 
taine, assez adn^ites du pied pour 
saisir et ca^'her dans de l.ujjtes pan- 
toulles les dentelles et les bijt^ux 
qu'elles font tomber. Leur mitaine? 
est un bas coupé pour laisser aux 
doigts leur liberté d'action; 2" les 
enquilleuses, fourrant des objets 
entre leurs cuisses (quilles) ; :i«* les 
avale-tout-au, cachant les bijoux 



dans leur bouche ; 4<> les aumôniers^ 
jetant le produit de leur vol à de 
faux mendiants. » 

(ViDOCQ.) 

Le vol au mômiffnard nécessite trois 
personnages : la mère, la nourrice 
et le mômignard. Tous trois entrent 
dans un magasin. La mère se fait 
montrer les étoffes. Elle détourne 
Tattention du commis par un ma- 
nège quelconque. Prontant de ce 
moment, elle fait tomber à terre 
une pièce d'étoffe. La nourrice se 
baisse, comme pour y déposer 
Tenfant un instant, et cache preste- 
ment l'objet sous la pelisse du 
petit. Aussitôt elle le pmce forte- 
ment. L'enfant crie comme un pos- 
sédé. Elle fait semblant d'essayer 
de le calmer, mai^ elle le pince 
encore plus fort. Ses cris redou- 
blent. Alors la mère témoigne une 
impatience très vive : — Te tairas- 
tu ? lui dit-elle; allez-vous-en, 
nourrice. Nous reviendrons une 
autre fois. » 

(Ch. ViRMAlTaK]. 

— VOLEUR DANS LES MAI- 
SONS. Bonjourien, Bonjourier, 
Cambrioleur, Cambri, Cambriot, 
Chevalier 'grimpant, Monte-en- 
l'air. 

— Qui visite les appartements 
à louer. Locandier. 

— Qui s'introduit par les fenê- 
tres. Vanternier, 

H \,ebonj'ouricn ou bonjourier pratique 
le vol au bonjour, ainsi appelé à 
cause de l'heure matinale choisie 
par le voleur, qui s'introduit de 
grand matin dans les hùtels garnis 
où on laisse d'ordinaire les clés sur 
les porti'S, frappe au hasard et, ne 
recevant pas de réponse, entre. En 
cas d'absence ou de sommeil du 
locataire, il fait main basse sur 
t(»ut ce qui est à sa convenance. 

On les nomme aussi chevaliers 
f/rimjHintx; ils grimpent les étages. 
Le lionjourivr exploite également 
les loges de concierges, tandis qu'un 
copain fait le guet. » 

(lUcTon Fharce.} 



VOL 



— 455 — 



VOL 



« — Ce sont les agents qui inventent 
les noms des nouveaux genres do 
vol? 

— Nullement. Les malfaiteurs 
s'en chargent. Quelques-uns utili- 
sent les loisirs ((ue leur fait la pri- 
son à cataloguer en argot les di Ile- 
rentes dénominations de leurs 
exploits. Le nom est modelé sur le 
procédé employé pour son accom- 

{)li3sement. C'est ainsi qu'ils ont 
)aptisé : 

Cambrioleurs, les dévvaliseurs de 
chambres (dérivé de cambriole) j qui 
signifie chambre) ; 

CarroiibleurSf les voleurs à l'aide 
de fausses clés (carroubles); 

Fric'frac, les casi^eurs de portes ; 

Vanlerniers, ce\\\ qui s'introdui- 
sent dans les habitations par les 
fenêtres ; 

Boucarmiers, dévaliseurs de bou- 
liciues. 

Puis viennent les charricurs^ foxir- 
lineurs^ goupineur*, ramastiqueurs 
(V. Escroc, Ramasser), mastaron- 
bleurs, bonjouriers^ rouloUiers^ ti- 
reurs. 

Ces derniers sont les plus nom- 
breux, l'opération étant simple, 
facile et à portée de tous les malhon- 
nêtes gens. >» 

(G. Macé.) 

— VOLElin DE MÉTAUX de 

construction. Gras - doublier, 
Mas tarou fleur. 

— VOLEUR DE XUIT. Attristé, 
Coureur de rats, Jlibou, RabO' 
teux de sorgue, Sorgueur, 

— VOLEUR D'OUTILS dans les 
chantiers de construction. Li- 
vwusineur, 

— VOLEUR DE PAIX. Hat. 

— VOLEUR DE PARDESSUS 

dans les cafés. Changeur. 

~ VOLEUR DE PIERRES PR^C- 

CIVIVSES. Avale- tout-cru, Grin- 
che à la carte, 

— VOLEUR QUI REVEND à vil 

prix des marchandises achetées 
a crédit et impayées. Faisan, 
Faisant, Faisandier. V. Com- 
merce. 



— VOLEUR DE RIVIÈRE. Rat 

d'eau, Ripât, Hipew: 

— VOLEUR QUI SUBSTITUE 

des pierres fausses à de vraies. 
broquilleur. V. Bijoutier. 

— VOLEUR QUI TROUE les mu- 
railles, les coffres-forts, etc. 
Roulineur. 

— VOLEUR DE VALISES, de 

bagages. Valtreusier. 

— VOLEUR QUI VEXD OU en- 
gage des bijoux faux. Grincne 
d la graisse, Nep. 

— VOLEUR DE VOITURES. 

Rou lot lier. 

— VOLEUR ADROIT. Instruit. 

— VOLEUR MAL VDROIT. ffan- 

cot vert, Volaillon, 

— APPREXTI VOLEUR. Aiglon, 
tilèche. Haricot, Pégriot, Rat, 
Rat on j Volai lion. 

« Ces deux pégriots ne sortaient point 
du pavé; ils y étaient tombés de 
plus haut et des vestiges de leur 
éducation ancienne leur donnaient 
une physionomie spéciale dans 
cette populace. » 

(IIuuuKs Ls Kouz.) 

— VOLEUR ISOLÉ. Mangeur de 
chou. Philosophe. 

— VOLEUR QUI NE RECULE 
PAS DEVANT UN MEURTRE. 

Escarpe, Escarpouchon *. 

'( Tous les mondes de Pavenir étaient 
là, depuis Vescarpe qui échouera 
sur les bancs de la septième cham- 
bre, jusqu'au substitut qui requerra 
la peine et au juge qui l'appliquera; 
je les ai connus tous et de telle 
façon que souvent, ie l'avouerai, il 
m'eût été difficile de trier dans le 
tas et de pronostiquer entre jugés et 
juges oui seraient les uns ou qui 
devicudraient les autres. » 

(LoDlti Davyl.) 

— VOLEUR CHEF DE BANDE. 

Aigle blanc. 



VOL 



— 456 — 



YOY 



« Les individus qui par nécessité 
fracturent une porte prennent le 
nom de canonniers. les ni.ilfaiteurs 
travaillant la nuit sont des attristés^ 
des hihoux vi les pilobs re|)ré8en- 
lent les indicateurs. Les aiglons 
désirent les apprentis et les chefs 
de bande ont le litre d'an/fes hiancs. >• 

— LE MOADE DES VOLEURS. 

La pèfjre, 

« Les pèqi'vs se divisent eu deux clas- 
ses principales : la haute et la 
basse pègre, 

La haute pègre comprend les 
escrocs rafliiiOs et de bonne com- 
pafrnie, les beaux voleurs, (pii sa- 
vent mettre leurs mains dans not* 
poches pour les soulager de leur 
contenu, avec grâce et sous les for- 
mes les plus exquises. 

La basse ftègre réunit tous les 
]>rolétaires d»* la profession, ceux 
oui pratiquent le v(»| ordinaire et 
banal, souvent sans spécialité dé- 
finie, vivant, comme tes filles, de 
la rencontre et du hasard... 

La haute et l;i basse pègre travail- 
lent quelquef(»is de concert, mais 
alors c'est la bafi^e qui est l'instru- 
ment, la main-d'(JL»uvre, tandis que 
la hanti: se borne à l'initiative et à 
la direction; elle onionne et on lui 
obéit. Le travail fait, on partage le 
gain, puis on >e sépare et Ton ne 
fraie pas ensemble. »> 

[C. Macé/) 

VOLEUSE. Cerf -volant, Gruirhis- 
scuse, règrcuse, Ptujrlotc; et le A'î- 
ininin de lu jibiparl des équiva- 
lents de Voleur. 

«. Le crrf-vulant est une voleuse dont 
la spécialité est de dépouiller les 
onfants dans les promenades et les 
jardins publics. C'lsI généralement 
sur les brocliL'S et les boucles 
d'oreilles des p«'tit»^s filles qu'elle 
opère, et, le larcin accomj)li, dispa- 
raît connue un rrrf. »> 

(ilt.t.iuu KnAN«.i .'i 

— PUOSTITLÉE^i:! VOLE SES 
V. L I E .\ T S. Dégriinjtjleuse à 
rédredûfi, à la /lùtc, V. Prosti- 
tuée. 



VOMIR. Aller au refU, Compter set 
chemises, Débecqueter ^ Débecter, 
Ih'border, Dégobiller, Dêgueuler, 
Lâcher une fusée^ Lâcher son gou- 
jon. Mettre du cœur sur ilu car- 
reau. Piquer un renard^Renarder, 
licstituer, 

— VOMIR ES MER. Donner à 
bouffer aux poissons. 

<i Ça Irouillottait là-d'dans qu*y avait 
d" quoi dcbecler, » 

Franooiftc, qui toujours esil prête 
A faire enleiidrv soa caquet. 
Veut crier plus baul : un lioqaet 
Lui coujie loudaiu la parole. 
Il redouble. — Oli! lui dît Nicole, 
No uous dègueules pa> au nei. 

iJ.-J. Vad«.) 

M Derrière la palissade la fronzesse 
allait au r'fil ; elle dégobillait^ elle 
renardait que c'en était une béné- 
diction. Il 

VOMISSEMENT. Dëgobillade^Dé- 
gobillagCy Déyobillette, Dégueu- 
Inde, Dégueulage, Dt^guculis, Fu- 
sée, Renard, 



('•AT \ aura d' la dêyobdlette 
11* di^gueul'ra! 
( Vieil te chanson.) 



Ali ! |>our bûr ell* di^gueul'ra! 
"" il te 



VOrs. Vos puires, Vos pommes, 
Vouzailka, Vouzicrgues, Vouziyo, 
Vouziguc, 

VOYAGEK. Pacqueliner, 

VOYA<;ErR DE COMMEUCE. 

(rfiiiJisMirt, Hirondelle, V. Com- 
mis. 

— VOVA(;ErH DOMNIBUS. //i- 

diijent (iron.). 

« Le mot, tout malséant qu'il soit, et 
sans doute à cause de cela, méri- 
tait de faire fortune. 11 rappelle 
celui de cv- cocher de fiacre qui, 
après un échan^'e de bordée d'inju- 
res avec un confrère de la Cktmpa- 
;^nie des Omnibus, lui lança comme 
suprême insulte : — « Eh f va donc, 
cocher (ïindigents ! o 

(lltcuiH Kkanck/ 

VOYOl'. Fripe, Fripouille, Gala- 
piat, Poissaid'. V. Canaille. 







■ — Les Dubois ! ah '. oui, parlon?-en, 
des croncursi... dp? crossons... des 
poseurs à. ta iiifinque... non, vrai, 
c'ûtoit paa la peine qu'iJa Taisent 
Uiit d'cliichis pour en arriver à 
marier leur lllle avec un brodin- 
clieur lui- falou du faubourg 
Antoine. ■• 

YEUX. Châsses, tirettes. V. Œil. 



Boy' jolie... jolie, 1 
nlAre. luais clic 



uvelle cantinière, 

e paire do inirrUea à foule l'fcn 
a caserne et, depui* igirellc esl 



arrivi'c ici, toute la garnison est en 

ZIXC. Choh^a, Écutne de terre. 
ZIKULEt'R. Choléra. 
ZItUAVE. Chacal, Chacail, Zotizou. 



r.rt)i. 



ni 



— Nous autres, disait l'ancien 
:o»;0H, on a l'habitude de la ché- 
chia ; on sait regarder le soleil en 
facp, fi In biscopc du liQot nous 



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